
Nom : Comeau-Montasse
Prénom : Thibault
Âge: 24 ans
Job: technicien chez Assystem à Pierrelatte (en cours de formation)
Localisation: Montélimar, Drôme, Rhône-Alpes, France, Planète Terre, réalité n°246820 de la simulation créatrice
Passions: musique, jeux vidéos, warhammer, et bien sûr, écriture
Pour être prévenu au plus vite de la publication de nouveaux articles, inscrivez-vous à la newsletter du
blog dans le cadre ci-dessous.
PROLOGUE
1927 heures, 8 janvier 2534 (calendrier militaire) / vaisseau de transport civil Moonwalkeren route vers les spatiodocks de Reach, planète Reach, système Epsilon Eridani.
Pareil à un joyau d’argent suspendu au-dessus du monde, les spatiodocks étaient resplendissants dans la lumière du soleil d’Epsilon Eridani. La coque extérieure du gigantesque complexe spatial brillait de milles feus sous les étoiles, tout comme l’ascenseur orbital qui le reliait à la surface de Reach tel un long fil de lumière. Seul le léger reflet du panneau d’observation gâchait quelque peu la contemplation de ce spectacle.
Jack Foster profita un instant de ce reflet pour s’assurer qu’il était présentable. Dans son uniforme de caporal du Génie, le jeune homme était assez impressionnant, comme tous les militaires, mais son visage rayonnait de bonheur et tout son corps tremblait d’excitation. Ses yeux bleus azurs témoignaient clairement de sa volonté de faire bonne impression tandis qu’il arrangeait sa chevelure du mieux qu’il le pouvait du bout de ses doigts. Ses supérieurs l’avaient autorisé à les laisser pousser jusqu’à trois centimètres de long et il chercha à les coiffer en avant pour faire ressortir les deux mèches blanches situées à l’avant. Elles contrastaient clairement avec le reste de sa chevelure qui était aussi noire que l’ébène, mais cela lui donnait un certain charme.
Alors que les spatiodocks grossissaient de plus en plus derrière le panneau d’observation du transporteur Moonwalker, une voix annonça dans les haut-parleurs du vaisseau que l’arrivée était imminente et que les voyageurs pouvaient se préparer à débarquer. Mais Jack était déjà prêt depuis une vingtaine de minutes.
Il se tenait à seulement cinq mètres du sas de sortie bâbord du vaisseau, attendant impatiemment d’arriver à destination. Depuis maintenant six mois il avait attendu cet instant, d’une attente plus oppressante chaque jour, et à présent il pouvait à peine contenir sa joie. Contrairement à ce que croyaient les autres membres de son unité, ce n’était pas la perspective de terminer sa formation de technicien militaire qui le mettait dans cet état, mais l’idée de retrouver quelqu’un d’immensément cher à ses yeux.
Une légère secousse parcourut le vaisseau lorsque celui-ci s’amarra aux spatiodocks. Elle fut suivie d’un brusque mouvement d’air annonçant la décompression du sas de sortie et Jack du porter les mains à ses cheveux pour éviter une catastrophe esthétique. Une fois le sas rempli d’air, les portes s’ouvrirent enfin et le jeune homme saisit le sac marin contenant ses affaires personnelles pour le porter à l’épaule. Il prit ensuite une profonde respiration, puis s’avança dans le couloir de sortie.
Il arriva dans une sorte de hall d’accueil où plusieurs dizaines de personnes étaient venues récupérer des proches ou embarquer à leur tour sur le Moonwalker qui retournait sur Bêta Gabrielle. Un instant suffit à Jack pour repérer celle qui l’attendait là.
Jill. Jill Valentine. L’agent de l’ONI qui avait été chargée d’enquêter sur lui lorsqu’il s’était engagé et qui, au lieu de dénoncer à la section 1 ses actions de pirate informatique, l’avait aidé à obtenir les informations qu’il cherchait. Elle était toujours aussi magnifique, même si son uniforme de la Navy lui donnait un côté légèrement masculin. Elle avait attaché ses longs cheveux châtains en un chignon adorable qui laissait voir son cou fin et délicat sur lequel reposait un visage d’ange. C’était tellement dommage que la situation présente ne lui permette pas de sourire pour le moment.
- Caporal Foster au rapport, lieutenant ! fit Jack de façon très protocolaire en effectuant son salut.
- Vos ordres, dit simplement Jill en tendant la main.
Jack sortit un papier de son uniforme et le donna à la jeune femme qui lut attentivement avant de paraître satisfaite.
- Bienvenue sur Reach, caporal, fit-elle en lui rendant le papier. Suivez-moi, nous n’avons pas de temps à perdre.
- A vos ordres, lieutenant.
Les deux militaires se mirent alors en route et traversèrent la foule de voyageurs pour se diriger vers les ascenseurs les plus proches. Tout en marchant, le lieutenant Valentine s’adressa de nouveau au jeune Foster :
- Désolée de vous avoir forcé à quitter votre unité si tôt après la fin de votre formation.
- Ne vous inquiétez pas pour cela, lieutenant, ce n’est pas un problème pour moi. C’est surtout mon chef de régiment qui a plutôt mal accepté de me voir partir.
- Le colonel Holms, c’est ça ?
- Oui, c’est ça.
- Je dois admettre que j’ai eu une discussion plutôt houleuse avec lui à propos de votre transfert. Il vous avait en très grande estime.
- Je sais. Il me l’a déjà dis personnellement à la fin de ma formation.
Pendant qu’ils discutaient ainsi, ils avaient traversé une partie des spatiodocks pour atteindre un ascenseur qui les emmena au dernier niveau de la station, là où seuls les vaisseaux militaires étaient autorisés à s’amarrer. Ils se dirigèrent alors vers la frégate de combat Hollow Lies où des soldats du corps des marines contrôlèrent leurs identités et leurs ordres de mission avant de les laisser pénétrer à l’intérieur du vaisseau.
En tant que chef absolue de cette opération, Jill disposait d’une cabine personnelle dans le quartier des officiers et c’est là qu’elle conduisit Jack pour qu’ils soient enfin tranquilles et seuls.
- Alors ? fit le jeune homme en verrouillant la porte derrière lui. J’ai été convaincant ?
- Tu as été parfait, répondit Jill. Tout s’est passé admirablement bien.
- Tu es vraiment sûre que c’était nécessaire ?
- Je te l’ai déjà expliqué, Jack : si la section 1 avait vent de notre relation, elle remettrait immédiatement en cause mon rapport d’enquête sur toi et un autre agent serait chargé de reprendre cette affaire depuis le début. J’ai moi-même vérifié cette pièce afin de m’assurer qu’elle ne renferme aucun système d’espionnage, donc on devrait être tranquilles ici, mais j’estime que partout ailleurs nous devrions continuer de faire comme si tu ne te souvenais pas de moi.
Jack était bien obligé d’admettre qu’elle avait raison. Jill s’était déjà suffisamment compromise en montant un dossier bidon pour le blanchir dans cette affaire de piratage informatique contre le réseau de la section 1. Elle avait donc de très bonnes raisons de vouloir s’assurer que ce rapport ne serait jamais remis en cause.
- Et combien de temps penses-tu que nous devrions continuer d’agir ainsi ? demanda-t-il en redoutant déjà la réponse.
- Je pense que six mois seraient suffisants pour permettre à ce dossier d’être oublié.
Jack prit soudain un air abattu, mais qui fut rapidement remplacé par un regard résolu : si cela était nécessaire pour assurer leur bonheur futur à Jill et à lui, alors il le ferait. Il ne fallait pas plaisanter avec les services de renseignement de la Navy. Même si leur administration avait tendance à gérer beaucoup trop d’affaires pour ne pas en égarer quelques unes, il valait mieux jouer la carte de la sécurité.
- Et sinon, fit-il. Tu as réussi à obtenir ce que je t’ai demandé.
- Ca n’a pas été facile, annonça Jill. J’ai du modifier un peu les listes d’inventaire des pharmacies de bords sur plusieurs vaisseaux, mais je les ai eu.
La jeune femme se dirigea alors vers l’une des armoires de sa cabine et en ouvrit un tiroir où se trouvait une petite caisse. A l’intérieur se trouvait une bonne trentaine de tubes pharmaceutiques. Elle en prit un et le lança à Jack qui l’ouvrit pour en vérifier le contenu.
- Je suis impressionné que tu ais pu en rassembler une telle quantité.
- Lorsque je t’ai rencontré pour la première fois, j’ai gravement sous-estimé tes capacités. Ne fait pas la même chose avec moi, s’il te plait.
- En tout cas merci. J’étais sur le point de tomber à court.
Jack avala l’un des nombreux comprimés contenus dans le tube. Ce traitement n’était mentionné nulle part sur son dossier car sinon il serait considéré comme inapte au service et immédiatement renvoyé de l’armée. Il était nécessaire pour combattre une grave maladie génétique issue de sa nature plutôt… inhabituelle.
En effet, Jack était le produit d’une technologie encore très incertaine, illégale mais souvent employée par l’ONI pour couvrir certaines de ses opérations : le flash-clonage. Le véritable Jack Foster avait été enlevé par la section 3 en 2517 pour servir dans le projet SPARTAN-II et était alors devenu le spartan-II Jack-115, mais le flash-clone par lequel il avait été remplacé auprès de ses parents avait miraculeusement survécu. En fait, il avait survécu uniquement parce qu’Edward Foster, le père de Jack, était un scientifique membre de la section 3 et un ami du docteur Halsey qui l’avait prévenu de cette opération. Il avait donc pris les mesures nécessaires pour réagir rapidement aux maladies graves qui frappaient systématiquement les flash-clones. Ces maladies étaient totalement aléatoires, autant en nombre qu’en importance, mais les chances de survie des sujets était toujours quasi nulles.
Par chance, la seule maladie qu’avait reçue Jack était une carence grave en biotinidase, une enzyme essentielle pour la dégradation des protéines du corps et la production d’autres composés indispensables. Cette carence était irréparable et ne pouvait qu’être contrée continuellement par l’ingurgitation de ces comprimés riches en biotinidase à raison d’un par jour, et cela pendant toute sa vie, à défaut de quoi il commencerait à présenter de graves symptômes de manque. Ces symptômes pourraient être multiples et iraient de l’hyper ventilation à une diminution critique de l’immunité corporelle, en passant par la surdité et des hallucinations. Si le manque se poursuivait sur plusieurs jours, la mort serait certaine. Heureusement, le père de Jack lui avait fait suivre ce traitement depuis le jour où on lui avait remplacé son fils naturel.
Alors qu’il avalait sa pilule quotidienne, le jeune homme remarqua que Jill l’observait attentivement. Il avait l’habitude d’être considéré comme quelqu’un de bizarre par les autres personnes, mais c’était plutôt à cause de son comportement. Or, Jill était semblable à lui en ce qui concernait les relations sociales, donc c’était autre chose qui la préoccupait. Il se sentit obligé de lui demander :
- Ca ne t’a jamais effrayé, le fait que je sois un flash-clone ?
- Non, pas vraiment. J’ai été surpris en découvrant ça, je l’admets, mais à ce moment-là je ne te connaissais pas encore.
- Tu as donc su ça avant même de me rencontrer ?
- Oui, comme beaucoup d’autres choses. Mais aucune d’entre elles n’avait plus la moindre importance après le premier jour que j’ai passé dans ton unité. Tu ne peux pas savoir à quel point tu m’as manqué.
- Bien sûr que si je le sais.
Jill sourit. Ni elle ni Jack n’était le genre de personne qui souriait facilement, mais apparemment il était possible de faire naître le bonheur à partir de deux êtres malheureux.
- Quand est-ce qu’on part pour cette fameuse mission ? demanda le caporal.
- Demain à 0600 heures, le temps que les techniciens finissent de préparer le vaisseau. Le reste de l’équipe est déjà à bord et tu seras obligé de les rejoindre une fois que notre petit « entretient » sera terminé.
- Ce qui nous laisse combien de temps ?
A ces mots, la jeune femme s’approcha lentement de Jack et l’attrapa par le col pour coller ses lèvres contre les siennes. C’était la première fois qu’ils s’embrassaient, un évènement qu’ils avaient chacun attendu pendant six long mois avec pour seul compagnie le souvenir de l’autre. Ce geste n’en fut que plus passionné, libérant en quelques instants un torrent d’émotions qui avaient du être réprimées pendant si longtemps, comme un barrage mental qui cède soudain à la première fissure pour inonder leur monde intérieur.
Il leur fallut plusieurs minutes pour se lasser suffisamment de cette sensation pour l’interrompre un moment, le temps que Jill annonce avec tendresse :
- Passons dans ma chambre. Avant de te laisser partir, je dois te faire passer petit examen très particulier.
- Je suis à vos ordres, lieutenant.
_
_
_

_
_
CHAPITRE 1 : L'ÉQUIPE, LA MISSION
_
_
_
_
_
_
_
CHAPITRE 8 : LES SURVIVANTS (prochainement)
_
CHAPITRE CINQ : LARMES
20h14, vendredi 30 Novembre 2020/ Quartier Général de la Nerv, Géofront, ville-forteresse de Tokyo-3.
ASUKA était on ne peut plus frustrée. Après s’être fait voler son premier combat par la First Child, voilà qu’elle venait d’échouer à sa première mission en tant que chef d’équipe. Mais c’est de la faute des deux autres, pas de la mienne. S’ils ne m’avaient pas gêné et avait fait ce que je leur avais dit, on aurait gagné sans problème. Pourquoi est-ce que je dois diriger une équipe aussi mauvaise ?
L’équipe était réunie dans la salle de débriefing réservée aux pilotes d’Evangelion. Bien que son Eva ne soit pas encore prête, Emma Armstrong avait été autorisée à être présente pour l’analyse du combat contre Israfael. L’objectif de cette réunion était de trouver un moyen de vaincre l’ange afin qu’un nouveau plan de combat soit mis en place avant qu’il ne revienne. Ils venaient de commencer à regarder les vidéos enregistrées par les différentes caméras embarquées des Evas, cherchant une faille à exploiter dans les capacités de l’ennemi. En dehors des quatre Children, la salle était occupée par le major Katsuragi ainsi que par le docteur Akagi Ritsuko dont l’avis scientifique avait été demandé.
- Je veux un maximum d’informations sur ce combat, commença Misato, alors donnez-moi tout ce que vous pensez avoir découvert sur l’Ange.
- J’ai vu que la forme de sa Koa a changé lorsqu’il s’est dédoublé. Avant elle formait ce… symbole bizarre…
- C’est celui du yin et du yang, expliqua calmement Emma. Il représente la dualité complémentaire qui existe entre les individus ou entre des éléments souvent complètement opposés, voir même entre différents aspects mentaux d’une même pers...
- On s’en fou, la coupa Asuka. Bref, sa Koa était comme ça lorsqu’il était en un seul morceau, et lorsqu’il s’est dédoublé, chacune des deux formes avait sa propre Koa mais elle était parfaitement sphérique.
- Bonne observation, la remercia Misato. Cela veut probablement dire qu’il ne peut réaliser ce dédoublement qu’une seule fois. Donc si on parvient à détruire la Koa d’une des deux formes…
- Ça ne marchera pas.
C’était Rei qui avait lâché ces mots, aussi naturellement que si elle avait annoncé le bulletin météo de la semaine ou le menu de la cantine. Un silence profond envahi la salle alors que les regards se tournaient vers elle. Après quelques secondes d’hésitation, Asuka se décida à lâcher avec dédain :
- Qu’est-ce que tu en sais, la First ? T’es voyante, maintenant ?
- J’ai déjà essayé. C’est sur mon enregistrement à 14 minutes et 7 secondes.
D’un simple mouvement de doigt sur le contrôle tactile du panneau de contrôle, Misato fit avancer la vidéo de la caméra de l’Eva-00 jusqu’au moment indiquée par la First Children. L’image montrait une vue prise depuis le casque de l’Eva, ce qui permettait de voir l’avant du canon de l’arme qu’elle maniait pendant le combat et les les formes de l’Ange qu’elle prenait pour cible depuis sa position lointaine. Elle délivrait de courtes salves très contrôlées, visant la Koa d’un des deux ennemis qu’Asuka était alors en train d’attaquer avec sa propre Eva. D’un coup vertical avec l’un de ses couteaux progressifs, l’Eva-02 brisa momentanément l’AT-Field de l’Ange, permettant à Rei de placer une salve directement sur la Koa qui se brisa… pour se reformer aussitôt.
La vision de cet enregistrement ne manqua pas d’étonner Asuka dont les yeux s’écarquillèrent sous l’effet de la surprise. Elle a fait ça devant mes yeux alors que je me battais ? Comment est-ce que j’ai pu rater ça ?
- Apparemment, fit Ristuko en examinant les résultats des analyses du MAGI système, il existe un lien énergétique entre les deux formes de l’Ange. Sa Koa n’est pas véritablement divisée. C’est comme si… elle était présente en deux endroits à la fois… ou alors qu’elle passe de l’un à l’autre selon des phénomènes aléatoires et instantanés… cela relève de la théorie quantique des états superposés et de l’expérience du chat de Schrödinger.
- Est-ce que cela veut dire qu’on ne peut pas la détruire ? demanda Misato inquiète.
- Pas vraiment. Si la Koa existe en deux points différents de l’espace, la seule façon de la détruire serait de le faire en ces deux points de façon parfaitement simultanée.
A nouveau, le silence se fit.
- Ben quoi, fit soudain Asuka. Il suffit de frapper les deux formes en même temps. C’est pas si compliqué que cela quand même, non ?
- Tu crois ? lui répondit Misato en affichant clairement son incrédulité. Très bien, alors regarde bien ce que je vais faire. Toi aussi, Shinji.
Le major se plaça devant les pilotes à deux mètres d’eux, puis effectua une courte chorégraphie de mouvements des bras et des jambes.
- Maintenant je veux que Shinji et toi exécutiez les mêmes mouvements exactement en même temps.
Les deux pilotes s’avancèrent en se regardant l’un l’autre, Shinji avec un air d’inquiétude tandis qu’Asuka n’affichait qu’un mépris non dissimulé doublé d’une grande confiance en soi. Décidément, ce mec est irrécupérable. Et dire que je dois faire équipe avec lui… mais bon, je préfère encore ça plutôt que de me prêter à ce petit jeu avec la First.
Shinji et Asuka se mirent l’un à côté de l’autre, puis la Second Child débuta la chorégraphie sans aucun avertissement et le garçon fut obligé de la suivre, mais avec un certain retard qu’il conserva jusqu’à la fin de l’enchaînement.
- Vous n’étiez pas synchro du tout, commenta sèchement Misato.
- C’est pas de ma faute ! répliqua durement la Second Child. C’est Shinji qui n’arrive pas à me suivre.
- Mais tu vas trop vite, fit le premier intéressé. Ce n’est pas une course, va plus lentement.
- Tu veux que je me rabaisse à ton niveau ? Mais tu me prends pour qui ? C’est toi qui dois faire des efforts, et pas que maintenant.
- Ca suffit, les coupa Misato. Cette tactique ne peut clairement pas marcher. Nous devons trouver autre chose pour frapper les deux Koas en même temps. Peut-être qu’en utilisant une bombe à…
- Major Katsuragi, intervint soudain Rei. Puis-je essayer avec Shinji ?
- Et bien… euh… oui, pourquoi pas.
Lorsque la First Child se leva de sa place et vint réclamer silencieusement la place qu’occupait Asuka au côté de Shinji, ce fut comme si une tempête d’éclairs avait soudain jailli du regard du pilote de l’Eva-02. Mais son regard assassin fut sans effet sur Rei qui attendit patiemment que sa chef d’équipe se retire, ce qu’elle fit en lâchant un soupire de mépris tout en levant le menton. De toute façon, comment pourrait-elle mieux s’en sortir que moi ? Deux boulets mis ensembles ne peuvent rien donner de bon, après tout.
- Donne-moi le départ et je te suivrais, dit simplement Rei à son coéquipier.
- Euh… d’accord. A trois, ok ? Un… deux… trois !
Ensembles, les deux Children entamèrent la courte chorégraphie de Misato. Rei se calqua sur vitesse d’exécution de Shinji, s’adaptant rapidement à un changement de rythme maladroit au milieu de l’exercice, et ils terminèrent de façon à peu près synchrone, l’écart n’étant que de quelques dixièmes de secondes à peine. Cela eut pour effet de stupéfier Misato… et de faire bouillir Asuka de rage. Alors c’est comme ça ? Avec moi, on fait le difficile, mais avec la First on s’applique ? Non mais il se moque de moi !
- Ca… pourrait marcher, finit par dire Misato. Ce n’est pas encore parfait, mais en vous entraînant un peu… on peut réussir.
Shinji ne semblait pas aussi convaincu :
- Mais lorsqu’on devra combattre l’Ange, on devra quand même improviser. Comment est-ce qu’on va faire pour être sûrs de frapper en même temps sans connaître les mouvements à l’avance ?
- Pour ça, vous avez besoin d’être en parfaite symbiose, afin de réfléchir de la même façon pour être sûr d’agir de manière identique sur le terrain. Ritsuko ! Combien de temps Magi estime-t-il que nous ayons avant que l’Ange ne revienne ?
- En prenant en compte les dégâts qu’il a subis et les capacités de régénérations observées avec les Anges précédents… environ 46 heures.
- Très bien. Alors pendant les deux prochains jours, Rei va devoir vivre dans l’appartement de Shinji pour qu’ils puissent s’entraîner. Asuka, je vais te faire préparer un autre logement.
- Major, fit aussitôt Emma en levant timidement la main. Je pense qu’il serait plus simple pour le capitaine Langley d’emménager chez moi pendant le temps de cet entraînement. Et comme ça elle pourrait en profiter pour me former un peu moi aussi.
Asuka tourna aussitôt vers la Fourth Child des yeux méfiants. A quoi elle joue, celle-là ? Est-ce qu’elle essaye de me manipuler ou est-t-elle vraiment aussi désespérée que les deux autres ? Peut-être qu’elle n’arrive tout simplement pas à vivre toute seule. C’est bien un signe de faiblesse, ça… mais quitte à devoir déménager, autant le faire dans l’appartement d’en face. Et au moins comme ça j’aurais toujours quelqu’un pour cuisiner.
- Pourquoi pas, se contenta de dire la Second Child.
- Bien, fit Misato. Alors c’est entendu. Rei, Shinji, je veux vous voir demain soir à 19h30 dans la salle de simulation des Evas. Nous y effectuerons les premiers tests de combat en réalité virtuelle pour ce scénario. Asuka, je vais te laisser entre les mains du docteur Akagi qui se chargera de mettre au point un plan utilisant l’Eva-02.
- A vos ordres, major
Je vais vous montrer à tous. Pas besoin de chorégraphie stupide, juste d’une bonne maîtrise de son Eva. Et au moins cette fois-ci, je peux être certaine que la First ne me volera pas la victoire encore une fois.
22h27, vendredi 30 Novembre 2020/ appartement 27 du bâtiment D-63, Ville-forteresse de Tokyo-3.
SHINJI se sentait un peu désemparé depuis quelques heures. La perspective de devoir habiter avec Rei pendant deux jours l’inquiétait un peu, mais en même temps il ressentait une certaine joie à l’idée d’avoir l’occasion de la connaître mieux. Car après tout, le but de cet entraînement spécial était bien qu’ils apprennent à se connaître mutuellement pour agir en symbiose, comme le disait Misato. Depuis qu’elle m’a sauvé la vie durant l’opération contre Ramiel… j’ai l’impression que Rei essaye de se rapprocher de moi, mais c’est comme si elle ne savait pas comment faire. A vrai dire, il semble y avoir beaucoup de choses qu’elle ne sait pas faire…
Le garçon jeta un coup d’œil furtif vers la chambre d’Asuka, dont la porte était grande ouverte, et derrière laquelle il pouvait voir la Second Child en train de finir de préparer son déménagement. Il ne se risqua pas à regarder trop longtemps, de peur qu’elle ne le voit la regarder et ne lui jette une autre remarque cinglante comme elle savait si bien en faire. Il préféra donc sortir de l’appartement et aller sonner en face pour voir où en était Rei de son côté. Elle ne devrait pas avoir trop de soucis pour préparer ses affaires : les seules choses qu’elle avait emporté de son ancien appartement, c’était une valise de vêtements et un sachet de médicaments bizarres. Je me demande bien quel genre de maladie elle peut avoir pour nécessiter autant de soins…
Alors que Shinji sortait dans le couloir entre les deux appartements formant cet étage du bâtiment D-63 de Tokyo-3, il découvrit avec surprise que la porte de l’appartement d’Emma était entrouverte. Il s’apprêtait à toquer pour demander à rentrer lorsqu’il entendit une voix chanter à l’intérieur. Qui est-ce ? Il n’y a pas de musique. Cela n’a pas l’air d’être Emma… et cela ne ressemble pas à la voix de Rei non plus.
C’est alors que le garçon reconnu la chanson en question : c’était celle dont il avait demandé le titre à Emma voilà quelques heures, avant que tous les pilotes ne soient appelés d’urgence au Geofront. Alors qu’il se risquait à entrer, tout en prenant néanmoins soin de retirer ses chaussures, il s’approcha et fut stupéfait de réaliser que c’était Rei qui chantait seule assise sur le lit de sa chambre, tournant le dos à Shinji.
Elle imitait presque parfaitement la voix de la chanteuse originale, et chantait exactement de la même façon qu’elle en respectant le rythme et les temps de pause à la demi-seconde près. Le résultat était beau, certes, et même magnifique, mais ce n’était qu’une imitation. Rei ne ressentait aucune des émotions qui étaient censées être transmises par ce chant triste, d’autant qu’elle ne maîtrisait probablement pas l’anglais, ce qui faisait que quelque part, les paroles sonnaient faux dans sa bouche. Pourtant, Shinji ne trouva pas la volonté de l’interrompre et continua de l’écouter. C’est alors que, petit à petit, il sentit le ton de Rei devenir plus vrai, plus sincère, tandis que son rythme se détachait soudain du rythme original de la chanson. Elle commença à prendre des pauses de plus en plus longues entre les vers, et elle finit par s’arrêter… avant la fin du morceau. Qu’est-ce qui lui arrive ? Serait-ce sa maladie qui…
Shinji ne prit pas le temps de réfléchir plus longtemps et s’avança pour se placer devant la jeune fille et la regarder dans les yeux… pour découvrir qu’elle pleurait. Ou du moins ses yeux étaient humides, mais au lieu d’afficher de la tristesse, ces derniers exprimaient une surprise mêlée d’une incompréhension d’enfant. Il lui fallut rassembler tout son courage pour oser dire :
- Rei… tu pleures ?
- Je crois… Mais je ne sais pas… je ne sais pas… pourquoi.
_
LA SUITE
(prochainement)
_
_

Vingt-sixième niveau de la cité-ruche Dienk, monde-ruche Vogen, sous-secteur Volkmar, secteur Hullerstorm.
Après ce premier assaut des hérétiques, je compris qu’il valait mieux adopter une stratégie plus agressive pour essayer de garder l’initiative face à l’ennemi et le forcer à révéler son jeu. Sur mes ordres, toutes les troupes des cinq compagnies dunerriennes déployées au sommet de la cité descendit à notre niveau par groupe de cinquante gardes en empruntant l’énorme monte-charge. L’opération de transfert dura tellement longtemps que je craignis par moment que les hérétiques ne tentent une seconde attaque beaucoup plus violente alors que nous étions en train de nous regrouper. Mais quelle que soit la raison, aucune présence ennemie ne fut rapportée jusqu’à ce que tous les effectifs disponibles soient rassemblés au vingt-sixième niveau de la ruche. Là, je réunissais le capitaine Jorus, le lieutenant Hekman et le reste de l’état-major des différentes compagnies, j’exposais mon plan en utilisant une plaque de donnée affichant un plan grossier de la cité gargantuesque.
- Notre mission est de trouver le repère de plusieurs psykers renégats qui pourraient être à l’origine du soulèvement de la ruche. Il est d’ailleurs possible que leur élimination perturbe les forces hérétiques, alors dites à vos hommes de ne pas hésiter à tirer sur tout individu semblant présenter des capacités psychiques, cela pourrait sauver beaucoup de vies.
- De toute façon je comptais bien tirer sur tout ce qui ne porterait pas un uniforme de faucon, lâchant le lieutenant Sdayne en riant.
Les autres officiers accueillirent la plaisanterie de bon cœur, ayant apparemment besoin de faire baisser la tension. Après réflexion, moi aussi. Notre premier combat m’avait laissé avec quelques bleus et contorsions mineures qui me tiraient les membres, et sur le moment j’aurais préféré avoir le temps de me reposer un peu avant de retourner me battre. Mais le temps était justement ce qui nous manquait le plus.
- Etant donné les dimensions de la cité et le nombre d’hérétiques qu’elle abrite, nous ne pouvons pas espérer pouvoir inspecter tous les quartiers l’un après l’autre. Au lieu de cela, nous allons provoquer l’ennemi en nous enfonçant dans le vingt-sixième niveau et voir de quelles directions il attaquera. En analysant ses vecteurs d’approche, je serais en mesure de déterminer la position approximative de son repère principal, où se trouvent très certainement les psykers.
Je fit courir un stylet de commande sur la plaque de donnée pour y indiquer les principales artères de ce niveau de la ville et expliqua :
- Chacune de vos compagnies va prendre l’une de ces voies de circulation afin de maximiser nos chances d’engager l’ennemi.
- Et une fois qu’ils sont sur nous, qu’est-ce qu’on fait ? demanda le capitaine Jorus.
- Toute compagnie qui se retrouve attaquée devra tenir sa position du mieux possible. Je vous laisse libre d’adopter la meilleure stratégie défensive selon votre situation, mais je tiens à ce que vous ne vous déplaciez tant que vous êtes engagés au combat. Les compagnies n’étant pas engagées devront continuer sur leur trajectoire, et n’envoyer du soutien pour les autres groupes qu’en cas de force majeur. Vous avez bien saisi la stratégie ?
- Ne vous inquiétez pas pour nous, me rassura Jorus. Les Faucons ont l’habitude de se débrouiller tous seuls en terrain hostile. On ne vous décevra pas.
Je laissais s’échapper un sourire en coin. Il est vrai que je n’avais pas choisi ces troupes uniquement pour leurs capacités d’assauts aéroportés, car j’aurais pu en obtenir un avec n’importe quel autre régiment de la Garde en utilisant mon autorité d’inquisiteur pour obtenir la collaboration de la Flotte Impériale. La principale force des Faucons de Dunerre était que, comme ils se déployaient généralement par grav-chute en étant largués à plusieurs centaines de mètres d’altitude sur leur objectif, ils étaient entraînés et équipés pour supporter plusieurs jours de combat sans soutien logistique, et privilégiaient les stratégies par escouades plutôt que les grosses formations armées des autres régiments. Ces soldats étaient de vrais fantassins, des combattants d’élite qui n’auraient pas peur de s’aventurer en terrain ennemi sans aucune aide extérieure. Ils tueraient tous ceux qui s’opposeraient à eux et donneraient leurs vies pour la cause de l’Empereur.
En guise de conclusion, je me contentai de dire :
- Je serais avec la 15ème du capitaine Jorus qui avancera le long de l’avenue des Marches du Paradis, au centre de la formation, donc si vous avez besoin de me joindre, passez par lui. Maintenant vous avez vos ordres, donc rassemblez vos hommes et choisissez une voie de progression parmi celles que j’ai désignées. Battez-vous pour l’honneur, pour la gloire, et pour le Trône d’Or !
- Droit au cœur, vers la victoire ! cria le capitaine Jorus en récitant la devise de combat des Faucons de Dunerre, laquelle fut reprise par tous les autres membres de l’état-major.
Quelques instants plus tard, j’étais parmi les troupes de la 15ème compagnie, en train de vérifier mes armes et mon équipement avant de donner l’ordre d’avancer. Le caporal Eric Hosman était à mes côtés, nettoyant son fusil laser long avec un soin méticuleux comme s’il s’agissait d’une jeune fille qu’il venait de rencontrer, et faisant le compte des chargeurs qu’il lui restait pour l’approvisionner. Sa nouvelle affectation dans la suite d’un inquisiteur ne semblait pas le perturber outre mesure et c’était tant mieux : pour le moment, j’avais besoin de lui en pleine possession de ces moyens. Il aurait bien assez le temps après cette bataille pour réaliser dans quel enfer il s’est engagé.
Notre progression au sein des quartiers bourgeois meurtris par le récent bombardement de la flotte se fit sans aucun incident pendant plus d’une heure, ce qui m’amena un moment à penser que l’ennemi s’était peut-être entièrement retiré de ce niveau de la ruche. Mais alors que cette impression commençait à se transformer en certitude, l’opérateur radio de l’escouade de commandement de la 15ème me rapporta que la 16ème compagnie avait engagé l’ennemi à quatorze cent mètres au nord-est de notre position. Il eut à peine le temps de terminer son rapport que toutes les autres compagnies de notre expédition le contactèrent pour faire part de combats musclés avec les hérétiques… y compris les éclaireurs de la 15ème.
Toute la formation impériale cessa brusquement son avancée, ses différents éléments séparés les uns des autres par au moins un kilomètres de ruines et d’avenues qui s’étaient soudainement mises à grouiller d’ennemis. Notre groupe se regroupa dans un imposant bâtiment de l’Administratum dont les vastes bibliothèques renversées laissaient penser qu’il s’agissait d’un centre d’archivage des données de la ruche. Les faucons de Dunerre organisèrent une défense acharnée contre la foule au dehors, principalement à grands coups de lance-flammes. Cette partie du vingt-sixième niveau fut rapidement illuminée par des dizaines de torches humaines qui titubaient sur quelques mètres en se tordant de douleur, mais sans émettre un seul son, avant de s’effondrer. Une odeur insoutenable se mit à emplir l’atmosphère.
Contrairement à ceux des cultes que j’avais déjà affrontés sous les ordres de mon maître Kantores, ces hérétiques semblaient provenir d’absolument toutes les classes sociales de la ruche Dienk si l’on en croyait les vêtements, tatouages et autres parures qu’ils portaient. Ils partageaient néanmoins la même folie qui les faisait se jeter sur les lignes de défenses dunerriennes, qu’ils soient armés d’armes rudimentaires de gangs des sous-niveaux, de pistolets lasers règlementaires des forces de sécurité locale ou de simples tuyaux en métaux arrachés aux usines dans lesquelles travaillaient une partie d’entre eux.
Mais le plus étrange était que, malgré le fait qu’ils ne présentent absolument aucun sens stratégique, aucune logique de combat ni même le moindre signe d’une quelconque hiérarchie, ils étaient néanmoins parvenus à attaquer subitement toutes les compagnies de manière parfaitement coordonnées. Etant donné le fait qu’ils n’étaient plus capables de parler, je redoutais une sorte de communication psychique, ou pire, un contrôle à distance par les psykers que mon maître m’avait chargé de retrouver.
Il me fallut rester près de l’opérateur radio pendant dix bonnes minutes pour réussir à obtenir des autres compagnies les directions d’où l’ennemi les avait attaqués. Le nombre d’hérétiques impliqué était tout simplement colossal, de l’ordre de plusieurs dizaines de milliers, entassés dans les ruelles et avenues pour converger vers les positions impériales. Lentement, un schéma commença à se dessiner sur ma plaque de données. En remontant les différents vecteurs d’assauts, je finis par revenir à chaque fois sur la même zone de la carte du vingt-sixième niveau, où un bâtiment attira aussitôt mon attention : le centre médiatique de Dienk.
- Caporal Hosman ! hurlai-je dans mon communicateur pour espérer être entendu à travers le vacarme du combat.
Eric Hosman s’était posté au deuxième l’étage du bâtiment pour user de ses talents de tireur contre la horde d’ennemis, éliminant ceux qui portaient des armes dangereuses telles que des fusils automatiques ou des bombes artisanales. Bien sûr, il n’abattait pas autant d’adversaires que les porteurs d’armes spéciales ou même les simples gardes tirant en mode automatique sur la foule avec leurs fusils laser, mais chacun de ses tirs faisait disparaître une menace bien particulière et non négligeable. Ceux parmi les hérétiques qui avaient les moyens et la présence d’esprit de tirer contre les fenêtres de notre bâtiment étaient heureusement très rares, ce qui laissait au tireur d’élite toute latitude pour faire usage de son talent. Il dut interrompre sa tuerie méthodique pour me répondre, d’une voix énergique et professionnelle qui contrastait avec l’image qu’il m’avait d’abord donnée :
- Hosman, j’écoute !
- Ici l’inquisiteur Silverstein. Prends ton fusil, fait le plein de chargeur et rejoins-moi sur le toit, on a notre cible.
- Reçu cinq sur cinq.
Alors que je traversais le bâtiment pour atteindre les larges escaliers de pierre en spirale qui menaient aux étages supérieurs, je choisissais douze soldats vétérans bien portants et bien équipés pour m’accompagner, leur ordonnant de vérifier leurs armes et de me suivre sans discuter. Après avoir gravis les trois étages du bâtiment, j’actionnai un accès menant au toit et nous quittâmes la zone de combats en passant au bâtiment voisin, dissimulés par les ténèbres.
- Inquisiteur, osa demander Eric. Qu’est-ce qu’on recherche, au juste ?
- Des psykers, dis-je en réalisant qu’il n’avait pas assisté à la petite réunion d’état-major que j’avais organisé. Ce sont eux qui manipulent ce culte dans l’ombre.
Je compris aussitôt mon erreur lorsqu’un frisson se propagea à travers tous les membres de mon escorte, y compris Eric. L’un des vétérans s’arrêta subitement pour vomir sous l’effet de l’écœurement, à moins que ce ne fussent mes capacités d’Intouchable qui commençaient à l’affecter. Contrairement à un membre de l’inquisition tel que moi, les simples soldats de la Garde n’étaient pas familiers avec les choses du Warp et s’en méfiaient donc comme de la peste, craignant même les psykers assermentés employés comme armes dans leurs propres régiments. Savoir que notre mission impliquait des individus touchés par l’Immaterium devait certainement avoir refroidit leurs ardeurs.
- Ne vous inquiétez pas, fis-je pour tenter de les rassurer. Je dispose d’armes spécialement conçues par l’Inquisition pour contrer les pouvoirs de ce genre d’ennemis. Tant que vous restez près de moi, ils ne pourront rien vous faire.
L’effet de ce discourt fut limité mais suffisant. Notre petit groupe se remit en route vers notre objectif. Celui-ci nous attendait, perdu dans les ténèbres, loin derrière les hordes d’hérétiques qui se massaient en contrebas, et qui ne cessaient d’affluer…
_
_
_

CHAPITRE NEUF : LES FANTÔMES
- Comment nous avez-vous retrouvés ? s’exclama Naruto.
- Il m’a suffit de renifler l’odeur de ta bêtise, répondit Kiba dans un sourire.
Le jeune Uzumaki ne prit pas la peine de relever la plaisanterie, et préféra reprendre son souffle tandis que les ninjas de Kabuto avaient cessé leurs attaques en voyant venir les renforts de Konoha. Kiba… Tôji… Shino… et Neji… avec eux on peut vaincre ces types. L’avantage est enfin de notre côté.
Remis de sa surprise, l’ennemi reprit le combat et l’équipe 11 de Konoha dispersa ses membres au mieux : Neji comprit rapidement qu’Hinata devait être protégée et vint aider la garde rapprochée de sa cousine. De son côté, Kiba évita la femme aux cheveux bleus qui ne dégageait aucune odeur en raison de l’eau qui la recouvrait constamment, préférant la laisser à Shino, et dirigea plutôt son attention vers l’épéiste qui s’agitait dans tous les sens. Tôji, voyant que la jeune fille aux cheveux blonds ne semblait pas être une adversaire trop dangereuse, se dirigea droit vers la grosse brute qui paraissait mieux convenir à son style de combat.
La vaste salle souterraine sembla rapidement sur le point d’exploser sous la pression des violents combats qui s’y déroulaient. Un tel rassemblement de puissants ninjas déchaînant leurs techniques destructrices dans un lieu confiné donnait l’impression d’un ouragan enfermé dans un bocal à poissons. Un éclair pulvérisa un pilier de soutien large comme trois hommes avant de creuser un trou profond de huit mètres dans le mur le plus proche. De l’autre côté de la salle, une tempête de flammes s’abattit sur un mur et réduisit en cendre les restes d’une longue étagère de bois remplie de parchemins fragiles qui se consumèrent en un instant. L’espace d’un instant, la lueur de toutes les torches vacilla tandis qu’un immense mur d’ombre apparaissait au milieu de la pièce pour stopper une pluie horizontale à l’intensité diluvienne. Deux silhouettes humaines, l’une en tenue verte et l’autre en kimono blanc, se déplaçaient et s’entrechoquaient avec une vitesse telle que leurs mouvements étaient à peine perceptible, et chacun de leurs chocs provoquait une onde dévastatrice capable de fracasser la roche. A l’opposé, deux êtres massifs étaient engagées dans une intense épreuve de force, d’un tel niveau que les dalles massives sous leurs pieds se fracturèrent sous l’effort en soulevant de minuscules fragments comme autant de pétales emportés par le vent. La destruction était omniprésente, et à chaque instant elle emportait un peu plus de la réalité de ce monde vers un néant ténébreux et impitoyable.
C’est alors qu’au milieu du vacarme de la bataille, un son de claquement de mains se fit entendre aussi clairement qu’un tintement de cloche : c’était Kabuto qui applaudissait en esquissant un sourire sadique. Aussitôt, tous les combats cessèrent et les adversaires tournèrent leur attention vers lui. Il n’avait pas bougé de sa place depuis le début du combat et n’avait pas esquissé le moindre mouvement. Son regard était d’une cruauté sans pareil, même en comparaison avec son défunt maître Orochimaru, car il n’y avait pas cette même touche de folie que l’on ressentait chez le senin déchût. Non, cette cruauté était totale, pleine, absolue.
- Je vous félicite, dit-il à son assemblée. Vous m’avez bien amusé. Je ne pensais pas que mes spectres puissent à ce point se retrouver dépassés dès que le nombre est un peu en leur défaveur, même si seulement deux d’entre eux sont entièrement achevés.
- Je suis humblement désolé mon maître, fit Toshiro. C’est juste que je ne maîtrise pas encore suffisamment le pouvoir de la pierre pour en tirer tout son avantage.
- Et je ne voudrais pas tous nous ensevelir sous la montagne, ajouta Ulgo pour sa propre défense.
Kabuto leva une main sans même les regarder, ne détournant pas ses yeux d’Hinata qui tenait toujours fermement la Pierre Florale dans sa main comme un homme de foi tiendrait une emblème divine face à un démon.
- Je comprends, je comprends. L’endroit ne joue certes pas en votre avantage. Ces chiens de Konoha pourraient bien croire être capables de gagner, vu votre performance, mais heureusement j’ai encore quelques atouts en main.
Sur ces mots, il claqua des doigts et, aussitôt, plusieurs dalles de pierres composant les murs de la salle s’abaissèrent pour faire apparaître des passages secrets d’où surgirent des dizaines d’individus en uniformes noir de ninja. Leurs visages étaient cachés derrière des foulards ne laissant voir que leurs yeux sombre inexpressifs, et il ne portaient aucun bandeau ni aucun signe d’appartenance à un quelconque village ninja. Ils se déplaçaient tels des automates, dans un silence absolu comme s’ils ne faisaient que flotter sur le tapis de débris qui avait recouvert l’intégralité de la pièce. A leurs ceintures étaient accrochées un grand nombre de kunais, de shiruken et autres accessoires de combat propre aux ninjas, tandis que dans leurs dos ils portaient des armes plus encombrantes, des katanas pour la plupart.
Soudain, Naruto sentit la main d’Hinata tirer sur sa manche. Lorsqu’il se tourna vers elle, ce fut pour la retrouver terrorisée face à ce que son byakugan activé lui montrait.
- Ils sont modifiés eux aussi…
- Je vous présente mon armée de fantômes, déclara Kabuto en tendant le bras. Bien qu’ils n’aient pas bénéficié du même soin que pour mes chers spectres ici présents, vous pouvez constater qu’ils ont l’avantage d’être faciles à produire. Ils n’ont pas encore été testés, du moins pas contre de véritables ninjas, mais je suis sûr qu’ils sauront se charger de vous. Maintenant vous autres, rapportez-moi le catalyseur.
Les soit-disant fantômes se jetèrent à l’assaut sans prononcer un cri ni même un son, dégainant leurs armes par des gestes lents et assurés avant de frapper. La plupart des ninjas de Konoha et de Suna dégainèrent un ou plusieurs kunai pour se défendre, et ils remarquèrent rapidement que leurs adversaires étaient particulièrement doués pour les arts martiaux, enchaînant les attaques, parades et contre-attaques avec une dextérité quasi parfaite et sans la moindre hésitation. Accablés par le nombre, l’équipe de Shikamaru et celle de Neji se retrouvèrent forcés de se rassembler autour d’Hinata afin de la protéger contre ces assaillants arrivant de toute part.
Alors qu’il parvenait enfin à trouver une ouverture pour enfoncer son kunai dans le thorax d’un ennemi, Sasuke fut surpris de ne pas entendre celui-ci crier et de ne pas le voir s’effondrer, ni même chanceler. Le jeune Uchiwa esquiva de justesse une attaque horizontale de cet adversaire transpercé, avant de récupérer son arme et d’effectuer un mouvements de feinte pour obtenir une ouverture sur la gorge. Lorsqu’il frappa, non seulement le coup ne gêna pas plus son adversaire que ne l’avait fait la perforation de son poumon droit, mais cela arracha son foulard et laissa Sasuke voir avec horreur le visage de celui qui tentait de le tuer.
L’homme devait avoir entre quarante et cinquante ans. Des mèches de cheveux bruns sales passaient devant ses yeux bleus clairs sans expression, et sous son nez aquilin, ses lèvres avaient été cousues par du fil chirurgical. Sa peau fripée était couverte de petites cicatrices, non pas de celles que l’on peut recevoir au combat avec des armes coupantes, mais plutôt en travaillant dur toute sa vie dans les champs ou dans un atelier.
Sasuke avait devant lui le visage impassible et muet d’un civil. Un civil qui maîtrisait le sabre avec un talent quasi inné et qui était bien déterminé à trancher le jeune homme en deux. Malgré cela, Sasuke ne trouvait plus la détermination de frapper à nouveau.
- Nous devons quitter cet endroit ! lança-t-il à Shikamaru au travers de la mêlée.
- Pour une fois, je suis bien d’accord. Mais il faudrait qu’on arrive à les repousser un instant.
- Pas de problème pour ça. Naruto !
- J’ai entendu, fit le jeune Uzumaki. Donne-moi deux secondes.
Calmement, Naruto forma une succession de sceaux :
- Fûton ! Ökina hanpatsu no Jutsu ! (technique secrète de vent, la répulsion majeure)
Puis il leva pied droit pour le reposer ensuite avec force devant lui. L’onde de choc fut amplifiée par son chakra et projeta tous les fantômes autour de lui à plusieurs mètres de là, laissant le groupe de ninjas libres de leurs mouvements.
- Repli ! ordonna Shikamaru.
Par chance, aucun autre adversaire ne vint bloquer le passage des héros vers la surface, et Tôji avait fait s’effondrer l’accès derrière eux plusieurs fois afin de ralentir la progression des spectres qui étaient sur leurs talons. En temps normal il se serait contenté de le faire une seule fois mais, après avoir affronté le géant Ulgo, il savait pertinemment que ce n’était pas ce genre d’obstacle qui allait les stopper.
Une fois à l’extérieur, le groupe courut aussi vite que possible droit en direction de Konoha pendant près d’une heure avant de décider d’une halte :
- Je pense qu’on est suffisamment loin maintenant, dit Shikamaru.
Les ninjas s’arrêtèrent au milieu d’une clairière ensoleillée. Ils avait passé la frontière du pays du Feu quelques minutes plus tôt et le paysage leur redevenait enfin familier, du moins pour certains. La plupart d’entre eux était cependant trop préoccupés à reprendre leur souffle ou à se remettre de leurs émotions pour profiter de cela, et une poignée gardait même un œil sur leurs arrières en craignant voir surgire leurs ennemis de derrière le mur végétal de la forêt.
- Pourquoi est-ce qu’on s’arrête maintenant ? demanda Naruto. Konoha n’est plus qu’à quelques kilomètres de là.
- Temari et moi allons informer Suna de ce qui s’est passé, afin qu’une stratégie puisse être mise en place contre ces individus au cas où ils attaqueraient le village. Sasuke, je te confie le commandement du groupe. Ramène tout le monde à Konoha et fait ton rapport à Tsunade. Je compte sur toit.
- Ne t’inquiète pas, répondit l’Uchiwa. Le plus dur est déjà derrière nous.
- Pour aujourd’hui, oui, probablement. Mais quels que puissent être les plans de Kabuto, ils doivent être stoppés par tous les moyens, car je crains que sinon des milliers d’innocents risquent d’en payer le prix.
_
LA SUITE
(prochainement)
_
_
Illuminati, chapitre 7
Date : 30 octobre
Avancement : terminé
Evangelion Children, chapitre 2.6
Date : inconnue
Avancement : 60%
(j'ai besoin d'un bon artwork pour illustrer celui-là, sinon je ne vais pas en dormir la nuit ^^)
Halo Destiny, chapitre 22
Date : inconnue
Avancement : 15%
(dernier chapitre de cette fanfic ; il sera très probablement un peu plus long que la moyenne, lui aussi)
