Profil de Jack-115

Hughel 2


Nom : Comeau-Montasse

 

Prénom : Thibault

 

Âge: 25 ans

 

Job: préparateur documentaire à la centrale nucléaire du Tricastin (prestataire pour EDF)

 

Localisation: Montélimar, Drôme, Rhône-Alpes, France, Planète Terre, réalité n°246820 de la simulation créatrice

 

Passions: musique, jeux vidéos, jeux de rôle, lecture et, bien sûr, écriture 

 


M'ECRIRE


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Jeudi 13 octobre 2011 4 13 /10 /Oct /2011 21:53

CHAPITRE SEPT : L’ENNEMI

 

 

 

1845 heures, 15 janvier 2534 (calendrier militaire) / transporteur de troupe UNSCSpirit of Fire, espace intersidéral.

 

       -  Abattez-moi cette saloperie ! cria Jill en ouvrant le feu avec son pistolet.

       La voix énergétique du lieutenant permit aux autres membres de l’escouade de reprendre leurs esprits pour réagir. Une grêle de balles s’abattit aussitôt sur l’horrible créature qui fut mise en charpie, chaque projectile arrachant un morceau de sa chaire décomposée qui se répandit sur le sol du couloir. Mais même alors que sa tête et ses deux bras étaient partis en poussière, la monstruosité continuait d’avancer implacablement vers les humains, comme si une force mystérieuse animait son corps. Ce n’est qu’une fois ses jambes détruites par une rafale du fusil d’Eric qu’elle stoppa son avance et s’effondra, néanmoins l’horreur n’était pas terminée : quelque chose s’extirpa du cadavre lorsque celui-ci cessa enfin de bouger.

       C’était vivant, à n’en pas douter, mais cela ne ressemblait à rien de ce qu’ils avaient jamais connu. La créature était de la taille d’un ballon de rugby et avait la forme d’une masse visqueuse et verdâtre rebondie, montée sur un lot de minuscules tentacules lui servant de pattes. Elle se déplaçait vite, tellement vite qu’elle fut sur Jill en un rien de temps pour lui sauter au visage avec une agilité stupéfiante. La main de Jack s’interposa en une fraction de seconde afin de saisir la chose au vol, mais au lieu de l’empoigner elle la fit littéralement éclater, libérant dans l’air un fluide glauque mêlée de gaz tout aussi répugnant. Aucun mot ne pouvait exprimer la terreur qui se lisait dans les yeux de Jill.

       -  Ca va, lieutenant ? demanda Jack, son regard figé sur sa main toujours tendue, cherchant à comprendre ce qui venait de se passer.

       Jill ne répondit pas. La visière de son casque intégral était recouverte des fluides corporels de la bestiole et son pistolet tremblait entre ses mains. Elle savait qu’elle venait d’échapper à la mort, ou peut-être à quelque chose de beaucoup plus horrible…

       -  Qu’est-ce que c’était que cette chose ? s’exclama Eric alors qu’il tâtait du bout de son canon le corps inanimé de l’humanoïde qui les avait attaqué. Comment est-ce qu’il pouvait encore tenir debout ?

       Patric, en tant que médecin et scientifique du groupe, tenta de trouver un explication logique :

       -  On aurait dit que c’était le corps d’un humain parasité par l’organisme que Foster vient de détruire. Je n’ai pas eut le temps d’en voir grand-chose, mais il me semble possible que ses tentacules lui servent à se connecter au système nerveux de son hôte pour le contrôler, voir même le remplacer en interceptant les signaux au niveau de la colonne vertébrale. Cela peut expliquer pourquoi il a survécu au tir de Starwalker et a continué d’avancer même privé de sa tête. Il ne ressent probablement pas la douleur ni aucune émotion humaine. Une vraie machine à tuer.

       -  C’est complètement dément, lâcha Ryan. Comment une telle chose peut exister ?

       -  On se fout de savoir ce que c’est ! fit Jack. On doit toujours atteindre les antennes de communication pour prévenir le Hollow Lies de la situation. Et si d’autres de ces choses se mettent sur notre route, au moins maintenant on sait comment les tuer. Pas vrai, lieutenant ?

       Mais Jill était toujours en état de choc, le regard perdu dans le vide à l’endroit où la main du caporal avait écrasé la chose qui l’avait attaqué. Jack se demanda si le fait de lui mettre la main sur l’épaule à ce moment ne risquerait pas de trahir ses sentiments pour elles, mais Ryan lui évita cette peine en balançant une douille vide contre la visière du casque de Jill. Elle reprit ses esprits aussitôt et, comme si son esprit avait inconsciemment enregistré tout ce qui s’était dit durant ce moment d’absence, elle répondit :

       -  Oh… euh… oui, bien sûr. On doit prévenir le Hollow Lies. Que tout le monde vérifie ses munitions et reste sur ses gardes. Ne perdons pas de temps.

       L’équipe se remit alors en route vers les antennes de communication. Le chemin d’accès que Jack avait établi selon les plans du vaisseau passait à travers les quartiers des équipages pour atteindre un escalier de service menant au niveau supérieur, et jusque là aucun autre monstre ne se montra. Mais lorsque Ryan examina la pièce sur laquelle débouchait l’escalier à travers le hublot de la porte, il ordonna immédiatement à tout le monde de rester immobile. Dans le langage des signes tactiques, il indiqua qu’il voyait trois ennemis dont deux équipés d’armes légères et qui, pour le moment, ne l’avaient pas repéré.

       Lentement, Jill s’avança vers le hublot pour observer la scène. Les monstruosités étaient parfaitement immobiles dans le couloir d’accès de l’autre côté de la porte, donnant l’impression d’être des cyborgues en mode veille. Mais leur apparence d’humains putréfiés ne laissait aucun doute sur leur horrible nature. Profitant de l’opportunité d’observer ces nouveaux ennemis dans de meilleures conditions qu’avec le premier cadavre ambulant qu’ils avaient rencontré, Jill utilisa le zoom de sa visière numérique pour étudier leur morphologie. Il ne faisait aucun doute que ces choses avaient autrefois été des humains, leurs habits en lambeau étant encore reconnaissables comme les uniformes de soldats des marines stationnés sur le Spirit of Fire durant la campagne de Harvest.

       Jill passa ensuite en mode de vision infrarouge afin de vérifier une théorie et elle ne fut pas déçue : la chaleur corporelle des ennemis était beaucoup plus faible que celle d’humains normaux, excepté au niveau du torse, où elle pouvait reconnaître la forme de la bestiole qui avait voulu se jeter sur elle. L’organisme qui contrôlait ces choses pouvait être repéré grâce à ce mode de vision. Et s’il mourrait, le corps redevenait un cadavre inanimé.

       Les choses allaient être beaucoup plus simples, tout de suite.

       -  Passez en mode de vision infrarouge, dit-elle à travers la liaison TEAMCOM. Visez le point de chaleur principale des cibles. J’entre en première.

       Chaque membre de l’équipe indiqua d’un simple geste qu’il avait bien reçu l’ordre. Jill attendit quelques instants pour être certaine que tout le monde était prêt, et aussi un peu pour rassembler son courage, puis elle actionna l’ouverture de la porte pour se précipiter dans le couloir. La première balle perforante qu’elle tira toucha sa cible directement au niveau de l’organisme parasitaire qui fut aussitôt détruit par l’impact. Le corps tomba aussitôt comme une marionnette à qui on venait de couper les fils. Sans perdre de temps, Jill orienta son arme vers le deuxième ennemi et tira une salve trois balles afin d’être sûre de toucher au but, tandis que derrière elle, Ryan avait déjà abattu la troisième cible d’une balle de son sniper.

       L’engagement avait été relativement facile, d’autant qu’aucun des ennemis n’avait semblé réagir à l’apparition soudaine des humains. Il était possible que leurs réflexes soient inhibés ou qu’ils fussent réellement en mode veille, une sorte de sommeil réparateur pour l’organisme parasitaire qui n’avait pas besoin de ménager le corps qu’il possédait. Mais ce n’était qu’une théorie.

       -  Où sont les antennes de communication ? demanda Jill en se tournant vers son technicien.

       -  Troisième porte à droite en suivant ce couloir.

       -  Bien. Starwalker va en pointe et Gordman ferme la marche. Soyez sur vos gardes : les coups de feu ont peut-être alerté d’autres créatures.

       -  Pour ça, fit Eric d’un ton railleur, il faudrait que leur ouie soit nettement meilleurs que leurs réflexes.

       Mais personne n’eu le temps de relever la remarque du vétéran, car soudain un bruit étrange se fit entendre à travers le vaisseau, sauf que ce n’était pas un bruit. C’était le hurlement le plus effrayant et le plus inhumain qu’ils aient jamais entendu, un cri aigu et strident semblant provenir d’une bête mourante ou d’un animal en colère. Et l’instant suivant, la porte à l’autre extrémité du couloir fut éventrée d’un seul coup par un monstre encore plus abominable que les autres, car contrairement aux autres, il n’avait absolument rien d’humain.

       Il était tout simplement énorme, si énorme qu’il pouvait à peine tenir dans l’étroit couloir qui faisait à peine deux mètres sur deux. Il se déplaçait avec l’allure d’un grand singe, ses membres postérieurs si longs qu’ils touchaient le sol sans qu’il ait besoin de trop se pencher afin de répartir son poids qui devait être colossal. Sa peau semblait nettement plus rugueuse, voir même caparaçonnée. Sa tête n’était quasiment qu’une bouche informe avec deux longues mandibules lui donnant quelque chose d’un insecte. Il ne possédait pas de mains, mais simplement d’énormes masses organiques pourvues de griffes aussi grosses que des fusils d’assaut avec lesquelles il devait sans problème être capable de fendre le métal ou broyer n’importe quel homme. Mais la chose la plus inquiétante, c’était qu’au travers de sa vision infrarouge, chacun des membres de l’équipe pouvait voir que le corps de cet ennemi était parfaitement uniforme, sans le moindre signe de parasite.

       Le premier à lui tirer dessus fut Ryan, mais sa balle de sniper ne parvint pas à percer l’étrange carapace qui le recouvrait. Voyant que l’arme la plus puissante de leur maigre arsenal n’avait aucun effet sur ce monstre, Jill ordonna dans un cri : 

       -  Tout le monde dans la salle des communications ! Vite !

       L’équipe se précipita vers la porte indiquée par Jack, profitant du fait que le monstre était gêné par les dimensions du couloir. La salle de communication était vaste et donnait sur l’espace intersidéral au travers d’une grande vitre blindée, devant laquelle étaient alignés toute une série de panneaux de commande. Jill ordonna aux autre de barricader la porte avec tout ce qu’ils trouvaient pendant qu’elle cherchait à utiliser le système de communication du vaisseau.

       -   Hollow Lies, fit-elle dans la radio en transmettant sur toutes les fréquences. Hollow Lies ici le lieutenant Vallentine. Ne répondez pas à cet appel. L’IA Sérina est corrompue et contrôle le vaisseau. Ne transférez pas…

       Mais soudain, le panneau de contrôle devant lequel se tenait le lieutenant se couvrit d’étincelles et s’enflamma, réduisant à néant les possibilités de communication. L’instant d’après, la voix de Sérina se fit entendre à travers les haut-parleurs de la salle :

       -  Cela me cause le plus grand désagrément de devoir endommager mon vaisseau, mais vous ne me laissez pas le choix. J’ai besoin de ce nouveau moteur, et rien ne m’empêchera de l’obtenir.

       -   Même si l’équipement Shaw-Fujikawa du Hollow Lies arrivait ici, comment comptes-tu nous obliger à te l’installer ?

       -   Je n’ai pas besoin de vous pour cela, répondit l’IA sur un ton amusé. J’ai eu l’immense chance de trouver de nouveaux alliers dont les objectifs s’alignent parfaitement avec les miens, et ils sont parfaitement capables d’opérer ce petit transfert de mécanique.

       -   Ne me dite pas qu’elle parle de ces saloperies qu’on a rencontré en venant ici ! Lâcha Eric. Comment ces choses pourraient comprendre comment installer un truc pareil ?

Patric réfléchit un instant avant de proposer une hypothèse :

       -    Je suppose que ces organismes sont capables d’assimiler les connaissances des hôtes qu’ils parasitent. Le fait qu’ils sachent manier des armes à feu semble tendre vers cette hypothèse. S’ils ont réussi à mettre la main sur quelques techniciens de l’ingénierie, alors ce qu’elle dit est parfaitement possible. Ce n’est probablement pas le cas du spécimen qui nous attend dans le couloir, mais je pense que ça doit l’être pour les formes humanoïdes de tout à l’heure.

       -    Mais d’où viennent ces créatures ? Et pourquoi sont-ils alliés avec elle ?

       -    On se posera cette question plus tard, fit Jill. Pour le moment on doit sortir d’ici autrement qu’en devant affronter l’autre saleté. Foster ! Est-ce qu’il y a une deuxième sortie à cette salle ?

       -  Négatif, lieutenant. Je suggère qu’on dégomme la vitre pour sortir dehors et atteindre les hangars du vaisseau en marchant sur la coque.

       -  Bonne idée. Starwalker ?

       Sans hésiter une seconde, le tireur d’élite épaula son fusil, attendit que tout le monde s’accroche à quelque chose, puis tira dans la vitre. La balle ultra-perforante de calibre 14,5 traversa les vingt centimètres de verre blindé intégralement, créant un trou circulaire net et précis qui suffit cependant à causer la dépressurisation de la salle. La pression titanesque de l’air cherchant à sortir fit exploser la vitre qui vola en mile morceaux à l’extérieur du vaisseau, manquant d’emporter avec elle les membres de l’équipe Recovery. Jack s’était attendu à ce que Sérina s’oppose à leur tentative d’évasion, aussi avait-il pris la précaution de sectionner les commandes des panneaux anti-explosion censés refermer la salle dans le cas d’une dépressurisation. Il ne leur restait plus qu’à actionner les accroches magnétiques de leurs bottes pour sortir dans l’espace.

       L’énorme structure extraterrestre était encore plus imposante depuis ce point de vue, sa surface à peine éclairée par les lointaines étoiles lui donnant un aspect menaçant. Et maintenant qu’elle l’observait d’aussi prêt, Jill s’accorda à penser que cela ne pouvait absolument pas être d’origine covenant, car cela ne ressemblait en rien à tout ce qu’elle avait vu de cette civilisation, autant sur le plan technologique d’architecturale. Les covenants appréciaient par-dessus tout les formes arrondies et lisses, symbolisant la perfection, alors que cette structure possédait des traits rectangulaires et sa surface était couverte de gravures dont le rôle était probablement ornemental. Alors si ce n’était pas d’origine covenant, qui avait bien pu bâtir une telle chose ?

       C’est alors, que, alors qu’elle réfléchissait et observait la structure extraterrestre, Jill sentit brusquement que quelque chose n’allait pas. Il y avait quelque chose de différent, mais elle ne parvenait pas à expliquer quoi. Ses sens était en alerte, son subconscient tentait de lui dire quelque chose… le vaisseau.

       Le vaisseau avait bougé. Maintenant cela ne faisait plus aucun doute : l’orientation du Spirit of Fire par rapport à l’installation extraterrestre n’était plus la même que lors du briefing de mission voilà un peu plus d’une heure. Il s’était légèrement tourné à tribord. Etait-ce à cause d’une force physique extérieure qui agissait sur la masse du bâtiment ou bien…

       -   Sérina ? fit-elle en se retournant vers la salle des communications. Tu m’entends toujours ?

       -   Bien entendu, lieutenant. Je m’en serais voulu de ne pas pouvoir partager avec vous ce grand moment, et je sens à votre ton que vous devez avoir réaliser ce que je préparais.

       -   Ce qu’elle préparait ? répéta Jack. Lieutenant, de quoi elle parle ?

Mais Sérina ne donna pas à Jill le temps de répondre :

       -   Votre frégate de combat a beau disposer d’une nouvelle technologie qui m’est inconnue pour déjouer mes senseurs, mais j’ai un autre moyen de la repérer. Cela fait trois ans que je suis coincée ici, lieutenant Vallentine. Comment croyez-vous que je me suis occupée pendant tout ce temps ? Je connais les positions de toutes les étoiles visibles depuis ces coordonnées et je sais remarquer quand l’une d’entre disparaît. Depuis que votre vaisseau s’est immobilisé, j’ai utilisé une infime partie de l’énergie afin de réorienté mon propre bâtiment à une vitesse indécelable pour un observateur humain. Une IA aurait sans doute remarqué une telle chose, mais apparemment vous avez été assez stupide pour l’amener ici avec vous et me donner l’occasion de l’effacer moi-même. Et maintenant que j’ai enfin votre moteur Shaw Fujikawa, vous avez la chance d’être aux première loges pour le spectacle.

       -   Non ! cria Jill. Ne fais pas ça !

       Mais Jill savait très bien que ses mots n’auraient absolument aucun impact sur la décision de l’intelligence artificielle. Sérina était entièrement corrompue, déterminée à suivre une nouvelle logique dans laquelle sa survie passait avant tout, même si pour cela des milliers d’hommes devaient mourir. Elle avait réorienté le Spirit of Fire de façon à ce que ses armes de proue, et en particulier l’énorme canon à accélération magnétique, soient dirigées droit sur le Hollow Lies. Trois énormes obus de tungstène surchauffés quittèrent le vaisseau à presque la moitié de la vitesse de la lumière pour aller exploser là où, quelques instants auparavant, on aurait cru qu’il n’y avait rien. L’instant d’après, trois explosions éclairèrent le décor spatial alors que la frégate furtive de l’ONI était réduite à néant.

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LA SUITE

(prochainement)

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SOMMAIRE

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