
Nom : Comeau-Montasse
Prénom : Thibault
Âge: 24 ans
Job: technicien chez Assystem à Pierrelatte (en cours de formation)
Localisation: Montélimar, Drôme, Rhône-Alpes, France, Planète Terre, réalité n°246820 de la simulation créatrice
Passions: musique, jeux vidéos, warhammer, et bien sûr, écriture
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CHAPITRE VINGT-ET-UN : AU CREPUSCULE DE LA DESTRUCTION
2342 heures, 18 septembre 2552 (calendrier militaire) / niveaux intermédiaires du centre de contrôle de l’installation 03.
Quelque chose avait changé, Fred pouvait clairement le sentir. L’éclairage de la structure avait soudain baissé en intensité, bien que de façon assez subtile, et les vrombissements des mécanismes complexes enfermés derrière les murs avaient diminué tandis que des vibrations régulières et lointaines étaient de plus en plus perceptibles par ses sens ultra-développés de spartan-II. Anton-044 qui, en tant que meilleur éclaireur du programme, menait l’avant du petit groupe, devait certainement l’avoir ressentit, de même que l’étrange sixième sens de Kurt-051 qui leur avait souvent évité de nombreuses embuscades et autres expériences très désagréables.
En dehors d’eux et de Fred, le groupe d’assaut de la salle de contrôle n’était plus composé que de Kelly, Franck, l’inquisiteur sangheili Dalkos, et les deux spartans-II Grace-093 et Li-008. Huit soldats contre la garde rapprochée du commandeur Urda et un nombre indéterminé d’autres troupes d’élite. C’est le propre des spartans d’aller contre les statistiques, pensa Fred, mais là il faut avouer qu’on y va un peu fort. On a déjà de la chance d’avoir survécu à l’embuscade du portail.
Le fait de penser à tous ces fiers combattants SIS qui avaient ainsi donné leurs vies pour le protéger lui et le reste de l’équipe noua son estomac. Il ne devait plus penser au passé. Sur le champ de bataille, seul l’instant présent importait. Réfléchir au futur apportait la peur qui faisait prendre de mauvaises décisions, et ressasser le passer ne faisait que perdre du temps. Et les spartans ne pouvaient pas se permettre de laisser s’échapper une seule seconde. A tout moment, cette installation pouvait activer la terrible arme qui balayerait toute forme de vie dans la galaxie, à la seule exception des sangheilis…
- Contact à l’arrière ! cria Grace.
Fred se baissa instinctivement. L’instant suivant, une énorme boule de plasma verte aveuglante passa là où se tenait sa tête, déformant un instant l’image en face de lui lorsque l’air surchauffé modifia la trajectoire des rayons lumineux, avant d’aller s’écraser contre l’un des murs proches. La puissance de feu énergétique explosa contre la surface qui, en dehors de la trace noire provoquée par la chaleur, ne montra strictement aucun signe d’altération.. Fred et le reste du groupe se retourna en un instant pour voir un large groupe de combat mixtes covenant s’approcher de leur position. Deux immenses chasseurs lekgolos se trouvaient à l’avant, et le canon de l’un d’eux rougeoyait encore sous l’effet de la chaleur du tir concentré qu’il venait de relâcher.
Immédiatement, les spartans et Dalkos se mirent à couvert. Qui que soit ceux qui avaient bâti cet endroit, ils avaient un goût prononcé pour les irrégularités et les aspérités dans les murs, une chose très appréciable pour se protéger d’armes à barreaux de combustion, d’autant plus lorsque ces derniers étaient maniés par des colosses en armure lourde et passablement énervés. Depuis son couvert, Fred ordonna rapidement :
- Li ! Kurt ! Faites le ménage !
Li et Kurt avaient été chargés de porter les armes lourde du groupe d’assaut après la mort des SIS : deux lance-missiles Jackhammer pesants et redoutables surnommés les « décapsuleurs » par les marines, en raison de leur grande capacité anti-char. Les béhémoths d’aciers qu’ils prirent pour cibles pouvaient être facilement considérés comme des tanks sur patte et, l’un après l’autre, ils lâchèrent un unique missile en visant le sol un peu derrière chacun des deux chasseurs. La puissance de destruction des ogives réduisit en pulpe les dos des géants hérissés de pics qui s’effondrèrent l’un après l’autre dans un bruit lourd de métal semblable à celui d’une caisse de matériel renforcée renversée par un engin de manutention maladroit. Plusieurs autres ennemis se croyant à l’abris derrière les chasseurs furent également déchiquetés par les explosions, répandant leurs fluides corporels sur toute la largueur du couloir dans un mélange de couleurs vives. Le tableau général ressemblait à de l’art moderne.
Mais lorsque la fumée se dissipa, ce fut pour laisser apparaître des dizaines de grognards et de rapaces envoyés au carnage par des élites postés en arrière sur des positions retranchées. Les jappements reconnaissables des petits aliens suceurs de méthane emplirent le couloir alors qu’ils fonçaient aveuglément vers leurs ennemis, la plupart d’entre eux sans même penser à décharger leurs armes pour les forcer à rester à couvert. Les armes automatiques des spartans et le fusil à plasma de Dalkos fauchèrent la première vague jusqu’à rencontrer la résistance agaçante d’une ligne de boucliers énergétique tenus fermement par des rapaces en posture défensive. Deux grenades à fragmentation roulèrent aux pieds de la formation des oiseaux humanoïdes qui, l’instant suivant, fut dispersée aux quatre coins du couloir dans un bouquet de lumière, de morceaux d’armure et de matière corporelle vivement colorée.
Alors que d’autres vagues ennemies avançaient devant le petit groupe, Kurt activa son communicateur et le régla sur la fréquence d’escouade :
- Fred ! On a plus de temps à perdre pour jouer avec ceux-là ! Pars devant avec Kelly et deux autres, on va les retenir ici à quatre.
- Tu es sûr que vous serez assez ?
- Fais-moi confiance.
Fred savait que le temps leur manquait et qu’avec de telles forces ennemies sur leurs talons, ils ne pourraient jamais avancer assez vite jusqu’à leur objectif. Et de toute façon, même s’ils y arriveraient à temps, ce serait pour se retrouver pris en tenailles dans un espace clos et donc être massacrés en un rien de temps. La proposition de Kurt était la plus sensée : cette position était facilement défendable, et la relative étroitesse de ce couloir annulait l’avantage numérique des covenants. S’ils les retenaient suffisamment longtemps, le reste de l’équipe pouvait encore avoir une chance en affrontant Urda et sa garde rapprochée.
- D’accord, finit-il par dire. Kurt, Li, Anton et Franck, vous restez ici pour les contenir. Kelly, Grace, et vous Dalkos, vous venez avec moi.
- Franck vient avec nous ! contesta vivement Kelly tout en lâchant une salve de balles avec son pistolet.
- Mais il n’est pas spartan !
- J’emmène Franck avec moi de toute manière. Alors soit tu laisses Grace ici, soit ils se retrouveront à trois pour défendre cette zone.
Fred n’avait pas vraiment le choix : lorsque Kelly avait une idée en tête, elle s’y tenait avec la fermeté d’une poigne d’élite covenant. Il fut donc contraint de se plier à son exigence :
- Très bien. Grace, tu restes ici. Kurt ! Tu es en charge de cette zone.
Deux lumières vertes s’affichèrent l’une après l’autre sur le bord du HUD de Fred lorsque Grace puis Kurt confirmèrent leurs ordres. Sans dire quoi que ce soit d’autre, Fred emmena son groupe vers leur objectif, guidé par 049 Shamefull Anomaly qui flottait dans les airs sans se soucier un seul instant du combat. De temps en temps une décharge de plasma atteignait la sphère métallique de l’IA, mais un bouclier énergétique doré stoppait le tir aussitôt.
Personne ne regarda en arrière.
Salle de contrôle de l’installation 03.
- Pourquoi cela prend-t-il autant de temps ? vociféra Urda.
- Les mécanismes de cette installations sont d’une complexité défiant votre imagination, répondit tranquillement le régulateur Caution Eclips par télépathie. Ne cherchez pas à accélérer des phénomènes que vous n’êtes pas capables de comprendre.
Le commandeur bouillonna intérieurement devant l’arrogance de l’IA forerunner, mais retint sa colère de justesse. Ce n’était pas le moment de perdre les bonnes grâces des régulateurs, et surtout de celui-ci qui pouvait à tout moment classer son espèce parmi celles qui seraient anéanties par l’arme des forerunners. L’objet issu de la fusion des deux régulateurs et de l’index de Halo flottait au milieu de la salle de contrôle sur les murs de laquelle des milliers de lignes écrites dans la langue sacrée des forerunners défilaient trop rapidement pour être traduites convenablement. Urda n’avait aucune idée de comment il faisait pour commander Halo sans être connecté physiquement à quoi que ce soit qui puisse ressembler à un panneau de commande ou tout objet similaire. Caution Eclips lui avait brièvement parlé de « contournement de protocoles de sécurité » et de « simulation du code de Dépositaire », mais ces paroles n’avaient que très peu de sens pour le stratège sangheili qui finit par lâcher nerveusement :
- Activez cet anneau, régulateur. C’est tout ce que je vous demande.
Derrière Urda se trouvaient son commandant en second Erko ainsi que cinq de ses Premières Lames, sa garde d’honneur personnelle. Cinq autre de ces puissants guerriers surveillaient l’unique accès menant à cette salle, de façon à empêcher les humains de perturber le processus d’activation. Il y a quelques segments de cela, des troupes de défense menées par la troisième lance de la 5ème division avaient annoncé avoir engagé le combat avec les survivants du groupe qui avait passé le portail. Il n’y avait donc aucune raison de s’inquiéter… mais l’impatience du commandeur était en train de puiser sur ses toutes dernières réserves.
Soudain, le communicateur d’Erko grésilla l’espace d’un instant, comme si quelqu’un avait ouvert une liaison radio juste avant qu’elle ne soit coupée. Se réglant sur la fréquence des Première Lames, il chercha à contacter le groupe qui protégeait l’accès… mais l’ouverture de l’énorme double porte menant à la salle de contrôle lui montra que c’était inutile.
Les corps des cinq guerriers d’élite sangheilis gisaient sur le sol de l’autre côté de la porte. Deux d’entre eux présentaient des plaies béantes au niveau de la gorge tandis que les trois autres avaient été criblés de projectiles à la fois énergétiques et balistiques. Un soldat humain en armure noire complète essuyait la lame métallique d’un couteau de combat tandis que deux Démons et l’inquisiteur Dalkos le rejoignaient.
L’un des Démons passa sa main sur l’épaule du soldat en armure noire alors qu’il passait à côté de lui et Erko pu l’entendre dire :
- Beau boulot, Franck.
Bien qu’il n’était probablement pas le meneur de ce petit groupe, le légat sangheili se mit en avant et s’adressa directement au commandeur Urda malgré la distance et les cinq Premières Lames qui les séparaient :
- Commandeur ! Au nom de Sanghelios, je vous sommes d’arrêter cette folie !
- Quelle folie ? rétorqua Urda. Serait-ce folie que d’éliminer tous les ennemis de notre peuple ? Serait-ce folie que de nous donner enfin la place que nous méritons dans cet univers ? Je ne crois pas, inquisiteur.
- Je ne suis plus inquisiteur, ni même un soldat de l’Alliance. Je ne suis désormais qu’un simple guerrier, un fils de Sanghelios, et l’un de vos frères de race.
- Et bien c’est en tant que tel que vous allez mourir aujourd’hui pour poser les fondation du règne absolu des sangheilis. Guerriers ! Tuez ce traître !
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LA SUITE
(prochainement)
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CHAPITRE QUATRE : MUSIQUE
18h24, vendredi 30 Novembre 2020/ appartement 28 du bâtiment D-63, Ville-forteresse de Tokyo-3.
EMMA Armstrong avait décidé d’organiser une grande fête dans son nouvel appartement afin de célébrer l’arrivée de Rei parmi eux. La First Child était restée inexpressive depuis qu’elle avait quitté son immeuble du secteur abandonné, n’emportant avec elle qu’un peu de linge, un sachet de médicaments et quelques objets personnels. Assise sur un futon en cuire blanc les mains posée sur ses genoux, elle semblait aussi vivante qu’une statue, insensible à la bonne humeur qu’Emma s’efforçait de disperser autour d’elle. J’ai beau tout essayer, il n’y a rien à faire. J’ai connu des centaines de cas psychologique compliqués, que ce soit durant mes études ou pendant mon travail à l’Institut Marduk, mais cette fille semble totalement en dehors des normes habituelles de la psychanalyse. Enfin… c’est déjà une bonne chose qu’elle ait accepter de venir vivre ici plutôt que de rester dans cet endroit désolé. Je préfère ne pas savoir si le fait d’habiter là-bas était son choix ou celui de quelqu’un d’autre…
De son côté, Asuka affichait encore clairement sa méfiance envers la Fourth Child, n’ayant accepté son invitation que parce que Shinji y venait et que, de ce fait, elle n’avait personne pour lui faire à manger ce soir dans son appartement. Shinji, quant à lui, était toujours aussi effacé face à la présence envahissante d’Asuka, comme s’il était compressé par l’égo surdimensionné de la Second Child dont les remarques cinglantes ne cessaient de fuser en tout sens pour rabaisser les autres. Emma avait pensé un moment à tenter un début de thérapie de groupe, mais quelques minutes d’observation lui suffirent à voir qu’elle ne connaissait pas encore suffisamment les autres pilotes pour se risquer à faire se confronter leurs personnalités.
Une chaîne stéréo diffusait une liste de musique qu’Emma avait sélectionné spécialement pour détendre l’atmosphère, mais apparemment tout le monde n’était pas aussi sensible qu’elle à l’art musical. Du moins c’est ce qui lui parût jusqu’à ce qu’un morceau en particulier attire l’attention de Shinji :
- Quelle est cette musique ? demanda-t-il entre deux histoires de vantardise d’Asuka.
- C’est Angel, de Sarah McLachan, une chanson très belle mais très triste aussi. Pourquoi est-ce qu’elle t’intéresse comme ça ?
- Je pense… que c’est la voix de cette chanteuse. Elle est si… expressive. On ressent vraiment toute la tristesse dans sa voix.
- Quelle surprise ! lâche soudain Asuka depuis le canapé où elle s’était affalée de tout son long. La seule musique qui intéresse le Third est une chanson triste. T’es vraiment irrécupérable.
Shinji se tourna aussitôt vers la jeune fille comme pour répliquer mais hésita… et soudain les portables de tous les pilotes se mirent soudain à biper. Emma saisit le sien et vit s’afficher sur l’écran le message « Alerte maximale ! Tous les pilotes doivent rejoindre le Geofront immédiatement ! ». Oh non… et dire que mon Eva n’est pas encore arrivée. A quoi vais-je bien pouvoir servir ?
Quelques instants plus tard, les sirène d’alarme de Tokyo-3 se mirent à hurler…
ASUKA sentait l’excitation du combat l’envahir au fur et à mesure qu’elle se préparait à piloter. Après avoir enfilée sa plug suit et pris place dans l’entery plug de son Eva, elle activa les systèmes de communication pour établir la liaison avec le Central Dogma d’où Misato allait briefer les pilotes sur leur mission. Dites-moi juste où se trouve l’Ange, et je vous le détruit en moins de deux. Je n’ai pas besoin des deux autres boulets. Heureusement que je suis chef d’équipe, comme ça je pourrais leur ordonner de rester en arrière pour ne pas me gêner.
Un écran holographique affichant le visage sérieux du major Katsuragi apparut soudainement devant Asuka et celle-ci attendit avec impatience de recevoir ses ordres.
- L’Ange a été détecté à huit kilomètres de la côté au Sud-Sud-Est du QG. Votre objectif est de l’intercepter sur le rivage de la baie de Suruga avant qu’il n’ait le temps de s’approcher de la ville. Je laisse le capitaine Langley décider de la stratégie d’attaque une fois que vous serez sur place.
- A vos ordres, répondit la Second Child. Vous ne serez pas déçus.
Les trois Evas furent catapultés à travers le réseau de tunnels reliant les cages de chargement à la surface, émergeant à trois kilomètres à peine de la plage, ou plutôt de ce qu’on pouvait qualifier de plage. Lors du Second Impact, le niveau des eaux était monté de plusieurs dizaines de mètres suite à la fonte des glaces du pôle sud, et de nombreuses villes avaient alors été englouties par la mer. L’une des anciennes agglomérations du Japon se trouvait devant les pilotes, ses bâtiments en ruines pour la plupart à moitié immergés au milieu des vagues qui se jetaient sur le récif de béton, comme pour essayer d’avaler encore un peu plus de terrain. Alors qu’ils approchaient de cet endroit probablement encore plus désolé que le secteur abandonné, les pilotes aperçurent au loin de curieux remous à la surface de l’océan, annonçant l’approche de l’Ange. Lorsque ces remous arrivèrent à une centaine de mètres du rivage, leur ennemi leur apparut progressivement en sortant lentement de l’eau.
Israfael, le 6ème ange de la Musique, possédait une forme bipède aux membres ne présentant aucune articulation, formés en arcs de cercles, et se terminant par trois longs doigts pointus sans ongle ni griffe. Sa peau grise renvoyait un reflet étrange comme si elle était faite d’argile, et la seule chose que l’on pouvait identifier comme étant sa tête était une curieuse sphère rouge et bleu ayant la forme du yin et du yang. Il n’a pas l’air particulièrement dangereux. Au moins sa Koa et très exposé, contrairement au dernier que j’ai affronté. Cette fois-ci, cela va être du gâteau…
- Shinji ! Rei ! Restez en arrière et couvrez-moi.
Sur ces mots, Asuka fit sortir l’un des deux couteaux progressifs qui étaient rangés dans les épaules de son Eva-02, puis se dirigea droit sur l’Ange. Derrière elle, les deux autres pilotes partirent chacun sur un flanc différent pour avoir une ligne de tir dégagée sur l’ennemi et ouvrirent le feu. Les impacts des obus de calibre 220mm qui équipaient leurs immenses fusils d’assaut créèrent rapidement un écran de fumée qui permit à Asuka d’être dissimulée aux yeux de l’Ange, ou du moins elle l’espérait. D’un bond acrobatique parfaitement exécuté, elle se retrouva dans le dos de son adversaire et utilisa le poids de son Eva pour porter un coup vertical alors qu’elle atterrissait. Sa lame découpa l’Ange comme s’il n’était qu’une grosse baleine sans défense, et il se retrouva coupé en deux morceaux symétriques de la tête jusqu’à la taille.
- Le spectacle est terminé, fit Asuka en rangeant son arme. On rentre.
EMMA avait été impressionné par l’adresse de la Second Child. Assistant au combat depuis le Central Dogma où un écran holographique géant affichait les vues de plusieurs caméras de drones survolant la zone du combat, elle commençait à se demander si son aide était vraiment nécessaire après tout. Je n’ai eu accès qu’à quelques brides d’informations concernant les affrontements précédents contre les anges, mais je pense pouvoir avancer sans trop me tromper que celui-ci était le plus court qu’il y ait eu jusqu’à présent. D’un autre côté, trois Eva contre un seul adversaire, et avec la stratégie et l’habilité du capitaine Angley, c’était couru d’avance.
Mais soudain, alors que les Evas se redirigeaient vers l’accès souterrain du Geofront, les caméras montrèrent le corps fendu de l’ange en train de tressaillir violemment.
- Attention ! fit Misato à l’adresse des pilotes. Il se passe quelque chose avec l’ange !
Les trois pilotes firent aussitôt volte-face en pointant leurs armes sur leur adversaire agonisant, à l’exception d’Asuka qui sortit cette fois-ci ses deux couteaux progressifs en prenant une pose de combat défensive. Ils virent alors avec horreur l’ange se relever, puis finir de séparer les deux moitiés qu’Asuka avait commencé à découper, formant deux êtres identiques au premiers à l’exception de leur couleur, qui était maintenant blanche pour l’un et brun orangé pour l’autre. Emma entendit alors la retransmission audio du juron d’Asuka :
- L’enfoiré ! Il triche !
- Ne perdez pas de temps, fit Misato. Réengagez l’ennemi et détruisez-le !
- Bien compris. Shinji, tu viens avec moi. La First, tu restes en arrière pour nous couvrir.
Ni Rei ni Shinji ne répondit, mais ils obéirent sans se poser de question. Le combat prit soudain une toute autre dimension maintenant que l’équilibre des forces avait été changé. Les mouvements des deux formes de l’ange semblaient dotés d’une sorte de télépathie qui faisait qu’ils enchaînaient leurs mouvements de façon parfaitement coordonné, tandis que Shinji et Asuka réagissaient différemment et finissaient pas se gêner mutuellement.
- Ne te mets pas dans mes pattes ! reprocha Asuka.
- Désolé… je fais ce que je peux.
- Et bien tu peux vraiment pas faire grand chose !
Mais ces remarques ne firent rien pour les aider, et subitement les deux formes ennemies frappèrent de façon parfaitement synchronisé les câbles d’alimentation ombilicaux des Evas 01 et 02, les laissant sur leurs énergies de secours. Un compte à rebours s’afficha aussitôt sur leurs écrans ainsi que sur celui du Central Dogma, faisait monter la tension dans le cœur d’Emma. Oh non… ils n’ont plus que deux minutes d’autonomie. Et moi qui ne peut rien faire d’autre que regarder… c’est tellement frustrant.
Elle se rendit soudainement compte qu’elle avait serré le poing et se maudit pour avoir aussi facilement cédé à la colère. Je dois avoir confiance en eux. Ce sont mes futurs coéquipiers. Si je n’ai pas confiance en eux, je ne mérite pas de piloter.
REI observa calmement la scène de combat qui se déroulait devant elle, lâchant quelques salves depuis sa position reculée lorsqu’elle avait une fenêtre de tir suffisamment sûre. Ses deux coéquipiers étaient en très mauvaise posture, mais elle avait reçu ses ordres : rester en arrière et les couvrir. Tant qu’elle ne recevrait pas d’autre ordre de la part du capitaine Langley ou de ses supérieurs, c’est ce qu’elle ferait.
L’indicateur de munition de son arme afficha cinq balles-obus restantes dans le chargeur. Elle demanda alors d’être réapprovisionnée, et quelques instants plus tard un avion transporteur de la Nerv largua au-dessus d’elle un nouveau chargeur qu’elle saisit au vol et engagea aussitôt. L’ange se montrait beaucoup plus agressif que durant la première phase du combat, et faisait preuve d’une adresse physique remarquable pour une créature aussi grosse. Le capitaine pense pouvoir s’en charger avant que son Eva ne tombe à court d’énergie, mais c’est impossible. La force brute ne sert à rien contre cet ennemi.
Soudain, les deux formes d’Israfael saisir chacun l’un des deux Evas qui se trouvaient à proximité d’eux et les projetèrent dans les airs où ils s’entrechoquèrent violemment dans un bruit de métal brisé, avant de retomber lourdement sur un building en ruine qu’ils aplatirent comme un rien. Leur compte à rebours indiquait trente secondes restantes. La voix de Misato se fit soudain entendre dans leurs entery plug respectives :
- A tous les pilotes, repli général ! Les forces de l’ONU prennent en charge la suite des opérations.
- Non ! s’exclama Asuka. On peut le vaincre ! Shinji, relève-toi !
- Vous n’avez plus que vingt seconde d’autonomie. Utilisez-les pour vous éloigner de la zone le plus vite possible : des torpilles N2 vont être larguées sur votre position.
- … Entendu. Pilotes, repliez-vous !
Alors qu’ils s’éloignaient à grandes enjambées de la baie de Suruga où l’ange reprenait sa lente progression vers Tokyo-3, une escadrille de bombardiers lourds de l’ONU apparurent dans le ciel et larguèrent chacun une torpille non-nucléaire sur leur cible géante. Toutes les bombes le touchèrent et l’explosion des sept ogives combinées creusèrent un cratère de quatre kilomètres de diamètre. Rei se retourna pour observer la déflagration et vit au centre de celle-ci les deux formes d’Israfael gesticuler de façon tellement synchronisée qu’on aurait dit une danse. Leur peau furent profondément brûlées par la chaleur du soleil miniature créé par les explosions, mais celui-ci ne dura pas assez longtemps pour causer autre-chose que des dommages superficiels. Shinji et le capitaine viennent de tomber à court d’énergie. Serais-je capable de stopper l’ange seule après les dégâts qu’il vient de subir ? Le commandant Ikari va-t-il me demander de me sacrifier pour protéger Lilith et éviter le Troisième Impact ?
Mais Rei n’eut pas le temps de réfléchir plus longuement à ces questions : d’un geste extrêmement lent, les deux formes d’Isfrael firent demi-tour et retournèrent dans l’océan. Il disparurent dans les eaux agités tels des héros de la mythologie marchant vers leur propre noyade, mais Rei savait parfaitement qu’ils survivraient parfaitement à cette immersion, tout comme elle savait qu’ils reviendraient.
Restait à savoir quant…
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CHAPITRE VINGT : HONNEUR ET DEVOIR
2334 heures, 18 septembre 2552 (calendrier militaire) / Salle de contrôle de l’installation 03.
Joshua, Linda et le capitaine Lifumee avancèrent lentement à l’extérieur de la structure du Seuil, faisant crisser le sable chaud à chacun de leur pas. Ils avaient placé leurs armes sur les fixations magnétiques de leurs armures, mais s’attendaient à devoir les en retirer dès le premier signe d’hostilité de la part des forces du commandant Urda. Lorsqu’ils atteignirent le sommet d’une dune se trouvant à mi-chemin entre le Seuil et les premières lignes sangheiliennes, le capitaine Lifumee leva ses deux mains ouvertes dans les airs avant de poser un poing fermé sur son cœur.
- C’est le signe des négociations dans la culture de mon peuple, expliqua-t-il aux deux spartans. S’ils répondent de la même manière, vous pouvez être certains qu’il ne s’agit pas d’un piège.
- Comment pouvez-vous en être si sûr ? demanda Joshua d’un air perplexe.
- Cela fait partie du code d’honneur de mes semblables. Seuls d’abjects hérétiques trahiraient ce code.
Joshua préféra ne pas demander ce que l’officier covenant entendait par « hérétique », mais quoi que cela puisse être, cela n’avait pas l’air très sympathique et Lifumee semblait clairement être très irritable sur le sujet, donc autant ne pas trop le pousser sur le sujet. Le spartan redirigea alors son attention sur la ligne de bataille ennemie, dont les centaines de combattants restaient impassibles à observer le petit groupe, à l’exception d’un officier en armure rouge qui se dirigea vers les lignes arrières, très probablement pour rapporter l’information à son supérieur. Quelques instants plus tard, un commandant de terrain très reconnaissable dans son armure or et noir apparut au milieu des troupes, puis effectua le même geste que Lifumee avant de s’avancer accompagné de deux autres officiers inférieurs.
En voyant approcher la délégation covenante, Linda eut la bonne idée de retirer son casque afin qu’on puisse la regarder dans les yeux, et Joshua l’imita peu après. Le commandant adverse et ses lieutenants s’arrêtèrent à dix mètres devant eux, leurs armes rangées mais également à portée de main. Lifumee, en tant que demandeur des négociations, fut le premier à parler :
- Mes frères, vous devez certainement avoir entendu comme moi le message du commandeur suprême Irul Sulamee. Nous devons immédiatement mettre de côté nos différents pour nous venger de la trahison des prophètes.
- Dans ce cas, répliqua sèchement le commandant de terrain, cessez le combat et laissez le commandant Urda activer l’anneau sacré. Je suis certain que le commandeur suprême serait ravi de savoir nos ennemis exterminé par la même puissance qu’ils vénèrent et qu’ils voulaient utiliser contre nous.
- Au contraire, le commandeur Sulamee vous tuera en duel d’honneur un par un pour avoir commis un acte d’une telle lâcheté : les prophètes et les jiralhanaes doivent subir notre colère non pas au travers des armes des forerunners, mais par la force de nos guerriers et la puissance de notre peuple. Oseriez-vous priver la race sangheili de sa plus grande guerre depuis le première Âge du Conflit ?
La détermination du commandant prit soudain un coup alors qu’il prenait en compte cet aspect de la situation. Il tenta néanmoins de se raccrocher à d’autres convictions pour se justifier, désignant du doigt les deux spartans en lâchant :
- Comment pouvez-vous dire cela alors que vous avez pactisé avec ces êtres inférieurs ? N’auraient-ils pas faussé votre jugement avec leurs pensées corrompues ? Ne souhaitent-ils pas vous obliger à mener cette nouvelle guerre contre les prophètes pour ensuite nous attaquer lorsque nous aurons été suffisamment affaiblis ?
- La guerre a toujours été le propre du peuple sangheili, et elle le restera jusqu’à notre extinction totale. Peu importe que nous devions mourir jusqu’au dernier si cela doit être en combattant pour l’honneur de notre sang. Auriez-vous oublié les enseignements de vos ancêtres, commandant ?
A nouveau, le doute envahi l’esprit de l’officier supérieur sangheili. Il baissa légèrement la tête vers le sable doré afin de réfléchir. Lorsqu’il entendit ses deux lieutenants se rapprocher de lui, il leur fit signe de rester où ils étaient afin de le laisser seul juge de cet instant pour le moins déterminant. On pouvait sentir en lui la confrontation entre l’honneur et le devoir, deux notions extrêmement importantes pour un sangheili, dirigées l’une contre l’autre dans un dilemme d’une complexité qu’il n’aurait jamais imaginé possible. Linda se demanda si c’était le moment d’intervenir pour apporter un autre point de vue au débat, mais elle réalisa qu’elle ne connaissait pas suffisamment la culture de ces guerriers pour pouvoir apporter quelque chose de constructif. Il y avait certainement des centaines de façons pour elle de faire échouer involontairement les négociations par un mot mal employé, et c’est pourquoi elle préféra rester silencieuse.
Il lui semblait clair, à présent, que c’était une affaire purement sangheilienne.
- Le commandeur suprême nous a demandé de vaincre les prophètes et les brutes, déclara calmement l’officier en armure dorée, et c’est exactement ce que nous sommes sur le point de faire en activant l’anneau sacré. Néanmoins je partage votre sentiment sur le fait que nous devons leur faire payer cette trahison non pas avec les armes des forerunners mais avec notre propre force, et leur rappeler qui sont les meilleurs guerriers de cette galaxie.
Il marqua une courte pause.
- C’est pourquoi je vais désobéir aux ordres du commandant Urda et vous aider à l’arrêter, même si cela me répugne de devoir épargner la vie de ces Démons pour un moment.
- Lorsque ce sera fait, annonça Lifumee, nous partiront ensembles pour Grande Bonté afin d’y mener notre véritable combat.
- Je vais dire à mon armée de cesser les hostilités. Je vous rejoindrai ensuite au Seuil pour que nous nous rendions ensembles à la salle de contrôle.
Sur ces mots, les deux groupes se séparèrent pour repartir chacun vers leurs armées respectives. Alors qu’il retournaient en direction du Seuil, le capitaine Lifumee glissa à Linda :
- Merci d’être restés silencieux. Je craignais que vos paroles ne l’irritent au point de l’empêcher d’entendre la voix de la raison.
- Nous ne sommes peut-être que des humains, dit-elle en remettant son casque, mais nous savons respecter les coutumes des autres peuples.
- Je pensais au contraire que vous étiez du genre à laisser vos instincts vous guider en toute chose, un peu comme ces ignobles jiralhanaes.
- Et bien… la nature humaine est très complexe, finit-elle par dire.
Le groupe arriva finalement devant les premiers remparts du Seuil, où les attendaient les escouades de combat SIS et quelques guerriers du capitaine Lifumee. Celui-ci laissa les spartans préparer la suite des opérations et préféra rassembler ses troupes pour préparer l’accueil de l’armée sangheili qui n’allait certainement pas tarder. Un nuage de poussière enveloppait d’ailleurs les dunes alentours pour annoncer que l’infanterie était en mouvement.
- Ramassez tout votre matériel de combat et préparez-vous à passer le portail, ordonna Joshua. Je veux que les escouades soient opérationnelles d’ici quatre-vingt-dix secondes. Laissez les installations défensives ici et préparez les blessés à une relocalisation.
Il fallut moins d’une minute pour que les forces humaines soient prêtes à la suite des opérations. L’armée covenante arriva telle la marée haute sur les plages de Jericho VII, recouvrant les dunes alentours par des milliers de guerriers de toutes races qui grognaient, piaillaient et vérifiaient leurs armes dans l’attente de l’ordre d’assaut. Lorsque certains d’entre eux regardaient les corps de leurs semblables éparpillés dans le sable suite à la bataille contre les humains, ils se demandèrent ce qui avait bien pu se passer pour que ces derniers deviennent aussi subitement leurs alliers. Mais personne n’osa ouvrire le feu sur les Démons, les sangheilis suivant les ordres de leurs officiers, et les autres races de combattants obéissant aux sangheilis soit par respect soit par crainte.
Alors que les troupes se rassemblaient dans la salle du portail, Linda se demanda ce qu’ils allaient bien pouvoir découvrir de l’autre côté et imagina rapidement le pire. Leurs compagnons étaient-ils tombés dans un piège ? Avaient-ils été capturés ou tués ? L’angoisse monta graduellement dans son esprit jusqu’à ce que, brusquement, une représentation holographique de Shamefull Anomaly apparaisse à côté du portail et annonça d’une voix calme :
- Attention. Désactivation de la grille de téléportation dans 3…2…1… désactivation.
Avant que quiconque n’ait pu atteindre le portail, la lumière de celui-ci disparut alors d’un seul coup et un bruit mécanique sourd se fit entendre dans les murs du bâtiment tandis que les vrombissements lointains de l’installation s’étouffèrent. Lifumee, qui venait d’arriver avec quelques autres officiers sangheilis, se tourna aussitôt vers la représentation holographique de l’IA forerunner :
- Qu’est-ce que cela signifie, Oracle ?!
- Je me contente de suivre les protocoles de sécurité : durant la dernière phase d’activation de l’installation, tous les systèmes secondaires doivent être désactivés pour assurer l’alimentation complète de l’armement principal.
Lifumee dirigea alors vers Linda un regard dans lequel on pouvait lire une sorte de compassion malgré ses traits aliens :
- J’ai bien peur que vos semblables ne soient désormais les seuls capables de stopper les plans d’Urda. Espérons qu’ils y parviendront, avec l’aide des forerunners.
- Ils y arriveront , répondit-elle lentement. L’échec n’a jamais été une option pour les spartans.
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CHAPITRE TROIS : ORPHELINS
12h07, vendredi 30 Novembre 2020/ appartement 27 du bâtiment D-63, Ville-forteresse de Tokyo-3.
- Alors comme ça tu es pilote ?
La question d’Asuka était imbibée d’un mépris à peine dissimulé, comme si elle pensait pouvoir être la seule fille de son âge capable de piloter une Eva. Mais Emma avait lu les rapports psychologiques de la Second Child et savait donc parfaitement qu’elle présentait un aspect égocentrique et un complexe de supériorité important, ce qui fit qu’elle ne se sentit pas offensée par cette question. Après tout si c’est comme ça qu’elle a l’habitude de communiquer avec les gens depuis si longtemps, ce n’est certainement pas moi qui vais la faire changer maintenant. Elle doit certainement avoir de très bonnes raisons de se comporter comme cela, et ses aptitudes de pilote semblent en justifier une partie, d’autant qu’elle a le grade de capitaine et qu’elle a été nommée chef d’équipe. Essayons de ménager son égo.
- En effet, répondit Emma. Malheureusement je n’ai pas encore eu l’occasion de piloter, vu que mon Eva est encore en construction à la première filiale, aux Etats-Unis. Elle devrait être achevée d’ici quelques semaines tout au plus.
- Comment as-tu été recrutée, alors ? fit Shinji depuis la cuisine de son appartement où il préparait un repas d’accueil pour la nouvelle arrivante.
- Par l’Institut Marduck, bien sûr… mais vu les expressions de vos visages, vous ne devez pas connaître cette organisation.
La petite veine sur la tempe gauche d’Asuka fit soudain son apparition, très probablement parce qu’elle se pensait privilégiée et qu’elle venait soudain de découvrir qu’on ne lui disait pas tout. Avant qu’elle ne puisse exprimer son mécontentement d’une manière ou d’une autre, Shinji intervient depuis ses casseroles pour demander :
- Qu’est-ce que c’est que cette Institut ?
- C’est la branche de la Nerv qui est chargée de trouver les pilotes d’Eva en fonction de leur profil psychologique. Je travaillais moi-même pour Marduck en tant qu’analyste avant qu’on m’identifie comme une candidate viable pour l’Eva-05.
A ce moment-là, Shinji revint de la cuisine avec ses plats : un assortiment de poisson finement préparé en sauce avec un accompagnement de riz parfumé aux fines herbes. Et en plus il sait cuisiner, pensa Emma. Est-ce qu’il se rend compte à quel point il ferait un petit-ami formidable ?
- Et on t’a envoyée ici sans expérience de pilotage ? continua le garçon en servant le repas. C’est plutôt brusque comme manœuvre.
- En fait, la première filiale espère que je pourrais suivre un entraînement au QG de la Nerv en attendant que mon Eva soit opérationnelle.
- En tant que meilleure pilote et chef d’équipe, fit aussitôt Asuka, c’est sans doute moi qu’on va désigner pour t’assister dans ton entraînement. Je te préviens, tu vas devoir travailler dur pour m’impressionner.
Emma afficha aussitôt un sourire gêné avant de dire :
- Je ne doute pas de ce dernier point, mais malheureusement on m’a désigné le Third Child Shinji Iraki comme tuteur.
La petite veine d’Asuka refit son apparition, cette fois-ci de façon encore plus marquée alors qu’elle brisait l’une de ses baguettes par le simple mouvement de crispation de ses doigts. Shinji s’empressa d’aller lui en chercher une autre comme s’il n’avait rien entendu. Comme on me l’avait dit, il est plutôt du genre renfermé et qui s’éloigne des problèmes plutôt que de les affronter. Peut-être pense-t-il que s’il fuie constamment les difficultés il n’aura jamais à souffrir, mais il faudra bien un jour qu’il réalise à quel point il fait fausse route. Peut-être que j’aurais moi-même l’occasion de le lui prouver si j’en ai l’occasion.
- Qui c’est qui t’a dit ça ? fit Asuka sans essayer de cacher son mécontentement évident.
- Une officier de la Nerv, mais je n’ai pas bien retenu son nom. Il faut dire que je n’ai pas l’habitude des noms japonais. Major… Katsorumi ?
- Katsuragi, la corrigea Shinji en revenant avec une nouvelle baguette qu’Asuka lui prit d’un geste vif sans un merci. Mais nous l’appelons plutôt Misato.
- Je vois. Alors c’est elle qui joue le rôle de substitut…
- Substitut ? fait soudain Asuka dont la curiosité fit oublier la frustration précédente.
Emma regarda en silence les deux autres pilotes l’un après l’autre comme si elle venait de réaliser qu’elle en avait trop dit.
- Un substitut maternel. Ne me dites pas que vous n’avez pas encore réalisé ça, quand même.
- Réalisé quoi ?
- Que nous avons tous perdu notre mère à chacun.
Le silence s’installa subitement dans l’appartement, personne n’osant dire quoi que ce soit, ni faire quoi que ce soit. Shinji et Asuka se regardèrent l’un l’autre et réalisèrent alors qu’ils partageaient effectivement ce trait de semi-orphelins, et apparemment Emma était dans le même cas qu’eux. Le regard du Third Child se perdit soudain dans le vide au moment où il pensa à quelque chose d’autre qui le troubla tout particulièrement. Probablement la First Child, Ayanami Rei. Bizarrement je n’ai eu aucune information sur elle, comme si on l’avait effacée des archives de l’institut, mais les rapports de combat auxquels j’ai pu accéder laissent penser qu’elle est une pilote exceptionnelle, peut-être encore meilleure que le capitaine Langley. J’ai à la fois hâte et peur de la rencontrer…
- Alors comme ça nous avons tous un point commun, fit Shinji.
- C’est la première condition pour être un candidat potentiel pour piloter un Eva : avoir perdu sa mère avant ses sept ans. Selon l’institut Marduck, cela favorise la formation d’un profil psychologique compatible avec le phénomène de synchronisation des Evas. Pour ma part, j’ai perdu ma mère pendant le Deuxième Impact.
- Moi aussi, répliquèrent de concert les deux autre pilotes avant d’afficher une mine surprise.
A nouveau, le silence s’empara de la pièce, cette fois-ci pendant un temps beaucoup plus long. Emma avait toujours essayé d’éviter de penser à sa mère biologique, mais à chaque fois qu’elle faillait à cette décision son esprit était soudain comme plongé dans un trou noir dont elle ne parvenait que rarement à s’échapper par elle-même. Shinji et Asuka étaient certainement dans le même état d’esprit.
Ce fut la pensée de la First Child qui la fit sortir de cette torpeur. Elle voulait en apprendre plus sur cette autre pilote, car après tout elles allaient devoir travailler ensembles durant une durée encore indéterminée. Qui savait combien d’anges il leur faudrait exterminer avant que ce combat ne prenne fin ? D’un air déterminé, elle se tourna vers Shinji et lui demanda :
- Pourrais-tu me conduire jusqu’à l’appartement de la First Child ?
- Euh… et bien… euh… oui, bien sûr. Mais pourquoi ?
Un sourire ravissant apparut sur le visage angélique d’Emma.
- Et bien pour la rencontrer, qu’est-ce que tu crois ? Je voudrais avoir l’occasion de la voir un peu avant qu’on soit tous rappelés au QG pour une urgence.
- D’accord. Laisse-moi juste retrouver mes clés…
12h49, vendredi 30 novembre 2020/ secteur abandonné de la ville de Tokyo-3, Japon.
Emma ne s’était pas attendu à trouver un quartier aussi délabré et en ruine que celui-ci en venant à la mythique cité-forteresse de Tokyo-3. A vrai dire, ce quartier ne faisait pas réellement partie de la ville, car il était constitué d’immeubles résidentiels de la banlieue du vieux Tokyo, cependant ces structures étaient suffisamment proches pour être considérés comme étant rattachées à Tokyo-3 en tant que « secteur abandonné ». Plus personne n’y habitait depuis vingt ans.
Plus personne sauf Rei.
- Et bien, fit Asuka depuis la banquette arrière le long de laquelle elle s’était affalée, la chouchoute du commandant a vraiment des goûts bizarres. Pas étonnant qu’elle soit devenue aussi biscornue de la tête en grandissant dans un trou pareil.
Emma était certaine que si elle tendait la main derrière elle depuis le siège passager qu’elle occupait, elle pourrait saisir la jalousie d’Asuka aussi fermement que s’il s’agissait d’un voile flottant dans le souffle de l’égo surdimensionné de la Second Child. C’est un mécanisme de défense comme un autre, après tout. Elle affiche sa supériorité partout où elle va dans le seul but de se rassurer elle-même, croyant oublier ses souffrances intérieures si elle se montre assez forte. Elle doit avoir vécu des choses bien plus dures que moi ou même Shinji… mais peut-être pas autant que Rei.
Bien qu’il fût certain qu’absolument personne d’autre ne viendrait ici, Shinji gara la voiture correctement sur un emplacement de parking le plus proche possible de l’HLM où vivait Rei. Emma vit cela comme une habitude quasi obsessionnelle de suivre les règles, non pas parce qu’il les acceptait pour leur justesse mais simplement parce qu’il ne voulait pas gêner les autres pour ne pas attirer l’attention. La Fourth Child quitta le véhicule le plus naturellement possible et observa le bâtiment en face d’elle : aucune indication, aucune marque, rien ne permettait de différencier l’appartement d’Ayanami Rei des dizaines de logements inhabités et très certainement délabrés. La porte d’entrée principale était grande ouverte, ses gonds à moitié démolis, et la quasi-totalité de sa surface métallique était attaquée par la rouille.
Shinji mena le groupe jusqu’à l’appartement n°115 qu’occupait la jeune fille et, au lieu d’utiliser la sonnette, frappa trois fois contre la porte de bois que l’humidité rendait presque aussi tendre que du carton, et qui absorba une partie du bruit que les coups auraient provoqué durant ses meilleurs jours. N’entendant pas de réponse, le garçon tourna la poignée et la porte s’ouvrit, puis il invita les deux autres pilotes à le joindre à l’intérieur.
Rei était assise sur une chaise dans la salle principale de son appartement aussi désolé que le reste de l’immeuble, vêtue de sa tenue d’écolière habituelle, le regard fixé sur la faible lueur du jour traversant les stores à moitié fermés de sa fenêtre. Elle était comme éteinte, perdue dans ses pensées au point de ne pas avoir remarqué les trois adolescents pénétrer dans son logement. Alors que ces derniers retiraient leurs chaussures, Emma ayant le bon sens d’imiter la culture japonaise, Rei s’adressa à eux de sa voix vide sans détourner son regard de la fenêtre :
- Iraki… Langley… pourquoi êtes-vous là ? Qui est avec vous ?
- C’est Emma Armstrong, la Fourth Child. Elle… elle voulait te rencontrer.
Rei tourna alors son regard vers eux d’un mouvement aussi lent qu’une tourelle de char, et ses pupilles rouges frappèrent Emma avec la force d’un obus d’artillerie alors même qu’ils ne laissaient transparaître absolument aucune émotion. Son visage était inexpressif, comme à son habitude, mais la nouvelle pilote ne s’était pas attendue à rencontrer une personne aussi insolite et attristante que celle qui était assise en face d’elle. Mais qui est-elle ? Qu’a-t-elle vécu pour devenir comme cela ? Elle n’a probablement aucun ami, aucun parent, personne pour la soutenir en-dehors de son métier de pilote, mais depuis combien de temps. A-t-elle toujours été seule ? Et d’où lui viennent ces couleurs d’yeux et de cheveux aussi étranges ? Serait-ce une nouvelle forme d’albinisme ou quelque chose de ce genre ? A-t-elle été rejetée par sa famille ?
Quoi qu’il en soit, elle doit avoir elle aussi perdu sa mère étant très jeune, sinon elle ne serait pas pilote de l’Eva-00. Est-ce qu’elle serait à la base de toutes les données psychologiques que nous utilisons à l’Institut Marduck ? Est-ce que, de la même manière que l’Eva-00 est un prototype d’Evangelion, elle serait un prototype de pilote formé par des procédés aussi atroces qu’impardonnables ? Personne ne mérite de vivre comme cela. Personne.
Emma s’avança soudain vers Rei et posa un genou devant elle alors que la First Child la suivait du regard toujours sans afficher le moindre signe d’émotion. Puis, aussi brusquement que si on avait tiré un coup de feu, Emma pris Rei dans ses bras, blottissant sa tête contre la poitrine de la jeune fille qui ne montra pas la moindre surprise devant ce geste inhabituel. Depuis le cadre de la porte, Shinji pouvait entendre Emma sangloter dans les vêtements de Rei, et des rayons de soleil lui furent soudain réfléchis lorsque des larmes apparurent sur le visage de la Fourth Child. Face à cette scène, Asuka se contenta de lâcher un long soupire d’exaspération en croisant les bras.
- Pourquoi pleures-tu ? fit Rei de sa voix neutre. Es-tu triste ou heureuse ?
- Je suis triste… pour toi. Tu es tellement… tellement… seule.
Rei ne sût pas quoi répondre à cela et le silence revint dans cet appartement au décor aussi vide que sa locataire pendant plusieurs minutes, Asuka étant retournée à la voiture pour « attendre que ces imbéciles aient fini leurs singeries ». Emma finit par trouver la force de se lever et prit les deux mains de Rei dans le sienne en plongeant son regard humide dans les pupilles rouges de la First Child pour lui dire :
- Vient habiter avec moi.
La supplication dans le regard d’Emma n’aurait laissé qu’une seule réponse possible pour n’importe quelle personne… sauf Rei. Shinji s’attendait déjà à voir cette dernière refuser, et c’est pourquoi il fut estomaqué en entendant cette voix si fragile et si faible répondre :
- D’accord.
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CHAPITRE DEUX : COHABITATION
11h00, jeudi 23 Novembre 2020/ QG de la NERV, Géofront, Ville-forteresse de Tokyo-3.
Il régnait dans la salle de réunion stratégique un silence profond dont les effets variaient selon les personnes présentes alors qu’elles attendaient l’arrivée du commandant Ikari pour le débriefing. Le major Katsuragi Misato et le docteur Ritsuko Akagi étaient adossées à deux murs opposés de la salle, perdues dans leurs pensées respectives. Assis sur un même banc au premier rang, encore vêtus de leurs combinaisons de pilotage, les trois premiers Children s’échangeaient des regards remplis d’inquiétude chez Shinji, d’agressivité chez Asuka, et d’indifférence chez Rei. Le comportement de la First Child avait d’ailleurs un don particulier pour énerver la nouvelle venue qui bouillonnait intérieurement en se rappelant le déroulement de son premier combat réel. Elle a vaincu l’Ange comme si de rien n’était, et elle n’exprime pas la moindre joie. On dirait que pour elle, flinguer des Anges c’est aussi naturel que de prendre son petit-déj le matin. Mais on dirait une poupée. Pas étonnant qu’elle soit la chouchoute du commandant Ikrari si elle fait tout ce qu’on lui demande sans discuter…
Asuka tourna alors la tête vers Shinji, qui n’avait pas osé lui dire un mot depuis son arrivée, malgré le fait qu’elle l’ait assez durement insulté lors de leur première rencontre. C’était lui qui l’avait remonté à la surface avec son Eva-01 en tirant sur le câble d’alimentation ombilicale. Il paraît qu’il a vaincu un Ange sans aucune formation… pourtant il n’a pas l’air si extraordinaire. Il a plutôt l’air d’une mauviette et d’un bon à rien, un fils à papa incompétent qui veut impressionner les gens en pilotant une Eva. Je vais lui montrer ce que c’est qu’être un vrai pilote.
Et à elle aussi…
C’est alors que le commandant Ikari Gendô entra dans la salle de réunion, suivit par le commandant en second Fuyutsuki. Ils affichaient tous deux un visage neutre qu’Asuka reconnut comme une habitude des officiers supérieurs qui avaient besoin de se détacher de toute compassion envers leurs troupes. Rapidement, le major Kasturagi vint les rejoindre mais ne prit pas la parole et se contenta d’attendre calmement en croisant les bras. Le ton du commandant était tout aussi inexpressif lorsqu’il s’adressa à Ristuko :
- Docteur Akagi, vous pouvez commencer.
Au lieu de rejoindre les officiers sur l’estrade, la scientifique se plaça juste devant les trois pilotes. Malgré les cernes sous ses yeux, elle était en pleine possession de ses moyens et parla d’une voix extrêmement posée :
- Avec l’arrivée du capitaine Langley, nous allons pouvoir lancer un nouveau programme de recherche concernant la synchronisation pilote-Eva qui nous permettra sans doute, à terme, d’améliorer vos capacités pour les combats à venir. Je vous demanderai donc à partir d’aujourd’hui de vous rendre dans le laboratoire de test n°7 tous les jeudi soirs de 20 heures à 22 heures. Nous étudierons vos liens avec vos Evas respectives afin de mieux connaître les raisons qui font que vous êtes les seuls à pouvoir les contrôler. J’attends de vous tous le plus grand sérieux dans ce programme.
« Concernant les opérations futures, étant donné que l’Eva-02 est le premier modèle de combat créé à ce jour et que le capitaine Langley est la plus gradée d’entre vous, elle sera votre chef d’équipe à partir de maintenant et sera placée en première ligne des combats. Les Evas 00 et 01, en tant que prototypes, auront pour mission de la soutenir dans la limite du possible sans la gêner. Est-ce bien compris ?
Asuka affichait ouvertement sa satisfaction sous la forme d’un sourire en coin et d’un regard pétillant d’excitation. Rei, quant à elle, était toujours aussi inexpressive et se contenta de hocher la tête en signe d’acceptation. Mais Shinji était assez troublé par ce brusque changement de situation :
- Est-ce que nous recevrons toujours nos ordres du major Katsuragi ?
- Uniquement pour le briefing avant le début d’une opération, afin d’établir la stratégie globale. Une fois sur le terrain, c’est le capitaine Langley qui vous dirigera, mais elle reste sous les ordres du major Katsuragi et du commandant Ikari qui prendront les choses en main si la situation l’exige.
- D’accord.
C’est quoi son problème à lui ? se demanda Asuka. Il devrait être content d’avoir quelqu’un de son âge qui lui donne des ordres, plutôt que d’être obligé de faire ce que lui disent les adultes. En tout cas c’est l’occasion rêvée pour moi de leur montrer de quoi je suis capable.
- Par contre, continua Ristuko, vous devez rapidement apprendre mutuellement les uns des autres pour améliorer vos compétences en vue des prochains combats. Jusqu’ici nous avons eu beaucoup de chance, mais rien ne nous dit que cela continuera. C’est pourquoi je me suis arrangée pour qu’à partir d’aujourd’hui, Asuka emménage dans l’appartement de Shinji.
- Quoi ? s’écria Asuka avec stupéfaction. Vous voulez qu’on habite ensembles ?
- C’est indispensable pour la réussite des prochaines opérations. Mieux vous vous connaîtrez, mieux vous arriverez à travailler ensembles. Shinji est celui d’entre vous deux qui a le plus d’expérience, et toi Asuka tu as appris à contrôler ton Eva à un niveau nettement supérieur au sien. Si vous parvenez à échanger vos compétences, cela augmentera considérablement les chances de réussite de vos prochaines missions ?
- Et la First ? demanda Asuka en se tournant vers Ayanami.
- Rei… n’a pas besoin de participer à cet échange. Tu as pu le constater lors du dernier combat.
Asuka baissa la tête pour tenter de dissimuler sa frustration, mais cela ne fit que trahir un peu plus ses émotions. Alors c’est ça ? Elle est à ce point privilégiée par le commandant qu’elle n’a pas à se mêler aux autres pilotes ? … Tant mieux. De toute façon je n’aurais pas supporté de vivre avec elle, alors autant l’ignorer.
Voyant que le message était plutôt bien passé, Ristuko se retourna vers le commandant pour demander :
- Souhaitez-vous ajouter quelque chose, commandant ?
- Non. Tout va bien. Vous pouvez disposer.
Sur ces mots, le commandant et Fuyutsuki quittèrent la salle aussi calmement qu’ils étaient venus. Misato emprunta une autre sortie pour rejoindre ses quartiers tandis que Ritsuko et Rei partirent également de leur côté vers une destination inconnue, laissant ainsi les deux autres pilotes d’Eva seuls pour la première fois. Asuka se demanda si elle devait à nouveau le mépriser ou essayer de s’entendre avec lui. Peut-être qu’il n’est pas totalement irrécupérable… avec un peu d’entraînement, il pourrait devenir un bon pilote, mais certainement pas aussi bon que moi. J’ai l’impression d’avoir affaire à un enfant, avec son air indécis et ce sourire gêné… même si ça le rend légèrement attirant.
Mais qu’est-ce que je dis là ? Qui voudrait d’un tel nigaud, franchement ? S’il arrive simplement à appliquer mes ordres sans faire de bêtise, ce serait déjà un succès, mais pour ce qui est des relations il a l’air aussi doué qu’une huitre asthmatique.
- Arrête de me regarder comme ça ! Finit-elle par lui dire d’un ton sec. Allez, conduit-moi chez toi en vitesse, j’ai besoin de me reposer.
Après avoir retiré leurs combinaisons, les deux pilotes récupérèrent la voiture de fonction de Shinji qui les emmena jusqu’à son appartement dans la ville-forteresse de Tokyo-3. Lorsqu’elle vit l’immeuble dans lequel vivait le garçon, Asuka ne put s’empêcher d’exprimer une certaine déception :
- C’est là que tu habites ? Franchement je pensais que les japonais entretenaient mieux leurs pilotes d’Eva…
Shinji préféra ne rien répondre, ce qui ne manqua pas d’énerver la Second Child. Est-ce qu’il est lent, froussard ou stupide ? Peut-être les trois à la fois. Et dire que je vais devoir me le coltiner tous les jours. Heureusement que j’ai terminé mes études, sinon pour sûr je me retrouvais aussi dans sa classe.
L’appartement de Shinji se trouvait au dernier étage de l’immeuble, de façon à ce qu’une navette de la Nerv puisse se poser sur le toit pour le récupérer au plus vite en cas d’urgence. Bien que ce logement soit assez spacieux, le garçon n’y avait apporté que très peu de décorations et avait laissé plusieurs pièces vides car ne sachant que faire avec. Les cartons contenant les affaires d’Asuka avaient déjà été entreposés dans ces pièces par des agents de la Nerv durant la matinée. La jeune pilote comprit alors que l’idée de les faire habiter ensembles avait été mis en place il y a bien plus longtemps qu’elle ne voulait le croire au départ. C’est alors qu’une question lui vint :
- La First habite aussi dans cet immeuble ?
- Non, répondit Shinji. Son appartement se trouve dans le quartier abandonné au sud de la vieille ville.
- Quoi ? Et elle vit toute seule dans ce trou perdu ?
- Apparemment.
- Pff… décidément je n’arriverai jamais à la comprendre, celle-là.
Soudain, le bruit caractéristique d’une navette de transport militaire se fit entendre à l’extérieur. Cela venait du toit. Rapidement, Shinji et Asuka vérifièrent leurs téléphones pour voir s’ils n’avaient pas reçu de message de la Nerv, mais ce n’était pas le cas. Qu’est-ce que ça peut bien être ?
- Montre-moi comment on accède au toit, dit Asuka d’un ton sec.
Shinji obtempéra plus par habitude que par réelle envie de se montrer serviable envers la Second Child. Le quatorzième et dernier étage de l’immeuble était simplement divisé en deux appartement séparé par un couloir avec d’un côté l’ascenseur et de l’autre un escalier menant au sommet du bâtiment. La porte menant à l’extérieur était entièrement mécanisée et ne pouvait être ouverte qu’avec un badge de la Nerv, mais alors que Shinji fouillait dans sa poche pour trouver le sien la porte s’ouvrit. Sur le fond bleu du ciel azuré de ce milieu de journée se dessinait une silhouette en uniforme et coiffée d’un béret militaire. Lorsque les yeux d’Asuka se furent adaptés au changement de luminosité, elle réalisa que la personne en face d’eux était une jeune fille d’environ son âge.
Ses yeux d’un vert rubis rayonnaient de joie, tout comme le reste de son visage que n’importe qui aurait qualifié au minimum de « très joli », et qui semblait avoir l’habitude de sourire intensément de façon permanente. Ses cheveux d’un blond magnifique étaient pour la plupart retenus à l’intérieur de son béret, mais au vu de la forme de celui-ci ils devaient être plutôt longs. Sur son uniforme, on pouvait distinguer très nettement l’emblème de l’US Air Force ainsi que les barrettes indiquant le grade de sergent-chef.
- Bonjour, dit l’inconnue avec enthousiasme. Je suis Emma Armstrong, la Fourth Child. Je viens emménager dans l’appartement d’en face.
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Illuminati, chapitre 7
Date : 30 octobre
Avancement : terminé
Evangelion Children, chapitre 2.6
Date : inconnue
Avancement : 60%
(j'ai besoin d'un bon artwork pour illustrer celui-là, sinon je ne vais pas en dormir la nuit ^^)
Halo Destiny, chapitre 22
Date : inconnue
Avancement : 15%
(dernier chapitre de cette fanfic ; il sera très probablement un peu plus long que la moyenne, lui aussi)
