Profil de Jack-115




Nom : Comeau-Montasse

 

Prénom : Thibault

 

âge: 22 ans

 

job: étudiant (BTS Contrôle Industriel et Régulation Automatismes)

 

localisation: Tronville, Meurthe-et-Moselle, Lorraine, France, Planète Terre, réalité n°246820 de la simulation créatrice

 

passions: musique, jeux vidéos, warhammer, et bien sûr, écriture 


M'ECRIRE


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Mardi 4 novembre 2008 2 04 /11 /2008 13:19

CHAPITRE TREIZE : PLEINE LUNE



21h46, mercredi 28 novembre 2020/ base temporelle de la Nerv, banlieue de Tokyo-3, Japon.


    Le ciel nocturne était totalement dégagé, laissant les étoiles et la pleine lune devenir les seuls éclairages du Japon alors que l'électricité était coupé à travers tout le pays. De tous côtés, on ne voyait plus une seule lumière, comme si la civilisation avait brusquement disparut. Et alors qu'il observait ce paysage obscure, cette lande ramenée l'espace d'une nuit aux lois naturelles, Shinji tenta d'imaginer ce que serait la Terre sans les hommes. C'est tellement plus paisible, tellement plus vrai. L'Humanité a bouleversé l'équilibre en créant ses propres lois, son propre monde de métal, de machines et d'espaces virtuels. Peut-être que nous méritons de disparaître pour cela...

     Le garçon était assis sur la plate-forme menant aux Entery Plug des Evas 00 et 01, déjà vêtu de sa Plug Suit. Ses jambes se balançaient à une centaine de mètres au-dessus du sol tandis qu'il ne se lassait pas de contempler l'horizon entièrement éteint de cette partie du Japon, où un tout autre monde aurait put exister, sans les hommes. Il jouait avec son imagination en remplaçant toutes les constructions artificielles noyées dans l'obscurité par d'immenses forêts ou des collines vertes entre lesquelles courraient des ruisseaux sous un air plus respirable que celui-ci. Mais l'image terrifiante de Ramiel le ramenait toujours à la réalité. Le système d'éclairage qui avait été pointé sur l'Ange était l'une des rares choses qui étaient restée alimentée depuis la coupure nationale de courant. Shinji réalisa peu à peu l'énorme quantité d'énergie qui était en train d'être accumulé dans les énormes batteries reliées à l'arme qu'il allait bientôt manipuler avec son Eva, et la responsabilité que cela impliquait. Il y a encore quelques semaines, j'avais l'impression que rien ne changerait si je disparaissait. Mais maintenant, c'est beaucoup trop d'un coup...

       Soudain, Shinji entendit quelqu'un en train de grimper à l'échelle pour le rejoindre sur la plate-forme. Quelques instants plus tard, Rei posa le pied sur la surface métallique dans un enchaînement de geste presque robotique et silencieux.

            -    Ayanami ! lâcha le garçon sans réussir à ajouter autre chose.

            -  Il y a un changement de plan, lui annonça-t-elle immédiatement. C'est moi qui vais devoir effectuer le tir, et tu devras me couvrir.

            -   Quoi ? Mais... pourquoi ?

            -   C'est un ordre du commandant ?

       Mon père ? Mais pourquoi veut-il modifier la stratégie du major ? Elle m'avait expliqué que comme j'avais le plus fort taux de synchronisation avec mon Eva, c'était moi qui avait le plus de chance de réussir le tir. Quelle peut être la raison de mon père ?

       Rei s'avança vers son Eva pour poser délicatement sa main dessus et, pendant un court instant, Shinji put clairement la voir parler tout bas au géant, comme si elle lui adressait une prière. Une fois de plus, il ressentit cette énorme différence entre elle et lui, ce gouffre insondable et infranchissable qui les séparaient. C'était comme si elle venait d'un autre monde, un monde où les sentiments étaient interdits. Avant de la rencontrer, je trouvais ma vie incroyablement triste. Mais maintenant, je m'aperçois que je ne savais même pas ce qu'était réellement la tristesse. Rei est tellement... seule. Je n'aurais jamais put imaginer rencontrer quelqu'un comme elle, si jolie et pourtant si... seule.

      Soudain, Shinji réalisa ce qu'il venait de se dire à lui-même. Le regard rivée sur Rei, il ressentit peu à peu quelque chose le lier à elle, l'attirer vers elle comme si leurs âmes avaient été capturées sous une même toile par le destin. Au-delà de leurs rôles de pilotes d'Evangelion, ils semblaient avoir bien plus en commun qu'à première vue. Et plus il la regardait, plus il la trouvait jolie. Il faut que je lui parle. Ce sera peut-être la dernière fois que je le pourrais...

            -   Rei ! Tu... tu n'as jamais peur, quand tu pilotes l'Eva ?

            -   Je ne sais pas.

      Cette réponse ne manqua pas d'étonner Shinji : 

            -   Quoi ?

            -   Je ne sais pas ce que signifie « peur ».

       Shinji se sentit brusquement envoyé à des milliers d'années-lumière de là, ressentant à nouveau le gouffre entre Rei et lui s'étendre à l'infini. Il ne savait plus quoi dire. Que... qu'est-ce que je suis sensé répondre à ça ?

            -   Et toi, Shinji ? fit lentement la jeune fille. Est-ce que tu as... peur, quand tu pilotes l'Eva ?

            -   ... Toujours.

            -   Alors peut-être que tu pourras m'apprendre ce que c'est, si nous survivons.

      Un sourire apparut pour la première fois depuis longtemps sur le visage de Shinji lorsqu'il vit cette occasion de se rapprocher la First Child. Puis il réalisa soudain ce qui se passait. Mon père... il a échangé nos rôles de façon à ce que ce soit Rei qui devienne la cible de l'Ange. L'Eva portant le bouclier ne représente aucune menace, et Ramiel ne s'en préoccupera donc pas, mais par contre il utilisera toute sa force pour éliminer celui qui portera le fusil à positron. Est-ce que mon père aurait fait ça pour me protéger ?

            -   Rei... Pourquoi pilotes-tu l'Eva ?

-   Parce que je n'ai rien d'autre. Je suis née pour piloter l'Eva. Si j'arrête d'être pilote, alors il ne me reste plus rien.






        Rei n'avait pas l'habitude de parler d'elle-même. A vrai dire, aussi loin qu'elle se rappelle, personne ne lui avait poser de question sur ce qu'elle pensais ou sur ses raisons d'être. Le commandant se soucie peut-être beaucoup de moi, mais pas de la même façon. Il s'inquiète plus de savoir si je suis en état de piloter, ou si mon taux de synchronisation avec l'Eva reste stable. Ce que je suis ne l'intéresse pas. Je ne suis qu'une poupée qu'il utilise à son grés. Une poupée remplaçable...

         Pourquoi Ikari Shinji me pose-t-il ces questions ? Ce que je suis n'est pas important pour lui. Que je lui réponde ou non, cela n'augmentera pas nos chances de survie pour ce combat. Alors pourquoi ? Pourquoi veut-il me connaître ? Pourquoi est-il venu dans mon appartement l'autre jour ? Est-ce que les humains sont instinctivement poussés à questionner les autres pour éviter de se questionner eux-même ?

        Pourtant... j'ai l'impression que cela me fait du bien de parler de moi à Shinji. Je n'avais jamais parlé ainsi à quelqu'un d'autre, à part mon Eva. Ce sont... les liens. J'essaye de créer des liens avec les choses qui me paraissent importantes. L'Evangélion... le commandant...

          Et Shinji ?

       Soudain, la montre intégrée à la Plug Suit de Rei vibra et, comme si elle répondait à une ligne de programmation, la First Child se leva pour se diriger vers son Eva. Mais alors qu'elle posait la main sur l'Entery Plug, quelque chose l'arrêta, une sensation étrange qui lui demandait de se retourner vers Shinji. Le garçon était toujours là, assis sur la plate-forme, les yeux fixés sur elle dans une expression qu'elle ne parvenait pas à déchiffrer. Pourquoi ne monte-t-il pas dans l'Eva ? C'est l'heure. Nous devons agir suivant le plan. Qu'est-ce qui le retient là ? Est-ce que c'est... moi ?

            -   Rei ! fit soudain le garçon. Je ne te laisserai pas mourir ! Tu entends ? Je te protègerai !

       Bien que la jeune fille ne savait pas comment réagir face à un tel geste, elle sentit en elle que quelque chose de nouveau était en train de naître. Un nouveau lien. Puissant, réel, et mystérieusement familier, ce lien n'avait rien à voir avec les autres. Shinji... me protègera.  

            -   A revoir, Shinji.

       Et Rei pénétra dans l'Entery Plug dont l'écoutille se referma automatiquement derrière elle. Lorsqu'elle s'assis sur le siège de pilotage, le système d'activation de l'Eva-00 se mit en marche. Les écrans de contrôle s'illuminèrent tandis que l'habitacle était rempli de LCL et que des millions de programmes étaient enclenchés pour libérer une à une les connexions nerveuses. Comme à chaque fois, Rei ferma les yeux et se concentra pour se synchroniser avec l'Evangélion. Mais au beau milieu de la séquence, une erreur survint. L'activation fut stoppée et le système revint aussitôt à l'état de veille.

            -  Rei ! fit la voix du major Misato à travers la radio. Que se passe-t-il ? Ta synchronisation a brusquement chuté !

            -    Je... je crois que j'étais perturbée.

            -    On va relancer le système. Essaye d'être plus concentrée cette fois.

            -    D'accord.

      L'activation redémarra quelques instants plus tard. Afin de ne pas répéter son erreur, Rei décida de réciter mentalement la prière qu'elle adressais généralement à l'Eva dans de pareilles circonstances. Chère sœur. Laisse-moi m'unir à toi une fois de plus. Laisse-moi devenir ton esprit afin que tu deviennes mon corps dans le combat que je dois mener. Je suis toi. Tu es moi. Deux esprits jumeaux dans un même corps artificiel. Laisse-moi m'unir à toi.

       Cette fois-ci, le processus de synchronisation s'acheva sans problème et l'Eva-00 s'éveilla. Les verrous de sécurités qui la rattachaient à la plate-forme se désengagèrent, laissant Rei libre de ses mouvements. Sans perdre de temps, la First Child s'avança vers le poste de tir géant qui avait été construit sur le haut de la colline, et qui ressemblait à une tranchée de béton aux dimensions titaniques, suffisamment large pour qu'un Eva puisse s'y allonger entièrement. Shinji était déjà en place devant l'édifice, son Eva-01 portant à deux bras l'énorme bouclier sensé encaisser le tir de l'Ange. Pendant que Rei se mettait en position, les innombrables accumulateurs d'énergie reliés au fusil à positron se mirent en route, pompant toute l'électricité du Japon pour charger le premier tir.

            -   Rei ! fit Misato via la radio. Le fusil sera prêt à tirer d'ici soixante secondes. Si un deuxième tir est nécessaire, il nous faudra vingt seconde pour recharger ton arme. Pendant ce laps de temps, Shinji sera chargé de te couvrir.

            -   Reçu.

        Pendant un bref instant, Rei observa la silhouette imposante de l'Eva-01. Elle savait parfaitement combien ce modèle était différent du modèle 00, qui était un pur prototype plus utile en tant qu'unité de test qu'en tant qu'unité combattante. De plus, pour une raison qu'elle ignorait complètement, le commandant attachait beaucoup plus d'importance à l'Eva-01 qu'à tous les autres, même les modèles de combat actuellement en construction. Rei se sentait toujours très intimidée par cet Evangélion, et l'entité qui sommeillait en elle. Shinji... peut piloter cet Eva. Et moi aussi. Normalement, ce genre de chose n'est pas possible, alors... cela voudrai dire que Shinji et moi sommes... semblables, d'une certaine manière.

           Protège-moi, Shinji. Permet-moi de survivre à cette nuit... pour que je puisse mieux te connaître.
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Par Jack-115 - Publié dans : Evangélion : Children
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Mercredi 29 octobre 2008 3 29 /10 /2008 01:50

CHAPITRE TREIZE : LE VENT ET L'OMBRE



    La première bourrasque envoyée par Témari abattit les pantins d'entraînements qui se trouvaient derrière Shikamaru, mais ce dernier ne broncha même pas. Il savait que la jeune fille du vent n'avait pas cherché à le viser, mais plutôt à l'intimidé, et c'est pourquoi il s'efforça de rester impassible face à ce premier élan de destruction. Aucun des deux combattants n'esquissa le moindre mouvement jusqu'à ce que la poussière de sable ne retombe sur le sol de l'arène, s'affrontant d'abord dans un duel mental dont chacune des attaques étaient lancées à travers leurs yeux rudes pour se réfléchir dans leurs esprits.

    Ce fut Témari qui brisa cet équilibre la première. D'un mouvement rapide malgré le poids de son arme, elle balaya l'espace devant elle :

            -  Fuuton ! Tatsu no Ooshigoto ! (technique de vent, la grande exécution tranchante)

     Elle créa une tornade miniature qui s'élança vers son adversaire. Mais Shikamaru ne bougea pas plus devant l'approche de ce danger. Ce n'est qu'au dernier moment qu'il jeta tous les fumigènes qu'il portait, et dont l'énorme quantité de fumée fut dispersée aux quatre coins de l'arène par la tornade, créant un brouillard si épais qu'on ne pouvait voir à plus d'un mètre.

      Shikamaru avait mémorisé la forme du terrain et la distance qui le séparait de Témari, ce qui lui permit de s'élancer vers elle tout en visualisant parfaitement sa trajectoire : un léger fossé à trois mètre, un petit rocher sur la droite à esquiver, les feuilles battues par le vent d'un buisson lui confirmant sa position sur le plan mental qu'il s'était tracé, puis son adversaire. Il pouvait déjà ressentir la légère brise qui entourait la jeune fille en permanence alors qu'il s'approchait. Au moment où il aperçu la silhouette de Témari et s'apprêtait à frapper, il fut jeté à terre par une bourrasque.

            -   Bien essayé, fit Témari, mais tu déplaces bien trop d'air pour m'échapper.

            -   Tu en déplace encore plus lorsque tu parle, répliqua le garçon.

      Shikamaru tenta de se lever, mais ses pieds dérapèrent sur le sol qui était subitement devenu très glissant. Elle a utilisé le vent pour rassembler la poussière par terre, comprit-il. En compressant cette matière, elle a créé une surface glissante pour m'immobiliser. Si je reste comme ça, je suis foutu.

       Shikamaru sortit alors l'un de ses kunai et le planta dans le sol derrière lui, aussi loin qu'il le put, puis tira sur cette prise pour faire glisser son corps et rouler hors de cette patinoire. Pendant ce temps, Témari écarta toute la fumée d'un puissant coup de son éventail qu'elle avait entièrement déployé pour créer un vent ascendant. Le brouillard disparut dans le ciel en un instant. Dès qu'elle put à nouveau voir son adversaire de ses propres yeux, Témari sortit une poignée de shirukens de son sac et les lança vers lui. Que fait-elle ? se demanda Shikamaru. Elle n'est pas du genre à utiliser ce genre d'attaques sans avoir un plan en tête. Quel est son prochain mouvement ? Où va porter sa prochaine attaque ? A quoi servent ces shurikens ?

        Mais le temps de réflexion qui était imparti au garçon était trop court. Instinctivement, il chercha à esquiver la majorité des projectiles, mais fut forcé de saisir un kunai pour intercepter l'un d'eux. L'instant d'après, il ressentit une lame invisible lui rentrer dans le corps et manquer de perforer son poumon droit. Serrant les dents pour contenir la douleur, il maudit sa maladresse.  Merde ! Je suis un imbécile ! Ces shurikens dissimulaient des lames de vent... Pourquoi est-ce que j'ai pas vu le coup venir ?

        La blessure n'était pas sévère, mais elle pouvait le devenir si d'autres apparaissaient au cour du combat. Shikamaru réajusta son uniforme de chunin pour qu'il recouvre la plaie et diminue le saignement, espérant que celui-ci ne l'affaiblirait pas trop. Témari avait l'avantage jusque là.

            -   Bien joué, avoua le garçon. Mais n'espère par que je vais abandonner pour si peu.

            -   Ton arrogance est bien la chose que je hais le plus chez toi ! Je vais t'écraser !

        Témari leva son éventail une fois de plus et lança une énorme masse d'air droit devant elle. Shikamaru sauta sur le côté pour l'éviter, et la vague invisible alla s'écraser contre un arbre qui fut brisé en un millier de brindilles. Le vent soufflait si fort à travers l'arène que même les plus lourds débris retombèrent avec la lenteur des flocons de neige, dérivant selon les courants aériens qu'avait créé Témari. Pendant un instant, ce fut comme s'il neigeait sur le stadium. Il était pourtant clair que cette attaque n'avait pas pour but d'embellir le champ de bataille, mais de traduire la colère qui régnait dans l'esprit de la fille du vent. Jusque là, je n'ai pas fait grand-chose d'autre qu'esquiver. Le bon côté, c'est qu'elle prend trop confiance en elle, mais par contre je suis toujours au même point qu'au début du combat. Il faut que je me bouge et rapidement, sinon cette blessure risque de devenir un sévère problème.

        Aussi tranquillement qu'il le pût, Shikamaru observa le terrain autour de lui et se repassa mentalement les images du combat afin de trouver une solution. Mais Témari ne semblait pas vouloir lui laisser le temps de gamberger sur comment la vaincre, et lança une nouvelle tornade dans sa direction. Alors que le jeune Nara esquivait une fois de plus, deux autres tornades furent créée pour l'intercepter. Ces tourbillons venaient bien trop vite pour lui permettre la moindre porte de sortie, et l'espace d'une seconde, Shikamaru se cru perdu. Mais rapidement, une solution lui apparut.

        C'était la première fois qu'il créait une technique ninja en plein combat, ce qui était d'autant plus exceptionnel si l'on considérait le peu de temps dont il disposait. En quelques fractions de seconde, il détermina quels mouvements ils devaient effectuer et les influx de chakra nécessaire à son élaboration, puis il vida son esprit afin que ses mouvements soient sub-conscients et donc éviter les erreurs lorsqu'il forma ses sceaux. Lorsqu'il eut fini, son ombre surgit du sol et s'étira pour former une sphère tout autour de lui, sur laquelle les tornade se brisèrent telles des vagues contre une falaise. Cette défense absolue était identique à celle qu'avait élaborée Kuro lorsqu'il avait libéré ses trois lieutenants, ce qui effrayait Shikamaru au point qu'il resta plusieurs minutes paralysé dans ce cocon. Qu'est-ce que je suis en train de faire ? Qu'est-ce que je suis en train de devenir ? Est-ce que je suis toujours moi-même ? Est-ce que...

        Non, il faut que j'arrête de me torturer l'esprit ainsi. Des dizaines de générations me sépare de mes origines démoniaques. Je suis un humain. Je suis quelqu'un... de bien.

       Lorsque Shikamaru abaissa finalement sa défense, il marcha lentement vers Témari puis, brusquement, sortit l'un de ses kunais et le jeta vers elle. D'un simple mouvement de son éventail, la kunoichi stoppa le projectil... et se retrouva soudainement paralysée. Alors qu'elle se demandait ce qui lui arrivait, elle vit au sol que son ombre était désormais reliée à celle de Shikamaru.

            -  J'avais initié ma technique lorsque j'étais dans ma sphère, expliqua le garçon. Puis j'ai utilisé l'ombre du kunai comme élan pour projeter mon ombre, tout en créant une diversion.

            -   Je vois, fit Témari avec amertume. Je n'aurais peut-être pas dû te faire le coup des shurikens de vent.

        Shikamaru ne répondit à cela que par un faible sourire de satisfaction effronté. Lentement, il s'avança lentement vers Témari qui fut forcé de l'imiter en marchant vers lui. Rapidement, le jeune ninja ressentit l'aura de tempête qui régnait autour d'elle et qui avait augmenté depuis le début du combat. Il continua d'avancer. Les deux combattants s'approchèrent jusqu'à pouvoir se toucher en tendant le bras, mais Shikamaru préféra profiter de cette occasion pour obtenir quelques explications :

            -   Qu'est-ce que tu cherchais réellement dans ce duel ?

            -   Tu le sais très bien ! Je voulais une revanche ! Je voulais te faire payer l'humiliation que tu m'a fait subir la dernière foi !

            -   Mais il n'y a personne ici pour nous regarder. Cela n'a rien à voir.

            -  Ca à tout à voir ! explosa Témari. La seule chose qui m'importe, c'est que j'ai perdu face à quelqu'un d'aussi faible, arrogant et stupide !

            -  Je suis peut-être faible, certainement arrogant, mais je ne suis pas stupide.

       La colère augmenta de nouveau dans les yeux de la fille de Suna. Elle se mordit la lèvre inférieure comme pour retenir ses paroles, laissant Shikamaru continuer :

            -  Qu'est-ce que tu voulais me dire tout-à l'heure lorsque je t'ai dis que tu avais un sale caractère ?

            -  Je voulais dire... je voulais dire que j'étais la fille de l'ancien Kazekage, et la sœur du nouveau. J'ai toujours été élevée différemment des autres filles, et j'ai toujours été considérée comme quelqu'un de spéciale. Et tu es le seul... le seul qui m'a traitée comme une fille normale. C'était horrible ! Je n'ai jamais pût te supporter ! Je déteste ta façon de parler, je déteste ta façon de penser, et je te déteste ! Je te déteste !

       Malgré la dureté de ces paroles, Shikamaru ne sembla pas si touché que cela. Son visage était toujours aussi impassible, même lorsqu'il saisit un kunai dans son sac de combat et plaça la lame sous la gorge de Témari. Bien sûr, sa technique de manipulation de l'ombre força la jeune fille à effectuer les mêmes mouvements, plaçant l'un de ses propres lames contre le cou de son adversaire.

            -   Qu'est-ce que tu fais ? demanda-t-elle inquiète.

            -   Si tu me détestes autant que ça, je vais te donner une occasion d'apaiser tes esprits.

      Sur ses mots, Shikamaru relâcha son emprise sur l'ombre de Témari, lui rendant ainsi sa liberté de mouvement. Puis il abaissa son arme et la jeta par terre sans cesser d'affronter le regard dur de la jeune fille, dont le bras se mit soudain à trembler. Shikamaru sentait par intermittence le froid contact de la lame sur sa jugulaire, et le mince filet de sang qui s'écoula rapidement au fil des frôlements tranchants. Il resta cependant immobile, laissant sa vie entre les main de Témari qui tremblait de plus en plus, tout comme ses mots :

            -  Je... je... je peux pas faire ça.

            -  Pourquoi ? Tu ne me détestes pas assez pour ça ?

            -  Non. C'est juste que... quelqu'un d'aussi arrogant... faible et ... stupide... est peut-être le genre de garçon que j'aimerais fréquenter.

       Contrairement aux précédents, ces mots-là eurent un impact incalculable sur Shikamaru. Brusquement, et peut-être pour la première fois de sa vie, le garçon se sentit totalement dépassé mentalement. Il ne s'était jamais attendu à ce genre de réponse. Ou alors il s'y était tant attendu qu'il ne pensais pas que c'était possible. Quelque chose s'éveilla en lui, une émotion tout aussi puissante qu'elle était nouvelle, et qui lui remua les tripes, l'estomac et tout l'univers mental qu'il s'était construit. La forteresse de son esprit s'effondra au moment même où il entendit ces mots.

        Et pourtant, pour la première fois depuis bien longtemps, il se sentit bien. Cela se voyait dans son regard, et Témari sût aussitôt que ses mots l'avaient touché. L'instant suivant, elle avait jeté son kunai au sol et s'était précipité sur les lèvres de Shikamaru qui la prit dans ses bras.


        Cette nuit là, les deux adolescents passèrent la nuit ensemble au milieu de l'arène.
Par Jack-115 - Publié dans : Naruto et la Main de l'Ombre
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Dimanche 26 octobre 2008 7 26 /10 /2008 19:00

CHAPITRE QUINZE : LES FILLES DE L'EMPEREUR


     L'Ordre du Cœur Lumineux était parmi les ordres les plus puissants de l'Adepta Sororita. Avec ses trois milles deux cent sœurs de bataille, ses centaines de véhicules blindés et plus d'un million de serviteurs de toute sorte, la ville d'Isanam était une forteresse imprenable pour tout ennemi usant de moyens conventionnels. Sous les ordres de la chanoinesse Thérésa Jornilius, les combattantes du Cœur Lumineux étaient réparties dans six couvents différents dispersés à travers la capitale, prêtes à combattre toute menace qui se présenterait.

     Le couvent principal se trouvait non loin du palais de l'Eclésiarchie, et était presque aussi impressionnant que celui-ci, car construits par le même architecte à peu près à la même époque. Par rapport à la demeure du cardinal, ce couvent n'était pas extrêmement haut, mais était en revanche particulièrement étendu, principalement en ce qui concernait le secteur des hangars à véhicules et les plate-forme d'atterrissage des chasseurs Lightwings. Autour de cette zone, les trois ailes de la structure abritaient les chambres de six cent sœurs de bataille, avec au centre de l'aile Nord la cellule de la chanoinesse dirigeante de l'Ordre.

     A cet instant, j'observai longuement les murs dégarnis de la salle incroyablement vide pour quelqu'un d'une telle importance. Les sœurs de bataille ne cherchaient pas la possession matérielle, mais la révélation spirituelle dans le combat au nom de l'Empereur. C'était pourquoi même la chanoinesse Thérésa n'avait comme objets personnels qu'une petite boîte en vieux bois remplis de souvenirs des batailles qu'elle avait mené. Je compris alors ce que c'était que de faire partie de l'Adepta Sororita : dévouer chaque parcelle de son corps et chaque instant de sa vie dans l'unique but de servir l'Empereur divin.

     La chanoinesse était quelqu'un d'incroyablement charismatique, dont le regard pénétrant traduisait la détermination absolue avec laquelle elle accomplissait son devoir sacré. Elle occupait ce poste depuis maintenant plus de dix ans. D'après ce que je savais, l'ancienne chanoinesse de l'Ordre avait disparu mystérieusement lors d'une mission d'investigation contre des hérétiques, et même son corps n'avait jamais été retrouvé. Du haut de ses quatre-vingt-douze ans, Thérésa était une guerrière expérimentée au visage dur, ne laissant paraître aucune faiblesse physique ou morale quant à sa capacité à diriger l'Ordre du Cœur Lumineux. Tout comme sur ma planète natale Eridios, le climat froid d'Ouragos donnait à tous ses habitants un teint extrêmement pâle, et les sœurs de batailles partageaient ce trait de caractère. Comme toutes ses autres sœurs, Thérésa avait les cheveux blancs, décolorés selon un effet secondaire des injections qu'on leur avait fait pour supprimer la production de certaines hormones. Car pour l'Adepta Sororita, des guerrières n'avaient aucune place pour les sentiments inutiles comme la compassion ou l'amour. Seul comptait la dévotion pour l'Empereur et la haine de Ses ennemis.

     Thérésa lu avec attention la plaque de données que je lui avais donné, et qui décrivait ma mission. Lorsqu'elle eut finit, elle me donna un regard amical et annonça :

            -  Je me doutais bien qu'un jour vous finiriez par venir à moi avec de telles instructions. La présence d'hérétiques à Isanam devient de plus en plus évidente ces derniers temps, et je comptais passer à l'action personnellement si aucun ordre du cardinal ne venait. Mais maintenant que vous êtes là, notre chasse sera bien plus facile.

      J'acceptai ces compliments avec un sourire retenu en inclinant légèrement la tête. Du fait de leur rattachement à l'Eclésiarchie, les sœurs de bataille travaillaient toujours en étroite collaboration avec l'Inquisition, car elles constituaient le poing vengeur de l'Empereur qui s'abattait sur ceux qui s'étaient détournés de la foi Impériale, le Lectio Divinitatus. Thérésa avait donc plusieurs fois suivis les ordres d'un inquisiteur afin de purifier la ville d'Isanam des traîtres qui voudraient souiller cette ville sainte, mais jamais encore en tant que chanoinesse. Je pouvais lire tout cela dans son regard, mais je m'abstins de le montrer, et me contentai de donner mes directives :

            -  Je vais réquisitionner plusieurs de vos sœurs pour une traque, ainsi que quelques serviteurs et deux véhicules de transport Rhino.

            -   Vous avez des exigences précises quand aux capacités de ces troupes ?

            -   En effet. Je vous ai préparé une liste complète de ce dont j'ai besoin.

      Je tendis une autre plaque de données à la chanoinesse, et celle-ci parut satisfaite par ces exigences. Sans rien dire de plus, elle se dirigea vers la porte de sa cellule, qu'elle ouvrit pour s'adresser à l'une des sœurs qui y étaient postées en lui confiant l'objet :

            -  Véronica ! Je voudrais que vous rassembliez tout le personnel du couvent qui correspond à ces critères et qui sont disponibles. L'inquisiteur Silverstein procèdera à leur sélection pour une traque.

            -    A vos ordres, ma sœur.

      La sœur s'éloigna dans les couloirs de l'aile Nord et Thérésa referma alors la porte de sa cellule. La chanoinesse se tourna ensuite vers moi, alors que j'observais ses geste d'une manière qui était, je l'admet, particulièrement inquisitoriale.

            -  Qu'est-ce qui vous fait croire qu'il y a une forte présence hérétique à Isanam ? demandai-je lentement.

            -   Des messages codés laissés un peu partout dans les endroits publiques. Nos scribes et sages tentent de les interpréter sans résultat depuis maintenant trois semaines.

            -    En avez-vous des exemplaires à me...

       Mais je n'avait pas finit ma phrase que Thérésa me tendait déjà une liasse de petites feuilles de mauvaise qualité. Sur ces feuilles, des phrases apparemment sans aucun sens étaient écrites assez salement, mais je savais que plusieurs personnes sur Isanam devaient bien pouvoir les lire autrement. J'avais déjà eut affaire plusieurs fois à ce genre de stratagème, bien que je n'avais pas toujours réussi à en percer leur code. Et malheureusement, les phrases que je lut sur ces papiers ne me donnèrent pas l'impression que je pourrais percer celui-là.

            -   C'est du Haut Gothique, annonçais-je avant de me rendre compte que Thérésa s'en était certainement déjà rendu compte. Cela signifie que ce culte est constitué d'individus très éduqués, et par conséquent très dangereux. Il faut donc orienter nos recherche en ce sens.

            -   Nous sommes arrivés à la même conclusion. Mais si l'on exclue les pèlerins qui cheminent vers Terra, Isanam possède une population extrêmement riche, et la quasi-totalité des habitants connaît donc le Haut Gothique. Ce seul critère ne nous est d'aucune utilité.

            -   La meilleurs cachette des hérétiques est toujours la foule, expliquais-je. Ils utilisent du matériel de mauvaise qualité car il est accessible à tous, et nous ne pouvons absolument pas déterminer sa provenance. L'emploie du Haut Gothique pose le même problème. Est-ce que vos scanners ont décelé quelque chose de particulier sur la composition du papier ou de l'encre ? Un élément présent en des proportions particulièrement grande, par exemple ?

            -  Non, c'est plutôt le contraire : certains constituants sont présents en dessous de la normale.

       Une lueur s'alluma brusquement dans mon esprit. Un début de piste m'apparut lentement, teintée d'un sentiment profond de déjà-vu qui me laissa grandement enthousiaste. Je regardai de nouveau plusieurs des inscriptions codées, puis sortis une minuscule lampe à ultra-violet qui confirma mes doutes :

            -   La coloration est incomplète. Cela ne peut avoir été causé que par une machine de purification particulièrement puissante, qu'ils ont utilisée pour retirer toute trace pouvant les trahir. Or, ce genre d'appareil est extrêmement cher, et ne se trouve pas facilement.

            -    Je comprends. Le nom de celui qui l'a commandée à l'Adeptus Mecanicus doit être sur les registres.

            -    Inutile de chercher dans les registres : les hérétiques ont certainement manipulé quelqu'un pour acheter l'appareil à leur place, avant de le tuer pour qu'il ne puisse pas les dénoncer.  L'indice n'est pas la valeur de cette machine, mais ses caractéristiques propres : elle est volumineuse, bruyante, et consomme une quantité d'énergie particulièrement importante.

            -    Alors que devons-nous faire pour trouver son emplacement ? demanda Thérésa nerveusement.

            -    Dès que j'aurais constitué ma suite, je commencerai mes recherches. Pendant ce temps, je veux que vos sœurs continuent leur office normalement, afin de ne pas attirer les soupçons.

            -   Très bien. Nous ferons selon vos désirs.

Par Jack-115 - Publié dans : ILLUMINATI
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Vendredi 24 octobre 2008 5 24 /10 /2008 05:29


CHAPITRE PREMIER : JUSTE CHÂTIMENT

 


2037 unités de temps du 1er jour de l'Ere de la Révolte / vaisseau-amiral de la flotte sangheili Shadow of Intent. En orbite au-dessus de Halo 05.


       L'anneau-monde tournait sur lui-même comme il le faisait depuis sa construction il y a des millénaires de cela, insouciant de l'intense activité avait transformé cette partie de l'espace. Sur plusieurs millions de kilomètres, des débris de vaisseaux dérivaient en tous sens, accompagné par les corps des équipages défunts gelés par le zéro absolu, pétrifiés dans leurs derniers instants de vie. Plus de la moitié des forces militaires de l'Alliance avaient été purement annihilées dans la bataille pour Grande Bonté. Les jiralhanaes s'étaient défendu avec la force de leur nouvelle foi offerte par les prophètes contre la détermination sans faille des sangheilis, mais la confusion avait donné l'avantage au Parasite.

       La cité sainte de l'Alliance n'était désormais plus qu'un énorme foyer d'infection, un mélange hétéroclite de métal et de chaire en putréfaction. Juste après le départ du vaisseau forerunner qui alimentait la majorité de la ville, l'ensemble des vaisseaux jiralhanaes encore en état l'avait suivi dans le sous-espace, laissant leurs adversaires gérer seuls l'infection. La flotte sangheili avait aussitôt établi un blocus tout autour de Grande Bonté afin de s'assurer qu'aucun appareil ne permettrait au Parasite de s'échapper. Plusieurs équipes de combattants d'élites avaient été envoyés pour tenter de faire exploser les réacteurs principaux de l'installation, mais avaient échoué. Il était clair que Grande Bonté ne pouvait être ni sauvée, ni détruite.

        Le pont de commandement du Shadow of Intent était devenu le centre de la révolte sangheili, accueillant l'ensemble des personnages principaux de l'union sangheilio-humaine. Orna ne souhaitait plus s'occuper directement des décisions stratégiques de l'armée et se contentait donc de conseiller Irul par quelques suggestions sur les décisions à prendre, et principalement au sujet de Grande Bonté :

            -  Il est claire que nous ne pouvons pas envoyer tous notre flotte à la poursuite des prophètes, car nous devons laisser suffisamment de vaisseaux pour contenir le Parasite. Nous ne pouvons nous permettre de laisser cette infection se répandre.

            -   Je comprends. Nous n'emmènerons que le quart de nos forces pour ce combat. Les humains devraient pouvoir apporter une puissance de feu raisonnable pour nous aider.

            -   Ne sous-estimez pas le CSNU comme vous l'avez fait pendant 32 ans, répliqua Johnson en soufflant la fumée de son cigare.

        Irul ne pût empêcher ses mandibules inférieures de claquer légèrement, signe d'irritation qui, heureusement, n'était pas connu des humains. Il savait que chaque espèce civilisée existant dans l'univers était guidée principalement par sa fierté et l'orgueil qu'elle portait pour elle-même. Inévitablement, cela rendait très difficile les relations entre races. L'Alliance entre les prophètes et les sangheilis avait été forgée dans le sang et dans les larme, puis s'était maintenue uniquement grâce à une politique extrêmement stricte dont la tension n'avait fait que montée. Cette situation ne pouvait menée qu'à la révolte qu'ils vivaient désormais, et Irul se demandait combien de temps cette nouvelle union allait durer.

       Le commandeur sangheili savait combien ce genre d'entente pouvait être délicate lorsqu'il était impossible d'employer la force militaire brute. Mais ce n'était pas le moment de prendre ce genre de problème en considération. Il se tourna alors vers l'un de ses lieutenants et ordonna :

            -  Faites préparer un fer de lance de neuf croiseurs pour nous accompagner vers le monde des humains, nom de code Fair Punishment. Qu'ils embarquent les meilleurs troupes disponibles et vérifient tous leurs systèmes d'ici vingt unités de temps.

            -   Bien, commandeur. Ce sera fait.

            -   Et aussi, faites rassembler les forces spéciales d'élite dans le hangar principal.

            -   A vos ordres !

       Irul se tourna alors vers l'humaine nommée Miranda Keyes. Il avait appris qu'elle faisait partie de la flotte humaine en tant que commandant de vaisseau, ce qui en faisait une intermédiaire très utile pour la suite de son plan :

            -   Commandant Keyes, j'aurais besoin de vous pour expliquer notre alliance à vos semblables.

            -    Je ne pense pas que ce sera difficile, expliqua-t-elle. Dans la situation où nous sommes, le CSNU ne rejettera aucune aide.

      Irul hocha la tête en signe de remerciement, puis marcha jusqu'à l'extrémité du pont de commandement où se trouvait Elda. La jeune sangheile avait tendance à s'écarter des autres personnes, s'isolant dans son coin comme pour méditer. D'autre part, elle ne se sentait pas vraiment à sa place dans un endroit aussi important, entourée de tous ces héros sur lesquels reposait leur destin à tous, car cela avait pour effet de l'étouffer. Elle se sentait inutile et insignifiante. Mais Irul ne la voyait pas de cette manière.

            -  Elda ! Viens avec moi. J'ai quelque chose à te montrer.

       Sans discuter ou chercher à en savoir plus, la sangheile le suivit, probablement parce qu'elle se souciait d'abord de quitter cette endroit plein de pression. Ils marchèrent jusqu'à un ascenseur gravitationnel qui les transporta quelques étages plus bas, directement au niveau du hangar principal. Et là, Elda eut l'une des plus belles visions de sa vie.

       Là où était habituellement entreposées des chasseurs Banshees et Séraphins avec leurs équipements d'entretien manipulés par des dizaines d'ingénieurs Huragok, se trouvait deux pelotons entiers de sangheiles au garde à vous. Elles portaient toutes une armure bleu cyan identique à celle dont Elda était équipée lorsqu'elle avait rencontré Irul. Les mots commencèrent soudain à lui manquer :

            -   Ce... ce sont...

            -   ... des séraphines, oui. En vérité, ce sont tes séraphines.

            -   Quoi ?

            -   Dès que l'on m'a nommé commandant suprême, j'ai ordonné la continuation du projet à plus grande échelle en utilisant les ressources qui étaient utilisées pour former les troupes fantômes. Jusque là, j'étais leur seul supérieur. Mais maintenant, je pense qu'il est temps que tu en prennes le commandement.

            -   Moi ? Mais pourquoi ?

            -   Parce que tu es la meilleur d'entre elles.





     En regardant la Terre depuis l'espace, on aurait put croire que cette planète n'avait pas changé, qu'elle était toujours ce bastion secret et parfaitement défendue, ce joyaux astral qui ne connaîtrait jamais la guerre. Mais rien qu'en observant un peu plus précisément le Sud-Est de l'Afrique, on pouvait voir une large zone noire correspondant à l'endroit où l'Alliance effectuait ses fouilles. En vérité, l'Humanité se sentait au bord de l'extinction. Les forces militaires du CSNU étaient réduite à une misère à peine capable de protéger cette planète, sans jamais pouvoir empêcher les jiralhanaes de poursuivre leurs recherches. Les humains avaient vraiment besoin d'aide.

     Lorsque le Shadow of Intent et sa flotte sortit du sous-espace à quelques milliers de kilomètres de la Terre, Irul demanda immédiatement un rapport de situation à ses lieutenant :

            -   Les vaisseaux jiralhanaes sont rassemblés autour d'un immense artéfact forerunner. Ils sont trois fois plus nombreux. Quels sont les ordres ?

            -  Nous n'allons pas les engager directement. Que tous les vaisseaux exécutent les protocoles de débarquement jusqu'au niveau 3 autour de la zone de l'artéfact. Et établissez-moi une liaison avec l'état-major humain.

            -   Bien, commandant.





       Cela faisait maintenant plus de deux heures que Elda s'entraînait avec ses séraphines afin de mieux les connaître, elles et leurs aptitudes. On les avait bien formé. Ces troupes étaient spécialisées dans les actions à longue distance, les échanges de tirs et les actions furtives. Elles connaissaient parfaitement les techniques de tirs croisés, savaient gérer les distances d'engagement et maîtrisaient leur équipement mieux que les meilleurs troupes d'élite sangheili. Elles étaient réparties en deux pelotons composés chacun de cinquante combattantes toutes sans aucun grade particulier. Chaque séraphine avait la même importance, la même responsabilité et la même liberté sur le champ de bataille, ce qui permettait de créer des groupes de combat de différentes tailles sans causé de complications hiérarchiques. Elda était très fière de ces guerrières.

         Soudain, la radio de son armure se mit à grésiller, puis transmit la voix d'Irul :

            -  Elda ! Je veux que tu prépares tes troupes pour un débarquement en surface.

            -  Très bien. Quel est notre objectif ?

            -  Nous allons vous droper sur une large zone pour une mission de recherche.

            -  Et que sommes-nous sensées chercher ?

            -  Des spartans.

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LA SUITE

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SOMMAIRE

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Par Jack-115 - Publié dans : La Saga du Guerrier de la Foi
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Vendredi 17 octobre 2008 5 17 /10 /2008 22:28

CHAPITRE DOUZE : LE TOIT DU MONDE


   Le village caché des Nuages devait être le seul endroit de la planète où le climat n'avait pas changé. L'air était toujours aussi froid et sec sous ce ciel totalement dégagé de midi, et le vent ne soufflait que très faiblement à cette altitude. Depuis l'intérieur de cette citée-forteresse, on pouvait croire que le monde était toujours le même, mais il suffisait d'en franchir le seuil ou de monter sur les rempart pour observer un bien sombre paysage : Quelques centaines de mètres plus bas s'étendait une mer de nuages noirs chargés d'une énorme quantité d'électricité qui dévastait la surface de la Terre comme un châtiment divin. Dans toutes les directions, on ne pouvait rien voir d'autre que cette étendue de désolation et de colère surnaturelle qui annonçait un évènement terriblement important, capable de changer la face du monde.

   Shikamaru s'était posté sur l'un des postes d'observation de la muraille Sud afin d'étudier ce phénomène. Depuis des heures il cherchait à expliquer comment cela était possible et s'il était possible de briser ce sortilège, mais son esprit lui paraissait comme embrumé, noyé dans de sombres pensées auxquelles il ne parvenait pas à s'échapper. A chaque seconde il s'attendait à se transformer en quelque chose de terrible et d'incontrôlable. Il savait que s'il présentait le moindre signe d'instabilité, les quelques jounins qui le surveillaient de loin avaient pour ordre de le tuer immédiatement. L'espace d'un instant, il se demanda s'il ne ferait pas mieux de se jeter tout de suite du haut de la muraille... mais une part de lui-même réprima cette pensée comme on étouffe la flamme d'une bougie entre ses doigts.

     Soudain, une main se posa sur l'épaule du jeune Nara qui réagit en un violent sursaut, pour s'apercevoir que c'était Témari. Silencieusement, il maudit son égarement qui l'avait empêché de ressentir sa présence ou même d'entendre le bruit de ses pas. Il n'avait pas réussi à dormir depuis la révélation de son passé, et avait donc passé deux nuit blanches durant lesquelles il s'était torturé jusqu'aux limites du possible. Son esprit était donc plus affaibli qu'il ne l'avait jamais été, et cela se lisait sur son visage :

            -   Tu as l'air épuisé, remarqua Témari. Qu'est-ce qui ne va pas ?

            -   C'est dans ma tête, lâcha Shikamaru avec une grande lassitude. Tu ne peux rien y faire.

            -   Je peux au moins essayer de le comprendre si tu m'expliquais.

            -   Et en quoi est-ce que ça t'intéresse ?!

      La réplique de Shikamaru avait peut-être été trop dure car elle fit apparaître une moue de frustration sur le visage de Témari, qui eut un léger mouvement de recul. D'habitude, le garçon était capable de déchiffrer les pensées d'une personne en observant son visage, mais ce genre de faculté lui était désormais totalement inaccessible et il préféra détourner son regard. Malheureusement, cela l'amena à nouveau vers le paysage de désolation en contre-bas. Aussitôt, son moral retomba plus bas que terre.

            -   Il y a quelque chose qui te tracasse, compris Témari. Cela a un rapport avec ce qui se passe ici ?

       C'est à ce moment que le garçon comprit que ses amis n'avaient pas expliqué son lien avec Kuro à Témari et Kankouro. Peut-être avaient-ils peur de les effrayer ou de créer en eux un certain ressentiment à son encontre, mais quelle que soit la raison, cela n'empêchait pas Shikamaru de se sentir encore plus mal à l'aise. Ce fut avec l'impression de se faire arracher les intestins qu'il révéla cette vérité qui avait mis son âme en pièce :

            -   Je suis le descendant du démon que nous avons libéré.

       Bien sûr, ces mots eurent un impact sur Témari, mais pas autant qu'il ne l'avait imaginé. Elle ne fut que très surprise, sans pour autant avoir peur de ce qu'il venait de lui révéler, et s'approcha même de lui pour reposer sa main sur l'épaule. D'une voix assez maternelle, elle lui dit :

            -   Peu importe d'où tu viens, cela ne change pas le fait que tu es quelqu'un de bien.

       Cette remarque sonna comme une ironie aux oreilles de Shikamaru, qui lâcha alors un léger soupire d'amusement, le premier depuis quarante-huit heures. Soudain, il se sentit légèrement mieux, comme s'il avait un peu éloigné de lui la source de ses tourments. Témari le remarqua :

            -  Tu vois ? Il suffit de ne pas s'en soucier. Cela aurait dû être naturel pour toi qui te moque de tout.

       Elle avait dit ça sur le ton de la plaisanterie, mais Shikamaru devina qu'elle devait le penser également un peu.

            -  Tu as besoin de penser à autre chose, fit Témari en le tirant pas le col de son uniforme. Viens ! Je vais t'entraîner.

            -   Mais...

            -   Ne discute pas ou je te balance par-dessus bord rejoindre ton ancêtre !

       Quelques instants plus tôt, ces mots auraient immédiatement plongé le jeune Nara dans un état de dépression avancé. Mais désormais, ses origines démoniaques n'occupaient plus qu'un mince espace de son esprit face à une autre pensée beaucoup plus importante pour lui.





      Alors qu'ils descendaient les escaliers de la muraille pour rejoindre l'intérieur du village, Shikamaru et Témari purent apercevoir une foule de gens rassemblés devant l'entrée principale. C'était des réfugiés venus des quatre coins du pays de la Foudre, cherchant la protection de ce lieu épargné par le courroux du ciel. Beaucoup d'entre eux avaient perdu leurs maisons, et bien d'autres avaient vu leurs proches être frappés par la foudre juste devant eux alors qu'ils fuyaient les terres basses. La panique était partout, et on entendait des pleurs d'un bout à l'autre de la grande place devant la porte. Des ninjas de Kumo étaient occupés à leur indiqué des abris qui avaient été conçus pour ce genre de situation, tandis que d'autres surveillaient les faits et gestes de chacun, comme s'ils craignaient de laisser passer un espion ou un ennemi.

      Les deux adolescents ne s'attardèrent pas longtemps devant ce triste spectacle et se dirigèrent vers un grand bâtiment qui dominait tout les autres, exceptée la demeure du Raikage. C'était un édifice ovale, dont le toit était ouvert sur la partie intérieure, et qui n'était pas très difficile à identifier.

            -   C'est le stadium de Kumo, annonça Temari. Contrairement à celui de Konoha qui est le plus utilisé, celui-ci n'organise l'examen chunin que tous les deux ans. Du coup, il sert également beaucoup de terrain d'entraînement lorsque c'est nécessaire.

       Alors qu'il était entraîné par la jeune fille d'un pas rapide, Shikamaru s'aperçu que l'air était différent autour d'elle, obéissant à des lois différentes de l'atmosphère ambiante. Une brise tourbillonnait en permanence autour d'elle, remplie d'une fraîcheur agréable qui ressemblait à une douce caresse. Elle ne semblait pourtant pas se concentrer sur son chakra, et l'énorme éventail qu'elle portait dans le dos n'était orné d'aucun sceau de manipulation élémentaire. Elle doit être devenue très forte, pensa Shikamaru. Après tout, elle a obtenu le rang de jounin...

    L'intérieur du stadium était totalement désert, et personne d'autre n'occupait le vaste terrain d'entraînement qui avait été créé sur la zone de combat. Alors qu'il faisaient leurs premiers pas dans l'arène, Témari ne put s'empêcher de dire : 

            -  Ca rappelle des souvenirs, non ?

            -  Tu veux parler de la fois où je t'ai battue ?

    Temari s'arrêta soudainement de marcher, et se retourna vers le garçon avec dans les yeux un amusement derrière lequel se dissimulait une certaine forme d'agacement. Son sourire en coin était plus une grimace qu'une expression de joie, et Shikamaru n'avait pas besoin de l'observer bien longtemps pour le comprendre. Cependant, il lui renvoya un vrai sourire de satisfaction comme pour la provoquer.

            -  Si je me souviens bien, fit Témari avec un calme à peine maîtrisé, tu as abandonné le match.

            -  Pas sans t'avoir clairement montré ma supériorité. Tu ne faisais plus trop la fière après.

        Témari ne répondit rien à cela. Non pas qu'elle fuyait la vérité de cet instant passé où elle avait été vaincue, mais parce que cela témoignait d'un autre état de fait, plus important et plus dur à porter :

            -   Tu sais, je suis la fille de l'ancien Kazekage. J'ai toujours été élevée différemment des autres kunoichis et...

            -   Et c'est pour ça que tu as si mauvais caractère ? l'interrompit Shikamaru.

            -   Arrête de te moquer de moi ! s'énerva-t-elle en pointant le garçon du doigt comme pour le menacer. Personne ne m'a jamais traité comme toi, espèce de sale macho ! Tu es insolent et paresseux ! Je te hais ! Je te hais !

        Shikamaru se demanda pourquoi Témari n'avait pas en plus insisté sur ses origines démoniaques pour le diminuer. Il avait l'habitude d'être mal vu par certaines personnes, mais pourtant il ne ressentait pas de sincérité dans les paroles de la jeune fille.  

            -  Alors quoi ? fit-il en faisant semblant de ne pas comprendre. Tu veux une revanche ?

            -   C'est pour cela que je t'ai amené ici, non ?

            -   Très bien. Alors allons-y.

       Lentement, les deux adolescents s'avancèrent vers le centre de l'arène. Là, ils s'observèrent silencieusement pendant une bonne minute, sans bouger, jusqu'à ce que Shikamaru remarque :

            -   Cette fois-ci, il n'y a pas d'arbitre. Quelles sont tes règles ?

            -   Faisons simple : le premier qui abandonne à perdu.

            -   D'accord, mais ne t'attend pas à voir l'Histoire se répéter ici.

       Témari serra les dent sous l'irritation de ces paroles et saisit son éventail d'un geste brusque. Ce n'était plus le même qu'elle portait autrefois, car en grandissant en taille et en maîtrise elle avait rapidement eut besoin d'une arme plus performante, plus lourde, et donc plus dangereuse. Son étuis était totalement noir, sans aucun symbole, mais il ne faisait aucun doute qu'à l'intérieur il regorgeait de puissance. Shikamaru, lui, n'avait rien d'autre que ses techniques et sa tête pour l'affronter mais il ne comptait pas se dégonfler devant une fille, même si elle était un peu plus âgée que lui.

            -   Cette fois-ci, commença Témari, je ne vais pas y aller progressivement avec toi.

            -   Tant mieux. Ca évitera que je m'emmerde avant que tu devienne sérieuse.

        Ne tenant pas compte de ce dernier jet d'acide, la jeune jounin déploya complètement son éventail. Aussitôt, une véritable tempête commença à l'entourer.

Par Jack-115 - Publié dans : Naruto et la Main de l'Ombre
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