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Dimanche 26 octobre 2008

CHAPITRE QUINZE : LES FILLES DE L'EMPEREUR


     L'Ordre du Cœur Lumineux était parmi les ordres les plus puissants de l'Adepta Sororita. Avec ses trois milles deux cent sœurs de bataille, ses centaines de véhicules blindés et plus d'un million de serviteurs de toute sorte, la ville d'Isanam était une forteresse imprenable pour tout ennemi usant de moyens conventionnels. Sous les ordres de la chanoinesse Thérésa Jornilius, les combattantes du Cœur Lumineux étaient réparties dans six couvents différents dispersés à travers la capitale, prêtes à combattre toute menace qui se présenterait.

     Le couvent principal se trouvait non loin du palais de l'Eclésiarchie, et était presque aussi impressionnant que celui-ci, car construits par le même architecte à peu près à la même époque. Par rapport à la demeure du cardinal, ce couvent n'était pas extrêmement haut, mais était en revanche particulièrement étendu, principalement en ce qui concernait le secteur des hangars à véhicules et les plate-forme d'atterrissage des chasseurs Lightwings. Autour de cette zone, les trois ailes de la structure abritaient les chambres de six cent sœurs de bataille, avec au centre de l'aile Nord la cellule de la chanoinesse dirigeante de l'Ordre.

     A cet instant, j'observai longuement les murs dégarnis de la salle incroyablement vide pour quelqu'un d'une telle importance. Les sœurs de bataille ne cherchaient pas la possession matérielle, mais la révélation spirituelle dans le combat au nom de l'Empereur. C'était pourquoi même la chanoinesse Thérésa n'avait comme objets personnels qu'une petite boîte en vieux bois remplis de souvenirs des batailles qu'elle avait mené. Je compris alors ce que c'était que de faire partie de l'Adepta Sororita : dévouer chaque parcelle de son corps et chaque instant de sa vie dans l'unique but de servir l'Empereur divin.

     La chanoinesse était quelqu'un d'incroyablement charismatique, dont le regard pénétrant traduisait la détermination absolue avec laquelle elle accomplissait son devoir sacré. Elle occupait ce poste depuis maintenant plus de dix ans. D'après ce que je savais, l'ancienne chanoinesse de l'Ordre avait disparu mystérieusement lors d'une mission d'investigation contre des hérétiques, et même son corps n'avait jamais été retrouvé. Du haut de ses quatre-vingt-douze ans, Thérésa était une guerrière expérimentée au visage dur, ne laissant paraître aucune faiblesse physique ou morale quant à sa capacité à diriger l'Ordre du Cœur Lumineux. Tout comme sur ma planète natale Eridios, le climat froid d'Ouragos donnait à tous ses habitants un teint extrêmement pâle, et les sœurs de batailles partageaient ce trait de caractère. Comme toutes ses autres sœurs, Thérésa avait les cheveux blancs, décolorés selon un effet secondaire des injections qu'on leur avait fait pour supprimer la production de certaines hormones. Car pour l'Adepta Sororita, des guerrières n'avaient aucune place pour les sentiments inutiles comme la compassion ou l'amour. Seul comptait la dévotion pour l'Empereur et la haine de Ses ennemis.

     Thérésa lu avec attention la plaque de données que je lui avais donné, et qui décrivait ma mission. Lorsqu'elle eut finit, elle me donna un regard amical et annonça :

            -  Je me doutais bien qu'un jour vous finiriez par venir à moi avec de telles instructions. La présence d'hérétiques à Isanam devient de plus en plus évidente ces derniers temps, et je comptais passer à l'action personnellement si aucun ordre du cardinal ne venait. Mais maintenant que vous êtes là, notre chasse sera bien plus facile.

      J'acceptai ces compliments avec un sourire retenu en inclinant légèrement la tête. Du fait de leur rattachement à l'Eclésiarchie, les sœurs de bataille travaillaient toujours en étroite collaboration avec l'Inquisition, car elles constituaient le poing vengeur de l'Empereur qui s'abattait sur ceux qui s'étaient détournés de la foi Impériale, le Lectio Divinitatus. Thérésa avait donc plusieurs fois suivis les ordres d'un inquisiteur afin de purifier la ville d'Isanam des traîtres qui voudraient souiller cette ville sainte, mais jamais encore en tant que chanoinesse. Je pouvais lire tout cela dans son regard, mais je m'abstins de le montrer, et me contentai de donner mes directives :

            -  Je vais réquisitionner plusieurs de vos sœurs pour une traque, ainsi que quelques serviteurs et deux véhicules de transport Rhino.

            -   Vous avez des exigences précises quand aux capacités de ces troupes ?

            -   En effet. Je vous ai préparé une liste complète de ce dont j'ai besoin.

      Je tendis une autre plaque de données à la chanoinesse, et celle-ci parut satisfaite par ces exigences. Sans rien dire de plus, elle se dirigea vers la porte de sa cellule, qu'elle ouvrit pour s'adresser à l'une des sœurs qui y étaient postées en lui confiant l'objet :

            -  Véronica ! Je voudrais que vous rassembliez tout le personnel du couvent qui correspond à ces critères et qui sont disponibles. L'inquisiteur Silverstein procèdera à leur sélection pour une traque.

            -    A vos ordres, ma sœur.

      La sœur s'éloigna dans les couloirs de l'aile Nord et Thérésa referma alors la porte de sa cellule. La chanoinesse se tourna ensuite vers moi, alors que j'observais ses geste d'une manière qui était, je l'admet, particulièrement inquisitoriale.

            -  Qu'est-ce qui vous fait croire qu'il y a une forte présence hérétique à Isanam ? demandai-je lentement.

            -   Des messages codés laissés un peu partout dans les endroits publiques. Nos scribes et sages tentent de les interpréter sans résultat depuis maintenant trois semaines.

            -    En avez-vous des exemplaires à me...

       Mais je n'avait pas finit ma phrase que Thérésa me tendait déjà une liasse de petites feuilles de mauvaise qualité. Sur ces feuilles, des phrases apparemment sans aucun sens étaient écrites assez salement, mais je savais que plusieurs personnes sur Isanam devaient bien pouvoir les lire autrement. J'avais déjà eut affaire plusieurs fois à ce genre de stratagème, bien que je n'avais pas toujours réussi à en percer leur code. Et malheureusement, les phrases que je lut sur ces papiers ne me donnèrent pas l'impression que je pourrais percer celui-là.

            -   C'est du Haut Gothique, annonçais-je avant de me rendre compte que Thérésa s'en était certainement déjà rendu compte. Cela signifie que ce culte est constitué d'individus très éduqués, et par conséquent très dangereux. Il faut donc orienter nos recherche en ce sens.

            -   Nous sommes arrivés à la même conclusion. Mais si l'on exclue les pèlerins qui cheminent vers Terra, Isanam possède une population extrêmement riche, et la quasi-totalité des habitants connaît donc le Haut Gothique. Ce seul critère ne nous est d'aucune utilité.

            -   La meilleurs cachette des hérétiques est toujours la foule, expliquais-je. Ils utilisent du matériel de mauvaise qualité car il est accessible à tous, et nous ne pouvons absolument pas déterminer sa provenance. L'emploie du Haut Gothique pose le même problème. Est-ce que vos scanners ont décelé quelque chose de particulier sur la composition du papier ou de l'encre ? Un élément présent en des proportions particulièrement grande, par exemple ?

            -  Non, c'est plutôt le contraire : certains constituants sont présents en dessous de la normale.

       Une lueur s'alluma brusquement dans mon esprit. Un début de piste m'apparut lentement, teintée d'un sentiment profond de déjà-vu qui me laissa grandement enthousiaste. Je regardai de nouveau plusieurs des inscriptions codées, puis sortis une minuscule lampe à ultra-violet qui confirma mes doutes :

            -   La coloration est incomplète. Cela ne peut avoir été causé que par une machine de purification particulièrement puissante, qu'ils ont utilisée pour retirer toute trace pouvant les trahir. Or, ce genre d'appareil est extrêmement cher, et ne se trouve pas facilement.

            -    Je comprends. Le nom de celui qui l'a commandée à l'Adeptus Mecanicus doit être sur les registres.

            -    Inutile de chercher dans les registres : les hérétiques ont certainement manipulé quelqu'un pour acheter l'appareil à leur place, avant de le tuer pour qu'il ne puisse pas les dénoncer.  L'indice n'est pas la valeur de cette machine, mais ses caractéristiques propres : elle est volumineuse, bruyante, et consomme une quantité d'énergie particulièrement importante.

            -    Alors que devons-nous faire pour trouver son emplacement ? demanda Thérésa nerveusement.

            -    Dès que j'aurais constitué ma suite, je commencerai mes recherches. Pendant ce temps, je veux que vos sœurs continuent leur office normalement, afin de ne pas attirer les soupçons.

            -   Très bien. Nous ferons selon vos désirs.

par Jack-115 publié dans : ILLUMINATI
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Vendredi 24 octobre 2008


CHAPITRE PREMIER : JUSTE CHÂTIMENT

 


2037 unités de temps du 1er jour de l'Ere de la Révolte / vaisseau-amiral de la flotte sangheili Shadow of Intent. En orbite au-dessus de Halo 05.


       L'anneau-monde tournait sur lui-même comme il le faisait depuis sa construction il y a des millénaires de cela, insouciant de l'intense activité avait transformé cette partie de l'espace. Sur plusieurs millions de kilomètres, des débris de vaisseaux dérivaient en tous sens, accompagné par les corps des équipages défunts gelés par le zéro absolu, pétrifiés dans leurs derniers instants de vie. Plus de la moitié des forces militaires de l'Alliance avaient été purement annihilées dans la bataille pour Grande Bonté. Les jiralhanaes s'étaient défendu avec la force de leur nouvelle foi offerte par les prophètes contre la détermination sans faille des sangheilis, mais la confusion avait donné l'avantage au Parasite.

       La cité sainte de l'Alliance n'était désormais plus qu'un énorme foyer d'infection, un mélange hétéroclite de métal et de chaire en putréfaction. Juste après le départ du vaisseau forerunner qui alimentait la majorité de la ville, l'ensemble des vaisseaux jiralhanaes encore en état l'avait suivi dans le sous-espace, laissant leurs adversaires gérer seuls l'infection. La flotte sangheili avait aussitôt établi un blocus tout autour de Grande Bonté afin de s'assurer qu'aucun appareil ne permettrait au Parasite de s'échapper. Plusieurs équipes de combattants d'élites avaient été envoyés pour tenter de faire exploser les réacteurs principaux de l'installation, mais avaient échoué. Il était clair que Grande Bonté ne pouvait être ni sauvée, ni détruite.

        Le pont de commandement du Shadow of Intent était devenu le centre de la révolte sangheili, accueillant l'ensemble des personnages principaux de l'union sangheilio-humaine. Orna ne souhaitait plus s'occuper directement des décisions stratégiques de l'armée et se contentait donc de conseiller Irul par quelques suggestions sur les décisions à prendre, et principalement au sujet de Grande Bonté :

            -  Il est claire que nous ne pouvons pas envoyer tous notre flotte à la poursuite des prophètes, car nous devons laisser suffisamment de vaisseaux pour contenir le Parasite. Nous ne pouvons nous permettre de laisser cette infection se répandre.

            -   Je comprends. Nous n'emmènerons que le quart de nos forces pour ce combat. Les humains devraient pouvoir apporter une puissance de feu raisonnable pour nous aider.

            -   Ne sous-estimez pas le CSNU comme vous l'avez fait pendant 32 ans, répliqua Johnson en soufflant la fumée de son cigare.

        Irul ne pût empêcher ses mandibules inférieures de claquer légèrement, signe d'irritation qui, heureusement, n'était pas connu des humains. Il savait que chaque espèce civilisée existant dans l'univers était guidée principalement par sa fierté et l'orgueil qu'elle portait pour elle-même. Inévitablement, cela rendait très difficile les relations entre races. L'Alliance entre les prophètes et les sangheilis avait été forgée dans le sang et dans les larme, puis s'était maintenue uniquement grâce à une politique extrêmement stricte dont la tension n'avait fait que montée. Cette situation ne pouvait menée qu'à la révolte qu'ils vivaient désormais, et Irul se demandait combien de temps cette nouvelle union allait durer.

       Le commandeur sangheili savait combien ce genre d'entente pouvait être délicate lorsqu'il était impossible d'employer la force militaire brute. Mais ce n'était pas le moment de prendre ce genre de problème en considération. Il se tourna alors vers l'un de ses lieutenants et ordonna :

            -  Faites préparer un fer de lance de neuf croiseurs pour nous accompagner vers le monde des humains, nom de code Fair Punishment. Qu'ils embarquent les meilleurs troupes disponibles et vérifient tous leurs systèmes d'ici vingt unités de temps.

            -   Bien, commandeur. Ce sera fait.

            -   Et aussi, faites rassembler les forces spéciales d'élite dans le hangar principal.

            -   A vos ordres !

       Irul se tourna alors vers l'humaine nommée Miranda Keyes. Il avait appris qu'elle faisait partie de la flotte humaine en tant que commandant de vaisseau, ce qui en faisait une intermédiaire très utile pour la suite de son plan :

            -   Commandant Keyes, j'aurais besoin de vous pour expliquer notre alliance à vos semblables.

            -    Je ne pense pas que ce sera difficile, expliqua-t-elle. Dans la situation où nous sommes, le CSNU ne rejettera aucune aide.

      Irul hocha la tête en signe de remerciement, puis marcha jusqu'à l'extrémité du pont de commandement où se trouvait Elda. La jeune sangheile avait tendance à s'écarter des autres personnes, s'isolant dans son coin comme pour méditer. D'autre part, elle ne se sentait pas vraiment à sa place dans un endroit aussi important, entourée de tous ces héros sur lesquels reposait leur destin à tous, car cela avait pour effet de l'étouffer. Elle se sentait inutile et insignifiante. Mais Irul ne la voyait pas de cette manière.

            -  Elda ! Viens avec moi. J'ai quelque chose à te montrer.

       Sans discuter ou chercher à en savoir plus, la sangheile le suivit, probablement parce qu'elle se souciait d'abord de quitter cette endroit plein de pression. Ils marchèrent jusqu'à un ascenseur gravitationnel qui les transporta quelques étages plus bas, directement au niveau du hangar principal. Et là, Elda eut l'une des plus belles visions de sa vie.

       Là où était habituellement entreposées des chasseurs Banshees et Séraphins avec leurs équipements d'entretien manipulés par des dizaines d'ingénieurs Huragok, se trouvait deux pelotons entiers de sangheiles au garde à vous. Elles portaient toutes une armure bleu cyan identique à celle dont Elda était équipée lorsqu'elle avait rencontré Irul. Les mots commencèrent soudain à lui manquer :

            -   Ce... ce sont...

            -   ... des séraphines, oui. En vérité, ce sont tes séraphines.

            -   Quoi ?

            -   Dès que l'on m'a nommé commandant suprême, j'ai ordonné la continuation du projet à plus grande échelle en utilisant les ressources qui étaient utilisées pour former les troupes fantômes. Jusque là, j'étais leur seul supérieur. Mais maintenant, je pense qu'il est temps que tu en prennes le commandement.

            -   Moi ? Mais pourquoi ?

            -   Parce que tu es la meilleur d'entre elles.





     En regardant la Terre depuis l'espace, on aurait put croire que cette planète n'avait pas changé, qu'elle était toujours ce bastion secret et parfaitement défendue, ce joyaux astral qui ne connaîtrait jamais la guerre. Mais rien qu'en observant un peu plus précisément le Sud-Est de l'Afrique, on pouvait voir une large zone noire correspondant à l'endroit où l'Alliance effectuait ses fouilles. En vérité, l'Humanité se sentait au bord de l'extinction. Les forces militaires du CSNU étaient réduite à une misère à peine capable de protéger cette planète, sans jamais pouvoir empêcher les jiralhanaes de poursuivre leurs recherches. Les humains avaient vraiment besoin d'aide.

     Lorsque le Shadow of Intent et sa flotte sortit du sous-espace à quelques milliers de kilomètres de la Terre, Irul demanda immédiatement un rapport de situation à ses lieutenant :

            -   Les vaisseaux jiralhanaes sont rassemblés autour d'un immense artéfact forerunner. Ils sont trois fois plus nombreux. Quels sont les ordres ?

            -  Nous n'allons pas les engager directement. Que tous les vaisseaux exécutent les protocoles de débarquement jusqu'au niveau 3 autour de la zone de l'artéfact. Et établissez-moi une liaison avec l'état-major humain.

            -   Bien, commandant.





       Cela faisait maintenant plus de deux heures que Elda s'entraînait avec ses séraphines afin de mieux les connaître, elles et leurs aptitudes. On les avait bien formé. Ces troupes étaient spécialisées dans les actions à longue distance, les échanges de tirs et les actions furtives. Elles connaissaient parfaitement les techniques de tirs croisés, savaient gérer les distances d'engagement et maîtrisaient leur équipement mieux que les meilleurs troupes d'élite sangheili. Elles étaient réparties en deux pelotons composés chacun de cinquante combattantes toutes sans aucun grade particulier. Chaque séraphine avait la même importance, la même responsabilité et la même liberté sur le champ de bataille, ce qui permettait de créer des groupes de combat de différentes tailles sans causé de complications hiérarchiques. Elda était très fière de ces guerrières.

         Soudain, la radio de son armure se mit à grésiller, puis transmit la voix d'Irul :

            -  Elda ! Je veux que tu prépares tes troupes pour un débarquement en surface.

            -  Très bien. Quel est notre objectif ?

            -  Nous allons vous droper sur une large zone pour une mission de recherche.

            -  Et que sommes-nous sensées chercher ?

            -  Des spartans.

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LA SUITE

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SOMMAIRE

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par Jack-115 publié dans : La Saga du Guerrier de la Foi
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Vendredi 17 octobre 2008

CHAPITRE DOUZE : LE TOIT DU MONDE


   Le village caché des Nuages devait être le seul endroit de la planète où le climat n'avait pas changé. L'air était toujours aussi froid et sec sous ce ciel totalement dégagé de midi, et le vent ne soufflait que très faiblement à cette altitude. Depuis l'intérieur de cette citée-forteresse, on pouvait croire que le monde était toujours le même, mais il suffisait d'en franchir le seuil ou de monter sur les rempart pour observer un bien sombre paysage : Quelques centaines de mètres plus bas s'étendait une mer de nuages noirs chargés d'une énorme quantité d'électricité qui dévastait la surface de la Terre comme un châtiment divin. Dans toutes les directions, on ne pouvait rien voir d'autre que cette étendue de désolation et de colère surnaturelle qui annonçait un évènement terriblement important, capable de changer la face du monde.

   Shikamaru s'était posté sur l'un des postes d'observation de la muraille Sud afin d'étudier ce phénomène. Depuis des heures il cherchait à expliquer comment cela était possible et s'il était possible de briser ce sortilège, mais son esprit lui paraissait comme embrumé, noyé dans de sombres pensées auxquelles il ne parvenait pas à s'échapper. A chaque seconde il s'attendait à se transformer en quelque chose de terrible et d'incontrôlable. Il savait que s'il présentait le moindre signe d'instabilité, les quelques jounins qui le surveillaient de loin avaient pour ordre de le tuer immédiatement. L'espace d'un instant, il se demanda s'il ne ferait pas mieux de se jeter tout de suite du haut de la muraille... mais une part de lui-même réprima cette pensée comme on étouffe la flamme d'une bougie entre ses doigts.

     Soudain, une main se posa sur l'épaule du jeune Nara qui réagit en un violent sursaut, pour s'apercevoir que c'était Témari. Silencieusement, il maudit son égarement qui l'avait empêché de ressentir sa présence ou même d'entendre le bruit de ses pas. Il n'avait pas réussi à dormir depuis la révélation de son passé, et avait donc passé deux nuit blanches durant lesquelles il s'était torturé jusqu'aux limites du possible. Son esprit était donc plus affaibli qu'il ne l'avait jamais été, et cela se lisait sur son visage :

            -   Tu as l'air épuisé, remarqua Témari. Qu'est-ce qui ne va pas ?

            -   C'est dans ma tête, lâcha Shikamaru avec une grande lassitude. Tu ne peux rien y faire.

            -   Je peux au moins essayer de le comprendre si tu m'expliquais.

            -   Et en quoi est-ce que ça t'intéresse ?!

      La réplique de Shikamaru avait peut-être été trop dure car elle fit apparaître une moue de frustration sur le visage de Témari, qui eut un léger mouvement de recul. D'habitude, le garçon était capable de déchiffrer les pensées d'une personne en observant son visage, mais ce genre de faculté lui était désormais totalement inaccessible et il préféra détourner son regard. Malheureusement, cela l'amena à nouveau vers le paysage de désolation en contre-bas. Aussitôt, son moral retomba plus bas que terre.

            -   Il y a quelque chose qui te tracasse, compris Témari. Cela a un rapport avec ce qui se passe ici ?

       C'est à ce moment que le garçon comprit que ses amis n'avaient pas expliqué son lien avec Kuro à Témari et Kankouro. Peut-être avaient-ils peur de les effrayer ou de créer en eux un certain ressentiment à son encontre, mais quelle que soit la raison, cela n'empêchait pas Shikamaru de se sentir encore plus mal à l'aise. Ce fut avec l'impression de se faire arracher les intestins qu'il révéla cette vérité qui avait mis son âme en pièce :

            -   Je suis le descendant du démon que nous avons libéré.

       Bien sûr, ces mots eurent un impact sur Témari, mais pas autant qu'il ne l'avait imaginé. Elle ne fut que très surprise, sans pour autant avoir peur de ce qu'il venait de lui révéler, et s'approcha même de lui pour reposer sa main sur l'épaule. D'une voix assez maternelle, elle lui dit :

            -   Peu importe d'où tu viens, cela ne change pas le fait que tu es quelqu'un de bien.

       Cette remarque sonna comme une ironie aux oreilles de Shikamaru, qui lâcha alors un léger soupire d'amusement, le premier depuis quarante-huit heures. Soudain, il se sentit légèrement mieux, comme s'il avait un peu éloigné de lui la source de ses tourments. Témari le remarqua :

            -  Tu vois ? Il suffit de ne pas s'en soucier. Cela aurait dû être naturel pour toi qui te moque de tout.

       Elle avait dit ça sur le ton de la plaisanterie, mais Shikamaru devina qu'elle devait le penser également un peu.

            -  Tu as besoin de penser à autre chose, fit Témari en le tirant pas le col de son uniforme. Viens ! Je vais t'entraîner.

            -   Mais...

            -   Ne discute pas ou je te balance par-dessus bord rejoindre ton ancêtre !

       Quelques instants plus tôt, ces mots auraient immédiatement plongé le jeune Nara dans un état de dépression avancé. Mais désormais, ses origines démoniaques n'occupaient plus qu'un mince espace de son esprit face à une autre pensée beaucoup plus importante pour lui.





      Alors qu'ils descendaient les escaliers de la muraille pour rejoindre l'intérieur du village, Shikamaru et Témari purent apercevoir une foule de gens rassemblés devant l'entrée principale. C'était des réfugiés venus des quatre coins du pays de la Foudre, cherchant la protection de ce lieu épargné par le courroux du ciel. Beaucoup d'entre eux avaient perdu leurs maisons, et bien d'autres avaient vu leurs proches être frappés par la foudre juste devant eux alors qu'ils fuyaient les terres basses. La panique était partout, et on entendait des pleurs d'un bout à l'autre de la grande place devant la porte. Des ninjas de Kumo étaient occupés à leur indiqué des abris qui avaient été conçus pour ce genre de situation, tandis que d'autres surveillaient les faits et gestes de chacun, comme s'ils craignaient de laisser passer un espion ou un ennemi.

      Les deux adolescents ne s'attardèrent pas longtemps devant ce triste spectacle et se dirigèrent vers un grand bâtiment qui dominait tout les autres, exceptée la demeure du Raikage. C'était un édifice ovale, dont le toit était ouvert sur la partie intérieure, et qui n'était pas très difficile à identifier.

            -   C'est le stadium de Kumo, annonça Temari. Contrairement à celui de Konoha qui est le plus utilisé, celui-ci n'organise l'examen chunin que tous les deux ans. Du coup, il sert également beaucoup de terrain d'entraînement lorsque c'est nécessaire.

       Alors qu'il était entraîné par la jeune fille d'un pas rapide, Shikamaru s'aperçu que l'air était différent autour d'elle, obéissant à des lois différentes de l'atmosphère ambiante. Une brise tourbillonnait en permanence autour d'elle, remplie d'une fraîcheur agréable qui ressemblait à une douce caresse. Elle ne semblait pourtant pas se concentrer sur son chakra, et l'énorme éventail qu'elle portait dans le dos n'était orné d'aucun sceau de manipulation élémentaire. Elle doit être devenue très forte, pensa Shikamaru. Après tout, elle a obtenu le rang de jounin...

    L'intérieur du stadium était totalement désert, et personne d'autre n'occupait le vaste terrain d'entraînement qui avait été créé sur la zone de combat. Alors qu'il faisaient leurs premiers pas dans l'arène, Témari ne put s'empêcher de dire : 

            -  Ca rappelle des souvenirs, non ?

            -  Tu veux parler de la fois où je t'ai battue ?

    Temari s'arrêta soudainement de marcher, et se retourna vers le garçon avec dans les yeux un amusement derrière lequel se dissimulait une certaine forme d'agacement. Son sourire en coin était plus une grimace qu'une expression de joie, et Shikamaru n'avait pas besoin de l'observer bien longtemps pour le comprendre. Cependant, il lui renvoya un vrai sourire de satisfaction comme pour la provoquer.

            -  Si je me souviens bien, fit Témari avec un calme à peine maîtrisé, tu as abandonné le match.

            -  Pas sans t'avoir clairement montré ma supériorité. Tu ne faisais plus trop la fière après.

        Témari ne répondit rien à cela. Non pas qu'elle fuyait la vérité de cet instant passé où elle avait été vaincue, mais parce que cela témoignait d'un autre état de fait, plus important et plus dur à porter :

            -   Tu sais, je suis la fille de l'ancien Kazekage. J'ai toujours été élevée différemment des autres kunoichis et...

            -   Et c'est pour ça que tu as si mauvais caractère ? l'interrompit Shikamaru.

            -   Arrête de te moquer de moi ! s'énerva-t-elle en pointant le garçon du doigt comme pour le menacer. Personne ne m'a jamais traité comme toi, espèce de sale macho ! Tu es insolent et paresseux ! Je te hais ! Je te hais !

        Shikamaru se demanda pourquoi Témari n'avait pas en plus insisté sur ses origines démoniaques pour le diminuer. Il avait l'habitude d'être mal vu par certaines personnes, mais pourtant il ne ressentait pas de sincérité dans les paroles de la jeune fille.  

            -  Alors quoi ? fit-il en faisant semblant de ne pas comprendre. Tu veux une revanche ?

            -   C'est pour cela que je t'ai amené ici, non ?

            -   Très bien. Alors allons-y.

       Lentement, les deux adolescents s'avancèrent vers le centre de l'arène. Là, ils s'observèrent silencieusement pendant une bonne minute, sans bouger, jusqu'à ce que Shikamaru remarque :

            -   Cette fois-ci, il n'y a pas d'arbitre. Quelles sont tes règles ?

            -   Faisons simple : le premier qui abandonne à perdu.

            -   D'accord, mais ne t'attend pas à voir l'Histoire se répéter ici.

       Témari serra les dent sous l'irritation de ces paroles et saisit son éventail d'un geste brusque. Ce n'était plus le même qu'elle portait autrefois, car en grandissant en taille et en maîtrise elle avait rapidement eut besoin d'une arme plus performante, plus lourde, et donc plus dangereuse. Son étuis était totalement noir, sans aucun symbole, mais il ne faisait aucun doute qu'à l'intérieur il regorgeait de puissance. Shikamaru, lui, n'avait rien d'autre que ses techniques et sa tête pour l'affronter mais il ne comptait pas se dégonfler devant une fille, même si elle était un peu plus âgée que lui.

            -   Cette fois-ci, commença Témari, je ne vais pas y aller progressivement avec toi.

            -   Tant mieux. Ca évitera que je m'emmerde avant que tu devienne sérieuse.

        Ne tenant pas compte de ce dernier jet d'acide, la jeune jounin déploya complètement son éventail. Aussitôt, une véritable tempête commença à l'entourer.

par Jack-115 publié dans : Naruto et la Main de l'Ombre
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Lundi 13 octobre 2008

CHAPITRE QUATORZE : TRAQUER LES IMPURS



      La grande salle d'audience du palais de l'Eclésiarchie d'Isanam possédait des dimensions tout simplement titanesques. La plupart des gens qui y étaient convoquées ou amenées de force se sentait incroyablement minuscule face à la puissance de l'Imperium. Des rangées de statues représentant les héros et saints d'autrefois étaient plaquées contre les murs, entourées par d'énormes colonnes de pierres ornées des symboles de l'Eclésiarchie. Sur le sol dallé de marbre, des fresques illustrant plusieurs glorieuses batailles datant de la Grande Croisade avaient été sculptées, et un grand nombre de reliques saintes étaient exposées derrière d'épaisses vitres blindées, protégées par des sceaux de pureté et plusieurs sœurs de batailles en armures complètes. Tout, en cette vaste salle, inspirait la puissance de la foi impériale.

      Mais je n'étais en rien impressionnée par toute cette pompeuse mise en scène, car c'était bien la dernière chose dont je pouvais me soucier en cet instant. Le message que je m'apprêtais à délivrer hantait mon esprit à chaque seconde de ma vie depuis que mon équipe et moi avions quitté Tlosma Secondus. Mais ce qui me rendait également nerveux était d'avoir dû laissé mes armes dans le vestibule pour pouvoir rentrer. J'avais beau me trouver dans l'un des lieux les mieux gardés de toute la planète-temple Ouragos, je n'aimais pas me sentir désarmé.

      Depuis que j'avais été affecté par mon Ordo au sous-secteur Hantorius, il y a six mois de cela, je n'avais encore jamais mis les pieds sur Ouragos. Ce monde était un tel symbole de foi et de pureté que la sécurité y était particulièrement importante, et les rares incidents qui s'y déroulaient ne nécessitaient que très rarement l'intervention d'un inquisiteur. Je ne devais donc en aucun cas montrer le moindre signe de faiblesse si je voulais espérer être pris au sérieux. Et c'est donc avec une expression de détermination totale que je traversais la salle d'audience, pour arriver finalement devant le trône où siégeait le cardinal Tantius, le principal dirigeant de la planète sainte d'Ouragos.

           Dans sa tenue d'apparat, l'homme de foi était assez impressionnant pour le commun des mortels, mais un œil bien attentif pouvait voir qu'il était d'une constitution assez faible, même comparé à moi. Le grand âge du cardinal aurait déjà dû montrer des signes depuis plusieurs années déjà, mais bizarrement il n'en était rien, probablement grâce à des techniques de soin que lui seul pouvait se permettre, identiques à celles utilisées par le couple Klaw. Devant lui, ses conseillers et plusieurs autres dirigeants importants d'Isanam étaient assis devant une longue table de pierre blanche, où étaient étalés des rapports écrits venant des quatre coins de la planète, et qu'ils épluchaient méticuleusement. Je ne fis pas attention à eux, et concentrai mon attention sur le seigneur qui m'observait depuis son trône.

            -  Votre Honneur, commençai-je avec un respect mesuré, je me présente devant vous en tant que loyal serviteur de l'Inquisition pour vous mettre en garde d'un grand danger.

            -  Vraiment ? fit le cardinal avec une surprise que je devinai fausse. Et quel est donc ce danger, inquisiteur Silverstein ?

      Il semblait que cet homme n'était pas convaincu par mes paroles, ce que je comprenais assez bien si l'on considérait les puissantes défenses d'Ouragos. Je devais d'autant plus faire très attention aux mots que j'employai :

            - Cela fait maintenant plusieurs mois que je traque un hérétique extrêmement dangereux nommé Travis Meldios. J'ai récemment découvert qu'il a rassemblé un grand nombre d'artéfacts chaotiques afin de mettre en place un large plan de destruction des cinq plus importantes planètes du secteur Hullerstorm, et Ouragos en fait partie.

            -   Et comment cet hérétique compte-t-il détruire ma planète ?

       Je réprimai une expression d'irritation en entendant cela. Les cardinaux avaient certes la charge de diriger les mondes-temples de l'Eclésiarchie, mais ceux-ci appartenaient d'abord à l'Imperium et à l'Empereur. Même les gouverneurs planétaires savaient que les mondes qu'ils administraient leur appartenaient autant qu'une machine appartient à l'ouvrier qui travail dessus. Cependant, je n'avais pas envie de me faire un ennemi du cardinal Tantius en lui rappelant ces devoirs. Pour le moment, j'avais besoin de son aide, mais si jamais je parvenais à arrêter Meldios, je me ferais une grande joie de remettre à sa place ce ramassis d'orgueil. Calmement, je continuai mon explication :

            -   Un technaugure d'Accatran qui avait été capturé par les hommes de Meldios m'a révélé que la Place de l'Empereur est liée à son plan d'une manière ou d'une autre. J'ignore encore comment il compte utiliser les artéfacts qu'il a récupéré, et c'est pourquoi je suis venu ici le plus vite possible.

            -  Je vois, se contenta de dire Tantius. Dans ce cas, je ne vois aucune raison de m'opposer à votre enquête. D'ailleurs je pense même pouvoir vous y aider à ma manière : depuis quelques temps, plusieurs rapport ont fait état d'une forte présence hérétique dans certains quartiers de notre ville sainte.

            -  Quelle sorte de présence ? Propagande ? Actes de vandalisme ou purement agressifs ?

            -  Et bien, à vrai dire, je ne connais pas les détails moi-même. L'enquête est actuellement mené par les sœur de bataille de l'Ordre du Cœur Valeureux, aussi je vous conseil de vous rendre au couvent principal pour obtenir plus de renseignements.

            -   Je vous remercie pour votre coopération, seigneur Tantius.

    Je m'inclinai respectueusement et se retournai vers la sortie. Je n'avais jamais aimé les manières pompeuses de ce genre d'individus, qui traduisaient clairement la situation aisée dans laquelle ils pantouflaient. A partir d'un certain rang de responsabilité, et donc de richesses, les hommes changeaient, quels qu'ils soient. Même le plus saint homme possédait en lui la graine de la décadence, qui germait lorsqu'elle était trop arrosée par l'argent, la vanité et l'orgueil. Un enseignement que j'avais appliqué à ma propre vie lorsque j'avais renoncé à la fortune de mes ancêtre pour la léguer à ma sœur cadette. J'avais rejoint l'Inquisition avec quelques maigres possessions dans le but de traquer ceux qui favorisaient la corruption dans l'Imperium, mais j'avais fini par retrouver les mêmes dirigeants prétentieux et hautains, uniquement soucieux du maintient de leur propre situation. Peu importe l'endroit, un homme est un homme, toujours avec les mêmes faiblesses, et cela m'écœurait profondément.

     Alors que je marchais vers l'immense porte dorée, mon regard fut attiré par les sœurs de bataille qui gardaient les reliques d'Isanam. Ces guerrières étaient la première ligne de défense de ce monde, que ce soit contre le mutant, l'hérétique ou le xénos. Il y avait bien une garnison de gardes impériaux et une puissante flotte de protection standard en orbite, mais c'était surtout les combattantes de l'Adepta Sororita qui se chargeaient des affaires militaires au sol de la planète. L'Ordre du Cœur Lumineux auquel elles appartenait rassemblait plus de trois mille sœurs sur cette seule planète, toutes prêtes à donner leurs vies pour défendre l'Imperium. Je n'avais encore jamais eu l'occasion de voir ces guerrière en action, mais tous les hommes un tant soit peu éduqués savaient qu'elles étaient des combattantes d'élites extrêmement compétentes. Et d'après ce que venait de me dire le cardinal, j'allais certainement devoir faire autant appel à leur puissance qu'aux renseignements qu'elles détenaient.





Au même moment...

     Le conseil de guerre d'Elthir n'avait pas été réuni depuis des années, lors de la crise ork sur le monde exodite de Hulir San. C'était un évènement extrêmement rare que de voir rassemblés ainsi tous les autarques et grands prophètes du vaisseau-monde, mais c'était toujours un signe de grand danger pour la race eldar. Et même si le danger qui planait sur le monde humain d'Ouragos ne menaçait pas directement le vaisseau-monde, Elia avait jugé que la situation était suffisamment grave pour justifier une telle réunion.

     La salle du Conseil de Guerre était constituée de deux grandes tribunes se faisant face, avec d'un côté les grands prophètes, guides spirituels du vaisseau-monde, et de l'autre les autarques, chefs militaires des armées eldars. Elia se tenait debout entre les deux tribunes, finissant de décrire la vision qu'elle avait eut dans son rêve, voyant clairement les regards de son auditoire devenir de plus en plus inquiet. Et lorsqu'elle eut finit son récit, un long silence régna dans l'assemblée tandis que chacun réfléchissait le plus calmement possible pour éviter de trop hâtives réactions.

      Le premier à réagir fut le grand prophète Nagash Irlios, qui avait facilement deux fois l'âge d'Elia, et qui s'adressa pourtant à elle avec respect en utilisant le rang de haute dirigeante d'Elthir qu'elle tenait :

            -  Comment interprétez-vous cette vision personnellement, Prophétesse Suprême ?

            -  Il est clair que le portail démoniaque que j'ai vu s'ouvrir sera d'une taille telle que les humains n'auront certainement pas la puissance nécessaire pour le refermer.

            -  Pourtant, d'après les renseignements que nos espions ont récolté sur le monde d'Ouragos, les forces militaires présentes dans la capitale sont plutôt importantes.

            -   Je le sais, grand prophète Irlios. J'ai également consulté les archives. Mais j'ai de très fortes raisons de penser que les forces démoniaques qui vont se déchaîner sur cette planète seront d'une dimension rarement atteinte dans l'histoire de notre race.

       L'assemblée se tue une nouvelle fois. Tous les habitants d'Elthir connaissaient les remarquables facultés de prédictions d'Elia, l'un des deux Enfants Prodiges. Dès son plus jeune âge, elle avait démontré des capacités psychiques dépassant de loin celles de tous les autres grand prophètes. Il était inutile de chercher à remettre en cause ses visions, ou même ce qu'elle avait pensé par rapport à celles-ci.

            -  Et en quoi la disparition d'un monde mon-keigh pourrait nous inquiéter ? lança subitement un jeune autarque encore trop impétueux.

        Elia s'attendait à ce genre de remarque, qui était habituelle parmi la race eldar où l'orgueil de la race était particulièrement présent. Le terme mon-keigh était d'ailleurs un moyen très péjoratif pour parler des humains, une chose que la Prophétesse Suprême n'aimait pas vraiment. Elle s'apprêtait à répondre lorsque le Commandant Suprême Irul Elronir se leva de sa place. Irul était le second Enfant Prodige, l'époux d'Elia Réa, et celui qui partageait avec elle le titre de Haut Dirigeant d'Elthir. A eux deux, ils guidaient leur peuple depuis des décennies à travers une ère de bonheur et de prospérité, qui rappelait aux plus anciens l'époque où leur race régnait en maître sur la galaxie. Les décisions de ceux que l'on nommait les Amants Eternels étaient respectées par tous. Et lorsque Irul prit la parole, tous l'écoutèrent aussitôt avec la plus grande attention :

            -  Il y a deux raisons pour lesquelles nous devons intervenir. D'abord parce que le chaos est notre ennemi, et que nous ne pouvons ignorer aucune de ses intrusions dans le monde réel lorsque nous pouvons encore les contrer. Et ensuite parce que si la Grande Ennemie parvenait à souiller Ouragos et sa ville sainte Isanam, l'espoir que cette planète fait rayonner sur ce secteur de l'empire humain disparaîtrait. Cela rendrait les autres planètes impériales beaucoup trop vulnérables face aux nombreux ennemis qui les guettent, et finirait par provoquer la chute de tout ce secteur. La foi et la détermination des mon-keighs, comme vous les appelez, se mettra à fondre comme neige au soleil, et leur empire s'effondrera progressivement.

            -   J'accepte le fait que nous devons combattre le chaos, répliqua le jeune commandant, mais pourquoi ne pas plutôt profiter de cette intrusion pour laisser les mon-keigh disparaître comme vous l'avez si bien décrit ?

            -    Parce que nous avons besoin d'eux.

            -    Quoi ?!

       Le jeune autarque était profondément outré par la réponse du Commandant Suprême, et cela se lisait clairement sur son visage. Plusieurs autres membres du grand conseil eurent la même réaction, mais cela ne changea pas l'avis d'Irul, qui continua son explication :

            -  Depuis la Chute de notre race, d'innombrables ennemis sont apparus dans cet univers dans l'unique but de dominer ou de détruire toute vie. Chaos, orks, genestealers, Taus, sans compter nos sombres cousins, tous combattent aussi dur que nous pour étendre leurs empires et devenir les maîtres de cette galaxie. Il serait fou de penser que nous pouvons tous les contenir.

            «   C'est pourquoi nous avons besoin d'une enclume forte et indestructible contre lequel les écraser avec le puissant marteau de nos armées. Et l'Imperium de l'Humanité a toujours été l'outil idéal pour cela. Si cette enclume disparaissait, nous aurions comme seule option de combattre nos ennemis avec des moyens standards, ce qui nous mènerait inévitablement à notre perte.

            «   Voilà pourquoi nous avons besoin de maintenir l'équilibre dans les forces de cette univers. Voilà pourquoi l'empire humain doit rester fort, fier et déterminé. Voilà pourquoi nous devons protéger Ouragos. Parce que sinon, tôt ou tard, notre race sera écrasée par nos nombreux ennemis.

       Un tonnerre d'applaudissements raisonna contre les murs de la grande salle, et Irul lança un sourire de satisfaction à Elia, qu'elle lui rendit au centuple. Le Grand Conseil était définitivement rallié à leur avis.

            -  Maintenant que nous sommes d'accord sur le fait de devoir intervenir, fit le grand prophète Irlios, quelle solution envisagez-vous pour résoudre ce problème ?

            -   Une action directe contre le culte de la Grande Ennemie est absolument hors de question annonça Elia d'un ton froid. Si nous éliminions les dirigeants principaux de la planète sans avoir dévoilé leur nature démoniaque, nous attirerions irrémédiablement sur Elthir la colère des humains à un point encore jamais atteint.

            -   Vous préconisez donc une action indirecte par influence ? Très bien. Et qui sera notre outil pour cela ?

            -    L'écheveau du temps m'a déjà révélé une personne que nous pourrions utiliser, répondit Elia.
par Jack-115 publié dans : ILLUMINATI
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Samedi 11 octobre 2008

CHAPITRE DOUZE : TERMINAL DOGMA



16h28, mercredi 28 novembre 2020/ base temporelle de la Nerv, banlieue de Tokyo-3, Japon.


     Depuis que Ramiel s'était immobilisé au-dessus du centre-ville de Tokyo-3 après l'évacuation de l'Eva-01, toutes les tentatives militaires élaborées pour le neutraliser avaient lamentablement échoué. Cet Ange était apparemment doué d'une incroyable faculté de perception et d'anticipation, doublé d'une puissance de feu inimaginable lui permettant de pulvériser toute menace potentiel dans un rayon d'une vingtaine de kilomètres.

      C'est pourquoi la Nerv avait fait établir une base mobile en-dehors du rayon d'action de l'Ange, au sommet d'une grande colline d'où on pouvait parfaitement voir celui-ci. La partie inférieure du corps de Ramiel s'était transformé en une énorme foreuse qui creusait droit vers le Géofront. Et alors qu'il se trouvait assis dans l'herbe sur le flanc de la colline, Shinji se demandais pourquoi ces créatures venaient toutes précisément ici. Qu'est-ce qui les attirait particulièrement ? Etait-ce le Géofront ? Les Evas ? Autre chose...

       Derrière lui, le personnel de la Nerv travaillait sur quelque chose à la taille tout simplement gigantesque dont le pilote n'avait pas la moindre idée de sa nature ou de son rôle. Cela faisait plus de six heures que le major Katsuragi avait annoncé la mise en place d'un plan d'action pour détruire Ramiel, mais Shinji n'en connaissait pas non plus la moindre parcelle. Le pilote d'Evangelion se sentait utilisé comme un simple pion, presque autant que Rei.

       Soudain, Misato s'approcha de lui d'un pas lent, portant sous le bras un porte-document sur lequel Shinji put apercevoir une carte du Japon couverte de chiffres et de statistiques.

            -   Tu te sens prêt à piloter ? lui demanda-t-elle.

            -   Pas avant que vous m'ayez expliqué ce que je fais ici.

      Le major eut soudain une moue de gêne.

            -  Il faut que tu comprennes que je ne suis pas toujours autorisée à divulguer ce genre d'information, surtout lorsque nous sommes obligés de mobiliser autant de moyens. Il y a beaucoup de choses sur la Nerv que même moi je ne connais pas, et tu en connaîtras encore moins. C'est une question de sécurité. Tu comprends ?

       Shinji détourna le regard en espérant s'éloigner de cette dure réalité que lui dévoilait Misato. Mais c'était impossible. Toute sa vie, il s'était senti inutile, un élément négligeable et presque nuisible pour les autres, et maintenant qu'il avait enfin trouvé un rôle, quelque chose pour lesquels on avait besoin de lui, on ne lui disait rien.

            -   Mais maintenant que tout est en place, fit Misato, je vais pouvoir te décrire le plan que j'ai élaboré pour vaincre l'Ange. Suis-moi !

      Le garçon ne chercha pas à discuter. Avec une certaine réticence, il se leva pour suivre Misato vers l'énorme chantier où les ouvriers et techniciens continuaient de travailler d'arrache-pied. Alors qu'il marchait au milieu d'eux, Shinji s'aperçut qu'ils appartenaient à la section des équipements spéciaux de la Nerv, ceux qui assemblaient ou entretenaient tout ce qui était en relation avec les Evas.

            -  Sur quoi travaillent-ils ? demanda-t-il.

            -  C'est un fusil à positrons, une arme expérimentale que nous avons réquisitionné au J.S.S.D.F (Japan Strategy Self Defense Force). Elle était sensée être monté sur un croiseur de la Navy. Ils sont en train de l'adapter pour être utilisée par l'Eva-01 depuis cette position, et d'installer un réseau d'accumulation électrique spécial pour cette mission.

            -  C'est moi qui vais devoir l'utiliser ? s'écria aussitôt Shinji.

            -  Ne t'inquiète pas, l'ordinateur fera l'essentiel du travail pour toi.

       Misato continua de marcher jusqu'à un véhicule de commandement blindé de la Nerv dans lequel elle pénétra. A l'intérieur, des dizaines d'écrans affichaient divers données graphiques, principalement des quantités d'énergie absolument phénoménales qui donnaient le vertige à Shinji.

            -   Nous allons accumuler toute l'énergie du Japon vers le fusil à positron, expliqua Misato, afin d'avoir la puissance de feu nécessaire pour percer l'AT-Field de l'Ange tout en restant hors de son champ d'action.

            -    Et si jamais il parvenait quand même à réagir ? imagina Shinji à voix haute.

            -    Nous avons envisagé cette possibilité.

       Là-dessus, Misato appuya sur l'un des panneaux de contrôle du véhicule, et l'image de l'un des écrans changea pour montrer l'Eva-00, portant sur le bras droit ce qui ressemblait à un bouclier géant.

            - Au départ, cela devait être la coque d'un vaisseau spatial. Sa conception métallurgique particulièrement résistante nous permet de penser qu'il peut encaisser un tir continu de l'Ange pendant au moins trente secondes. Rei sera chargée de te couvrir avec l'Eva-00.

            -   L'Eva-00 a été activée ?

            -   Cet après-midi même.

            -   Et Ayanami ? Elle... elle peut piloter ?

            -   Apparemment.

       Le major parut soudainement très pensive. Son regard s'éloigna à travers le blindage du véhicule pour se perdre dans les méandres de questionnement que Shinji comprenait parfaitement :

            -   Vous n'en savez pas plus sur elle que moi, n'est-ce pas ?

            -   ... Non. A vrai dire, je pense que seules deux ou trois personnes à la Nerv doivent avoir accès à son dossier. Mais ce dont je suis sûre, c'est que le docteur Akagi Ritsuko en fait partie.

            -   Pourquoi ?

            -   Elle est son médecin, la seule autorisée à pratiquer certains examens particuliers. J'ai entendu dire qu'elle faisait suivre un traitement médical à Rei, mais je n'en connaît pas la raison ni la nature. Cependant, ma seule préoccupation pour le moment est d'être certaine que Rei sera en état de piloter son Eva.


 


 

        C'est bientôt l'heure. Je dois me réveiller. Dommage, je me sentais bien dans ce rêve...

        Rei sortit de son sommeil comme on remonte à la surface d'un lac, tout en ressentant la dure décompression qui assourdissait la tête et accablait les pensées. Son émergence dans le monde réel se fit avec la précision d'une pendule, ainsi qu'elle le faisait tout les jours depuis son enfance. Cependant, la jeune fille ressentit quelque chose d'autre l'affecter au plus profond d'elle-même, déchirant lentement une dimension de son corps qu'elle n'avait jamais ressenti auparavant. Quel est cette sensation ? On dirait... de la douleur ? Mais je n'ai pas mal, pourtant.

       La First Children avait été placée dans sa chambre d'hôpital personnelle où seule le docteur Akagi et le commandant pouvaient pénétrer. Ni l'un ni l'autre n'étaient là pour son réveil, mais elle en avait l'habitude. Lentement, dans une suite de mouvement parfaitement contrôlé par l'habitude et la discipline, Rei se leva et récupéra ses vêtements sur la petite chaise en métal qui se trouvait à côté de son lit. Une fois qu'elle fut habillée, elle marcha jusqu'au moniteur qui était incrusté dans un mur, près de la porte, et où le commandant Ikari laissait ses messages pour elle. Celui qui était affiché cette fois-ci était aussi concis que tous les autres, disant simplement :

            « VIENS AU TERMINAL »

       Par Terminal, le commandant désignait le Terminal Dogma, qui était le niveau le plus profond du complexe souterrain du Géofront. La chambre de Rei avait été aménagée dans un niveau secret juste au-dessus de celui-ci, afin qu'elle puisse s'y rendre facilement dans ce genre de situation, et aussi pour la garder au secret. Le Terminal Dogma était l'une des choses dont seules une dizaine de personnes étaient au courrant dans toute la Nerv, tout comme tant d'autre choses. Ce qui inclut mon identité...

      Grâce à une carte magnétique que lui avait donné le commandant, Rei ouvrit les deux portes blindées du sas menant à sa chambre et sortit dans le grand couloir qui constituait l'essentiel de ce niveau. Son seul accès était un petit escalier descendant vers le Terminal Dogma. Il n'y avait là aucune caméra de sécurité dans tout ce secteur, ni aucun micro enregistreur, rien que des senseurs et capteurs par milliers reliés à des défenses automatisées, le tout alimenté par une installation électrique séparée. Rei savait que si elle ne portait pas la carte du commandant en empruntant cet escalier, quatre mitrailleuses la mettrait en pièce l'instant d'après pendant que tous les accès se verrouilleraient pour 24 heures, y compris les sorties du système d'aération. Elle savait également qu'il y avait suffisamment de plastique explosif derrière ces murs pour faire disparaître ce niveau comme s'il n'avait jamais existé. Le commandant a ses raisons, se disait Rei à chaque fois. 

       Elle atteignit finalement le hall d'entrée du Terminal Dogma, qui était une simple petite salle à peine éclairée où se trouvait d'un côté l'escalier de Rei ainsi qu'un ascenseur menant au bureau du commandant, et de l'autre la plus épaisse porte blindée de tout le Géofront. Une fois de plus, c'est grâce à sa carte magnétique que la First Children put déverrouiller les sécurités de l'énorme accès et déclencher les mécanismes colossaux qui déplacèrent les huit tonnes de blindage pour la laisser passer. Une odeur de sang envahi immédiatement l'air, mais cela ne gênait nullement Rei qui avança mécaniquement dans l'obscurité.

        Mise à part cette petite salle, le Terminal Dogma était un gigantesque espace de trois kilomètres carrés avec un plafond situé à plus d'un kilomètre de haut, et recouvert par une véritable mer de LCL. C'était ce liquide qui dégageait l'intense odeur de sang qui saturait l'atmosphère, ce même liquide avec lequel les Plug Entery était remplies pour faciliter la connexion mentale des pilotes avec leurs Evas. Une mince passerelle en béton coupait cette mer en deux, créant un passage vers le lieu où le commandant Ikari attendait. Depuis que je suis ici, il ne m'a autorisé à venir ici que deux fois, et il ne m'a toujours pas expliqué le rôle de tout ceci. Mais il doit sûrement avoir ses raisons.

        Au centre de cet espace titanesque se trouvait une croix haute de deux cent mètres sur laquelle était crucifié un être aussi grand qu'un Evangélion. Il était de forme humanoïde, à part que son corps totalement blanc s'interrompait à la base du ventre en une multitude de jambes de dimensions humaines. Son visage était masqué par un énorme cercle de métal orné d'un triangle et de sept yeux, et une lance de dimensions toutes aussi gigantesques était plantée dans son buste. Les deux autres fois que Rei avait vu cette étrange entité, celle-ci était encore plus incomplète, ce qui signifiait qu'elle était en train de se régénérer, et donc qu'elle devait être vivante.

       Gendô Ikari était en train d'observer la créature, seul, comme un scientifique observerait un phénomène astronomique, c'est-à-dire avec un flegme total et une certaine indifférence. Lorsqu'il entendit les pas de Rei derrière lui, il ne se retourna pas, même lorsqu'il lui dit : 

            -   Je pense qu'il est temps que tu saches pourquoi tu pilotes, n'est-ce pas ?

        La jeune fille ne répondit pas. Elle savait que ce n'était pas nécessaire.

            -   La cavité du Géofront n'a pas été creusée par l'Homme, continua Gendô. Elle a été découverte il y a vingt ans grâce aux Manuscrits de la Mer Morte, qui la désigne sous le nom de l'Oeuf de Lilith. A l'intérieur, nous avons découvert cette entité qui était en stase au niveau embryonnaire. Il s'agit en fait de Lilith, le deuxième Ange.

        Cette révélation n'étonna pas Rei, car elle s'en doutait depuis la première fois qu'elle était venue au Terminal Dogma. A vrai dire, le seul genre de créature qui pouvait ressembler à cela était les Anges ou les Evangélions. Tranquillement, comme s'il parlait de quelque chose de totalement banal, Gendô finit son explication :

            -  Le Second Impact a été créé par le contact direct entre Adam et un humain. Si jamais un Ange venait à faire de même avec Lilith, un Troisième Impact qui causerait l'extinction de l'Hummanité. C'est pourquoi les Evangélions ont été créées : pour combattre les Anges. Il en existe douze en tout,qui viendront nous affronter chacun à leur tour, et alors que Ramiel n'est que le quatrième,nous risquons pourtant d'être déjà tous détruits par lui.

            -   Cela n'arrivera pas, déclara froidement Rei. Je ne vous décevrai jamais, commandant.