Mercredi 3 octobre 2007
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1631 unités de temps du 153eme jour de la neuvième ère de la Reconquête, Marche du Silence/ Croiseur de
commandement Ascendant Justice.
Irul ressentait chacun des tremblements de rage du commandeur et de son capitaine alors qu’ils
observaient les écrans des caméras extérieures du croiseur. Depuis qu’il était un soldat de l’Alliance, le jeune sangheili avait vu et vécu énormément de choses. Et même si les plus étranges et
les plus terrifiants évènements provenaient des derrières vingt-quatre heures, il n’avait jamais perdu courage. Depuis la mort d’Elda, Irul n’avait jamais reculé devant l’ennemi pour honorer sa
mémoire, en poursuivant sans relâche son meurtrier.
Il avait toujours pensé que les Démons n’étaient que de simples humains qui, malgré leurs
atouts technologiques, possédaient les mêmes faiblesses que leurs semblables. Quel que soit leur nombre, ils pouvaient toujours être submergés, découragés, ou confiné par un blocus, puis
vaincu. Et peu importait leur détermination, il leur était impossible d’empêcher l’Alliance d’atteindre son but ultime. Mais ce qu’il voyait à travers les yeux mécaniques des caméras
extérieures venait de renverser cette certitude de la façon la plus totale :
Halo, la plus sainte de toutes les structures des forerunners,
était complètement détruit.
Le Démon avait fait explosé les réacteurs à fusion de son vaisseau, créant une onde de choc qui
avait brisé l’anneau dont les différents morceaux de taille considérable se perdaient encore lentement dans le vide spatial. Leur surface était en flamme, et des explosions continuaient de
détonner de plus en plus sur sa partie extérieure, émiettant toujours plus le travail des dieux.
- Jamais les prophètes ne pardonnerons un tel
échec ! cracha le commandeur. Leur fureur sera terrible.
- Devons-nous toujours attendre l’arrivée de Grande
Bonté ? demanda Arko. Nous pourrions fuir leur courroux et nous réfugier quelque part.
Irul était surprit par ce changement brutale dans les raisonnements de son capitaine. Il avait du mal
à croire que de telles propositions pouvaient sortir de la bouche d’un membre exécutant de l’inquisition des prophètes. Mais le commandeur ne partageait pas le même avis :
- Non, nous ne fuirons pas. Mais je me refuse de
voir l’ensemble de mes troupes châtiées pour cette défaite. Les hiérarques voudront un coupable… et je vais leur en donner un.
Irul frémit à cette déclaration. Il lui suffisait de plonger son regard dans les yeux
d’Orna pour comprendre ce qu’il voulait dire : il voulait se sacrifier pour eux tous.
- Vous ne pouvez pas, commandeur ! s’écria Irul.
Vous êtes le général en chef de l’armée de l’Alliance ! Que ferons-nous sans vous ?
- Et c’est justement pour cela qu’il faut que ce soit moi qui accepte le rôle de bouc-émissaire. Je suis celui
pour lequel le jugement du conseil pourra être le plus clément. J’assumerai l’entière responsabilité de cet échec pour vous permettre de survivre.
Un grand silence tomba subitement. Le geste de Fulsamee était brave et digne d’un vrai
héro sangheili, et il savait que sa perte sera très dure à supporter pour l’armée de l’Alliance. Afin de changer de sujet, le commandeur demanda au capitaine Arko :
- Combien de vaisseau nous
reste-t-il ?
Le capitaine pianota sur les panneaux de contrôles, puis leva la tête avec un air de
désolation :
- L’Ascendant Justice est le seul croiseur
qu’il nous reste. Seules quatre frégates ont échappé à la déflagration. Ils attendent les ordres.
- … Qu’ils fouillent les ruine de l’anneau
pour rechercher des survivants. Si des frères ont réussi à survivre à cette catastrophe, nous devons les récupérer. Je n’abandonnerai aucun sangheili vivant derrière moi.
Pendant plusieurs minutes, l’Ascendant Justice et ses frégates
fouillèrent ce qui représentait le cauchemar de l’Alliance, sans trouver le moindre survivant. Le commandeur savait qu’il était presque impossible de retrouver quelqu’un de vivant dans ces
débris. La disparition de Halo était la destruction la plus terrible et la plus puissante qu’il ait jamais vu, et il était difficile de penser que quelqu’un ait put y survivre. Sa seule
satisfaction fut de constater que si ses frères sangheilis n’avaient put échapper à ce triste destin, le Démon ne devait pas avoir eut plus de chance.
Mais soudain, un écho non identifié apparut sur les écrans radars. Irul demanda
une analyse aux ordinateurs de bord, puis annonça :
- Les capteurs ont détecté un appareil ennemi de
type Longsword. Attendez ! J’ai un deuxième contact : un transporteur Pélican.
Une rage terrifiante s’empara des deux autres sangheilis. L’un des anneaux sacrés
était détruit, la moitié de leur flotte avait été anéantie et les seuls survivants qu’ils retrouvaient étaient des humains. C’en était trop. Orna ordonna au reste de la flotte d’ouvrir le feu,
mais il y avait trop de débris parmi lesquels les humains pouvaient se cacher, et aucun tir ne les atteint. Pendant ce laps de temps, le Longsword avait disparut… non sans avoir lâché une salve
de missiles qui percutèrent les tourelles à plasma du croiseur au moment même où elles tiraient… en abaissant leurs boucliers de protection. Les explosifs touchèrent directement la coque et
l’armement, détruisant trois tourelles bâbord.
- Déployez trois escadrilles de banshees pour
intensifier les recherches ! ordonna Fulsamee. Je veux ces humains morts !
Trente chasseurs quittèrent la baie de largage pour donner la chasse aux humains, mais
plusieurs minutes passèrent et ils étaient toujours introuvables. Et soudain, les deux appareils ennemis réapparurent sur l’écran radar.
- Commandeur ! annonça Arko. Ils sortent à
découvert !
Le commandeur se dirigea vers le capitaine a grand pas et ordonna :
- Il n’arriveront jamais à nous fuir. Placez-nous
derrière eux et lancez une salve complète de torpilles !
- Commandeur, je ne peux pas, fit Arko avec une
grande gêne dans la voix.
- Pourquoi ?
Le vétéran sangheili eut du mal à répondre avec une certitude parfaite tant cette réponse
ne semblait irréelle. Pourtant, les instruments étaient formels, et ce fut avec difficulté qu’il répondit au commandeur :
-
Parce qu’ils se dirigent droit sur nous.
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