Nom : Comeau-Montasse
Prénom : Thibault
âge: 22 ans
job: étudiant (BTS Contrôle Industriel et Régulation Automatismes)
localisation: Tronville, Meurthe-et-Moselle, Lorraine, France, Planète Terre, réalité n°246820 de la simulation créatrice
passions: musique, jeux vidéos, warhammer, et bien sûr, écriture
Les ninjas de Konoha et de Suna avaient décidé de s’arrêter un instant dans une auberge de Suidanko afin de se restaurer un peu et de décider de comment ils allaient continuer leur enquête. Assis autour d’une grande table ronde parsemée de plats assez pauvres mais nourrissants, ils avaient du mal à ne pas se sentir dépassés par les évènements. Certains d’entre eux commençaient à penser que cette affaire prenait des dimensions énormes et qu’ils n’étaient plus tellement en mesure de la gérer à eux seuls. Mais d’autres estimaient qu’il était de leur devoir de continuer. Naruto faisait parti de ces derniers, tout comme Sasuke, Lee et Shikamaru qui, en tant que chef d’équipe, avait cependant la dure responsabilité de prendre la décision finale. Le jeune Nara avait encore un souvenir douloureux de la première mission qu’il avait mené en tant que Chunin, lorsque ses amis et lui avaient tenté de ramener Sasuke à Konoha. Il ne souhaitait pas subir un autre échec de ce genre.
- Pourquoi est-ce qu’on ne retourne pas à Konoha pour demander des renforts ? fit Hinata assez timidement.
- L’équipe onze ne devrait pas tarder à nous rejoindre, répliqua Shikamaru. Ce n’est pas suffisant ?
- Peut-être pas, lui fit remarquer Témari.
De tous les membres de l’équipe, Témari était celle qui avait la meilleure raison de vouloir reculer. Elle avait vu de près la puissance de leurs ennemis, ou du moins certains d’entre eux. Et bien que le groupe d’inconnus semblait comporter un ou deux éléments assez faibles, elle ne pouvait pas considérer qu’il serait facile de les neutraliser, même avec l’aide de l’équipe onze.
- Voilà ce que je propose, intervint soudainement Naruto : que ceux qui veulent repartir à Konoha le fassent sans tarder. Les autres peuvent venir avec moi.
Personne n’osa prendre la parole, et Shikamaru se permit d’afficher un sourire discret. Décidément, pensa le garçon, il a toujours le chic pour faire avancer les choses. S’il était un peu moins téméraire et un peu moins stupide, il ferait un chef d’équipe incroyable. J’espère qu’il trouvera le temps de corriger ces petits défauts avant de devenir Hokage.
- Bon, ben tout le monde est d’accord ? fit le jeune Uzumaki. Personne veut abandonner ? Très bien ! Alors maintenant on peut manger sans se torturer la tête.
Sur ce, il se remit à avaler son riz par grandes bouchées.
Une fois le repas terminé, Shikamaru mena ses amis à l’extérieur de Suidanko.
- Je pense que c’est le bon moment pour utiliser ça, dit-il en sortant un rouleau de parchemin hors de son sac.
Le garçon déroula le rouleau sur le sol, puis forma une série de sceaux avant de placer sa main droite au milieu d’un cercle tracé sur le papier. Aussitôt, l’objet disparut dans un petit nuage de fumée, duquel surgit un chat noir portant un bandeau de ninja de Suna comme il porterait un collier. Il avait le poil luisant et l’allure fière. Son unique œil valide à la couleur vert émeraude projetait une lumière quasi mystique rayonnant d’intelligence, comme s’il avait vécu tous les âges du monde. Son œil droit maintenu fermé se trouvait au milieu d’une cicatrice, et la partie métallique de son bandeau était parcourue d’éraflures légères mais innombrables.
- Je vous présente Yoruchi-sama, annonça Shikamaru. C’est le meilleurs pisteur de tout Suna.
- T’as intérêt à avoir une sacrée bonne raison pour m’avoir invoqué, gamin ! lança soudainement l’animal.
La voix de Yoruchi était dure, grave et autoritaire. On y sentait une certaine colère, mais qui cachait ce qu’on pouvait percevoir comme de l’excitation.
- Nous avons besoin de vous pour retrouver quelqu’un, lui dit Shikamaru. Une jeune fille de Konoha du nom de Kara Lao. Elle fait partie d’un groupe de cinq ninjas inconnus qui ont attaqué le pays du Vent récemment.
- D’accord, fit Yoruchi. J’ai besoin de tous les détails possibles.
Pendant un long moment, Shikamaru décrivit un à un les cinq personnes qu’il avait rencontré dans le désert avec Témari. Apparence, vêtement, allure, comportement, il n’avait rien oublié et les exposa au chat-ninja avec une précision remarquable qui ne manqua pas d’impressionner l’animal. Autour d’eux, les autres membres de l’équipe restèrent perplexes. Comment est-on sensé pister des individu en se basant sur leur apparence ?
- Très bien, dit finalement Yoruchi lorsque le jeune Nara eut terminé. Je vous préviendrai dès que je les verrai.
- Euh… j’espère que c’est une blague ! intervint Naruto.
Mais Shikamaru n’avait pas l’air de plaisanter :
- Absolument pas. Yoruchi-sama a une manière bien particulière de pister ses proies. En fait, il…
- Une minute, gamin ! intervint le chat d’un ton agacé. Est-ce que je t’ai permis de parler de ça ? Soit déjà content que ta petite ami t’en ai parlé avant, car autrement tu n’en aurais jamais rien su. Contente-toi de me mener là où votre Kara a pu passer et tiens ta langue, compris ?
- Bien sûr, Yoruchi-sama.
Renforcée par ce nouveau membre plutôt inhabituel, l’équipe se remit en route, Shikamaru ordonnant de reprendre la route vers Konoha. Durant tout le trajet, Yoruchi ne fit rien de ce qu’un animal ferait d’habitude pour pister quelqu’un, comme renifler le sol ou humer l’air à la recherche d’odeurs corporelles. Il se contenta d’observer d’un air placide le paysage autour d’eux au fur et à mesure qu’ils marchaient à pas lent vers le village caché de la Feuille.
Mais soudain, alors qu’ils traversaient une épaisse forêt en passant par un petit chemin de terre, Yoruchi s’arrêta net et Shikamaru manqua de lui marcher sur la queue. Le chat-ninja s’assis tranquillement et ferma son œil gauche… pour ouvrir l’œil droit.
Il n’était pas du même vert émeraude que l’autre, mais d’un noir absolu sur lequel on ne distinguait rien. Plonger son regard dans cet œil était pareil à plonger dans l’infini… ou dans le néant. Les jeunes ninjas qui tentèrent l’expérience furent immédiatement pris d’une violente nausée, mais Yoruchi ne leur porta pas la moindre attention. Il resta immobile plus d’une minute sans donner un signe de vie, comme si son esprit avait quitté son enveloppe de chat.
- Elle est passée par là, dit-il subitement.
- Quand ? demanda Shikamaru.
- La nuit dernière. Elle était avec les autres personnes que tu m’as décrites.
- Pouvez-vous nous montrer où ils sont allés ?
Yoruchi ne répondit pas. Il referma son œil droit, attendit quelques instants, puis rouvrit l’autre avant de quitter le chemin de terre pour s’enfoncer dans la forêt. Les adolescents le suivirent sans discuter. Ils cheminèrent ainsi pendant un long moment avant que Yoruchi ne s’arrête devant un arbre immense, mais mort. Son tronc pourrait aisément dissimuler un buffle dans toute sa longueur, et ses branches nues transperçaient les frondaisons comme autant de fourches pour pointer le ciel.
- Ils sont entrés là-dedans, annonça Yoruchi. Gamin ! Appuie là !
Le chat-ninja désigna un minuscule nœud dans le bois du tronc à hauteur de visage, et Shikamaru appuya dessus sans hésiter. Aussitôt, un bruit de mécanique résonna à l’intérieur de l’arbre, et l’écorce de celui-ci se souleva lentement, révélant une énorme cavité dans le végétale lui-même, et un escalier en spirale qui descendait vers les profondeurs.
Avant que quiconque puisse dire un mot, Yoruchi annonça d’une voix lasse :
- Je pense que vous n’avez plus besoin de moi à partir de là. Je vous laisse à vos affaires.
- Ca a été un plaisir de vous revoir, Yoruchi-sama ! fit Shikamaru en s’inclinant respectueusement.
- Inutile de chercher à t’excuser, gamin. Fait juste attention à ne pas m’invoquer pour rien, la prochaine fois.
Et sur ces mots, l’animal disparut dans une explosion de fumée.
- Dit donc, lâcha Naruto en fixant le jeune Nara. Il est gracieux ton pote.
- Yoruchi-sama est comme ça, on n’y peut rien. Mais surtout ne me posez pas de questions sur lui où alors il reviendra spécialement pour me faire la peau.
Naruto eut un air étonné et presque moqueur, mais Shikamaru montra clairement qu’il ne plaisantait pas. Puis il se tourna vers Hinata qui comprit immédiatement ce qu’il voulait. D’une simple pensée, elle activa son Byakugan et sonda le terrain en dessous d’eux.
- Il y a un énorme complexe souterrain là-dessous, dit-elle. Je perçois cinq présences, mais elles sont trop loin pour que j’arrive à les identifier.
- Est-ce qu’il y a des pièges ? lui demanda Naruto.
- Non… c’est bizarre.
- Ils sont peut-être tout simplement trop confiants. C’est notre chance.
Naruto se tourna vers Shikamaru. La détermination dans son regard était plus forte que jamais et, comme d’habitude, elle était contagieuse. C’était en même temps sa plus grande force et son plus gros défaut, car si ce courage lui permettait de surmonter toutes les épreuves et de dépasser continuellement ses limites, cela le menait souvent à commettre des actions irréfléchies. Mais dans cette situation, le groupe pouvait avoir ses chances…
- D’accord, dit Shikamaru. On y va. Hinata ! Continue de scruter la zone pour nous éviter les surprises.
La jeune Hyuuga acquiesça de la tête et l’équipe se mit en route. L’escalier les obligeait à passer un par un et Lee se porta volontaire pour passer en premier, car si quelqu’un pouvait réagir rapidement à une menace inattendue, c’était bien lui. Mais rien ne vint freiner leur avancée.
Les couloirs souterrains en bas de l’escalier ressemblaient à ceux d’une vieille mine, la roche creusée étant soutenue par d’épaisse poutres de bois parfois renforcée avec des plaques de métal. Ils étaient éclairés par de nombreuses torches accrochées aux piliers de soutient, ainsi que par des lanternes suspendues sous certaines poutres. Une curieuse odeur d’encens saturait l’air, comme pour essayer de masquer une odeur derrière un puissant écran olfactif.
Soudain, alors que le groupe avançait en direction des cinq individus qu’avait repéré Hinata, Sasuke s’immobilisa, son regard froid figé sur l’un des piliers du couloir.
- Qu’est-ce qu’il y a ? lui demanda Sakura, inquiète.
- Ce symbole, répondit l’Uchiwa en désignant l’image grossière d’un serpent à deux têtes gravé dans le bois. C’est celui d’Orochimaru.
Un silence de mort envahi soudain les gorges des adolescents. Chacun d’entre eux avait gardé un souvenir particulièrement douloureux du jour où le légendaire sanin avait attaqué Konoha et tué le troisième Hokage, surtout Témari dont le village avait été manipulé pour devenir le pantin d’Orochimaru. Mais Orochimaru était mort. Sasuke l’avait tué voilà plusieurs mois de cela avant de partir à la recherche de la Main de l’Ombre, et personne n’osait remettre sa parole en doute sur ce sujet. Pourtant, l’idée de devoir affronter ce monstre avait de quoi glacer le sang…
- Shikamaru… fit brusquement Témari. Qu’est-ce qu’on fait ?
Le garçon ne savait plus quoi penser. De toute évidence, cette cachette avait été réutilisée par quelqu’un d’autre après la disparition d’Orochimaru pour servir d’autres buts. Les cinq inconnus ayant attaqué le pays du Vent devaient certainement avoir découvert cette cachette d’une manière ou d’une autre et se l’approprier. Reste à savoir quel est leur objectif…
- On continue, dit-il simplement. Oubliez ce que vous venez de voir.
Le groupe arriva finalement devant une grande porte de pierre polie bloquant l’extrémité du couloir. D’après Hinata, l’ennemi se trouvait juste derrière dans une vaste pièce remplie d’objets étranges qu’elle ne parvenait pas à identifier clairement. Sasuke ne perdit pas un instant à se demander s’il y avait un moyen simple d’ouvrir cet accès et chargea immédiatement un puissant Chidori qui fit voler la porte en éclats.
La stupéfaction frappa l’équipe lorsque la fumée se dissipa. Il n’y avait pas cinq personnes dans cette pièce, mais six : les cinq inconnus que Shikamaru et Témari avaient rencontrés dans le désert et une autre personne, de taille moyenne entièrement enveloppée dans une longue cape noire à capuche.
- Hinata ? fit Naruto en se tournant vers la jeune fille. Qu’est-ce que…
- Je ne comprend pas… mon byakugan ne le voit pas.
- Bien sûr que tu ne peux pas me voir jeune Hyuuga ! lança l’inconnu d’un ton réjoui.
En entendant cette voix, Naruto et Sasuke eurent un choc. Des souvenirs s’échappèrent des coins d’ombres de leur mémoire où ils avaient espéré les oublier pour venir s’imposer à leurs yeux. Ils ne s’étaient pas attendus à entendre cette voix à nouveau, surtout après la mort d’Orochimaru. Pourtant leurs sens ne pouvaient pas se tromper, c’était bien lui, et l’inconnu releva sa capuche pour révéler son visage et dissiper leurs doutes. La colère fit serrer les dents à Naruto alors qu’il prononçait le nom de cet ennemi qu’il avait cru pouvoir oublier :
CHAPITRE DIX-NEUF : SACRIFICE
2327 heures, 18 septembre 2552 (calendrier militaire) / Salle de contrôle de l’installation 03.
Lorsque le projet Spartan Imitation Soldier fut lancé, le haut commandement du CSNU imposa de nombreuses conditions quand à aux effectifs, aux moyens et aux méthodes d’utilisation de cette nouvelle force sensée appuyer les spartans. Car même si ces troupes permettraient d’améliorer considérablement leur efficacité, pour l’amirauté, la vie d’un SIS était infiniment moins importante que celle d’un véritable spartan. Et c’est pourquoi lors du recrutement de ces soldats, grâce à des batteries d’images subliminales et de conditionnement psychique, un ordre simple fut imprimé dans l’esprit de chaque SIS. Aucun membre du programme n’avait conscience de cela, pas plus que les spartans, et le secret le plus absolu avait été gardé sur la méthode et les moyens employés.
Car c’est justement pour ce genre de situation que cet ordre avait été prévu.
Sans réfléchir, tous les SIS présent dans la salle du téléporteur s’interposèrent entre les véritables spartans et les tirs ennemis, formant autant de boucliers humains qui encaissèrent le déluge de plasma sans broncher. Leurs armures fondirent en un instant et leurs corps furent brûlés jusqu’aux os, mais ils continuaient de se tenir debout. Les spartans de Green Team et Red team regardaient, horrifier, cette terrible scène. Il leur fallut un long moment avant de réagir en ouvrant le feu sur l’ennemi. Ils auraient tout le temps de pleurer la mort de leurs compagnons plus tard.
Dalkos, quand à lui, n’avait pas bénéficié du sacrifice des SIS, mais son bouclier énergétique était parmi les plus puissants que l’Alliance pouvait produire. Il avait donc encaissé sans broncher les quelques tirs qui l’avaient touché parmi la masse avant de répliquer avec son propre fusil à plasma. L’acte des humains ne l’avait pas laissé indifférent, mais il se doutait bien que quelque chose n’était pas normal dans leur comportement, surtout lorsqu’il voyait des corps aux trois quart calcinés qui continuaient de défier l’ennemi. Est-ce là leur véritable part démoniaque ? se demanda-t-il. On leur prête tellement de légendes parmi l’Alliance qu’il devient impossible d’être sûr de ce qu’ils sont réellement, même lorsqu’on peut les voir d’aussi près.
La réplique des spartans et du légat de l’inquisition fut terrible, un schéma de tir précis et meurtrier s’opposant à la masse de plasma se dispersant dans la vaste pièce. Un à un, les guerriers d’Erko tombaient. Le commandant en second lâcha un grognement de frustration, mais il ne bougea pas et se contenta d’observer le carnage. Ses troupes avaient rempli leur rôle, même si elles auraient pu faire mieux. Comprenant qu’ils ne parviendraient pas à causer plus de pertes chez les humains, il ordonna le repli et ses guerriers obéirent dans l’instant, s’éloignant à pas rapide tout en lâchant des salves de couverture.
Mais les spartans ne les poursuivirent pas. Ils venaient de perdre presque tous les SIS qui les accompagnaient, le seul survivant étant Franck-H17, le leader de la Raven Squad. Fred l’avait plaqué au sol avant que les tirs ne pleuvent sur eux deux, ne cherchant même pas à comprendre pourquoi il voulait se sacrifier ainsi devant lui. Le soldat était complètement sonné, et se remettait à peine de l’état de transe dans laquelle il s’était retrouvé inconsciemment.
- Qu… qu’est-ce qui s’est passé ? demanda-t-il alors qu’il émergeait. Qu’est-il arrivé aux autres ?
- Je ne sais pas, lui répondit Fred. Je ne sais pas ce qui s’est passé… mais ils sont morts.
A part Franck et Dalkos, il ne restait plus que les six spartans de Green Team et de Red Team, ce qui incluait Kelly et Fred. En quelques instants seulement, l’équipe avait été saignée à blanc. Fred avait un mal fou à contenir sa douleur, serrant les dents pour empêcher les jurons de sortir. Il connaissait personnellement chacun de ces hommes qui avaient ainsi donné leurs vies. Il les avait formé pendant des mois pour en faire les meilleurs, des soldats dignes de combattre aux côtés des spartans, mais à aucun moment il ne leur avait demandé de faire une chose pareille. Ce sont sans doute ces enfoirés de l’ONI. Ils leur ont fait quelque chose avant de nous les confier. Si je mets un jour la main sur ceux qui ont fait ça…
Mais Fred prit soudain conscience qu’il était en train de sombrer dans une logique de vengeance, un sentiment qui ne pouvait que le déconcentrer de son objectif et diminuer ses chances de réussite. Ses camarades réclamaient une vengeance, c’est vrai, mais d’abords il avait une mission à accomplir. Car s’il ne parvenait pas à stopper l’activation de Halo, tout serait fini, et il n’aurait plus l’occasion d’honorer la mémoire de ses compagnons.
Lentement, Fred se releva, laissant à Franck le temps de reprendre ses esprits. Afin de se replonger dans l’instant présent, il vérifia l’état de son arme. Une bonne chose, car son chargeur était presque à sec. Il le changea pour un nouveau et engagea la première balle dans la chambre.
- Qu’est-ce qu’on fait ? demanda Kelly. On repasse le portail pour demander du renfort aux autres ?
- Non, dit simplement Fred. On continue. Les autres ont leur propre mission à mener. 49 ! Passe devant !
Au niveau du Seuil, la bataille avait pris des dimensions tout simplement épiques. Les troupes du commandant Erda étaient si nombreuses qu’elles auraient pu former cinq cordons de soldat tout autour du cercle extérieur de la gigantesque structure. Pour le moment, ils ne se risquaient pas trop à foncer têtes baissées dans les lignes de tirs des spartans et de leurs alliers, mais dès que l’artillerie serait là, tout cela allait vite changer.
Pour le moment, ils se contentaient de tester les défenses humaines, envoyant des petits groupes de ghosts pilotés par de simples unggoys en plusieurs endroits bien précis, et observaient combien de temps il fallait avant que tous les appareils soient détruits. En quelques minutes, ils avaient déterminé le passage le plus difficile à défendre, et concentrèrent leurs attaques dessus.
C’était Joshua qui s’occupait d’organiser les défenses, Linda n’appréciant que très peu la charge de gérer d’autres vies que la sienne. Le spartan faisait de son mieux pour réagir rapidement à chaque nouvelle stratégie d’approche de l’ennemi, demandant souvent de l’aide au capitaine Lifumee car il était beaucoup plus familier des tactiques de l’Alliance. Ensembles, ils parvinrent à repousser les premiers assauts sans trop de difficulté, mais chaque minute voyait arriver de nouveaux problèmes avec si peu de temps pour les résoudre.
De son côté, Linda avait trouvé un poste de tir à peu près correcte au niveau d’une ouverture dans la façade du bâtiment où ils se réfugiaient tous. De là, elle avait une vue sur une bonne partie du désert et s’assurait que personne n’ose s’approcher par ce coin là. Elle signait chacun de ses tirs en visant précisément l’œil de ses cibles, ce qui avait la particularité d’effrayer les survivants qui n’hésitaient pas longtemps avant de se replier. Cela n’était d’ailleurs pas une mauvaise choses car ses réserves de munitions étaient loin d’être abondantes.
- A ton avis, fit Joshua alors qu’il passait non loin d’elle. Tu penses qu’ils s’en sortiront de l’autre côté ?
Linda ne répondit pas. Elle n’était déjà pas du genre très bavarde dans les situations détendues, mais sur un champ de bataille, elle entrait dans une sorte d’état second où toutes ses facultés étaient concentrées sur son fusil. Joshua se rendit alors compte qu’il cherchait seulement à se rassurer lui-même. Il avait l’habitude de dire n’importe quoi pour détendre l’atmosphère lorsque les choses allaient mal. Et là, on ne pouvait pas dire que les choses se passaient à la perfection…
- Est-ce que tu as peur ? demanda soudain Linda de sa voix froide.
- Peur ? On est des spartans, quand même ! Pourquoi tu me dis ça ?
- Le fait qu’on soit des spartans ne nous empêche pas d’avoir peur, continua-t-elle sans s’arrêter de tirer et de recharger. Nous n’avons pas peur de l’ennemi, mais nous avons peur d’un tas d’autres choses : peur de voir nos amis mourir, peur de voir une planète de plus être vitrifiée, peur d’échouer à notre mission, peur que la race humaine soit anéantie. Quelle est celle qui te correspond le plus, en ce moment ?
Joshua ne parvint pas à répondre. Son esprit tenta de chasser cette pensée, mais la vérité lui réapparaissait de plus en plus nette malgré ses effort pour l’oublier. Linda avait raison : il avait peur.
- Mais qu’est-ce qu’il font ? lâcha-t-elle soudain.
- Il se passe quelque chose ? fit Joshua en s’approchant.
- On dirait qu’ils se replient. Ca veut peut-être dire que leur artillerie est arrivée.
Cette perspective ne plaisait pas du tout à Joshua. Les chars Apparitions étaient spécialisés dans le pilonnage longue distance depuis des positions de repli. D’habitude, les spartans contournaient leur ligne de feu pour les attaquer sur le flanc ou l’arrière avec des armes lourdes, mais dans cette situation, cela était complètement impossible. Les véhicules n’auraient qu’à se mettre hors de vue et faire pleuvoir les obus à plasma jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien du Seuil qu’un tas de sable vitrifié et de la poussière.
Mais il ne se passa rien. Un silence des plus inquiétants venait d’envahir le champs de bataille.
C’est alors que le capitaine Lifumee s’approcha, le regard rempli d’une lueur indescriptible.
- Spartans ! dit-il rapidement. Vous devriez écouter ça ! Cela émet sur les fréquences d’urgence sub-spatiales.
Le capitaine amplifia le signal sonore de la radio de son armure, et la voix d’un sangheili apparemment jeune mais fort se fit entendre dans la salle :
- … mensonges de ceux qui avaient promis de nous guider ! Nous avançons sans le savoir vers notre destruction, celle-ci ayant été dissimulée derrière une fausse croyance voulant nous faire croire que nous trouverons tous le salut en servant cette croisade que nous menons depuis des années !
« Mais aujourd'hui, il est temps de cesser cette folie ! Il est temps pour nous de réclamer vengeance contre ceux qui nous ont ainsi trompé et fait miroité de faux espoirs qui ont causé la perte de tant de nos frères ! Il est temps de cesser cette guerre stupide contre une race qui n'a jamais mérité notre haine, et de retourner notre fureur contre ceux qui ont toujours été nos véritables ennemis !
« Je déclare la sécession de la race sangheili toute entière ! Je déclare notre rejet total des croyances des prophètes ! Je déclare la guerre contre le reste de l'Alliance ! Et par là même, je déclare le commencement de l'Ere de la Révolte !
« A tous mes frères, j'ordonne un assaut immédiat contre les prophètes, les jiralhanaes, et tous ceux qui oseront se dresser contre notre vengeance ! Battez-vous pour notre liberté, et rétablissez l'honneur souillé de nos ancêtres !
Les quelques spartans et SIS présents étaient tous très perplexes. Qu’est-ce que cela signifiait ? Etait-ce une ruse de l’ennemi pour chercher à les faire sortir de leur forteresse ? Probablement pas. Les sangheilis n’étaient pas du genre à user de ruses pour remporter des batailles, et préféraient plutôt mourir jusqu’au dernier en combattant noblement. Alors ce message était véridique ?
- Qui est-ce ? demanda Joshua.
- C’est Irul Sulamee, commandant suprême des armées de l’Alliance.
- Vous le connaissez bien ?
- J’ai eu l’honneur de le rencontré lors d’une réunion du Grand Conseil il y a quelques mois. Jamais je ne mettrai sa parole en doute et je lui donnerai ma vie sans hésiter.
- Et vous pensez que le commandant Urda ferait de même ?
Même pour un humain, il était facile de comprendre que l’expression qui s’affichait sur le visage du sangheili était un doute profond.
- Il est si près de son objectif… lâcha Lifumee presque pour lui-même. Je ne pense pas qu’il abandonnera aussi facilement. D’autant que son action aurait tendance à aider la race sangheili maintenant qu’elle a quitté l’Alliance.
Joshua réfléchit. En quoi ce message avait changé la situation ? Apparemment, Urda ne se détournerait pas de son but, mais ses troupes seraient peut-être moins enclins à le suivre, désormais. L’équipe qui avait infiltré la salle de contrôle allait sans doute pouvoir profiter de la confusion, même si elle ne durerait pas longtemps. Urda allait sans doute chercher à convaincre ses subordonnés de continuer le combat. A moins que nous ne faisions le premier pas nous-même… pensa Joshua.
- Capitaine, dit-il en enlevant son casque. M’accompagnerez-vous dehors ?
Les yeux du sangheili se teintèrent d’incompréhension, puis un large sourire apparut entre ses mandibules.
Il avait fallu presque une journée entière de marche vers le nord pour atteindre la frontière séparant le pays du Feu de celui des Rizières. Ce petit pays avait autrefois abrité le village caché du Son, qui n’était rien d’autre que l’armée privée d’Orochimaru ayant attaqué Konoha voilà trois années de cela. Depuis ce jour, le village du Son avait été détruit et le pays des Rizière avait été placé sous la tutelle de Konoha et de Suna qui lui interdisaient formellement d’entretenir une armée de ninjas pour une durée de quinze ans. Sa seule force militaire était composée de soldats en armes faisant plus office de police que d’armée, car leurs capacités étaient très nettement en dessous de celles du moindre des adeptes du ninjutsu.
Alors qu’ils cheminaient vers Suidanko, le plus important village du pays, Shikamaru essayait de réfléchir aux liens qui pouvaient unir Toshiro Nagasi et les ninjas qui le suivaient. Ce groupe n’avait rien de normal, et la présence de Kara Lao, une jeune fille n’ayant jamais montré aucune capacité ou intérêt pour le combat, était un fait des plus troublants. Il avait beau explorer toutes les scénarios possibles dans la limite du raisonnable, il ne voyait pas comment Kara avait put être transformé à ce point. Bien sûr, elle n’avait montré aucune technique ninjas durant le combat au pays du Vent, mais elle avait survécu à un affrontement contre Témari, ce qui prouvait qu’elle était loin d’être aussi ignorante qu’avant dans l’art du combat. Survivre aux attaques d’un jounins demandait de la maîtrise de soit et une excellente condition physique. Elle avait disparu depuis seulement quatre mois et elle avait atteint au moins l’équivalent d’un rang chunin…
Shikamaru fut interrompu dans ses réflexions par l’image du village de Suidanko. C’était là que son groupe d’enquête devait commencer les recherches sur Kara, en particulier chez madame Jango, la fameuse tante pour laquelle elle avait fait ce voyage dont elle n’est jamais revenue. D’après les informations recueillis chez ses parents, elle était partie seule, croyant que la route était suffisamment sûre depuis la destruction du pays du Son. Elle avait semblée très impatiente d’aller aider sa tante, Kara étant d’un naturel très altruiste, pensant toujours d’abord aux autres avant de se soucier d’elle-même. Personne n’avait voulu l’accompagner jusqu’à Suidanko, mais cela ne semblait pas l’avoir empêcher de partir… et de disparaître.
Ce village était tout ce qu’il y avait de plus simple : un ensemble de maisons en bois bien bâties dans une vallées parcourue par de nombreuses rivières. Les seules barrières que l’on pouvait y voir étaient celles qui délimitaient les enclos des divers troupeaux de bétails, et seuls quelques gardes surveillaient les routes menant jusqu’au village. Les habitants étaient pour la plupart de simples pêcheur ou des paysans exploitant les terres voisines, très peu de marchands et de commerçants, ce qui indiquait une activité extrêmement limitée avec l’extérieur.
La maison de madame Jango se trouvait à la périphérie du village, et constituait l’une des nombreuses demeures isolées réparties sur les collines alentours. Une vieille dame était en train d’étendre son linge au soleil lorsque le groupe d’enquête de Shikamaru y arriva.
- Excusez-moi, fit le jeune Nara. Êtes-vous madame Jango ?
- Grand Dieu non, répondit la vieille dame en interrompant sa tâche. Je suis madame Shilone. Madame Jango est morte depuis deux mois, des suites de sa maladie, je suis désolée. C’était une bonne âme, mais elle n’avait aucune famille dans la région après que son époux soit décédé lui aussi, voilà bien des années.
- Est-ce que quelqu’un est venu lui rendre visite peu avant sa mort ? Une jeune fille, blonde, du nom de Kara Lao ?
- Sa nièce ? Oh… oui, on m’avait dit qu’elle souhaitait lui rendre visite, c’est vrai. Mais elle n’est jamais venue. Remarquez, je la comprends, la petite : la route est dangereuse, surtout ces derniers temps. Elle a dû avoir peur de venir jusqu’ici.
Les soupçons de Shikamaru se confirmèrent : Kara n’était jamais arrivée jusqu’à Suidanko. Ce qui laissait deux possibilités. Soit elle avait été enlevée sur le trajet par Toshiro et sa bande, soit ce voyage n’était qu’un prétexte pour quitter le pays et rejoindre ce groupe de sa propre volonté. Cette deuxième théorie était la pire à envisager, car dans ce cas cela signifiait qu’elle pouvait avoir pris absolument n’importe quel route…
Shikamaru espéra sincèrement que sa première théorie était la bonne.
- Je vous remercie pour votre aide madame, dit-il pour prendre congé.
- Si vous revoyez la petite, surtout soyez indulgents avec elle. Ce n’est pas de sa faute.
- J’y penserai.
Shikamaru se retourna vers ses amis. Ils tiraient tous des mines mêlant l’inquiétude au doute. La disparition de Kara n’avait rien de banal et ils commençaient à le ressentir très clairement.
- Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? demanda Naruto.
- On va commencer par contacter la police locale. Peut-être auront-ils plus d’informations.
Le groupe se dirigea alors vers le centre du village, où se trouvait le quartier général de l’armée du pays des Rivières. C’était un bâtiment solide situé sur un petit îlot émergeant de plus grand cour d’eau du pays. On y accédait par un unique pont de bois et de nombreux gardes armés et en uniforme surveillait l’entrée, cependant n’importe quel ninja de rang chunin aurait put balayer cette défense et entrer à l’intérieur s’il le voulait.
Dès qu’ils aperçurent les symboles de Konoha et de Suna sur les bandeau des adolescents, les gardes s’écartèrent du passage et les saluèrent en levant bien haut leurs lances trois fois pour leur faire frapper le sol pont de façon synchronisée. A l’intérieur du camp, plusieurs recrues étaient en train de faire des exercices de combat au sabre ou à l’arc sous l’œil vigilant de leurs supérieurs. Shikamaru repéra un bâtiment bien gardé au centre de l’édifice et supposa qu’il s’agissait du poste de commandement. D’un geste, il demanda à ses compagnons de le suivre.
Mais apparemment, la nouvelle de leur arrivée était déjà parvenue aux oreilles du chef des armées locales, Jin Sakonoa, car ce dernier sortit du bâtiment alors qu’ils approchaient. C’était un homme fort de très haute stature, que son uniforme bleu sombre semblait à peine contenir, bien qu’il semblait faire au moins quarante ans. Sa moustache fine et ses cheveux courts étaient d’un noir profond et une cicatrice sur le côté droit de sa mâchoire marquait une certaine expérience du combat. Il avait le regard sévère et le visage dur, probablement à cause de ses lourdes responsabilités dans un pays où l’art ninja avait été interdit.
- Commandant Sakonoa, fit Shikamaru en courbant légèrement la tête. Nous sommes mandatés par Konoha pour une mission d’enquête à propos d’une disparition.
- Sept ninjas pour une simple disparition ? s’étonna Jin. De qui s’agit-il ?
- Kara Lao, une habitante du pays du Feu, et la cousine de mon coéquipier Rock Lee ici présent.
Lee inclina la tête respectueusement, mais sans cesser de regarder fixement le commandant de son air sérieux.
- Elle est impliquée dans une attaque menée contre le pays du Vent, continua Shikamaru. C’est pourquoi nous devons rassembler toutes les informations qui pourraient nous mener jusqu’à elle.
- Alors entrez, fit le commandant. Cette discussion risque de prendre un moment.
Jin mena le petit groupe de ninja à l’intérieur du poste de commandement jusqu’à son bureau. C’était une salle assez petite en comparaison avec le rang de celui qui l’occupait, mais elle était suffisamment décoré pour montrer son importance. Des armes de cérémonie et un uniforme d’apparat blanc et bleu occupait l’un des murs, tandis qu’un autre était à moitié recouvert par une grande carte du pays sur laquelle Shikamaru remarqua de nombreuses indications marquées en rouge ou en noir. Le commandant Sakonoa s’assis sur son fauteuil de cuir noir et pris une mine plutôt inquiète :
- J’aimerai être assuré que ce que je vais vous dire ne remontera jamais jusqu’à vos supérieurs.
- Cela dépendra de l’importances de ces informations, dit simplement Shikamaru.
- C’est bien ce que je craignais. Néanmoins vous devez comprendre que si l’ennemi apprend que je vous ai aidé, c’est le peuple du pays des Rivières tout entier qui en subirait les conséquences.
- L’ennemi ? Quel ennemi ?
- Nous l’appelons « l’ennemi » car nous ne savons absolument rien sur lui, pas même s’il s’agit d’une ou de plusieurs personnes. Tous ceux qui ont pu voir cet ennemi sont morts ou disparus. Cela fait plus de deux ans que nous le cherchons.
Jin se leva alors de son siège et se dirigea vers la carte accrochée au mur.
- Ces indications désignent les derniers endroits où étaient supposées se trouver les victimes lorsque l’ennemi est apparu. Les marques noirs indiquent les morts tandis que les rouges font référence à des disparus.
Shikamaru était stupéfait par le nombre d’indications qui recouvraient la carte. Il devait bien y en avoir plus d’une centaine, mais seulement quelques une étaient noire. Ces marques étaient tellement nombreuses et dispersées à travers la géographie qu’il ne parvenait pas à en tirer une quelconque logique ou même un début de piste sur où cet « ennemi » pouvait se trouver sur cette carte. Car une chose au moins était sûr : il était caché dans le pays des Rivières. C’était l’endroit idéal pour commettre toutes ces disparitions et tous ces meurtres, maintenant que la seule forme de défense locale était une armée de simples soldats. Mais est-ce que cet ennemi est l’ennemi que nous recherchons ?
- Y a-t-il un lien quelconque entre les victimes ? demanda le garçon.
- Seuls les enfants et les vieillards sont épargnés, répondit Jin. A part ça, personne n’est à l’abris, quelle que soit sa condition. Même l’un de nos gardes a disparu il y a un an de cela. Un certain Hakagi Hitaku.
Ce nom résonna dans l’esprit de Shikamaru qui sembla soudain faire un bond dans le temps à l’intérieur de sa tête. Hakagi… c’est comme ça que Toshiro avait appelé cet espèce de dément que nous avons affronté à Suna. Est-ce que ce serait possible que…
- Avez-vous une photo de ce garde ? demanda subitement Shikamaru.
- Euh… bien sûr, fit le commandant en retourna à son bureau pour en sortir une pile de documents. Attendez un instant… Ha ! Le voilà !
Il tendit une fiche d’identité au jeune Nara qui ressentit une pointe d’excitation en voyant que l’homme sur la photo était exactement celui contre lequel il avait combattu dans le désert, excepté ses cheveux qui était coiffés au bol. Et bien que sur cette photo il ne possède pas dans les yeux cette lueur de folie que Shikamaru avait pu contempler, il n’y avait aucun doute : cet Hakagi Hitaku était l’un des ennemis qu’ils poursuivaient. Tout comme Kara, il a disparu avant de faire partie de ce groupe. Il ne s’agit plus de disparitions, mais d’enlèvements. On enlève ces gens et ils deviennent alors autre chose. Est-ce que toutes ces disparitions ont fini ainsi ? J’espère franchement que non. Mais cela fait une deuxième personne qui ne savait absolument rien du ninjutsu et qui se révèle être un combattant de haute catégorie. Est-ce que ce serait Toshiro qui aurait perpétré tous ces enlèvements ? Ou y a-t-il autre chose ? Toshiro avait parlé d’un maître, ce qui veut dire qu’ils sont dirigé par quelqu’un d’encore plus important…
Cela commence à devenir extrêmement inquiétant.
- Comment était cet Hakagi Hitaku ? questionna le garçon.
- Oh… il avait un gros manque de confiance en soit. Pour vous dire, il a raté deux fois l’examen d’entrée dans notre armée mais il semblait ne pas avoir d’autre choix pour vivre car il était originaire d’une famille très pauvre. Les autres soldats de son unité le considéraient plus comme un poids mort tout juste bon à effectuer les basses besognes, mais il avait un sens de la justice assez peu commun. Plusieurs fois il a été blessé en voulant interrompre une bagarre ou arrêter un voleur. Son chef espérait qu’il puisse progressé pour devenir un bon soldat, mais il a subitement disparu, lors d’une patrouille qu’il effectuait tout prêt d’ici, d’ailleurs.
- J’ai besoin de consulter les fichiers de toutes les personnes qui ont été enlevées. Apparemment, nos deux affaires sont reliées.
- Très bien, fit le commandant en indiquant la pile de dossier. Faites comme vous voulez.
Shikamaru passa dix bonnes minutes avec Témari à examiner les photos d’identité de chacun des disparu du pays des Rivières, mais aucun d’entre eux ne leur rappelait les autres ennemis qu’ils avaient rencontré. Il n’y avait aucune personne nommée Iralia ou Ulgo dans les dossiers, ce qui pouvait signifier deux choses : soit ils faisaient déjà partie du groupe avant les enlèvements, soit ils avaient été enlevés autre part. Cette deuxième possibilité était tout à fait envisageable, car le dossier de Kara n’était pas parmi les autres. Une chose normal considérant le fait qu’elle venait du pays du Feu et que les autorités locales n’avaient sans doute pas été averties de sa présence.
- Nous vous remercions de votre collaboration, commandant, fit Shikamaru. Nous allons maintenant partir et tenter de trouver ceux qui ont enlevé votre peuple.
- Que les cinq rivières guident vos pas, déclara Jin en s’inclinant pour les remercier. Faites très attention à vous. L’ennemi est très puissant.
Le petit matin se levait sur Konoha et le pays du Feu tout entier alors que l’équipe numéro sept revenait au village. Naruto était heureux de revoir les murs d’enceinte qui indiquait un repos bien mérité dès que ses amis et lui auraient fait leur rapport de mission à Tsunade.
La composition de l’équipe numéro sept avait quelque peu changé depuis les évènements de Kumo et de la Main de l’Ombre : désormais, c’était Sasuke qui dirigeait le groupe en tant que jounin. Grâce à Sakura et à l’amour qu’elle lui portait, le jeune Uchiwa était devenu beaucoup moins morose, ayant presque oublié son désir de vengeance. Naruto savait bien qu’un jour viendrait où il mènerait l’équipe contre Itachi, mais il espérait que ce jour viendrait le plus tard possible. Pour le moment, Sasuke était redevenu cet ami à moitié rival qu’il appréciait tant, avec lequel il aimait tant partager ses aventures.
Afin de garder un nombre total de quatre ninjas, Hinata était venue compléter l’équipe. Cependant, elle cherchait toujours à économiser le pouvoir de la Pierre Florale. La puissance qu’elle en avait tiré involontairement lors de la bataille de Kumo contre la reine démoniaque Makura l’avait grandement effrayée, et elle préférait donc se reposer sur ses seules aptitudes personnelles pour réussir. Elle s’entraînait toujours dur avec Naruto afin de progresser, mais son père continuait de la considérer comme un échec de la famille Hyuuga, ce qui l’attristait profondément. Afin de ne pas se fâcher continuellement avec sa famille, elle habitait désormais chez Naruto, lui apportant toute l’aide nécessaire à chaque moment de sa vie avec la bonté d’une mère et l’affection d’une épouse. Jamais Naruto n’aurait pu imaginer que l’équipe numéro sept deviendrait un groupe aussi soudé et aussi cher à son cœur.
Cette nuit, ils avaient accompli leur onzième mission ensembles : retrouver un groupe de bandits qui avaient attaqué une caravane de marchands itinérants du pays de l’Eau et ramener le butin à ces derniers. Cela leur avait pris une journée et une nuit entière, mais ils étaient parvenus à débusquer les voleurs, à les mettre hors d’état de nuire, et à ramener la marchandise sans aucun accrochage. Ce n’était pas une mission vraiment dangereuse, mais depuis quelques temps, aucune demande d’aide importante n’était arrivée à Konoha, à croire que le monde commençait à s’apaiser. Même Kakashi et Gai ne trouvaient plus de mission au-dessus du rang B, ce qui avait mis en suspend l'un de leurs meilleurs moyens de compétition.
L’équipe de Sasuke passa les énormes portes du village et se dirigea vers la maison de l’Hokage. En chemin, ils tombèrent sur Haruka qui parcourait les couloirs de l’énorme bâtiment à la recherche de matériel médical.
- Tiens ! fit la jeune fille en voyant le groupe arriver. Bonjour tout le monde !
- Salut, Haruka ! répondirent les ninjas tous en cœur.
- Dis, Sakura, est-ce que tu pourrais me dire où sont rangés les parchemins d’inhibition ?
- Dans la bibliothèque de l’aile Ouest. Lorsque tu rentres, regarde sur ta droite un peu en hauteur. Ca devrait être là.
Haruka était devenue une disciple de Tsunade dans le but de passer ninja-médecin et apporter un soutient non négligeable au village qui avait toujours besoin de ce genre de spécialistes. Elle avait enfin trouvé un but dans sa vie, une chose qui faisait peut-être encore plus plaisir à Naruto et à Hinata qui l’avait tiré de son existence triste.
- Votre dernière mission s’est bien passée si j’en crois vos visages, fit Haruka en souriant.
- Un peu que oui ! répondit Naruto avec enthousiasme. J’ai même inventé une nouvelle technique. Je te la montrerai plus tard si ça t’intéresse.
Haruka fit oui de la tête, puis Sasuke ordonna au groupe de continuer son chemin. Ils gravirent les escaliers menant aux niveaux supérieurs jusqu’à atteindre le bureau de l’Hokage, dont la porte était ouverte. Tsunade était en train d’étudier les compte-rendus médicaux de l’hôpital de Konoha, qu’elle avait l’habitude de gérer durant son temps libre. Et justement, elle avait beaucoup de temps libres depuis ces dernières semaines.
Comme d’habitude, Sasuke fit preuve d’un peu trop de professionnalisme en entrant dans la pièce :
- Equipe numéro sept au rapport, Tsunade-sama.
- Je t’écoute.
- La mission s’est déroulée sans difficulté. Nous avons retrouvé les bandits avec le butin avant qu’ils ne traversent la frontière vers…
- Tsunade-sama ! cria Shikamaru en faisant irruption dans la salle, suivi aussitôt par Témari. Je dois vous parler d’urgence !
Les membres de l’équipe numéro sept sursautèrent en voyant arriver ainsi les deux ninjas. On pouvait facilement voir la surprise sur leurs visages, sauf sur celui de Sasuke qui exprimait plutôt de la frustration pour avoir été interrompu dans son rapport.
- Qu’est-ce qu’il y a ? demanda calmement Tsunade.
- Je porte une demande d’aide de la part du Kazekage, répondit le garçon en mettant un genoux au sol respectueusement. Un groupe de cinq étrangers a pénétré le pays du Vent et a tué une patrouille avant de s’évanouir dans la nature.
- Et qu’est-ce que Gaara-san veut de Konoha, exactement ?
- Excepté celui qui semble guider ce groupe, Toshiro Nagasi, aucun de ces ennemis n’a pu être identifié et nous ignorons totalement ce qu’ils sont venu faire au pays du Vent. Ils ne portaient aucun symbole d’appartenance à un pays ou à une organisation quelconque et aucun d’entre eux ne se trouve dans le bingo book. Nous ne savons même pas s’ils ont atteint leur but lors de leur incursion. Nous aurions besoin des services de renseignement de Konoha pour découvrir qui ils sont et ce qu’ils veulent.
Naruto était assez perturbé d'entendre Shikamaru parler comme s’il était un véritable ninja de Suna. Il n’était pas devenu un étranger pour autant, mais il semblait cependant s’être éloigné d’eux d’une certaine façon. Même ses manières semblaient avoir déjà changé quelque peu. Tsunade s’était attendue à un tel changement, toutefois elle ne pensait pas que cela se ferait aussi vite. Sa relation avec Témari avait certainement accéléré le processus.
- Entendu, répondit l’Hokage. Cette affaire semble mériter notre attention. Mais il va me falloir des indications sur ces étrangers.
- Je peux vous faire une description complète de chacun d’eux, déclara Shikamaru. Vous savez que ma mémoire ne me fait jamais défaut.
- Ce ne sera pas nécessaire.
Tsunade se leva alors de son fauteuil et s’avança vers Shikamaru.
- Il existe une technique de médecine ninja permettant d’explorer les souvenirs d’une personne lorsque son esprit est ouvert. On l'utilise très souvent durant les enquêtes ou les interrogatoires quand cela est possible. Je vais juste te demander de te détendre.
L’Hokage posa la paume de sa main sur le front de Shikamaru qui ferma aussitôt les yeux. Son niveau de concentration si exceptionnel le fit entrer dans une sorte de transe en un instant, permettant ainsi à Tsunade de commencer. En concentrant son chakra dans sa main, elle relia son esprit à celui du garçon et trouva rapidement le centre de la mémoire. Ses souvenirs sont incroyablement précis, réalisa Tsunade intérieurement. Dans toute ma vie, je pense que je n’ai utilisé cette technique que sur quatre ou cinq personne, mais c’est la première fois que je rencontre un esprit aussi bien rangé.
Alors qu’elle explorait les souvenirs de Shikamaru, ce dernier voyait sa vie se rembobiner devant ses yeux clos. Mais il n’y avait pas que les images : il ressentait absolument tout ce qu’il avait déjà ressenti, que ce soit le bruit des discussions ou simplement le souffle du vent sur son visage. Il revécu son dur combat contre la mystérieuse et puissante Iralia, mais aussi quelques moments de douceur avec Témari qu’il aurait préféré gardé secret. Ne t’inquiète pas, lui dit Tsunade par la pensée, je ne dirai rien à personne. Mais je suis heureuse de savoir que ça se passe bien pour vous deux…
Lorsque l’Hokage eut une image bien précise de chacun des cinq inconnus, elle interrompit sa technique et son esprit quitta celui de Shikamaru.
- Maintenant je comprends pourquoi cette affaire préoccupe tellement Gaara-san, avoua-t-elle à voix haute. J’ai pas mal voyagé dans ma vie et j’ai rencontré beaucoup de grands ninjas, mais ces visages me sont totalement inconnus. Excepté la jeune fille. Elle... sa tête me dit quelque chose.
Tsunade retourna soudain à son bureau et s’assit un instant pour réfléchir.
- Shikamaru ! Témari ! Je veux que vous restiez ici le temps que j’enquête là-dessus. Sasuke ! Ton équipe et toi devez rester à disposition. J’aurai sûrement une mission à vous confier très prochainement.
- Comme vous voudrez, Hokage-sama, répondit humblement Sasuke.
Ce n’est que le lendemain matin que Tsunade convoqua les deux équipes. Lorsque Naruto et ses amis franchirent à nouveau la porte de son bureau, Shikamaru et Témari étaient déjà là, mais il y avait également une quatrième personne : Lee.
- Gros sourcils ? s’étonna Naruto. Qu’est-ce que tu fais ici ?
Mais Lee ne répondit pas. Il se contenta de regarder son ami de son air si sérieux avant de lâcher un soupir.
- Lee va vous accompagner pour la mission que je vais vous confier, expliqua Tsunade. Il est… impliqué à un certain niveau. J’ai fait de nombreuses recherches dans les dossiers de Konoha avant de trouver des informations intéressantes. La jeune fille qui avait attiré mon attention se nomme Kara Lao, et c’est une cousine de Lee.
Les jeunes ninjas dirigèrent aussitôt leurs regards vers le garçon qui avait baissé la tête dans un signe d’incompréhension. Cette nouvelle avait dû lui faire un sérieux choc.
- Kara était une habitante du pays du Feu qui a disparu il y a plusieurs mois de cela alors qu’elle rendait visite à une vieille tante malade au pays des Rizières. Ce qui est étrange, c’est qu’elle n’était pas ninja et qu’elle ne présentait aucune prédisposition pour en devenir une. Elle représente cependant notre seule piste sérieuse car le chef de ce groupe, Toshiro Nagasi, a disparu depuis trop d'années pour que nous puissions étudier sa piste.
- Alors si j’ai bien compris,
conclu Shikamaru, nous allons devoir enquêter sur la disparition de Kara pour voir si on ne peut pas retrouver sa trace, c'est ça ?
- Exactement. Avec un peu de chance, vous pourrez découvrir quelque chose qui nous permettra de mettre la main sur ce groupe.
- Est-ce que nous disposerons
de renforts ? Pour le cas où on leur tomberait dessus par hasard...
- Pas dans l’immédiat, mais je vous enverrai l’équipe onze dès qu’elle sera rentrée de mission.
Naruto se permit un sourire en entendant cette nouvelle. L’équipe onze était une nouvelle équipe fondée après le départ de Shikamaru. L’envoie du jeune Nara au pays du Vent avait fait réaliser à Tsunade que plusieurs équipes de ninjas avaient été affaiblies ou diminuées petit à petit : Ino avait quitté son groupe pour s’entraîner aux techniques médicales, Hinata avait rejoint l’équipe sept pour être avec Naruto et Lee travaillait le plus souvent en solo ou avec son maître Gai. Du coup, les membres restants de plusieurs équipes avaient été réunis pour former l’équipe onze : Neji, Tôji, Shino et Kiba. Etant le seul jounin du groupe, c’était Neji qui avait été nommé leader, et il faisait un travail remarquable. Parmi toutes les équipes de chunins de Konoha, la numéro onze était sans doute la seule en mesure de se mesurer à la numéro sept.
CHAPITRE QUATRE : TEMPÊTE
Bien que Shikamaru ait réussi à répartir les adversaires de la meilleur manière en fonction des aptitudes de chacun, le garçon sentait bien que la situation était loin d’être en faveur de Suna. Il suffisait que Toshiro entre dans la danse pour que l’équilibre soit brisé. De plus, la brute qu’il retenait comme un ours en laisse devait être très fort lui aussi et pouvait leur poser de sérieux problèmes. Dès qu’ils auront l’impression que leurs collègues sont en difficulté, ils ne manqueront sans doute pas d’intervenir, et ce combat risque vite de tourner au carnage. C’est pourquoi on doit essayer de battre ces trois là rapidement, avant qu’ils ne puissent revoir leur stratégie.
Mais c’était une chose plus facile à dire qu’à faire. L’adversaire de Shikamaru n’était pas n’importe qui et allait lui mener la vie dure. Contre un tel ennemi, il valait mieux ne pas mettre de gants…
- Kage uwagi no jutsu ! (le manteau des ombres)
Aussitôt, l’ombre de Shikamaru enveloppa entièrement son corps, ne laissant aucune zone où les gouttes mortelles d’Iralia pourrait le toucher. De plus, lorsqu’il revêtait cette forme pendant la nuit, le jeune Nara voyait sa force et sa rapidité être démultipliée, des avantages qui ne lui seraient pas inutiles ici.
Mais la belle Iralia semblait avoir plus d’une carte maîtresse à lui lancer :
- Suiton ! Nami katana no jutsu ! (technique d’eau, épées de vague)
L’eau contenu dans deux de ses gourdes s’échappa soudain de leurs récipients pour se diriger vers les mains de la jeune femme et y former deux longues lames liquides qui vibraient d’un infime mouvement de vague. Le manteau d’ombre avait beau être aussi résistant que le roc, Shikamaru doutait de son efficacité à le protéger contre de telles armes. Afin de jauger leur puissance, il étira l’enveloppe de son bras en une pointe qui fila vers Iralia, qui la trancha d’un simple mouvement rotatoire, dispersant la matière noire dans la nuit. C’est pire que ce que je pensais, pensa Shikamaru. Ces lames peuvent tailler mon manteau d’ombre comme du papier. C’est sans doute le mouvement de vague qui agite l’eau des lames qui leur donne ce tranchant, un peu comme une scie électrique. Je ne peux pas les parer avec ce que j’ai, donc il va falloir les esquiver.
Heureusement, la vitesse améliorée du garçon lui permettait aisément de s’écarter rapidement des lames pour n’attaquer que de loin. Lorsque Iralia se jeta sur lui sans un cri ni une émotion sur son visage froid, Shikamaru bondit en arrière tout en faisant partir de ses dix doigts autant de flèches noires qui filèrent à toute vitesse. Mais Iralia réagit en un instant et forma une série de sceau tandis que ses katanas liquides restaient mystérieusement suspendus dans les airs.
- Suiton ! Taiyou hei no jutsu ! (technique d’eau, le mur de l’océan)
Une quantité d’eau surprenante apparut soudain devant la jeune femme pour stopper les projectiles d’ombre qui furent capturés dans la masse liquide. L’instant d’après, le mur d’eau de dispersa dans l’atmosphère, emportait avec lui les flèches noires de Shikamaru. Si je perds de la matière noire à chaque attaque, je vais vite atteindre mes limites. Heureusement qu’il fait nuit, sinon je ne pourrais déjà plus maintenir cette forme…
Le jeune garçon se risqua à jeter un œil vers Témari qui semblait carrément jouer avec son adversaire. La jeune fille qui était face à la kunoichi de Suna ne s’était toujours pas décidé à répliquer, et subissait une à une des attaques répétées toujours plus violente. Cette partie du combat semblait déjà gagnée d’avance.
De l’autre côté du front, Kankouro attaquait de toute part l’épéiste fou avec ses trois marionnettes, usant d’une panoplie de pièges intégrés tous plus mortels les uns que les autres. Mais la rapidité de ce combattant ne s’appliquait pas seulement à ses attaques, mais aussi à ses parades. Faisant montre de réflexes presque surnaturels, ils déviait chaque kunai, paraît chaque lame cachée et esquivait les projection de substances dangereuses aux natures diverses. Bien que Kankouro mène ce combat avec bravo, il ne faisait qu’occuper son adversaire et l’empêcher d’attaquer. Jusque là il ne lui avait infligé aucune blessure.
Shikamaru n’eut pas le temps d’observer plus longtemps : Iralia était revenue à la charge. Le garçon bondit sur le côté pour éviter une nouvelle fois les redoutables lames et contre-attaqua en projetant une unique flèche en direction du sol. Lorsqu’elle toucha le sable, la flèche se transforma en une ombre rampante qui fila vers Iralia avant de ressurgir quelques mètres plus loin. La trajectoire inhabituelle du projectile ne laissa pas à la jeune femme le temps de réagir. La flèche lui transperça l’épaule droite, lui arrachant un cri de douleur étouffé en même temps qu’une légère éclaboussure de sang.
Soudain, les trois combat cessèrent brusquement. Les adversaires de Témari et de Kankouro reculèrent dès qu’ils entendirent la souffrance de leur partenaire.
- Et bien ? fit Toshiro d’un ton agacé. Qu’est-ce qui vous arrive à vous trois ? Vous n’êtes même pas capables d’éliminer des ennemis aussi faibles ?
- Désolé Toshiro, fit Iralia en reprenant son souffle. J’ai été prise par surprise.
- Ca ne fait rien, je le comprends parfaitement. Par contre, Hakagi, je te trouve franchement un peu faiblard.
L’épéiste ne répondit pas. On aurait presque dit qu’il était incapable de répondre.
- Quand à toi, ajouta Toshiro en se tournant vers la jeune fille en tenue verte. Je me demande bien ce que tu fais avec nous. Continue comme ça et je demanderai au maître qu’il te remplace.
La jeune fille baissa la tête en signe de honte. Bien qu’elle portât un uniforme de combat, elle n’avait rien d’une combattante, ni dans l’allure ni dans le mental. Effectivement, on se demandait bien ce qu’elle faisait avec de tels tueurs…
C’est alors que Toshiro se tourna vers la grande brute à ses côtés :
- Allez, Ulgo. Finis-moi ça rapidement, qu’on puisse terminer la mission.
- Bien chef, fit le géant dans un sourire.
Soudain, alors que le dénommé Ulgo avançait à pas lent des ninjas de Suna, ses trois comparses s’éloignèrent de plusieurs centaines de mètres. Même Toshiro prit la peine de reculer, ce qui alerta Shikamaru au plus haut point. Je n’aime pas ça. Ils veulent laisser le champs libre à leur collègue. Ce qui veut dire…
- Tout le monde ! cria le garçon. Repliez-vous ! Vite !
Les ninjas de Suna ne perdirent pas une seconde et repartirent vers le canyon en courrant. Derrière eux, il entendirent la terre trembler à un tel point qu’ils manquèrent plusieurs fois de tomber. Shikamaru risqua un œil en arrière et vit une quantité phénoménale de sable s’élever dans les airs pour les poursuivre tel un raz-de-marée terrestre cherchant à les engloutir. Ils n’avaient que quelques dizaines de mètres d’avance sur cette déferlante qui gagnait du terrain à chaque seconde. Même lorsqu’ils s’engouffrèrent dans un ravin entre les premières falaises du canyon, le mur de sable continuait à les suivre, comme s’il rassemblait toujours plus de dunes alors qu’ils avançaient et que le désert tout entier prenait vie.
Shikamaru repéra une caverne dans l’une des parois du canyon et décida de s’y abritait. Ce trou était sans doute leur seule chance de survie face à une telle chose. Par chance, le boyau rocheux était suffisamment profond et montait en pente forte. Le sable ne parvint pas à y rentrer sur plus de cinq mètres, mais l’entrée se retrouva entièrement ensevelie, plongeant la caverne dans le noir absolu.
- On devrait être à l’abris pour un moment, annonça Shikamaru avant de s’effondrer sur le sol de pierre.
- Mais qu’est-ce qu’on va faire maintenant ? s’écria Kankouro en gesticulant.
- On ne fait rien du tout, du moins rien concernant ces cinq enfoirés. Les renforts de Suna ne devraient pas tarder à leur tomber dessus donc maintenant, c’est leur problème. Nous, on va déjà essayer de sortir d’ici en vie.
En effet, cette première formalité n’était pas aussi simple qu’on pourrait le penser. Vu la quantité de sable qui avait été lancé à leurs trousses dans le canyon, Shikamaru estima qu’il devait y avoir au moins trois mètres de sables devant l’entrée de cette grotte. Avant de chercher à déblayer cette zone, il valait mieux essayer de trouver un autre accès.
- Je vais aller explorer le fond de la grotte, annonça Shikamaru à ses amis. Vous, restez ici et attendez-moi.
- Mais on n’y voit rien ! fit Kankouro. Comment est-ce que tu vas faire ? Avancer à tâtons ?
- Ne t’inquiète pas pour lui, lança Témari en essayant de se détendre.
Shikamaru forma alors le sceau de l’ombre et prononça :
- Kage miharashi no justu ! (œil de l’ombre)
Témari ne purent voir les yeux de Shikamaru virer au noir complet, mais le jeune Nara se mit à voir aussi clair qu’en plein jour. Tout lui apparaissait désormais dans un mélange de couleurs grises, et il pouvait clairement voir que le tunnel se prolongeait en continuant de s’élever. Le garçon grimpa la pente sur plusieurs dizaines de mètres avant de tomber sur un cul-de-sac. Oh merde… moi qui pensais qu’on aurait peut-être pu rejoindre le plateau au-dessus, c’est raté. Si j’estime la hauteur que j’ai grimpé à l’intérieur de la falaise jusque là, je dois être à mi-chemin de la surface. On pourra jamais creuser de ce côté pour se faire une sortie.
C’est alors qu’il remarqua une large faille dans le sol, suffisamment grande pour qu’un homme même bien enveloppé puisse s’y engouffrer. Shikamaru décida de risquer le coup et se mit à descendre une paroi quasi verticale qui plongeait vers les entrailles du canyon. En bas, il découvrit une autre grotte naturelle semblable à la première et se mit à en explorer les nombreux tunnels. Il lui fallut un bon quart d’heure avant de finalement trouver un passage menant à l’extérieur et n’étant pas recouvert par le sable.
Alors qu’il repartait en arrière pour aller chercher ses amis, le garçon aperçu la lueur d’une flamme se refléter sur les paroi de la caverne. Témari et Kankouro apparurent devant lui, accompagnée d’une marionnette dont ils avaient réglé le lance-flamme au minimum pour en faire une torche.
- On commençait à s’inquiéter, s’excusa Témari. Tu as trouvé une sortie ?
- Oui, un peu plus loin. Suivez-moi.
- Maintenant, on est sûrs de ne pas arriver à temps pour aider les renforts, grogna Kankouro.
- Quelque chose me dit qu’ils n’ont pas eut besoin de nous, lâcha Témari.
Après être ressortis à l’air libre, les trois ninjas se dirigèrent vers le lieu où ils avaient affronté leurs étranges adversaires. Une peur indescriptible s’empara d’eux lorsqu’ils s’aperçurent que cette partie du désert avait été totalement transformée : un cratère d’un bon kilomètre de diamètre et profond de plus d’une centaine de mètres avait remplacé les dunes éternelles, mettant à nue les roches sédimentaires qui soutenaient le désert. Par tous les dieux… lâcha Shikamaru. Quelle puissance peut bien avoir causé une telle chose ?
Le jeune Nara et ses amis approchèrent avec inquiétude jusqu’à ce qu’ils aperçoivent les nombreuses silhouettes qui entouraient le cratère. C’étaient des ninjas de Suna. Et parmi eux se trouvait Gaara.
- C’est toi qui a fait ça ? demanda Shikamaru en approchant du kazekage.
- Non. C’était déjà ici lorsque nous sommes arrivés.
- Et les ennemis ?
derniers commentaires