Lundi 10 septembre 2007
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1631 unités de temps du 153eme jour de la neuvième ère de la Reconquête, Marche du Silence/ Croiseur de
commandement Truth and Reconciliation en position stationnaire à la surface de Halo.
-
Irul ! s’écria le capitaine. Par les anneaux, vous êtes devenu fou ?!
-
Au contraire, capitaine, je n’ai jamais été aussi sérieux.
Le système d’éclairage du vaisseau agonisait. Le Parasite
devait avoir neutralisé l’alimentation principale afin de désactiver les défenses du bâtiment et faciliter leurs assauts. Rapidement, le couloir ne fut plus éclairé que par la lumière des épées
énergétiques des sangheilis. Une tension extrêmement grande pouvait se ressentir dans le regard des combattants, et cette tension risquait fort d’exploser en un combat d’une intense férocité.
Mais bien que Irul ait activé sa propre lame et que les vétérans du capitaine Arko se tiennent prêts à bondir sur lui, le commandeur Orna n’avait pas sortie son arme. Il restait étrangement
calme, comme s’il s’était attendu à ce que Irul le protège.
Cependant, même s’il se sentait parfaitement capable de
vaincre en duel Arko et ses Premières Lames sans problèmes, Irul avait du mal à croire qu’il arriverait à tuer un seul d’entre eux. La situation était critique pour les soldats de l’Alliance,
et ce n’était pas le moment d’engager un conflit interne pour encore diviser leurs forces déjà très affaiblies. Tout ce que je peux faire, c’est faire hésiter Arko, et ainsi donner un peu de
temps au commandeur pour le convaincre. S’il n’arrive pas à le raisonner, je serai peut-être obligé de le tuer.
-
Capitaine, fit Orna. Depuis combien de temps me servez-vous ?
-
Vingt-cinq ans.
-
Et depuis quand faites-vous partie de l’Inquisition ?
-
Depuis sept ans.
Irul se raidit brusquement. L’inquisition, la caste bénie des
prophètes, était une faction totalement indépendante de la hiérarchie militaire dirigée par les sangheilis. Ces guerriers étaient choisis par les hiérarques pour leur dévotion envers la cause
de l’Alliance, et recevaient la dure tâche de veiller au maintient de la foi parmi les troupes. Cela impliquait parfois de tuer, qu’il s’agisse de simples ungoys ou de frères sangheilis. Peu
importe sa race ou son rang, personne n’est à l’abri de l’inquisition.
Le capitaine Arko porta sa main au plastron de protection de son armure,
et appuya sur un minuscule bouton dissimulé à l’intérieur. Soudain, la couleur de son uniforme changea, passant en quelques seconde du blanc immaculé à un noir plus sombre que la nuit la plus
ténébreuse. Sur ses épaulettes, le symbole de l’anneau sacré brillait d’une lumière d’un rouge de sang humain, tandis que d’autres ornements mineurs parcouraient son armure de bout en bout.
Seuls les plus hauts membres de l’Inquisition avaient l’honneur de porter une armure à double apparence, qui leur servait à agir au cœur même de l’armée de l’Alliance sans être suspecté. Les
prophètes aimaient à employer cette méthode pour rappeler que personne ne peut échapper à leur yeux attentifs, et que la moindre trace d’hérésie est aussitôt effacée.
-
Vous êtes très perspicace, fit le capitaine.
-
Je l’ai sût dès le premier jour où vous avez porté cet armure. Depuis que je n’ai plus vu l’entaille qu’elle a reçue pour me sauver la vie il
y a si longtemps.
-
Ce temps là est révolu. Vous vous êtes détourné de la Foi qui doit nous guider vers l’illumination. Il est de mon devoir de vous
arrêter.
- Vous agissez pour des raisons qui vous échappent tout simplement parce qu’elles
sont fondées sur des choses abstraites. J’agis pour le bien de l’Alliance, mais surtout pour le bien de tous les sangheilis. Si vous souhaitez condamner notre race, alors arrêtez-moi, mais
faites-le en sachant bien les conséquences de votre action.
Malgrès le torrent d’agressivité qui se déversait de la bouche
d’Arko, pas un instant le commandeur n’avait haussé la voix. Le calme dont il faisait preuve avait de quoi énerver encore plus le capitaine, et Irul s’attendait à le voir bondir d’un instant à
l’autre. Cependant, par delà toute la rage qui fulminait en lui, par delà le devoir sacré dont il était chargé et auquel il était interdit de faillir, quelque chose retenait encore Arko et
l’empêchait d’agir. Lui et le commandeur étaient beaucoup trop liés pour qu’une telle décision soit prise à la légère, sans véritables preuves. Ils avaient traversé tant d’épreuves et partagé
tant de moments de gloire qu’ils avaient acquis une parfaite confiance l’un dans l’autre. Et alors que Orna avait toujours sût l’appartenance de son premier capitaine à l’Inquisition, il n’en
avait rien dit, et maintenant il dévoilait un aspect de sa vision qui risquait de le condamner à mort.
Arko réfléchit longuement, essayant de raisonner
clairement. Mais il se rendit vite compte qu’il n’arrivait pas à avancer un seul argument sans employer des raisons provenant de ses croyances ou des ordres des prophètes. Ne sachant plus quoi
pensé, il demanda à son vieil ami :
-
Si vous m’apportez une nouvelle preuve de ce que vous avancez, alors je vous croirais peut-être.
-
Très bien, fit Orna. Irul ? Donnez-moi votre épée !
Irul se retourna vers le commandeur d’un air étonné, mais
celui-ci le rassura immédiatement :
-
Ne vous inquiétez pas. Après cela, nous ne risquerons plus rien. Et puis, je pense que vous êtes tout à fait capable de les battre à main nues,
non ?
Bien que ce soit plus par envie de croire ces paroles que par réelle
conviction, Irul accepta et tendit son arme au commandeur. Lorsque ce dernier activa la lame, il ferma les yeux comme s’il ressentait un vent de quiétude traverser son esprit. D’une voix lente
au ton neutre, il s’expliqua :
-
Irul, je ne sais pas depuis combien de temps vous posséder cette épée ou si Arko vous a expliqué ce qu’elle représente, mais je pense que vous
avez dût en subir les effets, même si ce n’est qu’inconsciemment. Ce n’est pas une épée ordinaire : elle imunise son porteur à toute sorte de fatigue physique ou mentale. Peu importe sa
tâche ou les épreuves qu’il doit affronter, celui qui brandit cette lame ne verra jamais ses capacité diminuer. C’est la seule dans son genre. Elle est absolument unique. Je lai offerte au
capitaine lorsque j’ai fait de lui un vétéran, il y a vingt-sept ans de cela. Mais je ne lui ai jamais expliqué d’où venait son pouvoir.
« Cependant, je voudrais savoir ce qu’elle représente à vos yeux, capitaine.
Une expression furtive traversa le visage de Arko. Un sentiment que
personne, à part Irul, ne put analyser en un si court instant : celle de la peur de perdre tout ce en quoi il croyait, et pour lequel il s’est battu. Si ce que disait le commandeur était
vrai, cette arme était d’une puissance redoutable. Irul ne s’était pas aperçut de son pouvoir car peu après l’avoir reçut, il avait été transformé par Halo, mais le capitaine avait eut tout le
temps de s’en rendre compte. Durant les quinze ans où il l’avait portée, cette arme avait dû se remplie de sens, de symbolisme et d’autres pensées justifiées par sa seule foi. Peu de choses
devaient être aussi importantes pour lui que cette épée.
-
Cette lame… commença Arko… est un cadeau que les dieux nous on offert pour purifier les infidèles. Leur puissance divine y est enfermée
pour nous ouvrir un chemin jusqu’au Grand Voyage dans le sang de nos ennemis. Elle est la preuve que nous somme le peuple qui a été choisit pour retrouver les Halos et rejoindre les
forerunners dans la transcendance du physique. Voilà ce que cette lame représente pour moi. Maintenant, dites-moi ce qu’elle est réellement.
-
C’est très simple : lorsqu’elle est activée, un lien psychique exercé par modulation d’ondes cérébrales se crée entre elle et son
porteur. Un nano-ordinateur analyse en quelques secondes les capacités physiques et mentales de l’utilisateur, puis transmet à son cerveaux les ordres nécessaires pour le maintenir en
permanence au maximum de ses capacités. Quand il s’agit d’un sangheili, les deux hémisphères de son cerveaux fonctionnent en alternance pour le ménager, et son corps produit des protéines d’un
genre inconnu alimentant les muscles bien plus efficacement. C’est ainsi que cette arme fonctionne.
Il était difficile d’expliquer l’état d’abattement qui s’était brusquement
emparé du capitaine Arko. Tout ce en quoi il croyait et pour lequel il avait versé sang et sueur venait de disparaître en un instant. Alors qu’une terreur immense se lisait dans les yeux du
vétéran, Orna porta le coup de grâce de son discourt :
- La magie divine n’existe pas,
il n’y a que la science. Une science incroyable qui dépasse de loin tout ce que nous connaissons, c’est vrai, mais c’est toujours de la science. Les ingiénieurs ne savent pas encore recréer une
telle technologie, mais ils savent au moins l’analyser et expliquer comment elle fonctionne. Un jour, peut-être, quelques centaines d’années plus tard, nous parviendrons peut-être à égaler la
technologie des forerunners, mais nous sommes beaucoup trop occupés à nous battre pour des buts stupides.
« De ce point de vue là,
les humains sont certainement bien plus dans le vrai que nous : eux au moins, ils se battent pour le bien de leur race. Et vous, capitaine ? Etes-vous prêt à sacrifier vos semblables
pour une cause perdue et sans raisons ?