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Jeudi 11 septembre 2008

CHAPITRE DOUZE : UN PAS DE PLUS


     Ce qui avait été une salle bourdonnante d'activité quelques instants auparavant n'était plus qu'un grand espace totalement dépeuplé et sans vie. Les artéfacts qu'étaient en train d'étudier les hommes de Meldios avaient également disparu, ainsi que certaines machines parmi les plus rares, probablement. Il y avait deux raisons possibles à cela. La première était que cette évacuation était prévue, mais j'en doutais sérieusement. La seconde était que nous avions été repérés.

            -  Que fait-on, Asphar ? demanda Eric. On se tire ?

            -  Non. Nous n'aurons peut-être pas d'autres chances. Descendons dans le laboratoire et tentons de trouver Meldios.

      Rayne fut la première à agir. Avec sa souplesse naturelle, elle se laissa tomber de la passerelle avant de se rattraper aux poutrelles de soutient en métal, puis lâcha prise et atterrit en dégainant ses armes. Cette fois-ci, ce fut moi qui passa devant Fidge et Eric, mais en descendant simplement les escaliers tout en surveillant les alentours. La salle devait faire environ trente mètres en longueur et en largeur, avec une seule porte d'accès en dehors de celle par laquelle nous étions entrés. C'était une grande porte en bois à double battants qui n'était verrouillé par aucun système de sécurité.

            -  Ca pue le piège à plein nez, lâcha Rayne.

            -  Peut-être, fis-je, mais on a pas le choix.

        La chasseuse de prime sortit une fibre optique de sous sa combinaison et la passa sous la porte pour espionner ce qui se trouvait derrière. Quelques instants plus tard, elle annonça :

            -  C'est une salle d'archivage. Il y a quinze hommes équipés de fusils mitrailleurs et d'armures légères. Ils nous attendent.

            -    Qu'est-ce qu'on fait, Asphar ? demanda Fidge avec le sourire.

            -   On leur rentre dedans. Mais veillez à ne pas abîmer les preuves éventuelles.

       Aussitôt, Fidge s'avança vers la porte et prit l'une des grenades étourdissantes qu'il portait à la ceinture. Délicatement, il s'appuya contre l'un des battants de la porte puis retira la goupille en comptant les secondes avec précision. Au bout de trois, il entrouvrit l'autre battant et jeta la grenade dans la salle suivante, où elle détonna en libérant un flash aveuglant doublé d'un bruit à très haute fréquence capable de percer un tympan.

       L'instant suivant, nous ouvrîmes la porte en grand et engagèrent le combat. Fidge partit sur la droite, Rayne sur la gauche, et moi au centre tandis que Eric nous couvrait avec son fusil. Sortant les Serres d'Eridios de leurs gantelets, je me jetai sur les hommes de Meldios totalement désorientés pour planter mes griffes énergétiques à travers leurs armures. Les lames baignées d'électricité perforèrent ces protections aussi facilement que la chaire qui se trouvait derrière, arrachant les vies des hérétiques comme une feuille morte emportée par une tornade. A ma droite, je pouvais voir Fidge Klaw employer toute son talent dans la maîtrise du combat à deux sabres, tandis qu'à ma gauche son épouse faisait des merveilles avec une simple dague et un pistolet. Une fois de plus, je béni le jour où je les ai rencontré.

       Soudain, alors que je levai mon poing pour frapper mon adversaire suivant, je vis sur son uniforme l'insigne de sergent. Au lieu de le tuer, je lui administrai un violent coup de coude dans la mâchoire et il s'effondra par terre, me laissant le temps de finir son escouade. Il semblait claire que ces hommes avaient autrefois fait partie de la Garde Impériale. Lorsque le combat fut terminé et que je put les observer plus calmement, je remarquait que leurs uniformes étaient semblables à ceux de la Garde de Fer de Hullorden, sauf qu'ils étaient de couleur noire au lieu d'être gris. J'empoignai alors le sergent et le soulevai pour le plaquer contre un mur. 

            -   Où est Meldios ?

        L'homme grogna en serrant les dents. Apparemment, il voulait répondre mais une sorte de conditionnement psychique le lui interdisait. Cette technique était souvent utilisée par les hérétiques pour conserver leurs secrets même s'ils étaient capturés. Cependant, Meldios ne pouvait pas avoir verrouillé l'intégralité des informations dont disposait ce soldat :

            -   Qu'est-ce que c'est que cet endroit ? continuai-je.

            -   C'est pas assez clair pour vous ? répliqua-t-il vulgairement en haletant. C'est ici que sont étudiés les objets qu'Il a récupérés.

            -    « Il » ? Tu veux dire Meldios ?

        Le sergent hocha la tête.

            -   Où sont les artéfacts, maintenant ?

            -   On... on les a évacué. Ils ont déjà dû quitter la planète, maintenant. C'est inutile.

            -   Où ont-ils été emmenés ? fis-je en sortant à nouveau mes griffes éclaires. Parle vite !

            -   J'en sais rien ! J'vous jure !

            -   Dans ce cas, tu ne me sers plus à rien.

       Je me préparai à porter le coup fatal lorsque l'homme leva les mains en suppliant :

            -   Attendez ! Attendez ! Y a un prisonnier dans les cellules un peu plus loin ! Il pourra peut-être vous aider !

            -    Merci.

       Puis, sans la moindre pitié, je lui lacérais la gorge. La plus dure leçon que tout inquisiteur se doit d'apprendre est qu'il ne faut jamais tolérer les traîtres, quel que soit l'ampleur de leur trahison. Il n'y a rien de plus abjecte dans tout l'univers qu'un homme qui rejette consciemment les paroles de l'Empereur et se détourne de Sa lumière. De tels être ne méritent pas de vivre, et doivent servirent d'exemple. Cette leçon n'est pas difficile à apprendre, mais il ne suffit pas de connaître cette règle pour pouvoir l'appliquer. Il faut y croire. Aucune faiblesse ne doit jamais être montrée envers les traîtres.

            -  En avant, dis-je. Cherchons ce prisonnier.

        Nous traversâmes alors la salle d'archivage, qui faisait une bonne trentaine de mètres en longueur et contenait d'innombrables ouvrage rangés sur des étagères alignées et numérotées. C'était à n'en pas douter des rapports sur les études des artéfacts récupérés par Meldios. Une mine de savoir hérétique incroyablement riche que j'hésitais à purifier par le feu tant l'aura néfaste qui l'enveloppait me donnait la nausée. Au bout de la salle se trouvait une porte hermétique dont Rayne contourna le verrou de sécurité.

         De l'autre côté se trouvait un long couloir qui, au bout d'une centaine de mètres, arrivait à un croisement en T. Ne voulant pas diviser mon équipe, je décidai de l'emmener à droite. Au bout de quelques pas, nous tombâmes devant une rangée de cinq portes blindées à côté de laquelle étaient posée une table et deux tabourets. Sur la tables et par terre, des cartes de jeux avaient été laissées par les gardes qui devaient être en poste ici lorsque l'alerte a été donnée. Lentement, je m'approchai de la première porte et regardai à travers le judas pour constater qu'il n'y avait personne. Les deux cellules suivantes étaient vides elles aussi.

          Mais lorsque j'inspectait la troisième, j'aperçut une silhouette humaine assise dans un coin d'ombre, à peine visible et seulement recouverte d'un pagne en lambeaux. Je me penchai donc sur le panneau de contrôle de la porte, appuya sur une série de touches et celle-ci s'ouvrit dans un bruit sourd. Je me mis bien dans la lumière pour que le prisonnier voit que j'étais un inquisiteur de l'Imperium. Sa réaction ne fut pas longue, et lorsqu'il se leva pour s'avancer vers moi d'un pas lent, j'entendis le bruit mécanique caractéristiques des jambes biotiques.

          Mais il n'y avait pas que ses jambes qui était artificielles. Son bras également était un implant mécanique, tout comme une partie de sa poitrine, presque tout son dos et la moitié arrière de son crâne rasé. Sur la région métallique de son buste était gravé l'insigne de l'Adeptus Mecanicus.

            -  Vous êtes un disciple du culte de Mars ? demandai-je pour confirmer mes impressions.

            - Affirmatif inquisiteur. Je suis le technaugure Xan-D6, humble serviteur de l'Omnimessie rattaché au monde-forge d'Accatran.

       Sa voix avait beau être parfaitement humaine, la façon dont il parlait le rapprochait plus d'une machine que d'un être vivant et pensant. Ses yeux étaient vifs, mais ne brillaient d'aucune expression émotionnelle, et son visage était si raide qu'on aurait cru un masque de peau sans aucun nerf pour l'agiter.

            -   Pourquoi ces hommes vous retenaient-ils prisonnier ?

            -  Ils voulaient des renseignements sur l'architecture de plusieurs bâtiments pour lesquels j'ai participé à la construction.

            -   Ont-ils eut ce qu'ils voulaient ?

            -   Malheureusement oui, seigneur. Ils ont réussi à pirater mes implants mémoriels et à télécharger les données concernant ces structures.

       Une fois de plus, Meldios avait une longueur d'avance sur nous. Cependant, nous avions découvert une pièce de plus dans son plan, et notre enquête progressait de plus en plus. Je ne devais pas perdre espoir. Ma cible était presque à ma portée et je devais redoubler d'ardeur pour l'atteindre.

            -   Nous allons vous faire sortir d'ici, dis-je au technaugure. Suivez-nous.

            -   Mon équipement a été placé dans la cellule voisine. J'aimerais le récupérer.

            -   Très bien.

       Xan-D6 sorti de sa geôle et se dirigea vers la quatrième cellule où il entra pour en ressortir deux minutes plus tard, entièrement équipé. Il portait l'armure rouge réglementaire des technaugures qui lui donnait une allure impressionnante, ainsi qu'un servo-harnais complet capable de démonter presque n'importe quel équipement. Le respirateur qui masquait le bas de son visage le rendait encore plus mécanique, ainsi que les multiples câbles qui connectait son armure à l'arrière de son crâne.

            -   Je suis prêt à vous suivre, annonça-t-il de sa voix sans émotion.

      Tout au long de notre cheminement à travers les installations souterraines du repère de Meldios, nous ne rencontrâmes plus personne, pas même le moindre cyber-serviteur qui aurait été abandonné derrière. L'évacuation des hérétiques avait été trop rapide pour ne pas avoir été prévue de longue date.  La seule chose étrange était qu'il n'aient rien prévu pour leurs archives, et qu'ils ne l'aient ni emportée, ni détruite. Mais ce n'était pas encore le moment de se soucier de cela.

       Il nous fallut un quart d'heure pour trouver le hangar à navette par lequel s'étaient enfuis les hommes de Meldios. Il était assez grand pour contenir une petite frégate ou un vaisseau de transport marchand de dernière catégorie, et rien dans ce que nous y trouvâmes ne put nous renseigner sur la direction qu'avait pris l'ennemi. Finalement, je décidai d'interrompre momentanément les recherches, et ordonnai à Franck d'amener le Phoenix pour que nous puissions prendre un peu de repos. Bientôt, il nous faudrait analyser le masse de document que les hérétiques avaient laissé derrière eux, et avoir plus de précision sur ce qu'il voulaient apprendre de Xan. Il ne faisait aucun doute que ce serait un travail de longue haleine, et je ne voulais pas le débuter sans m'être quelque peu apaisé.

        Pendant mon sommeil, je rêvai que l'Imperium était totalement détruit.

par Jack-115 publié dans : ILLUMINATI
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Lundi 8 septembre 2008

CHAPITRE DIX-HUIT



1853 unités de temps du 1er jour de l'Ere de la Révolte / structure forerunner à la surface de Halo.


       La moitié des prisonniers sangheilis étaient libérés lorsque l'alarme fut déclenchée. Irul savait qu'il était futile de penser pouvoir délivrer tout le monde sans se faire remarquer, et avait donc prévu cette éventualité. Des groupes de ses frères guerriers empruntèrent les différents ascenseurs gravitationnels et montèrent rapidement vers les plus hauts niveaux de la prison, afin d'éliminer les gardiens et de stopper les éventuels renforts. Pendant ce temps, une deuxième vague de combattants sangheilis commença à remonté les étages un par un depuis le bas de la gigantesque salle, éliminant les geôliers de l'Alliance avant que ceux-ci ne puisse exécuter leurs prisonniers.

        Irul se concentra principalement sur le combat, laissant à ses frères la tâche de libérer les autres. Mais alors qu'il affrontait les diverses escouades ennemies dans des corps à corps sanglants, il vit des humains sortir de plusieurs cellules et prendre les armes auprès des sangheilis. Les frêles combattants du CSNU restèrent en retrait, préférant nettement l'affrontement sur les longues portées à la mêlée privilégiée par les fils de Sangheilos. Grâce à la combinaison de ces deux disciplines, le combat ne dura que quelques instants mais fut d'une violence particulièrement intense. Lorsque le dernier ennemi tomba sur le sol, les pertes sangheilis et humaines étaient acceptables.

       Aussitôt, l'un des anciens conseillers s'avança vers Irul :

            -  Commandeur ! Votre exemple nous honore tous ! Nous vous suivrons jusque dans les flammes de l'enfer, désormais !

            -  Ce ne sera pas nécessaire, répliqua Irul. J'ai juste besoin que vous me suiviez jusqu'à la Salle de Contrôle de Halo. Et d'abord, il nous faut reprendre le Scarab de l'ennemi.

            -    Bien compris, commandeur ! Nous sommes derrière vous !

       Mais Irul avait autre chose à faire avant de continuer la progression. Lentement, il marcha au milieu de ses frères qui lui ouvrirent aussitôt un passage vers les humains, qui s'étaient regroupés par simple précaution. Ils n'étaient pas très nombreux, à peine une dizaine, et semblaient être dirigés par un homme à la peau noir et qui tenait dans sa bouche un étrange petit objet cylindrique brun qui dégageait une mince fumée grise. Les insignes de sergent étaient greffées sur ses épaulières. Irul s'arrêta à un mètre devant lui et déclara d'un ton très diplomate :

            -   Humain, ne vous inquiétez pas, vous n'avez plus aucune raison de nous craindre. Nous avons conclu une alliance entre nos deux forces.

            -    Et qu'est-ce qui me le prouve ? demanda l'homme noir d'un ton sec.

            -   J'ai rencontré votre spartan, John-117, sur Grande Bonté. Lui et Cortana sont en route vers votre planète mère. Ils nous ont chargé, les miens et moi, d'empêcher l'activation de Halo. 

        Pendant un moment, le sergent montra un regard plein de doute, ce que Irul avait prévu. Mais quelque chose disait à l'humain que tout ceci avait un sens, finalement, et qu'il pouvait faire confiance à celui qui avait autrefois été son ennemi. Ce spartan est particulier. Je le sens. Et les humains qui l'entourent ou qui le connaissent sont transformé par sa présence auprès d'eux ou dans leur mémoire : ils sont plus forts, plus intelligents, et plus déterminés que les plus féroces sangheilis. Pour eux, ce spartan est un héros, une légende vivante qui ne mourra jamais. Ce sergent ne peut pas imaginer que je l'ai rencontré sans mourir à moins qu'il ne m'ai épargné.

            -   Mes hommes et moi seront ravis de vous aider à botter le cul de ces enfoirés de gorilles, déclara finalement l'humain en tendant sa main droite.

        Irul serra la main du sergent en faisant attention à la force qu'il y employait, puis se présenta :

            -   Irul Sulamee, commandant suprême des forces sangheilis.

            -   Sergent Avery Johnson, commandant suprême de cette escouade de crève-cœurs.

        Irul apprécia la légèreté avec laquelle s'exprimait l'humain, car même si les sangheilis n'étaient pas réputé pour leur sens de l'humour, ils appréciaient celui que pouvaient exprimer les autres races. Ce sergent Johnson semblait être une énorme réserve de surprises.

            -  Pourquoi l'ennemi vous a-t-il fait prisonniers ? demanda Irul.

            -  D'après ce que j'ai compris, ils ont besoin d'un humain pour activer l'anneau. Ils ont emmené notre commandant à la Salle de Contrôle et nous ont laissé ici au cas où.

            -  Alors nous devons faire vite.

       Irul se tourna alors vers ses semblables. Il y avait là plus d'une trentaine de sangheilis, dont bon nombre d'officiers et d'anciens membres du conseil de l'Alliance. C'étaient des guerriers endurcis, féroces et dotés d'une détermination à toute épreuve qui causeraient beaucoup de dégâts aux troupes de l'Alliance. La seule chose qui gênait Irul étaient qu'ils soient obligés d'utiliser les armes de l'ennemi, et principalement celles des jiralhanaes. Mais c'est ça ou y aller à mains nues...

        Le jeune commandeur donna le signal du départ et prit la tête de la formation. Le Scarab n'était plus très loin désormais, et la troupe traversa les trois salles qui la séparait du tank quadrupède en passant au travers des forces jirahanaes qui se trouvaient sur leur chemin. Irul observa les humains avec attention tout le long des combats, et constata que le sergent Avery et ses hommes étaient plus que compétents lorsqu'ils avaient de bonnes armes entre les mains. Johnson avait choisit une carabine à plasma avec laquelle il abattit plusieurs brutes en lâchant des jurons et des plaisanteries qui entretenaient le moral de son escouade. Irul se sentit presque rassuré en sachant qu'un tel combattant était désormais de leur côté.

         Lorsque les sangheilis libérés arrivèrent finalement sur la plate-forme devant laquelle se trouvait le Scarab, il se retrouvèrent face à une importante force ennemie qui s'était préparée à les recevoir. Les jiralhanaes avaient monté un cercle de barricades devant la porte d'accès, et délivrèrent un déluge de tirs sur les guerriers qui tentèrent de les approcher. Irul ordonna à ses frères de rester à couvert et d'attendre.

        Quelques instants plus tard, une demi-douzaines de lames énergétiques apparurent derrières les défenses des brutes pour les frapper avec la rapidité de l'éclair. C'étaient les commandos furtifs que l'Arbiteur avaient amenés avec lui. Dans le même temps, des tirs de snipers pilonnèrent les officiers jiralhanaes depuis les falaises, et Irul reconnu la terrible précision d'Elda. La sangheile cibla systématiquement les individus qui représentaient la plus grande menace, déstabilisant complètement la ligne de bataille de l'Alliance. Il n'en fallait pas moins pour permettre au commandant suprême et aux prisonniers libérés de charger eux aussi, et finir de prendre le contrôle de la plate-forme.

            -   Orna ! fit Irul en s'avançant vers l'Arbiteur. Nous devons nous dépêcher ! Tartarus doit être prêt à activer Halo, maintenant.

            -   D'accord. Faites ce qu'il faut pour nous y mener. Je vous suis.

            -   Mais, commandeur...

            -   Vous êtes notre commandant suprême, Irul. Et je ne voudrais pour rien au monde vous retirer ce titre.

            -   Mais... pourquoi ?

       L'Arbiteur esquissa une expression que seuls les sangheilis savaient interpréter comme un sourire et un signe de satisfaction.

            -   J'étais un général, Irul. Un bon stratège, un fin tacticien, et c'était pour cela que j'avais été choisi pour mener les campagnes contre les humains. Mais en ces temps difficiles, je ne suis pas le genre de chef dont ont besoin les sangheilis.

            -   Je... je ne comprends pas.

            -   Les sangheilis sont les plus grands guerriers de cette galaxie, n'en déplaisent aux autres races. Mais les véritables guerriers ne suivent pas les généraux, les stratèges et les professeurs de la guerre tels que moi. Ils suivent les meneurs, ceux qu'ils savent être de vrais leaders capables de les guider au cœur même des batailles les plus intenses et les plus désespérées. J'étais un tacticien très doué, mais pas un meneur comme vous, Irul. Vous êtes celui qui nous mènera à travers cette crise, je le sais. Vous n'êtes pas un simple guerrier. Vous êtes un guerrier capable d'insuffler une force mystique incroyablement puissante en ceux qui vous suivent. Vous êtes un guerrier dont l'aura héroïque inspire vos troupes au-delà de ce que vous pouvez imaginer, et les pousse à dépasser leurs limites si loin qu'elles n'existent même plus. Vous êtes le Guerrier de la Foi.
            «  Et vous mènerez nos frères à la victoire en tant que tel.

par Jack-115 publié dans : La Saga du Guerrier de la Foi
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Jeudi 4 septembre 2008

Je suis au regret de vous annoncer que le rythme de publication des différentes fanstories va grandement baisser à partir de maintenant. En effet, maintenant que la rentrée est là, je n'ai plus autant de temps à consacrer à l'écriture. Donc après ce mois de folie où les chapitres pleuvaient de partout, le rythme sera désormais de deux chapitres par semaine : un le jeudi, et un le lundi. Ce n'est pas énorme, mais il y a souvent eut bien pire comme lenteur d'écriture. L'ordre pré-établi pour les prochaines publications ne changera pas, afin que l'Ere de la Révolte soit terminé rapidement, mais les dates de sortie vont nécessairement prendre un coup dans l'aile (ou plutôt un obus de 120mm dans les plumes).


 

Mais si la quantité des écrits va baisser, leur qualité ne subira pas le même sort, bien au contraire. Je sais que c'est énervant de devoir attendre ainsi la suite d'une aventure, mais je ne suis pas un écrivain professionnel, et je ne fais pas d'argent avec tout ça. Si j'écris, ce n'est que pour mon (immense) plaisir et le votre. Donc à côté je me dois aussi à des obligations. Peut-être que, si des circonstances particulières me le permettent, je prendrai de l'avance sur le planning des publications. Il y a par exemple toute une partie de ILLUMINATI qui est déjà écrite (presque 7 chapitres), mais qui n'intervient que plus tard dans l'aventure. Lorsqu'on arrivera à cette partie de l'histoire, je publierai le tout directement, à un rythme d'un par jour.

 


Donc ne vous inquiétez pas, Fanstories.net n'est pas mort. D'ailleurs je ne permettrai jamais que ce blog disparaisse, et même si tous mes doigts étaient brisés je trouverais le moyen de continuer quand même (comme par exemple marteler le clavier avec le nez). Tout ceci n'est qu'un petit ralentissement tout à fait normal, dû à la fin des vacances. Il est tout à fait possible que les choses s'améliorent de temps en temps, mais c'est mieux que j'établisse un rythme modeste et que je sois certaine de tenir.

 

J'espère que vous continuerez à venir lire ces fantastiques histoires encore et encore.


 


MISE A JOUR : Finalement, je me rends compte que certaines histoires me sont très difficiles à écrire à un rythme aussi lent. Lorsque trop de temps s'écoule entre deux chapitres, je perds le fil des évènements et je mets également un temps fou à me replonger dans l'univers. C'est pourquoi les fanstories Evangelion Children et Halo Destiny sont suspendues pour un temps indéterminé. Je vous assure que c'est loin de me faire plaisir, mais leur écriture reprendra dès que d'autres histoires auront été terminée, et l'Ere de la Révolte ne va pas tardé à l'être. Patiente, donc, pour ceux qui suivaient ces fanstories, car cela redémarrera bientôt.

 

 

par Jack-115 publié dans : informations diverses
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Jeudi 4 septembre 2008

CHAPITRE NEUF : LA REPONSE DE SUNA



        Les ninjas de Konoha avaient été installés dans une grande bâtisse située dans le centre de Kumo, non loin des bâtiments officiels des forces de sécurité interne et du siège du Raikage. Elle était composée de multiples appartements normalement réservés aux délégations étrangères et autres ambassadeurs, mais pour le moment tous inoccupés. Le Village Caché des Nuage n'était pas connu pour entretenir souvent des pourparler au sein même de ses murs, aussi le confort de cette place laissait un peu à désiré. Mais cela ne dérangeait pas Naruto et ses amis, au contraire. Désormais, ils avaient bien mieux à faire que de se préoccuper de telles choses.

        Avec plus ou moins de patience selon leur tempérament, ils attendirent que Hoshigo revienne leur annoncer la décision du Raikage. Lee s'adonna immédiatement à son entraînement de musculation extrême, tandis que Haruka et Neiji méditaient tranquillement dans leur coin, et que Naruto et Hinata discutaient entre eux, cherchant à se rassurer l'un l'autre. Seuls Sakura et Shikamaru ne savaient pas quoi faire, rongés par l'inquiétude. La jeune fille se morfondait pour Sasuke, se demandant s'il était encore possible de le sauvé des griffes de ce démon qu'ils avaient réveillé. Le descendant du clan Nara, lui, n'arrivait plus à penser à rien d'autre qu'à la terrible histoire qu'Hoshigo leur avait raconté. Il tournait en rond dans une pièce totalement vide et sans aucune fenêtre, située entre deux appartements, et personne n'osait chercher à lui parler.

       Lorsque Hoshigo arriva finalement, il avait une mine grave :

            -  Notre honoré Raikage, Nantsugo-sama, a décidé de fermer nos frontières et de préparer notre armée pour affronter Kuro.

            -    Et en ce qui nous concerne ? demanda Hinata.

            -   Comme vous pouviez vous y attendre, vous avez le choix entre nous aider ou être exécutés.

      Effectivement, les adolescents s'étaient attendu à ce genre de chose. La gravité de leurs actes les avait plongé dans une situation dont ils n'avaient qu'un seul moyen d'espérer sortir vivants. Toutefois, ils n'avaient pas besoin de ce genre de motivation, car leur conscience suffisait à leur commander de laver cette faute, et Hoshigo le voyait bien. Cependant, les yeux du vieil homme conservait une grande méfiance lorsqu'ils se posaient sur Shikamaru.

            -   Que devons-nous faire pour vous aider ? demanda Neiji d'une façon très diplomate.

            -   Entraînez-vous autant que vous le pourrez. Lorsque les armées de Kuro arriveront, vous serez envoyés en première ligne.

            -   Et si plutôt nous partions en première ligne immédiatement ? fit soudain Naruto d'un air impatient. 

       Hoshigo fronça des sourcils :

            -    Que voulez-vous dire ?

            -    Kuro est en train de se préparer à attaquer. Il rassemble ses forces quelque part, et où qu'il se trouve, il doit être encore vulnérable. C'est pourquoi nous devons agir les premiers !

            -    C'est de la folie !

            -    Non ! répliqua Hinata. Naruto a raison ! Si nous faisons vite, nous avons peut-être encore une chance ! Laissez-nous y aller !

            -    Pour que vous quittiez le pays ?

      Cette accusation donna un haut-le-cœur à la jeune Hyuuga, qui posa aussitôt sa main sur sa poitrine. Elle sentit alors la Pierre Florale vibrer sous l'émotion, tandis qu'une légère brise tournoya dans la pièce. Quelques instants lui furent nécessaire pour retrouver son calme, et finalement déclarer à Hoshigo :

            -    Sur mon honneur, nous ne vous abandonnerons pas.

       Il n'en fallut pas plus pour le chef de la loge secrète, qui détourna le regard et agita sa main dans un signe d'acceptation. Mais malgré cela, Neji restait perplexe. Un bref échange de regard entre cousin et cousine suffit à comprendre le problème qui les séparait.

            -   Si tu pars à sa rencontre, dit simplement Neji, mon équipe ne te suivra pas. Je ne vais pas risquer leurs vies inutilement.

            -    Et je le regrettes, fit la jeune fille.

       Hinata regarda un à un les membres de l'équipe de son cousin. Lee avait beau se considérer comme le premier rival de Neji, il ne remettait jamais en cause ses décisions de chef. Shikamaru, lui, était beaucoup trop terrorisé à l'idée de revoir cet être de noirceur qui disait être son ancêtre. Quant à Sakura, on pouvait clairement voir son désir de venir en aide à celui qu'elle aimait, mais le regard dur de Neji l'obligea à rester.

       C'est donc ainsi que Naruto, Hinata et Haruka partirent seuls à la recherche de Kuro, en espérant le retrouver avant qu'il ne soit trop tard. Les gardes de la porte du village les laissèrent passer sans poser de questions, et les trois ninjas décidèrent de faire route vers Jacurutu. En toute logique, Kuro ne devait pas s'en être trop éloigné.

       Il leur fallut plus de quatre heures pour redescendre la montagne, tellement le vent qui balayait ses flancs était violent. Même en poussant le pouvoir de la Pierre Florale au maximum de ce qu'elle pouvait, Hinata ne parvenait qu'à légèrement calmer la tempête. Leur progression était donc extrêmement lente parmi les rochers et les terres désolées de ce pays. Ce n'est que peu après l'aube qu'ils arrivèrent dans les environs de Jacurutu, mais il faisait presque aussi noir qu'en pleine nuit. La masse de nuages noirs qu'avait amassé Kuro à travers le monde interceptait presque toute la lumière du soleil, créant un paysage de mort et de noirceur, légèrement teinté de gris. Les orages n'avaient pas encore recommencé, mais Hinata se doutait bien que lorsque ce serait le cas, cela signifiait que Kuro était près à mener sa guerre.

            -  Bien, fit-elle avec résolution. Maintenant nous devons essayer d'imaginer vers où il a put se diriger.

            -  Tu veux dire, quelle direction il aurait choisit ? demanda Naruto perplexe.

            -  C'est exact.

            -  Ben, comme je suis pas un démon, je saurais pas te dire... mais peut-être que Kyuubi pourrait te répondre.

            «  Décidément, tu es bien stupide, gamin ! fit le démon-renard dans l'esprit du garçon. Suis-je vraiment le genre de démon qui peut se cacher ? »

       Naruto esquissa une grimace en entendant cette voix bestiale qui rêvait de le déchiqueter de l'intérieur, puis chercha à réfléchir par lui-même à la question posée par Hinata. Mais il avait beau se creuser la tête, il n'arrivait pas à imaginer par où Kuro avait voulu partir.

            -  Et s'il était tout simplement retourné à Jacurutu ? supposa Haruka.

       Hinata fut la première surprise par cette réponse :

            -  Qu'est-ce que tu dis ?

            -  Il a besoin d'un endroit calme pour recouvrir ses capacités. Un endroit où personne ne le trouvera tant qu'il ne sera pas prêt. Et personne ne songerait à le chercher à l'intérieur du même sanctuaire où avait été scellé.

            -   A part toi, répliqua Hinata. C'est une excellente suggestion. Commençons donc nos recherche là-bas.

       Le petit groupe se mit donc à gravir une seconde fois l'énorme volcan qui abritait ce lieu maudit. Cet effort leur prit deux heures entière afin d'économiser leurs forces. Ce n'était pas la peine de se précipité si c'était pour se retrouver face à Kuro et ses acolytes totalement affaiblis. Une fois qu'ils eurent atteint le sommet, Hinata usa de son Byakugan pour rechercher une trace de la présence des démons. Mais une fois de plus elle se heurta à la forte opacité de la roche qui entourait le sanctuaire, et qui limitait sa vision.

         Cependant, au fur et à mesure que l'équipe descendait dans la gueule béante du volcan, Hinata commença à ressentir une grande présence maléfique.

            -  Il sont ici, dit-elle tandis que la peur grandissait de nouveau en elle.




      Shikamaru se sentait totalement perdu. Cela faisait maintenant une demi-journée que ses trois amis étaient partis, probablement vers une mort certaine, et il ne savait pas ce qu'il devait faire. Ses pensées étaient envahies de désespoir et de honte. Il ne pouvait plus dormir, car chaque fois qu'il fermait les yeux, il revoyait la terrible image de Kuro et de ses trois horribles démons. Qui suis-je ? Que suis-je ?

      Toute vivacité semblait l'avoir quitté. Il ne voulait absolument rien faire, craignant de commettre l'irréparable. Après tout, c'est à cause de moi que Kuro a été libéré. Si je n'avais pas été là, personne d'autre n'aurait pu éteindre ces flammes. Je suis le seul responsable de cette tragédie... Je ne veux pas en causer une autre. Peut-être... peut-être faudrait-il vraiment que je meure maintenant.

      Il sortit alors l'un des kunais qu'il transportait dans son sac. Alors qu'il observait la lame sous la lumière de la seule bougie qu'il avait allumé dans cette sombre pièce, il pensa à tout ce qu'il avait accompli le long de sa vie. Ou du moins le peu que j'ai accompli. Je n'ai pas été très utile à mes amis. Lors de l'attaque de Konoha, je n'ai put que me cacher derrière mon sensei. Et lorsqu'on m'a enfin attribué une mission en tant que chunin, celle-ci n'a servit à rien, et a même faillit coûter la vie à toute mon équipe. Je suis... je suis un poids pour les autres. Ils n'ont pas besoin de moi.   

       Chaque seconde qui s'écoulait augmentait la détermination du jeune ninja à écourter sa vie. Au bout d'une minute de sombres réflexions, il posa la pointe du kunai contre sa gorge. Mais c'est alors que la porte de la pièce fut entrebâillée, comme si on la poussait timidement. Derrière, la voix de Sakura demanda d'un ton faussement calme :

            -  Shikamaru ? Tu es là ?

       Instinctivement, le garçon rangea rapidement l'arme dans son sac avant de répondre :

            -  Oui. Qu'est-ce qu'il y a ?

            -  Viens voir.

       Shikamaru se leva et passa dans l'autre pièce, qui était la salle principale de cette partie des appartements. Tous les membres de l'équipe de Neji était là, ainsi que Hoshigo qui avait amené avec lui deux autres jeunes ninjas : Temari et Kankouro, du Village caché du Sable.

par Jack-115 publié dans : Naruto et la Main de l'Ombre
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Mercredi 3 septembre 2008

CHAPITRE ONZE : RAMIEL



8h36, mercredi 28 novembre 2020/ section stratégique du Géofront de la Nerv, Tokyo-3, Japon.


       Le Géofront était en effervescence. Partout le personnel de la Nerv s'agitait en tout sens et s'affairait à préparer l'énorme combat qui allait avoir lieu, tels une armée de fourmis dont chaque individu oeuvrait à sa tâche particulière, compréhensible uniquement en observant l'ensemble. Des centaines de techniciens vérifiaient le bon fonctionnement des systèmes pendant que d'innombrables ouvriers de bas étages engageaient les procédures relatives à l'état d'alerte et aux préparatifs d'activation des Evangélions. Et au centre du Géofront, dans le secteur de gestion stratégique que l'on nommait Central Dogma, Shinji et Rei pouvaient observer les plus hauts responsables et officiers opérateurs de la Nerv occupés à communiquer avec les différents services pour donner une vision d'ensemble de la situation.

        Les deux pilotes se trouvaient sur la plus haute plate-forme du Central Dogma. Celui-ci était composé de trois niveaux différents, avec au plus bas une sorte de super-ordinateur que le personnel de la Nerv nommait le MAGI Système. Au niveau intermédiaire étaient installé plusieurs postes d'opérateurs qui analysaient en permanence les données en permanence et les transmettaient aux officiers situés sur le niveau supérieur. A vrai dire, les seuls personne qui se trouvaient sur ce troisième niveau avec Rei et Shinji étaient le major Katsuragi Misato, le Docteur Akagi Ritsuko, le commandant Ikari Gendô, et le commandant en second Kozo Fuyutsuki. Ce dernier était un vieil homme très discret, au visage sec et froid, qui ne parlait que très rarement et se tenait toujours en retrait derrière Gendô.

          La plus grande partie de l'espace du Central Dogma était cependant utilisé pour le gigantesque dispositif holographique qui servait à afficher toutes sortes d'information, et principalement une grande carte tactique de la zone autour de Tokyo-3. Alors que Shinji observait cette carte pour éviter que son regard soit attiré vers Rei, qui restait impassible, Misato s'avança vers les deux pilotes :

            -   Le quatrième Ange est apparu. Il survole actuellement le lac Ashino, et arrivera au-dessus de nous d'ici 17 minutes. 

            -    Quels sont les ordres, major ? demanda très simplement la First Child.

            -    Rei, tu piloteras l'Eva-01 et engagera l'ennemi de front.

            -    Et moi ? demanda timidement Shinji.

            -    Tu n'est pas assez entraîné pour effectuer un autre combat. La dernière fois, nous n'avions pas le choix, mais aujourd'hui, Rei est de nouveau capable de piloter. Et même si son Eva-00 n'est pas encore activée, elle peut toujours utiliser le modèle 01. Cela te convient ?

        Le garçon ne savait pas trop comment réagir. D'un côté il était heureux de ne pas avoir à combattre une nouvelle fois et d'éviter ainsi de souffrir à nouveau, mais d'autre part, il se sentait coupable de ne pas pouvoir aider Rei et de la laisser seule face à l'Ange. Je ne suis pas encore assez fort. Mais elle peut s'en sortir, je... je le crois.

            -  Bon, fit Misato en voyant que Shinji acceptait la situation. Rei, enfile ta Plug Suit et rejoins la cage de lancement numéro cinq.

            -  Bien, fit la jeune fille. Adieu.

        Sur ces mots, Rei quitta le Central Dogma par l'un des ascenseurs menant au secteur des cages, et personne ne l'accompagna. Shinji était stupéfait par la façon dont elle obéissait à n'importe quel ordre qu'on lui donnait, et le peu d'importance qu'elle semblait attacher à la vie. Lentement, il tenta de questionner Misato :

            -   Pourquoi...

            -   Pourquoi elle agit comme cela ? comprit le major.

            -   Oui.

            -   Et bien, pour faire simple, on peut dire que Rei n'est pas très douée.

            -   Douée pour quoi ?

            -   Pour vivre.

       Shinji fut profondément attristé par ces paroles. Jusque là, il pensait seulement que Rei était quelqu'un de renfermé et souhaitant s'isoler des autres, mais apparemment le problème était beaucoup plus profond que ça. Quelle vie peut amener une aussi belle fille à devenir ainsi ? Par quoi est-elle donc passé ? Que lui a-t-on fait subir ? ... Et pourquoi ai-je l'impression que mon père est lié à tout ceci ?

        Et le garçon ne pouvait que rester là, immobile, à observer la First Child prendre place dans la Plug Entery de l'Eva-01 dont les yeux s'illuminèrent quelques instants plus tard. Les cages de lancement étaient toutes reliées au réseau d'acheminement qui permettait d'envoyer les Evas n'importe où dans le secteur de Tokyo-3. Sur l'affichage holographique, Shinji put voir les images transmises par les appareils de surveillance des Nations Unies, et qui surveillaient l'Ange de loin.

          Ramiel, le quatrième Ange, l'Ange de la Foudre, était un assemblement de deux énormes pyramides à base cubique, mise l'une contre l'autre, avec entre elles un mince espace où brillait un cœur rouge à l'éclat extrêmement vif. La surface des pyramides était d'un bleu ciel métallique qui reflétait la lumière du soleil, ainsi que l'image des nuages et des terrains qu'il survolait. Il était effrayant, non pas parce que sa forme soit monstrueuse ou repoussante, mais parce qu'elle n'avait absolument rien d'un être vivant. Et tandis que Ramiel flottait lentement en direction de Tokyo-3, Misato sélectionna une route menant au beau milieu de la ville, afin que Rei puisse profiter des nombreux abris qu'offrait les bâtiments-boucliers.

        Lorsque l'Ange fut à peine à un kilomètre de la ville, le major ordonna le lancement de l'Eva, qui fut alors propulsé le long du rail vertical en direction de son objectif. Mais alors que l'Eva-01 était en train de monter vers la surface, le centre rougeoyant de Ramiel se mit à émettre une lumière blanche intense.

            -  Flux d'énergie au cœur de la cible ! annonça l'un des opérateurs. Il va faire feu !

            -  Il a anticipé ! s'écria Misato. Rei ! Evite-le !

        Malheureusement, la jeune fille ne pouvait absolument rien faire. Un rayon aveuglant jaillit de Ramiel et traversa une dizaine de bâtiments pour venir frapper l'endroit précis où l'Eva 01 était acheminé. Celle-ci fut frappée de plein fouet sans que Rei n'ai le temps de se désengager du rail qui l'avait menée jusque là.

         Shinji entendit soudain la First Child hurler de douleur, plus puissamment qu'il ne l'aurait jamais cru capable. La liaison audio avec l'Eva transmettait au Central Dogma les cris aveugles de son pilote, exprimant une souffrance au-delà de toute imagination. C'était la première fois depuis qu'il la connaissait que Shinji percevait une sensation humaine dans la voix de Rei, et c'était de la douleur. Le garçon ferma les yeux et mit ses mains sur ses oreilles, mais les cris étaient trop forts.  Assez ! ASSEZ ! Sauvez-la je vous en supplie !

            -   Récupérez l'Eva-01 par tous les moyens ! ordonna subitement Gendô.

- Bien compris, fit Misato avant de se tourner vers les opérateurs. Forcez la récupération de tout le block ! Ignition des boulons explosifs !

       Aussitôt, d'innombrables charges de démolition furent activées, et tous les systèmes mécaniques qui maintenaient le secteur où se trouvait l'Eva-01 au-dessus du Géofront disparurent. Le block s'effondra alors, chutant le long des rails qui le connectaient aux autres block avant de s'arrêter un kilomètre plus bas, sauvant Rei de la foudre de Ramiel. Le rayon de celui-ci chercha à la suivre mais trouva tout de même ses limites face à la profondeur où se trouvait sa cible.

            -    Etat du pilote ? demanda Gendô avec un soupçon d'inquiétude.

            -   Anomalies dans les ondes cérébrales ! Rythme cardiaque ralenti !

            -   Expulsez la Plug et placez-la en section médicale d'urgence. Fuyutuki, je vous laisse le commandement des opérations.

            -    Bien, Ikari.

        Gendô se leva alors de son siège et se dirigea vers son ascenseur privé, accompagné du docteur Ritsuko. Shinji se demanda pourquoi son père portait tant d'intérêt à Rei alors qu'il n'en témoignait aucun pour lui. Pourquoi compte-t-elle plus pour lui ? Que représente-t-elle pour lui ? Qui est-elle ?




        Rei s'éveilla dans une chambre d'hospitalisation du secteur médical. La première chose qu'elle vit fut l'énorme néon rectangulaire accroché au plafond, qui diffusait une lumière uniforme et relativement faible pour sa taille. Puis elle fut consciente que son existence continuait. Encore en vie.

        Aucun bandage ou pansement ne lui avait été appliqué. Les dommages qu'elle avait ressentis étaient dû à son lien psychique avec l'Eva, et étaient donc principalement des dommages nerveux, sans implication physique directe. A côté du lit où elle était étendue se trouvait le commandant Gendô et Ritsuko. 

            -  Elle reprend connaissance, remarqua le docteur. Son état est meilleur que je ne le pensais.

            -  Elle est réellement le meilleur élément que nous ayons obtenu. Ses capacités de récupérations sont incroyables.

            -  C'est l'une des raisons pour laquelle nous l'avons choisie parmi tous les autres résultats. Elle est également celle dont le taux de synchronisation avec les modèles 00 et 01 sont les plus stables. Mais d'autre caractéristiques peuvent apparaîtrent, demain ou dans des années. Nous ne savons pas exactement quel sera le résultat final du traitement, mais pour le moment ce modèle semble satisfaisant.

            -   Dans le pire des cas, fit Gendô, nous pourrons toujours la remplacer.

       Rei ne se souciait pas de ce que voulait dire ces paroles. Je n'existe que pour piloter. Je n'ai que ça. Je dois continuer, et obéir au commandant pour lui montrer que je suis utile. Peut importe ce qu'il décidera, je sais que ce sera toujours pour une bonne raison. Et si je dois disparaître... personne ne se souviendra de moi.

            -   A propos, fit soudain Ritsuko. J'ai appris que la deuxième filiale nous envoyait la Fourth Child. Elle arrivera par avion d'ici deux jours.

            -  La Seele nous envoie un pilote dont l'Eva n'est même pas achevée au niveau de la construction ? s'étonna le commandant.

            -    D'après eux, cela améliorerait son efficacité lorsque le modèle 03 sera terminé.

            -    Et qu'en est-il du Second Child et de l'Eva-02 ?

            -  Elles seront acheminées par voie marine depuis la troisième filiale d'ici une semaine.

            -   Très bien. Nous devons mettre toutes les chances de notre côté pour vaincre les Anges.

            -    Mais en attendant, nous devons faire avec les moyens à notre disposition.

       Gendô acquiesça lentement. Puis il se tourna vers la jeune fille qui était allongée dans le lit, et posa cette question qu'il avait toujours l'habitude de dire :

            -    Rei ! Est-ce que tu peux piloter ?

            -    Oui commandant.

      Et sans songer à la fatigue mentale qui la ravageait, Rei écarta les couvertures et se leva.

par Jack-115 publié dans : Evangélion : Children
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