Partager l'article ! Les Enfants de la Raison, chapitre 24: 24. Victime ou martyr ? &nbs ...

Nom : Comeau-Montasse
Prénom : Thibault
Âge: 24 ans
Job: technicien chez Assystem à Pierrelatte (en cours de formation)
Localisation: Montélimar, Drôme, Rhône-Alpes, France, Planète Terre, réalité n°246820 de la simulation créatrice
Passions: musique, jeux vidéos, warhammer, et bien sûr, écriture
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24. Victime ou martyr ?
Nous sommes le dimanche 26 février, et nous avons enterré Paul dans le cimetière de sa commune, sous un ciel gris peu accueillant, entouré de sa famille et d'un grand nombre d'Enfants de la Raison. Voici l'une des victimes de ces génocides légaux pour lesquels personne n'est puni, un corps de plus venu agrandir le domaine des cimetières militaires, augmentant par la même occasion la sinistre horreur que dégagent ses étendues de croix blanches toutes similaires. Comme si ces croix voulaient montrer l'égalité des hommes ; seulement, est-ce une égalité face à la mort ou une égalité devant le droit d'être enterré dignement ? Combien de gens sont morts inutilement pour servir la patrie leurs corps n'ayant jamais connu ce que nous voyons comme un départ convenable vers un monde meilleur ? Des hommes dont il ne reste que des statistiques aujourd'hui, une croix noire de plus sur la liste des vivants.
Paul.
Il a été un ami cher, un brillant élève, une élite de la nation et, pour Sonia, un amant unique. Il a été le fondateur de tant de choses, l'un des piliers de notre organisation, et une mine de savoir exemplaire. Nous le regretterons longtemps.
Alors que tout semblait s'être arrangé à notre avantage, voilà que l'un des nôtres nous est arraché. Que peut-il y avoir de pire que cela ? Perdre un proche, un ami, un frère, c'est plus terrible que je ne pouvais me l'imaginer. C'est comme si une partie de moi-même avait été tranchée à la hache et emportée au loin, me laissant avec pour seul souvenir cette blessure que je porte désormais au cœur. Mais je dois garder la mémoire de Paul au fond de moi afin qu'il continue de vivre à travers moi, même si ce souvenir doit être une plaie destinée à ne jamais cicatriser.
Je ne sais combien de temps Sonia est restée après la cérémonie, à genoux dans la boue qui chassait l'herbe devant la tombe de son amant disparu, et je ne sais pas non plus ce qu'elle lui a dit durant tout ce temps, mais je suis sûr au moins d'une chose : en tuant Paul, notre gouvernement a brisé quelque chose de magnifique de la manière la plus répugnante qui soit. Et je jure que je ne leur pardonnerai jamais, ni moi, ni tous les Enfants de la Raison.
La mort n'est pas quelque chose avec quoi on peut se permettre de jouer, car c'est plutôt avec nous que joue la Mort. Les jeunes d'aujourd'hui mènent leur petite vie tranquille sans se soucier un seul instant de leur extrême fragilité. Il suffit de peu de choses pour arracher quelqu'un à ce monde, si peu de choses... et on ne s'en rend compte que lorsque cela bouleverse notre vie, soit en nous prenant un être cher, soit en nous frappant dans le dos, fatalement. La plupart des gens n'a jamais été confronté à la mort qu'à travers la télévision, derrière cet écran dans le monde duquel tout se passe toujours bien, et ils se croient alors invincibles. Ce sentiment d'invulnérabilité est l'une des principales causes du nombre catastrophique d'accidents de la route, et ceux qui voient alors qu'ils se sont trompés ont rarement l'occasion de profiter de cet enseignement, et encore moins d'en faire profiter leurs proches. L'expérience est un bien cruel professeur, car elle nous fait passer l'examen avant de nous apprendre la leçon.
Combien de gens ont soigneusement préparé, pendant des dizaines d'années, une retraite dont ils n'ont jamais profité ? Combien d'enfants morts-nés auraient pu influer sur le monde et ses habitants ? Combien de jeunes espoirs de la nation ont vu leurs existences être prématurément fauchées avant leur heure de gloire ? Combien de pères de familles pauvres ont été rappelés dans l'autre monde précipitamment, laissant épouses et enfants dans la misère qui les amena à subvenir à leurs besoins par des moyens illégaux et décadents ? Combien d'éminents scientifiques ont laissé involontairement leurs travaux inachevés à des successeurs pas toujours compétents ? Et combien de nos frères de raison appelés sous des drapeaux qui ne veulent plus rien dire nous quitterons pour toujours, tués par la plus grande bêtise des hommes ?
La guerre n'est qu'un moyen pour les hommes d'état de régler leur différents sans risquer leurs vies. Autrefois, il suffisait d'opposer les champions de chaque royaume pour pacifier l'affaire, mais cette manière semble avoir été jugée trop noble, et a été remplacée par cette monstrueuse boucherie, cet immense gaspillage de matière et de vies humaines. De plus, « la guerre ne permet pas de savoir qui a raison, disait Bertrand Russell, mais uniquement de savoir qui survit ». Et de toute façon, le vaincu ne reconnaîtra jamais ni sa défaite, ni la victoire de son ennemi, et attendra sa revanche avec une impatience propre à l'Homme moderne.
Beaucoup de gens croient en un destin qui les frappera quels que soient leurs actes. Pour certains, c'est la réussite, la gloire, ou la richesse, pour d'autres l'acquisition d'un emploi, leur première voiture, ou leur premier amour. Seulement, ce genre de chose n'arrive pas de son propre chef, il faut aller le chercher. Je ne crois pas en ce genre de destin fataliste et inévitable, quels que soient les actes des hommes. Par contre, je crois en un destin qui frappera l'Humanité si elle n'agit pas : sa propre destruction. Il me semble que c'est John Fitzgerald Kennedy qui a dit « L'humanité doit mettre fin aux guerres, sans quoi les guerres mettront fin à l'humanité ». Ce discours a beau avoir été prononcé par un homme important, voire majeur, de l'Histoire, il a apparemment été effacé de la mémoire des politiciens et des militaires. Peut-être est-ce la phrase de trop qui a mené cet homme brillant à être assassiné ? Jusqu'où les militaires sont-ils capables d'aller pour que leur industrie continue de fonctionner ?
Est-ce que la raison aurait définitivement quitté ce monde ? Reverrons-nous un jour la sagesse diriger à nouveau le monde pour le guider vers le bien commun ? Ou alors est-ce que nous disparaîtrons tous dans l'abîme de la déchéance humaine avant de voir la Terre succomber à notre folie qui l'a ravagée de part en part durant des millénaires ? Combien de nos frères devrons-nous encore enterrer avant de connaître le fin mot de notre combat contre les puissances corrompues ? Avons-nous seulement une chance de réussir ?
C'est en me posant ces questions hier soir, n'arrivant pas à dormir, que j'ai ressenti le besoin d'écrire, et un nouveau poème m'est venu, comme une prémonition ou une vision divine :
Ruine d'Humanité
Dans quel monde vivons-nous ?
Avons-nous même décidé d'y vivre,
Pour y voir le désespoir partout,
Et de sa haine devenir ivres ?
Qui voudrait d'une telle réalité ?
Qui peut voir encore la vérité ?
Les puissants nous ont rendu aveugles,
En posant leurs illusions devant nos deuils.
Verrons-nous un jour ce qui se cache,
Entre la luxure, l'orgueil et les ténèbres,
Qui couvrent nos vies et hantent nos rêves,
Pour pourrir lentement telle une tâche ?
N'y a-t-il rien que l'on puisse faire,
Pour quitter les ténèbres modernes ?
Si nous ne pouvons sauver notre épiderme,
Pouvons-nous seulement sauver la Terre ?
Levons-nous, frères humains.
Demain ne doit pas nous voir tomber,
Et si tomber il nous le faudra bien,
Restaurons au moins les ruines de l'Humanité.
Illuminati, chapitre 7
Date : 30 octobre
Avancement : terminé
Evangelion Children, chapitre 2.6
Date : inconnue
Avancement : 60%
(j'ai besoin d'un bon artwork pour illustrer celui-là, sinon je ne vais pas en dormir la nuit ^^)
Halo Destiny, chapitre 22
Date : inconnue
Avancement : 15%
(dernier chapitre de cette fanfic ; il sera très probablement un peu plus long que la moyenne, lui aussi)
