Profil de Jack-115

Hughel 2


Nom : Comeau-Montasse

 

Prénom : Thibault

 

Âge: 25 ans

 

Job: préparateur documentaire à la centrale nucléaire du Tricastin (prestataire pour EDF)

 

Localisation: Montélimar, Drôme, Rhône-Alpes, France, Planète Terre, réalité n°246820 de la simulation créatrice

 

Passions: musique, jeux vidéos, jeux de rôle, lecture et, bien sûr, écriture 

 


M'ECRIRE


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« On ne fait rien d’extraordinaire sans hommes extraordinaires,

et les hommes ne sont extraordinaires que s’ils sont déterminés à l’être. »

 (Charles de Gaulle)


 

 INTRODUCTION


 
  HONNEUR  

ESPOIR

COURAGE JUSTICE
RAISON DROITURE EDUCATION
AMOUR LOYAUTÉ CONFIANCE
      RESPECT         POLITESSE ÉCOUTE
CULTURE SINCÉRITÉ COMPRÉHENSION
SÉRÉNITÉ BIENVEILLANCE COMPASSION

 

 

Samedi 25 juillet 2009 6 25 /07 /Juil /2009 12:00

CHAPITRE PREMIER : LES DESIRS DU COEUR

 


       Le soir tombait sur Konoha, tel un decrescendo de lumière faisant lentement entrer le village dans la nuit chaude et étoilée, tandis que les habitants essayaient de profiter des derniers instants de la journée pour terminer leurs diverses tâches. Les marchands se dépêchaient de livrer leurs produits ou de les embarquer, les commerçants annonçaient aux clients la proche fermeture de leurs boutiques, et la garde de nuit se réveillait pour aller prendre la relève sur les remparts. C'était une soirée tout ce qu'il y avait de plus banale à Konoha, ce qui prouvait que le village profitait d'une paix peu commune et extrêmement agréable.

        Au milieu de tous ces mouvements de fin de journée, le jeune Shikamaru Nara marchait de son pas nonchalant vers la maison de l'Hokage. Sa journée à lui avait été particulièrement éprouvante, mais contrairement à d'habitude c'est à lui qu'il le devait, et non à un quelconque concours de circonstances hasardeux. Les quelques marches qu'il eut à monter pour atteindre le bureau de Tsunade lui donnèrent l'impression de faire un mètre de haut chacune, et d'avoir été multipliées par dix depuis la dernière fois qu'il les avait montées. Toutefois, il fit de son mieux pour ralentir les battements frénétiques de son cœur, évacuer l'acide qui semblait avoir inondé chacun de ses muscles et calmer le feu qui agitait son esprit. Lorsqu'il frappa finalement à la porte de Tsunade, il avait l'air de revenir d'une simple promenade.

            -   Entre, Shikamaru ! lui répondit l'Hokage.

        Le chunin s'exécuta et pénétra dans le bureau aussi lentement qu'il le put avant de refermer doucement la porte derrière lui. Tsunade se tenait debout devant la grande baie vitrée donnant sur la Falaise aux Visage où étaient sculptés les faciès des cinq Hokages. Et bien que son propre visage si jeune et féminin soit lui aussi présent parmi eux, son regard restait fixé sur celui du troisième, son grand-père qui l'avait formée ainsi que les deux autres senins. Une fois que Shikamaru fut entré, elle se retourna vers lui en affichant un sourire malicieux :

            -   Alors ? lui fit-elle tranquillement. Comment était-ce ?

            -  Je... ne m'attendais pas à ce que les épreuves soient aussi difficiles, avoua difficilement Shikamaru.

            -   Peu de candidats pensent le contraire. Mais il en est ainsi depuis la création du village, et je ne te cacherai pas qu'il existe des examens beaucoup plus difficiles.

         Shikamaru déglutit involontairement.

-  Mais si je t'ai fait venir ici, continua Tsunade, ce n'est pas pour te parler de l'examen, mais de tes résultats. Et je dois dire que... je suis assez impressionnée. Tu as fais beaucoup de progrès depuis cette affaire au pays de la Foudre, et je ne m'attendais pas à ce que tu développes tes capacités aussi rapidement.

       Le jeune Nara prit bien garde de ne rien répondre à cette remarque. Il ne voulait pas rappeler à l'Hokage comment il avait découvert ces capacités, et encore moins les origines démoniaques de son pouvoir de manipulation de l'ombre. Tsunade faisait partie des rares personnes à en être au courant pour l'instant, avec les membres de la loge Ikari du pays de la Foudre et les amis de Shikamaru. Il avait essayé d'en parler une fois ou deux avec son père, mais à chaque fois il avait ressentit que ce dernier le savait depuis toujours. Si c'était vrai, il aurait peut-être dû lui en vouloir. Mais en réfléchissant bien son père devait certainement avoir ses raisons, et comptait sans doute lui en parler un jour lorsqu'il le sentirait prêt. Un jour comme celui-ci.

            -   Alors ? fit le garçon. Quel est le verdict ?

            -  Le conseil du village a délibéré pendant sept minutes seulement avant de t'accorder le rang de Jounin.

        Shikamaru se permit un léger sourire sur le coin des lèvres.

            -    Et maintenant ? fit Tsunade en s'effondrant dans son fauteuil. Qu'est-ce que tu comptes faire ? Diriger une équipe de genins ? Enseigner à l'université ? Ou essayer de rejoindre les ANBU ?

            -    Je souhaite être nommé ambassadeur permanent au village de Suna, déclara le jeune Nara d'un ton détaché mais où se dissimulait une pointe d'excitation.

            -    Quoi ?

       La surprise de Tsunade était comme les premiers souffles de vent qui annoncent une tempête. Shikamaru savait ce qu'il demandait, et il avait ses raisons, mais il savait également qu'il devait ménager l'Hokage s'il voulait espérer obtenir son approbation. Et pour le moment, c'était assez mal parti.

            -    Je veux aider à améliorer les relations entre Suna et Konoha, expliqua-t-il calmement. Cette entente est la chose la plus bénéfique qui soit arrivé à nos deux villages depuis leur création, et je souhaite employer toutes mes compétences à maintenir cet état de fait, voir même l'améliorer encore plus.

       Tsunade regarda le jeune jounin pendant un long moment de son regard sévère, et Shikamaru fit de son mieux pour rester de marbre afin de montrer sa détermination. Il ne voulait pas paraître faible ou influençable, néanmoins ce n'était pas une simple négociation avec un vendeur de ramen qu'il menait là, mais une demande d'expatriation dans un pays étranger, et non des moindres. Certes, Suna était devenu un allié de poids pour de nombreuses missions depuis qu'Orochimaru les avait bernés pour attaquer Konoha, et cette alliance était encore plus forte depuis que Gaara était devenu Kazekage. Mais cela n'obligeait pas forcément l'envoie d'un jounin en tant qu'ambassadeur permanent simplement pour maintenir cette situation. Du moins c'était l'avis de Shikamaru, et il espérait que Tsunade n'aurait pas la même pensée.

            -   Très bien, fini-t-elle par dire. Ce sera la version que je donnerai au conseil du village pour expliquer ton départ. Maintenant, est-ce que tu peux me donner la vraie raison ?

       Shikamaru prit aussitôt un air étonné.

            -   Pas la peine de faire le surpris, mon garçon. Tu ne penses quand même pas que je vais gober aussi facilement une excuse dans ce genre, non ? Je te pensais plus intelligent que ça, pour un Nara.

            -   Je... je veux rester auprès de Témari, dit-il simplement en s'inclinant pour s'excuser. Pardonnez-moi de vous l'avoir caché.

            -    Oh mais tu ne me l'as pas caché, puisque je le savais déjà.

            -    Quoi ? fit-il en se relevant.

            -  Elle m'a envoyé un message depuis Suna avec le soutient de Gaara, me demandant de t'envoyer chez eux jouer les ambassadeurs. Je ne suis pas dupe, Shikamaru : je sais reconnaître quand une femme est amoureuse, et celle-ci t'aime vraiment beaucoup si j'en juge par les mots qu'elle emploie. Je voulais juste que tu restes honnête avec moi avant de partir.

         Une nouvelle fois, Shikamaru s'inclina devant l'Hokage, cette fois-ci en signe de respect.

            -   Je vous remercie infiniment. Dite au conseil que je m'acquitterai de ma tâche comme seuls savent le faire les Naras.

            -  Je n'y manquerai pas. Maintenant va rejoindre ta petite chérie. Vous devez sans doute avoir beaucoup de choses à vous dire...

          Shikamaru ne répliqua pas et se contenta de s'incliner une dernière fois pour prendre congé avant de se diriger vers la sortie. Mais alors qu'il franchissait la porte et s'apprêtait à la refermer, Tsunade leva la main pour le retenir :

            - Oh, et Shikamaru ! Une dernière chose : préviens-moi pour la date de tes fiançailles. Un mariage entre Suna et Konoha est une chose que nous ne manquerons pas de célébrer.

            -  Qu que qu'est-ce que vous dites ?! Balbutia le garçon comme si on venait de lui dire que le village était en flamme.

            -  Quoi ? Tu ne penses jamais à ce genre de choses ?

            -  Mais pourquoi est-ce que je devrais y penser ? Continua-t-il sur le même ton affolé.

            -   Parce que les femmes y pensent, elles.


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        Shikamaru essaya de se vider l'esprit sur le chemin qui le ramenait chez lui. La dernière remarque de Tsunade l'avait laissé profondément troublé. Il n'avait jamais pensé au futur de sa relation avec Témari, et encore moins à l'éventualité de l'épouser. Ce genre de projection lui donnait froid dans le dos, encore plus que l'idée de se retrouver au bord d'un précipice avec un raz de marée arrivant derrière lui. Il avait rarement fait des cauchemars durant sa vie, même après avoir découvert les origines démoniaques de son clan, mais à présent il appréhendait des rêves agités où il serait tourmenté par l'image de Témari en robe blanche. Il faut que j'arrive à me sortir ça de ma tête, se dit-il à lui-même. Ce n'est pas ce dont j'ai besoin en ce moment. Et de toute façon, qu'est-ce qui me dit que Témari pense au mariage ? Après tout elle n'a que... deux ans de plus que moi... oh merde, elle y pense, c'est sûr. Je vais être pris au piège. Telle que je la connais, c'est elle qui va me demander de l'épouser et je n'aurai pas la force de lui dire que c'est trop tôt... qu'est-ce que je vais faire ?

         Un instant, Shikamaru songea à retourner voir Tsunade pour lui demander de trouver une excuse qui l'empêcherait d'être envoyé à Suna. Mais ses jambes refusaient de faire demi-tour ou même de s'arrêter. Son cœur voulait aller à Suna, rejoindre Témari, et contre ça il ne pouvait absolument rien. Finalement, peut-être que je vais me faire à cette idée.

          J'espère juste qu'elle m'en laissera le temps...

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LA SUITE

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SOMMAIRE

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Lundi 29 juin 2009 1 29 /06 /Juin /2009 19:33
Depuis que je suis de stage en entreprise, voilà maintenant huit semaines, je n'ai pas eut beaucoup le temps de me consacrer à l'écrire de mes fanstories, ce qui n'a pas plu à certains. Mais cette petite période de vide va déboucher sur une toute nouvelle phase d'écriture.

En effet, j'ai reçu depuis quelques temps plusieurs demandes de continuation des diverses fanstories en cours, que ce soit par commentaire sur le blog ou directement par e-mail. Et les demandes concernant la deuxième trilogie Naruto que j'avais annoncée ont atteint un nombre que je ne peux plus négliger désormais. J'avais déjà commencé à chercher comment écrire une suite après la Main de l'Ombre, qui soit encore plus impressionnant et passionnant tout en faisant intervenir tous les personnages vedettes de l'histoire.

Et aujourd'hui, cette trilogie est enfin prête à être écrite.

En fait, contrairement à la première trilogie qui était plutôt composée de trois histoires séparées plus ou moins liées entre elles, cette seconde trilogie sera une seule grande histoire en trois épisodes. J'ai déjà le résumé complet de l'histoire de A à Z avec tous les évènements et nouveaux personnages inventés, le tout mettant en scène une trame poignante et pleine de rebondissements (une chose qui était difficile dans la première trilogie que j'inventais parfois au fil de l'écriture). Cette trilogie se nomme pour l'instant Naruto et les Pierres d'Eternité, et voici les titres des trois actes :
  • Les Chevaliers de la Quête
  • L'Avènement des Spectres
  • La Pierre de Flamboyance

Et pour finir, voici un premier résumé juste pour vous mettre en bouche :
Après avoir passé avec succès ses examens de jounin, Shikamaru parveint à être nommé ambassadeur au village de Suna pour rester auprès de sa chère Témari. Tout se passe bien là-bas jusqu'à ce qu'un groupe de patrouille posté à la frontière du pays du Vent ne soit attaquée par des ennemis inconnus et que Gaara, connaissant les formidables capacités de réflexion du jeune Naara, ne lui demande d'assister l'enquête concernant ces mystérieux ennemis. Cette recherche dans le désert va rapidement devenir le commencement d'une aventure qui changera à jamais le monde de Naruto...

Date de sortie du premier chapitre : samedi 25 Juillet à midi !

Bonne attente d'ici là ^^.

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Samedi 23 mai 2009 6 23 /05 /Mai /2009 21:07

CHAPITRE SEIZE : QU'EST-CE QU'UN ENNEMI ?



2049 unités de temps du 87ème jour de la neuvième ère de la Reconquête, Marche du Silence/ secteur de refroidissement de l'installation 04, repère des humains.


      Dalkos Irnomee avait l'impression que l'humaine ne comprenait pas le sens de ses paroles, ou peut-être qu'elle ne comprenait pas la raison pour laquelle il les avait prononcées. Le légat de l'inquisition ne s'attendait pas à ce qu'elle lui réponde, ni même à ce qu'elle cesse les hostilités pour cette simple raison. Cependant, le simple fait qu'elle ait ordonné à ses semblables de cesser le feu était une preuve supplémentaire qu'elle avait été touchée par la grâce des forerunners, et qu'elle en avait pleinement conscience. Dalkos savait que les humains, et particulièrement ces démons dont il avait tant entendu parlé, cherchaient toujours à connaître leurs ennemis pour mieux les combattre. Ils n'avaient pas eu besoin d'observer longtemps les sangheilis pour comprendre que ces derniers ne tendaient jamais de pièges et préféraient nettement l'honneur d'un combat durement remporté dans les règles de l'art. C'était la carte sur laquelle il jouait pour tenter de parlementer avec elle. Je dois savoir. Je dois savoir comment cette humaine a pu devenir l'être choisi par l'un des deux Régulateurs sacrés. Je dois savoir si l'ennemi qui nous a été désigné par les prophètes est oui ou non sous la bienveillance des dieux.

      Mais la spartan ne répondait toujours pas, tenant fermement l'épée d'énergie qu'elle avait récupérée comme si cette arme avait le pouvoir de la protéger de tout. Elle était troublée, peut-être même effrayée par cet étrange tournant de situation. Dalkos décida alors de se désarmer. Jetant sa précieuse lame de plasma ornementée dans le vide que surplombait le pont forerunner, il avança à pas lent vers ce que jusque là il avait toujours considéré comme une ennemie. Il se rappela soudain certaines archives vidéos des premiers contacts avec les humains et imita le signe que ces derniers faisaient quant ils croyaient encore que l'Alliance faisait des prisonniers : lentement, il leva les deux mains en l'air, doigts tendus et écartés.

      Ce geste sembla déconcerter la spartan qui relâcha quelque peu sa prise sur la poignée de son arme. Mais alors que Dalkos croyait avoir fait un premier pas vers la compréhension, il entendit le son caractéristique d'une épée que l'on dégaine. Il se retourna juste à temps pour voir l'un des guerriers qui l'accompagnaient lever sa lame sur lui, et n'évita le coup que par pur réflexe.

            -  Qu'est-ce que c'est que cette traîtrise ! hurla-t-il aussitôt.

            -  Vous êtes une gêne pour le commandant Urda et pour le salut de la race sangheili toute entière, répondit le soldat d'élite. Votre sacrifice est nécessaire. Acceptez-le !

      Mais alors que ce traître s'apprêtait à frapper, une épée à plasma transperça son crâne et il s'effondra comme une marionnette désarticulée sur la surface du pont. Dalkos se tourna alors vers la spartan, et s'aperçu qu'elle avait jeté cette arme pour le sauver. Qu'est-ce qui m'arrive ? Pourquoi est-ce que mes ennemis me sauvent de mes alliers ? Pourquoi me sauvent-ils de mes semblables ? Quelle terrible évènement a bien put ébranler ainsi la fraternité de notre race ?

      Ces questions revenaient en boucles infinies dans l'esprit du sangheili qui ne savait plus quoi penser. Il n'entendit même pas venir l'attaque suivante dans son dos, provenant d'un autre membre de l'escorte que lui avait constituée le commandant Urda. Par contre, il vit très nettement les trois traînées de balles traçantes projetées des canons des armes humaines, et entendit faiblement les râles d'agonies qui suivirent derrière lui, alors que ceux qui devaient le protéger se retournaient contre lui. Une telle tragédie l'avait complètement paralysé.

      Urda... ainsi, il compte agir seul, sans l'aide des prophètes, pour initier le Grand Voyage. Il compte trahir l'Alliance pour le bien de la race sangheili. En tant que légat de la très sainte Inquisition, je représente son plus grand obstacle. Un obstacle encore plus important que ces humains, et il se doit donc de m'éliminer.

       ... Si tout cela est réellement pour le bien de mes semblables, alors peut-être que je devrai le laisser faire...  

            -  Vous n'avez rien ? demanda la spartan en posant sa main sur l'épaule de Dalkos.

       Le sangheili sursauta en réalisant sa soudaine présence juste devant lui. Son questionnement l'avait éloigné de la réalité et il n'avait pas fait attention aux mouvements de l'humaine. L'aura qui l'entourait était resplendissante, magnifique, un véritable reflet du paradis des forerunners à peine diminué par la rudesse et l'horrible armure à bords rectangulaires qu'elle portait. 

        Au-dessus d'eux, sur le niveau supérieur, la bataille continuait de plus belle avec une violence apparemment redoublée. Le reste de l'armée était en train d'en finir avec les autres humains. Une tâche qui ne devrait plus leur prendre beaucoup de temps, désormais.

            -  De quoi parliez-vous tout-à l'heure ? continua la spartan sans se soucier de l'affrontement. Pourquoi étiez-vous aussi surpris ?

            -  Je... je ne parviens tout simplement pas à comprendre comment vous pouvez aussi librement utiliser la sainte technologie des forerunners alors que nous cherchons à le faire depuis des décennies sans aucun succès. Mais ce questionnement a-t-il encore la moindre valeur ?

            -   Il en a pour moi, répondit-elle sèchement. Cela fait trente-trois ans que vous cherchez à nous anéantire, et subitement vous vous mettez à hésiter et à vouloir parlementer ? Pourquoi ?! Je dois savoir ce qui vous est passé par la tête à ce moment-là, et tout de suite !

       Dalkos trouvait assez ironique le fait d'être menacé par un humain. Mais était-ce réellement une menace ? Ce questionnement et l'émotions qu'il en ressentit fut une sorte de répit dans la tristesse de ses pensées, et il songea que cela méritait bien qu'il réponde, ne serait-ce que pour prolonger cet apaisement :

            -   Les forerunners nous ont laissé tant de choses derrière eux, mais pas le moindre indice sur la façon de les utiliser. Même si nous sommes parvenus à en reproduire faiblement la technologie, leurs mystères nous restent à jamais inaccessibles. J'ai passé ma vie à œuvrer pour la récupération et l'étude de tels artéfacts, mais jamais je n'avais imaginé que vous puissiez manipuler des reliques aussi sacrées que les Régulateurs. C'est pourquoi lorsque je vous ai aperçu, j'ai compris que nous faisions erreurs : vous n'êtes pas des gardiens essayant de nous interdire l'accès aux œuvres des forerunners, mais simplement une sorte de successeurs à qui ils ont tout légué, avant de partir pour le Grand Voyage. Pendant tout ce temps, vous n'avez fait que vous défendre justement. C'est nous qui étions dans l'erreur, et je pensais pouvoir corriger cela. Mais maintenant, tout ceci n'a plus aucune importance.

            -  Pourquoi ?

            -  Mes semblables vont activer les anneaux sacrés et faire entrer la race des sangheilis dans le Grand Voyage pour aller rejoindre les forerunners. Ils ont jugé que j'étais un obstacle pour eux et ont cherché à me supprimer, une chose que vous n'auriez peut-être pas dû empêcher.

            -  Vous vous trompez là-dessus également, répliqua la spartan. Vos copains ont bien l'intention d'utiliser Halo, mais uniquement pour tuer toutes les autres civilisations de la galaxie.

            -  Quoi ? s'écria Dalkos avec une énergie nouvelle. Vous en êtes sûr ?

            -  J'ai quelqu'un ici qui saura vous convaincre de cela. Anomaly ?

      Soudain, un léger bruit se fit entendre au loin, et quelques instants plus tard, un oracle des forerunners apparut derrière les spartans.


 



      Fred n'arrivait pas à se concentrer sur la bataille. Malgré les rappels réguliers de Linda pour le ramener à la dure réalité, il ne pouvait s'empêcher de penser à ce qu'il avait fait. Sans le vouloir, il avait donné l'Index aux covenants, et avec cela l'activation finale de Halo qui scellerait bientôt leur destin à tous. La culpabilité ne cessait de l'envahir dans chacune de ces cellules, ralentissant ses pensées et figeant ses muscles un à un. Sa combativité naturelle semblait l'avoir quitté, et ses troupes ne le ressentaient que trop bien.

       Face à eux, les covenants avaient repris l'attaque avec plus d'ardeur que jamais, se jetant littéralement sur leurs défenses dans le dévouement le plus totale pour leur cause insensée. Aucune puissance de feu ne semblait capable de les retenir. Au loin, de l'autre côté du pont, d'autres navettes arrivaient continuellement pour remplacer les morts par d'autres guerriers vétérans avides de sang. Le destin des spartans semblait définitivement scellé.

      Mais soudain, Fred s'aperçu que les tirs diminuaient en intensité, d'un côté comme de l'autre du champ de bataille, et que l'ennemi avait cessé d'avancer. Alors qu'il regardait derrière lui pour essayer de comprendre pourquoi la combativité de ses troupes faiblissait, il fut estomaqué de voir Kelly approcher de lui avec un élite à ses côtés. L'extraterrestre portait une étrange armure violette que Fred n'avait encore jamais vu, dont les plaques de protection étaient couvertes de symboles et d'ornementations dorées qui attestaient d'une fonction particulièrement élevée.

            -  A toutes les forces de l'Alliance ! hurla le sangheili avec une voix imprégnée d'une autorité colossale. En vertu des pouvoirs qui me sont conférés par la Sainte Inquisition, je vous ordonne de cesser le combat immédiatement !


 



     Il ne fallut que quelques instants pour que tout signe d'agressivité de la part des covenants disparaisse. Le légat Dalkos était impressionnant, et le fait qu'il se tienne ainsi aux côtés des humains, l'oracle de cette installation flottant au-dessus de lui, avait de quoi paralyser tous les combattants de l'Alliance présents sous le coup de la surprise. Cet effet dura assez longtemps pour qu'il puisse dénoncer la traîtrise dont il avait été informé :

            -  Mes frères ! Le commandant Urda a trahit les principes de notre race ! Il compte anéantir nos ennemis en se servant de la puissance des anneaux sacrés dont la véritable nature nous a été dissimulée. Il a menti aux prophètes et même à ses propres frères dans ce but, cherchant à devenir le seul maître de cette galaxie. Et bien qu'il fasse cela pour le bien de notre race toute entière, ce moyen est ne peut être toléré !

            «   Nous sommes un peuple fier et guerrier qui ne craint aucun ennemi, quel que soit sa force ou son nombre. Si nous devons anéantir une civilisation, nous l'affronteront avec les seuls moyens que nous connaissons : nos vaisseaux, nos fusils, et nos épées. Tout autre moyen ferait honte à nos ancêtres et maudirait nos descendants pour avoir ainsi dévié de notre code d'honneur.

            «    C'est pourquoi nous devons cesser ce combat pour le moment, et remettre nos anciennes querelles à plus tard. Ce qui est le plus important maintenant, c'est que nous arrêtions le commandant Urda afin qu'il soit jugé pour ses crimes abominables. Qui est le plus haut gradé ici ?

       Un sangheili portant l'armure blanche des troupes d'élite s'avança alors vers Dalkos. Ses épaulières portaient la marque honorifique des officiers de terrain. Il avait la prestance et la force des véritables meneurs d'hommes, et Dalkos pouvait voir en lui une dévotion entière au code d'honneur des sangheilis. C'était un guerrier sur lequel il pouvait compter.

            -  Je suis le capitaine Lifumee, annonça-t-il. C'est moi qui suit en charge de cette attaque jusqu'à présent.

            -   Capitaine, j'ai besoin que l'on m'établisse une liaison radio avec mon vaisseau immédiatement. Je dois rejoindre la flotte et en prendre le commandement avant qu'il ne soit trop tard.

            -   Je m'en occupe, fit l'officier en transmettant l'ordre d'un simple geste à l'un de ses guerriers. Mais seigneur, pourquoi arrêter ce combat ? Ces démons sont enfin à notre merci. Nous devons venger les frères qu'ils ont tué.

            -   Peut-être, mais ce sont eux qui m'ont averti de la trahison du commandant Urda. Ils m'ont également sauvé d'une tentative d'assassinat préparée par ses sbires. J'ai donc une double dette d'honneur avec eux. Nous ne reprendrons donc cette bataille qu'une fois le traître châtié.

            -  Très bien, seigneur.

      Mais c'est alors que le soldat chargé de la communication fit quelques pas en direction des deux officiers et annonça d'une voix embarrassée :

            -  Seigneur... apparemment, le Warrior of Faith est passé sous le contrôle du commandant Urda et... tous les officiers en charge du vaisseau ont été tués.

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Dimanche 3 mai 2009 7 03 /05 /Mai /2009 00:52

CHAPITRE HUIT : RETROUVAILLES RETARDEES



0419 unités de temps du 6 novembre 2552 (calendrier militaire) / frégate de combat du CSNU Forward Unto Dawn, en orbite au-dessus d'une structure forerunner inconnue, localisation inconnue.


      Sam était intrigué. D'abord, les sangheilis étaient devenus brusquement les alliés du CSNU, ensuite les covenants encore ennemis découvraient la localisation de la Terre et y déterraient une structure extraterrestre qui avait activé une sorte de portail. Et pour finir, la Terre était sous la menace d'une attaque imminente d'une flotte de vaisseaux parasités par une forme de vie extrêmement agressive, ce qui expliquait pourquoi seul le Forward Unto Dawn avait été envoyé à travers le portail avec les forces sangheilis. Bordel ! jura-t-il intérieurement, ça fait beaucoup d'infos à digérer en si peu de temps. D'un autre côté, j'ai fait un saut de vingt-sept ans dans le temps, donc pas mal de choses ont dû se passer depuis... (ndla : lire Le Premier Démon pour plus de détails)

        Le jeune spartan avait besoin de se remettre les idées en place, et surtout de tirer sur quelque chose de vivant. Malgré le fait qu'il ait mis la main sur l'une des toutes nouvelles armures MJOLNIR Mark-VI, il ne se sentait pas vraiment bien, principalement parce qu'il se trouvait à bord d'une frégate elle-même prisonnière d'une gigantesque bataille spatiale au-dessus de cette foutue structure géante. Ceux qui ont créé ça n'avaient vraiment aucun goût, pensa-t-il alors qu'il voyait l'une des sept branches de l'Arche passer devant la baie vitrée du pont de commandement. Pas étonnant qu'ils aient disparu...

        C'est alors que la frégate vira à tribord et que Sam put voir, de l'autre côté du solide barrage formé par les croiseurs jiralhanaes, le vaisseau forerunner où se trouvaient ses camarades. En cet instant, il aurait voulu être avec eux au cœur de l'action, là où tout se jouait et que tout se décidait sur la simple trajectoire d'une balle.

            -  Commandant ! dit-il subitement en s'approchant de Miranda Keyes. Demande permission de débarquer à la surface de ce truc, commandant !

            -    Accordé, spartan. Le commandeur Irul prépare une attaque au sol et je compte bien nous y faire participer. Rejoignez une navette de transport et attendez les ordres.

            -   Bien compris.

            -   Johnson ! Vous l'accompagnez.

            -    Pas la peine de me le dire deux fois.

     Je ne sais pas qui est ce type, se dit Sam en jetant un regard au sergent, mais je crois qu'on va bien s'entendre. C'est exactement mon genre de salopard...




     Irul comprenait parfaitement que cette bataille allait principalement se jouer au niveau du sol, et il avait l'intention de mener ce côté-ci de la partie. Contester le contrôle aérien et spatial de la zone aux jiralhanaes n'était qu'une diversion pour leur donner une chance de frapper le prophète de la Vérité là où ça ferait mal et l'empêcher d'activer les anneaux. Mais dès que celui-ci se rendrait compte de cette stratégie, les choses risqueraient d'empirer très rapidement, c'est pourquoi les troupes sangheilis devaient avancer le plus vite possible vers leurs objectifs. L'aide des humains était certes bienvenue, mais Irul comptait surtout sur ses propres guerriers et sur les combattantes d'Elda, le seul soutient allié important étant peut-être le dernier spartan arrivé dans leurs rangs.

      Accompagné de sa partenaire et de son père Urda Fulsam, Irul posa le pied sur l'Arche Forerunner au niveau d'une région richement boisée, principalement couverte de conifères aux dimensions surprenantes. Les plaines alentours étaient recouvertes d'un tapis d'herbe grasse, sans aucune mauvaise herbe ou buissons parasitaire, et Irul reconnaissait bien là l'excès de perfection dont faisaient preuve toutes les créations artificielles des forerunners. Des dizaines de navettes de transport Phantom étaient en train de faire débarquer leurs escouades de guerriers sangheilis qui établirent aussitôt un périmètre de sécurité, mais le commandant suprême n'avait pas l'intention de créer une position défensive, car cela ne ferait que les ralentir. Des groupes de séraphines partirent en éclaireurs pour repérer d'éventuelles forces ennemies afin de faciliter les mouvements du gros de l'armée, tandis que les navettes repartaient vers leurs vaisseaux d'attache pour aller chercher d'autres troupes.

        Aux côtés d'Irul, Urda avait revêtu une armure dorée semblable à celle qu'il portait alors qu'il était encore commandant suprême des armées de l'Alliance. Les armuriers de la flotte avaient eut le temps d'y apporter des ornementations digne du grand guerrier et meneur de troupes qu'il était, des gravures courrant sur ses épaulières et sur son plastron, ainsi que sur les côtés de son casque de combat. Irul était heureux de retrouver son mentor et ami tel qu'il l'avait connu, car cela signifiait que les humiliations qui lui avait infligé les prophètes étaient derrière lui, à présent.

        Au loin derrière les collines verdoyantes de cette partie de l'Arche se trouvait le grand mur de confinement qui isolait la partie centrale de l'Arche. Ce qui se trouvait de l'autre côté de ce mur était un mystère total pour les forces humano-sangheilis, car un puissant bouclier énergétique englobait entièrement cette zone, empêchant tout passage de vaisseau et brouillant tout type de signaux. Seul le vaisseau forerunner de Vérité avait réussi à le traverser sans dommage, ce qui lui donnait une longueur d'avance dans l'élaboration de son plan d'annihilation. Irul comptait prendre d'assaut le mur de confinement et désactiver le champ de protection pour atteindre le prophète, mais pour cela il devait d'abord en connaître les plans pour éviter de se perdre dans cette immense structure. C'est pour cela que les humains avait été chargés d'effectuer un assaut sur ce que le moniteur Guilty Spark avait put identifier comme étant une salle des cartes. Ils devaient trouver les plans complets de l'Arche et les ramener aux forces sangheilis avant que celles-ci n'aient atteint le mur, sinon ces derniers risquaient de perdre leur avantage en laissant l'ennemi réorganiser ses défenses. Tout était une question de timing, et Irul comptait principalement sur le spartan pour cela.

         Si l'équipe à l'intérieur du vaisseau forerunner échouait, ils allaient devoir tous passer de force.

 



            -  Objectif en vue ! annonça Johnson. Arrivée estimée dans quatre-vingt dix minutes !

      Les onze pélicans de l'équipe Bêta ayant quitté les baies du Forward Unto Dawn avaient été forcés d'effectuer un large détour pour éviter la flotte jiralhanae, avant de se diriger vers leur objectif en se maintenant à basse altitude. Durant leur trajet, ils avaient contemplé des paysages aussi divers que merveilleux : des chaînes de montagnes enneigées aux vallées comblées par d'énormes glaciers argentés, des forêts d'une perfection remarquables et des lacs grands comme des pays au milieu desquels s'élevaient de magnifiques structures forerunners semblables à des temples. L'objectif du groupe Bêta, lui, se trouvait à l'extrémité d'un grand désert de sable et faisait face à une cascade de plusieurs kilomètres de large dont les chutes semblaient infinies. L'équipe humaine devait investire un grand bâtiment forerunner susceptible de renfermer des cartes de l'Arche qui aiderait grandement l'avancée des troupes sangheilis.

      A l'arrière du Pélican de Johnson, le spartan Sam-034 vérifiait son équipement et s'adaptait aux fonctionnalités de sa nouvelle armure. Il n'avait jamais combattu les jiralhanaes auparavant, mais il comptait bien rattraper le temps perdu et apprendre rapidement comment tuer efficacement ces brutes. Il s'était armé d'un fusil à pompe M90 ainsi que de deux pistolets-mitrailleurs M7, une combinaison qu'il trouvait très adaptée à son style puissant, rapide et surtout violent. Lorsque je retrouverai enfin mes frères spartans, se dit-il, j'aurai massacré assez de ces salopards pour qu'il me reconnaissent à la seule teinte de mon armure. Je ne ferai pas affront à notre réputation. Après tout, je suis le Premier Démon...

            -  Trente secondes avant arrivée ! annonça Johnson. Aucune force ennemie en vue ! Ca à l'air d'être pénard... comme prévu.

      Le commandeur des forces sangheilis avait anticipé le fait que les jiralhanaes ne chercheraient pas à occuper cette position, pour la simple et bonne raison que les cartes de l'installation ne leur servaient à rien : le prophète savait déjà parfaitement ce qu'il devait faire et où le faire. Tout le reste était inutile. Cependant, Irul Sulam prévoyait une attaque ennemie dès que leur plans seraient découverts, et c'est pourquoi les humains devaient agir vite et bien. A cette fin, il étaient accompagnés de Guilty Spark qui pourrait éventuellement les aider à se repérer. C'était la seule partie du plan qui ne pouvait pas être assurée...

            -  On est arrivés ! fit Johnson en ouvrant la rampe arrière du Pélican. Allez, marines ! Go, go, go !

      Les navettes de transports avaient atterrie directement sur la plus haute plate-forme de la salle des cartes. Johnson et la première moitié des soldats qui en descendirent se dispersèrent pour établir une défense, aidé des quelques véhicules et matériels lourds transportés par les Pélicans, tandis que l'autre moitié menée par Sam et Guilty Spark pénétrèrent dans la structure par le plus proche point d'entré. Le spartan n'avait pas beaucoup d'expérience de l'architecture forerunner, et restait en admiration devant tant de grandeur et de magnificence, bien qu'il avait du mal à en concevoir l'utilité.

            -    Parfait, fredonna Guilty Spark plein d'entrain. Veuillez me suivre, dépositaires.

            -    Tu sais où l'on doit aller ? demanda Sam en épaulant son fusil.

            -   Plus ou moins. Mes créateurs avaient pour habitude de construire chaque type de structure à peu près de la même façon à chaque fois. Ce bâtiment est certes beaucoup plus grand que le Cartographe Silencieux de ma propre installation, mais il comporte des similarités architecturales flagrantes. Je peux donc estimer la position de la salle des cartes avec une précision acceptable, selon vos critères.

            -   Alors passe devant et magne-toi un peu, qu'on en finisse rapidement.

     Le moniteur ne força pas l'allure pour autant, et parut même traîner un peu, s'arrêtant parfois pour observer avec curiosité certains éléments de l'installation. Ce n'est qu'après avoir prit un coup de crosse rageur de Sam qu'il prit sa tâche au sérieux et avança droit vers ce qu'il pensait être la salle des cartes. Le spartan espéra seulement qu'il ne se trompait pas.
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SOMMAIRE
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Dimanche 19 avril 2009 7 19 /04 /Avr /2009 22:55

CHAPITRE QUINZE : LE PRIX DE L'ILLUMINATION



2027 heures, 18 septembre 2552 (calendrier militaire) / base secrète humain de l'installation 03, section de refroidissement de l'installation 03.

      Le canyon gelé dans lequel s'étaient retranchés les spartans était beaucoup trop étroit pour y faire débarquer de l'armement lourds tels que des chars ou des batteries d'artillerie, et c'est pourquoi les covenants allaient sans doute y envoyer leur infanterie en masse. Des transporteurs Phantoms arriveraient bientôt par dizaines pour déposer leurs chargements de troupes sur l'unique pont menant à la base des humains. C'était un pont large, construit sur deux niveaux dans l'architecture élégante et froide des forerunners, dont les nombreuses irrégularités de surface empêcheraient l'usage de tout véhicule, mais offriraient autant de protections pour les soldats qui s'y trouveraient.

      Malheureusement, les spartans ne disposaient d'aucun armement anti-aérien lourd leur permettant d'abattre efficacement les transporteurs de troupes. Dans un engagement standard, Fred aurait tout simplement fait sauter le pont afin de priver l'ennemi d'une zone de débarquement, mais le métal hyper-dense des forerunners était bien trop résistant pour leurs explosifs. Cela aurait été comme jeter des œufs contre un mur de béton. La seule option qui leur restait était d'affronter les innombrables vagues de guerriers qui seraient envoyées contre eux, et cela signifierait sans doute leurs morts à tous.

       Ce combat allait être rude, extrêmement rude. Et c'est pourquoi Fred sentait que ses frères et sœurs avaient besoin d'être encouragés s'il voulait les voir garder toute leur efficacité. Il se plaça donc sur le haut de la rampe qui menait vers la partie haute du pont et se tourna vers ses amis pour déclarer :

            - OK, spartans ! On y est. Il n'y a plus d'échappatoire. L'ennemi  sera là d'une minute à l'autre avec suffisamment de forces pour nous anéantir et il ne s'arrêtera pas avant de nous avoir tous vaincu jusqu'au dernier. Mais même si cela doit être notre dernière bataille, nous ne disparaîtrons pas aussi facilement ! Nous sommes des spartans, les meilleurs soldats de cette galaxie ! Aucun ennemi ne peut espérer nous vaincre sans en payer le prix ! Et le prix pour nous vaincre aujourd'hui sera colossal !

       Alors qu'il prononçait ces mots, Fred voyait ses compagnons passer de l'hésitation à la détermination, relevant haut la tête et serrant plus fort les armes dans leurs mains.

            -  Je veux que vous inondiez ce pont avec le sang de nos adversaires ! continua-t-il. Je veux que chacun d'entre vous abatte une armée entière de ces salopards qui veulent exterminer l'Humanité ! Que leurs cadavres forment une montagne sanglante qu'ils pourront voir depuis l'orbite dans leurs puissants vaisseaux, afin que la peur de nous affronter les possède tous !

       Même à travers leurs visières réfléchissantes, Fred pouvait ressentir la fureur brûler en chacun de ses compagnons. Il avait réussi à leur remonter le moral, mais ce n'était pas encore suffisant. Jusque là, ils avaient seulement l'impression de défendre un artéfact extraterrestre bizarre qui, pour une raison ou un autre, était la clé du destin de l'Humanité. Mais Fred avait une dernière chose à leur dire, une raison de se battre qui dépasserait tous les devoirs qu'ils avaient envers le CSNU et leur donnerait la force d'affronter toutes les armées de l'univers :

            -  Et même si nous disparaissons tous aujourd'hui, il restera toujours un spartan protéger la Terre et ses colonies. Car nous venons d'apprendre que John est en vie ! En se moment même, il se bat contre les covenants sur un autre anneau-monde comme celui-ci ! Faisons-lui honneur ! Que cette bataille montre à tous nos ennemis combien il est suicidaire de vouloir affronter un spartan, et qu'elle leur donne un avant-goût de l'enfer que John déchaînera sur eux ! Ils nous appellent Démons, hein ? Et bien donnons-leur une bonne raison pour cela !

       Tous les spartans approuvèrent en hochant la tête énergiquement. Plusieurs d'entre eux levèrent même le poing comme pour défier les ennemis qui étaient sur le point d'arriver. C'est alors que les premières navettes de transport surgirent des nuages et se rapprochèrent à grande vitesse. Il y en avait tellement que le ciel sembla s'assombrir. Alors que Fred observait ces appareils, il voyait déjà les cadavres en sursis qu'ils apportaient et sentait l'adrénaline du combat monter en lui. Juste avant que les Phantoms soient à portée de tir, il se tourna une dernière fois vers ses compagnons et leva le poing en criant :

-  Pour John !

            -  POUR JOHN !!! hurlèrent tous les spartans.

       Lorsque les premiers soldats covenants débarquèrent sur le pont, ils furent prit dans une tornade de tirs qui mit en charpie la plupart d'entre eux avant même d'atterrir sur la structure forerunner. Les rares survivants de ce massacre se rassemblèrent derrière les protections qu'offrait son architecture, terrorisés par l'idée de devoir avancer vers les humains. Peu à peu, les troupes covenants ayant prit pied sur la zone commencèrent à devenir suffisamment importantes pour un assaut, et plusieurs escouades de sangheilis atterrirent au milieu de ces troupes pour en prendre le commandement. Sous les ordres de ces puissants guerriers, l'attaque commença.

        Le flot de grognards n'était pas réellement un problème pour le moment, mais constituait déjà une perte non négligeable de munitions. Fred avait conscience que c'étaient leurs ressources en armement et la façon dont ils les utiliseraient qui détermineraient la durée de cette bataille. Même si chaque balle de leur modeste arsenal touchait sa cible, il resterait toujours assez d'ennemis pour les submerger. Mais il comptait bien récupérer les armes de l'ennemi pour pallier à ce problème, lorsque celui-ci se présenterai toutefois, et s'il avait l'occasion de se présenter. Son premier soucis en cet instant était de montrer aux covenants que ses spartans et lui ne plaisantaient pas.

         Des rafales de plomb et de plasma se croisèrent en masse sur le pont, et les cadavres commencèrent déjà à s'accumuler. Aux côtés de Fred, Franck et la Raven Squad tenaient en respect une marrée de grognards avec leurs armes automatiques, couvrant le sol du pont avec leur sang gélatineux. Depuis l'arrière des lignes, Linda et son équipe de snipers ciblaient les guerriers sangheilis alors même qu'ils descendaient le long des ascenseurs gravitationnels des navettes Phantoms, privant la plupart des troupes de base de leurs officiers. Joshua et Kelly, eux, étaient chargés de protéger le niveau inférieur du pont où l'ennemi commençait déjà à se déployer.

          L'un des SIS de la Raven Squad lâcha une roquette sur un Phantom en approche, anticipant sa vitesse et sa trajectoire pour toucher son réacteur gauche. Celui-ci cessa aussitôt de fonctionner, laissant la navette chuter vers les tréfonds du canyon pour aller y exploser. Cette action força les autres appareils de transports à déposer leurs troupes suffisamment loin de l'autre côté du pont, craignant une autre catastrophe de ce genre, mais cela n'empêcha pas les tireurs d'élite spartans de continuer l'élimination systématique des commandants ennemis. C'est lorsque les grognards commencèrent à jeter des grenades à plasma que les choses s'envenimèrent, car plusieurs spartans et SIS furent forcer de quitter leurs positions pour éviter d'être blessés. Ils faisaient de leur mieux pour reprendre immédiatement leur place sur la ligne de défense, mais cela donnait aux covenants quelques brefs instants d'accalmie pour attaquer de plus belle.

         Fred comprit cependant que les choses pouvaient devenir encore pire lorsque quatre couples de chasseurs furent débarqués au loin. Levant bien haut leurs énormes boucliers et dissimulant avec attention chaque point faible de leurs armures, ces mastodontes avancèrent lentement en délivrant des tirs dévastateurs avec leurs canons d'assaut. L'un des projectiles percuta le sol non loin de Fred, mais tandis que son bouclier énergétique encaissa l'essentiel des dégâts, un SIS vit sa jambe se volatiliser et un autre fut grièvement blessé à la cuisse. Des cris commencèrent à envahir les fréquences radios, diminuant la volonté des autres spartans.

        Fred ne pouvait se permettre de perdre des hommes de cette façon. Chaque blessé et chaque mort parmi ses troupes devait être durement ressentit chez l'ennemi, et c'est pourquoi il saisit le détonateur qu'il portait à la ceinture et l'activa. L'instant suivant, le pont tout entier fut envahi par les flammes de dizaines d'explosions provenant des charges que ses spartans avait soigneusement dissimulé. Ils y avaient même ajouté des mines antichar LOTUS auxquels ils avaient retiré les dispositifs de détection pour augmenter le pouvoir de destruction du dispositif. Des corps plus ou moins entiers ou reconnaissables furent projetés dans les airs tandis que de nombreux autres furent calcinés sur place, réduits à l'état de cendres et de métal fondu. Pendant un instant, les humains purent respirer un peu en profitant du spectacle.

        Mais soudain, Fred comprit qu'il avait fait une grosse erreur : dans les cieux, les Phantoms actuellement en approche changèrent de trajectoire et s'éloignèrent. Ils laissèrent ainsi la place à d'autres appareils apparemment identiques, mais dont les nombreuses décorations et les couleurs vives montraient clairement que leurs occupants n'étaient pas de la simple troupaille. C'est ce qu'ils attendaient, pensa-t-il. Ils savaient que nous avions piégé le pont avec nos explosifs et c'est pourquoi ils ne nous ont envoyé que des simples soldats jusque là. Maintenant que cette menace est écartée, ils vont se déchaîner sur nous avec leurs meilleurs troupes...

            -   OK les gars ! déclara-t-il dans la radio. Ils ont pigé qu'on ne plaisantaient pas chez les spartans et maintenant ils nous envoient de meilleurs cibles ! Ne baissez pas les bras ! Si on parvient à tenir face à ces gars-là, on a peut-être une chance de s'en tirer ! Alors donnez-leur tout ce que vous avez !

        Ayant retenu la leçon donnée par les snipers humains, quelques navettes Phantom standards se placèrent en écran entre les spartans et les troupes d'élite, qui purent alors prendre pied sur le pont en toute sécurité. Il y avait là tout ce que l'Alliance avait de mieux à offrir : des couples de chasseurs tous aussi effrayants les uns que les autres, bien entendu, mais surtout des sangheilis d'élite aux armures d'un blanc éclatant. Et alors que, même dans un engagement à grande échelle comme un assaut planétaire, les forces du CSNU pouvaient rencontrer au grand maximum une dizaine de ces terrifiants guerriers, il y en avait pourtant là une bonne cinquantaine. Quitte à choisir, je préfèrerais cent fois mieux un millions de grognards enragés plutôt que ça.

        Mais Fred n'avait pas le choix. Ces adversaires étaient là pour une raison, et il devait l'accepter. Mieux que cela, il devait l'affronter avec tout ce qu'il avait, lui et tous ses semblables. Les spartans se remirent aussitôt à tirer, mais leurs ennemis n'étaient pas de simples et stupides soldats comme les précédents : dès que leurs boucliers faiblissaient trop, ils se mettaient à couvert et attendait leur rechargement pour continuer. Linda et ses coéquipiers durent synchroniser leurs tirs pour pouvoir abattre quelques-uns des sangheilis, tirant quatre balles en même temps pour être sûrs de tuer instantanément leur cible. Ce travail n'était toutefois pas suffisant, et trop d'ennemis arrivèrent devant les lignes des spartans pour que le combat soit équilibré.

        Les quelques chasseurs qui essayèrent de former un mur de défense pour les sangheilis furent neutraliser avec les dernières roquettes qui restaient, forçant les autres à rester en arrière pour se contenter d'apporter un tir de soutient. Les guerriers en armure blanche, quant à eux, progressaient de couvert en couvert d'une manière experte tout en délivrant des salves précises, dont certaines arrachèrent la vie à plusieurs SIS. Le carnage commençait. Déjà, un grand nombre des extraterrestre activèrent leurs épées à plasma et se préparèrent pour un corps à corps sanglant.

 

 


 

        Au niveau inférieur, cependant, les sangheilis se frottaient à une opposition bien plus forte. En effet, Kelly avait décidé de les laisser approcher afin d'utiliser son atout le plus important : sa vitesse surréelle. Armée de son fusil à pompe, elle accueillit ses premiers adversaires avec quelques décharges bien placées tout en esquivant leurs coups, puis ramassa une épée d'énergie pour passer aux choses sérieuses. L'habilité et la rapidité dont elle faisait preuve avec une telle arme lui permit d'engager quatre sangheilis en même temps avant de les démembrer ou de les trancher en deux un par un. La vision d'un tel massacre stoppa les autres guerriers dans leur élan, ce qui permit à Kelly de se remettre à couvert pendant que ses coéquipiers la couvraient en abattant deux cibles de plus. C'est alors qu'elle remarqua un sangheili portant une armure violette avec des ornementations dorées, un genre d'armure qu'elle n'avait jamais vu auparavant. A la manière dont ses semblables s'écartaient au fur et à mesure qu'il approchait, l'extraterrestre devait être un officier très important, mais ce qui inquiétait encore plus Kelly, c'était que tout à coup plus aucun sangheili de semblait vouloir combattre. D'un simple geste de la main, elle ordonna aux autres spartans présent à cet étage du pont de cesser le feu, ce qu'ils firent sans se poser de question. 

            -   Peut-être que l'âge commence à affecter mes sens, déclara le chef sangheili, mais je pense avoir encore de bons yeux. Cette aura... cette lumière éclatante qui vous entoure, Démon. Je la connais. Comment se fait-il que vous la possédez ?


 


 

        Pendant ce temps, sur le niveau supérieur du pont, les choses devenaient de pire en pire. La première ligne de défense avait déjà été obligée de se replier une fois, et Fred craignait qu'ils n'aient à reculer encore bientôt. Plus de quinze SIS et deux spartans avait été tués ou sérieusement blessés par les fusils à plasma et les canons d'assaut des chasseurs, ce qui n'était certainement pas la fin de la liste pour cette bataille. Bien sûr, ils avaient pu éliminer une bonne vingtaine d'ennemis, mais déjà d'autres transporteurs approchaient pour renforcer leurs effectifs. Fred ne parvenait plus à conserver le moral de ses troupes, ce qui était peut-être la chose la plus importante chez les spartans. Et alors que les sangheilis gagnaient peu à peu du terrain, repoussant leurs proies vers le fond de la caverne, le destin sembla se sceller une fois pour toute. C'est foutu... on ne parviendra jamais à tous les tuer. Il ne reste plus qu'une seule chose à faire...

        Fred se dirigea alors vers la dernière salle du complexe où était gardé l'Index. Saisissant vivement l'objet lumineux, il revint vers la zone de combat et le leva bien haut dans les airs pour que tous les sangheilis puissent le voir.

            -  Hé les faces de poulpe ! C'est ça que vous voulez !

        Immédiatement, l'assaut des covenants cessa comme si le temps avait été figé.

            -  Si vous ne souhaitez pas que je le détruise, vous avez intérêt à vous casser d'ici tout de suite !

        Les sangheilis hésitèrent, se regardant les uns les autres en se demandant ce qu'ils devaient faire, ou si cet humains était réellement capable d'accomplir un tel sacrilège. Mais la question ne se posa pas très longtemps, car soudain, Fred sentit une force invisible tirer l'Index hors de sa main avec une violence inouïe. La surprise l'empêcha de retenir l'artéfact qui s'envola vers les troupes ennemis, survolant les guerriers en armure pour atteindre un puissant sangheili en armure dorée. Dans sa main se trouvait les deux cristaux des Régulateurs qui attiraient l'Index comme des aimants. Et lorsque les trois artéfacts furent réunis, ils produisirent une intense lumière blanche qui aveugla tous les soldats présents. 

         La lumière disparut après quelques secondes. A la place des cristaux, le sangheilis en armure doré tenait désormais un unique objet qui était la fusion parfaite de des deux Régulateurs et de l'Index.

            -  Nous avons ce que nous voulions, déclara-t-il à ses troupes en s'éloignant. Finissez-en avec ces démons ! Et profitez-en pour nous débarrasser de ce gêneur de Dalkos. Il est temps pour lui de quitter la scène...

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