Profil de Jack-115




Nom : Comeau-Montasse

 

Prénom : Thibault

 

âge: 22 ans

 

job: étudiant (BTS Contrôle Industriel et Régulation Automatismes)

 

localisation: Tronville, Meurthe-et-Moselle, Lorraine, France, Planète Terre, réalité n°246820 de la simulation créatrice

 

passions: musique, jeux vidéos, warhammer, et bien sûr, écriture 


M'ECRIRE


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Jeudi 13 août 2009 4 13 /08 /2009 16:37

CHAPITRE TROIS : TRAQUE DANS LE DESERT

 

 

    Une demi-journée de marche avait suffit aux trois jeunes ninjas pour atteindre le lieu de l’incident. Celui-ci n’était pas difficile à identifier : on pouvait remarquer de très loin l’immense anomalie géographique qui trouait le paysage désertique. C’était comme si une demi-douzaine de dunes avaient tout simplement disparu.

     Et au milieu se trouvaient les corps de la patrouille de Suna.

    Une équipe de chunins était déjà là avec un ninja-médecin qui analysait les blessures des morts depuis plusieurs heures dans l’espoir d’en découvrir plus sur l’ennemi inconnu qui les avait attaqué. Shikamaru s’avança aussitôt vers lui pour lui demander de faire son rapport :

      -   Apparemment, dit le spécialiste, tous les membres de l’équipe ont été tué de la même façon : toute l’eau de leur corps a disparu. Leur sang est complètement desséché, ce qui a interrompu net leurs fonctions vitales.

      -  Cela signifie donc une technique de Suiton (élément de l’eau) extrêmement puissante, en déduit Shikamaru.

      Mais ce qui effrayait le plus le jeune Nara n’était pas seulement la puissance de cette technique, mais le fait que d’après la disposition des corps, les trois ninjas qui en avaient été victimes ne semblaient même pas avoir eut le temps de réagir. Leurs trois cadavres étaient tous réunis au même endroit et n’étaient pas espacés de plus de deux mètres. Or les patrouilles de Suna avaient l’habitude de se déplacer groupés afin d’être le plus discret possible, puis se dispersaient au moindre signe d’un ennemi. S’ils ne s’étaient pas séparé lors du combat, cela signifiait qu’ils n’avaient même pas vu venir l’attaque. Gaara avait raison : l’ennemi qui avait fait cela ne devait pas être sous-estimé.

      Mais Shikamaru se doutait bien que même si ces hommes avaient tous été tués par la même personne, il n’y avait sans doute pas qu’un seul ennemi. Même les membres de l’Akatsuki ne se risqueraient pas seuls dans le pays du Vent. Cependant aucun indice ne permettait de connaître combien d’adversaires avaient ainsi pénétré dans le domaine de Suna. S’il y avait eut des traces de pas, le vent et le sable les avaient recouvertes.

      -    A ton avis, fit soudain Témari. Qu’est-ce qui a créé cette crevasse ?

      -  Il y avait sans doute une source d’eau enfouie profondément dans le sol. La technique utilisée pour éliminer la patrouille l’a sans doute fait disparaître elle aussi, ce qui implique que cette technique possède une très grande aire d’effet.

      -   C’est horrible, lâcha Kankouro en observa les cadavres desséchés du coin de l’œil. Comment peut-on tuer quelqu’un comme ça ?

       Shikamaru compatissait lui aussi. Ces hommes n’avaient pas mérité de finir comme ça. Personne ne méritait de finir comme ça, vidé de toute son eau jusqu’à ce que le sang ne parvienne plus à se déplacer pour oxygéner le cerveau ou alimenter les muscles. Ils s’étaient retrouvés dans l’incapacité de bouger ou même de tenir debout, avant de perdre toutes leurs facultés sensorielles pour mourir dans la solitude absolue. Cela avait probablement pris plusieurs minutes.

      -    Qui que ce soit qui ait fait ça, lâcha Shikamaru, il va le payer.

      -   Mais comment savoir dans quelle direction se trouve l’ennemi ? demanda Témari en regardant aux alentours. Nous n’avons aucun indice.

            -   Si : la position de la frontière et des autres patrouilles qui n’ont rien remarqué d’anormal. Cela indique que l’ennemi est arrivé par le Nord-Est, et qu’il a probablement continué sa route au Sud-Ouest sans s’arrêter.

            -     Alors mettons-nous en route immédiatement.

 

 


 

        Ce n’est qu’à la nuit tombée que l’équipe de Jounins repéra enfin un groupe d’individu qui avançait au milieu du désert en direction d’un massif rocheux nommé le pic des flèches, en référence à une armée de bandits qui y avait autrefois établi leur forteresse. Cinq silhouettes se dessinaient entre la pleine lune et le sable encore chaud, marchant à pas étrangement lents comme s’ils avaient parfaitement le droit d’être là.

        Les ninjas de Suna observaient leurs ennemis depuis le haut plateau d’un grand canyon qui s’élevait au milieu du pays du vent, et se trouvait à plus d’un kilomètre des silhouettes. Cette distance avait beau paraître rassurante, Shikamaru ne parvenait pas à se sentir en sécurité. Le souvenir des cadavres desséchés de la patrouille semblables à des momies était toujours imprimé sur ses rétines.

            -   Qu’est-ce qu’on fait, Shikamaru ? demanda Kankouro d’un air inquiet. Ils sont plus nombreux que nous.

           -   Mais ils ne se dirigent pas vers Suna, remarqua le garçon, ni vers aucune ville ou village de la région. Leur objectif doit se trouver quelque part ici, et nous ignorons totalement ce que c’est.

            -    Alors qu’est-ce qu’on fait ? fit Témari. On les suit pour savoir où ils vont ?

            -    On va essayer.

       C’est alors que les cinq inconnus s’arrêtèrent.

            -   Qu’est-ce qui se passe ? demanda Témari. Ils nous ont repéré ?

            -   Je ne pense pas. Un bon stratège aurait continué de marcher pour nous attirer dans une embuscade. Soit ils sont assez confiant pour vouloir nous affronter directement, soit ils sont arrivés où ils voulaient.

            -   Mais il n’y a absolument rien là, remarqua Kankouro.

            -   C’est justement ce qui m’inquiète, répliqua Shikamaru.

        Le garçon se tourna vers Témari. Elle avait déjà sorti un parchemin d’invocation d’oiseau messager, celui que toute les patrouilles du pays de Suna possédaient afin de prévenir le village de tout danger imminent. Elle attendait l’approbation de Shikamaru, et celui-ci la lui donna. Aussitôt, elle déploya le parchemin d’un mouvement rapide, puis forma un sceau d’invocation qui le transforma en un grand aigle royale. L’oiseau de proie s’éleva aussitôt dans les airs, comme porté par un puissant vent ascendant, avant de se diriger vers Suna.

            -    Et maintenant ? demanda Kankouro.  

            -    Maintenant on attaque, répondit Shikamaru en sortant un kunai explosif.

            -    Ils sont plus nombreux que nous, remarqua le marionnettiste, et un seul d’entre eux a réussi à éliminer une patrouille de chunin. S’ils sont tous aussi fort, c’est du suicide.

            -    Les renforts seront bientôt en route, mais ils mettront du temps à venir. Je ne sais pas ce que sont venu faire ces types, mais pour qu’ils se risquent à attirer notre attention comme ça, ce doit être sacrément important. Je ne les laisserait pas atteindre leur objectif aussi facilement.

            -    Tu as raison, l’appuya Témari. On peut au moins essayer de les retenir le temps que les renforts arrivent. Et puis, la nuit est tombée. Cela devrait nous avantager.

        Cette dernière remarque diminua quelque peu la confiance de Shikamaru. Le pouvoir de l’ombre qu’il avait hérité de Kuro était certes beaucoup plus puissant lorsqu’il faisait nuit, mais le garçon n’aimait pas l’utilisé à un tel niveau. Depuis les évènements de la Main de l’Ombre, il s’était souvent entraîné à maîtriser de nouvelles techniques, mais il avait toujours redouté de pousser ses limites, de peur d’être transformé par la part de démon qui se trouvait en lui. Maintenant je comprends ce que ressent Naruto à propos de Kyuubi, se dit-il. La peur d’être absorbé par son propre pouvoir, de le laisser prendre le contrôle de son corps et de son esprit. Comment connaître les limites à ne pas franchir ? Et peut-on revenir en arrière si l’on fait un pas de trop ?

        Mais le jeune Nara n’avait pas le temps de se préoccuper de ces choses. Ils avait une mission à mener. C’est ainsi qu’il ordonna à son équipe de le suivre, puis il sauta de la falaise du canyon. Il atterrit sur un rocher cinquante mètres plus bas, puis sur un autre, et encore un autre jusqu’à atteindre le sol sablonneux du désert. Les trois ninjas de Suna bondirent de dune en dune en adoptant une formation d’attaque. Quand ils furent à une centaine de mètres des inconnus, Shikamaru lança son kunai dans leur direction, mais celui-ci fut dévié par une force inconnue qui l’envoya droit vers le ciel. Lorsque le parchemin explosif qui y était attaché se déclencha, il était déjà si haut que l’explosion fut à peine remarquable au milieu du scintillement des étoiles.

         Face à cette défense inconnue, Shikamaru et ses amis s’arrêtèrent net. Devant eux se trouvaient cinq personnages aussi insolites les uns que les autres qui ne prirent même pas la peine de prendre une posture de combat. Aucun d’entre eux ne portait de bandeau de ninja, ce qui était particulièrement étrange.

         Celui qui attirait le regard en premier était un géant de plus de deux mètres à la musculature impressionnante, qui ne portait qu’une simple tunique en tissu brun, un pantalon ample noir et des sandales. Son visage aux semblait avoir été taillé à la serpe tant il était couvert de cicatrices, et sa large mâchoire remuait sans cesse comme pour mâcher ou déloger quelque chose de coincer entre ses dents. Ses yeux étaient diminués par ses énormes sourcils aussi noir que ses cheveux coupés à ras, mais brillaient d’une volonté intérieure puissante. Il devait avoir une bonne quarantaine d’années, mais il n’était pas pour autant le membre le plus âgé du groupe.

          En effet, à côté de lui se tenait un homme aux traits tirés par la vieillesse, accusant une bonne soixantaine d’années. Il était mince, presque squelettique, et son faciès était creusé par cette faible constitution. Ses long cheveux gris en désordre lui tombaient à moitié sur le visage, dissimulant en partie les signes de son âge avancé. Toutefois, il ne semblait souffrir d’aucune faiblesse, ni de cors ni d’esprit, et ses yeux étaient aussi perçant que ceux d’un aigle. Il portait un simple kimono d’un blanc éclatant, soutenu par une ceinture qui portait également un long katana au fourreau entièrement noir, mais il n’avait absolument rien aux pieds. Shikamaru avait du mal à croire qu’il ait pu marché ainsi durant toute la journée sur le sable brûlant.

         La troisième personne faisant face aux ninjas de Suna était une femme approchant de la trentaine, aux cheveux aussi bleus que l’océan qui tombaient presque jusqu’au sol. Son visage était magnifique, bien qu’elle ne portait aucun maquillage, sa peau de pêche et ses traits angéliques suffisant à éveiller bien des passions chez n’importe quel homme. Cependant, il suffit de regarder ses yeux pour comprendre qu’elle possède un tempérament froid et sans pitié, probablement dénué d’émotion ou de compassion. Elle portait une tenue de ninja de couleur noir très serrée plongeant sur sa forte poitrine, avec un haut col recouvrant les côtés et l’arrière de son cou délicat, le tout recouvert de quelques légères plaques de protections aux ornements d’argents. Ses mains étaient gantées de noir également, et à sa ceinture se trouvaient seulement quatre petites gourdes d’eau. Mais ce qui était le plus étrange chez cette femme était que malgré le climat aride du pays du vent, son corps était entièrement trempé, comme si elle venait de marcher pendant plusieurs heure sous une pluie torrentielle ou de traverser une rivière à la nage. Il ne faisait aucun doute pour Shikamaru qu’elle devait être celle qui avait tué les hommes de la patrouille. Son affinité au Suiton était d’une évidence frappante.

         A la droite de cette femme se trouvait un homme du même âge, de constitution assez moyenne et au dos voûté, lui donnant une apparence presque insignifiante aux côtés de ses comparses. Il était vêtu d’un long manteau à haut col de couleur bleu sombre, aux bordures et ornements blancs, et portait un katana de soldat à la ceinture. Son corps tout entier semblait agité de tics minuscules tandis que ses yeux indiquaient une folie au-delà de l’entendement, appuyé par un sourire malsain qui mettait mal à l’aise. Ses cheveux noirs mi-longs répartis en pic désordonnés n’arrangeait rien à son aspect inquiétant.

          La cinquième personne du groupe était une jeune fille d’apparence fragile, au regard témoignant d’un manque de confiance en soit. Probablement l’élément le plus faible de l’équipe selon Shikamaru, qui lui donnait à peine seize ans. Portant une tenue de ninja souple, couleur vert sombre avec des protections argentées, chacun de ses gestes montrait une grande hésitation. Son visage d’adolescente était baissé presque en permanence, mais possédait cependant une grande beauté. Ses yeux bleux lui donnaient un air innocente tandis que ses cheveux blonds coiffés en une longue tresse brillaient sous la lumière de la lune comme une aube naissance.

         Ces cinq individus se tenaient donc devant les ninjas de Konoha sans dire un mot ni faire un geste.

            -   Qui êtes-vous ? demanda Shikamaru d’une voix autoritaire. Et que faites-vous ici ?

         Personne ne lui répondit.

            -  Shikamaru, fit Témari en pointant de son énorme éventail l’homme en kimono blanc. Cet homme, c’est Toshiro Nagasi, un bandit du pays du Vent qui avait disparu depuis plusieurs années.

            -    Il est fort ?

            -    Non. A peine au niveau jounin.

            -    Alors on devrait se concentrer sur les autres.

       Mais Shikamaru n’eut pas le temps d’élaborer une stratégie plus avancée. D’un simple geste, le dénommé Toshiro donna l’ordre d’attaquer. Il retint cependant le géant à ses côté et resta en arrière à observer le combat. C’est lui le chef ? s’écria Shikamaru intérieurement. Pourtant cette femme aux cheveux bleus semble être d’un niveau bien supérieur. Et pourquoi n’envoie-t-il que ces trois-là contre nous ? A-t-il une stratégie derrière ça ou est-il simplement très confiant ?  

       Les questionnements du garçon restèrent en suspend alors qu’il dû esquiver une attaque verticale portée par le sabre de l’homme au regard de fou. Il attaquait avec une rapidité stupéfiante, mais enchaînait les coups simples sans démontrer une réelle maîtrise du talent d’épéiste. Il ne cherche pas à feinter ou à concevoir un enchaînement. Avec une telle vitesse, un maître du sabre m’aurait déjà tué. Il ne devrait pas me poser trop de problèmes…

        De son côté, Témari était aux prises avec l’étrange femme aux cheveux bleus, restant à une distance raisonnable d’où elle pouvait réagir rapidement à toute attaque. Elle n’avait nullement l’intention de subir le même sort que la patrouille de Suna. Son adversaire ne semblait pourtant pas vouloir utiliser cette technique, se contentant de lancer des attaques de Suitons basiques comme des projectiles d’eau. Sa capacité à utiliser l’eau atmosphérique était colossale, et laissait présager qu’elle ne faisait que s’échauffer.

         Kankouro, lui, attaquait la jeune fille hésitante. Celle-ci ne faisait qu’éviter les coups des trois marionnettes déployées par le ninja qui les contrôlait à distance. C’était comme si elle ne voulait pas se battre, qu’elle voulait simplement discuter pour résoudre un malentendu. Mais aucun des cinq individu ne prononça un seul mot.

         Soudain, la femme qu’affrontait Témari recula en portant la main à l’une de ses gourdes. Le bouchon sauta d’une simple pression et elle plongea deux de ses doigts à l’intérieur avant de lancer une volée de goutte d’eau en direction de son adversaire. Oh non ! fit Shikamaru. Pas maintenant ! Pas elle !

         D’un simple réflexe, Shikamaru forma le sceau de l’ombre et se concentra. Son bras noir devint soudain aussi noir que la nuit et changea de forme pour prendre l’apparence d’une grande lame qui stoppa le sabre du fou qui l’attaquait comme un forcené. Dans le même temps, son bras gauche effectua la même transformation, mais s’étira en un grands mur noir qui alla s’interposer entre Témari et les projectiles liquides de son adversaire.

         Les gouttes percutèrent la surface d’ombre et s’évaporèrent aussitôt, sans causer aucun dégât. Cela causa une certaine frustration chez Toshiro.

            -  Et bien Iralia ? dit-il à la femme aux cheveux bleus. Je croyais que ta technique était imparable ? Qu’est-ce qui t’arrive ?

            - Elle n’est pas imparable, expliqua Shikamaru. Elle utilise simplement de l’eau chargée de son chakra pour déclencher une réaction d’évaporation instantanée sur la cible qu’elle touche. Ce procédé se répand jusqu’à se trouver à court d’eau avec laquelle réagir. Mais cette technique est sans effet contre une surface totalement dépourvue d’eau, comme une ombre.

        Subitement, tous les combats cessèrent et les ninjas de Suna en profitèrent pour reculer d’une bonne dizaine de mètres. Shikamaru dissipa rapidement son ombre, redoutant d’approcher de la limite fatale trop rapidement, puis donna ses ordres :

              -   On va échanger nos adversaires. Je prends cette Iralia. Kankouro, tu prends le taré avec son sabre, et Témari tu te charges de la fille.

         Les compagnons de Shikamaru acquiescèrent.

            -   Très bien, fit-il. Maintenant, le vrai combat va pouvoir commencer…
Par Jack-115 - Publié dans : Naruto et les Chevaliers de la Quête
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Mercredi 12 août 2009 3 12 /08 /2009 22:40

CHAPITRE DIX-HUIT : DERNIER CARRÉ

 

 

2247 heures, 18 septembre 2552 (calendrier militaire) / Seuil de la salle de contrôle de l’installation 03.

 

       L’information fut confirmée par les éclaireurs laissés en arrières par les forces alliées sangheilis : l’ennemi approchait, et avec des effectifs suffisants pour occuper une grande ville. Deux croiseurs étaient en route pour assurer une suprématie aérienne avec leurs innombrables appareils embarquées, et le commandant Urda avait également envoyé une compagnie d’artillerie blindée d’Apparitions qui serait là d’ici moins d’une demi-heure. Cette dernière menace était d’ailleurs la plus dangereuse, car même s’il était possible de se réfugier dans les structures du Seuil pour se protéger des unités volantes et résister à l’infanterie, les spartans et leurs alliés n’avaient rien pour résister à un pilonnage d’une telle force.

            -   49 ! lança Fred en se tournant vers le moniteur. Combien de temps te faut-il avant  d’ouvrir le portail ?

            -    Environ quatre secondes et huit dixièmes, dépositaire.

            -    Très bien. Alors tu vas l’ouvrir immédiatement, et dès qu’on l’aura tous traversé, tu le refermeras.

            -   Je crains malheureusement que cela ne soit pas possible, répondit la machine. Les protocoles de sécurités stipulent qu’une fois ouvert, le portail ne peut pas être réinitialisé avant l’activation de l’installation.

                 -   Alors est-ce qu’on peut le détruire ?

      Aussitôt, le moniteur sursauta dans les airs comme s’il venait de recevoir une décharge de calibre cinquante à bout portant. La lumière bleu de sa sphère centrale vira au rouge, ce qui n’était pas bon signe.

            -  Comment pouvez-vous envisager d’endommager cette installation ? s’écria-t-il. Je ne permettrai jamais une telle chose !

            -  Calmez-vous, Anomaly, intervint Kelly en voyant l’IA s’énerver. On ne savait pas que cela vous ferai tant. Excusez-nous.

       Le moniteur tourna rapidement son globe lumineux vers la spartan, puis vers Fred, avant de lâcher :

            -   Très bien. J’accepte vos excuse. Mais je trouve quand même étrange que des Dépositaires ignorent ainsi des protocoles aussi élémentaires. 

            -    On n’a pas le temps pour ces trucs là, 49 ! fit Fred. Dans quelques minutes cet endroit va être la plus grande concentration de face de poulpe de l’anneau… sans vous offenser, Dalkos.

            -   Les habitudes insultantes sont toujours difficiles à oublier… démon.

        Le spartan sourit derrière son casque.

            -   Seigneur, intervint soudain Lifumee. Je vous demande la permission de rester ici avec mes troupes pour empêcher l’ennemi de vous suivre à travers le portail.

            -  Votre demande est refusée, capitaine. Vous ne pourrez jamais affronter une telle armée tout seul, même retranché dans ce temple.

            -    Alors Blue Team restera ici également, fit Linda de sa voix neutre. Mon équipe est spécialisée dans la défense de zone.

            -   Yellow Team reste aussi, ajouta Joshua. Je préfère largement défendre une zone connue que d’attaquer un building sans aucune reconnaissance.

        Dalkos observa les deux leaders spartans qui venaient de se porter ainsi volontaires. Il avait appris à mépriser les humains, à les considérer comme des être inférieurs dans tous les domaines, et surtout à n’avoir aucune pitié envers eux. Mais ces combattants, ces spartans, n’étaient pas des humains, ou tout du moins pas des humains normaux. En les appelant Démons, les forces de l’Alliance n’étaient peut-être pas très loin de la réalité, car ils n’avaient d’humain que l’aspect. Tout en eux dépassait de loin les limites de ce que la race humaine était capable de fournir, comme si leur corps avait été transformé à travers une possession démoniaque enfermée à l’intérieur de leurs armures.

         En tant que membre de la sainte inquisition de l’Alliance, Dalkos avait eut accès à toutes les informations concernant les affrontements où étaient intervenus les spartans. Il savait de quoi ils étaient capables, même en nombre très réduit. S’il devait comparer leurs compétences à celles de ses frères sangheilis, le légat estimait qu’ils pouvaient égaler des soldats d’élite, car même s’ils étaient peut-être moins bien équipés, ils possédaient un talent tactique hors du commun qui pouvait facilement leur donner l’avantage. Je ne peux oublier le sang qu’ils ont sur les mains, se dit Dalkos, mais je dois admettre que je n’arriverai jamais à stopper le commandant sans leur aide.

            -    C’est d’accord, dit le sangheili en inclinant la tête. Essayez de retenir l’ennemi le plus longtemps possible.

        Soudain, Dalkos eut un choc. Il venait de dire « ennemi » en parlant des troupes du commandant Urda, qui comportait des milliers de ses frères de race. Le légat de l’inquisition avait déjà mené des campagnes de purge contre de nombreuses hérésies depuis sa nomination, durant lesquelles il s’était retrouvé forcé de combattre d’autres sangheilis qui s’étaient détournés du Grand Voyage. Mais cette situation était différente : ces guerriers n’étaient pas des hérétiques. Ils ne faisaient que suivre les ordres de leur commandant. Urda est le seul hérétique ici. Je lui ferai payer chacune des morts injustes qui auront été causées par sa folie. Je le jure sur mon honneur de sangheili, car c’est tout ce qu’il me reste. 

        Sans dire un mot, Dalkos se détourna des spartans et alla rejoindre le capitaine Lifumee et ses guerriers d’élite. Pendant ce temps, les chefs d’équipes spartans en profitèrent pour se concerter une dernière fois en utilisant leur fréquence radio cryptée.

            -   Vous êtes sûr de vouloir rester là, les gars ? demanda Fred.

            -   Il faut quelqu’un pour couvrir vos arrières, expliqua froidement Linda. Personne ne peut prédire quel niveau de résistance vous affronterez dans la salle de contrôle, et il vaut mieux que vous ne soyez pas pris entre deux feux.

            -   Dans ce cas, soyez prudents. Et si cela devient trop chaud ici, repliez-vous à travers le portail, puis préparez un comité d’accueil de l’autre côté.

            -   Compris. Bonne chance.

        Les spartans se regardèrent les uns les autres. Ils n’avaient pas besoin d’abaisser leurs visières polarisées pour deviner les sentiments de chacun, car ils se connaissaient trop bien pour ne pas remarquer les signes d’inquiétudes qu’ils présentaient tous. Ce combat était une opération suicide, même pour des spartans. Leurs chances de survie étaient infimes, compte tenu des forces qu’ils affrontaient et de l’incertitude sur ce qui les attendait de l’autre côté du portail. Aucune des missions qu’ils avaient accomplis n’avait été aussi risquée que celle-ci, mais ils ne pouvaient pas reculer. Leur devoir était de protéger l’Humanité au péril de leur vie. Mourir en sauvant les autres était leur destin à tous.

        Car ils n’étaient pas humains. S’ils l’étaient, ils auraient eut une enfance, des parents, une famille, un passé. Mais ils n’avaient rien eu de tout ça. Même les six années d’insouciance qu’ils avaient vécu chacun de leur côté avant leur enrôlement forcé avaient été effacées de leur mémoire par l’endoctrinement et le lavage de cerveau. Au lieu d’une enfance heureuse, ils avaient eu neuf ans d’entraînement militaire, et la seule personne qu’ils pouvaient considéré comme une mère, c’était le Dr Halsey. A part cela, leur seule famille, c’était l’armée. Leur passé, c’était la guerre.

         Etre spartan, cela signifiait n’avoir aucune existence, ne vivre que pour se battre, se battre pour gagner, et gagner pour les autres.

            -   Et bien les gars, fit Fred d’un ton solennel, je crois John ne sera pas le seul à avoir des histoires à raconter lorsqu’il reviendra sur Terre.

         Les spartans éclatèrent tous de rire, sauf Linda qui se permit simplement un sourire en coin que personne ne remarqua derrière la visière de son casque. La tension était redescendu. Ils étaient prêts.

            -   49 ! lança Fred au moniteur. Tu peux ouvrir le portail, maintenant.

            -   Avec plaisir, fredonna l’IA.

         Un faisceau vert surgit alors du sol et frappa un point invisible au milieu de la salle, provoquant une explosion de lumière qui se limita à la forme d’une grande flamme verdâtre. Ce portail ressemblait à un brasier de plasma immobilisé dans l’air, pointant des flammes d’une netteté absolu aussi bien vers le haut de la salle que vers le bas. 

            -   C’est parti… lâcha Fred.

            -   Je passe le premier, annonça Dalkos. Si le commandant se trouve juste derrière, je ne voudrai pas manquer l’occasion de lui trancher les mains.

        Le grand sangheili se jeta dans le portail qui l’avala en un instant. Peu après, Fred et la Red Team suivirent de la même manière. Ce fut ensuite le tour de Kelly avec la Green Team et de la Raven Squad, que Fred comptait bien avoir à ses côtés pour l’affrontement ultime.

        Il ne restait alors plus que Linda, Joshua, le capitaine Lifumee et tous les soldats qu’ils commandaient, spartans et sangheilis. Une fois leurs amis partis, les spartans commencèrent à se sentir un peu seuls. Mais ils savaient que la tâche qu’on leur avait confiée était loin d’être ingrate, au contraire, car s’ils échouaient, le groupe qui venait de partir se retrouverait dans une situation extrêmement dangereuse. L’armée ennemie devait être stoppée net, quel qu’en soit le prix.

        Et ils la stopperaient.

 

 


 


        La première chose que Dalkos vit en ressortant du portail fut une énorme porte en métal froid, à l’aspect et aux ornements géométriques typiquement forerunners. Elle devait bien faire dix mètres de haut et six mètres de large, ce qui permettait d’estimer son épaisseur entre trente et cinquante centimètres. Il s’agissait sans doute de la porte menant au cœur de la salle de contrôle.

         Le sangheili se trouvait au milieu d’une vaste salle cylindrique aux dimensions titanesques puissamment éclairée, au décors extrêmement vide qui donnait un aspect imposant, presque écrasant. Au moins, il n’y avait aucun ennemi ici.

         Quelques instants plus tard, les spartans surgirent un à un du portail et se dispersèrent à travers la salle afin de sécuriser la zone et surveiller la porte. 049 Shameful Anomaly ferma la marche, mais le portail ne se referma pas pour autant. Fred s’approcha de Dalkos alors qu’il observait la pièce et lâcha :

            -   Je m’imaginais déjà débarquer juste devant ton commandant, mais apparemment on dirait qu’il va falloir marcher un peu pour ça.

            -   C’est mieux ainsi, avoua le sangheili. De cette manière, nous conservons l’effet de surprise. Les troupes laissées sur le Seuil laisseront croire que nous sommes toujours tous là-bas pendant que nous avancerons discrètement dans la Salle de Contrôle.

            -    Je croyais que les sangheilis n’aimaient pas de cacher de leurs ennemis ?

        Dalkos perçu le côté provocation de la question, mais y répondit avec le plus grand sérieux :

-         Parfois nous savons faire preuve de discrétion, lorsque la situation l’impose.

        Les deux héros furent soudain interrompus par un bruit de mécanique qui résonna à travers toute la salle. Lentement, la porte se mit à coulisser sur le côté.

            -  Qui a ouvert la porte ? questionna Fred furieux. C’est toi, 49 ?

        Mais le spartan n’eut pas besoin d’attendre la réponse de l’IA, car une silhouette apparut alors que les énormes battants se déplaçaient. Une silhouette de sangheili.

            -   Et bien Dalkos ? fit la silhouette. Votre honneur aurait-il été à ce point souillé que vous ayez choisi de vous allier à ces démons ?

        Le légat de l’inquisition reconnu la voix de Erko ‘Siunlee, le commandant en second de la flotte Faithfull Judgment. S’il y avait bien un frère qu’il aurait souhaité ne pas avoir à affronter, c’était lui. Sa réputation le précédait dans toute l’armada de l’Alliance. Il était le bras droit du commandant, son meilleur combattant et son allié le plus fidèle. Jamais il ne se détournerait de la cause de son maître, et jamais il n’abandonnerait un combat tant qu’il serait capable de se battre.

        Plusieurs dizaines de sangheilis apparurent aussitôt autour de Erko, pointant leurs armes à plasma sur Dalkos et ses alliés spartans qui n’avaient aucun endroit où se mettre à l’abris. Ils n’y avait là aucun membre de la garde rapprochée du commandant, ce qui était d’une certaine manière rassurant pour le combat à venir, mais qui signifiait également que Urda était encore loin d’ici. Dalkos ragea intérieurement de s’être fait piégé de la sorte.

            -   Le commandant connaissait depuis longtemps l’existence du Seuil, expliqua Erko. Il l’a découvert dès l’investigation de la Salle de Contrôle. Mais il savait qu’il était beaucoup plus facile de vous détruire après avoir divisé vos forces. Votre stupide attaque s’arrête ici, et les quelques combattants que vous avez laissé derrière vous ne tarderont pas à être exterminés par notre armée, ou à traverser le portail pour venir mourir à vos côtés. Rien n’empêchera le commandant de nous débarrasser de tous les gêneurs qui souillent cette galaxie.

       Sur ces mots, Erko leva lentement son bras, qui tenait la poignée d’une épée à plasma encore non activée.

       Lorsque la lame d’énergie apparut dans un flash aveuglant, les forces du commandant en second ouvrirent le feu.

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LA SUITE

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SOMMAIRE

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Par Jack-115 - Publié dans : Halo Destiny
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Mardi 4 août 2009 2 04 /08 /2009 12:46

CHAPITRE SECOND : SOUS LE VENT

 

 

     Les premiers rayons du soleils apparaissaient au-dessus des crêtes rocheuses des montagnes occidentales. L’air était encore froid comme à chaque matin, mais ne tarderait pas à devenir étouffant dès la deuxième moitié de la matinée, et le soir sera encore accueillit comme un répit bienvenu. Le ciel gagnait lentement en luminosité tandis que le paysage sortait de l’ombre nocturne qui se retirait comme un voile, et la roche et le sable du pays du Vent revenaient à la vie alors que le soleil se remettait à les illuminer pour une nouvelle journée. C’était un cycle extrêmement banal et régulier, mais d’une beauté qui émerveillait encore Shikamaru à chaque fois.

      Le jeune garçon contemplait le spectacle depuis le balcon de son appartement. Il portait encore son pantalon de nuit noir, mais rien sur le torse car ici, on apprenait à dormir avec presque rien. A l’intérieur, Témari dormait encore. Shikamaru avait prit l’habitude de se lever un peu plus tôt qu’elle spécialement pour observer le levé du soleil, un acte qui semblait l’aider à s’adapter au climat particulier du pays du Vent. Il avait craint de subir le mal du pays, ou une nostalgie quelconque due à ce brusquement changement de vie, mais bizarrement jusque là il se sentait extraordinairement bien.

      L’ambassade de Konoha était une grande tour de pierre érigée non loin de la massive maison du Kazekage, sur la zone périphérique nord de Suna. Les trois premiers étages étaient occupés par les bureaux administratifs où étaient réglés les affaires traitées conjointement entre les deux villages, tandis que les trois étages supérieurs abritaient les demeures des ambassadeurs officiels à raison d’un appartement par niveau. Shikamaru avait été installé au sommet de la tour, ce qui ne le gênait pas car les escalier entretenaient sa forme et son balcon lui donnait une vue imprenable sur la région. Une vue dont il ne manquait pas de profiter chaque matin tant que la température était encore assez douce.

Soudain, il sentit deux bras l’enlacer tendrement par derrière et une paire de lèvres se poser sur ses joue aussi délicatement que la brise matinale. Le parfum enivrant de Témari parvint jusqu’à ses narines pour l’arracher à ses rêveries de paysage pour se plonger dans de nouvelles teintées de passion, d’affection et d’amour.

       Cela faisait à peine deux semaines qu’il avait quitté Konoha pour ce poste privilégié, qui lui avait surtout permis de vivre avec celle qu’il aimait sans aucune contrainte, mais pour lui c’était comme si ce bonheur durait depuis un éternité. Il n’aurait échangé cela pour rien au monde, et elle non plus probablement.

        -   Tu t’es levé tôt ce matin, dit-il en tournant la tête pour se plonger dans le bleu des yeux de la jeune fille. Qu’est-ce qui se passe ?

        -  Rien, fit-elle dans un murmure. C’est juste que je commence à percevoir lorsque tu quittes le lit. Et je déteste ça.

        -    Alors tu n’as qu’à regarder le soleil avec moi. Ce sera une belle façon de commencer nos journées.

        Témari ne répondit pas, mais Shikamaru savait qu’elle acceptait entièrement l’invitation. Elle s’ennuyait vite désormais lorsqu’ils n’étaient pas ensembles, et elle avait la curieuse manie de s’inquiéter pour lui dès qu’elle restait sans nouvelles plus d’une demi-journée. Inutile d’essayer de décrire son état lorsqu’elle revenait d’une mission de plusieurs jours…

          -   Tu as quelque chose de prévu aujourd’hui ? demada Shikamaru.

          -   Je dois donner un cour de Fûton (technique de vent) dans l’après-midi. A part ça je suis libre.

        Afin d’être envoyée le moins souvent en mission hors du village, Témari avait pris un poste de professeur à mi-temps à l’académie ninja de Suna. Elle formait les jeunes genins du pays du vent en leur enseignant au mieux les savoirs et philosophies propres à tout ninja, une tâche pour laquelle elle montrait de grandes qualités. Elle a déjà un fort esprit maternel, se dit Shikamaru. Elle sait s’y prendre avec les enfants. Et bien qu’elle soit encore trop jeune pour en avoir elle-même, j’imagine qu’elle y pense déjà. Je devrais peut-être éviter de trop creuser le sujet si je veux échapper à la question de notre futur.

        -   De mon côté, je n’ai pas de dossier vraiment urgent, donc…

        -   Tu ne vas pas encore fuir tes responsabilités ? fit Témari en lui tapotant du doigt le bout de son nez. Si tu n’arrives pas à faire ton travail, tu seras renvoyé illico à Konoha. Et là je ne sais pas si j’y survivrais.

        -  Moi non plus, avoua le garçon. D’accord, je vais me charger de ces affaires. De toute façon ça ne devrais pas me prendre longtemps. Et après on pourras aller faire un pique-nique en montagne pour observer le coucher de soleil ? 

        -   Tu ce que tu veux, tant que tu parviens à satisfaire aux besoins de l’ambassade. Maintenant je vais m’habiller.

        Témari s’éloigna dans sa robe de nuit d’un blanc éclatant que la lune avait l’habitude de faire briller comme une étoile tombée du ciel. De son côté, Shikamaru attendit que le soleil se soit au moins à moitié extirpé des montagnes à l’horizon pour quitter le balcon et passer à la cuisine pour préparer le petit déjeuné. Il avait vite appris à faire sa part de vie commune pour éviter les prises de tête avec sa petite amie et se sentir utile dans cette situation là aussi, même s’il était encore loin d’être un cordon bleu.

        Mais alors qu’il préparait un thé aromatisé, quelqu’un toqua à la porte d’une manière plutôt nerveuse. Abandonnant là son travail, Shikamaru alla ouvrir. C’était Jagano, l’un des autres membres de l’ambassade de Konoha, l’un des plus anciens. Bien qu’il n’ait encore qu’une cinquantaine d’année, le travail de bureau l’avait grandement affaibli, et les premières rides de la vieillesse commençaient à émerger sur son large front. Ses cheveux grisonnant étaient coiffés en une longue queue de cheval qui lui tombait entre les omoplates recouvertes pas sa tunique brune brodée d’or. Ses yeux qui d’habitude exprimaient une lassitude non contenue, qu’il faisait d’ailleurs partager à tous ceux qui l’entouraient, renfermaient à présent une excitation particulière que le jeune Nara n’avait encore jamais vu chez cet homme.

        -   Qu’est-ce qui se passe, Jagano ? fit-il en s’appuyant contre le cadre de la porte.

        -   Nous venons de recevoir un message du Kazekage. Il veux vous voir d’urgence ainsi que votre… amie.

        -   OK. Donnez-nous juste quelques minutes pour nous préparer et on y va.

        -   Très bien, fit l’ambassadeur en repartant, mais ne le faites pas attendre.

        Shikamaru ne releva pas la remarque et ferma simplement la porte. Alors qu’il revenait vers la cuisine, il s’aperçut que Témari s’était occupé de finir le thé alors qu’elle n’avait pas complètement fini de s’habiller.

        -    Qui s’était ? demanda-t-elle.

        -    Mon chef.

        -    Et qu’est-ce qu’il voulait ?

        -    A vrai dire, c’est ton frère qui veut quelque chose. Il vous nous voir, tout les deux.

 

 


 

        Gaara était on ne peut plus impressionnant dans son habit de Kazekage. Il se tenait debout sur le toit de sa majestueuse maison à observer le réveil de Suna et de tout le pays du vent. Maintenant qu’il dominait le démon du sable qui dormait en lui, il arrivait à dormir, ce qui le rendait beaucoup plus lucide et apte à diriger son village. Son pouvoir avait gagné en puissance au fur et à mesure qu’il maîtrisait ses capacités. Il ne portait plus l’énorme gourde remplie de sable chargé de chakra comme du temps de l’attaque de Konoha, car il n’en avait plus besoin. Personne dans tout le pays du Vent ne pouvait se mesurer à lui. Il incarnait le pouvoir du désert lui-même.

        Il ressentit la présence de Shikamaru et de Témari bien longtemps avait qu’ils n’atteignent le toit de l’édifice, et se tourna vers l’escalier par où ils arrivèrent afin de les recevoir.

        -    Tu voulais nous voir, Gaara ? fit Témari avec une légère inquiétude.

        -   Oui. Il y a eu un incident particulièrement troublant et j’ai besoin de mes meilleurs éléments pour traiter cette affaire.

         -   Qu’est-ce qui s’est passé ? demanda Shikamaru.

        -  Trois ninjas de notre village ont été tué la nuit dernière. Il était en patrouille à la frontière Est du pays et c’est l’équipe chargée de la relève qui les ont découvert. Actuellement, nous ignorons la nature de l’ennemi qui les a attaqué, ainsi que ses effectifs ou ses objectifs. Mais nous devons découvrir rapidement qui a fait cela et réagir pour montrer la force de Suna.

        -   Donc si j’ai bien compris, dit Shikamaru d’un air détendu, tu veux qu’on enquête sur cette attaque, qu’on trouve les responsables et qu’on se charge d’eux. C’est ça ?

        -    Exactement. J’ai souhaité que tu participe à cette affaire car je connais tes grandes facultés de réflexion et d’analyse. Tu es probablement celui qui est le plus à même de réussir à découvrir notre ennemi inconnu.

        Shikamaru accepta la flatterie qui n’en était pas vraiment une. Gaara avait beau s’être amélioré dans ses relations avec les gens, il ne savait pas encore ce que c’était que le mensonge, le bluff ou l’hypocrisie, ou du moins il ne savait pas comment les pratiquer. Chacune de ses paroles était toujours extrêmement franche et réfléchie, un langage pur qui était la réflexion de sa pensée.

        -  Et pour ce qui est de neutraliser l’ennemi, continua Shikamaru, tu comptes envoyer qui ?

        - Témari et Kankouro t’accompagnerons, mais c’est toi qui prendra les décisions. Kankouro sait où l’attaque a eu lieu. Il vous y guidera dès que vous serez prêts.

        Les deux jeunes ninjas inclinèrent la tête puis prirent congé du kazekage. Mais juste avant qu’ils ne quittent le toit, Gaara leur lança un dernier avertissement :  

        -   Surtout, faites très attention. Les hommes qui se sont fait tué étaient tous des chunins et apparemment, ils n’ont même pas eu le temps de se défendre. Ne sous-estimez pas la force de l’ennemi.

        -   On tachera d’y penser, dit simplement Shikamaru.

Par Jack-115 - Publié dans : Naruto et les Chevaliers de la Quête
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Mercredi 29 juillet 2009 3 29 /07 /2009 22:56

CHAPITRE DIX-SEPT : PAR LA PORTE DE DERRIERE

 

 

2128 heures, 18 septembre 2552 (calendrier militaire) / base secrète humain de l'installation 03, section de refroidissement de l'installation 03.

 

       -  Répétez ? lança Dalkos au capitaine Lifumee d’un air incrédule.

       -  Les troupes du commandant Urda ont pris le contrôle de votre vaisseau, seigneur légat. Tous ceux qui se sont opposé à cette transition de pouvoir ont été exécutés.

    Dalkos ne s’était pas attendu à une réaction aussi rapide de la part de ce traître. Celui-ci devait certainement avoir tout planifié depuis le début en infiltrant le Warrior of Faith avec ses meilleurs guerriers pour assurer la réussite de l’opération. Cela ne servait sans doute à rien d’essayer de raisonner la flotte, Urda y ayant déjà répandu ses mensonges ignobles. Et le fait que Dalkos se soit allié aux humains n’allait pas aider à faire entendre la vérité…

       -  Nous n’avons plus le choix : nous allons devoir stopper le commandant avec ce que nous avons. Mais pour cela, il nous faut un plan…

     Le grand sangheili se tourna alors vers les spartans. Ils attendaient, immobiles, tels des statues de métal prêtes à s’éveiller pour apporter la destruction sur leurs ennemis. Dalkos les craignait tout autant qu’il les respectait. Pour lui, ces soldats étaient dignes d’être considérés comme les égaux des sangheilis, et cela suffisait largement pour accepter l’éventualité d’une alliance, même temporaire, entre leurs deux factions.

       -  Humains ! fit-il à Fred. Apparemment, je ne suis plus en mesure de remettre les choses dans l’ordre par ma seule autorité. La seule option qu’il nous reste est la force.

       -  Que comptez-vous faire exactement ? demanda le spartan d’un ton neutre.

       -  Le commandant Urda va utiliser l’Index et les Régulateurs pour activer Halo. Or il n’y a qu’un seul endroit où il peut le faire.

       -  Vous parlez de la salle de contrôle, n’est-ce pas ? intervint Shameful Anomaly de sa voix mélodieuse en flottant jusqu’à eux.

       -   Exactement. Pouvez-vous nous indiquer où elle se trouve, Oracle ?

     En guise de réponse, le globe lumineux du moniteur projeta une représentation holographique de Halo. L’image ne faisait pas plus d’un mètre de diamètre, mais possédait une précision qu’aucun autre appareil humain ou covenant ne pouvait espérer approcher. Une flèche clignotante apparut soudain à un point précis de la surface intérieur de l’anneau virtuel.

       -   La salle de contrôle de l’installation 03 est une structure un peu particulière, expliqua l’IA forerunner. Mes créateurs l’ont construite dans une vaste zone au climat désertique où vos semblables ont déployé un grand nombre de forces. Je décompte environ trois mile entités combattantes autour de la structure.

      - Urda a anticipé notre réaction, déclara Dalkos aux humains. C’est un stratège extrêmement doué qui ne laisse rien au hasard. Je doute fortement que nous puissions franchir ce blocus d’une manière ou d’une autre.

      -   49 ! lança Kelly au moniteur. Y a-t-il un autre moyen d’atteindre la salle de contrôle ?

    Une deuxième flèche apparut aussitôt non loin de la première sur l’affichage holographique de Halo. Le moniteur expliqua aussitôt :

      -  La salle de contrôle ne possède pas d’entrée physique comme vos civilisations ont l’habitude d’en construire, mais un point d’accès par téléporteur qui mène directement au cœur de la structure. Jusque là, il est resté fermé. Je peux activer ce portail et vous permettre ainsi d’entrer dans la salle de contrôle par ce moyen.

      -   Pourquoi est-ce que Urda ne l’a pas utilisé jusque là ? demanda Dalkos d’un air suspicieux. Et comment a-t-il pu pénétrer dans la salle de contrôle autrement ?

      -    Apparemment il n’a pas connaissance de l’existence de ce portail, c’est pourquoi ses forces ont utilisé un grand nombre d’explosifs pour créer une entrée directe à la base de la structure. Un procédé certes violent et regrettable, mais néanmoins efficace.

      -    Ca signifie que nous allons pouvoir contourner tout le blocus qu’il a mis en place pour nous stopper, compris Joshua. C’est une occasion en or.

      -  Ca n’est pas encore gagné, répliqua Fred. L’intérieur de la salle de contrôle doit certainement être remplie de troupes d’élite qui n’ont certainement pas l’intention de nous voir jouer les trouble-fêtes…

 


 

      Alors qu’il marchait en direction de la salle d’activation de Halo, Erko se demandait comment le commandant allait accueillir les nouvelles qu’il lui apportait. La situation avait déjà failli dégénérer plusieurs fois au cours de cette quête et, vu la susceptibilité du maître de flotte, l’annonce d’une éventuelle complication dans ses plans n’allait certainement pas améliorer son humeur…

      Les troupes qui avaient été choisies pour garder ce lieu sacré, des sangheilis d’élite resplendissants dans leurs armures blanches, inclinèrent la tête lorsque Erko passa devant eux. La caste spéciale des Lames d’Argent constituait la garde rapprochée du commandant. Il connaissait personnellement chacun d’entre eux, pour la simple raison qu’il les avait tous formé jusqu’au dernier lorsqu’il lui-même partie des Lames d’Argent en tant que premier capitaine. Il connaissait leurs capacités, qui étaient sans doute les meilleures parmi toute la flotte Faithfull Judgment, toutefois ces guerriers devraient se mettre au moins à cinq contre lui s’ils voulaient avoir une chance de le vaincre en combat.

      Les Lames d’Argent ouvrirent la porte menant à la salle d’activation, et Erko pénétra dans le plus saint sanctuaire de tout Halo. La beauté intérieur de cet endroit était surprenante quand on la comparait à la grossièreté de son aspect extérieur. Car bien qu’étant une prouesse architecturale remarquable, l’expansion unidimensionnelle à l’extrême ne collait pas avec la grâce des structures standards forerunners. Mais il suffisait de contempler le cœur de ce temple pour constater que les dieux disparus savait parfaitement représenter l’importance capitale de ce lieu.

       Le commandant Urda se tenait seul au beau milieu de cette salle, et observait avec attention un grand hologramme doré représentant une structure forerunner inconnue. Il était d’un calme fantomatique, mais Erko doutait fortement qu’il en reste ainsi après avoir entendu les dernières nouvelles de la situation.

           -     Tu as un message pour moi Erko ? fit le commandant sans même se retourner.

           -   Et bien… il semblerait que le légat Dalkos soit toujours en vie. De plus… les troupes du capitaine Lifumee ne sont toujours pas revenues du front.

           -    Alors cela signifie qu’ils ont décidé de s’allier aux Démons, murmura Urda presque pour lui-même. Mais cela ne change rien à nos plans : nous continuerons comme prévu et les races inférieures seront bientôt anéanties. 

       Erko s’inclina suffisamment pour que le commandant perçoive son geste sans avoir à se retourner, puis quitta la salle afin de préparer la suite des opérations.

 

 


 

       La salle de contrôle de Halo était visible à plus de cent kilomètres à la ronde, immense et fine telle une flèche d’acier pointée vers le ciel, prête à détruire toute vie dans la galaxie. Le désert qui l’entourait était un océan de dunes toutes semblables, parfaitement identiques, sculptées par des millénaires de courants aériens artificiels. Quelques rares structures mineures perçaient par endroits la régularité quasi infinie du sable, mais aux abords de la salle de contrôle rien d’autre ne s’élevait comme pour éviter de se sentir insignifiant face à sa grandeur.

        A environ cinquante-deux kilomètres de l’immense construction se trouvait ce que Shameful Anomaly nommait le « Seuil » de la salle de contrôle : un cercle de métal d’un kilomètre de diamètre et hérissé de six branches verticales. A l’intérieur de ce cercle, une minuscule portion du désert de l’anneau avait été isolée, et renfermant un ensemble de bâtiments en pierre semblables à des temples anciens à moitié enfouis sous le sable. C’était vers cet endroit que les quelques navettes humaines et sangheilis transportant l’étrange coalition temporaire se dirigeait afin d’activer le portail d’entrée vers la salle de contrôle.

         Dans la soute arrière d’un Pélican, Fred ressentait l’inquiétude de ses troupes quand aux chances de réussite de la mission, et à vrai dire il se faisait lui aussi un peu de soucis à ce propos. Car même s’il serait sans doute assez facile d’empêcher l’activation de Halo et d’éliminer le commandant élite, les spartans se retrouveraient ensuite dans une situation des plus délicates…

            -   Daneira ! lança-t-il afin de détourner son esprit d’un futur peu agréable.

         L’Intelligence Artificielle se matérialisa aussitôt en deux dimensions sur l’affichage tête haute de sa visière :

            -   Qu’y a-t-il, Frédéric ?

            -   As-tu détecté des forces ennemies dans les parages ?

            -   Négatif. Aucune présence inconnue repérée dans mon champ de détection.

            -   Préviens-moi si jamais ça change.

        Fred ne se sentait pas bien. Quelque chose ne tournait pas rond là dedans. Il y avait sans doute plusieurs milliers d’installations différentes à la surface de Halo, toutes plus impressionnantes les unes que les autres. Or, l’ennemi avait su laquelle était la salle de contrôle dès son arrivée ici, et pourtant il ne savait rien sur la manière d’y pénétrer ? C’était stupide.

            -   49 ! dit Fred en saisissant doucement le moniteur qui flottait à côté de lui. A quoi sert ce cercle autour du Seuil ? Et pourquoi ces bâtiments anciens ?

            -    Ce cercle est un périmètre de sécurité destiné à empêcher toute entité contaminée par le Parasite de pénétrer à l’intérieur du Seuil et, par conséquent, de la salle de contrôle. Pour le moment, il n’est pas activé, mais si jamais le Grand Confinement venait à être brisé, il protègerait cet endroit contre toute infestation extérieure. Quant à ces structures primitives, je suis désolé, mais mes créateurs ne m’ont pas doté des capacités d’appréciation artistique requises pour juger du style d’architecture choisi pour le Seuil.

            -    Pas grave. Tant que tu nous assures de pouvoir l’activer quand il faudra, le reste, on s’en fout.

       Les navettes franchirent le périmètre de sécurité inactif du Seuil et se posèrent sur la vaste étendue de sable entourant les structures internes. Toutes les troupes débarquèrent en quelques secondes et plusieurs groupe d’éclaireurs partirent vers les espèces de temples afin de les inspecter.

            -    Notre attaque devra être rapide et sans pitié, annonça Dalkos au capitaine Lifumee. Nous enverrons toutes nos troupes à travers le portail et balayerons toute résistance qui se dressera devant nous. Le commandant Urda répondra de ses actes devant moi puis je le traînerai en justice sur Sangheilos afin qu’il y soit châtié comme il se doit.

            -    Bien, seigneur. Nous vous suivrons jusqu’au bout pour l’honneur de notre race.

            -  Et une fois que cette affaire sera terminée, nous nous occuperons du cas des humains.

            -   Vous avez toujours l’intention de les laisser repartir ?

            -   C’est une décision qui m’a coûté, mais je ne peux oublier ma dette à leur égards. Je ne permettrai pas qu’il en soit autrement.

            -   Nous ferons comme vous l’ordonnerez, seigneur.

        Les troupes humaines et sangheilis, guidés par Shamefull Anomaly, investirent rapidement l’une des structures forerunners dont l’intérieur n’était qu’une succession de couloirs de pierre sans aucune décoration ni inscription nulle part. Ce n’est qu’en arrivant dans la salle principale qu’ils découvrirent le seul signe de la formidable technologie des forerunners : deux curieux petits appareils situé l’un dans le sol et l’autre dans le plafond de la pièce. A l’intérieur, on pouvait voir d’étrange hologrammes hauts en couleurs à la signification inconnue, et ils semblaient n’être que les prolongements d’un système dissimulé dans la roche de ce temple.

            -   Voici le téléporteur, annonça Shamefull Anomaly en avançant vers le dispositif. Je vais l’activer pour vous.

       Une grande lumière verte apparut aussitôt entre les deux appareils, prenant la forme d’une sorte de flamme étirée vers le haut. Ce portail n’était pas très grand, et ne permettait sans doute de ne faire passer qu’une seule personne à la fois. Fred anticipait déjà sur l’éventualité d’être accueillit par une ordre de troupes d’élite de l’autre côté du téléporteur, et envisageait un plan pour contrer ce désavantage.

      Mais soudain, l’image de Daneira s’afficha sur sa visière et l’IA lui annonça :

            -   Frédéric ! Les troupes ennemies postées devant la salle de contrôle se dirigent en masse vers notre position !
Par Jack-115 - Publié dans : Halo Destiny
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Samedi 25 juillet 2009 6 25 /07 /2009 12:00

CHAPITRE PREMIER : LES DESIRS DU COEUR

 


       Le soir tombait sur Konoha, tel un decrescendo de lumière faisant lentement entrer le village dans la nuit chaude et étoilée, tandis que les habitants essayaient de profiter des derniers instants de la journée pour terminer leurs diverses tâches. Les marchands se dépêchaient de livrer leurs produits ou de les embarquer, les commerçants annonçaient aux clients la proche fermeture de leurs boutiques, et la garde de nuit se réveillait pour aller prendre la relève sur les remparts. C'était une soirée tout ce qu'il y avait de plus banale à Konoha, ce qui prouvait que le village profitait d'une paix peu commune et extrêmement agréable.

        Au milieu de tous ces mouvements de fin de journée, le jeune Shikamaru Nara marchait de son pas nonchalant vers la maison de l'Hokage. Sa journée à lui avait été particulièrement éprouvante, mais contrairement à d'habitude c'est à lui qu'il le devait, et non à un quelconque concours de circonstances hasardeux. Les quelques marches qu'il eut à monter pour atteindre le bureau de Tsunade lui donnèrent l'impression de faire un mètre de haut chacune, et d'avoir été multipliées par dix depuis la dernière fois qu'il les avait montées. Toutefois, il fit de son mieux pour ralentir les battements frénétiques de son cœur, évacuer l'acide qui semblait avoir inondé chacun de ses muscles et calmer le feu qui agitait son esprit. Lorsqu'il frappa finalement à la porte de Tsunade, il avait l'air de revenir d'une simple promenade.

            -   Entre, Shikamaru ! lui répondit l'Hokage.

        Le chunin s'exécuta et pénétra dans le bureau aussi lentement qu'il le put avant de refermer doucement la porte derrière lui. Tsunade se tenait debout devant la grande baie vitrée donnant sur la Falaise aux Visage où étaient sculptés les faciès des cinq Hokages. Et bien que son propre visage si jeune et féminin soit lui aussi présent parmi eux, son regard restait fixé sur celui du troisième, son grand-père qui l'avait formée ainsi que les deux autres senins. Une fois que Shikamaru fut entré, elle se retourna vers lui en affichant un sourire malicieux :

            -   Alors ? lui fit-elle tranquillement. Comment était-ce ?

            -  Je... ne m'attendais pas à ce que les épreuves soient aussi difficiles, avoua difficilement Shikamaru.

            -   Peu de candidats pensent le contraire. Mais il en est ainsi depuis la création du village, et je ne te cacherai pas qu'il existe des examens beaucoup plus difficiles.

         Shikamaru déglutit involontairement.

-  Mais si je t'ai fait venir ici, continua Tsunade, ce n'est pas pour te parler de l'examen, mais de tes résultats. Et je dois dire que... je suis assez impressionnée. Tu as fais beaucoup de progrès depuis cette affaire au pays de la Foudre, et je ne m'attendais pas à ce que tu développes tes capacités aussi rapidement.

       Le jeune Nara prit bien garde de ne rien répondre à cette remarque. Il ne voulait pas rappeler à l'Hokage comment il avait découvert ces capacités, et encore moins les origines démoniaques de son pouvoir de manipulation de l'ombre. Tsunade faisait partie des rares personnes à en être au courant pour l'instant, avec les membres de la loge Ikari du pays de la Foudre et les amis de Shikamaru. Il avait essayé d'en parler une fois ou deux avec son père, mais à chaque fois il avait ressentit que ce dernier le savait depuis toujours. Si c'était vrai, il aurait peut-être dû lui en vouloir. Mais en réfléchissant bien son père devait certainement avoir ses raisons, et comptait sans doute lui en parler un jour lorsqu'il le sentirait prêt. Un jour comme celui-ci.

            -   Alors ? fit le garçon. Quel est le verdict ?

            -  Le conseil du village a délibéré pendant sept minutes seulement avant de t'accorder le rang de Jounin.

        Shikamaru se permit un léger sourire sur le coin des lèvres.

            -    Et maintenant ? fit Tsunade en s'effondrant dans son fauteuil. Qu'est-ce que tu comptes faire ? Diriger une équipe de genins ? Enseigner à l'université ? Ou essayer de rejoindre les ANBU ?

            -    Je souhaite être nommé ambassadeur permanent au village de Suna, déclara le jeune Nara d'un ton détaché mais où se dissimulait une pointe d'excitation.

            -    Quoi ?

       La surprise de Tsunade était comme les premiers souffles de vent qui annoncent une tempête. Shikamaru savait ce qu'il demandait, et il avait ses raisons, mais il savait également qu'il devait ménager l'Hokage s'il voulait espérer obtenir son approbation. Et pour le moment, c'était assez mal parti.

            -    Je veux aider à améliorer les relations entre Suna et Konoha, expliqua-t-il calmement. Cette entente est la chose la plus bénéfique qui soit arrivé à nos deux villages depuis leur création, et je souhaite employer toutes mes compétences à maintenir cet état de fait, voir même l'améliorer encore plus.

       Tsunade regarda le jeune jounin pendant un long moment de son regard sévère, et Shikamaru fit de son mieux pour rester de marbre afin de montrer sa détermination. Il ne voulait pas paraître faible ou influençable, néanmoins ce n'était pas une simple négociation avec un vendeur de ramen qu'il menait là, mais une demande d'expatriation dans un pays étranger, et non des moindres. Certes, Suna était devenu un allié de poids pour de nombreuses missions depuis qu'Orochimaru les avait bernés pour attaquer Konoha, et cette alliance était encore plus forte depuis que Gaara était devenu Kazekage. Mais cela n'obligeait pas forcément l'envoie d'un jounin en tant qu'ambassadeur permanent simplement pour maintenir cette situation. Du moins c'était l'avis de Shikamaru, et il espérait que Tsunade n'aurait pas la même pensée.

            -   Très bien, fini-t-elle par dire. Ce sera la version que je donnerai au conseil du village pour expliquer ton départ. Maintenant, est-ce que tu peux me donner la vraie raison ?

       Shikamaru prit aussitôt un air étonné.

            -   Pas la peine de faire le surpris, mon garçon. Tu ne penses quand même pas que je vais gober aussi facilement une excuse dans ce genre, non ? Je te pensais plus intelligent que ça, pour un Nara.

            -   Je... je veux rester auprès de Témari, dit-il simplement en s'inclinant pour s'excuser. Pardonnez-moi de vous l'avoir caché.

            -    Oh mais tu ne me l'as pas caché, puisque je le savais déjà.

            -    Quoi ? fit-il en se relevant.

            -  Elle m'a envoyé un message depuis Suna avec le soutient de Gaara, me demandant de t'envoyer chez eux jouer les ambassadeurs. Je ne suis pas dupe, Shikamaru : je sais reconnaître quand une femme est amoureuse, et celle-ci t'aime vraiment beaucoup si j'en juge par les mots qu'elle emploie. Je voulais juste que tu restes honnête avec moi avant de partir.

         Une nouvelle fois, Shikamaru s'inclina devant l'Hokage, cette fois-ci en signe de respect.

            -   Je vous remercie infiniment. Dite au conseil que je m'acquitterai de ma tâche comme seuls savent le faire les Naras.

            -  Je n'y manquerai pas. Maintenant va rejoindre ta petite chérie. Vous devez sans doute avoir beaucoup de choses à vous dire...

          Shikamaru ne répliqua pas et se contenta de s'incliner une dernière fois pour prendre congé avant de se diriger vers la sortie. Mais alors qu'il franchissait la porte et s'apprêtait à la refermer, Tsunade leva la main pour le retenir :

            - Oh, et Shikamaru ! Une dernière chose : préviens-moi pour la date de tes fiançailles. Un mariage entre Suna et Konoha est une chose que nous ne manquerons pas de célébrer.

            -  Qu que qu'est-ce que vous dites ?! Balbutia le garçon comme si on venait de lui dire que le village était en flamme.

            -  Quoi ? Tu ne penses jamais à ce genre de choses ?

            -  Mais pourquoi est-ce que je devrais y penser ? Continua-t-il sur le même ton affolé.

            -   Parce que les femmes y pensent, elles.


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        Shikamaru essaya de se vider l'esprit sur le chemin qui le ramenait chez lui. La dernière remarque de Tsunade l'avait laissé profondément troublé. Il n'avait jamais pensé au futur de sa relation avec Témari, et encore moins à l'éventualité de l'épouser. Ce genre de projection lui donnait froid dans le dos, encore plus que l'idée de se retrouver au bord d'un précipice avec un raz de marée arrivant derrière lui. Il avait rarement fait des cauchemars durant sa vie, même après avoir découvert les origines démoniaques de son clan, mais à présent il appréhendait des rêves agités où il serait tourmenté par l'image de Témari en robe blanche. Il faut que j'arrive à me sortir ça de ma tête, se dit-il à lui-même. Ce n'est pas ce dont j'ai besoin en ce moment. Et de toute façon, qu'est-ce qui me dit que Témari pense au mariage ? Après tout elle n'a que... deux ans de plus que moi... oh merde, elle y pense, c'est sûr. Je vais être pris au piège. Telle que je la connais, c'est elle qui va me demander de l'épouser et je n'aurai pas la force de lui dire que c'est trop tôt... qu'est-ce que je vais faire ?

         Un instant, Shikamaru songea à retourner voir Tsunade pour lui demander de trouver une excuse qui l'empêcherait d'être envoyé à Suna. Mais ses jambes refusaient de faire demi-tour ou même de s'arrêter. Son cœur voulait aller à Suna, rejoindre Témari, et contre ça il ne pouvait absolument rien. Finalement, peut-être que je vais me faire à cette idée.

          J'espère juste qu'elle m'en laissera le temps...

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Par Jack-115 - Publié dans : Naruto et les Chevaliers de la Quête
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