Mardi 9 octobre 2007
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CHAPITRE SIX
2259 heures, 13 octobre 2542 (calendrier militaire) / quartier général du secteur de Zankym , colonie
humaine Alkador, système Telarius.
Jack et Rei avançaient en tête de la formation en triangle des marines, scrutant continuellement chaque angle de vue à la recherche d’autres embuscades. Mais aucune autre
présence ennemie ne fut détectée jusqu’à ce qu’ils eurent enfin la navette ennemie crashée en visuel. Lorsque Jack vit l’appareil partiellement enfoncé dans la roche, il se rendit soudainement
compte que quelque chose clochait. Comment se fait-il qu’une personne aussi importante qu’un prophète covenant soit transportée dans une navette sans aucune escorte. S’il était vraiment aussi
important que la transmission qu’on a intercepté le laissait penser, il aurait dû être accompagné d’au moins une demi-douzaine d’autres transporteurs, surtout s’il se trouvait derrière nos
lignes…
- Quelque chose ne va pas ? fit Rei d’un ton inquiet.
Jack était toujours
étonné de constater à quel point la spartan pouvait lire en lui si facilement. Il se demanda qu’est-ce qui l’avait trahi cette fois-ci, mais préféra attendre de poser cette question à Rei après
la mission, et se concentra sur ce qu’il voyait devant lui. Des signes de chaleur étaient visibles à travers les trous dans la coque de la navette. Mais ça peut tout aussi bien être des
traces d’incendie ou des vapeurs issues des moteurs à plasma.
Bien qu’il n’aimait pas mettre tous ses œufs dans le même panier, il ordonna à tout le monde de conserver une formation serrée. Comme Rei et lui étaient les seuls à
voir les ennemis furtifs, disperser les troupes signifiait les rendre bien plus vulnérables à une autre attaque surprise. Tout en essayant de rester le plus à couvert possible, ils avancèrent
vers leur objectif, avant de s’arrêter à une centaine de mètre de lui. Puis Jack se retourna vers les marines et leur annonça :
- On aura droit qu’à un seul essai, les enfants ! Alors pas le droit à l’erreur ! Vous allez tous nous suivre et tirer dans les
directions qu’on vous indiquera. Ne gaspillez pas vos munitions parce que vous avez cru voir quelque chose bouger. Prêts ?
Jack prit
le risque de désactiver sa vision thermique un instant pour voir les visages des marines. Ils exprimaient tous une grande confiance, en grande partie due au combat précédent. C’est vrai que
nous les avons vaincu sans trop de pertes, mais on a eut beaucoup de chance. Cette fois-ci, je doute que l’ennemi nous laisse d’aussi bonnes opportunités…
Mais le temps n’était plus à la réflexion. L’heure du véritable combat avait sonné. Réactivant sa vision thermique, Jack regarda une dernière fois les cent mètres à
parcourir jusqu’à la navette. Sur les vingt dernier, il n’y avait presque aucun couvert disponible, et le sol était principalement constitué d’innombrables fragments d’un éboulis rocheux qu’avait
dû causé l’appareil lors de sa chute. C’était cette zone qui lui faisait le plus peur. Mais alors qu’il réfléchissait, Rei posa doucement sa main sur la sienne. Un geste de ce genre était
extrêmement difficile à accomplir pour un spartan, car leur vitesse de mouvement ainsi que leur force augmentée rendait leurs mouvements beaucoup plus violent que ceux d’un humain normal. Un tel
geste était lourd de sens, chez eux, et particulièrement dans le cas de ces deux-là…
Jack comprit que Rei voulait le rassurer, ce qu’elle réussissait à merveille. Il forma un V avec deux doigts sur sa visière, le signe des spartans pour
« sourire », puis se tourna vers les marines :
- Allez ! On y va !
Jack et Rei guidaient les marines
d’un couvert à un autre au milieu des grands rocs dispersés sur cette zone du plateau montagneux. Jusque là, apparemment, ils n’avaient pas été repérés, ce qui rassurait quelque peu les spartans.
Cela signifiait qu’il restait trop peu d’ennemis près de la navette pour surveiller les alentours. Si ça se trouve, pensa Jack, on les a peut-être déjà tous tués… non, ils ont sans
doute laissé quelques soldats pour protéger leur prophète. Nous devons rester prudents…
C’est alors qu’un tir de sniper
à plasma partit de la navette et frôla le casque de Jack. Aussitôt, tout le monde se jeta à terre et commença à ramper jusqu’au couvert le plus proche. Rei s’empressa alors d’ordonner
:
- Equipes d’armes lourdes ! Tir de suppression sur la navette !
Trois secondes plus tard, six roquettes tracèrent des filets de fumée jusqu’à l’appareil contre lequel elles explosèrent,
faisant taire les tirs ennemis. Profitant de cela, les spartans se relevèrent pour courir droit vers leur objectif, suivis de près par les marines. Il pénétrèrent dans les vingt derniers mètres
les séparant de la navette, et le sol de gravas glissait sous leurs pieds, ralentissant leur allure. Jack et Rei balayaient frénétiquement la zone du regard, mais aucun ennemi ne se présentait.
Ils seraient donc tous dans la navette ?
Mais c’est alors que Jack se posait cette question qu’un élite surgit de sous les gravas pour se précipiter vers
les marines, suivit bientôt par un deuxième, et finalement un troisième. Ces impressionnants guerriers en armures blanches activèrent leurs épées plasma en un instant et commencèrent à découper
les frêles humains qui se tenaient devant eux. Bizarrement, ils n’avaient pas activé leurs camouflages et semblaient complètement ignorer les spartans. Ceux-ci hésitèrent grandement à ouvrir le
feu dans l’énorme mêlée qui s’était créé au milieu de la formation des marines.
Ils étaient sur le point de foncer dans le corps à corps lorsqu’un autre tir de sniper à plasma traversa l’espace,
frôlant cette fois la tête de Rei pour frapper un marine qui se trouvait malheureusement juste à côté d’elle. Merde ! Ce tireur semble clairement nous viser tous les deux. Si nous nous
exposons dans le combat, il va nous aligner sans aucun problème.
C’est alors que la voix forte du lieutenant Bravery retentit au milieu des troupes humaines désemparées
:
- Spartans ! Allez à la navette ! Nous nous occupons de ceux-là
!
- Vous êtes sûr ? fit Rei.
- Le prophète ne doit pas nous échapper ! Foncez le cherchez et
prenez-le en otage !
- Bien compris ! Bonne chance !
- Marines ! hurla le lieutenant. Mitraillez-moi ces enfoirés
!
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