Profil de Jack-115

Hughel 2


Nom : Comeau-Montasse

 

Prénom : Thibault

 

Âge: 25 ans

 

Job: préparateur documentaire à la centrale nucléaire du Tricastin (prestataire pour EDF)

 

Localisation: Montélimar, Drôme, Rhône-Alpes, France, Planète Terre, réalité n°246820 de la simulation créatrice

 

Passions: musique, jeux vidéos, jeux de rôle, lecture et, bien sûr, écriture 

 


M'ECRIRE


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« On ne fait rien d’extraordinaire sans hommes extraordinaires,

et les hommes ne sont extraordinaires que s’ils sont déterminés à l’être. »

 (Charles de Gaulle)


 

 INTRODUCTION


 
  HONNEUR  

ESPOIR

COURAGE JUSTICE
RAISON DROITURE EDUCATION
AMOUR LOYAUTÉ CONFIANCE
      RESPECT         POLITESSE ÉCOUTE
CULTURE SINCÉRITÉ COMPRÉHENSION
SÉRÉNITÉ BIENVEILLANCE COMPASSION

 

 

Dimanche 2 avril 2006 7 02 /04 /Avr /2006 10:05

CHAPITRE CINQ

 

1202 heures, 15 décembre 2525 (Calendrier militaire). Station 648, complexe souterrain de Tulsa, système Fedarix.

            -   Go go go ! Déployez-vous!

            Les Spartans sortirent du train avec la rapidité de félins, certains passant par les fenêtres qui se brisèrent instantanément sous le poids de leurs armures. De leur côté, les marines et TCAO évacuaient leurs propres rames, se déversant comme une marée dans la station souterraine. Le réseau creusé spécialement pour l’opération communiquait avec de grands bâtiments, pour la plupart des chaînes de construction et d’assemblage, permettant de faire sortir à la surface un grand nombre de combattant en un temps record.

            Seulement, les spartans privilégiaient la discrétion à la manière forte, contrairement aux troupes de choc orbitales aéroportées. Ils passèrent donc devant pour vérifier le terrain : même si le croiseur ennemi n’arrivait que dans trois minutes, il pouvait très bien avoir déverser des navette de largage bien plus rapides pour faire un débarquement préventif. Tout devait être anticipé, sans quoi ils allaient droit au massacre.

            Les rues semblaient encore vierges d’occupation extraterrestre, et John ordonna la dispersion de la force d’attaque en plusieurs groupes compacts, remontant chacun une des rues parallèles remontant vers la grande place de la ville, où le croiseur allait certainement atterrir. Au-dessus de leurs têtes, les soldats pouvaient déjà voir la silhouette agressive à l’apparence organique, qui descendait lentement vers eux. Pour éviter d’être aperçus par d’éventuels capteurs, John ordonna d’utiliser au maximum les couverts pour un déplacement discret. Le vaisseau ennemi n’étant pas parfaitement au-dessus d’eux, les hauts bâtiments de la ville pouvaient les cacher aisément tout en leur permettant d’avancer vers leur objectif. Mais au fur et à mesure de leur progression, John remarqua que le croiseur ne se dirigeait pas vers la grande place de la ville, mais plutôt vers le centre avec ses buildings de verres, situés non loin.

            -   Mais où est-ce qu’il va ? s’écria-t-il.

            -   On dirait qu’il veut atterrir de force dans la zone des bureaux de l’administration, remarqua Kelly.

            Les spartans observèrent alors le croiseur depuis le couvert d’un magasin de vêtement abandonné. Il se trouvait désormais à plusieurs centaines de mètre au-dessus du sol, et se déplaçait avec lenteur à huit cent mètre à peine de la position des spartans. Puis soudain, lorsqu’il se trouva à deux-cent mètres d’altitude, le vaisseau s’immobilisa, et un énorme rayon d’un violet transparent apparu sous son ventre pour aller frapper le sol.

            -    Ils vitrifient la planète ? s’inquiéta Fred en réussissant à cacher sa frayeur.

            -    Non, le rassura John. Il n’y a pas eut d’explosion. Je ne sais pas ce que c’est, mais on ferait mieux de l’apprendre rapidement. On continue !

            Le groupe se remit en route, les marines et troupes de choc restant en arrière dans les rues parallèles, le tout formant un triangle offensif se dirigeant vers le croiseur ennemi. Toujours aucune navette non identifiée dans les airs, et la cible ne bougeait plus, avec toujours ce rayon étrange activé. Cela avait pour effet de rendre anxieux les marines, d’énerver les troupes de choc, et de faire douter les spartans.

            Soudain, au détour d’une rue, les choses s’accélérèrent. Tan, le meilleur éclaireur de l’équipe, avait été envoyé reconnaître le terrain. Il jeta un coup d’œil au coin de la rue, et leva immédiatement une main fermée pour faire signe d’arrêter la progression.

            -   Contacts ennemis ! annonça-t-il dans la liaison com.

            Tout le monde s’accroupi contre le mur, attendant la suite des informations. John se demanda un instant combien de ces êtres à tête de vautour pouvait contenir ce genre de vaisseau pour effectuer un débarquement… et il se demanda aussi comment ils étaient arrivés au sol avec le croiseur en altitude et aucune navette déployée.

            -   J’ai de nombreux ennemis en visuel, continua Tan. Mais ils ne sont pas pareils. Ils sont plus petits, avec des masques respiratoires et des réservoirs bizarres dans le dos. Je vous envoie une photo.

            L’ordinateur intégré de l’armure de John réceptionna l’image qu’envoya Tan via sa caméra. La rue qu’il observait était couverte de petits être étranges en armure de combats de diverses couleurs allant du jaune très répandu (probablement les soldats de base) au noir complet, en passant par du rouge pourpre. Ils avaient des allures de gros chiens bipèdes, à la peau écailleuse au reflet bleu. Leurs yeux étaient petits et noirs, et leurs mains légèrement disproportionnées par rapport au reste du corps, tenant des pistolets à plasma identiques à ceux que John avait arrachés aux extraterrestres du vaisseau covenant.

            -   Qu’est-ce qu’on fait, adjudant ? fit le lieutenant Hardvert qui commandait les marines et avait entendu la communication.

-     On doit les contourner, répondit-il calmement, et découvrir comment ils ont atteint la surface.           

            -      Je crois que j’ai la réponse à cette question, lança Tan. Regarde ça !

            L’adjudant reçu une nouvelle capture d’image de la part de Tan. Elle montrait le rayon violet émit par le croiseur, avec au beau milieu, un flot continu de créatures semblables à celles qui inondaient la rue adjacente, flottant dans les airs entre le croiseur et la surface.

            -    Un ascenseur gravitationnel ? supposa Kelly.

            -    On dirait bien.

            John reconsidéra la situation rapidement. Il leur restait moins de trois heures avant que le croiseur quitte la surface, dont trente minutes qu’ils devaient user à l’intérieur pendant que la flotte serait en route. Vu la distance leur restant à parcourir, la discrétion était encore possible, et John n’avait pas particulièrement envie d’affronter l’énorme masse extraterrestre juste à côté. Mais les rues n’étaient plus sûres, désormais, et la concentration ennemie augmenterait nettement en s’approchant du rayon. Il fallait donc choisir une autre voix.

            -    On va passer par les égouts, annonça John. Tout le monde dans les égouts !

            L’ensemble des troupes d’abordage se mis alors à la recherche de bouches d’accès, et commencèrent à s’engouffrer dans les sombres tunnels de la ville. Le système de traitement des eaux usées était assez efficace, et les souterrains n’avaient pas l’état déplorable habituel de ce genre de lieux. Ils étaient suffisamment larges pour que trois hommes puissent marcher de front, ce qui ne ralentit pas beaucoup la progression globale.

            Alors qu’ils progressaient dans la pénombre, aidés de leurs visions nocturnes, les spartans ressentirent une faible secousse. Puis une autre, et enfin une troisième.

            -      Des charges de démolition, expliqua Tan. On dirait qu’ils essayent d’entrer dans les bureaux de la manière forte.

            -    Mieux vaut qu’ils dispersent leurs forces dans la ville, lâcha John. Ca nous fera du boulot en moins pour plus tard. A quelle distance sommes-nous de notre cible ?

            -     Trois cent mètres. T’as une idée sur notre point de sortie ?

-     On va d’abord aller au plus près de leur ascenseur gravitationnel. Ne serait-ce que pour collecter des renseignements. Ensuite, on sortira dans le parking souterrain de l’hôpital, juste à côté de notre cible. Je doute que les covenants s’intéressent aux sous-sols, et on pourra s’y déployer rapidement.

            -      Bien reçut.

            Le groupe continua d’avancer en direction de l’ascenseur gravitationnel. Pendant ce temps, les marines et troupes de choc se dirigeaient déjà vers les sous-sols de l’hôpital en empruntant des tunnels annexes. De nombreuses autres explosions retentirent le long du chemin, ce qui signifiait que les covenants étaient en train de se mettre véritablement au travail. John consulta sa montre, et vit qu’il leur restait encore deux heures avant le départ du croiseur. Il espéra que les troupes terrestres de contre-attaque étaient bien protégées des investigations ennemies, et prêtes à les faire souffrir.

            Lorsqu’ils arrivèrent au plus près de leur cible, John ordonna à tous de couper leurs liaisons com. Il n’était pas impossible que le vaisseau puisse capter leurs transmissions, même sur un canal sécurisé. Tan monta à l’échelle vers la sortie, et souleva la plaque d’égout juste assez pour faire passer sa sonde en fibres optique. La rue où se trouvait l’ascenseur gravitationnel était plutôt un boulevard, comprenant deux voies de circulations de chaque côté de la route. Il y avait une foule de ces petites créatures étranges, et quelques-unes de l’espèce qu’avaient rencontré John et Kelly dans le vaisseau ennemi. Celles-ci semblaient diriger les autres, et les surveiller, ce qui démontrait une sorte de hiérarchie covenant. Autour de l’ascenseur, l’ennemi avait déployé ce qui semblait être des tourelles : quatre énormes canons finissant en trois tubes parallèles étaient montés sur des trépieds intégrés, le tout faisant deux mètres cinquante de haut. Ces tourelles étaient chacune maniée par une créature semblable à l’infanterie massive qui se déployait dans toute la ville, se distinguant de leurs semblables par leur armure verte. Il n’y avait aucun véhicule ennemi en visuel, ce qui était plutôt une bonne chose, mais l’assaut direct semblait bien inévitable.

            -   Alors ? Fit John à Tan en relevant sa visière pour parler.

            -   On a une centaine d’ennemis autour de l’ascenseur, avec quatre tourelles de type inconnu. J’ai aussi repéré quelques bestioles avec des boucliers.

            -    Y a-t-il des structures de communication ?

            -    Aucune. Pas de relais d’antenne dans les parages.

            -    Alors soit ils ont des systèmes de communication réduits, soit ils n’en ont pas du tout. On ne va pas prendre de risque.

            L’adjudant ordonna alors silencieusement à James d’activer le brouilleur qu’il portait. Cela leur permettrait de détruire la force de défense de l’ascenseur sans que le vaisseau en sache quelque chose. Ensuite, tout dépendrait du comité de réception en haut de l’ascenseur.

            Les spartans firent mouvement vers les sous-sols de l’hôpital, et y rejoignirent rapidement les marines qui les attendaient. Le lieutenant Hardvert était perplexe. Ne sachant rien de ces ennemis, il fallait rester prudent. Même si l’assaut direct représentait leur seul chance d’atteindre le croiseur, cela restait une action risquée.

            -     Vous avez un plan pour passer ça, chef ? dit-il.

            -      Oh oui, j’en ai un. Et ces enfoirés vont le sentir passer.

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Dimanche 2 avril 2006 7 02 /04 /Avr /2006 09:32

CHAPITRE QUATRE

 

1153 heures, 15 décembre 2525 (Calendrier militaire). Abris 211, complexe souterrain de Tulsa, système Fedarix.

-         Adjudant ! fit Kelly. Ils arrivent! Ils sont là!

-         OK. Je veux connaître leur nombre, leur position et direction.

-    On devrait recevoir les données des satellites espion… maintenant.

            L’écran de contrôle composant l’un des murs de l’abris s’illumina d’une carte spatiale, et de nombreux triangles rouges apparurent un à un. Au début, ils n’étaient qu’une dizaine, mais les satellites en dénombrait d’autres chaque seconde. Leur nombre ne cessa d’augmenter pendant un long moment, et John espérait à chaque nouveau triangle qu’il soit le dernier. Lorsque cela s’arrêta enfin, Kelly fit un résumé :

            -   Nous avons quarante-trois vaisseaux ennemis à quatre-mille mètres au-dessus de nous. Il y a parmi eux douze cibles potentielles pour notre mission.

            -     Pourquoi est-ce qu’ils ne bougent pas ? demanda John.

            -    Peut-être qu’ils sont en train de scanner la planète, pour vérifier la transmission qu’ils ont interceptée.

            -     Espérons que nous les avons bien bernés.

            Les minutes qui suivirent furent parmi les plus angoissantes des spartans. Les covenants pouvaient très bien se contenter de vitrifier la planète sans perdre de temps. Mais leur immobilité traduisait leur curiosité, et ils finirent par se diriger à vitesse réduite vers la surface. Les satellites espions calculèrent leur trajectoire en une fraction de secondes, et une carte globale de la surface de Tulsa remplaça la carte spatiale. Des croix rouges étaient visibles à une quarantaine d’endroits, dont une douzaine clignotaient d’une lumière intense.

-   OK, fit John. Nous avons deux cibles potentielles à notre portée. L’une se dirige vers la ville de Permia, située à cent-trente-trois kilomètres au Nord-Est d’ici. Et l’autre…

            John vérifia les données de la cartes, croyant qu’il se trompait. Mais ce n’était pas le cas. Il avait bien vu : le deuxième vaisseau allait vers un canyon désert situé au beau milieu d’un cercle de montagnes, à cent lieux de toute installation humaine.

            -   Qu’est-ce qu’ils vont foutre là-bas ? se demanda l’adjudant, ahuri.

            -  C’est vrai que c’est bizarre, l’appuya Kelly. En plus, ils ont également déployé quatre frégates à cet endroit.

            -  Cette cible est trop dangereuse à atteindre avec ces autres vaisseaux. L’autre croiseur n’a pas d’escorte, et la ville nous offrira un bon couvert d’où frapper. On y va !

 

 

            Le capitaine Haric était anxieux. Les covenants étaient finalement arrivés, mais la flotte ne pouvait pas encore attaquer, pas avant que les spartans n’aient investi leur cible. D’après les relevés des satellites espion, il y avait plus de quarante vaisseaux ennemis qui fonçaient vers la surface de Tulsa. Leur disposition n’était pas la même que lorsqu’ils avaient vitrifié Chi Ceti 4, cette action nécessitant une répartition parfaitement homogène de leurs croiseurs de combats.

            Les covenants étaient donc tombés dans le piège, et la mission avait une chance de réussir. Dans une vingtaine de minutes, les vaisseaux ennemis seront à la surface. Et là, Dieu seul sait ce qu’auront à affronter les troupes terrestres de contre-offensive.

            Yan Haric, en tant qu’agent du SRN, avait eut accès aux documents vidéos enregistrés par les spartans lors de leur excursion à bord du vaisseau ennemi qu’ils avaient détruit. Les créatures qu’ils avaient affrontées n’avaient pourtant pas réconforté les spécialistes, qui affirmaient qu’elles ne pouvaient pas être les constructeurs de tant de technologie. De plus, leur langage étrange à base de piaillements d’oiseaux que les linguistes tentaient d’analyser n’était pas très évolué. Le fait que ces espèces de vautour qu’un humain normal dépassait de deux têtes soient ceux qui les avaient maintenus en échec si longtemps était impensable. Les huiles du SRN avaient donc conclu qu’il existait peut-être des variantes de cette race, avec des castes combattantes et d’autres scientifiques. En tout cas, après cette journée, le CSNU allait enfin être fixé sur la nature véritable de leurs ennemis… s’ils s’en sortaient vivants.

            -   Capitaine, fit le lieutenant Jerif depuis le poste des communications. Je reçois un message de FLEETCOM adressé à l’ensemble de la flotte. Ils veulent que nous commencions à nous mettre en route vers Tulsa à vitesse réduite.

            -     Une décision que j’attendais, lieutenant. Au moins, je constate que les amiraux ont bon sens. Lieutenant Hancred ! Poussez les moteurs à vingt-cinq pour cent de leur puissance. Prenez une trajectoire à Huit-Zéro-Cinq.

            -     A vos ordres ! répliqua le responsable de la navigation.

            -     Alors ça y est. On y va…

  


 


            Le train souterrain traversait les tunnels à tombeau ouvert, fonçant vers la ville de Permia, avec à son bord les trente spartans, accompagnés d’une compagnie de marines, ainsi qu’une vingtaine de TCAO. A l’intérieur, les hommes effectuaient les dernières vérifications de leur équipement, tandis que certains attendaient patiemment le moment de l’action. John remarqua Fred assis sur un siège qui avait peine à supporter les cinq cent kilos de son armure, en train de faire tourner son couteau entre les doigts. Fred avait toujours adoré le combat rapproché, là où il sentait réellement ses capacités physiques et celles de ses adversaires, et son couteau de combat était devenu son équipement favori, dont il ne se séparait jamais. Il le fit tourner en équilibre sur l’un de ses doigts avant de le projeter dans les airs avec un mouvement en spirale, pour finalement le rattraper au niveau de la garde et de le ranger dans son fourreau qu’il portait à la poitrine. Pendant toute l’action, son regard était resté imperturbable, mais lorsqu’il aperçut l’adjudant qui l’observait, il laissa s’échapper un peu de surprise de ses yeux.

            -   Alors, fit John. T’as l’intention de trancher autre chose que de l’humain ?

            -   Plus que jamais, John. Je me demande bien de quelle couleur est le sang de ces salopards.

            -   Je pense que tu auras suffisamment d’occasions pour satisfaire ta curiosité.

            -   Arrivée dans trois minutes ! annonça la voix prés-enregistrée dans l’ordinateur qui conduisait le train.

            -   Kelly ! fit l’adjudant. Où en est notre cible?

            -   Atterrissage dans six minutes !

-         Tout le monde en état d’alerte 

            Immédiatement, les spartans abandonnèrent leurs contrôles d’équipement, et se placèrent accroupi sous les fenêtres de la rame, tenant fermement leurs armes. John voyait qu’ils étaient prêts à en découdre. Tous voulaient leur vengeance, leur heure de victoire. Leur conviction était aussi solide que leurs armures, et leur haine aussi mortelle que leurs lames. Ils iraient jusqu’en enfer pour vaincre, tout comme John, et c’était certainement vers l’enfer qu’ils se dirigeaient.

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Dimanche 2 avril 2006 7 02 /04 /Avr /2006 09:31

CHAPITRE TROIS 

 

1147 heures, 21 décembre 2525 (Calendrier militaire). Croiseur de combat Teflor, périphérie du système Fedarix.

            Le capitaine Yan Haric regardait pensivement la puissante flotte qui s’agglutinait lentement dans ce coin perdu de l’espace, réfléchissant sur leurs chances de victoire. Il y avait là plusieurs dizaines de frégates de combat, ainsi que trente croiseurs d’attaque et une vingtaine de puissants destroyers. Le tout constituait une puissance de feu considérable, plus offensive que défensive, car peu de ces vaisseaux pourraient encaisser plus de deux ou trois tirs de torpilles à plasma covenants.

            Le croiseur que commandait le jeune capitaine, le Teflor, était un exemple de robustesse et de capacité offensive. Equipé de moteurs à réaction tri-core lui donnant une vitesse étonnante pour un bâtiment de son tonnage, il possédait trente tubes lance-missiles, deux canons CAM et un petit trio de têtes nucléaires en réserve pour les pires situations… ou aussi pour auto-détruire son vaisseau si la situation l’exigeait. Sa coque de titane A faisait trois mètres d’épaisseur et ses nombreuses sections isolables lui permettaient d’encaisser bien plus de tirs que la plupart des autres croiseurs. En fait, sa seule faiblesse était son manque de manœuvrabilité qui l’obligeait à des mouvements simples et directs. Mais le capitaine Haric n’avait jamais été un partisan des manœuvres complexes, et préférait affronter ses ennemis de face plutôt que de s’en remettre à une quelconque pirouette spatiale pour prendre le dessus.

            Seulement, cette énorme concentration de force ne pouvait que prouver que la bataille vers laquelle ils allaient se diriger très prochainement n’allait pas être une partie de plaisir. La plupart des affrontements spatiaux contre les covenants avaient rarement dépassé le résultat de carnage total. Certes, il y avait eut quelques victoires, mais à chaque fois les pertes du CSNU étaient grandes, et les effectifs mis en œuvre pour vaincre devaient toujours être au moins trois fois supérieure à ceux de l’ennemi pour avoir la moindre chance. Combien de vaisseaux covenants allaient-ils affronter ? Comment être sûr que le piège allait fonctionner ? Et qui leur disait que les covenants n’allaient pas leur tendre eux-même un piège ?

            Seulement, Yan Haric savait que l’issue de cette bataille ne dépendrait pas de la flotte. Il le savait parce que c’était son propre vaisseau qui avait conduit les spartans jusqu’à Tulsa pour les y déposer. Les autres vaisseaux savaient que l’objectif n’était pas seulement de porter un grand coup aux covenants, mais ils ignoraient totalement qui allait effectuer l’abordage. Evidemment, le nom des spartans se lisait sur presque toutes les lèvres, mais le SRN préférait garder l’information secrète, et cela pour des raisons toutes aussi secrètes.

            Cet affrontement devrait être rapide ; ça, c’était sûr. Et le capitaine Haric ferait tout pour aider les spartans dans leur mission, afin qu’il puisse sortir rapidement de la boucherie qui commencerait très bientôt.

 


 

            Dans leur abri renforcé et éléctro-magnétiquement isolé, les spartans préparaient leur équipement. Cette mission étant d’une importance capitale, on leur avait tout fourni sur commande. Evidemment, les explosifs étaient en quantité réduite, afin d’éviter d’endommager le vaisseau abordé, et les munitions n’étaient pas d’un calibre trop important, sauf pour les snipers. Par contre, les équipements de neutralisation tels que les grenades étourdissantes ou les munitions tranquillisantes pour capturer des prisonniers covenants remplissait une bonne partie des paquetages des spartans. 

            John était en train de vérifier le canon de son fusil mitrailleur lorsque Kelly s’approcha de lui, tenant une feuille de papier qu’elle lui tendit.

            -   Le PC nous a transmit une communication crypté de la part de FLEETCOM.

            John pris la feuille et la parcoura des yeux :

 

Ordre Prioritaire d’Urgence du Commandement Spatial des Nations Unis 081636R-5

Code de cryptage : rouge

Clé publique : transmission / accès Alpha sécurisé

De : FLEETCOM

A : projet S-II, Section Trois

Objet : début des opérations

Classification : TOP SECRET (Directive CTS)

/début de transmission/

 

        Spartans,

            Nous avons confirmation que le message leurre a bien été intercepté par l’ennemi, et qu’une flotte covenant est en route vers votre position. Nous ignorons encore le nombre de vaisseaux ennemis, leur formation étant trop serrée pour les discerner dans l’espace Shaw-Fujikawa, mais notre flotte de contre-attaque est prête à toutes les éventualités. Ils attendront votre signal pour entrer dans le système, et mettrons trente minutes à partir de ce moment pour rejoindre Tulsa. L’arrivée ennemie a été calculée par nos IA pour 3583 heures, et leur descente dans l’atmosphère devrait mettre vingt minutes, ce qui vous laissera le temps de calculer leur points d’arrivé et de déterminer quelle cible vous sera la plus accessible.

            Vous avez pour directive de choisir le vaisseau le plus puissant possible, dans la limite du possible avec le temps et les moyens qui seront à votre disposition. Avant le début de la capture, marquez la cible au laser pour éviter qu’elle ne soit prise pour cible par notre flotte, et effectuer l’infiltration. Le choix de la méthode à employer vous est laissé, tant que la cible reste en bon état. Une fois la capture effectuée et toute présence ennemie éliminé à l’intérieur la cible, vous rejoindrez le point de rendez-vous avec la flotte, et effectuerez un saut vers le système Donaba, avant de rejoindre Reach. Si jamais la mission était compromise, que la cible était rendue inutilisable, où que la capture est un échec, vous avez pour ordre de demander une évacuation immédiate. Votre groupe sera mis à l’abris aussi rapidement que possible par la flotte.

            Bonne chance, soldat.

/fin de transmission/

 

 

            Ces nouvelles étaient plutôt bonnes : l’ennemi avait mordu à l’hameçon, et l’heure de son arrivée leur était connu, tout comme la fenêtre de temps qu’ils avaient à disposition pour la première phase (et sans doute la plus dur) de leur mission. John rendit la feuille à Kelly en disant :

-         Fait-le passer à toute l’escouade. Quand tout le monde l’aura lu, préviens-moi.

-         Compris, fit la spartan.

            Elle s’éloigna et laissa John seul pour réfléchir. Bien sûr, il avait déjà préparé un plan pour cette mission, mais ce plan se heurtait à trop d’inconnu : ils ne connaissaient encore rien du nombre de vaisseaux ennemis, des endroits où ils décideraient d’atterrir, ni de la technologie qu’ils allaient affronter à l’extérieur et à l’intérieur du vaisseau. Le géni militaire du CSNU avait cependant aménagé un réseau ferroviaire souterrain très développé : depuis cet abri, les spartans n’avaient qu’à monter dans le train stationné juste à côté pour pouvoir atteindre n’importe quel zone clé dans un périmètre de huit cent kilomètres carré, dans un temps maximal de quatre-vingt minutes. Les généraux de la flotte avaient également identifié les différents endroits où une frégate ou un croiseur pourrait atterrir à la surface de Tulsa, et avait transmis aux spartans la localisation de chacun de ces points de chutes, sur une carte présentant également le réseau de transport qu’ils allaient devoir utiliser.

            Dès que les covenants entreront dans le système, tout devra être fait le plus vite possible, John le savait. La précision la plus chirurgicale devra être apportée pour éviter d’augmenter le risque d’accros, ce qui ne sera pas aisé vu le nombre de facteurs inconnus pouvant entrer en compte. John prenait un peu plus conscience à chaque seconde que ce sera plus durant l’opération que le plan allait s’élaborer, et que les préparations devaient être essentiellement matérielles. Reprenant la vérification du canon de son fusil, il attendit l’heure de la revanche.

            Lorsque Kelly revint le voir, elle n’eut pas besoin de lui dire pourquoi, et il se leva de sa chaise renforcée en laissant les pièces démontées de son fusil sur la table. En voyant leur adjudant se relever lentement, les autres spartans se turent, et attendirent de savoir se qu’il allait faire.

-   Spartans, déclara John. Comme vous avez put le voir, nos ennemis viennent à nous. Bientôt ils tomberons dans notre piège, en nous livrant l’un de leurs vaisseaux. Mais cette mission ne sera pas facile, et nous devrons rester constamment en alerte pour palier à toute éventualité. Nous ignorons encore trop de choses de nos ennemis, et c’est pour changer cela que cette opération a été lancée. La rapidité sera notre meilleur atout, et il n’y aura pas de place pour l’hésitation jusqu’à la fin de notre mission. Alors soyez prêts !

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Dimanche 2 avril 2006 7 02 /04 /Avr /2006 09:29

CHAPITRE DEUX

 

1023 heures, 7 décembre 2525 (Calendrier militaire), centre d’entraînement de la section S-II, Reach. 

            John sauta par-dessus le mur de défense à moitié détruit en délivrant un feu nourris de son fusil mitrailleur MA5B sur les cibles situées à cent mètres plus loin. Utilisant l’énergie cinétique de sa réception au sol comme un ressort, il effectua un bond de côté sans cesser de tirer, afin de se mettre à couvert derrière un piège à char. Alors qu’il changeait l’énorme chargeur de 60 balles de 7,62 mm de son arme, il activa sa liaison com :

            -  Deuxième équipe ! Go !

            Kelly, Tan et Li traversèrent à leur tour le mur de défense tandis que John attirait l’attention des tourelles automatisées du bunker cible. Lorsqu’ils furent tous à couvert, l’adjudant poursuivit avec la suite du plan :

            -   Mur de grenade dans trois, deux, un, dégoupillez !

            Quatre goupilles furent arrachées à leur mères porteuses, qui s’envolèrent vers les tourelles, pour atterrir trois mètres à peine devant elles. L’explosion simultanée des explosifs projeta dans les airs une importante quantité de poussière, masquant totalement la vue. Cela permit aux spartans d’avancer jusqu’au bunker pour lâcher une deuxième fournée de repas chauds, qui explosèrent les tourelles comme du carton.

            Cet entraînement devenait trop facile, surtout avec les nouvelles armures. Les spartans pouvaient désormais sauter au-dessus d’un mur de trois mètres, chuter d’une hauteur phénoménale sans aucun dommage, et leur force et leurs réflexes étaient devenus plus que surhumains. Deux d’entre eux avaient en particulier bénéficier énormément de ces nouvelles modifications : Linda et Kelly. Tandis que la première pouvait parfaitement contrôler le moindre de ses mouvements sans jamais trembler et avait acquis une précision double de ce qu’elle était auparavant, la seconde était devenue d’une rapidité telle que personne n’arrivait plus à la toucher si elle ne le voulait pas, faisant preuve d’une rapidité et de réflexes incroyables.

            John se demandait comment il devait modifier le parcourt d’entraînement pour l’adapter aux nouvelles capacités de son groupe de combat… lorsque sa liaison com grésilla, et la voix familière du docteur Halsey se fit entendre dans les haut-parleurs de son casque :

            -   Adjudant ? L’entraînement est terminé. Rendez-vous à la salle de briefing avec vos hommes dans cinq minutes.

            -    Nous y serons dans deux minutes, madame, répliqua John.

 

 

            La salle de briefing était tout ce qu’il y avait de plus austère : entièrement d’un gris métallique, avec pour seul ameublement un écran géant escorté d’une console, et une trentaine de sièges. Cette dernière partie de la pièce avait été récemment renforcée par des plaques de blindage et un meilleur ancrage dans le sol afin de pouvoir supporter le poids des armures des spartans. Ceux-ci restèrent debout jusqu’à ce que le docteur Halsey leur autorise de s’asseoir. John remarqua la présence discrète de Déjà, dont l’image holographique  flottait légèrement au-dessus de la console aux côtés de la femme en blouse blanche.

-  Bonjour à tous, fit le docteur Halsey. Nous venons de recevoir de nouveaux ordres de la part du Haut Commandement. Il semblerait que l’on ait remarqué vos exploits sur Chi Ceti 4, et on souhaite vous confier une mission de la plus haute importance.

«  Un vaisseau espion nous a rapporté que lorsque les covenants sont arrivés en masse pour détruire Chi-Ceti 4, ils ont d’abord effectué un débarquement terrestre pour collecter des informations, principalement les coordonnées d’autres planètes. Et le Haut Commandement a décidé d’utiliser leur curiosité à notre avantage.

«  Au moment même où je vous parle, le CSNU est en train de faire évacuer la colonie de Tulsa du système Fedarix, en vue de donner « accidentellement » ses coordonnées aux covenants, et en l’indiquant comme un important chantier naval. La planète sera truffée de troupes combattantes, qui attendront dans des bunkers souterrains que l’ennemi touche le sol.

«  Votre mission sera d’aborder l’un des croiseurs ennemis et de vous en emparer, en éliminant toute menace à l’intérieur. Vous aurez tout le soutient disponible pour cette opération, et travaillerez en collaboration avec les marines et les TCAO pour un maximum d’efficacité. Vous devrez prendre ce vaisseau intact, afin que nous puissions étudier la technologie qui le constitue, ce qui implique une action rapide et efficace. Il ne pourra y avoir qu’une seule tentative, car la bataille risque d’être trop difficile pour se permettre de faire un deuxième essaie. Dès que vous aurez réussi, vous devrez quitter le système avec le vaisseau ennemi, semer les éventuels poursuivants, avant de rejoindre Reach. Des questions ?

            John leva immédiatement la main.

            -   Comment serons-nous sûr que l’ennemi ne tentera pas de vitrifier la planète lorsque nous attaquerons ?

            -  Une flotte d’attaque constituée d’une centaine de vaisseaux du CSNU se rassemble actuellement à proximité du système Fedarix, et engagera la flotte ennemie dès que vous serez à bord de l’un de leurs croiseurs, afin de les occuper et de vous donner un surplus de discrétion.

            -     Et si nos propres croiseurs tiraient sur le vaisseau que nous aurions abordé ?

            -     Vous serez équipés de désignateurs lasers, afin de marquer le vaisseau abordé pour que la flotte du CSNU sache quelle est votre cible. Ils ne tireront dessus que pour se défendre, mais feront tout pour ne pas l’endommager.

            -     Combien de temps aurons-nous pour pénétrer dans le vaisseau ?

            -   D’après les observations sur Chi-Ceti 4, les covenants sont restés trois heures entières au sol. Nous pensons pouvoir créer suffisamment de fausses installations militaires et scientifiques sécurisées avant le début des opérations pour pouvoir les retenir une heure de plus. Ensuite, les troupes de contre-attaque devraient leur causer pas mal de problèmes. La suite de la bataille dépendra de vous.

            Le docteur Halsey contempla la trentaine de spartans en armure qui n’attendaient que le moment de partir au combat, de porter la guerre chez l’ennemi et de vaincre. C’était l’aboutissement de tous ces projets, excepté l’un d’eux, et elle en était extrêmement fière. Ils pouvaient accomplir cette mission ; ça, elle en était sûre. Rien n’avait put les maintenir en échec, et ils allaient devoir confirmer leur efficacité une fois de plus, cette fois en frappant les covenants les premiers.

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Dimanche 2 avril 2006 7 02 /04 /Avr /2006 09:29

CHAPITRE PREMIER

 

0640 heures, 5 décembre 2525 (Calendrier Militaire)/ Centre Bravo-6 du Haut Commandement du CSNU, Sydney, Australie, Terre.

            Les portes de l’ascenseur bardé de capteurs s’ouvrirent lentement pour laisser passer le vice-amiral Stanforth, qui pénétra alors dans le long couloir précédant la salle du Conseil de Sécurité du CSNU, protégé par trois kilomètres de roches, de béton armé, de plaques de titane A et d’acier trempé anti-impulsion électromagnétique. Il ne prit pas la peine de contempler les tableaux illustrant les plus grandes victoires de l’Humanité, et marcha d’un pas rapide vers la double-porte devant lui, qu’un couple de MP ouvrit avant de se mettre au garde-à-vous.

            La pièce était à moitié plongée dans l’obscurité, chose qu’appréciait les huiles du SRN, et qui irritait profondément la plupart des autres officiers. Mais aucun membre du conseil de sécurité n’appartenait pas au SNR, ce qui était en même temps rassurant et angoissant, cela dépendait du grade que l’on possédait. Le vice-amiral se sentait lui-même particulièrement en sécurité dans cette salle, et la présence de l’amiral Sir Terrence Hood, du vice-amiral Whitcomb, du général de division Nicolas Strauss et du colonel Ackerson ne l’inquiétait nullement. C’était une chose rare que le conseil de sécurité soit au complet, mais la situation actuelle avait amplement favorisé cette réunion. Stanforth pris place dans son fauteuil habituel, et attendit que l’un de ses confrères ne débute la séance :

            -  Bien, fit l’amiral Hood. Puisque nous sommes enfin tous là, nous pouvons commencer. Comme vous le savez tous, il y a maintenant dix jours, un vaisseau covenant est apparu en orbite au-dessus de Chi-Ceti 4, où se trouve notre centre de test secret, le complexe Damascus. Une heure après son apparition dans le système, ce vaisseau fut détruit par l’explosion d’une tête nucléaire à l’intérieur même de sa coque. Cette arme a été amenée jusque là par l’action courageuse du groupe de combat Spartan-II…

            Stanforth surprit une maigre grimace de frustration sur le visage d’Ackerson.

            «   … qui a perdu l’un de ses hommes dans l’action.

            La grimace se transforma subitement en un sourire à peine discret.

            «   Trente-trois heures plus tard, continua Lord Hood, une flotte composée d’une vingtaine de vaisseaux ennemis est apparue dans le système. Nous avons de bonnes raisons pour penser que la colonie de Chi-Ceti 4 n’existe plus depuis. Heureusement, nous avons eut le temps d’évacuer la planète, et ainsi de sauver le précieux contenu du centre Damascus.

            L’amiral s’arrêta là un instant, évaluant lentement chacun des membres du conseil. Son regard était pénétrant, comme deux obus de CAM, mais discret. Son âge avancé lui avait suffisamment appris qu’on faisait nettement plus peur en étant d’un calme imperturbable qu’en étant agressif. Après une étude complète de ses confrères, il entra dans le vif du sujet :

            -   Malheureusement, avant de pulvériser la planète, ils ont pris la peine de faire un peu de collecte de renseignement. L’un de nos croiseurs resté en arrière pour observer la réaction ennemie à la perte d’un de leur bâtiment nous a rapporté ses images, captées par l’un de ses drones-espions.

            Un écran caché dans la pénombre de la salle s’illumina brusquement, montrant une image orbitale de Chi-Ceti 4. Lord Hood la commenta calmement :

            -   Voici l’image de la planète une seconde avant l’arrivé des covenants. Et voici celle prise une seconde après.

            Une nouvelle image illumina l’écran. Elle était à peu près identique à la première, sauf que désormais, à peine mille deux cent kilomètres au-dessus de la surface, se trouvait une vingtaine de vaisseaux covenants. L’indicateur de temps montrait clairement un délai d’à peine deux secondes entre les deux clichés.

            -    Comme vous pouvez le voir, continua l’amiral, leurs vaisseaux sont sortis du sous-espace en formation d’attaque parfaite, n’étant séparés que de quelques centaines de mètres à peine les uns des autres, et à une distance incroyablement proche de la planète. Cela nous prouve une nouvelle fois la nette supériorité de leur technologie, qui leur permet de faire des sauts d’une précision phénoménale par rapport à nos propres vaisseaux. Mais ce n’est pas la chose la plus inquiétante : immédiatement après avoir pénétré dans le système, les covenants ont fait mouvement. Voici l’image prise trente minutes après leur arrivé.

            La troisième image remplaça la vision terrifiante des coques brillantes. Mais elle était identique à la première, la surface de la planète étant la seule chose observable.

            -   Apparemment, fit Lord Hood, on pourrait croire qu’ils ont quitté le système. Seulement, si on zoom sur la surface de la planète…

            L’image avança, zoomant sur une partie précise de Chi-Ceti 4. Au début, on ne voyait rien. Mais peu à peu, la forme agressive d’un vaisseau covenant apparut.

            -    … on peut voir qu’ils ont en fait effectué un débarquement massif. Vu leur niveau technologique, il est exclu qu’ils n’aient pas détecté l’absence totale d’activité, et nous pensons qu’ils ont en fait débarqué pour collecter des informations. Heureusement pour nous, l’amiral Preston Cole qui commandait la flotte ayant effectué l’évacuation avait ordonné la destruction de toute donnée concernant les coordonnées planétaires de nos colonies et de la Terre. Trois heures après leur débarquement, les vaisseaux ont regagné la haute atmosphère et ont bombardé la planète à l’aide d’arme à plasma d’une grande puissance de destruction, vitrifiant totalement la surface. La question du jour, messieurs, c’est comment devons-nous réagir ?

            Un silence de cimetière envahi soudain la salle. Les membres du conseil regardaient tous dans le vide, comme croyant y trouver une solution à l’épineuse situation dans laquelle ces foutus covenants les plongeaient. Le SNR savait que les covenants devaient nous observer depuis un certain temps, mais il était surtout question d’interception de transmissions longue distance, pas de collecte de renseignement directement à la surface d’une colonie. Il était clair qu’ils souhaitaient mieux connaître leur adversaire, tout comme le CSNU souhaitait mieux les connaître. 

            -    Avons-nous récupéré des pièces d’intérêt dan les débris du vaisseau covenant détruit ? commença le généra Strauss. Y a-t-il quelque chose qui puisse mieux nous renseigner sur leur technologie ?

            -      Négatif, répondit Lord Hood. La déflagration nucléaire a été contenue à l’intérieur de leur bouclier de protection, ce qui a décuplé les dégâts, tout comme les ondes électromagnétiques qui ont désactivé tous les composants électriques du vaisseau ennemi. Par contre, les spartans ont réussi à récupérer plusieurs équipements pris sur les cadavres ennemis. Ces objets sont actuellement étudiés par la Section Trois.

-    Amiral, intervint le colonel Ackerson d’un ton qui était tout sauf calme. Avec tout le respect que je dois au travail du docteur Halsey, je ne pense pas qu’elle soit la meilleure personne à qui confier ces objets.

            -     Le docteur Halsey a des projets pour ses spartans, colonel, répliqua Lord Hood. Et je ne vois pas pourquoi je priverais ces combattants de tels avantages. Autre chose ?

            Ackerson se tut, mais son visage était devenu maussade, presque agressif. Le différent qui l’opposait au docteur Halsey était bien connu du SNR, leurs deux sections se disputant continuellement pour obtenir les crédits nécessaires à leurs projets. Jusque là, les spartans avaient amplement satisfait le CSNU. Partout on entendait des éloges à leur sujet, ce qui avait pour effet d’exaspérer Ackerson. Il encaissa cette nouvelle humiliation, et resta silencieux.

            -   Et si nous leur tendions un piège ? proposa Whitcom.

            -   Quel genre de piège ? demanda Lord Hood, très intéressé.

            -  Si, comme vous nous l’avez dit, les covenants recherchent des informations sur notre empire, nous pourrions les appâter facilement vers une colonie mineure. Nous ferions évacuer la planète, et donnerions « involontairement » ses coordonnées aux covenants, l’indiquant comme un important centre de recherche. Les spartans, ainsi qu’une importante force de contre-attaque, seront cachés dans des abris souterrains, et attendront que l’ennemi pose le pied sur la surface. Dans le même temps, nous préparons une contre-attaque spatiale pour les empêcher de vitrifier nos forces terrestres lorsqu’ils auront découvert le subterfuge.

            -    Et vous croyez que nous pourrions repousser leurs forces ? continua l’amiral.

            -    Je ne compte pas sur notre flotte pour les vaincre, mais sur la leur.

            -   Expliquez-vous, s’impatienta le vice-amiral Stanforth. Cessez de parler par énigme. Quel est votre plan ?

            -   Mon plan est d’user de l’effet de surprise, ainsi que la capacité bien connue des spartans à effectuer des opérations d’infiltration, afin de nous emparer de l’un de leurs croiseurs. Cela pourrait nous fournir bien plus de renseignement que nous ne pourrions jamais en rêver sur leur technologie, et peut-être même sur leur monde d’origine.

            Un nouveau silence envahi la salle. Mais cette fois-ci, ce n’était pas l’impuissance qui se lisait sur les visages des officiers, mais de l’espoir. Pour la première fois, l’Humanité avait une chance d’attaquer, de porter un grand coup aux covenants. Si cette opération marchait, la guerre pouvait être gagnée rapidement. L’accès à la technologie d’arme et de protection covenant pourrait rendre la flotte du CSNU aussi meurtrière que celle de ces incompréhensibles aliens.

            -    Et quelle colonie avez-vous l’intention de sacrifier pour une telle opération ? questionna le général Strauss.

            Le vice-amiral Withcomb s’avança alors vers l’écran principal de la salle, et activa la carte interstellaire holographique, qui regroupait l’intégralité des mondes colonisés par le CSNU. Il n’y eut aucune hésitation lorsqu’il désigna une petite planète isolée, située dans la bordure occidentale de la galaxie :

            -   Nous les surprendrons à Tulsa.

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