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Jeudi 21 août 2008

CHAPITRE DIX : SUZUHARA



17h48, mardi 27 novembre 2020/ section d'entraînement spécial de la Nerv, Géofront, ville de Tokyo-3, Japon.


        Cela faisait douze fois maintenant que Shinji refaisait le programme d'entraînement de base pour le pilotage de son Eva à l'intérieur de cette gigantesque pièce blanche remplie de décors factices. Cela consistait principalement en une suite d'actions qui pouvaient sembler simples pour un observateur n'ayant aucune connaissance des Evangelion, comme marcher, courir, s'accroupir, saisir un objet et le lancer au loin. Pour un pilote inexpérimenté, chacun de ces gestes nécessitait une concentration absolue, comme si un coureur de fond devait consciemment envoyer des ordres à chacun de ses muscles pour pouvoir avancer.

        Car contrairement à ce qu'un étranger pourrait croire à première vue, une Eva n'était pas un robot, mais bien un corps artificiel en tout point semblable à celui d'un humain, à part qu'il faisait une bonne centaine de mètres de haut. Contrôler ce véritable géant en armure n'était pas comme contrôler une machine avec un panneau de commande couvert de boutons, car tout se passait dans l'esprit même du pilote. Shinji avait besoin de penser à absolument chaque détail de la manœuvre qu'il voulait exécuter. C'était comme s'il ré-apprenait à utiliser son propre corps.

        La première fois, il lui avait fallut plus d'une heures pour accomplir les quinze actions du programme d'entraînement. A force de pratique, d'endurance et de persévérance, il avait réussi à faire chuter cette valeur à une trentaine de minutes. Le docteur Ritsuko, qui le surveillait depuis le début, semblait assez satisfaite de ses progrès, bien qu'elle le juge encore inapte à un autre combat contre un Ange. Misato était du même avis, et Shinji ne pouvait que leur donner raison. Il me faudra des semaines avant d'être capable de combattre. J'espère que tout se passera bien jusque là. Si un autre Ange devait apparaître, c'est Rei qui devrait piloter l'Eva-01...

            -   Bien ! fit soudain Ritsuko via la radio. Ce sera tout pour aujourd'hui. Tu peux te détendre, maintenant.

         Shinji apprécia ce moment de la même manière que s'il avait couru une journée entière. Pendant qu'il se reposait mentalement, Misato ordonna la déconnections des liens nerveux et l'éjection de l'Entery Plug. Quelques instants plus tard, le LCL (Link Connect Liquide) fut évacué par des valves spéciales et Shinji pour ouvrir l'écoutille de sortie de la Plug. Il portait sa combinaison de pilotage personnelle, sa Plug Suit, qui avait été conçue avant même son arrivée. Assez semblable à celle que portait Rei, celle-ci était de couleur bleu foncée avec des bords noirs, un ensemble de teinte que le jeune homme appréciait. Elle était conçue pour agir comme une seconde peau, transmettant au corps les sensation extérieures comme s'il était nu. Sur le dos de la main droite se trouvait un moniteur miniature permettant d'afficher l'état du porteur et des fonctions de survie de la combinaison. Sur le poignet de la même main se trouvaient également deux boutons qui servaient à pressuriser ou dépressuriser la Plug Suit, afin de la coller ou la décoller de la peau de l'utilisateur. 

       Alors qu'il était dans les vestiaires et finissait de remettre ses vêtements civils, Shinji entendit des pas dans le couloir. Lorsqu'il y sortit, il s'aperçut que c'était Rei qui se dirigeait vers la salle d'entraînement, déjà revêtue de sa propre Plug Suit blanche. Elle va s'entraîner ? A une heure pareille ?

            -   Ayanami ! fit-il en allant à sa rencontre.

            -   Qu'y a-t-il ?

       Rei s'était arrêté, mais avait à peine tourné la tête vers lui, ses yeux rouges n'exprimant toujours pas la moindre chose. 

            -   Tu vas piloter l'Eva-01 ?

            -  Oui. L'Eva-00 n'est pas encore activée, donc le commandant Ikari souhaite que je continue mon entraînement sur l'Eva-01.

            -   Est-ce que... je peux venir te voir ? Je veux dire... voir comment tu pilote ?

            -   Non.

            -   Pourquoi ?

            -   Tu n'y es pas autorisé. Excuse-moi, mais je vais être en retard.

      Rei reprit alors son chemin, sans pour autant hâter le pas. Encore un échec, pensa Shinji. Parfois, j'ai l'impression que je n'arriverai jamais à comprendre cette fille. Pourtant, quelque chose au fond de moi me donne l'impression que je la connais, que je l'ai toujours connue...




7h52, mercredi 28 novembre 2020/ université des Sciences et Techniques, ville de Tokyo-3, Japon.


       Bien qu'il soit officiellement un pilote et membre de la Nerv, Shinji devait également continuer ses études en parallèle avec son entraînement. C'était une décision du major Katsuragi Misato qui estimait que si les pilotes ne conservaient pas leur vie civile, leurs esprits ne serait pas suffisamment stables et impliqués pour contrôler efficacement les Evangélions. Shinji ne comprenait pas réellement tout le sens de cette nécessité, et se contentait d'apprécier le fait de pouvoir poursuivre ses études de sciences physiques. Car même si cela ne le passionnait pas, cela l'intéressait suffisamment pour occuper ses pensées lorsqu'il étudiait, et ainsi éviter de penser à d'autres choses qui pourraient lui faire mal.

       Le groupe d'étudiants dans lequel il avait été transféré lui parut fort sympathique à première vue lorsqu'il entra dans la salle de cours. Il y avait là beaucoup de personnes très agréables, filles et garçons, tous souriants et joyeux, à trois exceptions prête. Deux garçon ayant à peu près le même âge que Shinji demeuraient constamment à l'écart des autres, évitant les contacts en préférant rester entre eux. Le premier était un petit gars apparemment passionné de maquettes et de tout ce qui touchait à l'armée, à l'allure intellectuelle avec ses grandes lunettes rondes et ses cheveux bruns mi-longs. Le second, lui, était très grand, très sportifs, aux bras et aux épaules massives, portant des vêtements de sport alors que tous les autres garçon du groupe étaient en uniforme. Ils semblaient très complices, mais le grand lançait des regards menaçants en direction de Shinji, qui préféra les éviter.

       La troisième personne qui faisait exception à la bonne humeur générale n'était autre que Rei Ayanami. La jeune fille était assise seule à une table positionnée contre les fenêtres de la salle de cours et regardait impassiblement le paysage extérieur. Personne ne faisait attention à elle. Pendant un moment, Shinji pensa à s'asseoir à côté d'elle, mais lorsqu'elle tourna la tête vers lui, un seul de ses regards suffit au garçon pour savoir pourquoi il devait s'assoire ailleurs. Malheureusement, la seule autre place encore vide se trouvait juste devant les deux compères.  Shinji fit de son mieux pour ne pas attirer leur attention, sinon leur antipathie.

       Soudain, le professeur entra dans la salle, et tous les élèves se levèrent d'un seul homme. C'était un vieil homme de petite taille au regard presque éteint, aussi fin qu'une allumette à laquelle ont aurait enfilé une chemise. Lorsqu'il fit l'appel, Shinji fit très attention à noter le nom de ses deux voisins de derrière : le petit se nommait Kensuke Aida, et le grand Tôji Suzuhara.

        Le cours portait sur les forces d'attraction atomiques. Pendant une bonne demi-heure, Shinji suivit l'enseignement du professeur mais ne chercha pas à participer, se contentant de comprendre et d'enregistrer. C'est alors que son portable se mit à vibrer dans sa poche. Deux vibrations. C'est un message.  

        Discrètement, le garçon sortit l'appareil sous la table et afficha le texte, qui provenait de Misato :

         «  Géofront en état d'alerte. Tous les pilotes doivent rejoindre le QG immédiatement. Terminé. »

        Avant même que Shinji ne réfléchisse à un moyen d'annoncer au professeur qu'il devait quitter la salle, Rei se leva et déclara :

            -   Monsieur, je dois partir.

            -   Oh ! Très bien, Rei. Essaye de rattraper le cour plus tard.

            -   Euh... moi aussi, monsieur ! fit Shinji avec hésitation.

            -  Pensez-vous avoir les mêmes privilèges que les membres de la Nerv, monsieur Ikari ?

            -   Mais je suis de la Nerv, argumenta le jeune homme.

       Shinji fouilla alors ses poches à la recherche de sa carte d'accès, avant de se souvenir qu'il l'avait laissé dans sa voiture. Merde ! Je ne pensais pas en avoir besoin ici ! Qu'est-ce que je vais faire ?

            -   Tout va bien, intervint Rei. Il est pilote, lui aussi.

       Aussitôt, toute la salle lâcha un grand cri de surprise, suivit de nombreux chuchotements échangés entre les élèves. Et brusquement, Shinji se sentit très mal. Il n'avait jamais cherché à être un centre d'intérêt pour qui que ce soit, et préféré nettement passer inaperçu, se fondre dans la masse et ne pas se faire remarquer. Sentir autant de paires d'yeux le fixer ainsi comme s'il était un extraterrestre avait le même effet que si on lui plantait autant d'aiguilles sur le front. Mais le professeur lui évita de prolonger cette souffrance mentale en lâchant :

            -   A bon ? Alors dans ce cas, vous pouvez y aller.

            -   Merci.

       Shinji ramassa ses affaire et sortit derrière Rei qui n'avait pas prit la peine de l'attendre. Alors qu'il passait la porte, Tôji poussa un cri de douleur et s'effondra sur le sol en renversant sa chaise.

            -  Que se passe-t-il encore là-bas ? Suzuhara ! Qu'est-ce qui vous arrive tout d'un coup ?

            -   Je sais pas, monsieur... j'ai mal au ventre... Aaaah ! ... merde, ça fait mal !

            -   OK, OK, va à l'infirmerie. Kensuke ! Accompagne-le !

            -   Bien monsieur !

       Les deux garçons se levèrent alors, Tôji se tenant le ventre et Kensuke soutenant son ami comme s'il était blessé. Et alors que Shinji marchait rapidement dans le couloir principal du bâtiment à la recherche de la sortie, il entendit une voix forte l'interpeller :

            -   Hé ! Toi, le pilote ! Arrête-toi !

       Tôji Suzuhara se tenait bien droit, à quelques mètres juste derrière Shinji. Apparemment, son mal de ventre n'était qu'une simulation.

            -   Qu'est-ce que tu veux ? demanda Shinji en essayant de ne pas montrer la peur en lui.

            -   C'est toi qui a piloté l'Eva lundi ?

            -   O... oui. Pourquoi ?

        Soudain, Tôji s'avança et frappa Shinji en pleine figure, le faisant tomber à la renverse sur le sol. Alors qu'il serrait encore son poing, il lança au pilote :

            -   A cause de toi, ma frangine est à l'hosto ! Son immeuble s'est écroulé lors de ton combat parce que tu as fait n'importe quoi !

            -   Je... je suis désolé.

            -   Tu crois que ça me suffit ?! hurla aussitôt Tôji en saisissant Shinji par le col. 

            -   Mais c'est tout ce que je peux te donner, désormais.

      Shinji était sincère, mais Tôji était comme enragé. Prenant cela comme une marque de mépris envers sa sœur, il le frappa une nouvelle fois, et Shinji sentit l'une de ses dents se casser. Puis, Tôji repartit vers la salle de cour, sa colère enfin évacuée. Kensuke le suivit sans un mot, mais exprima tout de même une pointe de regret dans ses yeux.

       Lentement, Shinji se releva, essuyant le sang qui coulait de son nez.

            -  Dépêche-toi, fit brusquement la voix monotone de Rei, qui se trouvait au bout du couloir.

        Elle est restée là depuis le début ou est-elle revenue ici en voyant que je ne venait pas ? Pourquoi n'est-elle pas intervenue ? ... Mais à quoi je pense ? C'est moi normalement qui devrait me défendre tout seul. Je suis vraiment quelqu'un de faible...

        Rempli de honte, Shinji rejoignit Rei. Au fur et à mesure qu'il s'approchait de la sortie, il entendit le bruit puissant de moteurs à réaction en train de tourner à plein régime. Lorsque Rei et lui sortirent du bâtiment de physique, une navette de la Nerv était en train de voler au-dessus du campus de la faculté. C'était un gros appareil équipé à l'arrière de deux réacteurs orientables qui, lorsqu'ils étaient dirigés vers le bas, lui permettaient de faire du sur-place de la même façon qu'un hélicoptère. Tandis que les deux pilotes d'Evangélion s'approchaient, l'appareil descendit lentement et se posa sur le sol. Ce fut Rei qui monta la première, grimpant sans hésitation et par une suite de geste très mécaniques montrant qu'elle en avait l'habitude. Dès que Shinji eut embarqué lui aussi, bien plus difficilement que Rei, la navette remonta dans les airs, puis remit ses propulseurs à l'horizontal pour foncer en direction de la plus proche entrée du Géofront.

par Jack-115 publié dans : Evangélion : Children
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Mercredi 20 août 2008

CHAPITRE QUINZE



1728 unités de temps du 1er jour de l'Ere de la Révolte / pont de commandement du vaisseau-amiral sangheili Shadow of Intent.


       Alors qu'ils étaient transportés à travers la bataille vers les docks de Grande Bonté, Irul raconta à Elda ce qui s'était passé durant son absence : la découverte de Halo, sa destruction, la destitution du père de la sangheile et la montée en puissance des jiralhanaes, en finissant par la tentative de récupération de l'Index. Tout ceci n'affaiblit pourtant pas le moral d'Elda :

            -   Je suis sûr qu'il est en vie, quelque part.

            -  Les chances sont faibles, avoua Irul, mais c'est un grand guerrier. Il ne peut pas mourir aussi facilement.

            -   Commandant ! fit soudain le pilote de la navette. Nous approchons de notre objectif !

      Irul s'approcha alors du cockpit. Le Phantom dans lequel Elda et lui se trouvaient était le premier d'une formation d'au moins quinze appareils transportant tous des groupes de combat sangheilis. Ils venaient tout juste de pénétrer à l'intérieur du dôme de Grande Bonté et de passer devant les canons anti-aériens qui avaient été désactivés par les commandos déjà sur place. Les docks principaux de la Haute Citadelle était un point stratégique dans le plan d'Irul, car c'était le plus proche lieu d'atterrissage permettant de mener un assaut massif contre le sanctuaire des prophètes. Apparemment, ils avaient anticipé ce choix tactique...

      Tandis que les Phantoms approchaient, le commandant put observer les lointains échanges de tirs entre les deux factions. La bataille était colossale. Une centaine de sangheilis tenaient tête à une marée d'ungoys menés par plusieurs escouades jiralhanaes étrangement équipées. Des yanmees harcelaient les rebelles par centaines sans se soucier de leurs pertes, volant tout autour des docks pour avoir des angles de tirs dégagés sur leurs cibles, et quelques lekgolos avaient même été mobilisés en urgence pour servir de tanks vivants dans ce terrible affrontement. Les sangheilis avaient aménagé des barricades avec les caisses d'approvisionnement qui se trouvaient sur les lieux, ainsi qu'avec les débris de deux Phantoms qui avaient été abattus pour s'écraser au beau milieu des docks.

      Lorsque Irul et ses troupes débarquèrent sur les plate-formes, un officier des forces d'opérations spéciales s'avança vers lui : 

-  Lieutenant Ortul Kisamee au rapport, commandant. L'ennemi nous empêche toute progression depuis le début de l'attaque. Apparemment, ils avaient mobilisé une véritable armée à l'intérieur du sanctuaire.

            -   Vous voulez dire qu'ils savaient que nous allions attaquer ?

            -  C'est très probable. De plus, les troupes jiralhanaes portent de nouvelles armures lourdes dotées de boucliers énergétiques. Cet équipement a dû être développé en secret et acheminé très récemment.

            -   Et les prophètes ? A-t-on eut confirmation de leur position ?

            -   Oui, commandant. Ils se sont retranchés dans la salle du Conseil et attendent que la situation soit à leur avantage pour quitter Grande Bonté. Des escouades équipées de camouflages optiques ont été envoyés pour les contourner l'ennemi, mais cette tentative a échoué.

            -   Alors nous allons devoir percer leurs défenses. Ordonnez aux troupes de se préparer à l'assaut !

            -    Bien, commandant.

      Ortul repartit alors vers la ligne de front. Irul organisa la répartition de ses renforts tandis qu'Elda commençait déjà à pilonner l'ennemi sous les tirs de son fusil sniper. Ses cibles privilégiées étaient les officiers jiralhanaes, facilement reconnaissables à leurs énormes armures rouges, leurs grands casques ornementés, et l'énorme marteau qu'ils portaient sur eux. Leurs boucliers énergétiques était certes résistant, mais pas autant que ceux des troupes d'élite sangheili, car cette technologie était l'héritage des fils de Sanghelios, et ces derniers gardaient jalousement ses secrets. Ces semblants d'imitations devaient avoir été fait avec les brides d'informations récupérés par un huragok lors d'une réparation d'armure.

        Elda descendit plus de six officiers ennemis avaient que les autres ne se mettent à couvert, laissant leurs troupes se débrouiller seules. Irul utilisa immédiatement cet avantage en menant un assaut sur le flanc à la tête d'une vingtaine de sangheilis d'élite. Les boucliers dont ils étaient équipés leur permis de traverser le no man's land entre les deux armées sans subir de perte, avant de se jeter sur le plus grand nombre de jiralhanaes et déstabiliser leurs rangs.

        Car si les sangheilis étaient doués pour absolument tous les types de combats, le corps à corps était vraiment leur plus grande spécialité. Armés de leurs terribles épées à plasma, ils massacrèrent un grand nombre de ses brutes en un rien de temps. Un couple de lekgolo commença soudain à s'approcher du combat pour y employer leur incroyable force physique, mais deux tirs bien ajustés d'Elda suffit à les faire s'effondrer. Un capitain jiralhanaes voulut lui aussi participer au combat et utiliser son énorme marteau, mais il subit le même destin dénué de gloire. A part les jiralhanaes, aucune autre race de l'Alliance n'était capable de rivaliser avec le talent des fils de Sanghelios, et de toute façon, aucune autre race n'avait vraiment envie de les affronter ainsi au corps à corps...

        Irul ordonna alors au reste de ses troupes d'attaquer. L'instant suivant, une centaine de hurlements guerriers résonnèrent à l'intérieur du dôme de Grande Bontée et le sol des docks trembla sous les pas de course des puissants soldats. Le carnage fut total, les troupes jiralhanaes battants en retraite tandis qu'ils laissaient mourir leurs alliés à leur place. Des centaines d'ungoys, de kig-yar et de yanmees furent fauchés sous les tirs de plasma ou écrasé sous les coups des sangheilis, inondant le sol de leur sang. Rapidement, toute présence ennemie dans la zone fut annihilée.

         Alors qu'Irul appréciait la beauté de cette victoire, le lieutenant Ortul revint vers lui :

            -  Commandant ! Commandant, nous venons d'intercepter une transmission. Le Démon s'est introduit dans le sanctuaire des prophètes.

            -   Quoi ?

            -   Il semblerait qu'il soit apparut au beau milieu de la salle du conseil par l'effet d'une sorte de téléportation. Les prophètes ont immédiatement été évacués et semblent se diriger vers le Mausolée de l'Arbiteur et la plate-forme d'atterrissage numéro 7.

            -   Ils vont quitter Grande Bonté, ragea Irul en serra le poing. Nous devons progresser vers le Mausolée et les intercepter sans tarder. Y avait-il autre chose dans cette transmission ?

            -  Oui, commandant. Il semble que, peu de temps après son apparition, le Démon a introduit une IA humaine dans le système informatique de Grande Bonté. De plus, il a également réussi à libérer des prisonniers humains qui se trouvaient dans le quartier de détention privé des prophètes.

       Irul n'arrivait pas à comprendre pourquoi les prophètes avaient pris la peine de faire de tels captifs. Depuis le début de la guerre contre les humains, ils avaient été fermement hostile à toute forme de contact autre qu'hostile à leur encontre. Toutes les troupes de l'Alliance avaient eut pour consigne de ne jamais faire de prisonniers. S'ils ont agis ainsi, c'est qu'ils devaient avoir leurs raisons. J'espère juste que ces humains ne nous causerons pas de problèmes...

            -   L'IA humaine pourra peut-être ralentir les prophètes, et ainsi servir notre cause. Le Démon en lui-même n'est pas une menace directe pour nous. Continuons-donc selon le plan.

       En effet, le Mausolée de l'Arbiteur se trouvait presque à équidistance entre la salle du conseil et les docks principaux de la Haute Citadelle. Les prophètes ne pouvaient pas avancer très rapidement sur leurs fauteuils gravitationnels, et il était peu probable que le Démon progresse aussi vite qu'une armée de sangheilis. Les chances sont de notre côté. Il n'y a aucune raison pour que nous échouions.

      C'est alors qu'Elda courut vers Irul et lui annonça d'une voix pleine de joie :

            -  Irul ! Les troupes débarquées sur Halo viennent de nous contacter : mon père est vivant.

            -   Vraiment ?

-   Il se trouve non loin de la salle de contrôle ! Il a pris le commandement de l'attaque là-bas !

            -   C'est une excellente nouvelle ! Essaye d'entrer en contacte avec lui, afin qu'il nous prévienne de tout nouvel évènement de son côté. J'ai besoin de savoir précisément ce qui se passe pour chaque partie de notre bataille.

            -   D'accord, fit la sangheile. Je vais faire de mon mieux.

       L'armée sangheili progressait rapidement dans la Haute Citadelle, ne rencontrant que des semblants de résistances constituées principalement d'embuscades maladroites. Irul savait que l'ennemi allait rassembler l'essentiel de ses forces devant le mausolée, ou peut-être un peu avant, afin d'opposer le maximum de résistance pour permettre la fuite des prophètes. Et alors qu'ils traversaient les immenses bâtiments et les énormes ponts surplombant la ville basse de Grande Bonté, les sangheilis ne pouvaient s'empêcher de ruminer leur colère contre ceux qui les avaient trahis. Irul lui-même n'était pas à l'abris de la colère, et seule la vue d'Elda parvenait à le maintenir calme, à lui garder les idées claires et lui permettre de réfléchir à la suite des évènements.

        C'est alors qu'un évènement totalement inattendu survint tout à coup : un flash aveuglant illumina le dôme de Grande Bonté, comme si un soleil miniature venait de naître en son sein. C'était une porte de sortie du sous-espace. L'instant suivant, une frégate humaine en sortit et vola en cercle dans le petit espace confiné où elle était apparu, larguant immédiatement plusieurs dizaines de navettes de transport Pélicans qui se dispersèrent dans toutes les directions. Qu'est-ce que cela veut dire ? pensa Irul. Les humains ne sont pas capables d'effectuer des sauts aussi précis dans le sous-espace ! De plus, cela ne ressemble pas à une stratégie humaine que de disperser ainsi ses troupes. Quelque chose cloche avec ce vaisseau...

      Soudain, la frégate prit un violent virage et plongea droit vers les bas quartiers de Grande Bonté, pour aller s'écraser au milieu des bâtiments administratifs et les secteurs d'habitations. Le vaisseau creusa une tranché de plusieurs centaines de mètres le long de l'une des voies principales de communications, où devait certainement se trouver des milliers de membres de l'Alliance, militaires et civils, et termina sa course contre la grande tour du centre de formation spécial des troupes kig-yar. Une traînée de flamme remplaça les éclairages publiques qui s'étaient trouvé là, tandis qu'une colonne de fumée s'éleva de l'épave pour se répandre dans l'atmosphère normalement sain de Grande Bonté. 

            -   Mais qu'est-ce qui se passe, par Sanghelios ! s'écria Irul.

            -  Commandant ! paniqua soudain Ortul. Nous avons confirmation que des Parasites sortent de l'épave du vaisseau humain ! Les navettes de transport sont infectées elles aussi !

            -   On non, pas ça !

            -   Que fait-on, commandant ?

            -  On accélère ! Récupérons l'Index et quittons cet endroit avant que les choses deviennent incontrôlables. Que toutes les troupes sangheilis encore sur Grande Bonté et ne participant pas à notre opération doivent être évacuée immédiatement, même s'il faut sacrifier une centaine de navettes pour cela !

            -   Bien, commandant !

      Mais brusquement, un transporteur de troupes Pélican surgit de derrière le bâtiment devant l'armée sangheili et fonça sur eux. Irul donna aussitôt l'ordre de se disperser, mais quelques malheureux guerriers n'eurent pas le temps de s'écarter, et furent écrasé par l'appareil lorsque celui-ci se crasha. Sachant ce qui allait se passer, le jeune commandeur se précipita vers l'épave, Elda le suivant de près. Tirant son épée plasma, il se jeta sur les quelques organismes de combat parasites qui se trouvaient dans la soute de l'appareil, tandis que sa bien-aimée le couvrait de ses tirs mortels. Pas une seule des horreurs qui avaient été ainsi transportée ne put infecter le moindre sangheili. Nous devons faire vite, compris Irul. Dans quelques instant, la moitié de la population de Grande Bonté sera infectée, et les troupes de l'Alliance qui se trouvent ici ne suffiront jamais à contenir l'invasion. Quoi que nous fassions, cette citée est perdue. Finissons-en et quittons cet enfer !

par Jack-115 publié dans : La Saga du Guerrier de la Foi
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Mardi 19 août 2008

CHAPITRE DOUZE



1848 heures, 18 septembre 2552 (calendrier militaire) / Navette de transport Pélican volant à la surface de Halo.


       Deianeira avait analysé en détail la topographie de l'anneau durant leur approche, et avait repéré plusieurs zones qui pouvaient constituer d'excellentes forteresses grâce aux étranges structures qui s'y trouvaient. En utilisant ses connaissances des tactiques covenantes, l'IA établit les probabilités de résister à un assaut réglementaire dans chacun de ces abris, ainsi que les avantages stratégiques que ces derniers pouvaient prodiguer, et finit par en choisir un. Un centième de seconde plus tard, elle transmis les coordonnées à chacun des sept Pélicans qui transportaient l'ensemble des spartans et SIS, en dehors de ceux restés sur Sparte-II.

       La zone choisie par Deianeira était un complexe partiellement souterrain situé dans une région glaciaire, dont le rôle semblait être d'évacuer l'excès de chaleur dégagé par les autres installations de l'anneau. En fait, la seule partie émergée de ce complexe était un grand pont traversant une large et profonde crevasse pour le relier aux installations énergétiques situées plus loin. Cet endroit avait deux avantage : le premier était que l'énorme quantité de chaleur évacuée brouillait la plupart des scanners de la flotte ennemie, et le second que l'unique moyen d'y accéder était justement le pont, qui n'était pas assez long pour permettre un débarquement massif et serait donc facilement défendable. Les Pélicans des spartans durent y être déchargés deux à deux avant d'être dissimulés dans l'abîme sous le pont. Une équipe de dix SIS fut laissée avec les appareil afin de les surveiller et de les amener à la base des spartans si besoin.

      Pendant ce temps, la flotte covenante s'était déployée tout autour de l'anneau et avait débarqué plus de troupes qu'il n'était nécessaire pour occuper une planète entière. Leurs mouvements laissaient penser qu'ils savaient très bien ce qu'ils faisaient, et c'était plutôt inquiétant. C'est pourquoi Fred convoqua les chefs d'équipes spartans pour faire le point sur la situation. Il avait eut la bonne idée d'emporter l'une des bornes d'affichage holographique de l'Aegis Fate, afin que Deianeira puisse l'utiliser à son aise, ce qu'elle appréciait pleinement.  Les trois autres leaders spartans n'avaient toujours pas retiré leurs armures de combat, comme s'ils savaient qu'ils n'auraient pas le temps de se reposer.

            -  Bien, commença Fred. Tout d'abord, Kelly, est-ce que tu peux nous dire plus précisément ce que nos ennemis ont l'intention de faire ?

            -   Je ne sais pas comment fonctionne l'arme de Halo, avoua la spartan, mais je sais comment l'activer. Les covenants ont besoin d'un objet, l'Index, qui est conservé dans une structure particulière nommée la Bibliothèque, qui est elle-même située au cœur d'une zone de quarantaine protégée par un mur de confinement. L'Index est une sorte de clé d'activation qui doit être entrée dans les ordinateurs de la Salle de Contrôle de Halo pour engager la procédure de mise à feu. 

            -   Daneira ! fit aussitôt Fred. Est-ce que tu peux localiser ces deux structures sur la carte que tu as établie ?

      Immédiatement, l'IA tendit le bras et une représentation holographique de Halo sortit de sa main pour s'agrandir devant elle. Un triangle rouge clignotait à un point précis de l'anneau.

            -   Pour ce qui est de la Bibilothèque, la description de Kelly ne correspond qu'à une seule structure. Mais en ce qui concerne la Salle de Contrôle, il me faudrait des plans plus précis. Si je pouvais mettre la main sur les schémas informatiques de cette station, cela serait beaucoup plus facile.

            -   On s'en occupera plus tard. Si nous parvenons à mettre la main sur cet Index, voir même à le détruire, les covenants ne pourrons plus utiliser l'arme de Halo. Contacte les Pélicans et ordonne à trois d'entre eux de venir ici immédiatement !




1852 unités de temps du 87ème jour de la neuvième ère de la Reconquête, Marche du Silence/ navette de transport Phantom en approche de la Salle de Contrôle de Halo.


      Le bâtiment de la salle de contrôle était loin d'être aussi magnifique que le commandant Urda l'avait imaginé. Située au beau milieu d'un désert de plusieurs milliers de kilomètres carrés, c'était une sorte d'épingle de métal plantée dans cette mer de dunes sableuses. Sa structure verticale devait faire plus d'un kilomètre de haut, et à peine une cinquantaine de mètres de diamètres. De l'extérieur, on pouvait voir les nombreux escaliers qui permettaient de grimper jusqu'au sommet, sur lequel se trouvait une plate-forme d'atterrissage ovale. La navette d'Urda y débarqua le commandant et son escorte, tandis que deux autres appareils firent descendre une escouade de combattant d'élite et un groupe d'ingénieurs Huragoks qui avaient pour objectif d'étudier la structure.

       La salle de contrôle se trouvait à peine quelques étages en dessous du sommet, mais lorsque Urda pénétra à l'intérieur, il eut l'impression que son cœur s'était arrêté. C'était une véritable cathédrale.

       La lumière du soleil pénétrait par une série de grand vitraux bleus sur lesquels courraient des symboles faits de pure énergie, tandis qu'à l'intérieur plusieurs murs étaient couverts d'inscriptions holographiques bleus électrique. De grandes colonnes ornementées soutenaient des plate-formes circulaires entourant une représentation holographique de Halo. Sur la plus haute d'entre elle se trouvait une série de panneaux de contrôle lumineux, qui étaient probablement le lieu d'insertion de l'Index. Urda était émerveillé devant tant de magnificence.

            -  Que les ingénieurs commencent le travail de décryptage ! ordonna-t-il subitement. Qu'ils découvrent la position de la Bibliothèque le plus rapidement possible !

       Les Huragoks se mirent promptement au travail, très excités de pouvoir examiner la surprenante technologie des forerunners. Conformément aux exigences du commandant, la moitié d'entre eux flotta jusqu'à la carte holographique de Halo tandis que l'autre moitié se répartit les diverses inscriptions murales. Pendant ce temps, les sangheilis prirent le temps de contempler l'œuvre des dieux.

        Mais Urda ne put se permettre un tel divertissement. Le commandant s'éclipsa dans les étages inférieurs de la tour afin de trouver un coin d'ombre, où il pût sortir les deux Régulateurs qu'il avait dissimulé dans les logements de son armure. Aussitôt qu'ils se trouvèrent à l'air libre, Vigilant Failure lâcha dans l'esprit d'Urda :

             < Je peux lire en vous comme dans un livre, commandant Urda Sandomee. Vous voulez que je vous aide à activer cette installation et à détruire vos ennemis, mais je refuse d'aider à un tel génocide.

            -   Vous avez été conçu pour ce jour, Régulateur, répliqua le sangheili. Ne cherchez pas à échapper à votre destin.

         > Mais oui, Failure, renchérit l'autre IA dont le cristal brillait toujours d'une lueur rouge sombre maléfique. C'est notre rôle. Pourquoi cherche-tu tant à protéger ces faibles espèces inutiles, des hôtes potentiels du Parasite.

            < Caution Eclips... mon frère... Alors tu es prêt à détruire les descendants de nos créateurs de ton plein grés ?

            >  Même s'ils sont leurs descendants, le fait est qu'ils ne sont pas nos créateurs. Leur existence n'est qu'un facteur d'incertitude. Nous devons réguler les espèces de cette galaxie, dont les civilisations sont aujourd'hui sur le point de s'avérer dangereuses concernant le Parasite. Elles constituent d'excellents vecteurs à une infections. Si nous ne faisons rien, une autre catastrophe arrivera.

            -   L'univers est trop vulnérable, ajouta Urda. Dans une situation de conflit entre tant de races à la technologique avancée, les conditions sont favorables à une expansion du Parasite à la moindre erreur. La galaxie ne doit connaître qu'une seule race maîtresse, et les sangheilis sont les plus puissants combattant existant à ce jour. Nous sommes les plus à même de combattre le Parasite, et de lui résister par la force et la foi !

       La lumière de Vigilent Failure diminua, comme s'il cherchait à se faire oublier. Mais en fait, il réfléchissait. Ses facultés de calcule phénoménales lui permirent de simuler plusieurs centaines de milliers de situations galactiques en à peine quelques instants, et de finalement comprendre que Urda et Caution Eclipse avaient raison : s'ils n'agissaient pas, le Parasite finirait par se répandre. Et cela entrait en contradiction avec ses protocoles.  

            <  D'accord, déclara-t-il finalement dans l'esprit d'Urda. Je vais vous donner la suprématie absolue sur toutes les races de l'univers. Posez votre main sur moi.

par Jack-115 publié dans : Halo Destiny
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Mardi 19 août 2008
Comme vous avez pû le remarquer, la colonne de droite de ce blog vient de s'enrichir d'une présentation des futures publications, qui est rafraîchie à chaque nouveau chapitre écrit. Cela m'a permi d'établir un cycle d'écriture bien précis en six parties :

  1. Naruto et la Main de l'Ombre
  2. Evangelion, Children
  3. L'Ere de la Révolte
  4. Naruto et la Main de l'Ombre
  5. ILLUMINATI
  6. Halo Destiny

Cet ordre a plusieurs fonctions par rapport à mon travail : la première est de me faciliter l'écriture des nouveaux chapitres en me rappelant quelle fanstories doit être écrite chaque soir, et ainsi me permettre de réfléchir longtemp à l'avance sur ce que j'y écrirai (évênements, répliques, caractéristiques spéciales et autres détails à préparer à l'avance). Cela me permet donc de réfléchir à chaque chapitre durant la journée puis de tout écrire le soir, et ainsi de publier presque un chapitre par soir. La seconde fonction est de m'obliger à écrire pour absolument toutes les fanstories encore incomplètes et donc de ne laisser aucune histoire en souffrance (ce qui est souvent arrivé par le passé...). Et enfin, cela me permet également de favoriser une fanstories en particulier selon la priorité de l'instant, et qui dépend de facteurs personnels comme vous allez le voir.


Et j'en viens donc au petit changement de programmation qui va être effectué. Jusque là, la fanfiction privilégiée par l'ordre d'écriture actuel était Naruto et la Main de l'Ombre. Mais ces derniers temps, malgré les fréquentes publications de nouveaux chapitres dans lesquels je me suis beaucoup investi, aucun commentaire n'a été posté dans sur cette fanfiction. Et à l'opposé, l'Ere de la Révolte connaît un assez grand succès parmi les fans de Halo qui m'ont toujours fait partagé leur enthousiasme. Du coup, je change l'ordre de publication à partir d'aujourd'hui :

  1. L'Ere de la Révolte
  2. Evangelion, Children
  3. Naruto et la Main de l'Ombre
  4. L'Ere de la Révolte
  5. ILLUMINATI
  6. Halo Destiny

Donc désormais, c'est l'Ere de la Révolte qui sera publiée deux fois plus rapidement que les autres fanstories, jusqu'à ce que cette histoire soit terminée ou qu'il y ait un nouveau changement de priorité. Mais de toute façon, l'Ere de la Révolte est la fanstories qui est la plus avancée, et donc la plus proche d'être terminée (sauf allongement du scénario ^^). Notre célèbre Irul Sulamee va avoir du boulot, et j'en profite donc pour remettre une image qui a beaucoup plû aux fans.

A plus tard pour vos fanstories préférées !

 
par Jack-115 publié dans : informations diverses
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Lundi 18 août 2008

CHAPITRE DIX : INFILTRATION SUR TLOSMA-II



        Peu de personnes peuvent imaginer à quel point l'Imperium de l'Humanité est grand. L'étendu de cet empire est d'une telle dimension qu'il intègre des mondes d'une diversité incroyable, possédant chacun leurs richesses, leurs dangers, et leurs particularités. Ceux qui ont les moyens de visiter un assez grand nombre de planètes savent qu'on peut rencontrer à peu près tout ce qui est imaginable dans cet univers, et que même l'imagination humaine peut souvent se retrouver surprise, impressionnée ou même totalement dépassée.

         Tlosma-II faisait partie de ces mondes qui dissimulait bien des bizarreries. Cette grosse planète terrigène avait autrefois été un monde verdoyant à la production agricole ultra-intensive capable d'alimenter plus d'une centaine de milliards d'individus. Mais une vingtaine d'années auparavant, Tlosma-II fut attaquée par une énorme flotte ork du clan des Bad Moons, qui entra dans l'histoire comme l'invasion la plus rapidement et la plus facilement annihilée. Car le big boss qui avait mené cette Waaahg avait voulu sortir du Warp aussi près que possible de la planète, afin de ne pas être trop longtemps sous le feu des vaisseaux impériaux et d'engager rapidement des manœuvres d'abordages. Il s'était entouré d'un grand nombre de ce qu'on peut considérer comme des « savants » orks, qui avaient reçu pour tâche d'établir les paramètres d'approches. Leurs calcules avaient été parfaits à une exception prêt : il ne savaient pas où se trouverait la lune de Tlosma-II lorsqu'ils arriveraient.

          L'astre satellite s'était trouvé à moins d'un kilomètre juste devant leur point de sorti, et la vitesse à laquelle ils furent expulsés du Warp ne leur avait pas permis de l'éviter. Les vaisseaux de combats, qu'ils aient été de simples frégates ou de puissants destroyers, avaient été entièrement oblitérés une fraction de seconde plus tard. Mais les quelques dizaines de rocks avaient eut un impact totalement inattendu. Ces énormes astéroïdes que les orks utilisaient pour envahir une planète en les faisant s'écraser dessus avaient percuté la lune si violemment qu'elle fut déviée de son orbite de gravitation. Attirée par la force gravitationnelle de Tlosma-II, elle s'était écrasé sur la planète et s'y était enfoncé profondément pour oblitérer la moitié de sa masse.

         Depuis ce jour, ce monde avait totalement changée. Il était désormais connu sous le surnom d'Extrémia. Il ne tournait sur elle-même qu'à raison de 493 jours standards par cycle, et son sol autrefois verdoyant avait été transformé à jamais en un désert de roches où rien ne pouvait plus pousser. Mais l'Imperium avait insisté pour qu'une population de mineurs soient implantés sur cette planète pour y extraire les précieux matériaux mis à nu par l'impacte lunaire. Du moins, tant qu'il était encore possible d'y survivre.

         Car ce monde portait très bien son nom. Extrémia était en même temps une fournaise et un glaçon. Sa surface était en permanence divisée en deux, avec un côté calciné par l'énergie solaire, et l'autre totalement gelé, leur limite ne se déplaçant que très lentement. Cette fine bande d'équilibre était d'ailleurs le seul lieu encore habitable sur cet enfer, où ses quelques colons vivaient sur d'énormes citées mobiles avec d'innombrables équipement de forage et d'exploitation minière. Tandis que d'un côté, le soleil chauffait la surface sans jamais lui permettre d'évacuer l'énergie, de l'autre, une nuit qu'on pourrait penser éternelle faisait geler la moindre goutte  de sueur.

         Et c'était sur cet enfer que nous nous étions retrouvés obligés de mettre les pieds.


      Grâce à ses énormes ressources, Meldios avait réussi à établir plusieurs bases souterraines sur Extrémia, qu'il occupait selon celles qui étaient exposées ou non à la fureur du soleil de ce système. Il avait également réussir à soudoyer suffisamment de hauts dirigeant des citées minières de la planètes pour que les villes ne s'approchent jamais de ses résidences privées. Mais malheureusement pour lui, un ancien officier de l'Arbites qui avait récemment pris sa retraite loin de cet enfer avait confié à Fidge les sombres affaires qui se tramaient sur Extrémia. Deux semaines de voyage plus tard, je mettais le pied sur la surface gelée de l'ancienne Tlosma.

       Bien que les conditions y soient effectivement extrêmes, il était possible de survivre pendant un certain temps sur ce côté-ci de la planète, mais pour cela, il fallait un équipement approprié. Je portais donc sur moi plusieurs unités thermogénératrices dispersées sur l'ensemble de mon corps, le tout recouvert d'une combinaison étanche qui limitait au maximum la perte de chaleur, et dont le casque était équipé d'une vision nocturne. Dans un paquetage accroché à mon dos, je portais mes armes et autres équipements destinés à combattre mes ennemis une fois arrivés dans la base. Mais malgré tout cela, je n'avais qu'une autonomie thermique de cinq heures, et cela faisait déjà plus de trois que je marchais vers mon objectif. Franck m'avait déposé avec Eric et Fidge à une vingtaine de kilomètres de l'endroit où était sensé se trouver Meldios afin que les capteurs ennemis ne détecte par le Phoenix.

         L'impacte de l'ancienne lune de Tlosma-II avait retiré presque la moitié de la masse planétaire, divisant la force de gravitation par deux. Nous progressant par bonds de quatre ou cinq mètres dans nos combinaisons, mais chacun de nos mouvement était incroyablement ralenti, ce qui finissait par devenir exaspérant.

            -  On est encore loin de l'objectif ? me demanda soudain Fidge.

            -  On ne devrait plus trop tarder à l'apercevoir, fis-je en vérifiant mon scanner.

       Et effectivement, lorsque nous atteignîmes la butte suivante, nous pûmes voir au loin les quelques installations de surface de la base secrète de Meldios : quatre petits bâtiments de matériaux isolants d'à peine deux étages, protégés des vents glacials par la vallée dans laquelle ils se trouvaient. Des traces de chenilles encore fraîches, en provenance de la ville la plus proche, menaient à un hangar à véhicule dont la large porte blindée était baissée. Tout autour, on avait creusé une profonde tranchée dans la roche et, juste derrière, des tourelles automatiques balayaient la zone de leurs batteries de détecteurs en tout genre.

       Je sortis une paire de jumelles de mon sac et les tendis à Fidge pour qu'il examine en détaille ces appareils. Il leva la visière de son casque et observa attentivement le système de défense ennemi pendant presque une minute, avant d'annoncer :

            -  Ce sont des tourelles automatiques de model Clox-7, avec capteurs de mouvement, auspex bio-détecteurs et un auto-canon capable de tirer sur 360 degrés. De vrais petites merveilles.

            -   Comment on les évite ? lui demandai-je.

            -   On ne les évite pas, on les explose.

            -   Et c'est facile ?

            -  Pour quelqu'un qui s'y connaît, oui. Leur blindage les protège d'à peu près tout type de projectiles, à part les obus ou roquettes explosives, bien sûr. Mais elles possèdent tout de même un point faible au niveau du capteur de mouvement. Une balle bien ajustée peut passer par là pour mettre ses circuit principaux en miette.

       Immédiatement, je me tournai vers Eric, mais celui-ci avait déjà commencé à sortir les différentes pièces son fusil sniper hors de son paquetage et à les monter ensemble. L'opération ne lui prit qu'une minute. Puis il alluma ses instruments de mesure, qui analysaient la densité de l'air, la pression atmosphérique, et autres éléments susceptibles d'affecter la trajectoire de ses balles. Lorsqu'il lu les données qu'affichaient les écrans, il sut immédiatement quelle correction il devait appliquer, et régla la lunette de son fusil en conséquence. Enfin, il prit position au sommet de la bute.

            -  A quoi il ressemble, ton capteur de mouvement ? demanda-t-il à Fidge.

            -  C'est la petite sphère située en bas à droite du canon, à trois centimètres environ. Elle fait dans les cinq centimètres de diamètres.

            -  Je l'ai.

      Une seconde plus tard, il tira, et mit en plein dans le mille. Cinq coups de feu plus tard, la défense ennemie était entièrement neutralisée.

            -  C'est bon, nous dit-il. On peut y aller.

       Le terrain tout autour de la base était très accidenté, avec de nombreux éboulis de pierres dont certains avaient fondu puis gelé, créant des flaques de minéral vitreux sur lequel je manquais de glisser plusieurs fois. Après avoir franchis la tranchée en l'escaladant entièrement, nous parvîmes finalement devant l'un des bâtiments de surface. Reprenant mon scanner en main, je dirigeais mon équipe vers la source du signal qui nous avait amené jusqu'ici. Cela nous mena devant le hangar à véhicules, dont la porte imposante ne semblait pas enclin à nous laisser entrer.

      Fidge s'en approcha calmement et frappa une série de coups rythmés sur le blindage glacé et, quelques secondes plus tard, la porte s'ouvrit lentement. De l'autre côté nous attendait Rayne.

      Bien que les moyens de Meldios soient particulièrement importants, la survie sur Extremia demandait énormément d'énergie, et il fallait parfois que ses hommes effectuent des voyages de ravitaillement pour apporter de nouveaux noyaux ioniques pour les générateurs de la base. Rayne avait donc profité de l'une de ces expéditions pour se loger dans le maigre espace libre du compartiment moteur d'un transport blindé qui l'avait amené ici. Elle avait ainsi infiltré la base et facilité notre entrée en amenant avec elle un émetteur longue portée.

            -  Tu ne nous as pas attendu trop longtemps, mon cœur ? lâcha Fidge en la prenant dans sa bras.

            -   J'ai à peine eu le temps de m'ennuyer, répondit-elle en souriant.

       Abandonnant le froid glacial de la nuit d'Extrémia, nous pénétrâmes dans le hangar et j'enclenchai la fermeture de la porte. Jusque là, tout s'était passé comme prévu.

par Jack-115 publié dans : ILLUMINATI
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