
Nom : Comeau-Montasse
Prénom : Thibault
Âge: 24 ans
Job: technicien chez Assystem à Pierrelatte (en cours de formation)
Localisation: Montélimar, Drôme, Rhône-Alpes, France, Planète Terre, réalité n°246820 de la simulation créatrice
Passions: musique, jeux vidéos, warhammer, et bien sûr, écriture
Pour être prévenu au plus vite de la publication de nouveaux articles, inscrivez-vous à la newsletter du
blog dans le cadre ci-dessous.
Moins de six heures après le départ du messager d'Iwa, les premiers soldats du pays de la Foudre arrivèrent devant les portes du village de la balance. Comme ils ne s'attendaient pas à tomber sur des habitations dans ces montagnes enneigées, les ninjas crurent tout d'abord qu'il s'agissait d'une base avancée ennemie qu'ils allaient devoir balayer. Mais les prêtres d'Hakari s'étaient préparés à leur arrivée, et montrèrent très clairement aux soldats à quel point ils se trompaient.
Le village caché des Nuages, Kumo, était réputé pour la rapidité d'action phénoménale de ses ninjas et leur grande imprévisibilité. Ses soldats étaient capables d'effectuer des attaques éclairs sur n'importe quel objectif, employant l'élément de surprise comme principal avantage pour remporter la victoire. Ils frappaient comme la foudre, de façon fulgurante et jamais deux fois au même endroit. Heureusement, ce village n'était pas aussi belliqueux que celui de la Pluie, et il ne fut pas difficile aux prêtres de la balance pour prouver qu'ils ne comptaient pas se battre. Les ninjas investirent Hakari en un instant, et peu de temps après, leur chef se présenta devant le grand temple de la Balance.
Le seigneur de guerre Togo Fiushiba était un homme d'une stature imposante, de celles que l'on n'acquiert qu'au long de dizaines d'années de combat. Enveloppé dans un épais manteau sombre de fourrure d'ours, sous lequel on pouvait apercevoir une armure argentée, il était d'une taille dépassant largement la moyenne. Leader respecté de ses troupes pour sa force, son expérience mais aussi pour sa sagesse, aucun de ses subordonnés n'avait jamais cherché à le remplacer ou même remis en cause ses décisions. Du haut de ses cinquante-huit ans, il était connu dans le monde entier pour être l'une des personnes les plus influentes en ce qui concernait les conflits. Pour le village caché de Kumo, c'était un héros.
Lorsque le seigneur de guerre et le grand prêtre d'Hakari se trouvèrent face à face sur la place devant le grand temple d'Hakari, chacun d'eux recouvrit son visage d'un masque de neutralité propre aux négociations. Dohko prit la parole le premier, afin de conserver le peut de pouvoir qu'il gardait face à l'écrasante force militaire de Togo :
- Au nom de mon peuple, et au nom de la Raison elle-même, je vous prie de ne pas faire usage de la force.
- Nous n'en avons pas l'intention, répondit le commandant.
- Notre peuple ne fait pas réellement partie du pays de la Terre. J'ignore pour quelles raisons vous êtes en guerre avec le village d'Iwa, mais nous n'avons aucune part la-dedans.
- Vous êtes donc en train de me dire que ce territoire est indépendant ?
- En effet. Nous laissons les ninjas d'Iwa utiliser ces montagnes pour défendre leur territoire, et ainsi nous protéger également, mais notre village n'est affilié à aucun pays.
Le visage du seigneur de guerre devint brusquement aussi froid que l'air qui l'environnait. Son regard glacial examina le peu d'expression que laissait transparaître Dohko, cherchant des indices d'un mensonges, mais sembla ne rien trouver. Son incertitude se transforma peu à peu en un profond doute, puis en une forte suspicion qu'il ne chercha même pas à cacher. Sur le ton de quelqu'un effectuant un interrogatoire, et avec la voix d'un général habitué à se faire obéir, il demanda :
- Quelle garantie puis-je avoir que ce que vous me dites est vrai ?
- Je n'ai que notre bonne foi dans la parole que je vous donne.
Un sourire amusé trancha subitement le visage de Togo en deux, ce qui fit sursauter la plupart des habitants d'Hakari observant la scène. Au milieu de la foule inquiète, Haruka tremblait pour son père. Jamais le village de la balance n'avait été menacé par une quelconque puissance, ce qui rendait l'évènement encore plus inquiétant. Qu'allons-nous bien pouvoir faire ? se dit-elle. Si cet homme ne fait pas preuve de compréhension, que risque-t-il de nous imposer ? Nous n'avons rien de valeur si ce n'est nos maisons et nos temples.
- Je suis désolé, fit Togo, mais il va falloir me donner un peu plus que cela.
Un vent de désespoir commença à souffler faiblement sur Dohko, qui sentait la situation lui échapper un peu plus à chaque seconde. Ses yeux fuyaient ceux de son interlocuteur, cherchant un nouvel atout à déployer dans la négociation, mais rien ne lui venait. C'est alors qu'il croisa le regard de sa fille, et qu'il lut en elle toute la peur qui avait envahi ses villageois. Pendant de longues seconde, Dohko chercha dans ces yeux apeurés la solution à cette crise qui venait de les toucher, mais en vain. Togo suivit le regard du grand prêtre... et trouva Haruka. C'est alors qu'un nouveau sourire lui scinda le visage.
- Je crois que nous pouvons trouver un arrangement, dit-il lentement. Souvent, les conflits on put être évités grâce à des mariages politiques et il se trouve justement que le fils de notre Raikage, mon neveu, cherche à prendre femme. Donnez-lui votre fille, et nous laisserons votre village en paix.
Le visage de Dohko devint brusquement livide, sa peau blême pouvant presque se confondre à la neige autour de lui. C'était comme si tout ce en quoi il croyait s'était effondré sur lui, et que le néant laissé à la place avait aspiré ce qui lui restait de volonté. Il n'était plus qu'une coquille vide manipulée par une force qui le dépassait. Le grand prêtre jeta un regard vide vers Haruka, mais il ne vit pas plus de détermination en elle, au contraire. La jeune fille était devenu un gouffre de désespoir. Déjà, Dohko pouvait voir des soldats s'approcher d'elle pour l'isoler du reste des villageois.
- Je pense qu'il est inutile de dire que vous n'avez pas vraiment le choix, continua Togo. Votre fille est peut-être un peu jeune, mais c'est une vraie merveille qui siéra parfaitement aux goûts de mon neveu, j'en suis sûr.
- Vous ne comprenez pas : Haruka est ma fille unique. Elle est destiné à me succéder à la tête de notre village.
- Alors vous devrez trouver quelqu'un d'autre pour cela, trancha le seigneur de guerre d'un ton sec. Mes conditions ne peuvent être contestées en aucune manière.
Les soldats saisirent alors les deux bras d'Haruka et l'amenèrent de force devant Togo. Celui-ci, qui la dominait d'au moins deux bonnes têtes, caressa doucement sa joue d'une main rude, et ce premier contact sembla lui plaire. Par réflexe, Haruka détourna les yeux, cherchant un échappatoire mental par lequel s'évader, oublier la gravité de la situation, fuir... mais où que se porte son regard, le même désespoir s'affichait à elle. Le rideau de ses paupières s'abattit alors sur sa vision, faisant couler une larme le long de sa joue.
- Elle est encore plus belle de près, dit Togo d'une voix mielleuse. Donnez-la nous et votre village gardera son indépendance.
- Je...
Mais avant même que Dohko ait put dire un mot de plus, le général avait levé la main pour lui faire signe de se taire.
- Vous avez deux solutions : soit vous nous l'offrez de votre plein grès, et vous pourrez continuer votre vie comme avant, soit vous refusez, et nous la prenons par la force en annexant votre village. Je sais que vous êtes un homme de raison qui saura faire le bon choix.
Dohko baissa soudain la tête dans un signe de soumission. Haruka avait l'impression d'être sous l'emprise d'une malédiction, d'un cauchemar dont elle était destinée à ne jamais s'éveiller, et d'autres larmes tombèrent alors dans la neige à ses pieds. Je suis perdue. Perdue... mais pas mon village. Ces hommes, ces femmes, ces enfants, ils étaient tous destinés à devenir mes disciples, ceux qu'il m'aurait un jour fallut diriger selon les règles du Bun'Betsu pour assurer leur bien-être. Maintenant, la seule chose que je puisse faire, c'est les sauver aujourd'hui, et leur donner la chance d'échapper à la tyrannie, pour perpétrer la tradition, et continuer à garder notre secret.
Rassemblant ce qui lui restait de volonté, Haruka sécha ses larmes et affronta le regard du seigneur de guerre pour lui dire avec respect :
- Si ce sont vos conditions pour laisser mon peuple en paix, alors je m'offre de moi-même en mariage à votre neveu.
Un cri de stupeur retentit brusquement à travers toute la foule. Certains habitants parmi les plus pieux tombèrent même à genoux sur le sol enneigé, priant l'esprit de la Balance dans le vain espoir que tout ceci soit faux. Les ninjas du village de la Foudre s'empressèrent de gérer la panique qui s'était emparé du peuple d'Hakari, parfois en employant la force. Depuis des années, les villageois l'avaient vu grandir, de corps comme d'esprit, sous l'éducation de son père. Pour beaucoup d'entre eux, Haruka était le symbole d'un futur radieux, d'une ère de prospérité spirituelle qui pourrait être celle aboutissant au Grand Equilibre. Mais mon règne ne viendra jamais, se dit-elle. Je dois me sacrifier pour préserver mon peuple, quelles qu'en soient les conséquences.
- Haruka !!! Non !!!
Une lueur d'espoir naquit brusquement dans l'esprit de la jeune fille en entendant ce cri. Elle connaissait cette voix, même si celle-ci n'avait encore jamais prononcé son nom. Ishida...
Le garçon avait quitté la foule anonyme, pour se présenter devant elle et le seigneur Togo. Les même larmes qu'avait versé la jeune fille ruisselait sur son visage, contrastant avec la détermination intense que jetait son regard. Il prit une profonde respiration pour rassembler son courage, et lança à la jeune fille :
- Tu ne peux pas nous abandonner, Haruka ! Nous avons besoin de toi ! Tu es notre espoir et notre foi ! Tu es le pilier d'Hakari !
- Qui est ce jeune fou ? fit Togo.
- Je suis Ishida Tosakagi ! Et je ne vous laisserai pas nous prendre Haruka ! Prenez ce que vous voulez, qui vous voulez, mais pas elle !
A nouveau, Togo afficha un sourire d'amusement qui terrorisa la foule, mais face auquel Ishida resta stoïque. Pendant un instant qui sembla durer une éternité pour Haruka, le seigneur de guerre observa ce garçon qui s'était dressé devant lui. Puis, lentement, il lui demanda :
- Serais-tu prêt à donner ta vie pour elle ?
- Si cela peut la sauver, alors oui.
Il n'y avait eut aucune hésitation dans la voix d'Ishida. Cela déstabilisa quelque peu le seigneur de guerre, mais celui-ci se reprit immédiatement pour retrouver son allure martiale, croisant ses bras derrière son dos en signe d'assurance. Haruka se tourna alors vers son père, qui était totalement perdu, et semblait léguer tous ses espoirs en Ishida.
- J'aime ton courage, avoua Togo. Vraiment. Mais cela ne changera pas ma décision.
- Alors je vous défi ! lança Ishida. Battons-nous, et laissons le destin montrer qui a raison !
- Tu es sérieux, mon garçon ?
- Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour protéger Haruka. Et si cela signifie donner ma vie pour elle, alors qu'il en soit ainsi !
Le sourire de Togo s'élargit soudain à son maximum, alors que le seigneur de guerre jeta au sol son épais manteau de fourrure, révélant l'impressionnante armure d'argent qui protégeait son corps. Alors qu'il retirait une à une les plaques protectrices qui tombaient lourdement dans la neige, il lança un regard terrifiant à Ishida.
- Comme je fais presque quatre fois ton âge, je vais te faire une fleure : pendant une minute, je me contenterai de parer tes coups. Après seulement, j'attaquerais, sans employer de technique de ninjutsu.
Une terreur sans nom avait prit possession d'Haruka, son esprit enfermé dans une cage de souffrance mentale dont elle ne pouvait s'échapper. Ishida... non ! Tu n'as aucune chance ! Il va te tuer ! Je... je t'aime. Et je sais que tu m'aimes, mais il n'y a plus de future possible pour nous deux. Tout ce que je peux faire, c'est te permettre de continuer à vivre libre, ainsi que tous les autres habitants de Hakari. S'il te plait, renonce ! Laisse-moi partir de moi-même. Laisse-moi au moins être libre de cette décision.
Ces mots, Haruka aurait voulu les prononcer à haute voix, mais quelque chose en elle le lui interdisait. C'était comme si une part d'elle-même refusait d'avouer ces sentiments, ou même de les admettre, comme si elle en éprouvait de la honte ou de la gêne. Je suis désolé, Ishida. Depuis que je te connais, j'ai toujours que tu étais trop timide pour me déclarer ta flamme. Et aujourd'hui, tu es prêt à mourir pour moi alors que je n'arrive même pas à prononcer ces mots magiques. Je comprends maintenant, que de nous deux, c'est moi qui suis la plus timide. Je cachais juste ma passion derrière mes plaisanteries, en attendant que tu fasses le premier pas. Et maintenant que tu avance trop, sans voir le gouffre qui s'est creusé entre nous, je dois t'empêcher de t'écraser.
Avec les dernières forces mentales qui lui restaient, Haruka se précipita devant Togo et enroula ses bras autour du corps imposant du seigneur. Elle était bien sûr totalement incapable de le retenir, mais son geste avait plus de force que ses muscles, tout comme son regard implorant.
- Je vous en prie, seigneur ! Pardonnez l'insolence de ce garçon ! Je m'offre à vous librement ! C'est ce que vous désiriez, non ? Alors partons et laissez mon village en paix comme vous l'aviez promis.
CHAPITRE VINGT-ET-UN : LA GENESE D'UN MAL,
PREMIERE PARTIE
La neige tombait depuis plusieurs semaines, et les passages à travers la montagne menant à Hakari, aussi appelé le village de la balance, étaient de plus en plus difficiles à pratiquer. Haruka et plusieurs autres enfants de Hakari avaient été envoyés déblayer le chemin pour l'expédition du pays de la Terre, qui devait venir comme toutes les semaines pour l'approvisionnement. La jeune fille en profitait pour s'amuser avec ses camarades, par exemple en déclenchant une bataille générale de boules de neige.
Ca cible préférée était Ishida Tosakagi, un garçon de son âge qui tentait toujours de garder ses distances avec elle, mais que Haruka n'hésitait jamais à venir embêter. Son air perdu disparaissait aussitôt que ses yeux croisaient ceux de la jeune fille, et pourtant il n'avait jamais oser lui parler de lui-même. C'est donc pour cela qu'elle lui envoya gentiment une demi-douzaine de boules de neige, attendant qu'il réplique, mais rien ne vint en réponse.
C'est alors que le grand prêtre de Hakari survint derrière les enfants :
- Et bien ! fit-il d'une voix forte mais amicale. Que ce passe-t-il ici ?
La bataille enfantine cessa aussitôt, et les plus zélés reprirent immédiatement le travail. Haruka, par contre, affronta avec son habituel sourire le regard amusé de son père.
- T'en fais pas, papa. Le passage sera dégagé avant l'arrivée de l'expédition. C'est pas grave si on prend un peu de bon temps, non ?
Le grand homme se contenta de sourire de toutes ses dents. Sous son épais manteau de fourrure, la grande robe de cérémonie qui indiquait son rang brillait, même sous la faible lumière du jour traversant les nuages. A son cou pendait un petit disque d'argent dans lequel était gravé l'emblème de la balance, parfaitement équilibrée, symbolisant le pouvoir que renfermait le village et dont il était le gardien. Bien qu'il n'ait pas encore dépassé la soixantaine, le grand prêtre Dohko Onura était un exemple de sagesse et d'autorité pour tous les habitants, comme l'avaient été tous ses ancêtres. Depuis la création du village en des temps désormais oubliés, la famille Onura avait toujours occupé la fonction de grand prêtre, et un jour, Haruka prendrait sa place.
Sa mère était morte en la mettant au monde, et Haruka était alors fille unique, seule héritière du clan. Bien qu'il n'y ait jamais eut de grande prêtresse aux commandes du village, Dohko refusait de reprendre femme uniquement pour assurer sa succession par un fils. L'amour qu'il portait à son épouse défunte transcendait les limites de la vie et de la mort, et beaucoup d'habitants pensaient que cela était dû à la nature du secret ancestral qu'il protégeait.
Haruka n'était cependant pas inquiète de ce destin qui était le sien. Depuis toute petite, elle s'était faite à l'idée de devoir un jour endosser la fonction de grande prophétesse, observant chaque jour les tâches qui seraient les siennes, et ce jour là, elle en voyait l'une d'elle. Il me faudra faire preuve de compréhension et de patience envers les jeunes générations, pensa-t-elle. Le Bun'Betsu, notre religion, prône la présente en chaque être humain d'une part de bonté, même infime, et grâce à laquelle il est toujours possible de faire entendre la raison. Chaque villageois de Hakari passe la plupart de son temps à prier, dans l'espoir de voir surgir une ère de paix qui règnera pour l'éternité. Lorsque je serai adulte, mon rôle sera de les guider comme l'on fait tous mes ancêtres. Et c'est pour cela que je dois être attentive à toute chose : chaque geste, chaque regard, chaque sentiment contient en lui son enseignement que je me dois d'assimiler, pour le bien futur de ma communauté.
Sans rien ajouter, la jeune fille se remit au travail tandis que son père retournait au temple. Mais alors qu'elle se retournait vers le passage qu'il fallait dégager, Haruka aperçut la silhouette d'un homme loin en contrebas, qui montait vers le village. Rien qu'en observant ses mouvements agiles, la relative facilité avec laquelle il escaladait la montagne et ses déplacements assurés témoignant d'une bonne connaissance du terrain, il était clair que c'était un ninja du pays de la Terre. Probablement un messager. Cette impression fut confirmée lorsque l'homme arriva devant les enfants, et que ceux-ci purent clairement voir sur son bandeau le symbole du village caché d'Iwa.
- Je suis un émissaire, annonça-t-il. J'ai un message urgent à transmettre au grand prêtre Doko Onura.
- Venez avec moi, fit Haruka. Je vais vous mener à lui.
La jeune fille conduisit le messager jusqu'au grand temple du village, où son père priait avec plusieurs prêtres, entonnant des chants cantiques dans la langue ancestrale de Hakari. La religion de le Bun'Betsu était basée sur l'harmonisation par résonance depuis ce toit du monde, qui avait pour but de diffuser dans le monde entier un certain apaisement. Mais lorsque le messager d'Iwa pénétra dans le temple, ses pas alourdis par le poids de son armure, le calme qui régnait habituellement en ce lieu fut soufflé comme la lumière d'une bougie.
- Je suis navré de vous interrompre ainsi dans votre prière, mon révérant, fit l'émissaire en s'inclinant respectueusement, mais la situation est grave
- Que se passe-t-il ? fit Dohko en s'avançant.
- Une armée se dirige vers le pays de la Terre. Et d'après nos éclaireurs, elle va passer par votre village d'ici . Vous devez évacuer le plus vite possible.
- Quoi ? Mais... comment est-ce possible ?
- Ils ont choisi ce passage montagneux par pur hasard, et nos n'avons pas le temps d'organiser une défense assez rapidement pour vous protéger.
Le pays de la Terre avait connu de nombreuses invasions, en particulier ces derniers mois, depuis le début d'une nouvelle guerre contre le pays des Nuages. Mais le Kage d'Iwa avait toujours tout fait pour maintenir l'existence de Hakari secrète, même parmi la population de son propre village. Car il savait que la disparition du village de la Balance et de ses habitants ne pourrait causer que des choses terriblement mauvaises. Chaque invasion du pays de la Terre avaient donc été détournée au loin, mais il était fou de penser que cela pouvait durer éternellement.
- Je suis désolé, fit Dohko, mais nous ne pouvons pas quitter ce village.
- Pourquoi ?
Hinata et Naruto avaient poursuivi leur fugitive toute la nuit sans réussir à la rattraper complètement. D’après Pakum, Haruka avait prit beaucoup d’avance sur eux au départ, mais il semblerait qu’elle ait ralenti en approchant des montagnes qui bordaient le pays de la Terre. Les deux ninjas pouvaient voir au loin les silhouettes imposantes des massifs rocheux, qui constituaient à eux seul la plus efficace protection de cette contrée face aux envahisseurs. Cette barrière était une cassure nette dans le paysage, car aucun arbre ne poussait sur les pentes abruptes de cette région, et la plupart de ces montagnes étaient si hautes qu’elles transperçaient les nuages, où la neige les recouvrait entièrement.
Mais il était temps pour eux de s’arrêter. Leur course à travers les épaisses forêts du pays du Feu les avaient épuisé, et il était inutile de rattraper Haruka s’ils n’étaient pas pleinement capable de la neutraliser ensuite. De plus, une forte pluie commençait à tomber sur la région. Ils s’abritèrent donc à l’intérieur d’une ancienne mine, apparemment creusée il y a longtemps et dont la galerie principale s’était effondrée. Naruto se dépêcha de récupérer ce qu’il trouva de branches mortes avant que tout le bois disponible aux alentour soit mouillée, puis commença à allumer un feu.
Pendant ce temps, Hinata sortait les repas qu’ils s’étaient préparé avant leur départ. Cependant, des questions raisonnaient dans sa tête, comme un échos infini produit par ses propres pensées. Il y avait dans toute cette histoire trop de choses qui dépassait ses connaissances ou même sa propre logique, et elle n’avait pas voulu embêter Naruto avec ses questions pendant leur poursuite. Mais maintenant qu’ils étaient arrêtés, l’occasion se présentait à elle de discuter de tout ceci :
- Naruto, fit-elle avec hésitation. Qu’est-ce que Jacurutu ?
Le jeune garçon s’immobilisa brusquement en entendant ce nom, et une moue d’angoisse se dessina sur son visage. Lentement, il se tourna vers Hinata, ses yeux perdus indiquant clairement la gravité de ce sujet.
- C’est un lieu secret se trouvant quelque part au pays des Nuages. On n’en sait pas grand-chose, et pour beaucoup de personnes, ce n’est qu’une légende. Moi-même je n’y croyais pas jusqu’à ce que…
Mais il ne finit pas sa phrase. Ce souvenir était beaucoup trop proche d’un autre, rempli de douleurs et de souffrances dépassant ce qu’il pouvait supporter. Hinata chercha donc à rediriger ses pensées vers Jacurutu :
- Et lorsque tu as eut cette vision, est-ce que tu as découvert où se trouvait ce lieu ?
- …non. J’ai vu une succession de grottes et de cavernes couvertes de symboles incompréhensibles, mais je n’ai rien vu de l’extérieur.
- Comment savais-tu alors qu’il s’agissait de Jacurutu ?
- Je le savais, c’est tout ce que je peux te dire.
Hinata s’approcha lentement de Naruto et posa sa main sur l’épaule du garçon, tandis que de l’autre elle le força doucement à la regarder. Les yeux blancs de la jeune fille diffusèrent en lui force et confiance, comme elle l’avait toujours fait en d’autres occasions depuis qu’ils s’étaient trouvés. La puissance de la pierre florale se fit soudain ressentir alors qu’elle exprimait pleinement son amour. Et tandis que le bijou pendant à son cou s’illuminait lentement, des fleures de toutes sortes se mirent à pousser dans cette caverne où la lumière du soleil était quasi inexistante. Ce petit miracle aida Naruto à retrouver le sourire, et Hinata posa alors ses lèvres sur les siennes, ne faisant même pas attention à Pakum qui préféra se cacher les yeux plutôt que de voir ça.
- Je vais prendre le premier tour de garde, dit Naruto. Repose-toi bien.
- D’accord.Quelques heures plus tard, les deux ninjas reprirent leur route. Apparemment, Haruka elle aussi avait décidé de s’abriter pendant la pluie, car l’écart qui les séparait n’avait presque pas grandit. Ou alors, pensa Naruto, cela voudrait dire qu’elle a déjà atteint sa destination. De toute façon, elle ne se dirige certainement pas vers Jacurutu : le pays des Nuages est dans la direction opposée. Pourtant elle semblait si impatiente de trouver Sasuke…
Rapidement, la petite équipe arriva au pied des montagnes nues. Mais aussitôt qu’ils commencèrent l’ascension, une demi-douzaine de ninjas surgirent des rochers pour les entourer. Ils portaient des bandeaux marqués du sceau du pays de la Terre. L’un d’eux s’avança vers Hinata et Naruto, apparemment sans intentions hostiles, et demanda calmement :
- Je suis Atagi Fuyotoba, jounin gardien de cette frontière. Que faites-vous aussi loin de votre village, ninjas de Konoha ?
- Nous poursuivons une jeune fille qui a causé un incident durant l’examen chunin, répondit Naruto. Nos ordres sont de la capturer et de la ramener à Konoha.
- Je vois. Nous avons reçu des faucons-messagers pour nous prévenir de votre possible arrivée. Malheureusement, je crois qu’elle vous a échappé : nous n’avons vu personne passer dans le coin depuis des jours.
- Ma truffe me dit pourtant le contraire, intervint Pakum. Notre cible se trouve bien en haut de cette montagne. Elle a dû échapper à votre vigilance.
Atagi était sur le point de s’emporter, mais Hinata se dépêcha d’excuser la remarque du chien-ninja en expliquant :
- Cette jeune fille est très dangereuse. Elle a atteint les demi-finales de l’examen chunin toute seule et a tué l’un des participants de sang froid avec une technique d’illusion inconnue. Il n’est pas impossible qu’elle ait réussi à se jouer de vous.
- Alors c’est pour cela que Konoha envoie des ANBU... comprit Atagi. Dans ces circonstances, je vous laisse passer. Bonne chance dans la poursuite de votre cible !
Les ninjas s’écartèrent alors, laissant Naruto et Hinata reprendre leur ascension, guidés par Pakum dont l’odorat était bien plus précis maintenant qu’il n’y avait plus de végétation aux alentours. La montée fut longue et éprouvante, la plupart des flancs de montagnes étant de véritables falaises rocheuses où il était absolument nécessaire de s’accrocher grâce au chakra, et l’oxygène devenait de plus en plus rare tandis qu’ils se rapprochaient des nuages. Puis il atteignirent finalement un large plateau enneigé, à environ cinq cent mètres du sommet. A partir de là, les falaises devenaient moins abruptes pour devenir des versants praticables, même pour des personnes n’étant pas des ninjas. Au loin, à travers le faible brouillard qui les entourait les deux ninjas purent apercevoir les contours de plusieurs habitations d’où, curieusement, aucune lumière n’était visible.
- Haruka est là-bas, indiqua Pakum en pointant les formes lointaines.
- Elle serait venu chercher de l’aide ? supposa Naruto. Ou bien pour se préparer à partir pour Jacurutu…
- Contentons-nous d’agir avec prudence, fit Hinata. Si jamais nous devons lui tomber dessus, je préfèrerai que tu me laisses la neutraliser seule, Naruto. Elle sera peut-être plus facilement influençable si elle croit avoir affaire à de véritables ANBU.
- C’est d’accord. Je me contenterai de te couvrir.
- Cela implique également que tu ne parle pas, précisa Pakum au jeune Uzumaki.
- J’avais compris, merci.Mais au fur et à mesure qu’ils s’approchaient des habitations, ils s’aperçurent que leurs contours étaient irréguliers, discontinus. Ce n’est que lorsqu’ils furent à une dizaine de mètres de la première maisons qu’ils comprirent qu’il s’agissait un village en ruine. La plupart des bâtiments portaient d’ailleurs encore les traces des incendies qui les avaient fait s’écrouler, ce qui laissait clairement penser qu’il ne s’agissait pas d’un simple accident de la nature. Naruto fut étonné du nombre de temples qu’avait comporté ce village, tous apparemment de dimensions incroyables et ornés de fines sculptures impressionnantes représentant des scènes et symboles d’une religion inconnue.
- Qu’est-ce qui a bien put se passer ici ? lâcha Hinata.
Mais Naruto lui fit signe de se taire : devant eux, à la limite du village détruit, se trouvait un énorme cimetière dont un grand nombre de tombes semblaient avoir été faites très rapidement. Et au milieu de ce lieu funeste se tenait Haruka, méditant au milieu des sépultures dans la position du lotus. Lentement, Naruto et Hinata s’approchèrent d’elle, mais il était difficile d’être silencieux en marchant sur une aussi épaisse couche de neige. Haruka ouvrit les yeux en les entendant venir vers elle, mais ne relâcha pas sa posture, se contentant de dire :
- Alors vous m’avez finalement retrouvé.- Rends-toi sans faire d’histoire, fit Hinata, et il ne t’arrivera rien.
- J’ai une autre proposition, fit la jeune fille en se relevant. Je vous tue tous les deux sur-le-champ, et il ne m’arrive rien non plus.
- Ca, tu vois, j’en doute.Les yeux d’Haruka s’illuminèrent soudain d’une colère aussi sombre que la plus ténébreuse nuit, et leur couleur changea du vert au bleu une nouvelle fois. Elle serait capable de juger plusieurs personnes en même temps ? se demanda Naruto. Jusqu’où son pouvoir s’étend-t-il exactement ?
Mais contrairement à ce que Haruka avait prévu, les deux ninjas ne s’immobilisèrent pas, et une terrible inquiétude s’empara brusquement d’elle. Rapidement, Hinata fonça sur elle et la jeta au sol pour l’immobiliser, profitant de l’effet de surprise qui l’avait tout simplement cloué sur place.
- Tu ne sais donc pas qu’il existe des protections contre les techniques d’illusion ? la nargua-t-elle.
Il ne lui fallut pas longtemps pour attacher solidement Haruka avec une corde spéciale, et lui poser sur la tête une cagoule noir recouvrant presque entièrement son visage. Elle ne disposait que d’une mince fente par où l’air arrivait faiblement, l’empêchant de s’énerver en limitant sa vitesse de respiration. Lorsque Hinata fut certaine qu’elle l’avait bel et bien neutralisé, elle lui lança :
- Nous avons été envoyés pour t’arrêter et te ramener à Konoha. Mais d’abord, nous avons quelques questions à te poser.
- Allez vous faire voir, enfoirés.Naruto répliqua immédiatement par un violent coup de poing qu’il abattit sur la joue gauche de la jeune fille. Hinata se tourna aussitôt vers lui dans une attitude étonnée, mais il lui montra silencieusement qu’il n’avait fait qu’agir en véritable ANBU, et qu’ils ne devaient pas faire preuve de faiblesse. Sans perdre plus de temps, Hinata continua son interrogatoire :
- Ne rend pas les choses plus difficiles. Ta seule option est de répondre honnêtement à nos questions, si tu ne veux pas souffrir plus.
Haruka baissa alors la tête, lâchant un long soupire de résignation. Elle avait perdu tout moyen de combattre et n’avait absolument aucune échappatoire. C’est alors que Naruto vit une larme tomber de sous la cagoule couvrant son visage pour se joindre à la neige immaculée. Elle pleure ? Mais les véritables méchants ne pleurent pas ! De tels sentiments leur sont totalement étrangers. Ils s’en moquent autant qu’ils méprisent la vie des autres. Qu’est-ce qui peut la mettre dans un tel état ?
- D’accord, fit-elle faiblement. Je ferais ce que vous voudrez. Que voulez-vous savoir ?
Cela faisait maintenant plus une demi-heure que Naruto et Haruka étaient immobiles, face à face dans un duel qui ne se déroulait plus dans ce monde depuis longtemps. Sur les
gradins, entourée de ses amis, Hinata sentait une peur profonde dans chaque parcelle de son corps et de son être, qui commençait à la rendre folle. Au moins dix fois elle aurait juré avoir vu
Naruto bouger, mais ce n’était que son imagination qui déformait sa vue selon les peurs et les désirs de son cœur.
Pendue à son cou et dissimulée sous ses vêtements, son fragment de la Pierre Florale vibrait d’une toute nouvelle force, et Hinata comprit alors que sa peur commençait à envahir le pouvoir de son talisman. Je dois me calmer, se dit-elle. Je dois avoir confiance en Naruto. La peur est la Mort intérieure, et il me faut la dominer, sinon je risque de causer une catastrophe. L’étendue de ce pouvoir m’échappe encore trop pour que je me laisse aller...
Une nouvelle fois, elle eut l’impression que Naruto bougeait, et tenta de chasser cette vision… mais celle-ci ne se dissipa point. Le garçon était belle et bien revenu à lui. Et bien qu’il titubait fortement sous l’effet d’une étrange fatigue, il reprit rapidement ses esprits pour fondre sur Haruka sans perdre un instant. La jeune fille, apparemment complètement désemparée, n’eut pas de temps de réagir, et fut mise à terre d’un coup de poing semblant contenir une rage sans limite.
Haruka se releva pourtant très rapidement, et jeta une bonne demi-douzaine de fumigènes aux quatre coins de l’arène, réduisant la visibilité à zéro sur une très large zone. Le byakugan d’Hinata put cependant voir la silhouette de la mystérieuse ninja sauter par-dessus le mur d’enceinte de l’arène et s’enfuire. Les ANBU surveillant la zone attendirent un ordre de l’Hokage pour la poursuivre, mais celui-ci ne vint jamais. Au lieu de cela, alors que le vent commençait à dissiper la fumée, Tsunade fit signe à l’arbitre de continuer le tournois normalement.
- Et bien ! fit celui-ci d’un ton relâché pour détendre l’atmosphère. En voilà une qui panique bien rapidement.
La blague eut l’effet désiré en déclenchant une belle vague de rire parmi les spectateurs, et fit rapidement oublier la longue attente remplie d’ennuie ou de tension selon les personne. Toujours d’un ton aussi détendu, l’arbitre annonça :
- Uzumaki Naruto, vainqueur par abandon ! Et maintenant, si vous le voulez, nous allons passer à un match un peu plus classique.
Alors que les deux combattants suivants étaient appelés au centre de l’arène, Naruto rejoignit les quartiers des combattants d’un pas lent. Depuis sa place, Hinata put voir que Tsunade s’éclipsait, probablement pour aller le voir, et elle décida de faire de même. Comme elle l’avait prévu, aucun des ninjas postés comme gardes dans l’arène ne l’empêcha de passer, s’écartant même dès qu’il la voyaient. Tsunade doit avoir laissé des ordres précis me concernant.
A part Naruto, aucun participants du tournois n’était présent dans la vaste salle remplie d’une demi-douzaine de lits, car Tsunade s’était arrangée pour que les blessés des matchs précédents soient hospitalisés ailleurs par les équipes médicales. Avec elle étaient venus Jiraya ainsi que Kakashi, ce qui témoignait de la gravité de la situation. Naruto s’était allongé sur l’un des lits et tentait de rester clame tendis qu’il racontait ce qui lui était arrivé.
- Après la mort de Sasuke, termina Naruto, le combat s’est passé très vite. L’aide d’Uchiwa Itachi et de son coéquipier a suffit pour éliminer les ennemis les plus dangereux. Ensuite, l’espace autour de la Balance s’est illuminé et j’ai dû fermé les yeux. Lorsque je les ai rouvert, j’étais de nouveau dans l’arène.
Le silence s’installa avec ces derniers mots, et dura un long moment pendant lequel les différentes personnes présentes se regardèrent d’un air perplexe. Tout comme Tsunade, Kakashi et Jiraya avait entendu parlé de la légende de la Balance du Destin, mais ils n’y avaient jamais réellement cru. L’histoire leur avait semblé trop incroyable. Mais Naruto était la preuve que Haruka était l’enfant de la prophétie, et son expérience celle que la jeune fille représentait un danger sans limites.
Ce fut Tsunade qui prit la parole la première :- Est-ce qu’elle t’a dit pourquoi elle recherche Sasuke ?
- Non.La voix de Naruto était emplie de regret, et cela se comprenait. Il ne pensait même plus au tournois, son esprit restant enfermé dans la terrible vision de son ami mort devant lui, et qui semblait devoir le hanter pour toujours. A ses côtés, Hinata tentait de le rassurer par son doux contact, ce qui apparemment semblait faire effet. Le regard du garçon se perdait au-delà du plafond de la pièce, et sa respiration était incroyablement lente, comme si sa vie se mettait à ralentir. Il avait besoin de se calmer. Cependant, Tsunade n’en avait pas fini avec lui :
- Alors, son pouvoir n’est qu’une simple technique d’illusion, c’est ça ?
- Oui et non. Le principe est basé sur la manipulation des flux de chakra du cerveau, mais cela permet de directement tué la cible. Si elle l’avait voulu, elle aurait très bien put me transpercer le corps pendant que j’affrontais mon jugement…
- Mais ce n’est pas ce qu’elle cherche, intervint Hinata. Elle semble suivre un objectif bien précis selon un certain code d’honneur. Son but n’est pas de détruire l’Humanité, mais de la juger. Cela nous laisse encore une chance de la raisonner.
Les regards entourant la jeune fille lui confirmèrent qu’elle avait vu juste. Une lumière d’espoir avait subitement apparu en eux, et c’était ce dont ils avaient le plus besoin. Après avoir réfléchit le plus calmement possible, Tsunade prit sa décision :
- Naruto, Hinata ! Je vous charge de poursuivre Haruka et de l’arrêter pour la ramener à Konoha. Traquez-la où qu’elle se trouve et neutralisez-la le plus vite possible, avant qu’elle ne retrouve Sasuke. Vous partirez dès que tu te seras suffisamment reposé, Naruto.
- Mais… protesta le garçon, si nous attendons trop longtemps nous ne pourrons plus retrouver sa trace !
- Je vous donnerai l’un de mes chiens-ninjas pour la pister, fit Kakashi. Avec cette aide, ce sera un jeux d’enfant.
- … alors c’est d’accord. Donnez-moi deux heures de repos, et je serai prêt.
Un peu plus de deux heures plus tard, alors que la nuit commençait à tomber, les deux jeunes ninjas était à la demeure de l’Hokage. Tsunade et Kakashi leur avaient déjà préparé un ordre de mission afin qu’ils puissent justifier leur présence au-delà des frontières du pays du Feu, si jamais leur poursuite les y conduisait.
- Et maintenant, dit Tsunade avec un sourire amusé, je vais vous faire un petit cadeau pour vous aider dans votre mission.
Elle marcha alors jusqu’à une grande armoire placée dans un coin de la pièce, et en écarta l’un des volet. A l’intérieur se trouvaient deux tenues complètes de membres de l’ANBU, les troupes d’élite de Konoha.
- Nous avons eut du mal à en trouver deux qui correspondent à vos tailles, expliqua l’Hokage, mais elles sont en excellent état.
- Quoi ? fit Hinata hébétée. Vous nous offrez ces tenues ?
- Non, bien sûr. Je vous les prête uniquement pour le temps de cette mission. La première raison est qu’elles vous permettront de justifier votre ordre de mission et d’éviter les question. La seconde est que cela empêchera peut-être Haruka de vous reconnaître, et donc de se méfier de vous. La troisième raison est cependant la plus importante : les masques des ANBU sont conçus pour protéger leurs porteurs des techniques d’illusion.
Il n’y avait rien d’autre à ajouter. Chacun leur tour, Hinata puis Naruto s’enfermèrent dans l’armoire pour revêtir leurs tenues spéciales qui leur allaient comme un gant. Noires avec des plaques de protection argentées, et fournies avec un long katana, ces uniformes avaient de quoi impressionner. Leurs masques blancs comportaient chacun des symboles différents, peints en rouge sur celui de Naruto, et en bleu sur celui de sa moitié, ce qui leur correspondait parfaitement.
CHAPITRE DIX-HUIT : TU DOIS VIVRE
Personne n’osa dire un mot pendant un long moment, ni même esquisser un geste. Kyubi commença lentement à se décomposer, chaque parcelle de son énorme corps tombant en cendres qui furent rapidement emportées par un vent que personne ne ressentit. Lorsque le dernier fragment de la bête légendaire disparu dans les ténèbres enveloppant la Balance du Destin, Sasuke se dirigea d’un pas décidé vers Naruto, et Sakura lui emboîta alors le pas. Aussitôt, Hinata se plaça à nouveau aux côtés de son amour, enroulant son bras autour du sien et unissant leurs mains comme pour lui transmettre sa confiance. Sasuke s’arrêta devant son ami en plongeant son regard dans le sien, toujours sans esquisser la moindre émotion, mais ne prononça pas un mot.
- Alors tu as finalement décidé de nous aider, dit finalement Naruto en souriant.
Naruto vit soudain le regard de Sakura que s’abaissa avec une expression d’amertume, et il comprit alors le fragile équilibre qui s’était établit entre ses besoins et ceux de Sasuke. Elle l’a convaincu d’intervenir pour assurer l’intervention d’Itachi. En empêchant nos autres adversaires de nous combattre, Kyubi est devenu un nouvel obstacle à sa vengeance. Mais il n’avait pas perçu cela au début… il a fallut que Sakura manipule ses sentiments pour le forcer à nous aider. Qu’est-ce que je peux bien faire pour lui ôter Itachi de sa tête ?
Mais Naruto savait qu’il n’y avait qu’une seule réponse à cette question : il fallait le laisser tuer son grand frère.
- Je ne t’empêcherai pas de l’affronter ici, dit-il calmement. Fais ce que tu veux.
Le regard de Sasuke se détourna de Naruto et perça à travers la foule des ennemis pour rencontrer le regard d’Itachi. Celui-ci était accompagné de Kisamee, son coéquipier de l’organisation Akatsuki, au faciès de requin. Tous les deux commencèrent à écartèrent ceux qui se tenaient entre eux et Sasuke, de façon plus ou moins violente, jusqu’à s’arrêter devant Naruto et ses amis. Heureusement que je ne connais que ces deux-là parmi l’Akatsuki, pensa Naruto au fond de lui-même. Après Kyubi, ils représentent certainement la plus grande menace parmi tous mes ennemis. Même Orochimaru n’oserait jamais les attaquer seul…
- Uzumaki Naruto, fit Itachi, nous allons t’aider à passer ce Jugement.
Un véritable raz de marée de surprise envahi soudain les deux camps qui furent pris d’une agitation incroyable, et tandis que les amis de Naruto étaient plutôt ravis de voir venir de nouveaux alliés, ses ennemis étaient particulièrement paniqués. Le jeune Uzumaki, quant à lui, ne comprenait absolument rien, et cela se lisait dans ses yeux écarquillés.
- Sasuke te l’a peut-être déjà dit, continua Itachi : pour obtenir le Mangekou Sharigan, il doit te tuer. Mais pas ici. Et moi, j’ai besoin qu’il l’obtienne.
- Pourquoi ?
- Parce qu’ainsi, il pourrait me fournir un pouvoir beaucoup plus grand. Un pouvoir grâce auquel je pourrai devenir le plus puissant ninja qui ait existé. J’ai besoin que tu survives aujourd’hui pour mourir plus tard.
La main d’Hinata serra plus fortement celle de Naruto lorsqu’une esquisse de sourire apparut sur le visage d’Itachi, et qu’un rire particulièrement sombre sortit de la gorge de Kisamee. Pour lui, je ne suis qu’un pion servant ses ambitions, tout comme Sasuke. Et son coéquipier dois certainement avoir ses propres raisons de l’aider. Je vais finir par croire que le Destin a vraiment décidé de s’acharner sur moi toute ma vie. Mais dans l’instant présent, leur aide est plus que providentielle…
- Et tu crois que je vais te laisser faire comme ça ?! intervint Sasuke d’un air furieux.
- Range ta colère, petit frère. Tu n’es pas encore assez fort pour me vaincre.
- On va voir ça.
Sur ces mots, Sasuke dégaina son katana et pointa sa lame vers Itachi. Celui-ci ne broncha pas, observant la rage qui se lisait dans les yeux de son cadet. Puis il lâcha un faible soupire d’exaspération avant de lâcher :
- Alors je vais te donner une leçon pour la peine. De toute façon, ton aide ne nous est pas nécessaire.
Puis, il se tourner vers Kisame et lui dit froidement :
- C’est un combat entre Uchiwa. Assures-toi que personne n’intervienne.
Le ninja à face de squale acquiesça d’un simple sourire avant de saisir son énorme épée couverte de bandages pour l’abattre sur le sol dans un énorme fracas. Personne n’osa protester, ni même faire le moindre mouvement. Le duel était inévitable dans ce lieu sans barrières. Bien que Sasuke savait parfaitement que cela ne lui servirait à rien, sa haine le guidait au-delà de toute logique, même si elle devait le mener à sa propre destruction. Pour lui, ce combat allait donc être un test, un moyen de savoir s’il était bien capable de le vaincre avec ses capacités actuelles, dont il ne se souviendrait du résultat que le temps de sa victoire… ou de sa mort.
Lentement, les amis et ennemis de Naruto reculèrent jusqu’à être séparer d’une bonne centaine de mètres, laissant aux deux adversaires tout l’espace dont ils avaient besoin. La tension pouvait se ressentir partout, dans chaque geste, dans chaque regard, dans chaque tremblement. Bien évidemment, la plupart des personnes présentes ne savaient rien de la raison de ce combat, mais il était aisé de comprendre qu’il valait mieux ne pas tenter de l’empêcher.
Sasuke attaqua le premier, fonçant sur son grand frère pour frapper de son épée par le haut en hurlant toute sa haine d’un regard fou. Itachi bloqua le coup avec un kunai, et le temps sembla brusquement s’arrêter alors qu’ils s’immobilisaient tous les deux, leurs lames posées l’une sur l’autre, leurs pupilles plongées l’une dans l’autre. Naruto comprit alors qu’ils venaient d’engager un combat mental, dans une technique d’illusion lancer par l’un d’eux grâce au Sharingan. Dans ce genre de situation, c’est souvent la volonté qui compte. J’ignore jusqu’où Itachi est prêt à aller pour accomplir son but, mais Sasuke doit certainement avoir l’avantage…
En effet, ce fut Sasuke qui s’éveilla le premier de cet état de transe, relevant son arme pour frapper à nouveau, mais Itachi revint à lui juste à temps pour dévier la lame. D’un saut agile, il s’éloigna de Sasuke et forma une suite de signes à une vitesse telle que peu de personne purent les suivre, tout en avalant un maximum d’air. Puis il annonça sa technique :
- Kanton ! Goukakyuu no jutsu ! (boule de feu suprême)
Une flamme gigantesque surgit alors de sa bouche pour foncer vers Sasuke. Mais soudain, le corps de celui-ci se couvrit de minuscules tatouages semblables à des flammes noires, que Naruto et quelques autres reconnurent comme la marque du sceau maudit d’Orochimaru. Lorsque les flammes le recouvrirent, fut impossible de savoir s’il avait réussi à contrer l’attaque jusqu’à ce que le souffle enflammé s’arrête et que la fumée se dissipe. L’énorme boule de feu avait donné naissance à un brouillard épais, au milieu duquel apparut lentement un Sasuke transformé, tel que Naruto l’avait affronté lorsqu’il avait voulu l’empêcher de quitter Konoha.
Deux énormes ailes en formes de mains palmées avaient poussées dans son dos, et s’étaient placées devant lui pour le protéger des flammes. Sa peau était devenu sombre tandis que ses cheveux avait prit de la longueur, ainsi qu’une coloration bleu électrique. Dès qu’il eut de nouveau Itachi en vue, Sasuke bondit à une vitesse phénoménale, la main tenant son épée vibrant sous les éclairs d’un Chidori.
Personne n’aurait jamais put éviter un coup portée à une telle vitesse… sauf un Uchiwa. Itachi esquiva l’attaque au dernier moment, et saisit le bras armée de Sasuke au passage, utilisant la force de son élan pour l’envoyer dans les airs. Mais les ailes du jeune ninja lui permirent de rapidement se retourner pour foncer à nouveau, portant un nouveau coup que, cette fois-ci, Itachi n’esquiva pas. L’épée de Sasuke lui perfora l’épaule droite, faisant couler le sang sur le sol doré de la Balance du Destin.
Mais brusquement, le corps d’Itachi devint noir, et se transforma en une multitude de corbeau qui s’évanouir dans les airs. Et avant même que Sasuke comprenne qu’il avait été joué par une technique d’illusion, son grand frère surgit de la foule pour l’attaquer dans le dos. Heureusement, il réagit assez vite pour contrer, avant de se dégager en lançant une série de shuriken pour se couvrir.
Seulement, il avait oublié la maîtrise de son aîné quant aux lancé de shurikens. Il suffit à celui-ci d’en lancer un seul qui ricocha sur tous les autres pour les dévier. Deux d’entre eux furent même renvoyés vers Sasuke qui ne réussi à en éviter qu’un seul. Le second se ficha dans sa cuisse gauche, ce qui lui causa immédiatement un déséquilibre que Itachi mit aussitôt à profit : en une fraction de seconde, il se retrouva dans le dos de son petit frère. D’une série de mouvements habiles et quasi imperceptibles, il saisit le katana de Sasuke et le lui planta à travers le corps.
- C’est finit, dit-il en relâchant la poignée de l’arme. Maintenant tu ne nous gênera plus.
Cet instant s’imprima en Naruto avec la force d’une montagne qui s’écraserait sur sa mémoire tandis qu’il voyait son meilleur ami s’effondrer. Sans hésiter, il se précipita vers lui pour le retenir juste avant qu’il ne touche le sol, tout comme Sakura qui avait eut le même réflexe. Itachi ne s’était pas retenu, et avait visé le cœur, une blessure que la ninja-médecin ne pouvait pas guérire. Dans les derniers souffles qui lui restait, Sasuke regarda son ami et lui confia :
Illuminati, chapitre 7
Date : 30 octobre
Avancement : terminé
Evangelion Children, chapitre 2.6
Date : inconnue
Avancement : 60%
(j'ai besoin d'un bon artwork pour illustrer celui-là, sinon je ne vais pas en dormir la nuit ^^)
Halo Destiny, chapitre 22
Date : inconnue
Avancement : 15%
(dernier chapitre de cette fanfic ; il sera très probablement un peu plus long que la moyenne, lui aussi)
