Profil de Jack-115

Hughel 2


Nom : Comeau-Montasse

 

Prénom : Thibault

 

Âge: 25 ans

 

Job: préparateur documentaire à la centrale nucléaire du Tricastin (prestataire pour EDF)

 

Localisation: Montélimar, Drôme, Rhône-Alpes, France, Planète Terre, réalité n°246820 de la simulation créatrice

 

Passions: musique, jeux vidéos, jeux de rôle, lecture et, bien sûr, écriture 

 


M'ECRIRE


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Lundi 10 janvier 2011 1 10 /01 /Jan /2011 22:04

CHAPITRE QUATRE : LA CITÉ ASSIÉGÉE

 

 

La Falaise des Tempêtes, monde-ruche Vogen, sous-secteur Volkmar, secteur Hullerstorm.

       Depuis le bord de la falaise rocheuse où avait été établi le quartier général des forces impériales, j’observais le bombardement orbital s’abattre sur la cité-ruche de Dienk avec une violence terrifiante, pulvérisant des bâtiments par dizaines et rasant des quartiers entiers en un rien de temps. Les officiers de la Marine Impériale savaient pertinemment que ce n’était qu’une dépense inutile de munition, l’ennemi s’était depuis longtemps retranché dans les niveaux inférieurs de la ville cyclopéenne, mais le commandant Xarlos qui dirigeait le siège estimait que cela pouvait affaiblir le moral des hérétiques avant l’assaut. Cela faisait à peine une heure que le bombardement avait commencé et déjà la moitié de Dienk avait été transformée en un amas de ruines fumantes.

       Cette ville de taille gigantesque était constituée de plus de vingt-sept niveaux habitables qui se superposaient les uns sur les autres en donnant à l’ensemble une structure pyramidale.  Seule la périphérie de chaque niveau se trouvait alors exposé à l’air libre et donc aux armes navales de la flotte, cette zone exposée étant large d’environ deux kilomètres, le reste constituant un environnement urbain sombre, illuminé uniquement par les lumières artificielles de la ville. Du temps où elle encore l’un des principaux centres de population de Vogen, la cité-ruche Dienk abritait plus de trente millions de personnes, réparties selon leur fonction ou leur classe sociale dans les différents étages de la ville avec au sommet, les bâtiments des institutions impériales comprenant principalement le palais administratif.

       A mon arrivée ici, j’avais été surpris de découvrir que les forces de la Garde Impériales envoyées mater la rébellion venaient tout juste d’arriver sur place, débutant leur campagne par une technique de siège classique avec l’emploi immodéré d’artillerie terrestre et navale. Il y avait là deux régiments déployés dans ce conflit : le 340ème des Faucons de Dunerre et le 847ème des Gardes de Fer d’Hullorden. Le commandant Xarlos faisait partie des troupes d’Hullorden et appliquait donc une stratégie de guerre d’usure comme son armée avait l’habitude de suivre depuis sa création, attendant que l’ennemi soit suffisamment affaibli pour mener une charge massive avec ses larges effectifs de chars et de compagnies mécanisées, ainsi qu’avec les troupes aéroportées dunerriennes. Mais je n’étais pas là pour donner des conseils en matière de guerre à grande échelle. Ma mission était de traquer les psykers renégats qui avaient poussé la population de Dienk à se rebeller pour que ce fléau soit écrasé dans l’œuf et qu’il ne puisse plus se propager.

       D’après les renseignements que j’avais obtenus des membres de l’état-major, la quasi-totalité de la population de Dienk semblait s’être soulevée d’un seul coup sans aucun signe avant-coureur. Cette révolte avait été si soudaine qu’en une seule journée, la cité-ruche toute entière était passée sous le contrôle des hérétiques, écrasant toute résistance loyaliste. Même le palais du gouvernement de la cité n’ayant pas réussi à résister à cette attaque en masse. Le bombardement orbital était donc d’une certaine manière justifié car même s’ils étaient composés de soldats professionnels et bien entraînés, les deux régiments de la Garde présents sur le théâtre des opérations étaient nettement moins nombreux que les trente millions de citoyens renégats. J’espérais simplement que je n’aurais pas à attendre trop longtemps avant de pouvoir entrer dans la ville.

       Détachant du regard cette démonstration de force brute, je me tournais vers la tente de l’état-major où avait été installé le matériel nécessaire pour coordonner les forces impériales rassemblée sur place. Je n’avais plus besoin de présenter mon insigne inquisitorial aux gardes postés à l’entrée, car la nouvelle de mon arrivée s’était déjà ébruitée à travers les deux régiments aussi rapidement qu’une trainée de poudre. Lorsqu’il me vit arriver, le commandant Xarlos perdit l’expression de satisfaction qu’il exprimait jusque-là et serra un peu plus nerveusement la liasse de papier que son officier des communications venait de lui remettre. Dès notre première rencontre, j’avais bien sentit qu’il ne m’aimait pas beaucoup. Probablement ma nature d’Intouchable, ou alors l’autorité inquisitoriale que je représentais, ou encore le fait qu’il devait bien avoir trois fois mon âge et un ego facilement froissable quand il s’agissait de recevoir des ordres. De toute façon, je n’attendais de lui qu’une entière coopération, et non une entente cordiale.

       - Vous en avez eu assez du spectacle, inquisiteur ? demanda-t-il avec une pointe de contrariété dans la voix.

       Volontairement, j’ignorais ses paroles pour en venir immédiatement au plus important :

       -  Quand comptez-vous lancer l’assaut ?

       -   … Dans près d’une demi-heure, lorsque la flotte aura terminé de raser les zones apparentes de la ville.

       -  Et quelle sera votre tactique ?

       Je sentis clairement que son humeur devenait de plus en plus mauvaise rien qu’à la moue horrible que dessinait son faciès ridé, mais je devais clairement affirmer mon autorité sur lui. Essayant de garder son calme, le commandant se dirigea vers la table stratégique où un projecteur holographique affichait une vision en trois dimensions de la cité-ruche. L’image était rafraîchie en tant réelle grâce à une liaison directe avec les senseurs longue portée des vaisseaux de la flotte, ce qui permettait d’observer l’état général de la structure.

       -  L’Administratum nous a ordonné de raser Dienk intégralement, expliqua-t-il. Pour cela, nous allons pénétrer dans la ville avec nos compagnies blindées en sept endroits différents pour y établir des avant-postes. Une fois les premières positions défensives établies, nous attendrons la contre-attaque ennemie qui se brisera sur nos lignes et nous permettra d’éliminer un grand nombre d’hérétiques. Par la suite, nous devront faire avancer nos troupes à travers le premier niveau pour sécuriser les cinq cent quatre-vingt-six piliers de soutient qui maintiennent les niveaux supérieurs de la ville. En les détruisant, nous feront s’effondrer Dienk dans sa totalité.

       -  Avez-vous une estimation du temps qu’il vous faudra pour cela ? Fis-je d’une fois neutre.

       -   Pas plus de trois mois, je l’espère. Ces traîtres sont peut-être nombreux, mais ils ne disposent d’aucun armement sérieux pour s’opposer à nous. Ils seront écrasés sous les chenilles de nos chars comme un insecte sous le talon d’une botte.

       -   Sauf que vous devez parvenir à gérer trente million de ces insectes, commandant. Pensez-vous que ce sera aussi simple que cela ?

       -    Il y aura des pertes, cela est certain, surtout durant les premiers engagements lorsque nous devront découvrir les moyens et la stratégie adverse. Mais je reste très optimiste quant à notre capacité à réussir.

       -   Quoi qu’il en soit, je vais devoir mobiliser une partie de vos forces dans le cadre de mon enquête.

Le visage du commandant eut un rictus presque imperceptible mais qui trahissait clairement son mécontentement. Sans attendre qu’il se remette de mes paroles, je continuai :

       -   J’ai besoin de cinq compagnies aéroportées complètes pour prendre position sur le dernier niveau de Dienk. Je suis certain que les chefs hérétiques doivent se cacher quelque part dans les niveaux supérieurs, et il est vital qu’ils soient neutralisés au plus vite. Cela brisera le moral de la population, ce qui facilitera grandement votre avancée dans la ville.

       A vrai dire, je n’étais absolument pas certain que les psykers renégats dirigeant la rébellion se trouvaient là. J’avais simplement une intuition et maître Kantores m’a appris à toujours faire confiance à ses intuitions, car c’est à travers elle que l’Empereur nous transmet ses conseils, mais si j’avais dit au commandant Xarlos que je comptais mobiliser cinq compagnies entières sur la simple base d’une intuition, il aurait certainement été moins enclin à coopérer.

       -   Bien, dit-il dans un soupire de résignation. Je vais vous détacher cinq compagnies dunerriennes pour vous assister dans votre chasse. Je doute que vous puissiez aller loin avec si peu d’infanterie, mais après tout c’est votre problème.

 

 

       Les troupes que j’avais réclamées étaient constituées des compagnies n°12 à 16 du 340ème de Dunerre, et étaient embarquées dans un grand nombre de navettes Valkyries ainsi que dans une demi-douzaine de transporteurs Gemini. Ces vaisseaux typiques de l’armée Dunerrienne pouvaient être considérés comme les équivalents impériaux des Thunderhawk de l’Adeptus Astartes. Faisant environ vingt mètres en longueur, six en largeur et cinq en hauteur, ils pouvaient transporter plus de quarante-cinq fantassins chacun ainsi que deux véhicules légers, et disposait d’un armement assez polyvalent. Ces vaisseaux étaient l’équilibre idéal entre capacité de transport, manœuvrabilité, résistance et puissance de feu, ce qui en faisait les piliers de la stratégie d’attaque rapide des régiments de Dunerre, célèbres pour leurs assauts aéroportés.

       Pour le moment, ces troupes et leurs transporteurs étaient encore en train de se préparer à partir, le feu vert de l’état-major étant sur le point d’être donné. Le commandant Xarlos souhaitait que les forces d’attaque pénètrent dans la ville le plus rapidement possible dès que le bombardement orbital cesserait afin que l’ennemi n’ait pas le temps de réorganiser ses défenses à la périphérie de Dienk. Au loin, on pouvait encore entendre le bruit des explosions qui semblaient se faire de plus en plus nombreuses, comme si la flotte cherchait à prouver quelque chose avant de devoir faire taire ses canons.

       J’avais déjà rencontré des troupes dunerriennes durant certaines de mes enquêtes auprès de mon maître. C’étaient des soldats courageux aux tactiques agressives mais très efficaces, qui comptaient sur la grande mobilité de leurs compagnies aéroportées pour frapper les points faibles de l’ennemi ou effectuer des manœuvres de contournement. Leurs débarquements par navettes étaient célèbres dans le secteur Hullerstorm et même en dehors, mais si j’avais pu en observer un certain nombre jusqu’à maintenant, je n’avais encore jamais eu l’opportunité d’en vivre un directement. Accroché à mon siège par des sangles parmi les hommes et les femmes de la 15ème compagnie, j’observais les visages résolus de ces combattants dont les visages exprimaient aléatoirement l’excitation, la fierté ou l’inquiétude. Je ne devais pas me voiler la face : certains d’entre eux devaient voir d’un très mauvais œil le fait de devoir suivre les ordres d’un inquisiteur, celui-ci pouvant très bien les envoyer à une mort certaine.

       Soudain, l’état-major ordonna l’ordre de départ et notre pilote fit décoller la navette pour la diriger vers la cité-ruche. Le léger tangage de l’appareil nous secoua l’estomac le temps qu’il se stabilise pour adopter une trajectoire directe vers le vingt-septième et dernier niveau de Dienk, notre objectif. C’est lorsque nous ne fûmes plus qu’à une demi-douzaine de kilomètres que le bombardement orbital cessa pour nous laisser le champ libre. Les parties apparentes de la cité-ruches avaient été totalement dévastées, les plus hauts bâtiments n’étant plus que des monceaux de gravas et de poussières où subsistaient quelques rares ruines dont la hauteur ne dépassait pas la dizaine de mètres.

       Le dernier étage de Dienk était sans doute celui qui avait le plus souffert. Alors qu’il y a encore quelques heures il comptait les plus beaux édifices de la cité-ruche, sa surface n’était plus recouverte que par des de vastes étendues de dunes poussiéreuses d’où s’échappaient encore des vapeurs là où les dernières frappes étaient tombées. Il n’y avait pas âme qui vive, mais cela ne durerait certainement pas longtemps. Les cinq compagnies aéroportées placées sous mes ordres atterrirent au centre du vingt-septième niveau, là où devait se trouver l’unique accès vers les niveaux inférieur et donc le seul endroit par-lequel les hérétiques pourraient venir nous attaquer. En quelques instants, les quelques 800 soldats s’étaient dispersés parmi les ruines pour explorer les environs et établir un périmètre de défense avec leurs équipes d’armes lourdes. Des caisses de matériels furent ensuite déchargées pour établir un poste de commandement ainsi qu’une réserve de munitions pendant que les pilotes coupaient leurs moteurs et que les techniciens vérifiaient leurs auspex à la recherche d’activité ennemie. Jusque-là, tout se passait plutôt bien.

       -   Seigneur, fit soudain le capitaine Jorus de la 15ème. Nous avons découvert l’accès vers les niveaux inférieurs. Quels sont vos ordres ?

       -    Je vais partir en reconnaissance avec deux de vos pelotons. Restez en contact et tenez-vous prêts à envoyer des renforts si nécessaire.

       -    Comme vous voudrez, seigneur.

       Si je devais qualifier le capitaine Jorus en un seul mot, je dirais « professionnel » : il ne cherche jamais à savoir quelle raison se cache derrière un ordre et se contente simplement de l’appliquer avec une application difficilement égalable. Cela lui évite de se poser trop de question et lui permet de se concentrer uniquement sur sa mission. J’espérais simplement qu’il serait également capable de prendre de bonnes initiatives si les choses ne se déroulaient pas comme prévu.

       L’accès vers le vingt-sixième étage était un énorme monte-charge dont la plate-forme faisait près de quinze mètres sur dix, suffisamment pour y placer un char super-lourd de classe Baneblade mais pas assez pour les soixante-dix soldats qui m’accompagnaient et leur matériel. Il allait falloir faire le voyage en deux fois, et c’est pourquoi je choisis d’emmener avec moi les escouades de vétérans et d’armes lourdes de façon à disposer de la plus grande puissance de feu au cas où les hérétiques nous attendraient déjà en bas.

       La descente me sembla durer une éternité alors que la plate-forme parcourait les quelques centaines de mètres qui séparaient les deux niveaux de la cité-ruche. Le conduit du monte-charge nous empêchait de voir ce qui nous attendait en contre-bas, mais je doutais fortement que l’ennemi soit au courant de notre présence si tôt après la fin du bombardement, ou plutôt du moins je l’espérais…

       Lorsque le monte-charge s’arrêta enfin et que la double-porte blindée s’ouvrit devant nous, ce fut pour nous présenter un décor ténébreux où aucune lumière ne brillait et dont silence était aussi pesant que l’air qui était chargé de poussières. Les soldats qui m’accompagnaient activèrent les torches intégrées sous les canons de leurs fusils lasers tandis que les chefs d’escouade mettaient en marche la vision nocturne de leurs casques. Le lieutenant Hekman qui commandait le premier peloton me passa des lunettes spéciales qui me permirent de mieux observer le décor urbain qui nous entourait.

       Ce niveau avait été le quartier riche de Dienk, le lieu d’habitation des familles nobles ou bourgeoises et des privilégiés de la société, avec leurs résidences luxurieuses, leurs parcs artificiels et leurs avenues resplendissantes. Désormais, tout n’était que ruine, les bâtiments s’étant effondrés des suites des violentes secousses provoquées par le bombardement qui avaient eu le même effet qu’un tremblement de terre de grande magnitude. Les dégâts structurels étaient énormes si l’on oubliait la dévastation totale qui avait frappé les parties émergeantes de la cité-ruche, et à bien y réfléchir ce n’était pas une bonne chose pour nous car il serait nettement plus difficile de trouver des positions facilement défendables dans tout ce chaos.

       Alors que le monte-charge remontait pour aller chercher le reste de l’expédition, je demandais au lieutenant Hekman d’établir notre campement le plus près possible de celui-ci afin d’en protéger l’accès. Pendant ce temps, je choisissais l’une des escouades de vétérans pour explorer les ruines et chercher des traces des hérétiques et surtout des psykers qui avaient créé cette rébellion. Les vétérans dunerriens étaient tous équipés de visions nocturnes intégrées à leur casque, ce qui nous permettait d’avancer discrètement et donc d’éviter d’attirer l’attention. Equipé de mon traqueur psy, j’avançais à la tête de l’escouade au milieu des ténèbres et surveillant toutes les lignes de tirs possibles comme je l’avais appris, me fondant parmi les ombres avec une habilité que mon escorte imitait plutôt bien. Notre traque dura plus d’une demi-heure dans les environs immédiats du monte-charge, et je ne trouvai absolument aucun indice sur une quelconque présence récente des hérétiques dans ce secteur. Ne voulant pas pousser le risque trop loin, je décidai de retourner au camp afin de rassembler une plus grosse équipe pour une nouvelle exploration.

        Mais alors que nous étions sur le point d’arriver, des détonations de fusils lasers se mirent à retentir au niveau du monte-charge. Les éclairs rouges des tirs d’armes impériales illuminèrent les ténèbres, se faisant de plus en plus nombreux à chaque instant, tandis que des cris résonnaient à travers les ruines. Cela ne pouvait signifier qu’une chose :

       Le campement était attaqué.

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LA SUITE

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SOMMAIRE

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