Nom : Comeau-Montasse
Prénom : Thibault
âge: 22 ans
job: étudiant (BTS Contrôle Industriel et Régulation Automatismes)
localisation: Tronville, Meurthe-et-Moselle, Lorraine, France, Planète Terre, réalité n°246820 de la simulation créatrice
passions: musique, jeux vidéos, warhammer, et bien sûr, écriture
CHAPITRE DEUX : TRAQUER LES IMPURS
Au même moment...
La grande salle d'audience du palais de l'Eclésiarchie possédait des dimensions tout simplement titanesques. La plupart des gens qui y étaient convoquées ou amenées de force se sentait incroyablement minuscule face à la puissance de l'Imperium et de la sainte Inquisition, qui était chargée de sauvegarder la foi des citoyens de l'Empereur. Des rangées de statues représentant les héros et saints d'autrefois étaient plaquées contre les murs, entourées par d'énormes colonnes de pierres ornées des symboles de l'Eclésiarchie. Sur le sol dallé de marbre, des fresques illustrant plusieurs glorieuses batailles datant de la Grande Croisade avaient été sculptées, et un grand nombre de reliques saintes étaient exposées derrière d'épaisses vitres blindées, protégées par des sceaux de pureté et plusieurs sœurs de batailles. Tout, en cette vaste salle, inspirait la puissance de la foi impériale.
Mais l'inquisiteur Asphar Volirius n'était en rien impressionnée par toute cette pompeuse mise en scène. Bien qu'il soit encore jeune et peu expérimenté, il avait vite appris à ne pas laisser son environnement l'influencer, qu'il s'agisse de l'intimidation de l'Inquisition ou de celle des hérétiques qu'il combattait. La seule chose qui le rendait nerveux était le fait d'avoir dû laissé ses armes dans le vestibule pour pouvoir rentrer, car il n'aimait pas se sentir désarmé, même en un tel lieu.
Asphar portait un uniforme en tissu bleu marine avec des plaques de protection blanches ornées de symboles dorées de l'Inquisition, le tout enveloppé dans une grande cape de cuir d'un brun sombre. A sa ceinture pendaient les nombreux attributs habituels d'un inquisiteur de l'Ordo Hereticus, et en particulier un gros livre rouge dans lequel il notait toutes les informations relatives à ses enquêtes. Ses cheveux noirs coupés mi-long étaient coiffés en avant, de nombreuses mèches tombant sur son large front, et sous lesquelles régnaient deux yeux vifs d'un bleu azure. Son jeune visage avait une blancheur presque fantomatique, typique des humains originaires des planètes glaciaires qui donnaient généralement une peau très pâle. Sa joue gauche étaient marquée d'une longue cicatrice, la seule qu'il ait jamais eut : elle partait en biais de sous la pommette jusque sous son oeil gauche, et se poursuivait ensuite vers le milieu de son front. Cette blessure avait été causée par la baïonnette d'un hérétique, a peine un an plus tôt. Il pensait souvent à ce pauvre fou, qui avait été manipulé par un psyker possédé pour se révolter contre l'Imperium qui veillait sur lui, comme tant d'autres. Si cet homme avait eut le bras un peu plus long d'un demi-centimètre, pensa Asphar, je serais borgne aujourd'hui.
Du fait de son jeune âge, Asphar était souvent décrié par ses semblables inquisiteurs comme quelqu'un n'étant pas totalement fiable et qu'il fallait surveiller constamment pour éviter les catastrophes. Presque tous les jeunes membres de l'Inquisition connaissaient ce problème, et très peu arrivaient à le surmonter. Asphar, lui, laissait les railleries être emportées par les vents du temps et de l'oublie, pour se concentrer sur sa tâche avec un sérieux sans limite. Tout au long de ses huit années de service sur Ouragos, dont sept comme acolyte auprès d'un autre inquisiteur, il avait appris à utiliser ce sérieux comme une arme contre ceux qui doutaient de ses compétences, en affichant à chaque instant sa volonté sans faille. Et c'est donc avec cette expression de détermination totale qu'il traversa la salle d'audience, pour arriver finalement devant le trône où siégeait le cardinal Tantius, le principal dirigeant de la planète sainte d'Ouragos.
Dans sa tenue d'apparat, l'homme de foi était assez impressionnant pour le commun des mortels, mais un œil bien attentif pouvait voir qu'il était d'une constitution assez faible, comparé à la silhouette musclée d'Asphar. Le grand âge du cardinal aurait déjà dû montrer des signes depuis plusieurs années déjà, mais bizarrement il n'en était rien, probablement grâce à des techniques de soin que lui seul pouvait se permettre. Devant lui, ses conseillers et plusieurs autres dirigeants importants d'Ouragos étaient assis devant une longue table de pierre blanche, où étaient étalés des rapports écrits venant des quatre coins de la planète, et qu'ils épluchaient méticuleusement. Asphar ne fit pas attention à eux, et concentra son attention sur le seigneur qui l'observait depuis son trône.
- Comme vous l'avez demandé, dit-il avec un respect mesuré, je me présente devant vous, votre Honneur.
- Votre zèle est une qualité que j'approuve pleinement, jeune inquisiteur. Et c'est pour cela que j'ai besoin de vous : j'ai une mission de la plus haute importance.
- Ordonnez et j'obéirai.
- Parfait. Voici les faits : vous n'êtes pas sans savoir que nos protocoles de sécurité ne sont toujours pas capables de filtrer tous les pèlerins et dévots débarquant sur notre monde. Nous avons toujours eut une certaine quantité d'infidèles qui ne cherchaient qu'à mettre à bas les fondements de notre foi, et nous avons toujours contenu ce phénomène. Mais depuis quelques temps, plusieurs rapport ont fait état d'une forte présence hérétique dans certains quartiers de notre ville sainte. Cette situation nécessite les talents d'un inquisiteur, et j'ai pensé que vous étiez l'élément idéal pour cette mission.
- Il s'agit donc d'une opération de recherche et destruction ? fit Asphar pour couper court.
- En effet. Usez de vos pouvoirs au mieux, pour la gloire de l'Imperium.
- Pour la gloire de l'Empereur, dit l'inquisiteur sans montrer qu'il corrigeait les paroles du cardinal.
Asphar n'avait jamais aimé les manières pompeuses du chef religieux d'Ouragos ou de ses conseillers, qui traduisaient clairement la situation aisée dans laquelle ils pantouflaient. A partir d'un certain rang de responsabilité, et donc de richesses, les hommes changeaient, quels qu'ils soient. Même le plus saint homme possédait en lui la graine de la décadence, qui germait lorsqu'elle était trop arrosée par l'argent, la vanité et l'orgueil. L'inquisiteur était l'unique descendant d'une famille noble, dont les ancêtres avaient dirigé la moitié du monde glacial d'Erudios, mais il avait refusé l'héritage de cette puissance afin de protéger la pureté de son âme. Il avait donc rejoint l'Inquisition dans le but de traquer ceux qui favorisaient la corruption dans l'Imperium, mais avait fini par retrouver les mêmes dirigeants prétentieux et hautains, uniquement soucieux du maintient de leur propre situation. Peu importe l'endroit, un homme est un homme, toujours avec les mêmes faiblesses.
Asphar savait très bien qu'il était tout à fait possible pour les autorités de filtrer parfaitement l'énorme flux de pèlerins venant sur ce monde, à condition d'y mobiliser les moyens nécessaires. Mais le cardinal Tantius avait besoin de maintenir une faible présence d'hérétique sur Ouragos, afin de mettre en œuvre des opérations de purification dont il envoyait ensuite les rapports aux plus hauts dirigeants de l'Eclésiarchie de Terra, dans l'espoir qu'ils le remarquent. Mais bien qu'il condamnait cette pratique, Asphar n'avait cependant pas l'intention d'attaquer le cardinal pour si peu. D'une manière ou d'une autre, nous finissons toujours par éliminer nos ennemis. Au moins, en les laissant prendre pied sur ce monde, nous leur donnons l'impression qu'ils peuvent nous duper, ce qui constitue alors leur faiblesse.
L'inquisiteur s'inclina respectueusement et se retourna vers la sortie. Alors qu'il marchait vers l'immense porte dorée, son regard fut attiré par les sœurs de bataille qui gardaient les reliques d'Ouragos. Ces guerrières étaient la première ligne de défense de ce monde, que ce soit contre le mutant, l'hérétique ou le xénos. Il y avait bien une garnison de gardes impériaux et une maigre flotte de protection standard, mais c'était surtout les combattantes de l'Adepta Sororita qui se chargeaient des affaires militaires de la planète. Elles appartenaient à l'Ordre du Cœur Lumineux, qui rassemblait plus de trois mille sœurs sur cette seule planète, toutes prêtes à donner leurs vies pour défendre l'Imperium. Asphar avait déjà ordonné leur assistance lors de sa dernière missions, et il avait été impressionné par la dévotion inégalée dont elles avait fait preuve. Si ce que le cardinal a dit est vrai, cette nouvelle tâche va sans doute nécessiter leur emploi une fois de plus.
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