CHAPITRE TROIS : PRIS DANS LA LUMIERE
L'équipe partit aux premiers rayons de l'aube afin que son départ passe le plus inaperçu possible. Guidés par le fils de leur aubergiste, les trois ninjas gravirent de nombreuses montagnes et traversèrent de longues étendues rocheuses en évitant les sombres orages qui planaient au-dessus de leurs têtes. Toshiro était un homme d'une quarantaine d'année très vigoureux, au visage froid et , qui semblait passer plus de temps dans les montagnes qu'à son village natal. Il ne parlait pas beaucoup, mais Naruto estima que c'était dû au fait que lui et ses amis étaient des étrangers, et des ninjas par-dessus tout.
Il ne fallut pas longtemps à Toshiro pour trouver la rivière qui, à n'en pas douter, était extrêmement chaude. L'eau était presque aussi transparente que l'air, et on n'y voyait pas la moindre trace de vie animale ou végétal, ni même la plus petite trace de plancton à même de la troubler, et personne n'osa tenter l'expérience d'y tremper les doigts en voyant la vapeur qui s'en échappait et la couleur de flamme que prenaient les roches qui formait son lit. Ce n'était pas une bien grande rivière, et elle s'écoulait assez lentement à travers le paysage montagnard en ne faisant presque aucun bruit. Je me demande comment Sasuke a put trouvé ce cours d'eau sans guide. Il a dû chercher pendant des jours avant de tomber dessus par hasard...
Suivre la rivière prit une journée entière de marche presque ennuyante, la monotonie de la marche étant parfois brisée par l'arrivé d'un nuage menaçant dont il fallait se protéger. Heureusement, les abris ne manquaient pas au milieu des montagnes, d'autant que Toshiro semblait les connaître tous. Les quelques orages que l'équipe fut amenée à croisé ne durèrent jamais plus d'une heure ou deux, mais ils étaient toujours d'une violence inouïe. La foudre frappait presque toutes les dix secondes, faisant souvent mentire la légende selon laquelle elle ne tombait jamais deux fois au même endroit. Les jeunes habitants de Konoha furent impressionné par le climat si particulier de ce pays qui, d'un certain côté, était aussi inhospitalier que celui du pays du Vent.
Mais c'était Hinata qui était la plus troublée par tout ceci. Depuis qu'ils étaient arrivés dans le pays de la Foudre, elle avait fait de son mieux pour dissimuler le pouvoir de la Pierre Florale afin qu'ils ne se fassent pas remarquer. Mais au cours de leur voyage à travers les montagnes, elle avait tenté plusieurs fois de calmer la colère des cieux afin que les orages les freinent moins souvent. Or, aucune amélioration n'était visible. Même en canalisant toute sa volonté, le climat restait toujours aussi ténébreux, comme si quelque chose s'opposait à la Pierre Florale. Pourquoi ai-je le pressentiment que ce pays cache quelque chose de terriblement dangereux ? pensait-elle. On dirait que le destin lui-même a souhaité faire subir une fureur injustifiée jusqu'à la fin des temps. Comment ses habitants voient-ils cela ? Est-ce qu'ils croient que le ciel leur a infligé une punition divine pour un acte passé, ou qu'il leur prodigue une protection subtile contre leurs éventuels envahisseurs ? J'aimerais tellement le savoir... pour leur venir en aide.
Ce n'est qu'à la fin de l'après-midi qu'il arrivèrent devant l'énorme volcan endormi qui abritait Jacurutu. Son large cratère était énormément érodé, partiellement effondré sur lui-même sous les impacts répétés des éclairs contre les flancs de sa cheminée, ce qui lui donnait presque l'allure d'un cercle de collines. Une fois de plus, il fallait connaître la région pour savoir à quoi on avait affaire.
- Maintenant que vous êtes arrivés, fit Toshiro, je vais vous laisser.
- Comment ? s'écria aussitôt Haruka. Vous ne nous accompagnez pas jusqu'au bout ? Et comment ferons-nous pour revenir ?
- Vous n'aurez pas besoin de revenir. Personne n'est jamais revenu de Jacurutu, et je ne tiens pas à disparaître ainsi. Mais je vous souhaite quand même bonne chance.
Hakura voulu insister, mais Hinata la retint d'un geste de la main, montrant que c'était peut-être mieux ainsi. Leur mission était de ramener Sasuke, un ninja déserteur dont l'existence était une honte pour Konoha, et de plus la perte de leur guide à ce moment du voyage n'était pas aussi important qu'elle pouvait l'imaginer. Ils avaient atteint leur but, et maintenant ils devaient se débrouiller seuls.
Avec une attention redoublée et des regards bien souvent tournés vers le ciel, le trio continua sa route en direction du volcan. Désormais, chaque grondement de tonnerre était une menace qu'ils ne pouvaient ignorer, mais heureusement, Hinata avait longuement observer la manière dont Toshiro lisait les nuages. Elle ne pouvait pas espérer être devenue aussi douée que lui en à peine une journée, mais en tout cas suffisamment pour éviter à son équipe un funeste destin. Par deux fois, elle anticipa le déchaînement d'un orage au-dessus de leur tête, précipitant ses amis dans le premier abris solide qui était en vue. Une chose qu'ils apprécièrent beaucoup.
Mais soudain, alors qu'ils commençaient à gravir les premières pentes du volcan, Haruka aperçut un mouvement suspect sur leur gauche : une ombre passant discrètement de rocher en rocher, les suivant de loin sans émettre le moindre son. Sans montrer qu'elle avait repéré le poursuivant mystérieux, elle s'approcha d'Hinata :
- Dis, Hinata ? Tu ne crois pas que ce nuage semble bien trop menaçant.
- Qu'est-ce que tu racontes, Haruka, il n'est... si... maintenant que tu le dis, je penses qu'on devrait s'abriter un moment.
La petite équipe trouva rapidement une grotte chaleureuse. Lorsqu'elle fut certaine qu'ils étaient à l'abris des oreilles indiscrètes, Haruka s'expliqua :
- On nous suit. Je n'ai repéré qu'une seule personne, mais il peut y en avoir d'autres.
- Très bien, fit Naruto. Alors on va s'occuper de ça.
Quelques instants plus tard, les trois ninjas quittèrent leur abris comme si de rien n'était en continuant leur ascension. L'ombre sur leur gauche les suivit, et Haruka en repéra deux autres silhouettes plus loin à leur droite qui se faisaient beaucoup plus discrètes. Ce ne fut que quelques centaines de mètres plus loin qu'elles passèrent à l'action.
Sans même donner d'avertissement, les trois poursuivants jaillir hors de leurs couverts et utilisèrent des parchemins de techniques pour lancer une véritable pluie de shurikens explosifs. Le terrain qui entourait les ninjas de Konoha fut pulvérisé dans un rayon d'une dizaine de mètres en soulevant une énorme quantité de fumée dans les airs alors que les silhouettes se rapprochaient pour vérifier la situation. Il s'agissait de jounins de Kumo (village caché des Nuages), tous trois portant fièrement le bandeau de leur village sur leurs fronts. Alors que la fumée se dissipait, ils fouillèrent la zone à la recherche des corps, mais ne trouvèrent pas la moindre trace de leurs cibles.
Car il s'agissait de clones. Le véritable trio de Konoha n'avait quitté la grotte que quelques minutes plus tard, suivant leurs ennemis grâce au Byakugan d'Hinata plusieurs centaines de mètres derrière eux. Ils voulaient connaître les intentions de leurs poursuivants, bien qu'ils se doutaient qu'ils étaient loin d'être un comité d'accueil pour touristes.
C'est alors que Naruto attaqua. Il envoya trois groupes de deux clones formant chacun un Rasengan, mais un seul d'entre eux atteint un jounin, qui fut projeté contre un rocher avec une telle violence qu'il perdit connaissance. Les deux autres ninjas de Kumo, un grand homme fin à l'allure hautaine et une femme petite de stature mais visible très forte, se mirent en position de combat, mais Hinata préféra la voie de la discussion :
- Pourquoi nous avez-vous attaqué ? Qu'est-ce que vous défendez ici ?
- Vous n'avez pas le droit d'être ici, répondit simplement l'homme.
- Nous sommes envoyés par Konoha pour retrouver un déserteur de notre village, les autorités de votre pays nous ont permit de circuler librement sur votre territoire.
- Seulement nous ne sommes pas les autorités. Nous sommes les sentinelles d'Hikari (la Lumière).
- Une organisation secrète au sein des ninjas de Kumo, c'est ça ? fit Hinata. C'est vous qui protégez le secret de Jacurutu. Qu'y a-t-il là-bas ?
Mais les jounins ne répondirent pas. A la place, ils chargèrent les adolescents. L'homme passa devant en dégainant deux longues dagues qui se chargèrent d'éclairs tandis que la femme resta en arrière pour pilonner ses adversaires avec une technique de boules de feu. Naruto créa une dizaine de clones qui se jetèrent immédiatement sur les projectiles enflammés pour les faire disparaître, les survivants fonçant sur la ninjas inconnue pendant que Haruka et Hinata s'interposaient devant le jounin et ses dagues. Haruka voulut utiliser une technique d'illusion, mais son adversaire arrivait beaucoup trop vite, et Hinata dû agir en conséquence.
- Fûton ! Soyokaze no jutsu ! (technique de Vent, la Douce Brise d'Eté)
Une violente bourrasque souffla devant la Hyuuga et dévia le ninja dans sa course pour le faire s'effondrer sur le côté, mais il se réceptionna en un rien de temps et revint à la charge. Juste à temps pour poser son regard sur Haruka qui formait un symbole d'illusion. Aussitôt, il se mit à agir bizarrement, croyant être attaqué de tous les côtés par des clones de Naruto. Malheureusement, il comprit rapidement ce qui lui arrivait, et concentra son chakra au niveau des zones sensibles de son cerveau pour dissiper la technique et revenir à la réalité.
Pendant ce temps, Naruto avait engager le combat avec la femme-ninja. Elle lui avait déjà coûté une trentaine de clones pour contrer ses attaques ou tenter d'en placer une lui-même. Il avait rarement eut l'occasion d'affronter un ninja de niveau supérieur, et maintenant il se rendait compte de la force que recelaient ce genre d'adversaires. Je ne peux pas remporter ce combat si je ne déploie pas toute ma puissance. D'autant que Hinata et Haruka risquent d'avoir besoin d'aide rapidement... Je dois trouver un moyen de gagner, ou sinon les choses vont très mal se dérouler.
Pourtant, Naruto avait beau tout tenter, chacune de ses attaque était immanquablement contrée, et souvent avec une facilité déconcertante. Cette femme-ninja possédaient des réflexes ou des capacités d'anticipation particulièrement élevées qui lui permettait de stopper tous les mouvements de l'adolescent et de contre-attaquer immédiatement. Naruto n'avait pas la vitesse pour aller plus vite que les réflexes de son adversaire. Par contre, je peux trouver la force de traverser ses défenses, créer une attaque si puissante et si grande qu'elle ne pourra ni l'esquiver, ni l'encaisser. Mais pour cela, je dois... je dois...
Tu dois me libérer !
Cette voix, Naruto avait espéré ne plus jamais l'entendre. La voix de ce démon emprisonné au plus profond de lui-même, qui attendait patiemment une occasion de s'évader. Kyuubi... Si tu savais à quel point je te hais...
Oh mais je le sais. Seulement que ferais-tu sans moi ? Tu es trop faible, gamin ! Sans moi, tu ne pourrais jamais protéger personne !
Tu es un monstre. Si je le pouvais je te renverrai moi-même en enfer.
D'accord. Alors utilise mon pouvoir cette fois-ci encore. Apprends à quel point tu as besoin de moi, et combien tu es impuissant lorsque tu es seul. Apprends combien ta vie serais impossible sans moi.
Et soudain, une immense force s'écoula dans l'ensemble du corps de Naruto, guérissant instantanément les quelques éraflures qui parcouraient sa peau et revigorant chacun de ses muscles. Tout en lui transpirait la puissance à l'état pure, une sensation incroyablement plaisante. Son corps tout entier dégageait une quantité incroyable de chakra aussi rouge que les flammes qu'envoyait vainement la femme-ninja contre lui. En cet instant, Naruto avait l'impression de pouvoir affronter le monde entier. Le formidable pouvoir de Kyuubi était aussi douce que la brise du soir sur Konoha, presque aussi agréable que les caresses d'Hinata. Non ! fit Naruto. Je ne dois pas le laisser me manipuler ainsi. Je ne dois pas tomber dans son piège !
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