Lundi 4 juin 2007
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14:25
0840 unités de temps du 53ème jour de la quatrième ère de la Reconquête, Marche du Silence/ fabrique de munitions humaines, base
aérienne humaine de Zerilos, Yvalos V, système Irulan.
Irul ne put pas éviter de voir la peur qui avait envahi le visage d’Elda. La situation
avait empirer au-delà de ce qu’il craignait avec l’attaque des troupes de l’Alliance et l’intervention de l’escouade Delta. Cependant, le capitaine Arko pourrait également la protéger des
autres sangheilis s’il nous découvrait en premier… mais c’est un risque que je ne prendrais pas. Je préfère encore continuer seul avec Elda. Si jamais nous rencontrions l’une des autres
escouades de l’Alliance, ils pourraient très bien lui tirer dessus sans hésiter. Le seul problème est que nous n’avons toujours pas localiser le hangard…
Soudain, Irul perçut dans le couloir la voix très autoritaire d’un humain qui hurlait des ordres à
ses hommes, et il y vit leur porte de sortie. Sans attendre une seule seconde, il surgit de la pièce où il se retranchait avec Elda, camouflage activé, et se précipita vers le gradé ennemi et
ses gardes du corps. Il n’activa son épée à énergie qu’au dernier moment afin d’éviter d’être repéré trop vite, puis lacéra intégralement tous ceux qui se dressaient entre lui et sa cible.
Celui-ci n’eut pas le temps de réagir qu’Irul le tenait déjà par le col, entouré par les cadavres des soldats qui se trouvaient là il y avait encore un instant. L’armure couverte de sang du
sangheili lui donnait l’apparence d’un démon de la guerre venu détruire tout ce qui s’opposerait à lui, terrorisant celui qu’il avait laissé vivre pour un temps.
- Où se trouve le hangard à vaisseaux ! lui hurla
Irul.
- P… pa…
- Vite ! Ou je te ferais voir toutes tes organes de tes
propres yeux !
- Par là ! cria l’officier en pleurant et en désignant du doigt le bout du couloir.
Prochaine intersection… à droite ! Gr… grande porte blindée !
- Le code !
Irul savait bien qu’il faudrait un code pour pénétrer dans ce genre de zone, surtout quand
toute la base serait en alerte maximale. Mais lorsqu’il prononça cette dernière demande, il vit soudain le regard de l’humain devenir livide, presque fantomatique. La réponse lui vint alors
toute seule, et il ne perdit pas un instant de plus à réfléchir. D’un coup net, il trancha la main de l’humain qui s’effondra sur le sol en se tordant de douleur. Mais il ne souffrit pas
longtemps, sa vie s’interrompant brusquement sous l’impact d’un tir de plasma d’Irul qui lui traversa le crâne.
- Qu’est-ce que tu fais ? s’écria Elda qui arrivait
derrière lui après avoir nettoyé le couloir. Pourquoi est-ce que tu l’as tué ?
- Ne t’inquiète pas, je sais comment il faut faire.
J’ai déjà connu ça. Suis-moi !
Maintenant que la base était attaqué par d’autres troupes de l’Alliances, les humains
semblaient ne plus trop s’occuper des deux sangheilis solitaires qui se dirigeaient vers les hagards. Irul admis finalement que cet intervention du capitaine Arko les avait en fait bien servi.
Lui et Elda arrivèrent rapidement devant une énorme porte blindée couverte d’inscriptions qu’ils ne comprenaient pas. Mais ils n’avaient pas à les comprendre, et Irul plaça hâtivement la main
tranchée de l’officier humain sur le scanner d’empreintes digitales qui se trouvait sur le mur d’à côté, ouvrant la porte dans un lourd coulissement de métal.
Ils pénétrèrent dans les hangars par une passerelle surplombant une énorme cavité de
plusieurs centaines de mètres creusée dans la montagne et remplie d’appareils en tout genres : chasseurs, intercepteurs, bombardiers, bombardiers lourds, et tant d’autres que les deux
sangheilis ne connaissaient pas. Comme Irul l’avait pensé, il n’y avait aucun humain présent dans cette gigantesque salle, l’ensemble de leur troupes étant nécessaires à la défense de la base
contre les sangheilis. Utilisant ses jumelles, il scruta chaque recoin pour finalement trouver ce qu’il cherchait : un chasseur Longsword de classe V-13.
Il avait eut de nombreux cours à l’académie sur les batailles spatiales menées
contre les humains, et ce type d’appareil était connu pour être la véritable plaie des croiseurs légers, du fait de leur grande puissance de feu anti-blindage mais surtout grâce à leur
incroyable furtivité. On ne savait pas vraiment comment fonctionnait leur système de brouillages radars, ni comment ils réussissaient à tromper les scanners des vaisseaux de l’Alliance, mais
Irul avait bien l’intention d’utiliser ces admirables capacité pour emmener Elda en sûreté.
Il mena la sangheile jusqu’à l’appareil qui trônait au milieu d’un groupe de
bombardiers légers, et actionna l’ouverture menant au cockpit. Mais soudain, la détonation d’une grenade plasma parvint jusqu’à ses oreilles, et il vit alors l’escouade Delta pénétrer sur la
passerelle d’observation du hangar. D’un geste brusque, il saisit Elda pour la jeter à l’intérieur du chasseur… juste à temps pour lui éviter le tir du sniper Lidios.
- Cessez le feu !ordonna le capitaine Arko. Nous devons les prendre vivants ! Irul ! Je vous ordonne de sortir
de ce vaisseau et de vous rendre immédiatement ! Si vous obtempérez, le Conseil sera peut-être clément.
- Capitaine, je ne peux pas obéir à cet ordre.
- Et pourquoi cela, soldat ?!
La rage du capitaine était d’une nature étrange aux oreilles d’Irul. Elle ne semblait pas totalement
franche, et paraissait plutôt nécessaire ou volontaire, comme s’il voulait qu’on le croit en colère. Malgré cela, il entra dans le cockpit de l’appareil avant d’en fermer le sas.
- Irul ! hurla le capitaine dans sa radio. C’est de la haute
trahison ! Le Conseil ne vous le pardonnera jamais !
- Est-ce de la trahison que de tout entreprendre pour
accomplir la mission dont on m’a charger ? fit Irul d’une voix au clame fragile.
- Qu’est-ce que vous voulez dire ?
- Je n’ai pas fuis les idéaux de l’Alliance. Je n’ai pas
fuis les saints prophètes ou la Grande Croisade vers les dieux. J’ai fuis ce sentiment de haine qu’il y a au fond de chaque sangheili, et dont Elda est la cible. J’ai fuis pour la protéger de
tous ceux qui veulent sa mort.
- Vous êtes devenu paranoïaque, Irul ! Revenez à la
raison, et rendez-nous Elda ! Elle ne craint absolument rien tant que je serai là et vous le savez.
- Mais vous n’êtes pas toujours là, capitaine.
Un grand silence envahi la liaison radio, où seuls quelques parasites se firent entendre. Arko
ne savait pas quoi dire face à cet état de fait qui l’accablait : il n’était pas capable de surveiller Elda continuellement. C’était d’ailleurs bien pour cela qu’il avait chargé Irul de
lui servir de garde du corps.
- Lors de notre dernière mission, Naaldi vous a
assommé, et toute l’escouade Delta a essayé de tuer Elda. Voilà pourquoi nous avons dû fuir.
- Ne l’écoutez pas, capitaine ! s’emporta Karji. Il
essaye de se disculper en nous accusant !
- Taisez-vous ! fit Arko avec une fureur cette
fois ci bien réelle. Je veux entendre sa version des f…
Mais l’officier sangheili n’eut pas le temps de finir sa phrase. Un tir de sniper à plasma
traversa le hangar depuis la passerelle jusqu’au cockpit de l’appareil, et fut arrêté par la vitre blindé. Le coup avait été dirigé droit vers Elda.
- Désolé Lidios, fit Irul dans la liaison, mais ce vitrage
est bien plus résistant que tes nerfs. Tu viens de prouver les réelles intentions qui motives chaque membre de l’escouade Delta. Ces raisons qui m’obligent à vous quitter.
- Irul ! hurla Arko. Dis-moi au moins où je pourrais te
retrouver ! Ne vas pas te perdre pour l’éternité !
Mais Irul ne répondit pas, et activa les commandes de l’engin humain avant de
pousser la manette d’accélération. Il dirigea son appareil vers les énormes portes de sortie du hangars, qu’il détruisit d’une volée de missiles Tempest, et décolla dans un bruit assourdissant.
Adieu mes amis, et au revoir, capitaine. J’espère que vous réussirez à nous retrouver.