0854 unités de temps du 42ème jour de la quatrième ère de la Reconquête, Marche du Silence/ croiseur de combat
Angry Justice, système solaire Mordanus.
Irul s’approcha des écrans de visualisation externes du vaisseau d’abordage, qui se rapprochait
de l’astéroïde renfermant la base humaine. C’était un astre de taille modeste, d’environ douze kilomètres de diamètres, qui trônait au milieu d’un espace relativement vide au sein de la
ceinture d’astéroïdes. Car l’attraction gravitationnel qu’exerçait son énorme masse attirait tous objet se trouvant dans un certain rayon, et les autres astres plus petits s’écrasaient donc à
sa surface pour y apporter leur propre matière rocheuse. Ce phénomène était à la fois un avantage et un inconvénient. Avantage car cela évitait que les vaisseaux alliés qui venaient se
ravitailler soit endommagés par des débris célestes lors de leur approche, jusqu’au quais qui étaient creusés dans l’astre ; et inconvénient car cela rendait la base particulièrement
visible à tout appareil ennemi, tout en limitant ses communications et ses détecteurs à cause des autres masses dispersés tout autour.
Le jeune sangheili se demandait quelles chances il pouvait bien avoir de survivre à la
simple approche de la cible. Même si les innombrables chasseurs Séraphins que renfermait le Angry Justice allaient faire de leur mieux pour les couvrir, il était certain que plusieurs
des vaisseaux d’abordage n’arriveraient jamais à destination. Celui-ci contenait tous les sangheilis de l’escouade Delta. Erdo était partisan du « tout ou rien » signifiant
qu’il préférait regrouper tous ses guerriers dans un même transporteur et espérer qu’il soit épargner, plutôt que de les disperser pour être quasi certain d’en perdre une partie. Les autres
vaisseaux assignés à l’escouades Delta contenaient donc les ungoys, dont le lieutenant se souciait comme de la poussière sur les cadavres de ses ennemis.
- Ecoutez tous ! fit Erdo. Dans quelques instants, nous
entrerons dans la zone de tir de l’ennemi. Comme nous ignorons combien de vaisseaux se trouvent encore dans leurs quais, nous allons attaquer par la face opposé à la porte d’accès des croiseurs
pour éviter de subir une attaque préventive.
« D’après les images de nos éclaireurs, un accès se trouve
justement sur cette face-là de l’astre. C’est là que nous devrons frapper. Toutes les escouades seront donc groupées lors de l’abordage, puis se disperseront pour réaliser leurs objectifs
respectifs. Les nouveaux, veillez donc à ne gêner personne.
Soudain, une explosion fit faiblement trembler le vaisseau. Irul observa les
écrans et vit les restes d’un chasseur Séraphins se disperser dans l’infini de l’espace. L’appareil avait été abattu alors qu’il se trouvait à vingt mètres à peine de la coque du transporteur
principal de l’escouade Delta. C’est pas passé loin…
Les transporteurs de l’Alliance avaient une cinquantaine de kilomètre à
traverser, dépourvu du couvert des autres astéroïdes, et juste devant les canons des humains qui pouvaient les déchiqueter comme du papier. Les chasseurs Séraphins passèrent devant, usant de
leur grande vitesse pour éviter d’être perforé par les CAM. Car ces armes avaient beau être dévastatrices, elle possédaient un énorme défaut : leurs projectiles étaient incapables de
corriger leur trajectoire en vol. Il leur fallait donc parfaitement calculer la trajectoire de la cible pour avoir une solution de tir à même de toucher au but. C’est pourquoi ce genre
d’armement était réservé plutôt pour abattre les vaisseaux les plus gros, donc les plus lents. Mais malheureusement, les vaisseaux de transports étaient également très lents, et très peu
manœuvrables. Il serait vraiment temps de créer un nouveau type de vaisseaux d’abordage, pensa Irul. Avec de plus puissants moteurs, même si cela réduit la capacité de transport.
Et un système de sas intégré pour éviter d’être obliger d’utiliser les sas de l’ennemi, où il pourrait tranquillement nous attendre. Etre capable d’aborder un bâtiment de n’importe où avec la
rapidité de l’éclair serait la plus grande menace que pourrait redouter les humains, encore plus que nos croiseurs.
Plusieurs transporteurs explosèrent à tour de rôle. L’un de ceux contenant les Ungoys de l’escouade
Delta fut transpercé sur toute sa longueur avant que ses moteurs à plasma ne délivrent un puissante décharge destructrice qui consuma les infortunés petits êtres, dont les corps gelèrent
instantanément au contact du froid absolue du vide spatial. Pendant ce temps, les Séraphin tentaient d’affaiblir les défenses des humains en bombardant les CAM, mais subissaient les tirs
nourris de batteries de missiles qui faisait des ravages parmi les frêles appareils.
Lorsque le transporteurs des sangheilis de l’escouade Delta atteignit enfin l’un des sas
d’entrée de la base, ses fixateurs magnétiques s’engagèrent pour pressuriser un passage vers l’intérieur. Les lasers de découpage automatiques sectionnèrent la porte du sas en quelques
secondes, et l’air contenu dans le transporteur s’y engouffra instantanément.
- Bradius ! commanda Erdo. Ouvre-nous le
passage !
Bradius était le sangheili chargé des explosifs et des équipements de piratage informatique. Bien
qu’il soit encore peu expérimenté dans cet art, peut de portes pouvaient résister à ce genre de matériel, même mal employé. Il ne lui fallut qu’un instant pour placer une charge creuse au
niveau des verrous de sécurité et la faire exploser.
- Fumigènes ! ordonna Erdo. Et activez vos vision
infrarouges !
Trois grenades traversèrent le sas pour atterrir à l’intérieur de la base et y vomir plusieurs
dizaines de mètres cubes de fumée. Sous ce couvert épais, les guerriers de l’Alliance chargèrent en lançant des cris de fureur.
Irul fut le premier à pénétrer dans l’installation ennemie. Le sas débouchait sur un large couloir,
mais la fumée l’empêcher d’en voir plus. Il tourna immédiatement sur sa droite pour couvrir ce flanc, et il identifia rapidement une demi-douzaine de cibles. Les formes rougeoyantes des corps
chauds des humains suffisaient à faire monter en lui un désir de mort et de massacre. Sans cesser de hurler, il pointa son fusil plasma vers sa première cible et l’abattit d’une salve rapide et
précise.
Aussitôt, les autres répliquèrent. Les détonations de leurs armes à projectiles retentirent
dans tout le couloir. Leurs balles sifflèrent aux oreilles d’Irul, et certaines réussirent même à le toucher. Son bouclier encaissa sans difficulté tandis que le sangheili décrochait une
grenade à plasma de sa ceinture. Sa flamme bleue se perdit dans l’épais brouillard avant de réapparaître aux yeux d’Irul dans une formidable explosion qui fit voler trois de ses
adversaires.
Ceux qui avaient survécu à la déflagration prirent peur et commencèrent à se retourner pour
s’enfuire. Mais Irul ne leur en laissa pas le temps, et les abattit tous d’un longue rafale qui faillit faire surchauffer son arme. Tous sauf un, qu’il stoppa dans sa course en lui fauchant les
jambe de son plasma. C’est alors que la voie de Karji se fit entendre juste derrière lui :
- Doucement sur la gâchette, recrue. Si ton arme chauffe
trop, cela dilate le canon et diminue alors ta précision. De plus… ça m’emmerdrait d’avoir à te le réparer dès ta première mission...
Irul se retourna, et s’aperçu que tous les ennemis de la zone avaient été éliminés. Les
sangheilis d’autre escouades continuaient à envahir la station et se dirigeaient déjà vers leurs objectifs principaux. Rapidement, Erdo sonna le rassemblement d’un de ces grognements
autoritaires dont il avait le secret.
- Beau boulot, soldats ! Maintenant, concentrons-nous sur
notre premier objectif. Quelqu’un à épargner un humain ?
- Négatif, lieutenant, répondirent l’un après l’autre
les sangheilis de l’escouade.
- C’est pas facile de les différencier avec cette
fumée, expliqua Naaldi. Déjà que lorsqu’on les voit bien, ils se ressemblent tous, alors là…
- Moi j’en ai un qui pourrait nous renseigner, fit Irul
en traînant un humain derrière lui.
Alors que la fumée se dissipait peu à peu, les sangheilis purent observer la proie
qu’Irul leur rapportait. L’homme était grand, ou plutôt avait été grand, car ses jambes avaient été sectionnées au milieu des cuisses par la rafale meurtrière du novice. Heureusement pour lui,
le plasma avait cautérisé les plaies quasi instantanément, lui évitant de se vider de son sang. Mais il savait très bien que ce n’était qu’un sursit, sa fin risquant d’être beaucoup plus
horrible et douloureuse.
- C’est un gradé, expliqua Irul. Regardez : ça se
voit aux barres métalliques greffées sur ses épaules.
- Mais comment as-tu fais pour les voir dans la
fumée ? demanda Erdo.
- Je ne les ai pas vu. Mais j’ai nettement vu que ce n’était pas la silhouette d’un casque sur son crâne. Cette espèce de
coiffe en tissu est caractéristiques des officiers, et facilement reconnaissable même dans un tel brouillard.
Ce fut la première fois qu’Irul vit son lieutenant sourire avec si peu de
retenu. Erdo paraissait énormément fier de lui. Voilà pour quoi je devrait me battre. Non pas pour moi, pour ma propre gloire, mais pour faire en sorte que mes supérieurs et l’Alliance
toute entière soient contents de moi.
- Excellent travaille, Sulamee. Je ne l’oublierai pas.
- Merci, lieutenant.
- Et maintenant, humain, dis-nous où se trouvent les
générateurs des installations de défense. Plus tu répondras vite, plus ta mort sera rapide.
L’homme tremblait de tout ce qui restait de son corps, son front se couvrant de sueur
comme une vitre sous la pluie. Une peur sans borne se voyait dans ses yeux exorbités qui fixaient avec horreur le puissant sangheili qui l’interrogeait. Après avoir balbutié plusieurs mots
incompréhensibles, il répondit :
- D… dans… dans la section A-3. C… c’est au centre de
l’astéroïde.
- Quels protections entourent cette section ?
- L… l’accès est re… re… sécurisé par un c… code.
- Et quel est ce code ?
Les tremblements de l’homme se firent plus violents, pour devenir presque des
sursauts qu’il essayait de refreiner en fermant les yeux, et les mots qui sortirent de sa bouche était un charabia incompréhensible, haché par une prononciation massacrante. Erdo commença à
perdre patience :
- Tu es en train de gagner de la souffrance,
humain !
- P… p… pitié ! Je… je ne connais pas…
- Oh que si tu le connais, ce code. Donne-le moi ! Ou
sinon…
Erdo pointa alors son fusil à plasma sur les moignons de jambe de l’humain, et y découpa un
lambeau de chair d’une décharge parfaitement contrôlée. L’homme hurla de douleur comme il n’avait jamais hurler, et des larmes surgirent brusquement de ses yeux. Insensible à la douleur de
l’officier, Erdo termina :
- … je vais de mettre en pièce morceau par morceau.
- Haaaa ! Ca brûle ! Pitié ! Pitié, je vous
direz tout ce que vous voudrez !
- LE CODE !!
- Ma main !
- Quoi ?!
- Ma main ! Quand vous m’aurez tué, prenez ma main. Mes
empreintes sont une clé pour ouvrir les portes des section vitales de cette base.
- Merci de ta réponse. Voici ta récompense.
Aussi calme que s’il s’agissait d’une mouche à écraser, Erdo transperça le crâne de l’officier humain
d’un tir de plasma. Sa cervelle éclaboussa le sol du couloir, dont la teinte blanc beige fit grandement ressortir le sang. Une autre décharge sectionnait son avant-bras droit. Erdo saisit le
membre libéré et le tendit à Irul.
- C’était ton prisonnier. C’est donc à toi que revient
l’honneur de protéger notre laisser-passer. Veille dessus comme sur ta propre vie.
- Bien lieutenant.
- Tous aux générateurs !
Bonne continuation ! ;-)