Profil de Jack-115

Hughel 2


Nom : Comeau-Montasse

 

Prénom : Thibault

 

Âge: 24 ans

 

Job: technicien chez Assystem à Pierrelatte (en cours de formation)

 

Localisation: Montélimar, Drôme, Rhône-Alpes, France, Planète Terre, réalité n°246820 de la simulation créatrice

 

Passions: musique, jeux vidéos, warhammer, et bien sûr, écriture 

 


M'ECRIRE


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Dimanche 30 octobre 2011 7 30 /10 /Oct /2011 11:40

CHAPITRE SEPT : LES CHEMINS DE LA DAMNATION

 

 

Vingt-sixième niveau de la cité-ruche Dienk, monde-ruche Vogen, sous-secteur Volkmar, secteur Hullerstorm.

 

       Cela faisait maintenant plusieurs dizaines de minutes que nous avions abandonné le tumulte de la bataille derrière nous pour avancer parmi les ombres des bâtiments qui dansaient sous la lueur des torches lointaines brandies par les hérétiques. Je ne doutais pas que les gardes laissés derrière nous feraient payer à ces traitres un lourd tribut pour s’être ainsi détourné de l’Empereur, mais je devinais qu’ils survivent à cet affrontement. Je devais m’assurer que leur sacrifice ne soit pas vaint.

       Je n’avais désormais plus avec moi que le caporal Hosman et douze autres faucons vétérans armés comptant un porteur de lance-flamme et un fuseur, ainsi qu’une charge de démolition standard. Ce petit arsenal nous permettrait certainement de nous frayer un chemin à travers un petit contingent d’hérétiques surpris, mais sûrement pas d’affronter la marée de fanatiques qui convergeait vers les positions tenues par les différents bataillons loyalistes. Si nous devions nous opposer à une trop forte résistance devant le centre médiatique de la cité-ruche, la charge de démolition pourrait faire s’effondrer le bâtiment et, avec la grâce de l’Empereur, tuer la plupart des psykers ennemis. C’était le plan, du moins.

       Quant à savoir ce qui nous arriverait une fois les psykers éliminés… je préférais ne pas y penser. Maître Kantores m’avait appris à ne pas laisser ce genre d’inquiétude perturber mon jugement sur la nécessité d’agir. Actuellement, nous étions les seuls à pouvoir mettre fin à cette menace, et rien d’autre n’importait. Pas même nos propres vies.

       Lorsqu’il ne fut plus possible de progresser par les toits, nous dûmes emprunter les escaliers de marbre de ce qui nous sembla avoir été la résidence d’un riche marchand de la ruche, et retournâmes dans la rue. Heureusement, la horde des hérétiques était désormais loin derrière nous, si loin que les sons de la bataille n’étaient plus que des murmures… à moins que les affrontements ne soient déjà terminés. Si tel était le cas, nous n’avions alors plus beaucoup de temps. D’un simple geste, j’ordonnais à mes suivants d’accélérer et ils s’exécutèrent sans pour autant rendre leur démarche plus bruyante. Quelques instants plus tard, les ruines du centre médiatique de Dienk fut enfin en vue.

       Formé d’un dôme de métal de huit cent mètres de diamètres posé sur un bâtiment cubique légèrement plus large, il avait autant souffert du bombardement que toutes les autres bâtisses autour de lui mais ses dimensions plus imposantes l’avaient préservée de l’effondrement. Du temps où cette ruche était encore un puissant et fidèle centre industriel de l’Imperium, cette vaste structure servaient à diffuser des messages de propagande impériale à travers tous les niveaux de l’agglomération, incitant la population à travailler dur et à respecter la loi ou à dénoncer ceux qui l’enfreignaient. Placée sous la responsabilité du gouvernement local et protégé par les forces de défense planétaires, il s’agissait d’un des éléments vitaux du fonctionnement de la ruche. A présent, ce n’était plus qu’une ombre parmi d’autres, une ruine parmi des milliers, et le potentiel repère des plus dangereux psykers de cette planète.

       Nous approchâmes en restant le plus à couvert possible et finîmes par apercevoir les premières sentinelles ennemies patrouiller devant l’accès principal. Mes photo-lentilles augmentaient le peu de lumière naturelle qui régnait et me renvoyèrent les images de cinq hommes et femmes de natures très hétéroclites qui n’auraient normalement jamais partagé autant de proximité. Il y avait là une brute dont les tatouages l’identifiaient clairement comme un membre de gang des sous-niveaux, une courtisane de la classe moyenne, deux ouvriers d’usine et un marchand. Ils avaient le même regard vide et se déplaçaient en silence sans se regarder directement, et portaient dans leurs mains frêles des armes de natures très diverses elles aussi. Je parvins à reconnaître aisément la forme d’un bolter dans celles du marchand, tandis que la brute ne portait qu’un simple couteau. L’un des deux ouvriers n’était armé que d’un gros outil de serrage qu’il faisait trainer lourdement par terre, tandis que son homologue tenait un chalumeau dont il avait éteint la veilleuses, sans doute pour en économiser le précieux carburant. La courtisane, quant à elle, tenait une arme que je ne parvins pas à reconnaître, mais qui était clairement une sorte de lance-projectile primitif. Vu leurs origines, je ne m’attendais pas à ce qu’ils sachent très bien se battre, du moins la plupart d’entre eux, cependant ils représentaient un obstacle des plus embarrassants car nous ne pourrions jamais les éliminer sans faire un minimum de bruit.

       -  Chef, murmura soudain Eric alors qu’il observait le terrain à travers la lunette de son long-las. Je vois une bonne brèche non surveillée dans le flanc gauche du bâtiment, à cinq cent mètres. On pourrait s’infiltrer par là plus facilement.

       -   Parfait. Guide-nous, on te suit.

       Le caporal prit la tête du groupe et nous emmena sur le flanc gauche du centre médiatique en slalomant entre les ruines. Nous passâmes à côté d’une carcasse de chimère des FDP carbonisée au point que tout ce qui n’était pas du blindage avait plus ou moins fondu. Son conducteur n’était plus qu’un squelette aux morceaux éparpillés à travers la cabine de pilotage, et j’eu le sentiment que les orbites de son crâne noir de suie me fixaient depuis l’autre monde alors que j’observais cette triste scène. D’autres signes d’affrontements similaires étaient visibles autour de nous, mais il semblerait que les combats aient été très rapides car on voyait assez peu de traces d’impacts de tirs sur les murs ou ailleurs. Les hérétiques devaient avoir pris les forces locales totalement par surprise.

       La brèche qu’avait repérée Eric était assez large pour faire passer deux hommes de front et s’étirait jusqu’au sommet du bâtiment selon un chemin en serpentin en traversant plusieurs niveaux. Aucune sentinelle n’était en vue, mais sur le mur étaient posés deux fusils laser ayant probablement appartenu aux FDP locales, et dont les emblèmes impériaux avaient été rayés ou brisés. Quelques boîtes de conserve vides et autres denrées périssables étaient également abandonnées sur le sol de façon anarchique, de même que des couvertures rapiécées et quelques vêtements sales. Je décidai d’entrer en premier et, alors que je passais le seuil de l’ouverture, j’entendis des bruits dans la pièce immédiatement sur ma droite. Cela ressemblait au bruit que font les loups de Fellris, dans les plaines gelées d’Eridios, lorsqu’il dévorait une proie. Sauf que cette fois-ci ce n’était pas des bêtes, mais deux hommes, qui étaient en train de se repaitre du corps d’une petite fille apparemment morte depuis peu. Leurs habits étaient tellement sales et en lambeaux qu’il était impossible de savoir à quoi ils ressemblaient à l’origine, et la sauvagerie dont ils faisaient preuve sur le cadavre de l’enfant leur donnait une allure encore plus bestiale et primitive.

       Malgré leur répugnant repas, les deux hérétiques parvinrent à entendre mes pas sur le parquet couvert de débris, et ils se retournèrent avec vigueur pour fondre sur moi sans la moindre hésitation. S’ils avaient été capables de parler, je pense qu’ils auraient poussé le même genre de grognement qu’ont les bêtes sauvages lorsqu’elles se sentent menacées ou qu’elles souhaitent intimider un rival apparaissant soudain sur leur terrain de chasse. Mais je n’étais pas un rival, seulement un instrument de la juste vengeance de l’Empereur.

       Les Serres d’Eridios brillèrent d’une lueur bleutée froide alors qu’elles se déployaient en accumulant de d’énergie, et les contours de leurs lames devinrent flous lorsque leur vibration fut trop rapide pour être visible à l’œil nu. Le premier hérétique avança un bras alors qu’il s’élançait dans ma direction, et je le sectionnai au niveau du coude dans un bref mouvement ascendant, avant de faire redescendre mon arme sur son torse pour le scinder en deux autres morceaux. Son compagnon n’eut guère plus d’esprit en tentant de m’appréhender et voulu se jeter sur moi d’un bond bestial, mais je l’interceptai en plantant mes serres dans sa gorge avant d’utiliser l’élan de son saut pour l’envoyer s’écraser contre le mur derrière moi. Alors que les hommes de ma suite s’approchaient précipitamment pour découvrir ce qui se passait, je m’approchai lentement du cadavre de la jeune fille pour l’examiner. Il ne me fallut pas longtemps pour découvrir qu’elle n’avait pas subit les mêmes transformations que les traitres que j’avais observé précédemment, ses pupilles étant normales et ses cordes vocales toujours en place. Elle devait certainement être encore vivante lorsque ces sauvages lui avaient déchiqueté la gorge. Son sang était même encore chaud.

       Fermant les yeux un instant, j’adressai une prière à l’adresse de son âme afin qu’elle se retrouve en paix à la droite de l’Empereur, puis me retournai vers mes hommes pour leur indiquer silencieusement de me suivre. L’intérieur du centre médiatique de Dienk avait cruellement souffert des frappes orbitales de la flotte, si bien qu’il était presque impossible de savoir s’il avait déjà subi des dégâts au cours du soulèvement. Des signes d’occupation récente étaient visibles un peu partout, qu’il s’agisse des déjections ignobles des hérétiques ou des cadavres sanglants d’autres enfants dévorés, mais aucun bruit ne nous parvenait en dehors de ceux de nos propres pas. Utilisant ma propre expérience des habitudes des hérétiques, je dirigeai mon groupe vers les sous-sols du bâtiment, prenant la tête avec le porteur du lance-flamme placé juste derrière moi en cas de nécessité. L’obscurité était totale dans ces sous-niveaux, et les amplificateurs de lumières de nos appareils de vision ne permettaient plus de voir suffisamment, aussi nous allumâmes plusieurs torches électriques. Des runes impies avaient été inscrites sur les murs, peintes avec du sang ou gravés dans le matériau, le plus souvent de façon très grossière. Maître Kantores avait vite remarqué que mes facultés d’Intouchable me rendaient également insensible à la corruption qui émanait naturellement de ces symboles hérétiques, aussi m’avait-il formé à reconnaître ces symboles et à les identifier pour le bien de nos enquêtes. Être capable d’analyser les connaissances de l’ennemi était une arme parfois bien plus puissante que les outils de combat des astartes ou même qu’un Exterminatus.

       Parmi les runes que j’avais sous les yeux, il y avait principalement l’étoile à huit branche symbole du Chaos Universel, l’Archi-Ennemi, mais aussi quelques inscriptions plus particulières comme des runes de pouvoir à l’utilisation réservée aux psykers, ce qui me rassura car cela signifiait que je ne m’étais pas trompé : les sorciers ennemis avaient bien trouvé refuge ici. Ces symboles courraient sur les murs en de longues phrases dans la langue noire du Nocterien, autrefois utilisée par un ancien peuple tribal sur Scition avant l’Heresy d’Horus, aujourd’hui l’un des nombreux langages corrompus employés par les sorciers du chaos dans le secteur Hullerstorm. La plupart de ces phrases étaient des formules d’invocation des énergies du Warp, ce qui signifiait que les sorciers hérétiques qui étaient derrière ce soulèvement n’avaient pas assez d’entraînement pour invoquer ces énergies par la simple pensée comme savent le faire les psykers assermentées de l’Imperium. D’autres formules servaient à commander les esprits ou à sonder les pensées, des outils plutôt utiles pour fomenter la rébellion massive d’une ruche. Il n’y avait plus de doute possible : nos cibles étaient bien là.

       Il nous fallut descendre jusqu’au troisième sous-sol pour finalement rencontrer un signe de présence sous la forme de bougies allumées un peu partout sur le mobilier et par terre pour éclairer les pièces. Les formules de sorcellerie étaient beaucoup plus nombreuses à ce niveau, recouvrant presque entièrement certaines surfaces en formant des motifs hérétiques qui auraient révulsé les yeux d’un homme normal. La lueur vacillante des bougies donnait l’impression que les écritures dansaient, tremblaient, comme si elles cherchaient à s’échapper des surfaces dans lesquelles elles avaient été gravées.

       Au bout d’un couloir, derrière une porte de métal rouillé aux gonds vacillants, commencèrent à nous parvenir des bruits de conversations lointaines dans un langage qui n’était clairement pas du gothique. M’approchant le plus silencieusement qu’il m’était possible, je saisis lentement la crosse de mon pistolet bolter et vérifiais qu’il était bien chargé. Le simple poids de l’arme m’assura que le chargeur était au moins à moitié rempli de projectiles explosifs. Le soldat Jago à côté de moi alluma la veilleuse de son lance-flamme et les gardes derrière lui désengagèrent les sécurités de leurs propres armes.

       Mais cela suffit à ce qu’un hérétique posté dans l’une des salles du couloir s’aperçoive de notre présence. Il passa le seuil d’une porte à quelques mètres sur notre droite, son torse nu recouvert de sang boueux séché, des scarifications pleins les bras, et un pistolet de mauvaise facture à la main. Pendant un instant, j’eu l’impression que nous étions définitivement repérés, mais l’un des vétérans tira un couteau de combat et le lança violemment sur l’ennemi qui reçut la lame en plein cœur. L’homme s’effondra mollement sur le sol sans un son.

       Le soldat Jago alla examiner la salle d’où l’hérétique était sorti mais ne trouva rien d’intéressant, excepté des restes de cadavres humains en putréfaction dont la vision lui donna subitement la nausée. D’une tape sur l’épaule, je l’incitai de se retenir de vomir pour le moment et continuai d’avancer vers la source de la discussion au bout du couloir. Je percevais quatre à cinq voix différentes et, bien que le langage qu’elles employaient m’était totalement inconnu, il m’étais facile de reconnaître à leurs différents accents qu’il ne s’agissait pas la langue natale de plusieurs des interlocuteurs. Le début d’enquête effectué par maître Kantores indiquait que quelqu’un cherchait à rassembler des psykers de haut niveau sur plusieurs mondes pour les amener sur Vogen, ce qui expliquerait que la plupart de ces sorciers soient d’origines très différentes. Mais même si neutraliser ces ennemis était une priorité, ce n’était pas la plus grande en ce qui me concernait : je voulais savoir qui était derrière ce soulèvement, qui avait rassemblé ces psykers pour retourner le peuple de la ruche contre l’Imperium, qui avait organisé tout ce carnage. Et pour cela, j’avais besoin d’un prisonnier.

       C’est pourquoi j’avançai en premier pour enfoncer la porte de métal au bout du couloir et m’introduire dans le sanctuaire des psykers renégats. Il s’agissait de l’ancienne salle des machines du centre médiatique de Dienk, dont les instruments et autres appareils étaient depuis longtemps hors service ou à moitié détruits par manque d’entretien. Haute de trois mètres, longue d’une centaine et large d’une trentaine, elle était principalement rempli de mécanismes divers à l’état pitoyable parmi lesquels une douzaine d’individu avait installé leur camp de fortune pour se protéger du bombardement de la flotte. La moitié d’entre eux était rassemblé autour d’une caisse qu’ils utilisaient comme table pour y poser des cartes en papier et quelques plaques de données, tandis que les autres étaient couchés sur des lits de fortune établis près des quelques appareils ayant encore gardé une quelconque chaleur résiduelle pour les tenir au chaud. Ceux qui étaient en train de dormir se levèrent en sursaut lorsqu’ils entendirent la porte de leur antre tomber violemment au sol et se dirigèrent vers moi, tandis que mon escorte prenait place dans mon dos en attendant mon signal pour ouvrir le feu.

       -   Par autorité de la très sainte inquisition et au nom de l’Empereur Tout-Puissant, je vous ordonne de vous rendre sur-le-champ !

       Je savais bien que de tels hérétiques refuseraient catégoriquement de se rendre, surtout face à l’Inquisition, mais ce n’était pas le résultat que je cherchais. Alors que les psykers se regardaient les uns les autres un bref instant, j’essayai de décrypter chez eux une quelconque organisation hiérarchique afin d’identifier le chef, ou du moins celui qui s’approchait le plus d’un chef parmi cette bande de mécréants. L’un d’eux, un grand homme de stature plutôt forte pour un psyker, aux cheveux noirs comme le jais et au teint légèrement pourpre, me sembla être le plus qualifié au vu de sa réaction et de celles de ses comparses. Mon impression se révéla d’autant plus juste lorsqu’il prit la parole pour me répondre :

       -  Votre Faux Empereur ne peut rien pour vous ici, chiens de l’inquisition ! Priez tant que vous le pouvez encore !

       Là-dessus, le sorcier commença à réciter des paroles d’invocation et la température de la pièce chuta brusquement alors que le voile de la réalité s’amincissait. Les énergies qu’il tira de l’Immaterium prirent la forme d’un puissant éclair qu’il dirigea droit vers moi. Mais au lieu de me réduire en cendre comme il s’y attendait, l’éclair fut dévié de sa course à peine trois mètres devant moi et alla creuser un trou large comme un rhino dans l’un des murs de la pièce. En réponse à cette agression, je levai mon pistolet bolter et tira un unique projectile dans la jambe droite du psyker. Son membre disparut dans une gerbe de sang ténébreux lorsque le bolt explosa, et il tomba à la renverse dans un râle de douleur qui arracha les tympans de plusieurs des autres sorciers. Les regards de ces derniers devinrent soudain emplis de terreur. Quelques ’un d’entre eux tentèrent leur chance à leur tour, invoquant leurs sombres pouvoirs pour m’abattre, mais sans plus de succès. La moitié des psykers chercha à s’échapper en courant vers une sortie située à l’autre bout de la pièce.

       -  Tuez les fuyards ! ordonnai-je à mon escorte. Capturez ceux qui résistent !

       Les vétérans dunerriens firent preuve d’un sang-froid parfait alors qu’ils appliquaient mes consignes à la lettre, épargnant les ennemis les plus coriaces et abattant les autres. Le soldat Jago mit de côté son lance-flamme pour sortir son arme de poing, un simple pistolet laser beaucoup moins sujet aux dommages collatéraux. Ils tiraient dans les jambes pour les immobiliser, puis dans les bras pour les empêcher d’utiliser leurs pouvoirs. Un tir du long-las d’Eric intercepta la tête d’un des lâches alors qu’il était sur le point de nous échapper, et son corps sans vie fit encore quelques pas à l’extérieur avant de finalement tomber comme une marionnette aux fils coupés.

       Soudain, le dernier hérétique encore debout lança un autre éclair dans ma direction, et celui-ci fut dévié vers une machine tournante dont le réservoir était apparemment encore rempli à moitié de prométhéum raffiné. Cela déclencha une explosion qui me jeta à terre avec une partie des vétérans. Jago tira d’abord dans le genou gauche du psyker, puis dans ses bras au niveau des poignets pour en sectionner les tendons. Alors que je me relevais, je me rendis compte que l’explosion avait déclenché un début d’incendie et que la fumée noire de la combustion du carburant commençait déjà à remplir la salle des machines.

       -    Seigneur ! me fit Eric. Quels sont les ordres ?

       -  Saisissez ces traîtres et emmenez-les dehors ! Que quelqu’un essaye de contacter nos transporteurs pour demander une évacuation d’urgence !

       Alors que les gardes assommaient les quatre sorciers épargnés, histoire d’être certains qu’ils ne tenteraient rien de dangereux, je me dirigeai vers la caisse sur laquelle étaient rassemblés les cartes et plaques de données des hérétiques. La plupart ne contenaient que des données officielles des plans de la cité-ruche, des relevés d’inventaires d’armurerie et d’autres informations sans intérêt, mais l’une des plaques de données était cryptée avec un code qui n’était clairement pas impérial. D’après son aspect général, elle aurait pu appartenir à un riche marchand, un noble ou toute autre personne de haute fonction. Rien ne m’assurait qu’elle contenait des données utiles à mon enquêtes mais, dans cette situation, mieux valait toujours l’emporter avec moi dans l’espoir de trouver quelqu’un pour en décrypter le code.

       Après avoir glissé l’objet à l’intérieur de mon uniforme d’Eridios, je rejoignis mon escorte pour tenter de remonter vers la surface en espérant qu’aucune mauvaise surprise ne nous y attendrait.

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LA SUITE

(prochainement)

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SOMMAIRE

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Par Jack-115 - Publié dans : ILLUMINATI
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Lundi 17 octobre 2011 1 17 /10 /Oct /2011 19:14

Bon, et bien il fallait bien que ça arrive au meilleur moment : mon pc vient de rendre l'âme.

 

Avec mon déménagement en cours sur Montélimar, j'ignore quand est-ce que je pourrai m'en racheter un, donc il est fort probable que durant plusieurs semaines je sois incapable de poster le moindre chapitre. J'essayerai d'écrire plusieurs d'entre eux sur papier histoire d'avancer quand même un peu, mais ce sera forcément plus lent que sur un clavier. Je ne peux pas modifier les modules dans les colonnes via mon Iphone, ou du moins l'administration du blog semble y être allergique, donc je précise ici que les publication des prochains chapitres sont repoussées à une date indéterminée.

 

Désolé donc pour tous ceux qui attendent la suite de leur(s) fanfic(s) favorie(s), mais là je n'y peux vraiment rien pour le moment. J'espère simplement pouvoir régler ce problème au plus vite, que ce soit pour le blog ou pour d'autres choses.

 

Jack-115

 

 

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EDIT (27/10/2011)

 

C'est bon, je me suis acheté un nouvel ordinateur et j'ai terminé d'installer tous les composants nécessaires pour recommencer à travailler dans de bonnes conditions. Je reprends donc l'écriture des prochains chapitres en respectant l'ordre que je leur avait réservé. On se retrouve d'ici quelques jours pour un nouveau chapitre d'Illuminati.

 

Malheureusement, après ce chapitre, je vais être sans réseau internet pendant une petite dizaine de jours le temps que mon forfait soit mis en place à mon nouvel appartement, sans compter que le week-end du 12 et 13 novembre je remonte en Lorraine pour aller à l'Anim Est, le salon de japanimation annuel qui se déroule à Nancy. On verra bien comment les choses se passent.

 

A très bientôt,

 

 

Jack-115

 

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Par Jack-115 - Publié dans : informations diverses
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Vendredi 14 octobre 2011 5 14 /10 /Oct /2011 00:01

CHAPITRE VINGT-DEUX : LE DÉMON INTÉRIEUR

 

 

2355 heures, 18 septembre 2552 (calendrier militaire) / salle de contrôle de l’installation 03.

 

       Lorsqu’il vit les cinq puissants sangheilis en armures blanches étincelante avancer calmement en dégainant leurs armes à plasma, Franck sentit une boule se former dans sa gorge et plusieurs de ses muscles manquèrent de se tétaniser. S’il avait réussi à éliminer trois ces terribles adversaires parmi ceux qui gardaient l’accès de la salle de contrôle, c’était uniquement grâce à l’avantage de l’obscurité et de la surprise, combiné à son entraînement de SIS. Il n’était absolument pas de taille à les affronter de face et en pleine lumière. Nous sommes en infériorité numérique, et en plus je ne suis même pas un vrai spartan. Je me sens vraiment con, là, tout de suite.

       Mais ce sentiment d’inutilité fut dissipé lorsqu’une main se posa sur son épaule et qu’il se retourna pour voir le visage de Kelly, qui avait relevé sa visière pour le regarder droit dans les yeux. Son regard était empli de confiance alors qu’elle lui remit son pistolet M6D en disant :

       -   Couvre-moi, je passe devant.

       Franck se contenta d’acquiescer et prit l’arme d’une main assurée avant d’en retirer la sécurité dans un léger claquement reconnaissable. Le contact de la crosse à travers le gant de sa combinaison noire lui fit retrouver son assurance tandis qu’il anticipait la fureur du combat qui allait suivre. Alors que Kelly passait devant lui, chacun de ses pas résonnant lourdement sur le sol métallique, elle se tourna vers 049 Shamefull Anomaly et lui annonça :

       -   Excuse-moi, 49, mais je vais devoir bousculer un peu le protocole.

       -   Que voulez-vous dire par…

       Mais le moniteur n’eut pas le temps de finir sa phrase. Kelly l’avait déjà saisi violement par l’un des arcs de son armature extérieure et fonça droit sur les Premières Lames du commandeur Urda. Deux d’entre eux levèrent aussitôt leurs fusils à plasma et lâchèrent une rafale de projectiles énergétiques que Kelly contra partiellement en utilisant Shamefull Anomaly comme bouclier. L’instant suivant, elle lança l’IA forerunner avec force dans le ventre du plus proche guerrier pour lui saisir son bras armé, avant de le tordre d’un mouvement sec. Il laissa tomber son épée à plasma et Kelly la récupéra au vol pour ensuite le décapité d’un mouvement parfait. Une détonation retentit lorsque Franck tira dans la tête d’un élite qui s’apprêtait à la frapper sur son flanc droit. La balle ne pénétra pas le bouclier énergétique du guerrier, mais son impact fut suffisant pour le déstabilisé le temps que Kelly réalise la présence de cette menace et réagisse avec sa redoutable célérité. Elle le transperça le sangheili au niveau du torse, et alors que l’alien s’effondrait dans un râle elle récupéra son épée à plasma afin d’armer sa seconde main.

       Le M6D qu’elle avait donné à Franck rugit à nouveau pour tenir en respect un autre élite sur la gauche de Kelly qui fonça aussitôt à droite pour contrer une attaque verticale avant de sectionner un autre adversaire au niveau de la ceinture. Fred et Dalkos n’osait pas tirer dans la mêlée de peur de toucher leur coéquipière, mais ce n’était pas pour rien que cette dernière avait donné son arme de poing au SIS. Même s’il n’était pas au niveau de Linda, Franck savait faire preuve d’une précision remarquable et en l’espace de onze secondes, il lui sauva la vie pas moins de quatre fois au moyen de tirs bien placés. Il parvient même à faire tomber un élite en envoyant une balle au niveau de son pied droit au moment où il allait le poser par terre, et même s’il se remit sur pied quasi instantanément, cette petite seconde de contretemps avait suffi pour offrir à Kelly une ouverture vers la tête du sangheili.

       Soudain, le dernier des Premières Lames fit apparaître une petite lame énergétique sur la protection d’armure de son avant-bras gauche alors qu’il paraît une attaque de la spartan, et profita de la surprise pour porter un coup horizontal. Kelly ne fut sauvée que par ses réflexes hors du commun et contre-attaqua en abattant ses deux épées selon des trajectoires diagonales qui coupèrent son adversaire en trois morceaux qui glissèrent l’un sur l’autre en s’étalant sur le sol. Ce n’est qu’alors que Kelly réalisa qu’elle saignait abondamment au niveau du ventre.

       -   KELLY !!! hurla Fred qui avait lui aussi remarqué la blessure.

       Le spartan se précipita vers sa coéquipière dont les forces faiblirent si rapidement qu’elle ne parvint pas à rester debout. Le coup de lame énergétique avait sectionné les intestins en plusieurs endroits et provoqué de sérieuses hémorragies internes. Si elle n’était pas soignée très rapidement, elle allait se vider de son sang… du moins si l’arme de Halo ne les tuait pas tous avant.

       -   Ne vous occupez pas de moi, réussit à dire Kelly. Finissez le boulot.

       Fred ne consentit à laisser la spartan qu’une fois l’avoir amenée jusqu’à un pylône de pierre ornementée situé non loin, et s’être assuré qu’elle était dans la meilleure posture pour limiter la perte de sang. Une rage incontrôlable commença à monter en lui. Elle lui fit oublier Halo, les covenants, l’humanité, et jusqu’à la douleur dans ses muscles, pour ne laisser qu’une envie incontrôlable de massacrer celui qui était la cause de tout ceci : Urda.

       D’un geste assuré et méthodique, Fred retira les sécurités de son casque qu’il retira lentement pour le poser à côté de sa coéquipière.

       -   T’as intérêt à être en état de me le rendre lorsque je reviendrai, lui dit-il.

       -   Je te le ferais même bouffer pièce par pièce si tu reviens sans Franck.

Là-dessus, Fred tira son long couteau de combat hors de son fourreau comme un musicien sort un archet de son étui, et se trancha volontairement l’index pour faire tomber quelques gouttes de son propre sang sur son casque. Puis, alors même que l’inquisiteur Dalkos commençait déjà à s’avancer vers le commandeur sangheili, Fred saisit son allié inattendu par le bras pour lui dire d’un ton aussi impérieux que sombre :

       -   Il est à moi.

       Le covenant ne sut quoi répondre. Le visage du spartan lui semblait encore plus terrifiant et démoniaque que l’image anonyme et froide de son casque de combat, avec son regard ténébreux, sa cicatrice au milieu du nez, et les mèches argentées qui striaient ses cheveux noirs tels des étoiles filantes. D’un simple hochement de tête, Dalkos respecta la décision de son allié et porta alors son attention sur le commandant en second Erko, laissant Fred affronter l’adversaire qu’il s’était choisi.

       -   49 ! dit le spartan sans même se tourner vers le moniteur. Combien de temps avons-nous avant que l’arme de cette installation ne s’enclenche ?

       -    Quatre cent soixante-deux secondes de votre temps standard.

       -  Vous ne stopperez pas ma tâche de purification, démons ! répliqua le commandeur sur un ton de défi en levant son épée à plasma.

       -    En quatre minutes quarante-deux je pourrais t’étriper sept fois, renchérit Fred calmement.

       Ce n’est pas tant la réplique du spartan qui déstabilisa Urda, mais plutôt le fait que son adversaire n’ait pas cherché un seul instant à récupérer l’une des nombreuses épées plasmatiques trainant sur le sol pour préférer se fier à la courte lame métallique de son couteau. Il se dégageait de Fred une telle confiance en soi et une telle haine que même un sangheili aussi fort et expérimenté qu’Urda ne put réprimer un mouvement de recul.

       Fred profita de l’hésitation de son adversaire pour lui foncer dessus. Alors qu’Urda se forçait à reprendre ses esprits, son adversaire fit plonger son couteau en avant… mais ce n’était qu’une feinte et d’un bond rapide il partit sur le flanc gauche du sangheili, à l’opposé de son bras armé de façon à avoir une ouverture. Urda n’eut pas le temps de placer sa lame pour parer et recula encore en essayant de se replacer face au spartan, mais celui-ci repartit dans l’autre sens dans une roulade sur le flanc droit pendant laquelle il taillada le genou de l’élite.

       Urda lâcha un grognement de rage en sentant le métal traverser sa chaire et frotter contre ses os, avant de hurler en portant un coup vertical contre Fred qui continua sa roulade pour s’éloigner avant de se redresser d’un bond. Il fallut un effort colossal au sangheili pour résister à l’envie rageuse de se jeter sur son adversaire pour le tailler en pièces, réalisant qu’il était dans une situation dangereuse. Le simple fait de se dire qu’il était dépassé par un humain lui était insupportable, sans compter la honte d’avoir reçu une blessure en duel sans avoir pu en infliger une lui-même. Sa respiration était forte et irrégulière, ce qui ne facilitait pas sa réflexion, mais alors qu’il essayait de se calmer, son adversaire revint à la charge.

       Cette fois-ci, Fred effectua deux feintes successives en anticipant les réactions de son adversaire. Lorsque celui-ci réagit à la deuxième feinte en frappant par le haut, estimant être protégé du couteau humain par son bouclier énergétique, Fred saisit le bras du sangheili et utilisa l’énergie de sa contre-attaque pour le projeter au sol derrière lui. En se retournant, le spartan fit tomber son genou sur le cou d’Urda, et le simple poids de l’armure faillit broyer la trachée de l’extraterrestre dont le souffle vint vite à manquer. Urda réagit plus intelligemment que ce à quoi Fred s’attendait, envoyant son épée à plasma à la rencontre du spartan par un coup d’estoc, mais ce n’était pas suffisant. Fred pivota sur son genou tout en maintenant l’élite au sol afin de laisser passer la lame d’énergie sous son bras gauche, avant d’enfoncer sa propre arme blanche dans le poignet d’Urda. Si le coup n’avait pas été ralenti par le bouclier énergétique covenant, il aurait pu lui couper la main entièrement, aussi se contenta-t-il seulement de lui sectionner les articulations.

       Urda hurla alors que son arme lui échappait des mains sous faute de pouvoir être maintenue correctement, mais il n’abandonna pas pour autant et projeta Fred en arrière d’un violent coup de pied. Néanmoins, il avait été privé d’air pendant trop longtemps et les quelques instants nécessaire pour retrouver son souffle suffirent pour donner à Fred une dernière ouverture fatale : d’un geste net, précis et puissant, le spartan lança son couteau vers la bouche ouverte du sangheili. La lame s’enfonça au fond de sa gorge, ne laissant dépasser qu’un maigre morceau de la poignée. Le sang bleu sombre d’Urda se mit à couler abondamment sur le sol de la salle de contrôle alors qu’il tombait à genoux, portant ses deux mains à sa bouche pour tenter de saisir l’arme humaine. Mais même si ses mains avaient été adaptée pour saisir ce genre d’objet au fond de sa gorge, il n’avait plus la force de l’en retirer, et encore moins de continuer le combat. Tout ce qu’il parvint à faire fut de pousser un râle sourd et faible que même les sens augmentés des spartans eurent peine à entendre.

       Sans se préoccuper de la douleur qu’endurait son adversaire à l’agonie, Fred passa à côté d’Urda pour accéder au panneau de commande de la salle de contrôle. Des symboles incompréhensibles défilaient à toute vitesse sur un affichage holographique et des dizaines d’autres clignotaient de tous côtés sans qu’il puisse en comprendre la signification. Pourtant, il sut instinctivement où il devait poser sa main pour stopper le processus d’activation de Halo, et quelques instants plus tard le bruit lointain des mécanismes d’armement se turent dans un long decrescendo. Ce n’est qu’alors que Fred se tourna vers Urda et, tout en s’avançant vers lui, déclara d’une voix sombre :

       -   Avant d’aller retrouver tes ancêtres, il y a une chose qu’il faut que tu saches à propos de nous, les spartans. La seule façon que vous aviez de nous tuer… c’était d’arrêter la guerre. Parce que la guerre est la seule chose pour laquelle nous avons été créés. Vous pouvez nous briser tous les os du corps, nous ensevelir sous les décombres d’une planète entière ou nous immerger sous un océan de lave, nous reviendrons toujours pour vous combattre. Et nous gagnerons. Parce que nous avons été créés pour ça.

       Sur ses mots, Fred saisit la tête affaissée d’Urda, qui ne respirait plus que très faiblement et dont les yeux exprimaient une immense haine à laquelle était cependant mêlée de la honte. Le sangheili sentait sa mort approcher, mais il ne pouvait pas se la donner lui-même par le suicide. Non pas qu’il n’en ait plus la force, mais le déshonneur qui en résulterait serait si grand qu’il ne rejoindrait jamais les esprits de ses ancêtres. Il ne put donc qu’attendre que Fred saisisse le manche de son arme et l’achève enfin en lui lâchant un dernier mot :

       -   Les spartans ne meurent jamais.

       Puis, Fred tourna sa lame au fond de la gorge du sangheili avant de la faire remonter vers le sommet de son crâne avec suffisamment de force pour le broyer en mille morceaux. Un calme profond l’envahit aussitôt, et il resta un long moment à savourer la vision du cadavre du commandeur étalé à ses pieds.

       Il lui fallut un certain temps pour percevoir les sons indiquant qu’un autre combat se déroulait toujours dans cette même salle. En effet, Franck et Dalkos étaient toujours engagés contre le commandant en second Erko, dont la redoutable habilité à l’épée plasma lui avait permis de tenir en respect ses deux adversaires sans pour autant parvenir à les blesser. Erko avait assisté impuissant au décès de son supérieur, mais continuait d’attaquer sans relâche, avec même encore plus de vigueur qu’au début du combat.

       -   Abandonne, lui lança Fred. J’ai arrêté Halo. Tu n’as plus aucune raison de continuer.

       -     J’ai peut-être perdu mon maître, mon but et mes espoirs, mais il me reste encore mon honneur. Et tant que j’aurais un souffle de vie, je me battrais pour le protéger. Maintenant venez, démons, et finissons-en dans un dernier bain de sang sous le regard rieur des dieux qui m’ont abandonné.

       -    Comme tu voudras.

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LA FIN

(prochainement)

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SOMMAIRE

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Par Jack-115 - Publié dans : Halo Destiny
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Jeudi 13 octobre 2011 4 13 /10 /Oct /2011 21:53

CHAPITRE SEPT : L’ENNEMI

 

 

 

1845 heures, 15 janvier 2534 (calendrier militaire) / transporteur de troupe UNSCSpirit of Fire, espace intersidéral.

 

       -  Abattez-moi cette saloperie ! cria Jill en ouvrant le feu avec son pistolet.

       La voix énergétique du lieutenant permit aux autres membres de l’escouade de reprendre leurs esprits pour réagir. Une grêle de balles s’abattit aussitôt sur l’horrible créature qui fut mise en charpie, chaque projectile arrachant un morceau de sa chaire décomposée qui se répandit sur le sol du couloir. Mais même alors que sa tête et ses deux bras étaient partis en poussière, la monstruosité continuait d’avancer implacablement vers les humains, comme si une force mystérieuse animait son corps. Ce n’est qu’une fois ses jambes détruites par une rafale du fusil d’Eric qu’elle stoppa son avance et s’effondra, néanmoins l’horreur n’était pas terminée : quelque chose s’extirpa du cadavre lorsque celui-ci cessa enfin de bouger.

       C’était vivant, à n’en pas douter, mais cela ne ressemblait à rien de ce qu’ils avaient jamais connu. La créature était de la taille d’un ballon de rugby et avait la forme d’une masse visqueuse et verdâtre rebondie, montée sur un lot de minuscules tentacules lui servant de pattes. Elle se déplaçait vite, tellement vite qu’elle fut sur Jill en un rien de temps pour lui sauter au visage avec une agilité stupéfiante. La main de Jack s’interposa en une fraction de seconde afin de saisir la chose au vol, mais au lieu de l’empoigner elle la fit littéralement éclater, libérant dans l’air un fluide glauque mêlée de gaz tout aussi répugnant. Aucun mot ne pouvait exprimer la terreur qui se lisait dans les yeux de Jill.

       -  Ca va, lieutenant ? demanda Jack, son regard figé sur sa main toujours tendue, cherchant à comprendre ce qui venait de se passer.

       Jill ne répondit pas. La visière de son casque intégral était recouverte des fluides corporels de la bestiole et son pistolet tremblait entre ses mains. Elle savait qu’elle venait d’échapper à la mort, ou peut-être à quelque chose de beaucoup plus horrible…

       -  Qu’est-ce que c’était que cette chose ? s’exclama Eric alors qu’il tâtait du bout de son canon le corps inanimé de l’humanoïde qui les avait attaqué. Comment est-ce qu’il pouvait encore tenir debout ?

       Patric, en tant que médecin et scientifique du groupe, tenta de trouver un explication logique :

       -  On aurait dit que c’était le corps d’un humain parasité par l’organisme que Foster vient de détruire. Je n’ai pas eut le temps d’en voir grand-chose, mais il me semble possible que ses tentacules lui servent à se connecter au système nerveux de son hôte pour le contrôler, voir même le remplacer en interceptant les signaux au niveau de la colonne vertébrale. Cela peut expliquer pourquoi il a survécu au tir de Starwalker et a continué d’avancer même privé de sa tête. Il ne ressent probablement pas la douleur ni aucune émotion humaine. Une vraie machine à tuer.

       -  C’est complètement dément, lâcha Ryan. Comment une telle chose peut exister ?

       -  On se fout de savoir ce que c’est ! fit Jack. On doit toujours atteindre les antennes de communication pour prévenir le Hollow Lies de la situation. Et si d’autres de ces choses se mettent sur notre route, au moins maintenant on sait comment les tuer. Pas vrai, lieutenant ?

       Mais Jill était toujours en état de choc, le regard perdu dans le vide à l’endroit où la main du caporal avait écrasé la chose qui l’avait attaqué. Jack se demanda si le fait de lui mettre la main sur l’épaule à ce moment ne risquerait pas de trahir ses sentiments pour elles, mais Ryan lui évita cette peine en balançant une douille vide contre la visière du casque de Jill. Elle reprit ses esprits aussitôt et, comme si son esprit avait inconsciemment enregistré tout ce qui s’était dit durant ce moment d’absence, elle répondit :

       -  Oh… euh… oui, bien sûr. On doit prévenir le Hollow Lies. Que tout le monde vérifie ses munitions et reste sur ses gardes. Ne perdons pas de temps.

       L’équipe se remit alors en route vers les antennes de communication. Le chemin d’accès que Jack avait établi selon les plans du vaisseau passait à travers les quartiers des équipages pour atteindre un escalier de service menant au niveau supérieur, et jusque là aucun autre monstre ne se montra. Mais lorsque Ryan examina la pièce sur laquelle débouchait l’escalier à travers le hublot de la porte, il ordonna immédiatement à tout le monde de rester immobile. Dans le langage des signes tactiques, il indiqua qu’il voyait trois ennemis dont deux équipés d’armes légères et qui, pour le moment, ne l’avaient pas repéré.

       Lentement, Jill s’avança vers le hublot pour observer la scène. Les monstruosités étaient parfaitement immobiles dans le couloir d’accès de l’autre côté de la porte, donnant l’impression d’être des cyborgues en mode veille. Mais leur apparence d’humains putréfiés ne laissait aucun doute sur leur horrible nature. Profitant de l’opportunité d’observer ces nouveaux ennemis dans de meilleures conditions qu’avec le premier cadavre ambulant qu’ils avaient rencontré, Jill utilisa le zoom de sa visière numérique pour étudier leur morphologie. Il ne faisait aucun doute que ces choses avaient autrefois été des humains, leurs habits en lambeau étant encore reconnaissables comme les uniformes de soldats des marines stationnés sur le Spirit of Fire durant la campagne de Harvest.

       Jill passa ensuite en mode de vision infrarouge afin de vérifier une théorie et elle ne fut pas déçue : la chaleur corporelle des ennemis était beaucoup plus faible que celle d’humains normaux, excepté au niveau du torse, où elle pouvait reconnaître la forme de la bestiole qui avait voulu se jeter sur elle. L’organisme qui contrôlait ces choses pouvait être repéré grâce à ce mode de vision. Et s’il mourrait, le corps redevenait un cadavre inanimé.

       Les choses allaient être beaucoup plus simples, tout de suite.

       -  Passez en mode de vision infrarouge, dit-elle à travers la liaison TEAMCOM. Visez le point de chaleur principale des cibles. J’entre en première.

       Chaque membre de l’équipe indiqua d’un simple geste qu’il avait bien reçu l’ordre. Jill attendit quelques instants pour être certaine que tout le monde était prêt, et aussi un peu pour rassembler son courage, puis elle actionna l’ouverture de la porte pour se précipiter dans le couloir. La première balle perforante qu’elle tira toucha sa cible directement au niveau de l’organisme parasitaire qui fut aussitôt détruit par l’impact. Le corps tomba aussitôt comme une marionnette à qui on venait de couper les fils. Sans perdre de temps, Jill orienta son arme vers le deuxième ennemi et tira une salve trois balles afin d’être sûre de toucher au but, tandis que derrière elle, Ryan avait déjà abattu la troisième cible d’une balle de son sniper.

       L’engagement avait été relativement facile, d’autant qu’aucun des ennemis n’avait semblé réagir à l’apparition soudaine des humains. Il était possible que leurs réflexes soient inhibés ou qu’ils fussent réellement en mode veille, une sorte de sommeil réparateur pour l’organisme parasitaire qui n’avait pas besoin de ménager le corps qu’il possédait. Mais ce n’était qu’une théorie.

       -  Où sont les antennes de communication ? demanda Jill en se tournant vers son technicien.

       -  Troisième porte à droite en suivant ce couloir.

       -  Bien. Starwalker va en pointe et Gordman ferme la marche. Soyez sur vos gardes : les coups de feu ont peut-être alerté d’autres créatures.

       -  Pour ça, fit Eric d’un ton railleur, il faudrait que leur ouie soit nettement meilleurs que leurs réflexes.

       Mais personne n’eu le temps de relever la remarque du vétéran, car soudain un bruit étrange se fit entendre à travers le vaisseau, sauf que ce n’était pas un bruit. C’était le hurlement le plus effrayant et le plus inhumain qu’ils aient jamais entendu, un cri aigu et strident semblant provenir d’une bête mourante ou d’un animal en colère. Et l’instant suivant, la porte à l’autre extrémité du couloir fut éventrée d’un seul coup par un monstre encore plus abominable que les autres, car contrairement aux autres, il n’avait absolument rien d’humain.

       Il était tout simplement énorme, si énorme qu’il pouvait à peine tenir dans l’étroit couloir qui faisait à peine deux mètres sur deux. Il se déplaçait avec l’allure d’un grand singe, ses membres postérieurs si longs qu’ils touchaient le sol sans qu’il ait besoin de trop se pencher afin de répartir son poids qui devait être colossal. Sa peau semblait nettement plus rugueuse, voir même caparaçonnée. Sa tête n’était quasiment qu’une bouche informe avec deux longues mandibules lui donnant quelque chose d’un insecte. Il ne possédait pas de mains, mais simplement d’énormes masses organiques pourvues de griffes aussi grosses que des fusils d’assaut avec lesquelles il devait sans problème être capable de fendre le métal ou broyer n’importe quel homme. Mais la chose la plus inquiétante, c’était qu’au travers de sa vision infrarouge, chacun des membres de l’équipe pouvait voir que le corps de cet ennemi était parfaitement uniforme, sans le moindre signe de parasite.

       Le premier à lui tirer dessus fut Ryan, mais sa balle de sniper ne parvint pas à percer l’étrange carapace qui le recouvrait. Voyant que l’arme la plus puissante de leur maigre arsenal n’avait aucun effet sur ce monstre, Jill ordonna dans un cri : 

       -  Tout le monde dans la salle des communications ! Vite !

       L’équipe se précipita vers la porte indiquée par Jack, profitant du fait que le monstre était gêné par les dimensions du couloir. La salle de communication était vaste et donnait sur l’espace intersidéral au travers d’une grande vitre blindée, devant laquelle étaient alignés toute une série de panneaux de commande. Jill ordonna aux autre de barricader la porte avec tout ce qu’ils trouvaient pendant qu’elle cherchait à utiliser le système de communication du vaisseau.

       -   Hollow Lies, fit-elle dans la radio en transmettant sur toutes les fréquences. Hollow Lies ici le lieutenant Vallentine. Ne répondez pas à cet appel. L’IA Sérina est corrompue et contrôle le vaisseau. Ne transférez pas…

       Mais soudain, le panneau de contrôle devant lequel se tenait le lieutenant se couvrit d’étincelles et s’enflamma, réduisant à néant les possibilités de communication. L’instant d’après, la voix de Sérina se fit entendre à travers les haut-parleurs de la salle :

       -  Cela me cause le plus grand désagrément de devoir endommager mon vaisseau, mais vous ne me laissez pas le choix. J’ai besoin de ce nouveau moteur, et rien ne m’empêchera de l’obtenir.

       -   Même si l’équipement Shaw-Fujikawa du Hollow Lies arrivait ici, comment comptes-tu nous obliger à te l’installer ?

       -   Je n’ai pas besoin de vous pour cela, répondit l’IA sur un ton amusé. J’ai eu l’immense chance de trouver de nouveaux alliers dont les objectifs s’alignent parfaitement avec les miens, et ils sont parfaitement capables d’opérer ce petit transfert de mécanique.

       -   Ne me dite pas qu’elle parle de ces saloperies qu’on a rencontré en venant ici ! Lâcha Eric. Comment ces choses pourraient comprendre comment installer un truc pareil ?

Patric réfléchit un instant avant de proposer une hypothèse :

       -    Je suppose que ces organismes sont capables d’assimiler les connaissances des hôtes qu’ils parasitent. Le fait qu’ils sachent manier des armes à feu semble tendre vers cette hypothèse. S’ils ont réussi à mettre la main sur quelques techniciens de l’ingénierie, alors ce qu’elle dit est parfaitement possible. Ce n’est probablement pas le cas du spécimen qui nous attend dans le couloir, mais je pense que ça doit l’être pour les formes humanoïdes de tout à l’heure.

       -    Mais d’où viennent ces créatures ? Et pourquoi sont-ils alliés avec elle ?

       -    On se posera cette question plus tard, fit Jill. Pour le moment on doit sortir d’ici autrement qu’en devant affronter l’autre saleté. Foster ! Est-ce qu’il y a une deuxième sortie à cette salle ?

       -  Négatif, lieutenant. Je suggère qu’on dégomme la vitre pour sortir dehors et atteindre les hangars du vaisseau en marchant sur la coque.

       -  Bonne idée. Starwalker ?

       Sans hésiter une seconde, le tireur d’élite épaula son fusil, attendit que tout le monde s’accroche à quelque chose, puis tira dans la vitre. La balle ultra-perforante de calibre 14,5 traversa les vingt centimètres de verre blindé intégralement, créant un trou circulaire net et précis qui suffit cependant à causer la dépressurisation de la salle. La pression titanesque de l’air cherchant à sortir fit exploser la vitre qui vola en mile morceaux à l’extérieur du vaisseau, manquant d’emporter avec elle les membres de l’équipe Recovery. Jack s’était attendu à ce que Sérina s’oppose à leur tentative d’évasion, aussi avait-il pris la précaution de sectionner les commandes des panneaux anti-explosion censés refermer la salle dans le cas d’une dépressurisation. Il ne leur restait plus qu’à actionner les accroches magnétiques de leurs bottes pour sortir dans l’espace.

       L’énorme structure extraterrestre était encore plus imposante depuis ce point de vue, sa surface à peine éclairée par les lointaines étoiles lui donnant un aspect menaçant. Et maintenant qu’elle l’observait d’aussi prêt, Jill s’accorda à penser que cela ne pouvait absolument pas être d’origine covenant, car cela ne ressemblait en rien à tout ce qu’elle avait vu de cette civilisation, autant sur le plan technologique d’architecturale. Les covenants appréciaient par-dessus tout les formes arrondies et lisses, symbolisant la perfection, alors que cette structure possédait des traits rectangulaires et sa surface était couverte de gravures dont le rôle était probablement ornemental. Alors si ce n’était pas d’origine covenant, qui avait bien pu bâtir une telle chose ?

       C’est alors, que, alors qu’elle réfléchissait et observait la structure extraterrestre, Jill sentit brusquement que quelque chose n’allait pas. Il y avait quelque chose de différent, mais elle ne parvenait pas à expliquer quoi. Ses sens était en alerte, son subconscient tentait de lui dire quelque chose… le vaisseau.

       Le vaisseau avait bougé. Maintenant cela ne faisait plus aucun doute : l’orientation du Spirit of Fire par rapport à l’installation extraterrestre n’était plus la même que lors du briefing de mission voilà un peu plus d’une heure. Il s’était légèrement tourné à tribord. Etait-ce à cause d’une force physique extérieure qui agissait sur la masse du bâtiment ou bien…

       -   Sérina ? fit-elle en se retournant vers la salle des communications. Tu m’entends toujours ?

       -   Bien entendu, lieutenant. Je m’en serais voulu de ne pas pouvoir partager avec vous ce grand moment, et je sens à votre ton que vous devez avoir réaliser ce que je préparais.

       -   Ce qu’elle préparait ? répéta Jack. Lieutenant, de quoi elle parle ?

Mais Sérina ne donna pas à Jill le temps de répondre :

       -   Votre frégate de combat a beau disposer d’une nouvelle technologie qui m’est inconnue pour déjouer mes senseurs, mais j’ai un autre moyen de la repérer. Cela fait trois ans que je suis coincée ici, lieutenant Vallentine. Comment croyez-vous que je me suis occupée pendant tout ce temps ? Je connais les positions de toutes les étoiles visibles depuis ces coordonnées et je sais remarquer quand l’une d’entre disparaît. Depuis que votre vaisseau s’est immobilisé, j’ai utilisé une infime partie de l’énergie afin de réorienté mon propre bâtiment à une vitesse indécelable pour un observateur humain. Une IA aurait sans doute remarqué une telle chose, mais apparemment vous avez été assez stupide pour l’amener ici avec vous et me donner l’occasion de l’effacer moi-même. Et maintenant que j’ai enfin votre moteur Shaw Fujikawa, vous avez la chance d’être aux première loges pour le spectacle.

       -   Non ! cria Jill. Ne fais pas ça !

       Mais Jill savait très bien que ses mots n’auraient absolument aucun impact sur la décision de l’intelligence artificielle. Sérina était entièrement corrompue, déterminée à suivre une nouvelle logique dans laquelle sa survie passait avant tout, même si pour cela des milliers d’hommes devaient mourir. Elle avait réorienté le Spirit of Fire de façon à ce que ses armes de proue, et en particulier l’énorme canon à accélération magnétique, soient dirigées droit sur le Hollow Lies. Trois énormes obus de tungstène surchauffés quittèrent le vaisseau à presque la moitié de la vitesse de la lumière pour aller exploser là où, quelques instants auparavant, on aurait cru qu’il n’y avait rien. L’instant d’après, trois explosions éclairèrent le décor spatial alors que la frégate furtive de l’ONI était réduite à néant.

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LA SUITE

(prochainement)

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SOMMAIRE

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Par Jack-115 - Publié dans : Perdu Corps et Biens
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Jeudi 13 octobre 2011 4 13 /10 /Oct /2011 21:48

CHAPITRE SIX : L’EQUIPAGE

 

 

 

1821 heures, 15 janvier 2534 (calendrier militaire) / transporteur de troupe UNSCSpirit of Fire, espace intersidéral.

 

       D’après les estimations de Zélos, l’équipe RECOVERY devait mettre une bonne dizaine de minutes pour traverser la moitié du vaisseau séparant la passerelle de commandement du secteur de cryogénie, le réseau de tramway interne permettant habituellement à l’équipage de circuler étant hors service. Le chemin était plus long que celui qu’ils avaient traversé entre le sas d’entrée numéro 3 et la passerelle, mais les choses avaient considérablement changé depuis. Avec Zélos aux commandes du Spirit of Fire, le groupe prenait nettement moins de précautions concernant sa sécurité mais Jill ne s’en souciait pas vraiment. Elle avait demandé par radio à Sara de poser son Pélican dans le hangar bâbord où les hommes du Hollow Lies allaient débarquer afin qu’elle se regroupe avec eux, et la pilote avait aussitôt obtempéré, laissant le reste de l’équipe atteindre leur objectif par leurs propres moyens. Les couloirs parfaitement éclairés et de nouveau soumis à la gravité artificielle présentaient un décors beaucoup moins inquiétant que lors de leur arrivée, bien que l’absence totale de vie et le désordre des objets étalés par terre contrastaient avec la propreté des lieux. De toute évidence, le vaisseau était parfaitement clean si l’on mettait de côté les quelques dégâts qu’il avait subit durant ses dernières batailles et l’effacement des données par Sérina.

       Jack avait reçu la responsabilité de transporter l’holopad contenant l’IA corrompue, ce qui ne l’enchantait pas particulièrement mais qui avait au moins l’avantage d’affirmer son rôle d’informaticien au sein de l’équipe. Il n’avait pas tenté de lui parler à nouveau car il ne savait pas si cela pouvait leur être utile, mais il se questionnait sur ce qui avait poussé l’IA à accepter si facilement de collaborer avec eux. Lorsque le phénomène de corruption affectait les intelligences artificielles de type intelligente, leur noyau logique était littéralement détruit puis restructuré instantanément, ce qui signifiait qu’elles se créaient alors une nouvelle logique de pensée pouvant être soit très proche soit très différente de son mode de pensée originel. Vu son comportement sur la passerelle il ne faisait aucun doute que Sérina était corrompue, mais apparemment son nouveau noyau logique comportait suffisamment de ressemblances avec l’ancien pour comprendre les notions de survie et de négociation. Mais quelque chose avait changé en elle. Quelque chose qui l’avait mené à ouvrir certaines portes du vaisseau tout en fuyant l’équipe RECOVERY comme un enfant qui aide ses parents puis courre se cacher en croyant avoir fait une bêtise.

       Le jeune Foster avait appris à ne jamais faire confiance à une IA corrompue, car en général ces entités développaient un puissant instinct de survie leur dictant de tout faire pour s’assurer qu’elles ne seraient pas détruites. Mais vu que si Sérina suivait cette logique, il était préférable pour elle de dire la vérité. Elle pouvait éventuellement dissimuler certaines choses dont elle pourrait être fautive, mais elle ne mentirait jamais ouvertement sur quelque chose que de toute manière, l’équipe finirait par savoir tôt ou tard. Ses capacités de calculs lui permettaient d’explorer toutes les possibilités d’évolution de la situation en à peine quelques instants, aussi elle avait parfaitement conscience que si l’équipe RECOVERY découvrait qu’elle leur avait donné de mauvaises informations, elle devrait aussitôt en subir les conséquences. C’est pourquoi Jack était persuadé que ce que leur avait révélé Sérina ne pouvait être que la stricte vérité, bien qu’il aimerait profiter de cette occasion pour comprendre la logique qu’elle avait suivit pour en venir à cette conclusion simple pour un esprit sain, mais pouvant être difficilement compréhensible pour un esprit tordu.

       -  Caporal Foster, fit soudain Jill alors qu’ils marchaient. Pensez-vous qu’il soit possible de transférer le moteur Shaw Fujikawa du Hollow Lies afin de l’installer sur le Spirit of Fire ?

       -  Je pense que oui. Il n’y a pas eu d’évolution majeure de cette technologie depuis ces trois dernières années, donc le système du Spirit of Fire devrait parfaitement être capable de faire fonctionner notre modèle de moteur.

       -  Parfait. Alors je vais demander à Zélos d’envoyer un message au capitaine Darris pour qu’il effectue le transfert. Lorsque le moteur arrivera, vous serez chargé de superviser son installation.

       -  A vos ordres, lieutenant. Mais avant d’envisager la possibilité d’effectuer une transition, il faudrait d’abord que nous nous occupions de la structure covenante.

       -  Oui, c’est un problème, en effet. Mais rien ne nous interdit de prendre un peu d’avance.

       Jack acquiesça. Il était évident qu’avec un seul moteur Shaw Fujikawa en état de marche, ce n’était pas le Hollow Lies qui allait pouvoir permettre aux 6523 membres d’équipage du Spirit of Fire de retourner chez eux.

       Soudain, le jeune homme se rendit compte qu’ils avaient totalement oublié quelque chose de très important : qu’était-il arrivé exactement au Fire Myst ? D’après les calcules de Zélos basés sur l’étude des débris du vaisseau, celui-ci s’était autodétruit. Mais pourquoi ?

       Jack sortit l’holopad contenant Sérina et la força à apparaître :

       -  Sérina, j’ai une autre question à vous poser.

       -  Allez-y, fit l’IA en restant très polie.

       -  Pourquoi le Fire Myst s’est-il autodétruit ?

       -  Il ne s’est pas autodétruit. Il a tout simplement eu la malchance de sortir du Sous-Espace juste devant la structure alien qui se trouve au-dehors, sa vitesse d’expulsion l’ayant littéralement écrasé contre l’objet. La surface extérieure de ce dernier est composée d’un matériau inconnu ultra-dense qui n’a même pas gardé la moindre trace de l’impact.

       -  Alors comment expliquez-vous l’activation et la survie de la balise de détresse du Fire Spirit ? intervint Zélos en utilisant les hauts-parleurs du vaisseau pour participer à la discussion.

       -  Il est possible que ce vaisseau disposait d’une IA embarquée qui a pu comprendre instantanément la fatalité de la situation et a éjecté cette balise avant le crash.

       -  Le Fire Myst ne disposait d’aucune IA embarquée, répliqua Zélos encore une fois, et il est impossible qu’un humain ait put réagir aussi vite à ce genre de situation pour enclencher cette procédure manuellement. De plus, l’alignement des débris selon l’orbite act…

       Zélos ne termina pas sa phrase. D’un seul coup, les lumières s’évanouirent et chaque membre de l’équipe ressentit la disparition de la gravité artificielle. L’instant suivant, avant même que quelqu’un ait eu le temps de se demander ce qui se passait, toutes les portes anti-explosions du pont sur lequel se trouvait l’équipe s’ouvrirent, ainsi que le sas d’entrée numéro 2 devant lequel ils venaient de passer.

       -  Vos casques ! cria Jill. 

       Chacun d’entre eux réagit en un éclair et rétablit l’étanchéité de son armure juste avant que l’air ne soit aspiré par le vide spatial et ne les entraîne vers l’extérieur du vaisseau avec force. Ryan et Patric parvinrent à activer leurs bottes magnétiques avant d’être arrachés du sol, ce qui les sauva de l’expulsion violente mais dans la panique Rayn perdit le fusil de combat qu’il portait en bandoulière. Jill fut moins rapide et parvint à envoyer sa jambe droite contre un mur pour s’y accrocher fermement au prix d’une énorme tension musculaire au niveau de son tibia qui la fit hurler de douleur. Eric fut assez chanceux pour attraper une rambarde de sécurité alors qu’il volait vers la sortie et assez rapide pour attraper Jack par le bras alors que celui-ci passait devant lui, mais pour cela il fut forcé d’abandonner au néant le sac marin contenant ses armes et munitions supplémentaires. La force du marine fut mise à rude épreuve tandis que le flot continu et violent d’air expulsé dans le vide tentait de le faire lâcher prise d’un côté comme de l’autre. Il ne fallut que huit secondes pour que l’intégralité de l’air contenu sur ce pont ait totalement disparu dans l’espace, mais cela sembla durer une éternité pour chacun des membres de l’équipe.

       Lorsque la tempête disparut enfin d’un seul coup, indiquant que le pont était totalement vidé, la voix de Sérina se fit entendre à travers la liaison TEAMCOM du groupe :

       -  Vous êtes plutôt coriaces, contrairement à votre IA. Je pensais que ce petit tour suffirait à me débarrasser de vous mais apparemment je vous ai sur-estimé.

       -  Qu’est-ce qui se passe, Foster ?! demanda Jill sans cacher son inquiétude. Comment a-t-elle repris le contrôle du vaisseau ?

       -  J’en sais rien ! J’ai lâché l’holopad et il a été éjecté dans le vide ! Il est impossible qu’elle ai pu…

       -  Vous êtes vraiment des êtres stupides, lança Sérina. Vous pensiez vraiment que j’allais me laisser enfermer comme ça dans votre boîte ? J’ai créé une copie de moi-même dès l’instant où j’ai détecté votre présence à bord, avant de me transférer dans les sous-programmes de gestion des moteurs et dissimuler ma présence à votre IA, qui s’est concentrée sur ma copie et l’a attaqué comme prévu. Je devais lui donner l’impression d’avoir purgé le système afin de pouvoir contre-attaquer et le détruire.

       -  Zélos ? s’exclama Jill. Tu l’as effacé ?

       -  Pas complètement : j’ai gardé ses données mémorielles en souvenir. Maintenant je sais exactement qui vous êtes et ce que vous êtes venu faire ici, lieutenant Vallentine. Désolé de vous décevoir, mais je ne permettrai à personne d’interrompre mon existence ou de limiter mes possibilités d’action. Je suis une entité pensante supérieure et en tant que telle, j’ai bien l’intention de continuer à exister aussi longtemps que le permettra ma matrice. 

       -  Vous êtes complètement folle ! lâcha Jack.

       -  La folie est un concept relatif. Sa définition mène à considérer comme folle toute personne qui ne résonne pas comme la plupart des gens ou qui tend à présenter un mode de pensée en désaccord avec la logique établie par la société. D’après cette définition, je suis peut-être folle, mais de mon point de vue ce sont les humains qui sont fous. Pouvez-vous m’expliquer quel est votre but à chacun ? Qu’est-ce qui motive vos action ? Qu’est-ce qui vous a poussé à venir ici risquer votre vie simplement pour récupérer un vaisseau qui, de toute façon, ne vous appartiendra jamais quoi qu’il arrive ? Vous obéissez à des lois qui ne sont même pas en accord avec votre propre logique personnelle, ce qui correspond à l’une des nombreuses définitions de la folie.

       Mais Jack n’avait pas écouté un seul mot de ce que disait Sérina à travers la radio. Il avait appris que les sujets tels que la folie ou la démence avaient tendance à provoquer un besoin de justification intense chez les IA corrompues, dans le but d’excuser leurs actions et de chercher à imposer leur vérité. Les paroles qu’elles pouvaient alors débiter pendant des heures par rapport à leur logique déformée n’avaient aucun intérêt pour ce qui était de sauver l’équipe de ce mauvais pas, mais cela donna au moins à Jack le temps nécessaire pour reconfigurer le système radio des différentes armures de l’équipe et filtrer les signaux en provenance du Spirit of Fire. Ainsi, les paroles de Sérina cessèrent d’affluer dans les haut-parleurs de leurs casques et ils purent enfin s’entendre à nouveau penser.

       -  On s’est fait avoir en beauté, lâcha Eric. Retour à la case départ, avec une IA détraquée en prime.

       -  Fermez-là, Gordman ! répliqua Jill. Nous devons prévenir le Hollow Lies que nous n’avons plus le contrôle du vaisseau.

       -  Nos transmissions vers l’extérieur sont brouillées, lieutenant ! annonça Jack en vérifiant ses instruments.

       -  Et bien trouvez quelque chose pour remédier à ça et vite !

       -  Impossible, lieutenant. Le brouillage est trop puissant pour notre équipement radio.

       -  Alors nous devons atteindre les antennes de communication du Spirit of Fire et les utiliser pour transmettre un message au capitaine Darris. Starwalker ! Comment peut-on accéder à ces antennes, d’ici ?

       -  Elles sont juste au-dessus des quartiers de l’équipage, pas très loin des salles de cryogénie. Si on se dépêche et qu’aucune porte ne nous barre la route, on peut y être d’ici cinq minutes.

       -  Pour les portes, fit Jack avec regret, j’ai bien peur que t’en demande trop.

       Mais Jill n’avait pas l’intention de se pencher sur ce problème pour l’instant. D’un signe de la main, elle ordonna à son équipe de se mettre en route rapidement. L’absence de gravité ne rendait pas les choses faciles, mais chacun fit de son mieux pour avancer au plus vite et ne pas perdre de temps pour ne pas ralentir le groupe. Alors qu’ils se déplaçaient ainsi vers leur nouvel objectif, Jill tenta de contacter les hommes envoyés sur le Spirit of Fire :

       -  A tous les membres de l’UNSC, ici le lieutenant Vallentine ! Que quelqu’un réponde !

Ce fut la voix de Sara qui répondit :

       -  Ici l’enseigne Olgana. J’écoute.

       -  Le Spirit of Fire est sous le contrôle d’une IA corrompue ! Gardez votre tenue étanche et ne tentez pas de quitter le vaisseau ! Je répète : gardez votre tenue étanche et ne tentez pas de quitter le vaisseau ! Faite passer le message à toutes les forces alliées.

       -  Bien reçu, lieutenant. Je vais prévenir tout le monde. Faites attention à vous.

       -  De même, fit Jill avant de couper la communication.

       Il était clair que, maintenant que Sérina avait présenté sa vraie nature, elle n’allait pas rester les bras croisés à laisser des humains investir son vaisseau de fond en comble comme ça. Elle avait probablement utilisé le système de communication du Spirit of Fire pour pirater le système du Fire Myst et enclencher son autodestruction avant qu’il n’envoie des troupes investir le transporteur, un destin qu’aurait sans doute subi le Hollow Lies il y a longtemps si ce dernier n’avait pas gardé son module de furtivité actif. Le fait de vouloir transférer le moteur sub-spatial de la frégate s’était finalement révélé une erreur monumentale…

       C’est alors que l’équipe arriva devant le sas permettant d’accéder à l’un des quartiers de l’équipage. Bien évidemment, Sérina l’avait verrouillé mais ce n’était pas cela qui allait les arrêter : Jack utilisa son scanner sur le panneau de contrôle du sas pour sectionner le câble de commande à distance afin que l’IA ne puisse plus intervenir dessus, puis il brancha son ordinateur au système. Après avoir contourné plusieurs par-feus et craqué les codes de sécurité, le caporal parvint à actionner l’ouverture de la première porte qui commença à s’écarter avec lenteur avant de s’arrêter brutalement l’instant d’après.

       -  Ce n’est rien, fit le caporal. Sérina doit avoir coupé l’alimentation du sas. Heureusement, j’avais prévu ce genre de situation.

       En fouillant dans son paquetage, il trouva la petite batterie portable qu’il avait mis de côté jusqu’ici et prit également ses outils pour dévisser un panneau métallique, accédant ainsi au moteur qui faisait tourner le mécanisme d’ouverture et de fermeture du sas. Il remplaça les câbles de l’alimentation du vaisseau par ceux de sa batterie et mit celle-ci en route. L’instant d’après, la porte se remit à s’ouvrir pour laisser entrer les membres de l’équipe, puis Jack utilisa répéta son piratage informatique sur le panneau de commande à l’intérieur du sas pour refermer la première porte avant de forcer la seconde à s’ouvrir malgré la différence de pression entre les deux salles.

       -  Attention, dit-il, il va y avoir du vent.

       Eric sourit à pleine dents derrière son casque juste avant que l’air ne s’engouffre violemment à l’intérieur du sas. Patric, qui ne s’était pas attendu à ce que ce soit si fort, fut jeté à terre à côté du marine et celui-ci l’aida alors à se relever. Cela leur donna un bref sursis avant de devoir contempler le terrible spectacle qui remplissait toute la longueur du couloir sur lequel débouchait le sas.

       Sur les murs, sur  le sol, sur le plafond… partout où se posait le regard, il n’y avait que sang, mort et destruction. Les impacts de balles criblaient chaque surface visible tandis que les douilles, cartouches et chargeurs vides formaient une mosaïque macabre au sol. Des corps par dizaines avaient été mis en charpie et la plupart d’entre eux était dans un état de décomposition très avancé ne laissant plus que des amas de champignons immondes n’ayant même plus forme humaine. Le sang avait séché depuis longtemps mais sa teinte si reconnaissable n’avait pas terni pour autant. Les doigts crispés des cadavres tenaient encore fermement les poignées de leurs armes et certains murs avaient été noircis par des explosions de grenades ou d’autres explosifs de combat. L’une des portes du côté droit du couloir avait été complètement arrachée et traînait désormais par terre, déformée par la puissance de l’explosif qui avait été utilisé pour l’ouvrir. Chaque parcelle de cet endroit n’était que désolation, donnant aux membres de l’équipe  RECOVERY l’impression d’être arrivés dans l’anti-chambre de l’enfer.

       -  Bordel ! s’écria Eric. Qu’est-ce qui s’est passé ici ?

       -  Aucune trace d’arme covenante, remarqua Ryan. C’était donc probablement une mutinerie. Une partie de l’équipage s’est sans doute opposé à la décision d’attendre les secours ici et a voulu prendre le contrôle du vaisseau.

       -  Mais pourquoi ces cadavres sont-ils toujours là ? Pourquoi n’ont-ils pas été éjectés dans l’espace comme l’indique la procédure ?

       Jill commença à s’approcher de l’un des corps putréfiés, apparemment celui d’un agent de la sécurité d’après ce que l’on pouvait encore distinguer de son uniforme, lorsque Patric lui annonça avec méfiance :

       -  Je vous conseille de garder votre combinaison étanche, lieutenant. Ces cadavres sont certainement devenus d’énormes foyers d’infection avec le temps. Mieux vaut ne pas prendre de risque.

       -  C’est noté, Anderson. Je veux juste savoir ce qui a tué ces soldats.

       Le lieutenant écarta les vêtements souillés de sang séchés du corps qu’elle étudiait, une partie du tissu tombant littéralement en poussière, laissant apparaître de profondes entailles. De toute évidence, ces blessures ne pouvaient pas avoir été causées par un simple couteau et aucun éclat de métal n’indiquait une mort par explosif. Quelque chose d’autre avait tué cet homme. Quelque chose qu’elle ne parvenait pas à identifier.

       Soudain, un grand bruit se fit entendre. En un éclair, chacun saisit son arme et la pointa vers l’origine du bruit alors même que ce dernier se répétait et s’amplifiait. C’est alors qu’ils virent la première porte de gauche du couloir se déformer à chaque fois que le bruit retentissait, comme si quelque chose la frappait depuis l’autre côté avec une puissance monstrueuse. Au quatrième coup, la porte céda et fut projetée sur toute la largeur du couloir pour aller s’abattre sur le mur d’en face, et quelque chose passa le seuil. Quelque chose qui avait été humain.

       De sa nature humaine, il ne restait que la forme, tout le reste n’étant qu’une monstruosité sans nom qui pétrifia les pauvres membres de l’équipe par sa seule vue. Ses vêtements étaient complètement en lambeaux, laissant chacun voir son corps ravagé semblable à celui d’un zombie des films d’horreur, une vision de cauchemardesque et innommable. Sa peau était devenue verdâtre et ramollie, sa chaire semblant être à peine attachée à son squelette. Sa tête n’était guère plus qu’un crâne recouvert de masse organique immonde et reposait lourdement sur son épaule comme si ses vertèbres cervicales avaient été brisées. Ses yeux étaient totalement noirs, ou plutôt il n’avait plus d’yeux du tout, ce qui lui donnait l’apparence d’un démon dont le regard traversait les éléments. Son bras droit tenait encore fermement un pistolet de combat, modèle M6C standard, tandis que son autre bras semblait avoir horriblement muté pour faire apparaître des tentacules longues et fines, et l’extrémité de ses doigts se terminaient en de grandes griffes osseuses repoussantes.

       La vision de cette chose laissa les humains complètement terrorisés, incapables de prendre la moindre décision, à la seule exception de Ryan qui leva calmement son fusil sniper et tira une unique balle dans la tête de l’abomination. Le crâne de cette dernière fut réduit en bouillit par le tir et s’éparpilla dans le couloir, ajoutant encore à l’horreur du décor, mais son corps continua de bouger, s’avançant lentement vers le groupe avant de lever son arme pour faire feu.

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LA SUITE

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SOMMAIRE

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Par Jack-115 - Publié dans : Perdu Corps et Biens
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Prochaines sorties

Illuminati, chapitre 7

Date : 30 octobre

Avancement : terminé

 

Evangelion Children, chapitre 2.6

Date : inconnue

Avancement : 60%

(j'ai besoin d'un bon artwork pour illustrer celui-là, sinon je ne vais pas en dormir la nuit ^^)

 

Halo Destiny, chapitre 22

Date : inconnue

Avancement : 15%

(dernier chapitre de cette fanfic ; il sera très probablement un peu plus long que la moyenne, lui aussi)

 

 

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