Profil de Jack-115

Hughel 2


Nom : Comeau-Montasse

 

Prénom : Thibault

 

Âge: 24 ans

 

Job: technicien chez Assystem à Pierrelatte (en cours de formation)

 

Localisation: Montélimar, Drôme, Rhône-Alpes, France, Planète Terre, réalité n°246820 de la simulation créatrice

 

Passions: musique, jeux vidéos, warhammer, et bien sûr, écriture 

 


M'ECRIRE


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Samedi 14 mars 2009 6 14 /03 /Mars /2009 14:58

CHAPITRE QUATORZE : POUR LE GRAND VOYAGE



2009 unités de temps du 87ème jour de la neuvième ère de la Reconquête, Marche du Silence/ croiseur de combat inquisitorial Warrior of Faith.


     Alors qu'il traversait d'un pas rapide les coursives sombres menant au pont de commandement du Warrior of Faith, le commandeur Urda rageait intérieurement. Même entouré de sa puissante garde d'élite personnelle aux armures argentées étincelantes et investi du pouvoir qui était le sien, il se sentait étrangement impuissant en ce moment précis. Je le savais ! se disait-il. Je le savais que l'Inquisition avait des agents dormants et des balises de localisation sur chaque vaisseau de l'Alliance. Je pensais juste qu'ils mettraient plus de temps à se rendre compte de ce que j'accomplissais. Ils devaient me surveiller depuis le début, accrochés à mes basques comme une meute de charognards attendant que je fasse un faux-pas, que je leur fasse faux-bond. Quelle bande d'ignorants ! Je hais ces chiens stupides ! 

     Mais le temps n'était pas à la colère. Pour le moment, il lui fallait faire profil bas. Et c'est donc avec une certaine humilité qu'il pénétra avec son escorte sur le pont principal, où se trouvait une seule personne assis sur le siège de commandement.

     Le légat Dalkos Irnomee était un sangheili impressionnant. Dès sa sortie de l'académie militaire de Grande Bonté, où il avait reçu la médaille des espoirs de l'Alliance, il avait été immédiatement recruté par l'Inquisition des prophètes. Cette institution, constituée d'à peine une douzaine des meilleurs éléments sangheilis, était totalement indépendante de la chaîne de commandement standard et ne recevait ses ordres que des trois grands prophètes en personne. Bien qu'il soit un tacticien assez doué, c'était grâce à ses capacités à décrypter les individus qu'il avait été remarqué par les hiérarques, ces derniers ayant aussitôt vu en lui un investigateur né. Son armure violacée aux insignes dorées était le symbole de son pouvoir si particulier, qui lui permettait d'enquêter n'importe où sur le territoire de l'Alliance, de réquisitionner n'importe quelles ressources militaires, et de destituer même les plus illustres commandants d'armée.

      C'est pour toutes ces raisons que, pour Urda, Dalkos était un gêneur, comme tous les onze autres légats de l'Inquisition. Sa venue ici risque grandement de compromettre mes plans, pensait-il. S'il venait à découvrir mon véritable objectif, tout serait définitivement perdu, et mon peuple resterait à jamais l'instrument des hiérarques. Inutile d'espérer faire de lui un allier : son esprit est totalement soumis à la volonté des prophètes. Des individus comme Dalkos et ses stupides membres de l'Inquisition ne peuvent pas comprendre la grandeurs d'actes tels que les miens. Je dois le tenir dans l'ombre. Et si jamais il me perce à jour, alors son sacrifice posera les bases du règne absolu des sangheilis sur toutes les races de la galaxie. 

            -   Commandeur ! fit Dalkos d'une voix grave. Vous savez sans doute pourquoi je vous ai fait venir à bord de mon vaisseau, n'est-ce pas ?

            -   Ce serai insulter votre intelligence que de vous dire non, répondit Urda afin de l'amadouer. Bien sûr que je sais : vous vous demandez comment j'ai fait pour découvrir l'un des anneaux sacrés, et pourquoi je n'en ai pas fait part aux hiérarques alors que j'étais en mission pour récupérer les Régulateurs.

            -   C'est exacte. Maintenant que vous connaissez la question, pouvez-vous me donner la réponse ?

      Il y avait quelque chose de terrifiant dans la façon de parler du légat. Le calme froid avec lequel il prononçait ces mots mettait à mal les nerfs de Urda qui faisait de son mieux pour ne pas laisser transparaître son malaise intérieur. Retenant la salive dans sa bouche, il répondit :

            -   J'ai trouvé les Régulateurs : ils sont aux mains des humains qui les ont utilisés pour trouver les coordonnées de Halo. Nous sommes parvenu à abattre leur vaisseau, mais plusieurs d'entre eux sont parvenu à se dissimuler quelque part à la surface de cette installation. En ce moment même, mes forces sont en train de les traquer.

     Dalkos fixa le commandeur dans les yeux durant un long moment, comme s'il y cherchait la vérité derrière les mots du sangheili. Il était très doué lorsqu'il s'agissait d'interroger ses semblables, mais Urda s'était préparé à cet instant. Car après tout, il était lui aussi l'un des éléments les plus brillants de l'Alliance. C'est pourquoi Dalkos resta indécis sur son jugement, et se contenta de répondre :

            -  Et depuis combien de temps avez-vous perdu leur trace ?

            -  Environ une demi-heure. Les retrouver ne nous prendra pas longtemps.

            -  Très bien, alors je pense que je peux vous laisser continuer d'agir à votre guise. Mes troupes et moi-même resterons en arrière en tant qu'observateurs, mais je tiens à être présent lors de l'assaut contre les humains afin de vérifier vos dires.

            -  Je n'ai aucune raison d'aller à l'encontre de la sainte Inquisition, mentit Urda en s'inclinant. Mes troupes récupèrerons les Régulateur d'ici peu, et nous pourrons alors activer Halo et entamer le Grand Voyage.  

            -  Votre tâche se limite uniquement à la récupération des Régulateur, commandant ! s'indigna Dalkos. Seul les prophètes ont le pouvoir d'utiliser Halo !

            -   Mais... votre honneur, le temps presse. Il faudrait plusieurs jours à Grande Bonté pour nous rejoindre. Je pense qu'il serait plus simple de...

            -   Les hiérarques n'ont pas besoin de cet anneau. Il y a un peu moins d'une heure, le prophète du Regret en a découvert un autre. Son activation se fera dès que vous aurez ramené les Régulateurs à Grande Bonté, une tâche que je remplirai moi-même si vous échouez à nouveau. Est-ce assez clair ?

       Urda ne trouva pas la force de répondre. S'il prononçait encore un seul mot, Dalkos se rendrait compte qu'il n'avait absolument pas l'intention de se plier à la volonté des prophètes. Peut-être serait-il plus simple de l'éliminer immédiatement ? pensa-t-il. S'il reste dans mes pattes, tout risquerait d'aller de travers. Seulement, je pense que Grande Bonté ne tarderait pas à se rendre compte qu'il lui est arrivé quelque chose, et enverrait aussitôt une flotte d'investigation beaucoup plus conséquente. Je dois trouver le bon moment pour le faire quitter l'échiquier. Et ce moment viendra très bientôt...

      Urda se contenta alors de s'incliner. Le légat l'autorisa alors à quitter le pont d'un signe de la main, et dans un silence, le commandeur et sa suite retournèrent à leur vaisseau. Alors que la porte principale se refermait derrière eux, Urda reçu un message de son commandant en second :

      Les humains avaient été découverts.


 



2027 heures, 18 septembre 2552 (calendrier militaire) / base secrète humain de l'installation 03.

      Lorsque les Pélicans furent de retour à la base après de nombreux détours pour leurrer les patrouilles ennemies, Joshua et Linda étaient déjà là pour accueillir leurs confrères. Bien que les combats menés à l'intérieur de la bibliothèque les aient quelque peu affaiblis, les membres de l'équipe de récupération de l'Index semblait toujours aussi prompte à se battre de nouveau. Après tout, ils étaient des spartans.

       Autour d'eux, les autres SIS finissaient d'installer les divers systèmes qu'ils avaient pu sauvé de l'Aegis Fate : un couple de tourelles auto-mitrailleuses, une station radio que Daneira utilisait pour espionner les transmissions covenantes et un grand nombre de lampes torches pour éclairer la zone, le tout alimenté par plusieurs groupes électrogènes. Ces appareils semblaient assez primitifs à côtés des gigantesques moniteurs et autres dispositifs inconnus qui meublaient cette gigantesque caverne de glace, mais ils étaient beaucoup plus utiles aux humains dans la situation présente.

            -  A ce que je vois, commença Joshua, ça s'est plutôt bien passé, non ?

            -  Nous avons ce que nous voulions, répondit simplement Kelly en montrant l'Index. Sans cet objet, les covenants ne pourront jamais utiliser l'arme de Halo contre nous.

            -   Maintenant nous devons trouver un moyen de repartir d'ici, fit Fred. L'ennemi finira forcément par nous retrouver à un moment, et alors il nous balancera toute la sauce sans nous laisser la moindre chance.

            -   On ne peut pas simplement... détruire ce truc ? demanda Joshua. Ca simplifierait pas mal les choses.

            -    Inconscient !!!

      Bien qu'il fut encore à l'intérieur d'un Pélican lorsqu'il lâcha ce mot, la voix artificielle de Shameful Anomaly résonna à travers toute la vaste grotte. Ce qui eut pour effet de faire sursauter plusieurs spartans qui bondirent sur leurs armes, Linda et Joshua inclus. En quelques secondes, le moniteurs fut la cible d'une bonne vingtaine de canons et sans l'intervention bienvenu de Daneira, les auto-mitrailleuses de calibre 50 auraient déjà fait feu sur lui.

            -  On se calme ! ordonna Fred de sa voix forte. Ce n'est pas un ennemi ! Il s'agit du moniteur de Halo, une IA faite pour gérer cet endroit.

            - Comment pouvez-vous seulement penser à l'éventualité de détruire l'Index ! s'exclama Anomaly sans attendre que la tension redescende. Pouvez-vous imaginer le temps qui serait nécessaire à la conception d'un autre ?

      Joshua était sur le point de répliquer, mais Fred lui fit discrètement signe de se taire.

            -   Excusez-nous pour avoir pensé une chose pareil, dit Kelly en essayant de paraître le plus sincère possible. Nous ignorons beaucoup de votre technologie, ce qui nous amène à faire des erreurs.

            -  Vos excuses sont acceptées, Dépositaire.

            -  Pouvez-vous maintenant nous dire s'il existe un moyen de nous faire quitter cette installation et rejoindre l'un de nos mondes ?

            - Je suis désolé, mais cette installation ne dispose d'aucun moyen de transport d'aucune sorte. Mes créateurs n'ont rien laissé qui puisse vous aider lorsqu'ils sont partis.

        Le silence s'installa subitement. Les spartans avaient l'habitude de ne jamais abandonner, même dans les moments les plus sombres et les combats les plus désespérés. Mais en cet instant précis, ils se sentaient terriblement impuissants. Halo était envahi par les covenants, une énorme flotte ennemie se trouvait en orbite, et ils étaient coincés là sans aucun soutient et pas le moindre appareil correctement équipé pour une transition dans le sous-espace.

            -  Il ne nous reste qu'une seule possibilité, déclara Kelly.

            -  Attend une minute, fit immédiatement Joshua. Je sais à quoi tu penses et je te le dis tout de suite : oublie ! Aucune chance qu'on s'en sorte comme ça.

            -  Les seuls vaisseaux capables de nous faire retourner dans l'espace contrôlé du CSNU sont tous covenants, appuya la spartan. Si nous n'en volons pas un, alors cela veut dire que nous devrons nous planquer ici jusqu'à tomber à court de vivres ou de munitions.

            -  Je suis d'accord avec elle, ajouta Linda. On n'a pas d'autres solutions.

       Soudain, l'image holographique de Daneira se matérialisa sur l'un des projecteurs miniatures installés dans un coin de la grotte. Son visage exprimait une certaine gêne doublée d'une grande inquiétude :

            -  J'ai peur d'avoir de mauvaises nouvelles : nous avons été repérés. Des transporteurs sont envoyés en masse vers notre position.

        Les spartans restèrent silencieux, mais chacun d'entre eux rageait intérieurement. Ils avaient été formés pour toujours attaquer les premier, déstabiliser l'adversaire et décapiter ses atouts majeurs, pas pour se défendre. Le désastre de Reach avait été un exemple suffisant, qu'ils n'avaient aucunement l'intention de revivre.

            -  Daneira ! fit Kelly en s'approchant de l'IA. Nous reste-t-il encore le temps d'évacuer la zone ?

            -  Négatif. L'ennemi converge vers nous de tous les côtés avec suffisamment d'appareils pour détruire nos Pélican en vol.

            -    Bien, alors je pense qu'il est temps pour nous de défendre chèrement notre peau. Spartans ! Préparez-vous pour une tempête de plasma imminente ! S'ils veulent vraiment cet Index, ils vont devoir en payer le prix...
Par Jack-115 - Publié dans : Halo Destiny
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Samedi 7 mars 2009 6 07 /03 /Mars /2009 22:37

CHAPITRE SIX : LE QUATRIEME CHEVALIER



      Il n'avait fallu qu'une dizaine de minutes pour que la flotte séparatiste des sangheilis vitrifie plus de quarante kilomètres carrés de terrains autour du site de crash du War Lord. De cette manière, le risque d'une propagation du Parasite avait été réduit à néant, bien que les officiers humains n'aient gèrent apprécié cet acte à sa juste valeur.

      Afin de faciliter la coordination de leurs forces et aussi pour protéger leurs personnes, les membres de l'amirauté du CSNU avaient été invités à prendre place dans la grande salle de réunion stratégique du Shadow of Intent. D'autant que la situation était extrêmement grave.

      Assis sur son siège de commandement, Irul cherchait à comprendre quel était le but des prophètes et comment ils comptaient l'atteindre. L'artéfact qu'ils avaient révélé sur cette planète était certes d'une taille gigantesque comparé aux oeuvres des humains ou de l'Alliance, mais ce n'était rien face aux mondes-anneaux des forerunners. Cela ne pouvait être l'Arche, cette pièce maîtresse qui contrôlerait les sept Halos de la galaxie. Il s'agissait sans doute d'autre chose. Peut-être une balise, un cartographe, une porte... tout était possible lorsqu'il était question des forerunners. Mais quelle que soit la nature de cette chose, le prophète de la Vérité en possédait la clé. Et cette clé, c'était son vaisseau.

      Alors que le commandant suprême réfléchissait ainsi, les spartans regardaient pour la cinquième fois le message laissé par Cortana dans l'objet qu'avaient récupéré Miranda et Johnson. C'était la seule chose que l'IA humaine avait réussi à télécharger dans cette banque de donnée, et à en juger par ce qu'elle disait, la fin était proche pour chacun d'entre eux : apparemment, le Parasite avait réussi à prendre le contrôle d'assez de vaisseaux pour briser le blocus sangheili, et se dirigeait désormais vers la Terre avec cet armada corrompu. De plus, la cité sainte de Grande Bonté se trouvait à la tête de cette flotte. Il était clair que rien ne pouvait plus sauver ce monde, à moins qu'un miracle n'arrive, et très rapidement.

-  Commandeur ! déclara l'amiral Hood. Mes troupes sont prêtes à lancer l'attaque dès que vous serez prêts.

            -  Vous êtes sûr de vouloir former le premier fer de lance ? demanda le jeune sangheili.

            -  Absolument ! Ceci est notre monde d'origine, le joyaux de notre civilisation, et nous le défendrons à n'importe quel prix !

      Irul eut du mal à ne pas montrer son incertitude quand à la réussite de ce plan. Il savait combien la fierté et l'orgueil pouvaient conduire les officiers à mener des actions suicidaires sans même s'en rendre compte. Selon lui, la stratégie choisie pour attaquer le prophète était bonne, mais aurait de plus fortes chances de réussite si elle était menée par les forces sangheilis au lieu des humains. Ces soldats étaient peut-être bien déterminés et parfois surprenants, mais ils étaient faibles, mal équipés. Ils ne feraient pas le poids face aux troupes d'élite jiralhanaes auxquelles ils devraient faire face.

       A vrai dire, les seuls humains capables de se mesurer au prophète se comptaient sur les doigts d'une seule main de sangheili. Leur participation dans ce conflit était d'une importance capitale. Aussi Irul demanda au commandant humain :

            -  Et qu'en pensent les spartans ?

      Lord Hood se tourna vers les trois guerriers géants. Ils préparaient leurs équipements tout en discutant sur les fréquences codées de leurs armures sans qu'on puisse les entendre. Ont aurait put croire qu'ils communiquaient par télépathie. Jamais Irul n'avait connu d'êtres qu'ils pourrait considérer comme l'égal des sangheilis, et il n'aurait jamais cru non plus qu'il aurait à les envoyer à la mort...

            -  Je pense qu'ils sont prêts à aller aussi loin qu'il le faudra pour sauver l'Humanité, répondit l'amiral. Ils savent parfaitement ce que l'on attend d'eux.

       Comme s'ils savaient que l'on parlait d'eux, les spartans tournèrent leurs regards vers les deux généraux et s'approchèrent à pas lourds. Leur marche silencieuse était d'autant plus impressionnante qu'elle créait une vague de vibrations aussi fortes qu'un bouclier de Lekgolo qui dévalerait un escalier. Lorsqu'ils arrivèrent devant Irul, ils s'immobilisèrent en croisant les bras, comme pour montrer qu'ils attendaient leurs ordres.

            -  Spartans ! déclara Lord Hood. Nous agirons suivant le plan que nous avons établi. Est-ce que vous êtes prêts ?

            -  Monsieur, oui monsieur !

       Seul John avait répondu à la demande de l'amiral, tout comme il fut le seul des trois à se mettre au garde-à-vous. Cela ne manqua pas de provoquer une certaine indignation parmi le corps des officiers humains présents. Plusieurs d'entre eux se levèrent de leurs sièges anti-gravitiques mais aucun n'osa prononcer le moindre mot, de peur de voir ces spartans se retourner contre eux. Après tout, Jack et Rei s'étaient fait une sacrée réputation au sein de la chaîne de commandement du CSNU depuis leur indépendance en 2543, où ils étaient devenus des soldats autonomes ne recevant d'ordres de personnes. A cause de l'aura de légende qui entourait ces guerriers et des terribles dégâts qu'ils causaient chez l'ennemi, cette soit-disante désertion avait été tolérée par l'amirauté. Mais aujourd'hui, cela pouvait devenir un problème. Ces deux-là avaient toujours été des soldats à problèmes...

            -  Qu'une chose soit bien claire, déclara Jack en s'efforçant d'employer un ton diplomate. Nous ne recevons d'ordres de personne, pas même de John. Lorsque le moment sera venu, nous déciderons du rôle que nous jouerons dans cette bataille, et nous le remplirons quel qu'il soit.

        L'amiral Hood était sur le point de s'emporter, mais quelque chose retint les mots dans sa bouche. Peut-être était-ce sa peur de subir la colère des spartans, peut-être son impression que ses paroles n'auraient absolument aucun effet, ou peut-être le geste presque imperceptible que John esquissa pour lui faire signe de garder son calme. En tout cas, le Lord se rassit durement sur son siège sans quitter des yeux les deux insubordonnés. Immédiatement, ces spartans devinrent assez sympathiques aux yeux d'Irul et d'Elda, qui comprenaient parfaitement de tels sentiments. Mais ils étaient probablement les seuls à partager cette impression...

        Afin d'éviter de faire encore monter la tension, Jack et Rei quittèrent la salle de réunion stratégique, non sans saluer leur major John d'un simple hochement de tête. Lorsque la porte se referma derrière eux, plusieurs soupirs de soulagement furent relâchés, tandis qu'Irul exprima ce que l'on pourrait considérer comme l'équivalent sangheili d'un sourire.

 

 



        Le soleil était en train de disparaître à l'horizon lorsque l'ordre d'attaque fut donné. Tous les vaisseaux disponibles de l'alliance humano-sangheili constituèrent un unique groupe d'assaut qui fila à tout allure vers les forces du prophète. Les élégants croiseurs extraterrestres formaient une sorte de bouclier protecteur autour des robustes bâtiments de guerres des humains. Ces derniers traversèrent le mur de défense de la flotte jiralhanae en dérivant toute leur puissance vers leurs moteurs, tandis que leurs alliés couvraient leur avance en concentrant l'attention ennemie sur eux. Des centaines de chasseurs et de bombardiers légers quittèrent leurs rampes de lancement pour apporter une véritable tempête de chaos et de destruction. Des escadrilles de Longsword traquaient les chasseurs banshees pour permettre à des groupes de Séraphins sangheilis de lâcher leurs chargements de bombes à plasma sur les points névralgiques des croiseurs jiralhanaes. Des salves de torpilles plasmatiques traçaient une toile de traits de fumée dans l'atmosphère avant de percuter les boucliers de protection des vaisseau ou d'aller se perdre à l'horizon. Quelques instants plus tard, plusieurs explosions retentirent contre les coques des bâtiments en les secouant violemment. Le carnage prenait rapidement une ampleur titanesque.

     Mais Irul ne cherchait pas ce genre de victoire. Tout ceci n'avait pour but que de permettre aux appareils humains d'atteindre le vaisseau forerunner de Vérité pour larguer une nuée d'appareils Pélicans. Les premières navettes étaient lancées en pilotages automatiques suivant des trajectoires pré-calculées et avaient à leur bords suffisamment d'explosifs pour pulvériser la moitié d'une lune. Ils s'écrasèrent sur la coque hyper-dense presque simultanément, et alors que le soleil de la Terre lançait ses derniers rayons, un nouveau apparu l'espace de quelques secondes. Lorsque la lumière disparut, un trou de sept mètres de diamètre était creusé dans le vaisseau forerunner.

     Les autres transporteurs de troupes humains s'engouffrèrent aussitôt par cette ouverture qui débouchait sur une immense salle presque totalement dénudée aux murs parcourus d'énormes conduits. C'est là qu'ils firent débarquer leur cargaison vivante, le groupe d'assaut le plus important de l'histoire de l'humanité, nom de code Groupe de Chasse. Il était constitué des meilleurs soldats du CSNU disponibles pour cette opération : plus de deux cent TCAO et une centaine de marines des troupes spéciales, avec à leur tête trois combattants spartans.

            -  Que les Pélicans retournent à leurs vaisseaux d'attache immédiatement ! ordonna John. A toutes les troupes, ce n'est pas le moment de traîner ! Nous allons progresser le plus vite possible jusqu'au centre de commandement du vaisseau ! Escouades Alpha-1 à Beta-5, vous venez en tête avec moi ! Et je veux toutes les escouades Gamma et Epsilon pour couvrir nos arrières pendant notre avance ! Les autres, placez-vous en soutient selon les positions ennemies !

     Alors que les soldats s'organisaient selon ses ordres, John se tourna vers ses deux compagnons pour leur demander :

            -   Et vous ? Qu'est-ce que vous comptez faire ?

-  On va te suivre, répondit Rei. Si on avance tous les trois en pointe, le groupe avancera suffisamment vite pour empêcher l'ennemi de nous enliser. De plus, je pense que notre IA te sera aussi très utile. Tu peux compter sur nous.

       Mais soudain, quelque chose secoua le vaisseau forerunner. Quelque chose d'énorme.


 


       Depuis le pont de commandement du Shadow of Intent, les généraux humains et sangheilis virent parfaitement le colossal artéfact forerunner revenir à la vie, déployant sur ses extrémités d'immenses plaques métalliques comme autant de pétales gris sombre. Des rayons de lumière blanche parcoururent la surface du dispositif en convergeant vers le centre, où était posé le vaisseau du prophète. Puis, ce dernier projeta un rayon aveuglant vers le ciel, et une formidable onde de choc balaya tout ce qui se trouvait dans les environs.

        La bataille s'arrêta instantanément. De nombreux vaisseaux furent projetés contre les falaises entourant l'artéfacts, leur coque percutant la pierre avec violence mais sans grands dommages. D'autres, comme le Shadow of Intent, furent seulement propulsés dans les airs en dérivant légèrement sous l'impulsion. Les vaisseaux jiralhanaes s'étaient apparemment préparé à cet évènement, car leurs équipages furent capables de reprendre rapidement le contrôle pour revenir vers l'artéfact, au-dessus duquel était apparu une étrange et gigantesque sphère d'un noir inquiétant.

         Sans hésiter, le vaisseau du prophète plongea au sein de cette sphère de ténèbres comme si elle était faite d'eau, suivit de toute la flotte jiralhanae pour disparaître... quelque part.

            -  Par les forerunners, lâcha Irul en voyant cela. Que s'est-t-il passé ?

-  On dirait que Vérité vient d'ouvrir une sorte de portail, fit Miranda Keyes. Il conduit sans doute à l'Arche.

            -  Alors nous devons le suivre et porter le combat de l'autre côté.

            - Attendez ! s'écria Lord Hood. Nous ne pouvons pas abandonner la Terre ! Le Parasite est sur le point de nous attaquer !

            - Que préférez-vous sacrifier, amiral ? Votre planète ou votre peuple ? Si Vérité parvient à activer les anneaux, nous seront tous anéantis. De plus, si seulement le quart de ce qu'a dit votre IA est vrai, votre monde est déjà condamné. Personne n'est jamais parvenu à vaincre le Parasite, pas même les forerunners, et vous pensez avoir la moindre chance de lui résister ?

            -  Je ne laisserai pas la Terre devenir un champ de ruine !

- Quelle que soit votre décision, j'emporte tous mes vaisseaux avec moi. Je ne sacrifierai pas un seul sangheili pour une cause perdue.

       Soudain, la détermination de Lord Hood disparut. Les combats avaient grandement affaibli les forces du CSNU, n'épargnant qu'une poignée de vaisseau sur la vaste flotte qui défendait autrefois la Terre. Il ne faisait aucun doute que lorsque le Parasite arriverait, ils se feraient tous mettre en pièce en un rien de temps.

      C'est alors qu'un bruit strident se fit entendre dans les haut-parleurs. L'instant suivant, un officier sangheili vint à Irul pour lui annoncer :

            -   Commandant suprême ! Une flotte humaine de trente-neuf vaisseaux vient de surgire du sous-espace à trois milliers de kilomètre d'ici. Ils se dirigent vers nous en ce moment.

            -   Etablissez-moi une liaison avec leur vaisseau-amiral !

      Sur l'écran principal, l'image d'un d'un officier humain assit dans un siège de commandement apparut. Il était vêtu de l'uniforme standard des officiers de la Navy et avait le visage extrêmement froid, sa dureté étant encore renforcé par la longue cicatrice qui traversait sa joue gauche.

-  Ici le vice-amiral Daric Halgar, commandant de la flotte de réserve des chantiers navals de Medusa V. Au nom des forces du CSNU, je vous ordonne de quitter cette planète immédiatement ou nous devrons vous détruire jusqu'au dernier.

            -   Vice-amiral Halgar ! fit Lord Hood. Nous sommes heureux que vous soyez arrivé jusqu'à nous. Cependant, notre situation a changé : nous sommes désormais alliés à la race des sangheilis. Inutile de vous montrez agressifs, il n'y a aucun ennemi ici.

            -   Quoi ?! fit une voix railleuse de l'autre côté de la liaison. On ne combat plus ces faces-de-poulpe, désormais ?

       Soudain, l'image d'un spartan apparut sur l'écran principal. Son ancienne armure Mark-V était extrêmement endommagée, mais fit quand même sérieusement grincer le siège de l'officier lorsqu'il s'appuya dessus pour se placer dans le champs de la caméra. Bien que son casque soit cabossé et sa visière quelque peu fissurée, il restait aussi impressionnant que tout autre spartan. Son attitude était cependant bien moins protocolaire que les autres super-soldats du CSNU, même par rapport à Jack et Rei qui n'appartenaient officieusement plus à l'armée, lui donnant l'allure d'un gamin sur-excité en armure. Lord Hood fut le premier à en être indigné :

            -  Qu'est-ce que c'est que ce comportement, soldat ?  Identifiez-vous immédiatement !

            -  Spartan Sam-034, monsieur ! De nouveau en service et prêt à botter quelques culs !
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LA SUITE
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SOMMAIRE
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note de l'auteur : Pour les connaisseurs comme pour les néophytes, il est absolument nécessaire d'avoir lu la fanstorie Le Premier Démon pour comprendre l'arrivée du spartan Sam-034 et de la flotte de Medusa-V. 
Par Jack-115 - Publié dans : La Saga du Guerrier de la Foi
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Vendredi 20 février 2009 5 20 /02 /Fév /2009 19:15

CHAPITRE VINGT-ET-UN : RENDEZ-VOUS



      Bien qu'Ouragos soit un monde extrêmement bien protégé et par conséquent très calme, il disposait d'un imposant centre de détention de l'Adeptus Arbites où étaient conduits ceux qui osaient mettre en danger la sécurité de son peuple. Cette installation avait été bâtie au sommet d'une montagne dans la région la plus reculée du pôle Sud, un lieu où le climat glacial constituait la meilleur contrainte à tout plan d'évasion. A moitié enfoncée dans la roche, le centre d'Exilios renfermait à la fois une prison de classe trois et une forteresse des forces de défense planétaires.

      Le Phœnix se posa avec grâce sur l'une des plate-forme d'atterrissage au sommet du centre, et aussitôt plusieurs soldats en arme vinrent s'assurer de notre identité. Ces troupes, comme toutes les forces de la garde impériales postées sur Ouragos, étaient originaires des Légions Argentées d'Eridios dont j'avais fait partie avant ma rencontre avec maître Kantores. En effet, j'avais fait l'école des officiers sur ma planète natale, et avait joint la garde impériale comme sous-lieutenant, un grade que je n'avais porté que quelques mois avant de devenir un acolyte de l'Inquisition.

       C'est pourquoi j'avais accroché à mon uniforme mon ancienne insigne ainsi que le médaillon d'argent qui indiquait mon appartenance à la famille des Silversteins. Lorsque je descendit de la navette, le sergent qui s'avançait à ma rencontre me salua immédiatement :

            -  Monsieur ! Bienvenu au centre de détention Exilios, monsieur ! Sergent-chef Olger à votre service !

            -  Détendez-vous, sergent, lui fis-je calmement avant de lui présenter mon insigne d'inquisiteur. Je suis un membre de l'Inquisition en mission pour l'Ordo Hereticus. Je viens chercher un prisonnier que je vous ai récemment envoyé, nommé Thlénor Volirius.

            -  Oh... bien entendu, seigneur. Suivez-moi !

      Les soldats s'écartèrent aussitôt, et mon équipe pu descendre de l'appareil pour me rejoindre, mais Franck préféra rester à l'intérieur et garder l'œil sur son Phœnix adoré. Yarn avait récupéré sa paire de pistolets et mon maître avait revêtu son armure énergétique mais ne portait aucune arme, probablement pour me montrer qu'il se fiait totalement à moi. Alors que nous pénétrâmes à l'intérieur de la prison, le sergent devenait de plus en plus serviable, bien plus que si je lui avait d'abord présenté ma rosette inquisitoriale. Nous franchîmes ainsi rapidement les nombreux systèmes de sécurités de l'installation jusqu'à atteindre le secteur des détentions de haute sécurité anti-psy, où se trouvait mon prisonnier.

      Thlénor Volirius avait toujours son air froid mais confiant, comme si son visage meurtri n'était pas capable d'exprimer autre chose. Même simplement vêtu des légers habits de détenu, et bien que son corps soit extrêmement frêle, il était impressionnant. Les tests psy pratiqués sur lui l'avaient classé comme un psyker de niveau Beta inférieur, particulièrement spécialisé dans la télépathie et la perception mentale. Cependant, pas une seule fois il n'avait employé ses capacités psychiques depuis son arrestation. Il n'avait d'ailleurs pas fait grand-chose, et le nombre de mots qu'il avait prononcés depuis se comptaient sur les doigts de la main.

      De toute façon, il était inutile de chercher à discuter avec lui dans un tel endroit. Il n'y avait qu'un seul lieu où Voliriul accepterait de me parler des illuminatis, le seul endroit qu'il savait être sûr, et c'était le Spear of Illumination. Seulement il y avait un autre problème de taille qu'il me faudrait contourner : cet homme était un psyker. Au-delà de ses puissantes capacités qui ne présentaient strictement aucune menace pour moi, je doutai qu'il puisse supporter de ressentir ma présence dans la même pièce que lui. Et j'avais cruellement besoin de savoir.

            -   Faites-le sortir, ordonnai-je.

      Immédiatement, le sergent Olger interpella l'agent de l'Arbites qui se trouvait là et lui demanda d'ouvrir la cellule. Quelques instants plus tard, Volirius était remis entre mes mains. Je me retournai alors vers les soldats et annonçai :

            -   Je vais l'emmener sur mon vaisseau afin de traiter son cas. J'aimerai que son incarcération soit supprimée des archives et que vous oubliez qu'il a été votre détenu. Merci de votre collaboration.

        Sans attendre la réponse du sous-officier, je donnai à mon équipe le signe du départ et nous repartîmes vers la navette. Je restai loin en retrait derrière Volirius afin que ma sphère de négation ne le perturbe pas, et lorsque nous montâmes à bord du Phœnix, il prit la cabine la plus à l'arrière et entra dans une sorte de transe d'isolement. Afin de m'éloigner le plus possible de lui, je m'installai dans le cockpit, mais Franck ne s'y trouvai pas. 

            -    Quelqu'un à vu Franck ? demandai-je d'une voix forte.

            -  Je suis là, patron ! me répondit le pilote. Dans la cabine de Claire ! Elle est réveillée !

       Immédiatement, je sorti du poste de pilotage et rejoins Franck et Claire d'un pas rapide. La sœur de bataille était assise sur le bord de sa couchette, immobile, tenant sa tête entre ses mains. Seulement, ses bras tremblaient continuellement, et son corps était d'une raideur anormale. On aurait dit qu'elle était terrorisée. Elle ne réagit pas à ma présence, ce qui me rassura car cela signifiait que ses capacités psychiques ne s'étaient toujours pas éveillées. Seulement, qu'elle soit ou non devenu une psyker, j'avais de nombreuses choses à lui demander. Me tournant vers Franck, je lui demandai dans un chuchotement :

            -   Est-ce qu'elle a parlé ?

            -   Non, elle n'a pas prononcé un seul mot. Par contre, je l'ai entendu hurler avant de la trouvé comme ça, et depuis elle n'a pas fait le moindre geste. Je ne pense même pas qu'elle soit consciente de notre présence.

            -   Elle est en état de choc. Laissons-là reprendre ses esprits tranquillement. Tant que ses pouvoirs n'ont pas fait surface, il n'y a aucune raison de s'inquiéter. Pendant ce temps, ramène-nous au Spear.

            -    Bien, patron.




        Installée dans l'une des nombreuses cabines du vaisseau de mon maître, Claire Ophelias n'était plus que l'ombre d'elle-même, un esprit marqué par une expérience qu'elle avait cherché à oublier par tous les moyens. Et la seule manière qu'elle avait trouvé était d'entrer dans un état semi-végétatif, où sa conscience se limitait au maintient des systèmes vitaux de son corps. On pouvait comparer cela à une sorte de coma éveillé. C'était cependant bien suffisant pour que Thlenor Volirius use de ses pouvoirs psychiques pour sonder l'esprit de la jeune femme.

        En tant qu'Intouchable, il était préférable pour moi d'être le plus loin possible de cette cabine durant le temps de l'examen mental. Je m'étais donc réfugié dans l'une des salles de maintenance dans la section des moteurs du vaisseau, un endroit étouffant la chaleur et les vapeur d'huile. L'attente me parut durer une éternité alors que je repassait devant le tableau noir de mon esprit tous les évènements depuis le début de mon enquête. Cette première enquête qui avait pris des proportions que je n'aurais jamais imaginé. Tant de choses me restaient inconnues, et la plupart d'entre elles étaient pourtant de première importance : quel était le rôle des artefacts chaotiques récupérés par Meldios ? Quels étaient les contacts grâce auxquels ils comptait les introduire dans les structures cibles dont Xan leur avait donné les plans ? Et quelle était la véritable nature de ces objets ? Je devais le découvrir avant qu'il ne soit trop tard...

       Soudain, Thlénor Volirius pénétra dans la salle et se dirigea droit vers moi. Il était à nouveau vêtu de sa riche tenue de maître de guilde au parures dorés et argentées, qui faisait honneur à sa noblesse d'esprit. Voyant l'étonnement sur mon visage, il me dit tout de suite de sa voix grave :

            -  Ne vous inquiétez pas, Asphar. Bien que nous soyons loin d'être compatibles, je possède assez de force mentale pour supporter votre proximité durant un certain temps.

            -   Combien de temps exactement ?

            -   Ca n'a pas d'importance. Je viens d'examiner l'esprit de votre acolyte, et je crains d'avoir de mauvaises nouvelles pour vous.

            -   Je m'y étais attendu. Allez-y.

       L'homme s'adossa contre l'un des murs crasseux de la salle et porta son regard sur les consoles qui géraient l'alimentation de cette partie du vaisseau, d'un regard qui portait cependant bien plus loin que ces simples consoles. Son visage imperturbable ne me permettait pas d'anticiper sur ces paroles, et ma surprise fut grande lorsqu'il m'annonça finalement :

            -  Son esprit a été contrôlé pendant quelques instant par un psyker xenos, une grande prophétesse eldar pour être plus précis.

            -  Par l'Empereur...

            -  Je pensais bien que vous réagiriez ainsi, fit Thlénor. Cependant vous devez savoir que les illuminatis doivent beaucoup à la race des eldars. Sans leur aide, nous n'aurions jamais eut la moindre chance d'accomplir notre grande oeuvre.

        J'étais sur le point de m'emporter lorsque, sans même tourner son regard vers moi, Volirius me fit signe de rester calme.

            -  Je sais, dit-il. L'Inquisition n'est pas supposée traiter avec les xenos. De leur côté aussi, d'ailleurs, les eldars ne sont pas supposés traiter avec n'importe quel humain. Mais les illuminatis sont une exception.

            -   Pourquoi ?

            -  Parce que nous combattons le chaos, la Grande Ennemie comme ils l'appellent. Nous sommes les meilleurs alliés qu'ils possèdent dans cette guerre éternelle contre les Dieux Sombres, et c'est pourquoi ils nous accordent certains privilèges dont aucun homme ne peut imaginer l'importance.

            -  Quel genre de privilèges ?

        En guise de réponse, Thlenor sortit de sous son col un petit objet qui pendait à son coup : une sorte de grosse gemme brillante incroyablement lisse et de couleur rouge. Il se rapprocha de moi et la teinte vira lentement au violet, jusqu'à ce qu'il recule et que la pierre redevienne rouge. Je compris alors que cet objet avait un lien avec l'énergie Warp. Cela devait être un genre de relais psychique, ou peut-être un catalyseur...

            -  Voici ce que les psykers eldars nomment une pierre-esprit, expliqua Thlenor. C'est une pierre qui renferme l'âme d'un mort eldar dont l'énergie psychique permet d'amplifier leurs pouvoirs. Et je peux l'utiliser de la même manière. Mais ce n'est qu'un échantillon de ce que cette race peu nous offrir.

            -  Etes-vous sûr qu'il ne s'agisse pas plutôt de cadeaux empoisonnés ? Des boîtes de Pandore qui se retourneront contre nous lorsqu'ils le désireront ?

        Volirius sourit à cette remarque. C'était la première fois que je voyais un sourire franc sur son visage, et cela me perturba profondément.

            -  Savez-vous depuis combien de temps existe l'alliance secrète entre les illuminatis et les eldars, Asphar ? Cela remonte à des millénaires, depuis l'apparition du premier illuminati. Plusieurs fois nos intérêts ont divergés mais, contrairement au reste de l'Humanité, jamais ils ne se sont montrés hostiles à notre égard. Ils nous ont ouvert les portes de la Bibliothèque Interdite, le lieu le mieux dissimulé de la galaxie qui renferme les connaissances les plus précieuses de leur civilisation.

        Une fois de plus, je devais admettre une bien terrible réalité. C'était comme si l'Imperium tout entier était en train de changer autour de moi. Ses bases étaient transformées, ses lois modifiées, des sociétés secrètes se créant même au sein de ses institutions les plus sacrées pour contourner les règles instaurées par les représentants de l'Empereur. J'avais l'impression de découvrir un tout autre univers, ou plutôt une nouvelle dimension de celui que je connaissais déjà. Une dimension enveloppée de mystères et de secrets où ma conscience ne voulait pas aller, de peur d'être corrompue.

            -  Je sais que c'est dur à admettre, fit Volirius, mais vous aurez bientôt l'occasion d'observer cette alliance à l'œuvre : la prophétesse eldar qui s'est introduit dans l'esprit de votre acolyte a laissé un message à l'intérieur de son subconscient. Elle nous donne rendez-vous sur la seconde lune d'Ouragos.

            -   Quand, exactement ?

            -   Il y a une chose que tu dois savoir, Asphar : les eldars savent toujours quant-est-ce que l'on arrive à l'un de leurs rendez-vous. Et ils ne sont jamais en retard.
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SOMMAIRE
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Par Jack-115 - Publié dans : ILLUMINATI
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Mercredi 18 février 2009 3 18 /02 /Fév /2009 23:20

CHAPITRE CINQ : POUR NOS ALLIES



0049 unités de temps du 2ème jour de l'Ere de la Révolte / vaisseau-amiral de la flotte sangheili Shadow of Intent. En orbite au-dessus de Halo 05.


       Depuis le pont de commandement du Shadow of Intent qui commençait à pénétrer dans l'atmosphère de la Terre, Irul observait l'épave du croiseur qui venait de s'écraser au milieu de la savane. Toute tentative de communication avec son équipage n'avait abouti à rien, ce qui inquiétait grandement le commandant suprême. Tous les senseurs étaient dirigés vers ce qui ressemblait désormais plus à un amas de métal à moitié fondu, afin d'essayer de découvrir son identité et son affiliation, mais les dommages qu'il avait subi dépassaient l'entendement. Si violent qu'il avait pu être, le crash seul n'avait pas pu causer autant de dégâts, surtout à certaines structures internes du vaisseau. Cela prit plusieurs minutes pour l'identifier comme étant le War Lord, un croiseur appartenant à la flotte jiralhanae de Grande Bonté, réputé pour être l'un des plus rapide de sa catégorie.

       L'analyse structurelle indiquait que sa coque portait les marques de plusieurs impacts de torpilles plasmatiques, probablement tirées par les vaisseaux sangheilis chargés de contenir le Parasite sur la cité sainte. Mais lorsque le Shadow of Intent finit de traverser la couche nuageuse et put utiliser les appareils d'observation longue distance, l'image qui en résultat pétrifia tous les sangheilis présents sur le pont de commandement. Irul lui-même ressenti une pointe d'effroi lui transpercer les poumons quand il vit les horribles tentacules organiques qui dépassaient des trous percés dans la coque. Ainsi, se dit-il, cette chose est parvenu à percer notre blocus avec ce vaisseau. Nous devons purger cette planète de sa présence au plus vite, où les conséquence seront catastrophiques...

            -  Commandant suprême à tous les vaisseaux ! Enclenchez le protocole de purification au niveau de cette épave immédiatement ! Je veux deux bataillons de troupes d'assaut pour encercler la zone cible afin de s'assurer que le Parasite n'en sorte pas !

            -   Commandant ! annonça l'un des officiers sangheilis. Nous recevons un faible signal en provenance de la cible. Son encodage correspond à celui d'un Intelligence Artificielle humaine.

      Immédiatement, le commandant Miranda Keyes et le sergent Johnson, qui étaient restés là à observer la situation, se précipitèrent vers la console que tenait le sangheili. D'un simple geste, Irul ordonna à ce dernier de laisser sa place aux humains. L'aisance avec laquelle ils manipulaient le matériel de l'Alliance était surprenant, et leur permis de décrypter le message du signal en quelques instants seulement. Aussitôt, leurs visages prirent une expression de surprise et d'enthousiasme :

            -  C'est le code d'identification de Cortana ! annonça Miranda. Elle est revenue !

-  Je suis navré, fit Irul, mais nous ne pouvons pas risquer une expansion de l'infection simplement pour vous permettre de récupérer cette IA. La destruction de cette menace est prioritaire.

            - Mais elle possède des informations cruciales qui peuvent nous aider ! insista Miranda.

            -   Cela m'importe peu ! La seule chose qui m'importe est que ce vaisseau doit être...

            -  Attendez ! intervint Orna Fulsamee en posant la main sur l'épaulière du commandant suprême.

       Depuis sa première rencontre avec le Parasite, Irul avait craint de se retrouver dans une telle situation. Pour lui, il n'y avait rien de plus important que l'éradication de ce fléau qui avait vaincu les tout-puissants forerunners, mais malheureusement, d'autres pouvaient penser différemment. Lentement, il se tourna vers son mentor et attendit qu'il s'explique :

            -  Quelle genre d'information contient votre IA, demanda l'Arbiteur aux humains.

            -  Et bien, répondit Johnson, avant qu'on explose le premier anneau, Cortana a enregistré toutes les données informatiques forerunners de la salle de contrôle. Mais si ça vous intéresse pas...

            -  C'est elle ! s'écria soudain Guilty Spark en s'agitant dans les airs. C'est cette IA qui a volé l'index d'activation de mon installation ! Je dois à tout prix récupérer ces données !

       Irul serra les dents un long moment. La situation vient soudain de prendre une nouvelle dimension. Il ne fait aucun doute que le prophète de la Vérité est sur le point d'activer l'Arche, du moins si la structure forerunner sur laquelle son vaisseau se trouve est effectivement l'Arche. Il a une avance sur nous, au niveau des informations et du positionnement de ses pions. Et si notre réaction doit être puissante et rapide, elle doit également être efficace. Avancer à l'aveuglette ne nous servirait à rien.

      Je pense donc que nous n'avons pas le choix.

            -   Commandant suprême à tous les vaisseaux ! Annulez l'ordre précédent ! Que l'on prépare une force d'intervention rapide pour investir l'épave. Et que l'on prépare ma garde d'honneur.

            -   Si vous y allez, fit Orna, je vous accompagne.

            -   Moi aussi, ajouta Miranda.

            -   Moi aussi, fit Johnson. J'ai besoin de me dérouiller les articulations.

       Irul sourit intérieurement en entendant ces mots. Il savait que le sergent avait déjà affronté le Parasite par le passé, deux fois, et qu'il y avait perdu de nombreux hommes. Peut-être que l'ironie contenue dans ses paroles lui servait à dissimuler sa peur, mais Irul reconnaissait en lui l'âme d'un vrai combattant, quelqu'un qui ne reculait devant aucun danger si grand soit-il. Il aurait fait un excellent meneur s'il avait été un sangheili. Mais ce qui est étrange, c'est que le commandant Keyes semble elle aussi posséder cette détermination combattive, alors qu'elle est un officier. Je pensais que tous les hauts gradés humains restaient constamment à l'arrière-garde ou dans un vaisseau en orbite loin des combats. J'espère juste que sa fougue ne la mettra pas en danger...

-  Parfait, dit-il simplement. Alors allons-y.



       Le War Lord s'était écrasé en bordure d'une large ville nommée Voi, que les humains avaient été forcés d'abandonner aux jiralhanaes. Cette cité était alors devenu un avant-poste pour les troupes du prophète, mais il n'avait pas fallut longtemps au Parasite pour balayer leurs défenses, transformant leurs troupes en monstres de combat. A part en quelques endroits où les dernières poches de résistance étaient encerclées et massacrées, Voi était devenu le domaine du Parasite, un lieu de cauchemar sans nom et sans espoir. Le prophète de la Vérité n'avait fait envoyé aucun renfort, ni le moindre vaisseau pour vitrifier la zone, car le sort de cette planète lui était totalement indifférent.

         Mais ce n'était pas le cas des humains et de leurs nouveaux alliés sangheilis : un cordon de sécurité constitué de deux mille guerriers parmi les meilleurs et épaulés par un grand nombre de véhicules lourds contenait l'infection à l'intérieur de la zone de quarantaine. Pendant ce temps, une demi-douzaine de navettes Phantom traversa la ville jusqu'au site du crash pour une toute autre mission.

       Le croiseur avait d'abord percuté plusieurs bâtiments avant de finir sa course contre un entrepôt du secteur industriel, laissant dans son sillage une traînée de destruction. Les flammes avaient envahi plus de la moitié des structures à cause d'une réserve de carburant qui avait prit feu et d'un réacteur qui avait explosé, tandis que plusieurs substances dangereuses avaient réussi à quitter leurs caissons d'isolement dans la foulée. Cette zone était devenu un enfer. Mais c'était là que Irul et ses compagnons devaient mener leur premier combat sur cette planète.

         Les artilleurs chargés de manipuler les tourelles des navettes prirent pour cible tout ce qui bougeait, brûlant les cadavres ambulants de jiralhanaes et d'humains qui rôdaient là. Puis les troupes d'assaut débarquèrent.

            -  Que les Phantoms restent en position ici ! ordonna Irul. Prenez une altitude de soutient lourd et éliminez tout intrus à portée !

            -    Bien compris, commandant ! Bonne chance dans votre mission !

         Pénétrer à l'intérieur de l'épave ne fut pas difficile, considérant les nombreuses perforations dans sa coque. D'après les capteurs embarqués des armures sangheilis, la source du signal se trouvait au niveau de la baie d'embarquement bâbord, aussi les troupes d'Irul choisirent le point d'accès le plus proche de cette section. Cependant, leurs ennemis les attendaient patiemment à l'intérieur.

          Ils n'eurent pas marché plus de dix mètres dans la première coursive qu'une horde de créatures hideuse surgit de nulle part et se jeta sur eux. En un éclair, Irul et sa garde d'honneur activèrent leurs épées à plasma et engagèrent un corps à corps furieux. Les lames de lumières traversaient la chair putréfiée comme un rien, mais les griffes démesurées des organismes combattants frappaient avec la force des Lekgolos, mettant à mal les boucliers des sangheilis. Irul se retrouva devant trois jiralhanaes possédés qui l'attaquèrent de concert. Il esquiva le premier coup, para le second avec sa lame qui découpa les griffes de son assaillant, mais le troisième parvint à le frapper sur son bras droit. Ignorant la douleur, il empoigna cet inconscient de sa main blessée et le tira vers lui avant de couper son corps en deux dans le sens de la hauteur. Tenant toujours une moitié de ce monstre par les tentacules, il l'utilisa comme un fléau géant pour frapper son dernier adversaire qui fut distrait suffisamment longtemps pour recevoir une lame de plasma au milieu du front.

       Lorsque la créature s'effondra dans une répugnante flasque de liquides corporels et d'organes décomposées, le combat était terminé. Aucune perte n'était à signaler, mais Irul savait que ce n'était encore rien. Le Parasite cherche à nous tester, avant de nous annihiler d'une attaque massive et implacable. Ne perdons pas de temps.

       L'équipe reprit sa route à travers les salles en ruines et les coursives endommagées, pataugeant dans des flaques de liquide de refroidissement s'écoulant des nombreuses rupture dans le système d'entretient du vaisseau. La marque du Parasite était partout, d'énormes masses corporels inqualifiables s'étalant sur les surfaces de métal comme les organe d'une entité gigantesque. Une entité qu'on ne pouvait pas blesser, et qu'on ne pouvait peut-être même pas vaincre.

       Tout se passa relativement bien jusqu'à ce que le groupe atteigne la baie d'embarquement bâbord, qui était devenue une véritable déchetterie remplie de navettes détruites et de caissons renversés, leurs contenu éparpillés sur le sol. Une foret de câbles pendaient au plafond, s'agitant au rythme des décharges électriques qu'ils libéraient de temps à autre pour évacuer le surplus d'énergie des réacteurs. Alors que les sangheilis et les humains traversaient ces décombres, cherchant à localiser la source du signal, ils aperçurent des ombres rôder autour d'eux, observant leurs mouvements comme une meute de prédateurs à l'affût.

            -  Formation de combat, ordonna calmement Irul. Préparez-vous à défendre chèrement votre vie, mes frères.

       Les guerriers de Sangheilos préparèrent aussitôt leurs armes, tendirent leurs muscles et affûtèrent leurs sens en attendant l'assaut. Celui-ci ne fut pas long à venir : de tous côtés, l'ennemi était innombrable. Irul avait peine à croire que le Parasite ait garder autant de corps ici et cependant conquérir la ville à l'extérieur. Mais le temps n'était pas à la réflexion. Les gardes d'honneur et les meilleurs combattants formèrent un cercle autour des autres soldats, afin de leur permettre d'utiliser leurs armes de tirs sans se soucier de leurs ennemis. Cependant, le Parasite était bien plus malin que cela : rapidement, plusieurs organismes bondirent dans les airs, s'élevant de plusieurs mètres avant de retomber au milieu des soldats de l'Alliance Nouvelle pour désorganiser leurs rangs. A partir de ce moment, le carnage empira.

       Irul et Orna étaient probablement les deux seuls guerriers qui ne souffraient pas de la situation. Il n'y avait pas assez d'espace au milieu de tous ces débris pour voir venir l'ennemi. Les autres sangheilis étaient incapables de combattre de façon efficace, et même les gardes d'honneur se sentaient dépassés par cet ennemi féroce et omniprésent. Les deux humains, quant à eux, s'étaient retranchés dans l'épave d'une navette Phantom depuis l'intérieur de laquelle ils tiraient sur tout ennemi qui se montrait. Des frères commencèrent à mourir, devenant les prémices d'une prochaine menace encore plus dangereuse et sournoise.

        Irul faisait de son mieux pour porter assistance à ses compagnons, parcourant la mêlée en abattant chaque ennemi qui osait porter la main sur eux. Ses coups devenaient de plus en plus rageurs au fur et à mesure que le combat avançait et que l'esprit de vengeance l'envahissait. A ses côtés, Orna frappait toujours avec la même vigueur, hurlant des cris de guerre afin de redonner espoir à ses guerriers, massacrant l'horreur du Parasite avec la volonté de faire disparaître à jamais ce fléau de la galaxie. Et lorsque enfin le combat s'arrêta, ce fut pour laisser place à un bien triste spectacle.

        Le sol était jonché de cadavres, et bien que la plupart soient ceux des organismes parasites, beaucoup d'entre eux étaient également des sangheilis. Ce fut avec une peine doublée d'une rage démesurée que les survivants furent obligés de détruire les corps de leurs frères tombés. Pendant ce temps, Miranda et Johnson continuèrent de chercher leur IA. Ils revinrent quelques instants plus tard, avec un objet ovale qu'Irul identifia comme un système de stockage de données de l'Alliance. Ces appareils étaient utilisés pour transmettre d'énorme quantités d'informations sans passer par les réseaux de communication standard, lorsque ces derniers n'étaient pas capables d'envoyer une telle masse de données ou qu'on souhaitait garder ces données confidentielles. L'IA aurait-elle réussi à se télécharger dans cet appareil ?

            -  Vous l'avez trouvez ? dit-il en désignant l'objet.

            -  Oui et non, répondit Miranda.

            -  Bien. Alors je pense que nous n'avons plus rien à faire ici. Partons, et réduisons cet endroit en cendre.
Par Jack-115 - Publié dans : La Saga du Guerrier de la Foi
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Lundi 16 février 2009 1 16 /02 /Fév /2009 19:23

CHAPITRE VINGT : LES SERVANTS DE L'ENFANT-ETOILE



            -  Un illuminati ? répétai-je. Mais qu'est-ce que c'est ?

            -  Pour comprendre la réelle nature des illuminatis, tu dois d'abord connaître celle des psykers.

       A la mention de ce dernier mot, je ne pu m'empêcher d'esquisser un rictus de dégoût. Après tout, j'étais l'antithèse de ces êtres si étranges, leur Némésis absolue, le seul genre d'adversaire contre lesquels ils se retrouvaient toujours impuissants. De plus, si mes facultés d'Intouchable mettaient mal à l'aise la plupart des personnes normales, les psykers étaient incapables de supporter ma simple présence. Cela m'avait naturellement conduit à haïr ces sorciers au plus profond de mon être. Pour moi, ils représentaient une immense source de danger potentiel, une mutation qui conduirait l'Humanité à sa perte si elle n'était pas correctement contrôlée. Une chose qui était malheureusement impossible.

            - Un psyker, continua le prétendu Kantores, est un humain qui est né avec une mutation génétique affectant les capacités cérébrales. Cette mutation lui permet d'ouvrir une porte temporaire liant notre dimension avec celle du Warp, par laquelle transitent nos vaisseaux et où règnent les démons. Cette porte peut être plus ou moins grande et peut rester ouverte plus ou moins longtemps selon la force mentale du psyker.

            «  Mais cette puissance est une lame à double tranchant. Car tous les êtres, excepté les Intouchables comme toi, possèdent une présence dans le Warp, que l'on peut comparer à la lumière d'une étoile. L'intensité avec laquelle elle brille est proportionnelle à la force psychique de l'individu. Et bien évidemment, les démons sont attirés par ces lumières et attendent la moindre occasion d'utiliser les portes créés par ces psykers afin d'envahir notre dimension. Lorsque l'un d'entre eux y arrive, il prend le contrôle du corps du psyker en asservissant complètement son esprit. C'est ce que l'on appelle la possession démoniaque.

            -  Et en quoi un illuminati est-il différent d'un simple psyker ? fis-je d'un ton impatient.

            -  Et bien, un illuminati est un psyker qui a été possédé par un démon et qui a réussi à le renvoyer dans le Warp.

            -   C'est possible ?

            -  Parfaitement. Cela arrive rarement, car très peu de personnes ont la force mentale nécessaire pour repousser les attraits des créatures du chaos, et encore plus rares sont ceux qui peuvent rester sains d'esprit après une telle expérience. Beaucoup deviennent fous et se donnent la mort dans l'instant, car ils ont contemplé les terribles puissances tapies dans le Warp, qui ne désirent que notre destruction. Durant ce court instant où ils deviennent l'hôte d'un démon, ils partagent avec lui leurs pensées et leurs émotions. Ceux qui survivent à une telle chose sont définitivement marqués dans leur esprit et dans leur chaire.

      Subitement, je revis devant moi le visage de Volirius, et les horribles blessures qu'il portait. Maintenant je savais d'où venaient de telles marques. Je pouvais presque voir l'immonde forme de l'entité démoniaque le lacéré de ses énormes griffes tandis qu'il résistait à la possession. Et alors que cette image repassait en boucle devant mes yeux comme un enregistrement endommagé, j'essayais d'imaginer la détermination qu'il fallait pour résister à une telle chose.

       Illios n'était cependant pas au bout de son explication, et continua sur le ton d'un professeur qui ferait face à une salle d'apprentis :

-  De par la vision unique qu'ils possèdent et le sombre savoir qui leur a été si durement inculqué, les illuminatis tendent à se rassembler afin de combattre le chaos sous toutes ses formes. Ils joignent leurs efforts afin de protéger l'humanité contre les démons. Mais leur plus grande tâche reste la réalisation de l'Enfant Etoile.

            -   L'Enfant Etoile ? fis-je en fronçant les sourcils. Qui est-ce ?

      Illios ne répondit pas tout de suite. Il était instinctivement retourné à cette attitude du maître en train d'enseigner à son disciple, et bien que j'y étais habitué, je trouvais cela mal approprié à la situation. C'était comme si la nature des informations qu'il me transmettaient était sans importance, sans aucune conséquence sur l'issue réel de notre échange. Etait-il en train d'échafauder un plan afin de me duper et rediriger mes forces contre l'Inquisition et tout ce que j'avais juré de protéger ? Que voulait-il vraiment ?

      Je n'avais aucun moyen de savoir tout cela. Il m'avait trompé pendant toutes ces années, il pouvait aisément continuer maintenant. Et dans ce cas, quelle était réellement ma marge de manœuvre ?

            -   Sais-tu qui est l'Empereur ? me demanda-t-il avec un naturel qui me pétrifia.

            -   L'Empereur ? C'est... Il est notre guide, notre sauveur, le seigneur de...

            -   Non, ce n'est pas ce que je t'ai demandé : Sais-tu qui Il est ? D'où il vient ?

      J'étais incapable de donner la moindre réponse ou de faire le moindre signe. Débattre de la nature de l'Empereur relevait du tabou suprême. L'Empereur était l'Empereur, point final. Personne n'avait le droit de questionner sur une telle chose. Jusqu'où allait cette quête des illuminatis si elle touchait à l'être sur lequel reposait l'Imperium tout entier ? 

            -   Personne ne sait réellement comment est né l'Empereur, expliqua Illios, mais il existe plusieurs théories qui s'entremêlent. La plus commune dit qu'il est issu de la concentration des pouvoirs des plus grands sorciers de l'Ere des Luttes, tandis qu'une autre clame qu'il serait le fruit de la fusion totale de ces mêmes sorciers. Toujours est-il que l'Empereur constitue un être unique à la force et la sagesse inégalée, ainsi que le plus grand psyker qu'ai jamais connu l'Humanité.

            «   Mais lors de la Grande Hérésie, durant les derniers instants de la bataille pour le palais impérial, l'Empereur affronta l'archi-traître Horus en combat singulier. Il en ressortit vainqueur, mais le corps entièrement brisé. Afin de continuer à veiller sur l'Humanité, il conçu le trône d'or, le seul appareil capable de le maintenir en vie, et dont le fonctionnement nécessite le sacrifice de milliers de psykers chaque semaines.

       Soudain, Illios s'arrêta de parler de sa façon si particulière indiquant qu'il était temps pour moi de poser une question. Seulement, je ne savais pas vraiment ce que j'étais supposé demander. Toutes ces choses, toute cette connaissance si étrange à laquelle j'étais sensé me méfier me tournait la tête. Du mieux que je pu, je réfléchis à ce que je pouvais dire, et fini par demander :

            -   Quel est le lien entre l'Empereur et l'Enfant Etoile.

      Encore une fois, Illios ne répondit pas, mais il esquissa un léger sourire indiquant que j'avais posé la bonne question. Puis, sans un mot, il se dirigea vers le siège de commandement du Spear of Illumination, et appuya sur une série de touches qui firent apparaître plusieurs images sur l'écran tactique. Lorsque je vis ce qu'elles représentaient, mon sang se glaça instantanément et un vent de terreur me traversa l'esprit :

       J'avais devant moi une dizaines de représentations du très saint trône d'or de Terra, sur lequel siégeait l'Empereur.

       Par respect pour Son images, le corps de l'Empereur lui-même avait été masqué, mais ce n'était pas Lui que Illios voulait me montrer :

            -  Ces images proviennent d'un membre de notre organisation qui fait partie de la garde custodes du palais impérial. Une étude minutieuse nous a permis de voir d'irréparables dégâts dans certains systèmes du trône d'or.

            -   Quoi ? Vous êtes sûrs ?

            - Totalement. Les technoprêtres chargés de l'entretenir sont arrivés à la même conclusion, et notre agent est parvenu à mémoriser psychiquement leur analyse du trône. De plus, il apparaît clairement aux yeux de la garde custodes que Sa volonté faiblit un peu plus à chaque siècle qui passe. Il n'y a aucun doute là-dessus : l'Empereur est en train de mourir.

            -   Alors... l'Enfant Etoile... ce serait un...

            -   Un nouvel Empereur, répondit Illios en sentant que je n'étais pas capable d'accepter une telle idée. Voilà pourquoi notre organisation doit à rester secrète à tout prix.

            -    Mais... comment ?

            -  Ca, c'est maître Volirius qui te l'expliquera lui-même, car c'est la tâche pour laquelle il consacre sa vie depuis qu'il m'a chargé d'endosser le rôle d'inquisiteur à sa place. Mais avant cela, je dois d'abord savoir si tu es digne de continuer dans cette voie. Je te laisse quelques instants pour réfléchir.

     Ainsi, la véritable épreuve n'avait pas encore commencé. En premier lieu, il m'inculquait ce terrible savoir, et ensuite il voyait si je le rejoindrais loyalement les rangs de son organisation. De mon côté, je n'avais aucun moyen de lui cacher mes intentions, quelle qu'elles puissent être. Car si la plupart des inquisiteurs avaient souvent recours à des psykers pour sonder l'âme des gens, ce qui était totalement inutile sur moi, il suffisait que Yarn me questionne pendant quelques minutes pour lire en moi comme un livre ouvert. Sa perception de la psyché humaine était à ce point développée qu'il m'était impossible de lui mentir sans qu'il s'en aperçoive.

      Que devais-je faire ? Où était la vérité dans tout ceci ? Mon maître était-il encore en train de me tromper où était-il sincère depuis le début ? Je me sentais complètement perdu, l'esprit à la dérive sans aucun point de repère dans une mer de confusion. Durant toutes ces années où j'avais été son disciple, mon maître ne m'avais jamais paru autre chose que le parfait exemple de l'inquisiteur, le model que je voulais suivre. Il était courageux, fort, dévoué à l'Empereur, mais désormais il était une toute autre personne, que je ne pouvais cerner. Bien qu'il m'ait appris à analyser le comportement des gens lors des interrogatoires, je ne m'étais jamais attendu à devoir tenter de décrypter sa propre personnalité.

      J'avais devant moi une personne qui semblait ne pas vouloir dissimuler ses émotions et qui me paraissait sincère ou extrêmement douée pour feindre la sincérité. Il ne présentait aucun signe d'anxiété ou d'impatience, ce qui pouvait signifier un calme profond ou une assurance totale que le dénouement lui serait favorable. Encore une fois, je restais dans le flou, dans cette étrange bande de gris entre le tout blanc et le tout noir. Pourtant il fallait que je prenne une décision.  

       Après un longue minute de méditation, je répondit enfin :

            -   Je vais vous suivre, maître, si je peux toujours vous appeler comme ça.

            -   Bien sûr que tu peux. Et c'est avec joie que je t'accueille au sein des illuminatis.

       Mes yeux s'écarquillèrent soudain sous l'effet de la surprise. 

            -   Tout ce que tu avais à faire, m'expliqua Illios, c'était de me faire confiance. Je suis sûr que cela n'a pas été facile, mais maintenant le plus dur est fait. Repose-toi. Demain, nous irons parler à maître Volirius.
Par Jack-115 - Publié dans : ILLUMINATI
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Prochaines sorties

Illuminati, chapitre 7

Date : 30 octobre

Avancement : terminé

 

Evangelion Children, chapitre 2.6

Date : inconnue

Avancement : 60%

(j'ai besoin d'un bon artwork pour illustrer celui-là, sinon je ne vais pas en dormir la nuit ^^)

 

Halo Destiny, chapitre 22

Date : inconnue

Avancement : 15%

(dernier chapitre de cette fanfic ; il sera très probablement un peu plus long que la moyenne, lui aussi)

 

 

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