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Mardi 2 septembre 2008

CHAPITRE DIX-SEPT



1837 unités de temps du 1er jour de l'Ere de la Révolte / Navette de transport Phantom en route vers Halo.


        La bataille spatiale était en train de se transformer en un véritable carnage qui, personne ne pouvait l'ignorer, allait défigurer l'Alliance à jamais. Des navettes d'abordages se croisaient par dizaines et tentaient de prendre le contrôle des croiseurs ennemis, réussissant parfois ou se contentant simplement de rendre le vaisseau inutilisable. Les boucliers de protection de dizaines de croiseurs brillaient de leur énergie bleu scintillante alors qu'ils encaissaient des tirs de torpilles plasmatiques ou de bombes ioniques lâchées par les chasseurs lourds Séraphins. Des épaves semaient leur débris de métal alors qu'ils dérivaient dans l'espace, avant d'être utilisés comme boucliers par les bâtiments de guerre encore intacts. Le massacre était partout.  

        Mais Irul ne pouvait pas s'occuper de gérer la bataille autour de Grande Bonté. Il savait que ses lieutenants étaient plus que compétents qui parviendraient parfaitement à tenir la flotte de l'Alliance en respect. Le jeune commandeur avait une autre mission bien plus urgente. C'était pourquoi il avait fait embarquer l'intégralité du groupe d'assaut de Grande Bonté dans des navette pour se rendre sur Halo, où les affrontements étaient tout aussi violents que dans l'espace. Alors qu'il approchaient de la surface de l'anneau-monde, Irul écoutait les transmissions radios. Malgré le fait que les prophètes avaient clairement anticipé la rébellion des sangheilis, les jiralhanaes n'avaient apparemment pas eut le temps de changer leurs fréquences d'émission, ni même les codes de cryptages de leurs communications.

      Apparemment, l'ennemi avait établi un solide périmètre de défense autour de la salle de contrôle de Halo, avec suffisamment de batteries anti-aériennes pour anéantir même le plus lourds des destroyers s'il s'approchait trop prêt. Afin de s'assurer que la cérémonie de l'inauguration de l'Index ne serait pas perturbée, une véritable armée avait été mobilisée dans ce secteur : trois bataillons d'infanterie et une compagnie blindée entière, sans compter quatre escadrilles qui surveillaient le ciel en permanence. Un tank lourd Scarab avait même été descendu au sol, mais pour des raisons inconnues, il n'avait pas été utilisé pour la bataille.  

       En ce qui concernait les troupes sangheilis, elles étaient loin d'être aussi importantes que celles de l'ennemi. Aucun véhicule n'avait pu être acheminé au sol jusque là, et bien que l'infanterie soit constituée presque entièrement de troupes d'élites dirigées par les anciens membres du conseil et par l'Arbiteur, elles avaient beaucoup de mal à tenir leur terrain. Il s'agissait plus de résistance que de véritable bataille pour l'instant, mais avec les renforts d'Irul, cela allait peut-être changer.

        Lorsqu'ils débarquèrent sur la longue plage où s'étaient rassemblées les forces rebelles, à un peu moins de deux kilomètres de la Salle de Contrôle, Irul et Elda cherchèrent immédiatement le quartier général. Il n'était pas difficile de reconnaître les officiers sangheilis qui avaient autrefois siégé au Grand Conseil, de par le large casque ornementé qu'ils portaient tous, et leur armure argentée plus brillante que les étoiles. Au milieu d'eux se trouvait Orna Fuslamee, qui n'avait pas souhaité retiré son armure d'Arbiteur. Cela devait être pour lui une source de motivation extrêmement puissante, qui lui donnait la force de continuait le combat contre ceux qui l'avaient dépossédé de tout.

        Quant ses yeux se tournèrent vers les deux nouveaux arrivants, il se retrouva pétrifié, et laissa tomber le rapport holographique qu'il tenait dans sa main.

            -  Elda ? C'est bien toi ?

            -  Oui père. Je suis de retour.

            -   Mais... comment ? Comment est-ce possible ?

            -   Grâce à la merveille des technologies forerunners, répondit Irul.

      Orna s'avança vers sa fille et posa sa main sur son visage, comme pour s'assurer qu'elle était bien réelle, et non le fruit de son imagination. Lorsqu'il la toucha, une larme coula le long de sa joue. Une larme de joie.

            -   Elda...

            -   Père...

       Irul ne put s'empêcher d'être ému par cet évènement magique qui se déroulait sous ses yeux, mais n'oubliait pas non plus l'urgence de la situation :

            -   Orna ! Nous avons conclu une alliance avec les humains. Ils nous ont informé que l'Index a été amené à la Salle de Contrôle par Tartarus en personne. Nous devons trouver un moyen d'y pénétrer avant qu'ils n'activent Halo !

            -   J'ai un plan, Irul. Mais sans toi, je ne pensais pas qu'on puisse le réaliser.

            -   Qu'est-ce que c'est ?

            -   Le Scarab. Si nous parvenons à en prendre le contrôle, nous pourrons l'utiliser pour percer les défenses ennemies et ouvrir une brèche vers la Salle de Contrôle.

            -   Et où se trouve-t-il ?

      L'Arbiteur ramassa alors son projecteur holographique, qui affichait une carte tactique en trois dimension de la zone tout autour de la Salle de Contrôle. Les localisations plus ou moins supposées des forces ennemies étaient indiquées, ainsi que celle des troupes sangheilis. Orna Fulsamee zooma sur une zone particulière : un petit canyon se trouvant non loin de la plage, assez à l'écart du champ de bataille principale. Une construction forerunner était encastrée dans la falaise, et juste devant elle se tenait le Scarab.

            -  C'est là que le débarquement ennemi a été effectué bien avant l'envoi des conseillers sangheilis. Ils ont choisi cette zone car elle permettait de dissimuler d'importantes forces et ainsi piéger nos officiers. Nous pensons d'ailleurs qu'une partie d'entre eux se trouve détenu à l'intérieur de ce bâtiment.

            -    Mais pourquoi l'ennemi ne l'a pas envoyé avec le reste de son armée pour défendre la Salle de Contrôle ?

            -   Lorsque les premières capsules d'atterrissage sont tombées ici, plusieurs groupes de commandos furtifs ont été envoyés dans cette zone pour tenter de libérer les conseillers prisonniers. Ils n'ont pas réussi à pénétrer le bâtiment, mais sont tout de même parvenu à modifier les codes d'activation du Scarab, ce qui fait que les jiralhanaes sont désormais incapables de l'utiliser. Par contre l'ennemi a laissé une importante force autour de l'engin, et il ne sera pas facile d'y monter. C'est pourquoi je pensais mener une petite force d'assaut discrète qui passerait par le haut de la falaise.

      Un parcours en pointillé s'afficha soudain, désignant un moyen de grimper en haut de la falaise du canyon et ainsi contourner tout le système de défense jiralhanae avant de pénétrer le bâtiment, libérer les conseillers sangheili et atteindre une plate-forme permettant de monter à bord du Scarab. Irul étudia longuement ce plan, et estima qu'avec une équipe suffisamment efficace, c'était faisable.

            -  Elda vient avec nous, dit-il tout net à l'Arbiteur.

            -  Bien sûr. J'ai déjà rassemblé une escouade de guerrier d'élite parmi les forces spéciales, et plusieurs commandos furtifs qui nous serviront d'éclaireurs.

            -   Parfait, alors dépêchons-nous de nous mettre en route.

       Le petit groupe partit donc en direction de la falaise. Alors qu'ils passaient derrière la grande plaine dégagée où se déroulait l'essentiel de la bataille, Irul put observer la détermination avec laquelle les sangheilis faisaient face à une armée trois fois supérieure en nombre. S'il y avait bien une chose dont les fils de Sangheilos pouvaient être fiers, c'était leur bravoure.

        Comme partout sur Halo, le terrain était traversé de galeries souterraines et de structures à moitié enterrée qui pouvaient mener à peu près n'importe où. Les jiralhanaes ne pouvaient pas vérifier tous les accès, et étaient également très loin de les avoir tous découverts. C'est pourquoi lorsque l'escouade sangheili arriva devant l'entrée du complexe menant à la falaise, ils ne rencontrèrent qu'une faible résistance. Les commandos furtifs avaient déjà triangulé la zone avec des brouilleurs de radios, ce qui leur donnait un petit sursis avant que les officier ennemis ne se rendent compte de ce qui arrivait. Quelques minutes plus tard, le groupe était déjà en haut de la falaise, observant leur objectif.

            -  Ils ont placé des sentinelles partout, nota Irul. Nous ne pourrons pas rester discret très longtemps.

            -   Si nous réussissons à libérer les conseillers ce sera beaucoup plus simple, fit Orna.

            -  Mais la sécurité risque d'être encore plus dense au niveau des prisons, intervint Elda. Si nous intervenons à ce niveau, nous risquons d'être submergés.

       Les trois héros réfléchirent ensemble à la meilleur stratégie à adopter. D'un côté, ils pouvaient se concentrer sur la récupération du Scarab pour ensuite aller directement à la Salle de Contrôle, et de l'autre attaquer la prison des conseillers pour augmenter leurs forces, mais également donner l'alerte. Comme à son habitude, Irul choisit une alternative :

            -   Je vais libérer les conseillers. Vous deux, allez avec le reste de l'escouade au plus près du Scarab sans vous faire remarquer. A mon signal, prenez la plate-forme d'assaut.

            -    Quel sera le signal ? demanda Elda en vérifiant son fusil.

            -    Ne t'inquiètes pas, tu ne pourras pas le rater.

       Irul partit donc de son côté, tandis que ses compagnons cherchaient un moyen d'approcher discrètement le tank quadrupède. Un long pont de métal reliait le bâtiment de la prison aux autres structures de l'anneau, à peine quelques dizaines de mètres en dessous de là où se trouvait le jeune sangheili. Celui-ci descendit avec précaution cette partie escarpée du relief, s'accrochant solidement aux morceaux de roches qui se trouvaient à portée de main, puis sauta sur le pont, qui n'était gardé que par quelques kig-yar. Ces derniers repérèrent rapidement l'intrus, mais furent également éliminé très rapidement par celui-ci, qui pénétra ensuite dans la structure forerunner aux couloirs faiblement éclairés.

        Des caisses de ravitaillement militaire étaient dispersées un peu partout, et gardées par d'innombrables ungoys dont, heureusement, la grande majorité était en train de s'adonner à leur activité favorite, à savoir la sieste. Les quelques sentinelles trouvèrent une mort peu glorieuse mais brève sous la lame du commandant, qui avança ensuite vers ce qui semblait être la zone de détention. C'était une grande salle cylindrique, d'une bonne centaine de mètres de haut, composée d'au moins quinze étages reliés par des ascenseurs gravitationnels, chacun contenant une dizaine de cellule protégées derrière des barrières énergétiques. Plusieurs des escouades hétéroclites standards de l'Alliances patrouillaient entre les étages, mais Irul n'en avait que faire, sachant qu'il avait à sa portée des troupes bien plus puissantes.

       Progressant de couver à couver, il s'avança vers la plus proche cellule, à l'intérieure de laquelle se trouvaient trois conseillers sangheilis qui le saluèrent discrètement de la tête. La barrière énergétique qui les retenait prisonniers était alimentée par trois petits modules disposés en triangles autour de la large ouverture rectangulaire qu'elle couvrait. Ils semblaient assez fragiles. Très bien, se dit-il. Au travail...

par Jack-115 publié dans : La Saga du Guerrier de la Foi
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Dimanche 31 août 2008

CHAPITRE TREIZE



1917 heures, 18 septembre 2552 (calendrier militaire) / navette Pélican en approche de la Bibliothèque, Halo.


      La Bibliothèque était impressionnante. Construite au sommet d'une montagne solitaire entourée d'une large zone de plaines enneigées, cette structure clairement basée sur une géométrie complexe mais parfaite avait une allure majestueuse. Les trois transporteurs Pélicans mobilisés par Fred approchaient en rasant le sol, utilisant les étroits passages des canyons de la zone de quarantaine pour éviter d'être détectés par la flotte en orbite. Dans leurs soutes, les membres de la Red Team et de la Raven Squad vérifiaient leur équipement, certains qu'ils auraient à s'en servir au maximum afin de récupérer l'Index avant les covenants.

       Fred et ses spartans se trouvaient dans l'appareil de tête avec Kelly lorsqu'ils débarquèrent sur l'une des plate-forme extérieures de la Bibliothèque, afin d'y établir un périmètre de sécurité à l'intérieur duquel se posèrent les Pélicans. Deux spartans et cinq SIS restèrent là pour surveiller la zone pendant que les autres, menés par Fred et Kelly, exploraient la Bibliothèque. A l'intérieur, tout était complètement démesuré, comme si l'édifice avait été conçu pour des géants, et n'était éclairé que très faiblement. Chaque salle, chaque couloir était de dimensions titanesques, où les spartans avaient du mal à progresser correctement suivant leurs tactiques habituelles.

         Au bout d'une vingtaine de minutes, la radio de Fred se mit soudain a grésiller :

            -  Chef ! disait James à travers les parasites. Les covenants sont là ! Ils ont fait atterrir plusieurs navettes sur une autre plate-forme !

            -   Vous ont-ils repéré ? demanda Fred en essayant de rester calme.

            -   Non, chef.

            -   Bien. Alors continuez de surveiller votre coin. On va essayer de faire vite.

       D'un simple signe, il ordonna à ses hommes de continuer leur route. Pendant un moment, Fred eut l'impression qu'ils étaient en train de tourner en rond, mais leurs équipements de localisation montraient clairement qu'ils n'était jamais revenus sur leur pas. Ils progressaient, sans le savoir, vers leur but.

       C'est alors que, au beau milieu du couloir dans lequel ils progressait, une série d'anneaux de lumière apparurent, obligeant les visières des spartans à réajuster leurs filtres lumineux. Cela ne dura qu'un instant, mais lorsque le phénomène disparut, un étrange objet flottait désormais dans les airs : une petite sphère de métal, d'à peine cinquante centimètres de diamètre, composées de multiples plaques superposées avec en son centre une lumière verte qui semblait former un halo autour d'elle. Kelly reconnut immédiatement ce que c'était, et fit signe aux autres spartans de ne pas ouvrir le feu :

            -   Ne tirez pas ! C'est un moniteur ! Une IA forerunner.

            -   Bonjour ! fit l'intelligence artificielle de sa voix informatique. Je suis 049 Shameful Anomaly. Je gère l'installation 03.

            -   Qu'est-ce qu'il fout ici ? demanda Fred en agitant son fusil vers la machine.

        Le moniteur flotta alors vers le chef de la Red Team, qui continua de le tenir en joue. Mais cela ne gênait pas Shameful Anomaly, qui examina le spartan sous toutes les coutures tel un drone d'analyse anti-radiation.

            -  J'ai détecté votre arrivée grâce aux capteurs de l'installation, continua l'IA, et je voulais donc entrer en contact avec vous. De plus, d'après les rapports envoyés par les autres installations, il semblerait que nous soyons dans une phase d'intense activité de votre part.

            -   Comment cela ?

            -   Le moniteur de l'Installation 05 vient de me rapporter la présence d'un Dépositaire portant une armure de classe 2 identique aux votre. Il avait une IA avec lui.

         Soudain, tous les spartans poussèrent un cri d'exclamation plus puissant que si on leur avait annoncé que l'Humanité avait été éradiquée. Une seule personne pouvait correspondre à la description de l'IA forerunner. Kelly fut la première à lâcher son nom :

            -   John ! Il est... il est toujours vivant ?

            -  Affirmatif. Ses signes vitaux sont normaux, malgré ses nombreux affrontements avec l'autre race qui se trouve sur cette installation.

            -   Il est sur un autre Halo, comprit Kelly, mais les covenants sont là-bas aussi.

        Mais aucun spartan n'avait peur pour John. Quel que soit la situation, il s'en était toujours sorti victorieux. De plus, Cortana était avec lui. Et s'il portait lui aussi une armure MJORNIR Mark VI, cela signifiait qu'il était retourné dans l'espace sécurisé du CSNU. Peut importe la façon dont il s'était retrouvé ensuite sur un autre Halo, tous savaient qu'il gagnerait sa bataille.

            -  Nous sommes venus récupérer l'Index, annonça Kelly.

            -  Oh ! Très bonne initiative, répliqua Shameful Anomaly. Si une infection venait à se présenter, nous pourrions ainsi réagir le plus vite possible. Par ici, suivez-moi !

       Le moniteur s'éloigna alors à bonne allure, forçant les spartans à courir derrière lui. Les humains s'efforcèrent de continuer à vérifier toutes les lignes de tirs, dans l'éventualité où les covenants leur tomberaient dessus. L'IA forerunner traversait salles après salles sans s'arrêter, en fredonnant un air à peine harmonieux de sa voix artificielle. Et alors qu'ils avançaient ainsi, Kelly ne put s'empêcher de questionner le moniteur :

            -   Anomaly ! A quoi servent les Régulateurs ?

            -   Les Régulateurs ont été conçus en même temps que les installations. Ce sont deux intelligences artificielles qui ont pour but de sélectionner les espèces ciblées par la déflagration du système de purge.

            -   Comment ça ?

            -   Les installations sont reliées à d'autres structures disséminées à travers la galaxie et permettant d'étudier automatiquement toutes les formes de vies existantes. Leurs données génétiques sont analysées et envoyées aux sept installations, qui les enregistrent au sein de leurs Index. L'Index peut donc être considéré comme le registre complet des espèces vivantes dans la zone surveillée, qui correspond à 87% de notre galaxie.

            «   Les Régulateurs détiennent les codes de sécurité qui permettent de classer les séquences génétiques enregistrées. Ces dernières sont classées au sein de l'Index en deux catégories : les utiles et les nuisibles. Vigilent Failure permet de gérer la liste des espèces utiles, tandis que Caution Eclips sert à déterminer les espèces nuisibles. Lorsque le système de purge est activé et que les installations initialisent la mise à feu, le registre de l'Index est consulté, et les paramètres de sélection génétique sont alors établis selon le classement du moment.

            -   Et pouvez-vous connaître le classement actuel ? demanda la spartan.

            -   Votre espérance de vie ne me permet pas de vous lister entièrement les données enregistrées avec leurs paramètres.

            -   Seulement en ce qui nous concerne. 

            -   Je suis désolée de vous apprendre que votre espèce a été classée comme nuisible lors du dernier accès aux Régulateurs, il y a 17,346 de vos minutes standards.

        Bien sûr, les spartans s'étaient attendu à ce genre de réponse, car ils avaient l'habitude de toujours envisager clairement la pire des situations. Ils ne ralentirent pas l'allures, ni ne montrèrent la moindre réaction face à cette nouvelle, préférant réfléchir à la façon de changer l'état actuel des choses.

            -  Pouvez-vous nous dire quelles autres modifications ont été effectuées lors de cet accès ? demanda Fred.

            -   L'accès a été autorisé par les Régulateur à un membre de l'autre race se trouvant sur cette installation, et qui à ce moment là se trouvait à la Salle de Contrôle. La race de cette utilisateur a été classée utile et six races en plus de la vôtre ont été considérées nuisibles lors de cette modification de registre.

            -   Il y a six autres races combattantes chez les covenants, remarqua Kelly. Cela signifie que les élites auraient l'intention de prendre le pouvoir en trahissant leurs alliés.

            -    Ils vont nous exterminés avec tous ceux qui pourraient les menacer militairement, ragea Fred en serrant les dents. Les enfoirés !

        C'est alors que le groupe mené par Shameful Anomaly arriva dans une immense salle circulaire à peine éclairée, et au sein de laquelle se trouvait un gouffre sans fond. En son centre flottait un objet de cristal vert fluo partiellement enveloppé dans une armature de métal noir, dont la forme ressemblait vaguement à un T. Sans hésiter, Kelly se précipita vers lui et se pencha au-dessus du gouffre pour saisir l'Index, et l'accrocher à sa ceinture magnétique. D'une voix triomphale, elle annonça à ses amis :

            -   Tant qu'on aura ça avec nous, les covenants ne pourront rien faire.




1948 unités de temps du 87ème jour de la neuvième ère de la Reconquête, Marche du Silence/ Salle de Contrôle de Halo.


       Dire que le commandant Urda était hors de lui était une expression encore trop faible pour décrire l'état de fureur du sangheili. Trois caisses de ravitaillement et deux appareil d'analyse cryptographique firent les frais de sa colère qui s'exprima à travers la lame de son épée plasma qui découpa si facilement les équipements de l'Alliance. Le rapport des troupes envoyées à la Bibliothèque était le plus désastreux qu'il ait jamais reçut de toute sa carrière de commandant. Non seulement les humains avaient survécu à la destruction de leur vaisseau, mais ils avaient aussi trouvé le moyen de subtiliser l'Index juste devant ses guerriers, qui n'avaient rien pu faire pour le récupérer ni même poursuivre les navettes ennemies. La clé de voûte de son plan était désormais entre les mains des humains, et personne ne savait où ces derniers se trouvaient.

         Non lui du commandant, Erko attendait le moment propice pour intervenir. Il avait observer calmement son supérieur exercer sa fureur sur les pauvres objets qui se trouvaient à portée de son bras, comprenant parfaitement la raison de cet emportement. Ce n'est qu'au bout de quelques minutes que Urda finit par retrouver son calme, prenant de grandes inspirations pour maîtriser ses émotions explosives, et que Erko s'avança vers lui :

            -   Commandant ! Nous avons dispersé nos forces sur toute la surface de Halo. Si les humains se cache quelque part, nous les trouverons.

            -    Très bien. Ce n'est donc qu'un petit contretemps dans nos plans.

            -    Par contre, je dois vous annoncer l'arrivée du vaisseau Warrior of Faith, commandé par le légat Dalkos Irnomee.

       A la mention de ce nom, le visage du commandant Urda se figea brusquement.

            -    Dalkos... de l'Inquisition ?

            -    C'est exact. Il a été envoyé par les prophètes pour s'assurer de l'avancée de notre mission. Il réclame que vous veniez lui faire un rapport immédiatement.
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SOMMAIRE
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par Jack-115 publié dans : Halo Destiny
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Samedi 30 août 2008

CHAPITRE ONZE : L'ŒIL DE LA RUSE



       Le hangar était bien chauffé, et nous pouvions enfin retirer nos combinaisons thermogènes pour mettre quelque chose de plus approprié. Fidge, Eric et moi-même avions emporté avec nous nos uniformes respectifs et nos équipements de combat personnels. Je me sentis beaucoup plus rassuré lorsque j'enfilai les Serres d'Eridios et vérifiai leur fonctionnement. J'avais amené également le pistolet bolter que m'avait confié Illios le jour où il m'a recueilli, ainsi qu'un couple de grenades à fragmentation qui pourraient s'avérer utiles dans un tel endroit. Fidge portait toujours ses deux longs sabres à lame courbe et son pistolet, mais avait également songé à emporter un fusil-mitrailleur pour une éventuelle fusillade prolongée. Eric, lui, n'était équipé que de son fusil sniper personnalisé et d'un pistolet laser qui, pour lui, était plus un équipement de secours qu'une véritable arme.

        Au milieu du hangar, parmi les véhicules de chantier et les transporteurs blindés spécialement conçu pour cette planète, se trouvait une large écoutille hermétique semblant mener vers le complexe souterrain. Rayne l'ouvrit pour découvrir une échelle qui descendait sur quelques mètres pour atteindre une sorte de couloir de maintenance en dessous. Passant tête la première à travers l'écoutille, elle descendit une partie de l'échelle et vérifia discrètement qu'aucun ennemi ou système de sécurité automatisé ne nous attendait en bas. Puis, avec une souplesse incroyable, elle lâcha prise et chuta de deux mètres pour se réceptionner sur ses mains contre le sol grillagé, avant de pousser sur ses bras comme sur deux ressorts pour se remettre debout d'un bond en arrière, tout en ayant pris en main ses deux pistolets lasers afin de viser les deux extrémités du couloir. A la vue de cet enchaînement d'actions parfaitement exécuté, Rayne me fit brusquement bien plus peur qu'auparavant.

         Fidge passa juste derrière son épouse, se laissant durement tomber sur ses solides jambes pour épauler son fusil mitrailleur. Ne pouvant me permettre de telles acrobaties de par mon manque d'entraînement, je préférai largement descendre l'échelle jusqu'au bout, puis laisser Eric nous rejoindre. Le couloir de maintenance était très bien entretenu, presque trop bien, et se terminait de chaque côté par une lourde porte de métal verrouillée électroniquement. Pendant un instant, j'eu l'impression que nous étions tombés dans un piège. Puis Rayne se tourna vers moi et demanda :

            -   Alors, inquisiteur ? De quel côté voulez-vous qu'on aille ?

        Cette femme avait un don pour me déstabiliser. Sans penser à la façon dont elle allait nous ouvrir le passage, je réfléchi à la configuration globale que pouvait avoir ce souterrain. Si l'on admettait qu'il était connecté à chacun des bâtiments de surface, alors son centre devait se trouver derrière la porte de gauche. Du doigt, je désignai l'accès fermé et répondis :

            -   Par là.

        Aussitôt, Rayne s'avança vers la porte et l'examina longuement avant de sortir un petit outil qui lui permit de retirer les verrous de sécurité protégeant le dispositif électrique d'ouverture, qui était dissimulé dans le mur. D'un œil expert, elle analysa l'enchevêtrement de câbles et de circuits imprimés, puis coupa deux fils apparemment anodins et provoqua un court-circuit qui ouvrit la porte.

        Celle-ci menait à une petite passerelle surplombant un vaste laboratoire rempli de machines et d'appareils d'usage scientifique, certains ayant probablement été volé à l'Adeptus Mechanicus ou à l'Inquisition. Des dizaines d'hommes étaient affairés à examiner divers objets que je ne pouvais voir clairement d'ici, aussi j'ordonnai à Eric d'épauler son fusil à lunette et d'observa plusieurs de ces sujets d'études. Alors qu'il balayait le laboratoire du regard, je vis la peau de son visage blanchir et sa bouche s'ouvrir en une expression de terreur horrible. Ses mains se crispèrent sur la poignée et le canon de son arme, et pour la première fois, je vis Eric trembler. D'un geste brusque, je dirigeai d'une main son fusil et sa lunette grossissante contre le mur, tandis que de l'autre je saisissais son visage pour le ramener dans le couloir et l'obliger à me regarder dans les yeux :

            -  Eric ! Eric calme-toi ! C'est fini.

       Le jeune soldat mit un long moment à retrouver son calme. Et lorsque son regard reprit l'assurance qui était habituellement la sienne, ce fut comme s'il ne comprenait pas pourquoi il avait réagi ainsi. Il commença par balbutier quelques mots incompréhensibles, mais je compris rapidement ce qu'il avait pu voir :

            -  Tu as contempler les marques du chaos. Une personne non expérimentée ne peut les regarder trop longtemps sans être corrompu ou terrorisé. Je suis heureux que tu ai plutôt réagi ainsi.

            -  M... merci Asphar.

       Soudain, je me tournai vers le couple Klaw :

            -  Avez-vous déjà été au contact d'artéfacts chaotiques ou de puissants serviteurs des dieux sombres ?

            -   Oui, répondit Rayne sans hésitation. Et je répond de Fidge comme de moi-même. Ces choses n'auront aucune prise sur nous.

       D'un certain côté, il était peu probable que deux chasseurs de primes aussi expérimentés n'aient jamais affronté de cultes du chaos. Mais la réponse de Rayne me laissait perplexe. Personne parmi les simples citoyens et soldats de l'Imperium n'était à l'abris de la corruption et de la terreur que portait le pouvoir des Puissances de la Ruine. Seules les protections psychiques ou l'endoctrinement solide donné aux membres de l'Inquisition pouvaient donner la résistance nécessaire à ce Mal. Peut-être que Rayne péchait par présomption, mais je ne pouvais oublier qu'elle avait le double de mon âge, même si elle n'en avait pas l'air. Elle savait de quoi elle parlait, et cela me troublait profondément. 

        Soudain, sans la prévenir, je voulu lui saisir la main gauche d'un geste rapide. Mais elle réagit bien trop vite, ce qui confirma mes soupçons. D'une voix forte, je lui ordonnai subitement :

            -  Rayne, donnez-moi votre main immédiatement !

         Bien sûr, elle me présenta la droite, mais je lui montrai clairement que je voulai l'autre. Lentement, elle tourna la tête vers Fidge, qui affichait une mine grave. Avec résolution, il lui fit signe d'obtempérer, ce qu'elle fit bien à contre-cœur. Lorsqu'elle me donna sa main gauche, j'ôtai le gant de cuir noir qui la recouvrait et trouvai ce que je cherchais : le tatouage d'un œil à l'intérieur d'un C, situé entre le majeur et l'annulaire.

            -  L'œil rusé de la Callidus, lâchai-je avec contemplation. Alors vous êtes vraiment un assassin...

        Le silence s'installa aussitôt, personne n'osant prononcer un seul mot. Même Eric préférai attendre la suite des évènements, ne voulant surtout pas attirer l'attention sur lui. Les Callidus était parmi les instruments les plus subtiles de l'Officio Assassinorum, des agents quasi indétectables formés dès le plus jeune âge dans le but de tromper les ennemis de l'Imperium. Ces assassins étaient presque tous des femmes, car leur physionomie les prédisposait à employer la polymorphine, cette formidable substance permettant de modifier à volonté l'apparence de leur corps et prendre ainsi l'apparence de ceux qu'elles assassinait. Les Callidus n'étaient connues que par les membres de l'Inquisition et les plus hauts membres des autres institutions de l'Imperium, et la seule chose qui permettait de les identifier était ce tatouage.

           -   Depuis combien de temps avez-vous déserté l'Officio Assassinorum ? lui demandai-je d'un ton inquisitorial.

            -   Cinquante et une années standards, répondit-elle. 

            -  C'est à ce moment là que vous avez quitté les forces militaires jalviennes, continuai-je en me tournant vers Fidge. Et ensuite vous êtes devenus chasseurs de primes. Que s'est-il passé ?

       Il suffisait d'observer leurs visages pour comprendre que c'était un souvenir très pénible pour eux deux. Patiemment, j'attendis qu'une réponse me soit donnée, et ce fut Fidge qui me la donna :

            -   C'était sur ma planète natale, Jalvia. Nous avions proclamé notre indépendance, en pensant pouvoir protéger nous-même notre monde, et l'Imperium a réagit par la force. Rayne a été envoyée pour infiltrer notre état-major mais... cela s'est très mal passé. Des millions de soldats sont morts dans les deux camps, jusqu'à ce que nous apprenions que nos dirigeants avaient été corrompus. Rayne et moi, nous nous sommes rencontrés au milieu des ruines et du champ de bataille couvert de cadavres, vidés de notre confiance en l'Humanité.

            -  Et c'est pourquoi vous avez souhaité disparaître, compris-je. Vous vouliez recommencer une vie ailleurs.

        Fidge acquiesça de la tête, le regard figé dans une expression d'humilité sincère, mais dans laquelle je ne lisais pas le moindre regret. Rayne, quant à elle, s'était adossée contre l'un des murs du couloir, ses yeux fixant cette partie de son passé qu'elle ne pouvait oublier. Alors que je la regardais, je pensai à ce que cela signifiait réellement que de faire partie des assassins, que d'être entraîné à tuer dès son plus jeune âge et d'être dévoué en toute chose au seul Imperium de l'Humanité. Et soudain, d'une voix qui m'étonna moi-même par son émotion et sa sincérité, je déclara :

            -   Je vous comprends. Et sur mon honneur, je vous jure de ne jamais révéler votre secret à qui que ce soit.

        Rayne me fixa alors droit dans les yeux, comme si elle voulais s'assurer que je ne mentais pas. Aussi tranquillement qu'une feuille portée par la brise, je la laissai lire en moi, et voir l'honnêteté de mes paroles. Et soudain, elle sourit, aussi intensément qu'un enfant émerveillé par la magie incompréhensible du monde qui l'entourait. Fidge se détendit lui aussi, et se permit de poser une main sur mon épaule dans un geste de camaraderie en lâchant :

            -   Je savais bien que t'étais un bon gars, Asphar. Merci.

       Pour la première fois depuis que je l'avais rencontré, je me senti proche du couple Klaw, presque intimement lié à eux. Franck et Eric avait déjà partagé beaucoup de leurs souvenirs avec moi avant que nous ne rencontrions les chasseurs de prime, et ils étaient alors pour moi comme des compagnons d'aventure que je connaissais depuis des années. Maintenant, il en était un peu de même pour Fidge et Rayne. Je ne souhaitais pas connaître leur histoire dans les détails, car ce qu'ils m'avaient confié était bien suffisant pour que je comprenne par quoi ils étaient passés. Je tendis alors une main amicale à Rayne et l'aida à se relever. Lorsqu'elle fut debout, elle me prit dans ses bras et me serra contre elle avec affection, ce qui me remit soudainement mal à l'aise. Et alors qu'elle se trouvait là, sa tête au creux de mon épaule, je l'entendit pleurer doucement de joie.   

            -   Ne vous inquiétez plus à propos de cela, leur dis-je à tous deux. Vous êtes mes amis désormais. 

            -   Ben... et moi ? s'exclama Eric d'un air moqueur.

       Je n'eut pas besoin de lui répondre, car je savais qu'il voulait plaisanter pour remettre un peu de bonne humeur. Et cela fonctionna, puisque les Klaw éclatèrent de rire, désormais libérés du fardeau de leur secret. Délicatement, Rayne se sépara de moi et retourna vers son époux, qui l'accueillit dans ses bras.

            -   Bon, fis-je pour passer à autre chose. Et maintenant si on pouvait continuer notre mission ?

        Mes trois compagnons hochèrent la tête en signe d'approbation, et je retournai vers la passerelle pour observer le laboratoire... qui était désormais complètement désert.
par Jack-115 publié dans : ILLUMINATI
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Vendredi 29 août 2008

CHAPITRE SEIZE



1805 unités de temps du 1er jour de l'Ere de la Révolte / Haute Citadelle de Grande Bontée.


      L'armée sangheili menée par Irul s'approchait à grands pas du Mausolée de l'Arbiteur, derrière lequel se trouvait le sanctuaire intérieur des prophètes où Pitié et Vérité étaient sur le point d'être évacués. Elda surveillait constamment les alentours à travers la lunette grossissante de son fusil afin de vérifier qu'aucune embuscade ou aucun tireur isolé ne leur tombe dessus. D'une certaine manière, Irul n'était pas mécontent de l'apparition du Parasite sur Grande Bonté, car il allait mobiliser la plupart des troupes jiralhanaes qui auraient pu leur causer de gros ennuis. De plus il rendrait cette soi-disante citée sainte, symbolise du pouvoir des prophètes, totalement inutilisable, affaiblissant grandement les forces de l'Alliances qui auraient alors beaucoup de mal à se renouveler.

      Le lieutenant Ortul transmettait constamment à Irul les rapport qu'il recevait concernant les humains, qui semblaient très bien s'en sortir contre le Parasite et même profiter de la confusion qu'il apportait. D'une certaine manière, les prophètes allaient vite se retrouver pris en tenaille entre les humains et les sangheilis. Encore faut-il que nous arrivions à temps pour les arrêter...

      Lorsque le Mausolée fut enfin en vue, énorme et magnifique, Irul se demanda où se trouvait le piège. Ce bâtiment était l'un des édifices les plus facilement défendables, ce qui en faisait l'obstacle idéal pour freiner l'avancée des troupes rebelles. Mais aucun ennemi n'était en vue. Irul se tourna vers Elda, mais même la sangheile n'avait rien remarqué, ce qui l'inquiéta encore plus. Soit les prophètes sont déjà partis, soit le Parasite les a empêché de monter une embuscade ici.

            -  Lieutenant ! fit-il subitement. Faite envoyer des éclaireurs furtifs droit devant et deux unités d'infanterie aérienne sur les flancs pour inspecter la zone.

            -    Bien compris, commandant !

       Les troupes de reconnaissance partirent donc devant et disparurent aux yeux des autres sangheilis qui attendirent impatiemment. Plusieurs minutes s'écoulèrent avant que l'un des éclaireurs furtifs ne revienne, son système de camouflage désactivé et courrant aussi vite qu'il le pouvait.

            -   Commandant ! Commandant, les troupes jiralhanaes sont bloquées juste derrière le Mausolée !  Tous les accès se trouvant de leur côté sont bloqués !

            -   Comment est-ce possible ?

            -   Le système de sécurité est totalement verrouillé. Même les ingénieurs Huragoks mobilisés par l'ennemi n'ont pas réussi à contourner le problème. 

            -  Cela veut dire qu'on peut entrer dans le Mausolée, mais qu'on ne pourra pas ressortir de l'autre côté, c'est ça ?

            -  L'ennemi est en train d'acheminer des explosifs afin de faire sauter les accès principaux, mais ils mettront plusieurs minutes. Nous avons encore le temps de prendre position dans le bâtiment.

            -   Alors on entre. Tout le monde ! En avant !

       L'armée se remit en route immédiatement, pénétrant dans le Mausolée telle une tempête de cris de guerre et de grognements furieux. Irul, Elda et le lieutenant Ortul se dirigèrent immédiatement vers l'accès principal qui se trouvait de l'autre côté et examinèrent la porte avec attention. Celle-ci n'avait subi aucun dommage et il n'y avait absolument aucune trace d'une quelconque manipulation du panneau de commande. Grâce à ses sens très développés, Irul pouvait entendre les hurlements des jiralhanaes de l'autre côté qui pestaient contre cette mécanique qui refusait de s'ouvrir. Plusieurs d'entre eux étaient en train de poser des charges explosives dont les détonateurs émettaient un bruit bien caractéristique.

            -  Ecartez-vous ! lança Irul. Ils vont faire sauter la porte ! Préparez-vous à les recevoir !

       Il ne fallut pas longtemps aux troupes sangheilis pour établir des positions défensives aux quatre coins du bâtiment, trouvant refuge derrière les immenses colonnes et les rampes d'escaliers. Plus d'une centaine d'armes furent pointé vers l'accès lorsque celui-ci vola en éclat tant une tornade de flammes bleus plasmatiques. L'instant suivant, une escouade complète de jiralhanaes en armure chercha à pénétrer l'édifice, mais fut accueillie par une grêle de tirs qui ne mit qu'un instant à mettre leurs corps en charpie. Irul ne chercha pas à attendre que les autres ennemis viennent d'eux même et hurla :

            -  Groupe d'assaut Alpha ! Avec moi !

       Le jeune commandeur s'était placé le plus près possible de la porte détruite avec dix de ses meilleurs sangheilis d'élite afin de pouvoir mener une contre-attaque le plus rapidement possible. En quelques instants, lui et ses frères d'arme passèrent l'accès, derrière lequel s'étaient retranché plusieurs dizaines de ces brutes meurtrières, qui n'eurent pas le temps de réagir. Onze épées énergétiques tranchèrent les instruments des prophètes aussi facilement que s'ils avaient été nus, les fils de Sangheilos usant de tout leur talent face à ceux qui prodiguaient la force brute. Au milieu du combat, Irul affrontait trois à cinq ennemis en même temps, se jouait d'eux et montrait à chaque instant sa supériorité. Un capitaine ennemi voulu le défier en duel, levant haut dans les airs son puissant marteau d'acier, mais fut décapité par la lame du commandeur avant même qu'il puisse le rabattre sur son adversaire.

      Il ne fallut pas longtemps avant que le reste des troupes de l'Alliance ne se replie afin de reprendre position un peu plus loin sur le large pont qui reliait le Mausolée au sanctuaire des prophètes. D'autres jiralhanaes se trouvaient là-bas, en réserve, derrière les énormes barricades et les rangées de tourelles qu'ils avaient montées. Une nuée de Yanmees occupait les hauteurs en attente d'ordres, tandis qu'une ligne de Kig-Yar avait été mis en avant pour protéger les lignes arrières. Le pont était devenu un véritable mur. Il y a plus d'une centaine de mètres de terrain découvert entre eux et nous, constata Irul. Jamais nous ne parviendrons à passer ça sans d'énormes pertes. Et si nous mettons trop de temps, l'Index nous échappera.

       C'est alors qu'une série d'explosion retentirent au milieu des jiralhanaes retranchés. Des explosion aux flammes jaunes, oranges et rouges. Immédiatement après, des tirs d'armes plasmatiques surgirent dans le dos des soldats de l'Alliance, éliminant encore plusieurs des brutes en armures et apportant la confusion dans leurs rangs. Les humains avaient atteint cette partie de la Haute Citadelle. 

        Ils n'étaient pas nombreux, certes. A peine une quinzaine. Mais ils avaient avec eux un combattant d'exception, et un stratège hors paire. Irul ne pouvait pas les voir clairement de là où il était, mais il voyait nettement le désordres qu'ils avaient provoqués dans la bataille, et l'avantage qu'il pouvait en tirer :

            -  Mes frère ! En avant !

            -  Par le sang des aveugles, récitèrent les sangheilis, nous laverons l'honneur de nos pères !

        L'armée rebelle se rua contre les lignes de défense ennemie avec une rage à peine contrôlée. La rangée de kig-yar fut totalement incapable de retenir la marée de sangheili qui les écrasa en un instant, avant de prendre d'assaut les barricades jiralhanaes en subissant un minimum de pertes. Tout au long de sa course, Irul chercha les officiers ennemis dans la masse : trois capitaine s'étaient rassemblés au centre de la formation, et cherchaient à réorganiser leurs différentes escouades. Le jeune commandant se jeta sur eux avec frénésie et les mis en pièce avant même qu'ils ne réalisent ce qui leur arrivait. En quelques secondes, les deux armées furent presque entièrement engagées dans un corps à corps d'une violence extrême, opposant la force brute à la maîtrise des arts du combat. Les pertes furent grandes dans les deux camps, mais il semblait clair que les jiralhanaes ne pouvaient avoir le dessus. Les quelques-uns qui tentèrent de s'enfuirent furent réceptionnés par les tirs des humains qui ne cherchaient pas à participer au-delà de ce simple rôle. Et curieusement, ils ne se retirèrent pas lorsque les sangheilis sortirent victorieux de la bataille, ni n'ouvrirent le feu sur eux.

         C'est alors que le Démon apparut. Il était bien plus grand que les humains normaux, et son armure lourde à visière réfléchissant qui masquait son visage lui donnait l'apparence d'une machine impitoyable. En le voyant, Elda ressentit une douleur à l'intérieur d'elle-même, là où elle avait été mortellement blessée par l'un de ces guerriers. Il semblait clair que le Démon voulait parlementé, car il avançait lentement en terrain dégagé, sans aucune arme et les mains bien en évidence. Irul insista pour que Elda vienne avec lui pour aller à sa rencontre, et la sangheile accepta à contre-cœur. Derrière eux, l'armée de la révolte observait cet évènement d'un œil méfiant mais curieux, réalisant qu'un tournant de la guerre était peut-être en train d'être pris. Irul jeta ses armes au sol, et demanda à sa bien-aimée d'en faire autant.

       Il savait pourtant que des combattants tels que les sangheilis ou les Démons étaient des armes plus que mortels même lorsqu'ils étaient désarmés. Mais si les négociations tournaient mal, Elda et lui avaient l'avantage du nombre pour eux, bien qu'il préférait éviter que cela se passe ainsi. Il y a des milliers de raisons pour lesquelles ce moment pourrait tourner en un bain de sang...

            -  Humain, commença Irul, au nom de mon peuple tout entier, je vous remercie pour l'aide que vous nous avez apporté. 

       L'humain ne répondit rien. A la place, il tourna la tête vers une borne d'affichage holographique qui bordait le pont, et au-dessus de laquelle apparut l'image d'une humaine dont la peau violette était recouverte de symboles lumineux courrant en des flots organisés. C'était à n'en pas douté une intelligence artificielle. Sa voix était douce et diplomate lorsqu'elle s'adressa aux sangheilis :

            -  Commandant Irul Sulamee, soldat Elda Fulsamee, je suis Cortana, intelligence artificielle du CSNU. Je vous présente le major John-117, combattant spartan.

        Les sangheilis furent heureux d'apprendre que ce spartan n'était pas l'un des deux qu'ils avaient rencontré sur la colonie humaine d'Alkador, et sur laquelle ils avaient tant perdu l'un et l'autre.

            -   Vous êtes probablement la raison pour laquelle nos ennemis n'ont pu pénétrer le Mausolée, compris Irul. Nous vous sommes donc doublement redevable.

            -    Nous poursuivons des objectifs communs, expliqua Cortana. Malheureusement, je dois vous apprendre que votre prophète de la Vérité a réussi à nous échapper. Il se dirige actuellement vers le vaisseau forerunner au centre de Grande Bonté, et l'Index est désormais en route vers Halo.

            -     Comment le savez-vous ?

            -     Vérité avait abandonné son pote derrière lui, intervint durement John.

       Irul n'aimait pas beaucoup la façon dont s'exprimait le spartan. Néanmoins, je ne sais pas par quoi il est passé. L'Alliance a meurtrie l'humanité et l'a saigné à blanc durant toutes ces années. Nous ne devons pas nous attendre à ce qu'ils se montrent diplomate avec nous aussi facilement. Heureusement, cette IA est un bien meilleur interlocuteur.

            -   Nous avons écouté vos communications depuis le début de la bataille, continua Cortana. Nous savons pourquoi vous avez quitté l'Alliance, et pourquoi vous regretté ce que vous avez causé à l'humanité. Et bien que je ne puisse pas parler pour l'ensemble des forces du CSNU, je peux au moins vous dire que les forces humaines qu'il nous restent ici ne chercheront plus à vous combattre.

            -   Et quant à moi, répondit Irul, je peux vous promettre que plus aucun guerrier sangheili ne fera de mal à vos semblables. A partir d'aujourd'hui, nous vous considèrerons comme nos nouveaux vrais alliés.

       Irul tendis alors sa main droite ouverte vers le spartan, mais celui-ci sembla ne pas comprendre. Le sangheili s'expliqua alors :

            -   J'ai entendu dire que votre peuple utilisait ce geste dans de telles circonstances.

            -   Je ne peux oublier ce que vous nous avez fait subir... déclara-t-il.

       Pendant un moment, Irul crut que le spartan allait se jeter sur lui, sortir une lame de sous son armure et le tuer, lui et Elda, pour finir le travail des siens. Mais John resta totalement immobile pendant de longues secondes durant lesquelles le sangheili ne baissa pourtant pas sa main. Et finalement, John serra celle-ci d'une poigne forte et protocolaire qui aurait broyé les doigts d'un humain normal, déclarant enfin :

            -   ... mais ce serai idiot de refuser votre aide.

            -   Nous devons agir rapidement, intervint aussitôt Cortana, si nous voulons avoir encore une chance d'empêcher l'activation de Halo.

            -   Que suggérez-vous ? fit Irul.

            -   Vérité souhaite utiliser le vaisseau forerunner pour se rendre sur Terre, notre monde natal, et c'est pourquoi nous allons nous charger de lui. Tartarus et ses brutes ont l'Index et deux de nos compagnons pour activer l'anneau. Je pense que vous êtes les plus à même de l'arrêter.

        Tout ceci collait assez bien avec les objectifs du jeune sangheili : le destin de ce monde humain ne lui importait pas autant qu'à eux. Même si cela signifiait remettre à plus tard sa vengeance envers les prophètes, Irul ne pouvait permettre que Halo soit activé, et son armée ne serait pas de trop pour contrer les forces de Tartarus. Sans compter que Elda était impatiente de retrouver son père.

            -   C'est d'accord, dit-il simplement.

            -   Très bien, fit l'IA avait de se tourner vers John. Major, vous savez ce que vous avez à faire.

        Le spartan se retourna alors pour repartir vers les autres humains. La route la plus proche pour se rendre au vaisseau forerunner passait par l'ascenseur principal du sanctuaire intérieur, ce qui signifiait qu'ils avaient fait un détour uniquement dans le but de parlementer. Un bon point pour eux. Je devrais donc faire de même : un pas en avant.

            -  Spartan ! l'interpella Irul. J'ai autrefois affronté deux de vos semblables sur Alkador. L'un d'eux se nommait Jack-115. Est-il toujours en vie ?

            -     Autant que je sache, oui.

-    Alors... si jamais vous le revoyez... dites-lui que je lui pardonne... et que... et que je suis désolé.

       Irul avait du mal à croire qu'il avait prononcer ces mots. Non pas qu'il ne les pensait pas, mais ce n'était pas le genre de langage que pouvait tenir un sangheili face à un membre d'une race. Pour la première fois, il comprit ce qu'était l'humilité.

        Le spartan se retourna alors et ôta sa visière réfléchissante. Irul n'était pas spécialiste de la physionomie humaine, et ne pouvait donc pas analyser correctement le visage de ce John-117, mais il sut parfaitement décrypter son sourire sincère et l'estime qui régnait dans ses yeux. Doucement, l'humain posa sa main sur l'épaule du sangheili et lui dit alors d'une voix presque sympathique :

            -     Je lui dirai. Merci pour lui.

par Jack-115 publié dans : La Saga du Guerrier de la Foi
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Dimanche 24 août 2008


CHAPITRE HUIT : L'ENGENCE DE L'OMBRE



        Le petit groupe s'assit sur le sol rocheux de la plaine volcanique, formant un cercle autour du feu que l'un des ninjas de Kumo avait allumé. Alors que le vieux Hoshigo se raclait la gorge avant de commencer son récit, Hinata remarqua un changement dans la Nature autour d'elle : l'orage permanent de se pays venait subitement de s'arrêter, et il n'y avait plus le moindre souffle de vent dans l'air. L'énergie statique qui habitait les nuages avait disparu, comme si la Nature venait d'oublier cette partie du monde et de l'abandonner aux chaos. Il se prépare quelque chose. Kuro est le maître des orages, et maintenant qu'il est libre je pensais que les tempêtes deviendraient plus violentes... Il doit être en train de restaurer ses pouvoirs quelque part, en puisant la force naturelle du pays de la foudre. C'est effrayant...

            -  Il y a deux mille ans, commença Hoshigo, Kuro régnait sur ce pays avec ses armées des ténèbres, imposant sa loi impitoyable sur les humains qu'il considérait comme ses esclaves. Il était l'un des cinq grands démons qui avaient réussi à s'introduire dans le monde des mortels à la genèse de l'Histoire des Hommes, cherchant à devenir les maîtres ultimes de par leur gigantesque puissance. Grâce à ses pouvoirs, Kuro avait plongé notre pays dans une nuit perpétuelle en le recouvrant d'épais nuages orageux qui occultaient totalement la lumière du soleil, et foudroyait ce territoire de milliers d'éclairs. Mais un jour, les hommes du monde entier se révoltèrent, et prirent les armes pour regagner leur liberté. C'est ce que aujourd'hui on appelle les Guerres Démoniaques.

            «   Les ninjas du pays de la Foudre furent parmi les derniers à se rebeller contre leurs maîtres, prenant exemple sur les glorieuses victoires obtenues par les hommes du pays du Feu ou celui du Vent. Armés principalement de leur courage, ils combattirent les armées ténébreuses de Kuro dans l'espoir de les bannir à jamais de cette terre. Durant ces terribles affrontements, notre pays perdit plus de la moitié de ses habitants avant d'obtenir la victoire. Malheureusement, Kuro était beaucoup trop puissant, et les quelques forces qui nous restaient ne suffirent pas à le renvoyer dans le Jigoku. Il fut scellé à l'intérieur de Jacurutu, piégé sous la lumière éternelle des flammes du volcan, dans l'espoir qu'il ne parviendrait jamais à se libérer. Mais une autre partie de son pouvoir nous avait échappé.

            «   Car au cour de son règne de ténèbres, Kuro avait pris femme parmi les humains. C'était une jeune fille nommée Amaha Masane, dont l'âme était plus noire que la nuit, et qui avait ainsi attiré l'attention du grand démon de par sa seule existence. Quelques temps plus tard, elle avait donné un fils à Kuro, qui l'avait alors baptisé Kurayami (ombre), car il était l'extension de son existence dans le royaume des humain. En récompense pour ce présent qu'elle lui avait offert, le grand démon avait élevé Amaha au rang de démon majeur et en avait fait sa reine de l'ombre. N'étant plus l'humaine qu'elle était autrefois, elle s'était renommé elle-même Makura (noir absolu).

            «   Mais lorsque les Guerres Démoniaques arrivèrent à leur dénouement et que le seigneur de l'ombre vit son pouvoir disparaître, il ordonna à Makura de cacher leur enfant parmi les humains, afin qu'une part de son pouvoir survive. Elle quitta le pays de la foudre avec Kurayami, avant de revenir seule quelques temps plus tard et tenter d'aider Kuro dans ses derniers combats. Elle fut bannie dans le Jigoku, et Kuro fut scellé au sein de Jacurutu, mais l'enfant de l'ombre avait survécu quelque part, et nous étions incapables de savoir où.

      Le regard de Hoshigo se posa alors sur Shikamaru, qui avait on ne peut plus de mal à accepter cette vérité. Ses yeux étaient vides, son visage plus pâle qu'un linge et il se rendait à peine compte que ses mains tremblaient. Jamais il n'avait cru que les techniques ninjas de son clan puissent être dues à de si sombres origines. Et pourtant, les preuves étaient bien là. Je... je suis le descendant d'un grand démon ?

            «    Depuis, continua Hoshigo, les ninjas de ce pays ont formé une organisation secrète, Hikari, qui a pour mission de s'assurer que personne ne puisse libérer ce que les histoires et légendes ont fini par appeler la Main de l'Ombre. D'innombrables fables ont été écrites sur les pouvoirs de cet objet qui n'en était pas un, et sur l'endroit où il se trouvait. Ne pouvant pas empêcher ces histoires de se répandre, nous avons surveillé les environs de Jacurutu pendant deux millénaires, en tant que gardes de la Lumière. Et aujourd'hui, nous avons échoué par votre faute.

        Les ninjas de Konoha affichèrent tous une mine grave, remplie de honte et de regret qui, ils le savaient, ne suffisait pas à les excuser. Hinata se leva alors et s'inclina respectueusement devant Hoshigo :

            -   Nous sommes tous profondément désolé de ce que nous avons fait. Jamais nous ne serions venu ici si nous avions sût la vérité. Nous ne repartirons pas avant d'avoir racheté notre faute.

-   Dans d'autres circonstance, je vous aurais forcé à quitter ce pays. Mais notre Raikage est mourrant et nous ne pouvons pas encore lui désigner de successeur, aussi notre village n'en est que plus affaibli. La libération de Kuro ne pouvait pas arriver à un plus mauvais moment. Votre aide est acceptée.

            -    Et en ce qui concerne Shikamaru, qu'avez-vous décidé ?

        Contrairement à ce que Hinata s'attendait, le vieil homme ne porta pas les yeux sur le jeune Nara, mais sur la lumière que diffusait la Pierre Florale à travers ses habits. Elle ne chercha pas à la dissimuler, et sortit le pendentif pour laisser Hoshigo contempler le pendentif avec un regard où se mêlait curiosité et amusement. Le pouvoir de cette pierre ne lui est pas étranger, comprit-elle.

            -   Vous devez être quelqu'un de vraiment unique pour porter un tel joyaux, déclara Hoshigo avec admiration. La reine Dénaria doit avoir une grande confiance en vous.

            -     Comment connaissez-vous l'existence de la Pierre Florale ?

            -   Les lois de la Nature sont simples et bien connues : rien n'est créé, rien n'est détruit. Vous ne vous êtes jamais demandé d'où venait les orages qui ont envahi le Pays des Fleures lors de la rébellion de Sagara ? 

        Il ne fallut pas longtemps pour que Hinata comprenne ce qui s'était passé ce jour là : la perte de la Couronne du Printemps avait provoqué un puissant déséquilibre dans les forces de la Nature. Le Pays des Fleures était devenu comme un espace vide dans lequel tous les éléments s'étaient engouffré, et les orages du Pays de la Foudre avaient dû être partiellement aspirés par ce phénomène. Hoshigo présenta un sourire en coin en lisant la compréhension de la jeune fille, puis expliqua :

            -  Peu de temps après cette perturbation, nous avons envoyé une délégation au Pays des Fleures, et sa majesté Dénaria nous a expliqué ce qui s'était passé. Des négociations sont en cour pour l'établissement d'un traité d'assistance mutuelle.

            -   Je suis heureuse de l'apprendre, fit Hinata. Mais cela ne répond pas à ma question : que comptez-vous faire au sujet de notre ami ?

            -    Vous vous êtes portée garante de sa personne, et vous portez la Pierre Florale. Cela me suffit. Maintenant nous devons rejoindre notre village, et préparer notre défense.

            -    D'accord. Nous allons vous suivre.

      Les ninjas prirent alors la direction de Kumo, le village des Nuages. C'était l'un des villages cachés les plus inaccessible, car construit au sommet de la plus grande montagne du pays, haute de quinze mille mètres et qu'aucun nuage ne pouvait surplomber. Il tenait plus de la forteresse que du village ninja rencontré habituellement dans les autres pays, avec ses chemins escarpés et les pentes abruptes qui y menaient, rendant impossible toute progression rapide d'une trop grande armée. Toute tentative d'invasion du Pays de la Foudre s'était d'ailleurs transformé en échec dès qu'il avait été question de prendre possession de Kumo.

        Tout au long de leur ascension, le groupe pût sentir le vent se lever doucement, puis devenir de plus en plus fort, tandis qu'au loin, venant de la mer, apparurent des nuages plus noir qu'on en avait jamais vu depuis des millénaires. Le seigneur de l'ombre était en train de rassembler toute l'énergie maléfique à disposition pour recouvrir le Pays de la Foudre sous un manteau de noirceur, sous lequel ses pouvoirs seraient bien plus grands encore. Gravir la montagne fut un voyage d'une demi-journée complète, durant lequel ils traversèrent le front nuageux pour se retrouver sous un ciel entièrement dégagé, d'un bleu massif et omniprésent. Aucune neige n'avait pu être apporté jusque là-haut, et aucune plante ne parvenait à survivre sans apport d'eau, laissant le sol rocheux totalement nu et sec, presque désertique.

         Cependant, l'air était extrêmement froid, et le vent ne soufflait que plus puissamment avec l'altitude. Lorsque les ninjas arrivèrent enfin devant les grandes portes de Kumo, il soufflait si fort qu'il emportait dans les airs jusqu'à de petits fragments de pierres qui lacéraient leurs corps. Ce n'est qu'une fois entre les hauts murs du village qu'ils se sentirent enfin à l'abris.

            -  Je dois m'entretenir avec le Raikage, annonça alors Hoshigo. Pendant ce temps, l'un de mes hommes va vous conduire à un endroit où vous pourrez vous reposer. Je vous y rejoindrai plus tard.

            -