Profil de Jack-115

Hughel 2


Nom : Comeau-Montasse

 

Prénom : Thibault

 

Âge: 24 ans

 

Job: technicien chez Assystem à Pierrelatte (en cours de formation)

 

Localisation: Montélimar, Drôme, Rhône-Alpes, France, Planète Terre, réalité n°246820 de la simulation créatrice

 

Passions: musique, jeux vidéos, warhammer, et bien sûr, écriture 

 


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ILLUMINATI

Dimanche 30 octobre 2011 7 30 /10 /Oct /2011 11:40

CHAPITRE SEPT : LES CHEMINS DE LA DAMNATION

 

 

Vingt-sixième niveau de la cité-ruche Dienk, monde-ruche Vogen, sous-secteur Volkmar, secteur Hullerstorm.

 

       Cela faisait maintenant plusieurs dizaines de minutes que nous avions abandonné le tumulte de la bataille derrière nous pour avancer parmi les ombres des bâtiments qui dansaient sous la lueur des torches lointaines brandies par les hérétiques. Je ne doutais pas que les gardes laissés derrière nous feraient payer à ces traitres un lourd tribut pour s’être ainsi détourné de l’Empereur, mais je devinais qu’ils survivent à cet affrontement. Je devais m’assurer que leur sacrifice ne soit pas vaint.

       Je n’avais désormais plus avec moi que le caporal Hosman et douze autres faucons vétérans armés comptant un porteur de lance-flamme et un fuseur, ainsi qu’une charge de démolition standard. Ce petit arsenal nous permettrait certainement de nous frayer un chemin à travers un petit contingent d’hérétiques surpris, mais sûrement pas d’affronter la marée de fanatiques qui convergeait vers les positions tenues par les différents bataillons loyalistes. Si nous devions nous opposer à une trop forte résistance devant le centre médiatique de la cité-ruche, la charge de démolition pourrait faire s’effondrer le bâtiment et, avec la grâce de l’Empereur, tuer la plupart des psykers ennemis. C’était le plan, du moins.

       Quant à savoir ce qui nous arriverait une fois les psykers éliminés… je préférais ne pas y penser. Maître Kantores m’avait appris à ne pas laisser ce genre d’inquiétude perturber mon jugement sur la nécessité d’agir. Actuellement, nous étions les seuls à pouvoir mettre fin à cette menace, et rien d’autre n’importait. Pas même nos propres vies.

       Lorsqu’il ne fut plus possible de progresser par les toits, nous dûmes emprunter les escaliers de marbre de ce qui nous sembla avoir été la résidence d’un riche marchand de la ruche, et retournâmes dans la rue. Heureusement, la horde des hérétiques était désormais loin derrière nous, si loin que les sons de la bataille n’étaient plus que des murmures… à moins que les affrontements ne soient déjà terminés. Si tel était le cas, nous n’avions alors plus beaucoup de temps. D’un simple geste, j’ordonnais à mes suivants d’accélérer et ils s’exécutèrent sans pour autant rendre leur démarche plus bruyante. Quelques instants plus tard, les ruines du centre médiatique de Dienk fut enfin en vue.

       Formé d’un dôme de métal de huit cent mètres de diamètres posé sur un bâtiment cubique légèrement plus large, il avait autant souffert du bombardement que toutes les autres bâtisses autour de lui mais ses dimensions plus imposantes l’avaient préservée de l’effondrement. Du temps où cette ruche était encore un puissant et fidèle centre industriel de l’Imperium, cette vaste structure servaient à diffuser des messages de propagande impériale à travers tous les niveaux de l’agglomération, incitant la population à travailler dur et à respecter la loi ou à dénoncer ceux qui l’enfreignaient. Placée sous la responsabilité du gouvernement local et protégé par les forces de défense planétaires, il s’agissait d’un des éléments vitaux du fonctionnement de la ruche. A présent, ce n’était plus qu’une ombre parmi d’autres, une ruine parmi des milliers, et le potentiel repère des plus dangereux psykers de cette planète.

       Nous approchâmes en restant le plus à couvert possible et finîmes par apercevoir les premières sentinelles ennemies patrouiller devant l’accès principal. Mes photo-lentilles augmentaient le peu de lumière naturelle qui régnait et me renvoyèrent les images de cinq hommes et femmes de natures très hétéroclites qui n’auraient normalement jamais partagé autant de proximité. Il y avait là une brute dont les tatouages l’identifiaient clairement comme un membre de gang des sous-niveaux, une courtisane de la classe moyenne, deux ouvriers d’usine et un marchand. Ils avaient le même regard vide et se déplaçaient en silence sans se regarder directement, et portaient dans leurs mains frêles des armes de natures très diverses elles aussi. Je parvins à reconnaître aisément la forme d’un bolter dans celles du marchand, tandis que la brute ne portait qu’un simple couteau. L’un des deux ouvriers n’était armé que d’un gros outil de serrage qu’il faisait trainer lourdement par terre, tandis que son homologue tenait un chalumeau dont il avait éteint la veilleuses, sans doute pour en économiser le précieux carburant. La courtisane, quant à elle, tenait une arme que je ne parvins pas à reconnaître, mais qui était clairement une sorte de lance-projectile primitif. Vu leurs origines, je ne m’attendais pas à ce qu’ils sachent très bien se battre, du moins la plupart d’entre eux, cependant ils représentaient un obstacle des plus embarrassants car nous ne pourrions jamais les éliminer sans faire un minimum de bruit.

       -  Chef, murmura soudain Eric alors qu’il observait le terrain à travers la lunette de son long-las. Je vois une bonne brèche non surveillée dans le flanc gauche du bâtiment, à cinq cent mètres. On pourrait s’infiltrer par là plus facilement.

       -   Parfait. Guide-nous, on te suit.

       Le caporal prit la tête du groupe et nous emmena sur le flanc gauche du centre médiatique en slalomant entre les ruines. Nous passâmes à côté d’une carcasse de chimère des FDP carbonisée au point que tout ce qui n’était pas du blindage avait plus ou moins fondu. Son conducteur n’était plus qu’un squelette aux morceaux éparpillés à travers la cabine de pilotage, et j’eu le sentiment que les orbites de son crâne noir de suie me fixaient depuis l’autre monde alors que j’observais cette triste scène. D’autres signes d’affrontements similaires étaient visibles autour de nous, mais il semblerait que les combats aient été très rapides car on voyait assez peu de traces d’impacts de tirs sur les murs ou ailleurs. Les hérétiques devaient avoir pris les forces locales totalement par surprise.

       La brèche qu’avait repérée Eric était assez large pour faire passer deux hommes de front et s’étirait jusqu’au sommet du bâtiment selon un chemin en serpentin en traversant plusieurs niveaux. Aucune sentinelle n’était en vue, mais sur le mur étaient posés deux fusils laser ayant probablement appartenu aux FDP locales, et dont les emblèmes impériaux avaient été rayés ou brisés. Quelques boîtes de conserve vides et autres denrées périssables étaient également abandonnées sur le sol de façon anarchique, de même que des couvertures rapiécées et quelques vêtements sales. Je décidai d’entrer en premier et, alors que je passais le seuil de l’ouverture, j’entendis des bruits dans la pièce immédiatement sur ma droite. Cela ressemblait au bruit que font les loups de Fellris, dans les plaines gelées d’Eridios, lorsqu’il dévorait une proie. Sauf que cette fois-ci ce n’était pas des bêtes, mais deux hommes, qui étaient en train de se repaitre du corps d’une petite fille apparemment morte depuis peu. Leurs habits étaient tellement sales et en lambeaux qu’il était impossible de savoir à quoi ils ressemblaient à l’origine, et la sauvagerie dont ils faisaient preuve sur le cadavre de l’enfant leur donnait une allure encore plus bestiale et primitive.

       Malgré leur répugnant repas, les deux hérétiques parvinrent à entendre mes pas sur le parquet couvert de débris, et ils se retournèrent avec vigueur pour fondre sur moi sans la moindre hésitation. S’ils avaient été capables de parler, je pense qu’ils auraient poussé le même genre de grognement qu’ont les bêtes sauvages lorsqu’elles se sentent menacées ou qu’elles souhaitent intimider un rival apparaissant soudain sur leur terrain de chasse. Mais je n’étais pas un rival, seulement un instrument de la juste vengeance de l’Empereur.

       Les Serres d’Eridios brillèrent d’une lueur bleutée froide alors qu’elles se déployaient en accumulant de d’énergie, et les contours de leurs lames devinrent flous lorsque leur vibration fut trop rapide pour être visible à l’œil nu. Le premier hérétique avança un bras alors qu’il s’élançait dans ma direction, et je le sectionnai au niveau du coude dans un bref mouvement ascendant, avant de faire redescendre mon arme sur son torse pour le scinder en deux autres morceaux. Son compagnon n’eut guère plus d’esprit en tentant de m’appréhender et voulu se jeter sur moi d’un bond bestial, mais je l’interceptai en plantant mes serres dans sa gorge avant d’utiliser l’élan de son saut pour l’envoyer s’écraser contre le mur derrière moi. Alors que les hommes de ma suite s’approchaient précipitamment pour découvrir ce qui se passait, je m’approchai lentement du cadavre de la jeune fille pour l’examiner. Il ne me fallut pas longtemps pour découvrir qu’elle n’avait pas subit les mêmes transformations que les traitres que j’avais observé précédemment, ses pupilles étant normales et ses cordes vocales toujours en place. Elle devait certainement être encore vivante lorsque ces sauvages lui avaient déchiqueté la gorge. Son sang était même encore chaud.

       Fermant les yeux un instant, j’adressai une prière à l’adresse de son âme afin qu’elle se retrouve en paix à la droite de l’Empereur, puis me retournai vers mes hommes pour leur indiquer silencieusement de me suivre. L’intérieur du centre médiatique de Dienk avait cruellement souffert des frappes orbitales de la flotte, si bien qu’il était presque impossible de savoir s’il avait déjà subi des dégâts au cours du soulèvement. Des signes d’occupation récente étaient visibles un peu partout, qu’il s’agisse des déjections ignobles des hérétiques ou des cadavres sanglants d’autres enfants dévorés, mais aucun bruit ne nous parvenait en dehors de ceux de nos propres pas. Utilisant ma propre expérience des habitudes des hérétiques, je dirigeai mon groupe vers les sous-sols du bâtiment, prenant la tête avec le porteur du lance-flamme placé juste derrière moi en cas de nécessité. L’obscurité était totale dans ces sous-niveaux, et les amplificateurs de lumières de nos appareils de vision ne permettaient plus de voir suffisamment, aussi nous allumâmes plusieurs torches électriques. Des runes impies avaient été inscrites sur les murs, peintes avec du sang ou gravés dans le matériau, le plus souvent de façon très grossière. Maître Kantores avait vite remarqué que mes facultés d’Intouchable me rendaient également insensible à la corruption qui émanait naturellement de ces symboles hérétiques, aussi m’avait-il formé à reconnaître ces symboles et à les identifier pour le bien de nos enquêtes. Être capable d’analyser les connaissances de l’ennemi était une arme parfois bien plus puissante que les outils de combat des astartes ou même qu’un Exterminatus.

       Parmi les runes que j’avais sous les yeux, il y avait principalement l’étoile à huit branche symbole du Chaos Universel, l’Archi-Ennemi, mais aussi quelques inscriptions plus particulières comme des runes de pouvoir à l’utilisation réservée aux psykers, ce qui me rassura car cela signifiait que je ne m’étais pas trompé : les sorciers ennemis avaient bien trouvé refuge ici. Ces symboles courraient sur les murs en de longues phrases dans la langue noire du Nocterien, autrefois utilisée par un ancien peuple tribal sur Scition avant l’Heresy d’Horus, aujourd’hui l’un des nombreux langages corrompus employés par les sorciers du chaos dans le secteur Hullerstorm. La plupart de ces phrases étaient des formules d’invocation des énergies du Warp, ce qui signifiait que les sorciers hérétiques qui étaient derrière ce soulèvement n’avaient pas assez d’entraînement pour invoquer ces énergies par la simple pensée comme savent le faire les psykers assermentées de l’Imperium. D’autres formules servaient à commander les esprits ou à sonder les pensées, des outils plutôt utiles pour fomenter la rébellion massive d’une ruche. Il n’y avait plus de doute possible : nos cibles étaient bien là.

       Il nous fallut descendre jusqu’au troisième sous-sol pour finalement rencontrer un signe de présence sous la forme de bougies allumées un peu partout sur le mobilier et par terre pour éclairer les pièces. Les formules de sorcellerie étaient beaucoup plus nombreuses à ce niveau, recouvrant presque entièrement certaines surfaces en formant des motifs hérétiques qui auraient révulsé les yeux d’un homme normal. La lueur vacillante des bougies donnait l’impression que les écritures dansaient, tremblaient, comme si elles cherchaient à s’échapper des surfaces dans lesquelles elles avaient été gravées.

       Au bout d’un couloir, derrière une porte de métal rouillé aux gonds vacillants, commencèrent à nous parvenir des bruits de conversations lointaines dans un langage qui n’était clairement pas du gothique. M’approchant le plus silencieusement qu’il m’était possible, je saisis lentement la crosse de mon pistolet bolter et vérifiais qu’il était bien chargé. Le simple poids de l’arme m’assura que le chargeur était au moins à moitié rempli de projectiles explosifs. Le soldat Jago à côté de moi alluma la veilleuse de son lance-flamme et les gardes derrière lui désengagèrent les sécurités de leurs propres armes.

       Mais cela suffit à ce qu’un hérétique posté dans l’une des salles du couloir s’aperçoive de notre présence. Il passa le seuil d’une porte à quelques mètres sur notre droite, son torse nu recouvert de sang boueux séché, des scarifications pleins les bras, et un pistolet de mauvaise facture à la main. Pendant un instant, j’eu l’impression que nous étions définitivement repérés, mais l’un des vétérans tira un couteau de combat et le lança violemment sur l’ennemi qui reçut la lame en plein cœur. L’homme s’effondra mollement sur le sol sans un son.

       Le soldat Jago alla examiner la salle d’où l’hérétique était sorti mais ne trouva rien d’intéressant, excepté des restes de cadavres humains en putréfaction dont la vision lui donna subitement la nausée. D’une tape sur l’épaule, je l’incitai de se retenir de vomir pour le moment et continuai d’avancer vers la source de la discussion au bout du couloir. Je percevais quatre à cinq voix différentes et, bien que le langage qu’elles employaient m’était totalement inconnu, il m’étais facile de reconnaître à leurs différents accents qu’il ne s’agissait pas la langue natale de plusieurs des interlocuteurs. Le début d’enquête effectué par maître Kantores indiquait que quelqu’un cherchait à rassembler des psykers de haut niveau sur plusieurs mondes pour les amener sur Vogen, ce qui expliquerait que la plupart de ces sorciers soient d’origines très différentes. Mais même si neutraliser ces ennemis était une priorité, ce n’était pas la plus grande en ce qui me concernait : je voulais savoir qui était derrière ce soulèvement, qui avait rassemblé ces psykers pour retourner le peuple de la ruche contre l’Imperium, qui avait organisé tout ce carnage. Et pour cela, j’avais besoin d’un prisonnier.

       C’est pourquoi j’avançai en premier pour enfoncer la porte de métal au bout du couloir et m’introduire dans le sanctuaire des psykers renégats. Il s’agissait de l’ancienne salle des machines du centre médiatique de Dienk, dont les instruments et autres appareils étaient depuis longtemps hors service ou à moitié détruits par manque d’entretien. Haute de trois mètres, longue d’une centaine et large d’une trentaine, elle était principalement rempli de mécanismes divers à l’état pitoyable parmi lesquels une douzaine d’individu avait installé leur camp de fortune pour se protéger du bombardement de la flotte. La moitié d’entre eux était rassemblé autour d’une caisse qu’ils utilisaient comme table pour y poser des cartes en papier et quelques plaques de données, tandis que les autres étaient couchés sur des lits de fortune établis près des quelques appareils ayant encore gardé une quelconque chaleur résiduelle pour les tenir au chaud. Ceux qui étaient en train de dormir se levèrent en sursaut lorsqu’ils entendirent la porte de leur antre tomber violemment au sol et se dirigèrent vers moi, tandis que mon escorte prenait place dans mon dos en attendant mon signal pour ouvrir le feu.

       -   Par autorité de la très sainte inquisition et au nom de l’Empereur Tout-Puissant, je vous ordonne de vous rendre sur-le-champ !

       Je savais bien que de tels hérétiques refuseraient catégoriquement de se rendre, surtout face à l’Inquisition, mais ce n’était pas le résultat que je cherchais. Alors que les psykers se regardaient les uns les autres un bref instant, j’essayai de décrypter chez eux une quelconque organisation hiérarchique afin d’identifier le chef, ou du moins celui qui s’approchait le plus d’un chef parmi cette bande de mécréants. L’un d’eux, un grand homme de stature plutôt forte pour un psyker, aux cheveux noirs comme le jais et au teint légèrement pourpre, me sembla être le plus qualifié au vu de sa réaction et de celles de ses comparses. Mon impression se révéla d’autant plus juste lorsqu’il prit la parole pour me répondre :

       -  Votre Faux Empereur ne peut rien pour vous ici, chiens de l’inquisition ! Priez tant que vous le pouvez encore !

       Là-dessus, le sorcier commença à réciter des paroles d’invocation et la température de la pièce chuta brusquement alors que le voile de la réalité s’amincissait. Les énergies qu’il tira de l’Immaterium prirent la forme d’un puissant éclair qu’il dirigea droit vers moi. Mais au lieu de me réduire en cendre comme il s’y attendait, l’éclair fut dévié de sa course à peine trois mètres devant moi et alla creuser un trou large comme un rhino dans l’un des murs de la pièce. En réponse à cette agression, je levai mon pistolet bolter et tira un unique projectile dans la jambe droite du psyker. Son membre disparut dans une gerbe de sang ténébreux lorsque le bolt explosa, et il tomba à la renverse dans un râle de douleur qui arracha les tympans de plusieurs des autres sorciers. Les regards de ces derniers devinrent soudain emplis de terreur. Quelques ’un d’entre eux tentèrent leur chance à leur tour, invoquant leurs sombres pouvoirs pour m’abattre, mais sans plus de succès. La moitié des psykers chercha à s’échapper en courant vers une sortie située à l’autre bout de la pièce.

       -  Tuez les fuyards ! ordonnai-je à mon escorte. Capturez ceux qui résistent !

       Les vétérans dunerriens firent preuve d’un sang-froid parfait alors qu’ils appliquaient mes consignes à la lettre, épargnant les ennemis les plus coriaces et abattant les autres. Le soldat Jago mit de côté son lance-flamme pour sortir son arme de poing, un simple pistolet laser beaucoup moins sujet aux dommages collatéraux. Ils tiraient dans les jambes pour les immobiliser, puis dans les bras pour les empêcher d’utiliser leurs pouvoirs. Un tir du long-las d’Eric intercepta la tête d’un des lâches alors qu’il était sur le point de nous échapper, et son corps sans vie fit encore quelques pas à l’extérieur avant de finalement tomber comme une marionnette aux fils coupés.

       Soudain, le dernier hérétique encore debout lança un autre éclair dans ma direction, et celui-ci fut dévié vers une machine tournante dont le réservoir était apparemment encore rempli à moitié de prométhéum raffiné. Cela déclencha une explosion qui me jeta à terre avec une partie des vétérans. Jago tira d’abord dans le genou gauche du psyker, puis dans ses bras au niveau des poignets pour en sectionner les tendons. Alors que je me relevais, je me rendis compte que l’explosion avait déclenché un début d’incendie et que la fumée noire de la combustion du carburant commençait déjà à remplir la salle des machines.

       -    Seigneur ! me fit Eric. Quels sont les ordres ?

       -  Saisissez ces traîtres et emmenez-les dehors ! Que quelqu’un essaye de contacter nos transporteurs pour demander une évacuation d’urgence !

       Alors que les gardes assommaient les quatre sorciers épargnés, histoire d’être certains qu’ils ne tenteraient rien de dangereux, je me dirigeai vers la caisse sur laquelle étaient rassemblés les cartes et plaques de données des hérétiques. La plupart ne contenaient que des données officielles des plans de la cité-ruche, des relevés d’inventaires d’armurerie et d’autres informations sans intérêt, mais l’une des plaques de données était cryptée avec un code qui n’était clairement pas impérial. D’après son aspect général, elle aurait pu appartenir à un riche marchand, un noble ou toute autre personne de haute fonction. Rien ne m’assurait qu’elle contenait des données utiles à mon enquêtes mais, dans cette situation, mieux valait toujours l’emporter avec moi dans l’espoir de trouver quelqu’un pour en décrypter le code.

       Après avoir glissé l’objet à l’intérieur de mon uniforme d’Eridios, je rejoignis mon escorte pour tenter de remonter vers la surface en espérant qu’aucune mauvaise surprise ne nous y attendrait.

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LA SUITE

(prochainement)

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SOMMAIRE

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Par Jack-115 - Publié dans : ILLUMINATI
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Mardi 4 octobre 2011 2 04 /10 /Oct /2011 21:00

CHAPITRE SIX : TRAQUE PARMIS LES OMBRES

 

 

Vingt-sixième niveau de la cité-ruche Dienk, monde-ruche Vogen, sous-secteur Volkmar, secteur Hullerstorm.

 

       Après ce premier assaut des hérétiques, je compris qu’il valait mieux adopter une stratégie plus agressive pour essayer de garder l’initiative face à l’ennemi et le forcer à révéler son jeu. Sur mes ordres, toutes les troupes des cinq compagnies dunerriennes déployées au sommet de la cité descendit à notre niveau par groupe de cinquante gardes en empruntant l’énorme monte-charge. L’opération de transfert dura tellement longtemps que je craignis par moment que les hérétiques ne tentent une seconde attaque beaucoup plus violente alors que nous étions en train de nous regrouper. Mais quelle que soit la raison, aucune présence ennemie ne fut rapportée jusqu’à ce que tous les effectifs disponibles soient rassemblés au vingt-sixième niveau de la ruche. Là, je réunissais le capitaine Jorus, le lieutenant Hekman et le reste de l’état-major des différentes compagnies, j’exposais mon plan en utilisant une plaque de donnée affichant un plan grossier de la cité gargantuesque.

       -   Notre mission est de trouver le repère de plusieurs psykers renégats qui pourraient être à l’origine du soulèvement de la ruche. Il est d’ailleurs possible que leur élimination perturbe les forces hérétiques, alors dites à vos hommes de ne pas hésiter à tirer sur tout individu semblant présenter des capacités psychiques, cela pourrait sauver beaucoup de vies.

       -    De toute façon je comptais bien tirer sur tout ce qui ne porterait pas un uniforme de faucon, lâchant le lieutenant Sdayne en riant.

       Les autres officiers accueillirent la plaisanterie de bon cœur, ayant apparemment besoin de faire baisser la tension. Après réflexion, moi aussi. Notre premier combat m’avait laissé avec quelques bleus et contorsions mineures qui me tiraient les membres, et sur le moment j’aurais préféré avoir le temps de me reposer un peu avant de retourner me battre. Mais le temps était justement ce qui nous manquait le plus.

       -   Etant donné les dimensions de la cité et le nombre d’hérétiques qu’elle abrite, nous ne pouvons pas espérer pouvoir inspecter tous les quartiers l’un après l’autre. Au lieu de cela, nous allons provoquer l’ennemi en nous enfonçant dans le vingt-sixième niveau et voir de quelles directions il attaquera. En analysant ses vecteurs d’approche, je serais en mesure de déterminer la position approximative de son repère principal, où se trouvent très certainement les psykers.

       Je fit courir un stylet de commande sur la plaque de donnée pour y indiquer les principales artères de ce niveau de la ville et expliqua :

       -    Chacune de vos compagnies va prendre l’une de ces voies de circulation afin de maximiser nos chances d’engager l’ennemi.

       -   Et une fois qu’ils sont sur nous, qu’est-ce qu’on fait ? demanda le capitaine Jorus.

       -   Toute compagnie qui se retrouve attaquée devra tenir sa position du mieux possible. Je vous laisse libre d’adopter la meilleure stratégie défensive selon votre situation, mais je tiens à ce que vous ne vous déplaciez tant que vous êtes engagés au combat. Les compagnies n’étant pas engagées devront continuer sur leur trajectoire, et n’envoyer du soutien pour les autres groupes qu’en cas de force majeur. Vous avez bien saisi la stratégie ?

       -   Ne vous inquiétez pas pour nous, me rassura Jorus. Les Faucons ont l’habitude de se débrouiller tous seuls en terrain hostile. On ne vous décevra pas.

       Je laissais s’échapper un sourire en coin. Il est vrai que je n’avais pas choisi ces troupes uniquement pour leurs capacités d’assauts aéroportés, car j’aurais pu en obtenir un avec n’importe quel autre régiment de la Garde en utilisant mon autorité d’inquisiteur pour obtenir la collaboration de la Flotte Impériale. La principale force des Faucons de Dunerre était que, comme ils se déployaient généralement par grav-chute en étant largués à plusieurs centaines de mètres d’altitude sur leur objectif, ils étaient entraînés et équipés pour supporter plusieurs jours de combat sans soutien logistique, et privilégiaient les stratégies par escouades plutôt que les grosses formations armées des autres régiments. Ces soldats étaient de vrais fantassins, des combattants d’élite qui n’auraient pas peur de s’aventurer en terrain ennemi sans aucune aide extérieure. Ils tueraient tous ceux qui s’opposeraient à eux et donneraient leurs vies pour la cause de l’Empereur.

       En guise de conclusion, je me contentai de dire :

       -  Je serais avec la 15ème du capitaine Jorus qui avancera le long de l’avenue des Marches du Paradis, au centre de la formation, donc si vous avez besoin de me joindre, passez par lui. Maintenant vous avez vos ordres, donc rassemblez vos hommes et choisissez une voie de progression parmi celles que j’ai désignées. Battez-vous pour l’honneur, pour la gloire, et pour le Trône d’Or !

       -   Droit au cœur, vers la victoire ! cria le capitaine Jorus en récitant la devise de combat des Faucons de Dunerre, laquelle fut reprise par tous les autres membres de l’état-major.

       Quelques instants plus tard, j’étais parmi les troupes de la 15ème compagnie, en train de vérifier mes armes et mon équipement avant de donner l’ordre d’avancer. Le caporal Eric Hosman était à mes côtés, nettoyant son fusil laser long avec un soin méticuleux comme s’il s’agissait d’une jeune fille qu’il venait de rencontrer, et faisant le compte des chargeurs qu’il lui restait pour l’approvisionner. Sa nouvelle affectation dans la suite d’un inquisiteur ne semblait pas le perturber outre mesure et c’était tant mieux : pour le moment, j’avais besoin de lui en pleine possession de ces moyens. Il aurait bien assez le temps après cette bataille pour réaliser dans quel enfer il s’est engagé.

       Notre progression au sein des quartiers bourgeois meurtris par le récent bombardement de la flotte se fit sans aucun incident pendant plus d’une heure, ce qui m’amena un moment à penser que l’ennemi s’était peut-être entièrement retiré de ce niveau de la ruche. Mais alors que cette impression commençait à se transformer en certitude, l’opérateur radio de l’escouade de commandement de la 15ème me rapporta que la 16ème compagnie avait engagé l’ennemi à quatorze cent mètres au nord-est de notre position. Il eut à peine le temps de terminer son rapport que toutes les autres compagnies de notre expédition le contactèrent pour faire part de combats musclés avec les hérétiques… y compris les éclaireurs de la 15ème.

       Toute la formation impériale cessa brusquement son avancée, ses différents éléments séparés les uns des autres par au moins un kilomètres de ruines et d’avenues qui s’étaient soudainement mises à grouiller d’ennemis. Notre groupe se regroupa dans un imposant bâtiment de l’Administratum dont les vastes bibliothèques renversées laissaient penser qu’il s’agissait d’un centre d’archivage des données de la ruche. Les faucons de Dunerre organisèrent une défense acharnée contre la foule au dehors, principalement à grands coups de lance-flammes. Cette partie du vingt-sixième niveau fut rapidement illuminée par des dizaines de torches humaines qui titubaient sur quelques mètres en se tordant de douleur, mais sans émettre un seul son, avant de s’effondrer. Une odeur insoutenable se mit à emplir l’atmosphère.

       Contrairement à ceux des cultes que j’avais déjà affrontés sous les ordres de mon maître Kantores, ces hérétiques semblaient provenir d’absolument toutes les classes sociales de la ruche Dienk si l’on en croyait les vêtements, tatouages et autres parures qu’ils portaient. Ils partageaient néanmoins la même folie qui les faisait se jeter sur les lignes de défenses dunerriennes, qu’ils soient armés d’armes rudimentaires de gangs des sous-niveaux, de pistolets lasers règlementaires des forces de sécurité locale ou de simples tuyaux en métaux arrachés aux usines dans lesquelles travaillaient une partie d’entre eux.

       Mais le plus étrange était que, malgré le fait qu’ils ne présentent absolument aucun sens stratégique, aucune logique de combat ni même le moindre signe d’une quelconque hiérarchie, ils étaient néanmoins parvenus à attaquer subitement toutes les compagnies de manière parfaitement coordonnées. Etant donné le fait qu’ils n’étaient plus capables de parler, je redoutais une sorte de communication psychique, ou pire, un contrôle à distance par les psykers que mon maître m’avait chargé de retrouver.

       Il me fallut rester près de l’opérateur radio pendant dix bonnes minutes pour réussir à obtenir des autres compagnies les directions d’où l’ennemi les avait attaqués. Le nombre d’hérétiques impliqué était tout simplement colossal, de l’ordre de plusieurs dizaines de milliers, entassés dans les ruelles et avenues pour converger vers les positions impériales. Lentement, un schéma commença à se dessiner sur ma plaque de données. En remontant les différents vecteurs d’assauts, je finis par revenir à chaque fois sur la même zone de la carte du vingt-sixième niveau, où un bâtiment attira aussitôt mon attention : le centre médiatique de Dienk.

       -   Caporal Hosman ! hurlai-je dans mon communicateur pour espérer être entendu à travers le vacarme du combat.

       Eric Hosman s’était posté au deuxième l’étage du bâtiment pour user de ses talents de tireur contre la horde d’ennemis, éliminant ceux qui portaient des armes dangereuses telles que des fusils automatiques ou des bombes artisanales. Bien sûr, il n’abattait pas autant d’adversaires que les porteurs d’armes spéciales ou même les simples gardes tirant en mode automatique sur la foule avec leurs fusils laser, mais chacun de ses tirs faisait disparaître une menace bien particulière et non négligeable. Ceux parmi les hérétiques qui avaient les moyens et la présence d’esprit de tirer contre les fenêtres de notre bâtiment étaient heureusement très rares, ce qui laissait au tireur d’élite toute latitude pour faire usage de son talent. Il dut interrompre sa tuerie méthodique pour me répondre, d’une voix énergique et professionnelle qui contrastait avec l’image qu’il m’avait d’abord donnée :

       -   Hosman, j’écoute !

       -   Ici l’inquisiteur Silverstein. Prends ton fusil, fait le plein de chargeur et rejoins-moi sur le toit, on a notre cible.

       -   Reçu cinq sur cinq.

       Alors que je traversais le bâtiment pour atteindre les larges escaliers de pierre en spirale qui menaient aux étages supérieurs, je choisissais douze soldats vétérans bien portants et bien équipés pour m’accompagner, leur ordonnant de vérifier leurs armes et de me suivre sans discuter. Après avoir gravis les trois étages du bâtiment, j’actionnai un accès menant au toit et nous quittâmes la zone de combats en passant au bâtiment voisin, dissimulés par les ténèbres.

       -   Inquisiteur, osa demander Eric. Qu’est-ce qu’on recherche, au juste ?

       -   Des psykers, dis-je en réalisant qu’il n’avait pas assisté à la petite réunion d’état-major que j’avais organisé. Ce sont eux qui manipulent ce culte dans l’ombre.

       Je compris aussitôt mon erreur lorsqu’un frisson se propagea à travers tous les membres de mon escorte, y compris Eric. L’un des vétérans s’arrêta subitement pour vomir sous l’effet de l’écœurement, à moins que ce ne fussent mes capacités d’Intouchable qui commençaient à l’affecter. Contrairement à un membre de l’inquisition tel que moi, les simples soldats de la Garde n’étaient pas familiers avec les choses du Warp et s’en méfiaient donc comme de la peste, craignant même les psykers assermentés employés comme armes dans leurs propres régiments. Savoir que notre mission impliquait des individus touchés par l’Immaterium devait certainement avoir refroidit leurs ardeurs.

       -  Ne vous inquiétez pas, fis-je pour tenter de les rassurer. Je dispose d’armes spécialement conçues par l’Inquisition pour contrer les pouvoirs de ce genre d’ennemis. Tant que vous restez près de moi, ils ne pourront rien vous faire.

       L’effet de ce discourt fut limité mais suffisant. Notre petit groupe se remit en route vers notre objectif. Celui-ci nous attendait, perdu dans les ténèbres, loin derrière les hordes d’hérétiques qui se massaient en contrebas, et qui ne cessaient d’affluer…

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Lundi 10 janvier 2011 1 10 /01 /Jan /2011 22:07

CHAPITRE CINQ : LES TÉNÈBRES DE L’ÂME

 

 

Cité-ruche Dienk, monde-ruche Vogen, sous-secteur Volkmar, secteur Hullerstorm.

 

         Alors que j’avançais le plus rapidement possible parmi les ruines de la ville, suivi par l’escouade de vétérans qui constituait ma garde rapprochée, j’entendais de plus en plus distinctement les tirs et les cris provenant du campement assiégé. Il me fallut un instant avant de me rendre compte qu’aucun des sons qui me parvenaient ne semblait provenir des attaquants : pas de cris de charge ni d’insulte à l’Empereur ou à Ses suivant hurlé en signe de défi, rien qui n’indiquait réellement quel type d’ennemi affrontaient les deux pelotons descendus avec moi au niveau vingt-six de Dienk. Pendant un court moment, je craignis que les psykers hérétiques ne soient parvenus à retourner ces soldats les uns contre les autres…

         Mais cette peur disparut lorsque des silhouettes apparurent devant moi, surgissant d’un bâtiment pour se diriger à toute vitesse vers le lieu du combat. Je ne les avais aperçus que l’espace d’une seconde, mais il était clair d’après leur apparence qu’il s’agissait d’habitants de la cité-ruche, bien qu’il ne me semblait pas avoir vu d’armes dans leurs mains. Il fallait avouer que la vision nocturne de mes lunettes spéciales n’était pas d’une qualité exemplaire, et que ce genre de détail pouvait parfaitement m’avoir échappé. Utilisant le langage gestuel de combat de la Garde Impériale, j’ordonnais aux vétérans dunerriens à mes côtés de ne pas tirer sans mon ordre et de se déplacer discrètement à partir de maintenant.

         J’avais beau me dire que les ténèbres dans lesquelles était plongée cette partie de la ville nous aideraient à ce que les hérétiques ne nous repèrent pas, quelque chose me disait que c’était une grossière erreur. Ces individus que je venais de voir… leurs mouvements étaient rapides et assurés, comme s’ils voyaient parfaitement l’environnement autour d’eux. Ils ne faisaient qu’un avec les ténèbres, et cela avait le don de m’inquiéter au plus haut point.

         Soudain, j’entendis un bruit métallique juste derrière moi. Alors que je me retournais, je vis avec stupéfaction la silhouette d’un homme qui n’était assurément pas l’un des vétérans de mon escouade, et qui se tordait de douleur en se tenant la tête comme si son crâne allait exploser. Instinctivement, je fis jaillir les griffes éclaires des Serres d’Eridios dont les arcs électriques illuminèrent légèrement la scène tandis que je cherchais du regard les membres de ma suite… qui avaient tous disparu.

         L’homme inconnu continuait de trembler de tout son être sous l’effet d’une souffrance apparemment atroce, mais sans qu’aucun son ne s’échappe de sa gorge. Il ne faisait aucun doute que c’était mes facultés d’Intouchable qui l’affectaient ainsi, pour une raison inconnue, et à en juger par son accoutrement et au nombre impressionnant de couteaux accrochés à sa ceinture, il s’agissait à coup sûr d’un hérétique. Sans attendre qu’il s’habitue à ma sphère de négation, je lui plantai mes griffes au travers du corps et fut surpris de n’entendre aucun cri, pas même le moindre râle, juste le simple bruit de sa respiration qui devenait de plus en plus difficile alors que ses poumons se remplissaient de sang. De ses mains griffues, il tenta de me lacérer le visage. L’instant suivant, deux membres sanguinolents tombèrent sur le sol, et toujours aucun cri. L’homme s’effondra sur le sol et je le laissai là à son triste sort, cherchant plutôt à comprendre comment il était arrivé jusque-là.

         C’est alors que j’aperçus le corps de l’un des vétérans qui me suivait, étendu au milieu des décombres, une plaie béante en travers de la gorge. L’hérétique devait certainement avoir fait de même avec tous les autres, éliminant les soldats l’un après l’autre dans un silence total, jusqu’à être stoppé par mon sombre pouvoir. Pourquoi avait-il été autant affecté par mes capacités ? Depuis quand nous suivait-il avant de s’être décidé à agir ? Et pourquoi était-il si muet ?

         Je n’avais pas le temps de me poser toutes ces questions : le tumulte du combat me rappela l’urgence de la situation, et je repris le chemin du campement en accélérant l’allure. Je commençais à apercevoir au loin les tirs de laser traversant les rues. Le campement était tout proche lorsque je me heurtai à cinq silhouettes qui venaient à ma rencontre. Contrairement au premier qui avait cherché à m’approcher discrètement, ceux-ci ne cherchaient nullement à me tendre un piège et comptaient m’affronter de face. Tout comme leur congénère, ils ne portaient que des lames sur eux et se jetèrent alors sur moi avant que je puisse dégainer le pistolet bolter accroché à ma ceinture. Ce n’était pas un problème.

         Mon premier coup de griffe trancha la main du plus proche hérétique, dont je sectionnai la tête dans un geste vif. D’un mouvement d’ouverture latérale des deux mains, je parais les deux attaques suivantes avant de planter mes serres dans mes adversaires qui s’effondrèrent comme des marionnettes désarticulées. Ces trois morts ne découragèrent nullement les survivants, dont les attaques ne furent pas plus productives : l’énorme hachoir que tenait l’un d’eux vint se coincer entre mes griffes droites et je le désarmais d’un mouvement rotatif avant de le couper au niveau des genoux. Alors qu’il tombait à terre dans un bruit de chaire brisée, son dernier acolyte tenta de lancer deux couteaux dans ma direction. Mais ces hommes étaient des civils corrompus, pas des soldats, et il me rata complètement pour se retrouver vulnérable à mes lames énergétiques qui lui labourèrent le torse pour l’envoyer rependre son sang impur dans le caniveau d’une ruelle.

         A aucun moment de l’affrontement les hérétiques ne prononcèrent le moindre son.

 

         Lorsque j’arrivai enfin devant le campement, les soldats dunerriens étaient engagés contre une foule d’hérétiques tous aussi muets que ceux que j’avais rencontrés, mais qui se jetaient à l’assaut des positions impériales sans la moindre hésitation ni la moindre peur. Des deux pelotons descendus avec moi ici, il ne restait plus que quelques escouades éparses qui s’étaient retranchées dans une ruine non loin du monte-charge, luttant désespérément pour leur survie. Les armes laser des troupes dunerriennes tombées au combat n’avaient pas été récupérées par les hérétiques, aussi je décidai aussitôt de me lancer à l’assaut de l’ennemi. Des renforts rebelles continuaient d’arriver par petits groupes de toutes les directions, et se jetaient alors sur moi dans l’espoir de me vaincre, mais leurs aptitudes n’étaient pas suffisante pour rivaliser avec celle d’un inquisiteur de l’Ordo Hereticus tel que moi. Lentement, je me frayais un chemin parmi la foule d’adversaires, guidé par ma foi en l’Empereur et la conviction de ma juste cause.

         Peu à peu, les hérétiques assiégeant la position des soldats de la Garde prirent conscience de ma présence et une partie d’entre eux se rua dans ma direction, mais la plupart d’entre eux s’arrêtèrent net dès qu’ils pénétrèrent à l’intérieur de ma sphère de négation. Cela me permettait d’avoir moins d’adversaire à combattre sur le moment, mais sans aide je craignais bien ne pas pouvoir tenir longtemps. J’avais beau posséder un équipement et des compétences nettement supérieures, le nombre de mes ennemis ne cessait de croître et mes forces n’étaient pas sans limites. Je commençais à croire que j’étais perdu lorsqu’un tir de laser provenant du bâtiment assiégé passa au-dessus de moi et frappa le crâne d’un hérétique qui s’apprêtait à me frapper dans le dos. Un deuxième, puis un troisième, puis encore toute une série de tirs d’une extrême précision frappèrent à chaque fois les assaillants contre lesquels j’étais vulnérable. Cela ne pouvait être que l’œuvre d’un tireur d’élite de haut niveau, capable de réagir en un instant à mes mouvements et à ceux de mes adversaires tout en gardant une précision remarquable. Grâce à cette couverture, je pu vaincre tous les hérétiques qui cherchèrent à m’affronter, découpant ceux qui me faisaient face et laissant les autres à mon mystérieux ange-gardien, jusqu’à ce que les gardes qui s’étaient retranchés viennent me porter assistance en tirant à bout portant sur les traîtres et en les affrontant eux aussi au corps à corps.

         Le combat fut rude, cruel et sans pitié, mais nous en sortîmes victorieux. Il était impossible de savoir combien de ces individus nous avions tué, ni combien d’entre eux s’étaient repliés. Notre seule réelle satisfaction était d’être en vie.

         -  Maître Silverstein !

         C’était le lieutenant Hekman qui s’approchait de moi. Il était entièrement recouvert de sang et de poussière, et son armure portait les marques de plusieurs coups portés par les hérétiques. Son visage dur qui semblait avoir été taillé dans le roc portait deux nouvelles cicatrices au menton et sous la joue gauche, où le sang avait à peine eu le temps de sécher, pourtant il était encore au meilleur de sa forme et prêt à retourner au combat. De sa voix rauque, il ne put s’empêcher de me dire :

         -  Vous leur avez donné une sacrée correction à ces enfoirés, je dois dire. Sans vous, je pense qu’on aurait tous fini par y passer. Où sont les vétérans qui étaient avec vous.

         -  Morts, assassinés par ces traîtres. Je suis désolé pour ces pertes, lieutenant.

         - Ils étaient de bons soldats, c’est vrai, mais au moins ils sont morts en servant l’Empereur.

         -  Au fait, qui est le tireur qui m’a épaulé pendant le combat ?

         Le lieutenant eut un curieux moment d’hésitation.

         -  Euh… et bien il s’agit du tireur d’élite de mon escouade de commandement, le caporal Eric Hosman. Il sert sous mes ordres depuis deux ans.

         -  Je souhaiterais le voir, lieutenant.

         -  … Très bien, maître Silverstein.

         Pendant que l’officier allait chercher ce fameux tireur, je me penchais sur l’un des nombreux corps d’hérétiques qui traînaient au sol afin de l’étudier à la lumière d’une torche. Le symbole maudit de l’étoile à huit branches avait été découpé sur la peau de son cou, probablement à l’aide d’une lame sale au vu des inflammations entourant la zone ainsi marquée, réaction naturelle du corps face aux infections. Je compris également pourquoi il était totalement muet lorsque j’examinai sa gorge, dont les cordes vocales avaient tout bonnement disparu. Il n’en restait que de minuscules manchons à peine visibles, dont les extrémités ne portaient pas la moindre marque apparente de brûlure ou de coupure. Je soupçonnai là l’œuvre d’une manipulation psychique.

         En dehors de cela, le corps ne portait aucune marque de scarification. Mais lorsque je lui relevai ses paupières pour examiner ses yeux, je ressentie un frisson me parcourir la colonne vertébrale : ils ne possédaient pas de pupille et d’innombrables vaisseaux sanguins traçaient des courbes rouges depuis les extrémités vers le centre. J’étudiai plusieurs autres corps et découvrais la même chose sur chacun d’entre eux. Etait-ce là une mutation leur permettant de voir dans le noir ? Ou peut-être une modification corporelle apposée de manière psychique pour les rendre plus performant dans cet environnement ?

         Mais la voix du lieutenant Hekman m’arracha soudain à mes réflexions :

         -  Maître Silverstein ! Voici le caporal Eric Hosman, mon meilleur tireur.

         L’homme que le lieutenant avait amené avec lui devait avoir à peine vingt-huit ans et portait un fusil laser de précision en bandoulière. Son visage était à moitié recouvert par le haut de sa cape de caméléonine, ne laissant voir que ses yeux noirs plein d’assurance et ses courts cheveux bruns coiffés en bataille. Contrairement aux autres soldats, il ne portait pas sa plaque d’identité sur son plastron mais l’avait simplement attaché à sa ceinture, démontrant une certaine opposition au protocole militaire pleinement assumée. Sa voix était emplie d’un orgueil mal placé mais qui tenait plus du défi que d’autre chose :

         -  Caporal Hosman à vos ordres, seigneur.

         Il fit un salut militaire très minimum et hocha légèrement la tête. Ce soldat ne paraissait pas habitué à recevoir des reproches pour son manque flagrant de respect pour la hiérarchie ou tout autre usage militaire propre à son régiment. Je ne pouvais pas me permettre de laisser un sous-officier se comporter ainsi devant moi, aussi décidai-je de le remettre à sa place :

       - Vous êtes en présence d’un inquisiteur de l’Ordo Hereticus, caporal ! Observez la discipline et faites honneur à votre uniforme !

         -  Euh… oui monseigneur, dit-il d’une voix claire en se redressant brusquement avant de s’incliner. Je m’excuse profondément pour ma conduite.

         -  Veuillez bien vous découvrir, alors.

         De sa main gantée, il dévoila le bas de son visage. Une barde de deux jours négligée recouvrait l’extrémité de ses joues et de son menton fendu en deux par une cicatrice, finissant de lui donner une apparence de mauvais garçon bourreau des cœurs. Son nez fin légèrement retroussé était encadré de deux joues aux pommettes saillantes habituées à être remontées par de larges sourires.

         - Pourquoi m’avez-vous aidé tout à l’heure ? lui demandai-je.

        - Euh... seigneur, fit-il en prenant un ton plus humble. Et bien je voudrais vous dire que j’ai été très impressionné lorsque vous avez… fait leur fête à ces enfoirés. Je suis pas un combattant, mais je sais que se mesurer à autant de mecs à la fois, c’est pas permis à tout le monde. Néanmoins vous étiez en mauvaise posture, alors j’ai décidé de vous aider.

         -  Ce n’était pas un ordre de votre lieutenant ?

      -  Non, monseigneur. Il m’avait demandé de me poster au deuxième étage de notre bâtiment pour descendre autant d’ennemis que possible. C’est mon boulot, après tout, et lorsque je vous ai vu étriper ces types… ben je me suis dit que je pouvais vous filer un coup de main.

         Son caractère me plaisait assez. Son soudain changement d’attitude me prouvait bien que cette défiance envers le protocole n’était en réalité qu’une façade, et qu’au fond de lui ce n’était pas le mauvais garçon que l’on pensait à première vue. Je me doutais qu’il devait avoir une psychologie bien plus profonde et complexe. Il y avait quelque chose en lui de fascinant que je n’arrivais pas à m’expliquer, comme une sorte de magnétisme invisible. C’est à ce moment-là que je me rendis compte qu’il ne semblait pas être affecté par mes facultés d’intouchable, une chose assez rare d’après ma propre expérience.

         -  Caporal, lui dis-je. En tant qu’inquisiteur de l’Ordo Hereticus, je n’ai encore personne à mon service, et vous semblez être un tireur d’exception. Accepteriez-vous d’être le premier membre de mon équipe ?

         Le soldat ne put s’empêcher d’exprimer une surprise presque exagérée. L’inquisition n’était pas une institution très appréciée par le reste de l’Imperium, qui voyait ses agents comme des fouineurs et des tyrans, alors qu’ils ne savaient presque rien des terribles menaces contre lesquelles nous les protégions. Eric Hosman ne semblait pas avoir ce genre de problème. 

         -   Pourquoi pas ? me répondit-il simplement.

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Lundi 10 janvier 2011 1 10 /01 /Jan /2011 22:04

CHAPITRE QUATRE : LA CITÉ ASSIÉGÉE

 

 

La Falaise des Tempêtes, monde-ruche Vogen, sous-secteur Volkmar, secteur Hullerstorm.

       Depuis le bord de la falaise rocheuse où avait été établi le quartier général des forces impériales, j’observais le bombardement orbital s’abattre sur la cité-ruche de Dienk avec une violence terrifiante, pulvérisant des bâtiments par dizaines et rasant des quartiers entiers en un rien de temps. Les officiers de la Marine Impériale savaient pertinemment que ce n’était qu’une dépense inutile de munition, l’ennemi s’était depuis longtemps retranché dans les niveaux inférieurs de la ville cyclopéenne, mais le commandant Xarlos qui dirigeait le siège estimait que cela pouvait affaiblir le moral des hérétiques avant l’assaut. Cela faisait à peine une heure que le bombardement avait commencé et déjà la moitié de Dienk avait été transformée en un amas de ruines fumantes.

       Cette ville de taille gigantesque était constituée de plus de vingt-sept niveaux habitables qui se superposaient les uns sur les autres en donnant à l’ensemble une structure pyramidale.  Seule la périphérie de chaque niveau se trouvait alors exposé à l’air libre et donc aux armes navales de la flotte, cette zone exposée étant large d’environ deux kilomètres, le reste constituant un environnement urbain sombre, illuminé uniquement par les lumières artificielles de la ville. Du temps où elle encore l’un des principaux centres de population de Vogen, la cité-ruche Dienk abritait plus de trente millions de personnes, réparties selon leur fonction ou leur classe sociale dans les différents étages de la ville avec au sommet, les bâtiments des institutions impériales comprenant principalement le palais administratif.

       A mon arrivée ici, j’avais été surpris de découvrir que les forces de la Garde Impériales envoyées mater la rébellion venaient tout juste d’arriver sur place, débutant leur campagne par une technique de siège classique avec l’emploi immodéré d’artillerie terrestre et navale. Il y avait là deux régiments déployés dans ce conflit : le 340ème des Faucons de Dunerre et le 847ème des Gardes de Fer d’Hullorden. Le commandant Xarlos faisait partie des troupes d’Hullorden et appliquait donc une stratégie de guerre d’usure comme son armée avait l’habitude de suivre depuis sa création, attendant que l’ennemi soit suffisamment affaibli pour mener une charge massive avec ses larges effectifs de chars et de compagnies mécanisées, ainsi qu’avec les troupes aéroportées dunerriennes. Mais je n’étais pas là pour donner des conseils en matière de guerre à grande échelle. Ma mission était de traquer les psykers renégats qui avaient poussé la population de Dienk à se rebeller pour que ce fléau soit écrasé dans l’œuf et qu’il ne puisse plus se propager.

       D’après les renseignements que j’avais obtenus des membres de l’état-major, la quasi-totalité de la population de Dienk semblait s’être soulevée d’un seul coup sans aucun signe avant-coureur. Cette révolte avait été si soudaine qu’en une seule journée, la cité-ruche toute entière était passée sous le contrôle des hérétiques, écrasant toute résistance loyaliste. Même le palais du gouvernement de la cité n’ayant pas réussi à résister à cette attaque en masse. Le bombardement orbital était donc d’une certaine manière justifié car même s’ils étaient composés de soldats professionnels et bien entraînés, les deux régiments de la Garde présents sur le théâtre des opérations étaient nettement moins nombreux que les trente millions de citoyens renégats. J’espérais simplement que je n’aurais pas à attendre trop longtemps avant de pouvoir entrer dans la ville.

       Détachant du regard cette démonstration de force brute, je me tournais vers la tente de l’état-major où avait été installé le matériel nécessaire pour coordonner les forces impériales rassemblée sur place. Je n’avais plus besoin de présenter mon insigne inquisitorial aux gardes postés à l’entrée, car la nouvelle de mon arrivée s’était déjà ébruitée à travers les deux régiments aussi rapidement qu’une trainée de poudre. Lorsqu’il me vit arriver, le commandant Xarlos perdit l’expression de satisfaction qu’il exprimait jusque-là et serra un peu plus nerveusement la liasse de papier que son officier des communications venait de lui remettre. Dès notre première rencontre, j’avais bien sentit qu’il ne m’aimait pas beaucoup. Probablement ma nature d’Intouchable, ou alors l’autorité inquisitoriale que je représentais, ou encore le fait qu’il devait bien avoir trois fois mon âge et un ego facilement froissable quand il s’agissait de recevoir des ordres. De toute façon, je n’attendais de lui qu’une entière coopération, et non une entente cordiale.

       - Vous en avez eu assez du spectacle, inquisiteur ? demanda-t-il avec une pointe de contrariété dans la voix.

       Volontairement, j’ignorais ses paroles pour en venir immédiatement au plus important :

       -  Quand comptez-vous lancer l’assaut ?

       -   … Dans près d’une demi-heure, lorsque la flotte aura terminé de raser les zones apparentes de la ville.

       -  Et quelle sera votre tactique ?

       Je sentis clairement que son humeur devenait de plus en plus mauvaise rien qu’à la moue horrible que dessinait son faciès ridé, mais je devais clairement affirmer mon autorité sur lui. Essayant de garder son calme, le commandant se dirigea vers la table stratégique où un projecteur holographique affichait une vision en trois dimensions de la cité-ruche. L’image était rafraîchie en tant réelle grâce à une liaison directe avec les senseurs longue portée des vaisseaux de la flotte, ce qui permettait d’observer l’état général de la structure.

       -  L’Administratum nous a ordonné de raser Dienk intégralement, expliqua-t-il. Pour cela, nous allons pénétrer dans la ville avec nos compagnies blindées en sept endroits différents pour y établir des avant-postes. Une fois les premières positions défensives établies, nous attendrons la contre-attaque ennemie qui se brisera sur nos lignes et nous permettra d’éliminer un grand nombre d’hérétiques. Par la suite, nous devront faire avancer nos troupes à travers le premier niveau pour sécuriser les cinq cent quatre-vingt-six piliers de soutient qui maintiennent les niveaux supérieurs de la ville. En les détruisant, nous feront s’effondrer Dienk dans sa totalité.

       -  Avez-vous une estimation du temps qu’il vous faudra pour cela ? Fis-je d’une fois neutre.

       -   Pas plus de trois mois, je l’espère. Ces traîtres sont peut-être nombreux, mais ils ne disposent d’aucun armement sérieux pour s’opposer à nous. Ils seront écrasés sous les chenilles de nos chars comme un insecte sous le talon d’une botte.

       -   Sauf que vous devez parvenir à gérer trente million de ces insectes, commandant. Pensez-vous que ce sera aussi simple que cela ?

       -    Il y aura des pertes, cela est certain, surtout durant les premiers engagements lorsque nous devront découvrir les moyens et la stratégie adverse. Mais je reste très optimiste quant à notre capacité à réussir.

       -   Quoi qu’il en soit, je vais devoir mobiliser une partie de vos forces dans le cadre de mon enquête.

Le visage du commandant eut un rictus presque imperceptible mais qui trahissait clairement son mécontentement. Sans attendre qu’il se remette de mes paroles, je continuai :

       -   J’ai besoin de cinq compagnies aéroportées complètes pour prendre position sur le dernier niveau de Dienk. Je suis certain que les chefs hérétiques doivent se cacher quelque part dans les niveaux supérieurs, et il est vital qu’ils soient neutralisés au plus vite. Cela brisera le moral de la population, ce qui facilitera grandement votre avancée dans la ville.

       A vrai dire, je n’étais absolument pas certain que les psykers renégats dirigeant la rébellion se trouvaient là. J’avais simplement une intuition et maître Kantores m’a appris à toujours faire confiance à ses intuitions, car c’est à travers elle que l’Empereur nous transmet ses conseils, mais si j’avais dit au commandant Xarlos que je comptais mobiliser cinq compagnies entières sur la simple base d’une intuition, il aurait certainement été moins enclin à coopérer.

       -   Bien, dit-il dans un soupire de résignation. Je vais vous détacher cinq compagnies dunerriennes pour vous assister dans votre chasse. Je doute que vous puissiez aller loin avec si peu d’infanterie, mais après tout c’est votre problème.

 

 

       Les troupes que j’avais réclamées étaient constituées des compagnies n°12 à 16 du 340ème de Dunerre, et étaient embarquées dans un grand nombre de navettes Valkyries ainsi que dans une demi-douzaine de transporteurs Gemini. Ces vaisseaux typiques de l’armée Dunerrienne pouvaient être considérés comme les équivalents impériaux des Thunderhawk de l’Adeptus Astartes. Faisant environ vingt mètres en longueur, six en largeur et cinq en hauteur, ils pouvaient transporter plus de quarante-cinq fantassins chacun ainsi que deux véhicules légers, et disposait d’un armement assez polyvalent. Ces vaisseaux étaient l’équilibre idéal entre capacité de transport, manœuvrabilité, résistance et puissance de feu, ce qui en faisait les piliers de la stratégie d’attaque rapide des régiments de Dunerre, célèbres pour leurs assauts aéroportés.

       Pour le moment, ces troupes et leurs transporteurs étaient encore en train de se préparer à partir, le feu vert de l’état-major étant sur le point d’être donné. Le commandant Xarlos souhaitait que les forces d’attaque pénètrent dans la ville le plus rapidement possible dès que le bombardement orbital cesserait afin que l’ennemi n’ait pas le temps de réorganiser ses défenses à la périphérie de Dienk. Au loin, on pouvait encore entendre le bruit des explosions qui semblaient se faire de plus en plus nombreuses, comme si la flotte cherchait à prouver quelque chose avant de devoir faire taire ses canons.

       J’avais déjà rencontré des troupes dunerriennes durant certaines de mes enquêtes auprès de mon maître. C’étaient des soldats courageux aux tactiques agressives mais très efficaces, qui comptaient sur la grande mobilité de leurs compagnies aéroportées pour frapper les points faibles de l’ennemi ou effectuer des manœuvres de contournement. Leurs débarquements par navettes étaient célèbres dans le secteur Hullerstorm et même en dehors, mais si j’avais pu en observer un certain nombre jusqu’à maintenant, je n’avais encore jamais eu l’opportunité d’en vivre un directement. Accroché à mon siège par des sangles parmi les hommes et les femmes de la 15ème compagnie, j’observais les visages résolus de ces combattants dont les visages exprimaient aléatoirement l’excitation, la fierté ou l’inquiétude. Je ne devais pas me voiler la face : certains d’entre eux devaient voir d’un très mauvais œil le fait de devoir suivre les ordres d’un inquisiteur, celui-ci pouvant très bien les envoyer à une mort certaine.

       Soudain, l’état-major ordonna l’ordre de départ et notre pilote fit décoller la navette pour la diriger vers la cité-ruche. Le léger tangage de l’appareil nous secoua l’estomac le temps qu’il se stabilise pour adopter une trajectoire directe vers le vingt-septième et dernier niveau de Dienk, notre objectif. C’est lorsque nous ne fûmes plus qu’à une demi-douzaine de kilomètres que le bombardement orbital cessa pour nous laisser le champ libre. Les parties apparentes de la cité-ruches avaient été totalement dévastées, les plus hauts bâtiments n’étant plus que des monceaux de gravas et de poussières où subsistaient quelques rares ruines dont la hauteur ne dépassait pas la dizaine de mètres.

       Le dernier étage de Dienk était sans doute celui qui avait le plus souffert. Alors qu’il y a encore quelques heures il comptait les plus beaux édifices de la cité-ruche, sa surface n’était plus recouverte que par des de vastes étendues de dunes poussiéreuses d’où s’échappaient encore des vapeurs là où les dernières frappes étaient tombées. Il n’y avait pas âme qui vive, mais cela ne durerait certainement pas longtemps. Les cinq compagnies aéroportées placées sous mes ordres atterrirent au centre du vingt-septième niveau, là où devait se trouver l’unique accès vers les niveaux inférieur et donc le seul endroit par-lequel les hérétiques pourraient venir nous attaquer. En quelques instants, les quelques 800 soldats s’étaient dispersés parmi les ruines pour explorer les environs et établir un périmètre de défense avec leurs équipes d’armes lourdes. Des caisses de matériels furent ensuite déchargées pour établir un poste de commandement ainsi qu’une réserve de munitions pendant que les pilotes coupaient leurs moteurs et que les techniciens vérifiaient leurs auspex à la recherche d’activité ennemie. Jusque-là, tout se passait plutôt bien.

       -   Seigneur, fit soudain le capitaine Jorus de la 15ème. Nous avons découvert l’accès vers les niveaux inférieurs. Quels sont vos ordres ?

       -    Je vais partir en reconnaissance avec deux de vos pelotons. Restez en contact et tenez-vous prêts à envoyer des renforts si nécessaire.

       -    Comme vous voudrez, seigneur.

       Si je devais qualifier le capitaine Jorus en un seul mot, je dirais « professionnel » : il ne cherche jamais à savoir quelle raison se cache derrière un ordre et se contente simplement de l’appliquer avec une application difficilement égalable. Cela lui évite de se poser trop de question et lui permet de se concentrer uniquement sur sa mission. J’espérais simplement qu’il serait également capable de prendre de bonnes initiatives si les choses ne se déroulaient pas comme prévu.

       L’accès vers le vingt-sixième étage était un énorme monte-charge dont la plate-forme faisait près de quinze mètres sur dix, suffisamment pour y placer un char super-lourd de classe Baneblade mais pas assez pour les soixante-dix soldats qui m’accompagnaient et leur matériel. Il allait falloir faire le voyage en deux fois, et c’est pourquoi je choisis d’emmener avec moi les escouades de vétérans et d’armes lourdes de façon à disposer de la plus grande puissance de feu au cas où les hérétiques nous attendraient déjà en bas.

       La descente me sembla durer une éternité alors que la plate-forme parcourait les quelques centaines de mètres qui séparaient les deux niveaux de la cité-ruche. Le conduit du monte-charge nous empêchait de voir ce qui nous attendait en contre-bas, mais je doutais fortement que l’ennemi soit au courant de notre présence si tôt après la fin du bombardement, ou plutôt du moins je l’espérais…

       Lorsque le monte-charge s’arrêta enfin et que la double-porte blindée s’ouvrit devant nous, ce fut pour nous présenter un décor ténébreux où aucune lumière ne brillait et dont silence était aussi pesant que l’air qui était chargé de poussières. Les soldats qui m’accompagnaient activèrent les torches intégrées sous les canons de leurs fusils lasers tandis que les chefs d’escouade mettaient en marche la vision nocturne de leurs casques. Le lieutenant Hekman qui commandait le premier peloton me passa des lunettes spéciales qui me permirent de mieux observer le décor urbain qui nous entourait.

       Ce niveau avait été le quartier riche de Dienk, le lieu d’habitation des familles nobles ou bourgeoises et des privilégiés de la société, avec leurs résidences luxurieuses, leurs parcs artificiels et leurs avenues resplendissantes. Désormais, tout n’était que ruine, les bâtiments s’étant effondrés des suites des violentes secousses provoquées par le bombardement qui avaient eu le même effet qu’un tremblement de terre de grande magnitude. Les dégâts structurels étaient énormes si l’on oubliait la dévastation totale qui avait frappé les parties émergeantes de la cité-ruche, et à bien y réfléchir ce n’était pas une bonne chose pour nous car il serait nettement plus difficile de trouver des positions facilement défendables dans tout ce chaos.

       Alors que le monte-charge remontait pour aller chercher le reste de l’expédition, je demandais au lieutenant Hekman d’établir notre campement le plus près possible de celui-ci afin d’en protéger l’accès. Pendant ce temps, je choisissais l’une des escouades de vétérans pour explorer les ruines et chercher des traces des hérétiques et surtout des psykers qui avaient créé cette rébellion. Les vétérans dunerriens étaient tous équipés de visions nocturnes intégrées à leur casque, ce qui nous permettait d’avancer discrètement et donc d’éviter d’attirer l’attention. Equipé de mon traqueur psy, j’avançais à la tête de l’escouade au milieu des ténèbres et surveillant toutes les lignes de tirs possibles comme je l’avais appris, me fondant parmi les ombres avec une habilité que mon escorte imitait plutôt bien. Notre traque dura plus d’une demi-heure dans les environs immédiats du monte-charge, et je ne trouvai absolument aucun indice sur une quelconque présence récente des hérétiques dans ce secteur. Ne voulant pas pousser le risque trop loin, je décidai de retourner au camp afin de rassembler une plus grosse équipe pour une nouvelle exploration.

        Mais alors que nous étions sur le point d’arriver, des détonations de fusils lasers se mirent à retentir au niveau du monte-charge. Les éclairs rouges des tirs d’armes impériales illuminèrent les ténèbres, se faisant de plus en plus nombreux à chaque instant, tandis que des cris résonnaient à travers les ruines. Cela ne pouvait signifier qu’une chose :

       Le campement était attaqué.

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Par Jack-115 - Publié dans : ILLUMINATI
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Lundi 10 janvier 2011 1 10 /01 /Jan /2011 22:01

CHAPITRE TROIS : NOUVELLE VIE

 

 

Quartiers riches de la ruche Prioris, monde-ruche Hullorden, sous-secteur Antelis, secteur Hullerstorm.

       Mon maître avait tenu à ce que nous fêtions l’évènement entre nous, dans sa demeure personnelle des hauts quartiers de la cité-ruche Prioris sur Hullorden. Contrairement à moi, il n’avait pas la même aversion pour cette planète et s’y était établi pour rester suffisamment près du siège de l’Ordo, où il consultait souvent les archives pour ses enquêtes. Il avait acheté tous les appartements sur deux étages complets d’un luxueux immeuble, et les avait ensuite aménagés selon ses convenances personnelles. Il y avait là plus de trente serviteurs de Kantores qui y vivaient presque en permanence, gérant les différentes affaires dont l’inquisiteur n’avait pas le temps de s’occuper. C’était également un lieu très bien protégé, bardé de détecteurs, de verrous multi-codes et de systèmes défensifs qu’il faudrait des heures à contourner même pour une personne experte. Aucune personne ne faisant pas de l’équipe de Kantores n’y avait jamais mis les pieds depuis qu’il l’occupait. Mais ce jour là, il y eut une exception.

        Helena, ma sœur cadette que je n’avais plus revue depuis mon départ d’Eridios, m’attendait dans le grand salon en buvant l’un des grands crus de la réserve de Kantores, confortablement installée dans un épais fauteuil de cuir blanc. Elle était ravissante dans sa robe légère de soie bleu turquoise à col montant, ses avant-bras enveloppés dans de délicats gants blancs affichant l’emblème de notre maison : un aigle aux ailes déployés et tenant un serpent entre ses serres. Les longs cheveux noirs d’Helena étaient dressés en un chignon très soigné, et ses yeux d’un bleu profond me fixaient avec une lueur bienveillante comme à son habitude. Contrairement à la plupart des femmes de notre maison, Helena ne mettait pas de fond de teint pour maquiller la pâleur naturelle de son visage, car elle cultivait ses origines avec un amour tout particulier. Pour elle, rien n’était plus important.

       Dès qu’elle me vit, elle posa délicatement son verre et se leva. En trois pas je fus devant elle et l’embrassai fraternellement, laisser s’écouler une grande joie de mon regard qu’elle ne manqua pas de remarquer. 

            -  Je suis si content de te revoir, Helena, lui dis-je.

            -  Moi aussi, Asphar.

            -  Comment se passent les choses sur Eridios ?

            - Tout va très bien, merci. Je viens d’ailleurs tout juste de conclure une vente de quinze vaisseaux à une guilde marchande sur Ouragos. La plupart des autres chantiers devraient être terminés dans les temps et les mines restent productives.

       - Je vois que j’ai eu raison de te laisser les rênes de la famille. Père et mère doivent être très fiers de toi.

       -  Ils seront encore plus fier de toi, Asphar, lorsque je leur apprendrai que tu es devenu Inquisiteur. Tu sais, même si ce… pouvoir que tu as manifesté la dernière fois qu’on s’est vu les a quelque peu effrayé, ils ont toujours été persuadés que tu accomplirais de grande choses.

      Alors que je la revoyais, resplendissante de joie et de pureté, je savais que j’avais pris la bonne décision en lui confiant l’avenir de la maison Silverstein. Contrairement à Julius qui avait été corrompu par le pouvoir, Helena possédait une sagesse immense et une modestie qui la mettait totalement à l’abri des pièges moraux qui frappaient habituellement les grandes maisons.

            -  C’est… c’est le même uniforme que quand tu es parti ! remarqua-t-elle en voyant la légère brûlure située au niveau de l’épaule gauche, causée par la frappe psychique reçue lors de mon affrontement avec Julius. Tu as continué de le porter tout ce temps ?

      Cette tenue avait une grande signification pour moi, car tout comme Helena, je chérissais énormément mes origines et je n’étais pas peu fier d’avoir servi dans les Légions Argentées d’Eridios. Même si je n’avais jamais participé à des combats réels durant cette période, j’étais un officier militaire de carrière, ma famille m’avait préparé dès ma naissance à cette destinée, une éducation que je ne souhaitais pas oublier.

            -  J’ai beaucoup de mal à le tenir en état, avouais-je, mais j’aurais encore plus de difficulté à porter autre chose.

            -  C’est bien mon grand frère préféré, ça.

        Elle me prit dans ses bras et m’enlaçant avec une force que je ne lui soupçonnais pas. Le fait qu’elle me dévoile tant de tendresse me touchait profondément. Mais soudain, Helena fut prise d’une violente migraine qui l’obligea à s’écarter rapidement pour retourner à son siège, tenant sa tête comme si son poids venait de tripler. Elle donnait l’impression d’avoir eu son crâne compressé par une force colossale et ses forces physiques avaient quelque peu diminué également.

       -   Qu… qu’est-ce qui m’arrive ? demanda-t-elle d’une voix faible. Est-ce que c’est le vin ?

       -   Non Helena, répondis-je avec regret, c’est ma faute. Ce pouvoir, comme tu dis… je ne peux pas le maîtriser. Je suis désolé… j’aurais dû te prévenir. Il s’exprime en permanence et affecte toute personne qui m’approche de trop près. Même quelqu’un n’étant pas un psyker peut en ressentir les effets, souvent des nausées ou des migraines, car les humains normaux sont habitués à ressentir une infime partie du Warp.

       -   Ce doit être difficile de vivre avec cela, dit-elle avec un regard chagriné alors que la douleur disparaissait peu à peu.

       -   J’ai dû m’y adapter. Ce n’est pas facile tous les jours de ne pas pouvoir être proche des autres, surtout de ceux qu’on aime. Mais tu as encore de la chance, car tu n’es pas une psyker. Maître Kantores, par contre, je ne peux pas l’approcher à moins de cinq mètres sans l’affaiblir considérablement.

       -   Ce pouvoir a été très dur à vivre pour nous deux, intervint mon maître. Néanmoins, cela ne t’as pas empêché de devenir ce que tu es aujourd’hui. Et maintenant, si nous commencions à célébrer ça ?

 

       La fête fut somptueuse. Helena avait amené avec elle de nombreux et délicieux mets en provenance d’Eridios qui nous rafraîchirent les sens, et Illios n’avait pas non plus ménagé ses finances ni ses serviteurs. Tous les hommes de main de mon maître participaient à l’évènement, me félicitant tous plusieurs fois tout au long de la soirée. Plusieurs d’entre eux étaient d’excellents camarades avec lesquels j’aimais converser durant nos missions, mais il ne fallait pas oublier qu’ils étaient eux aussi de dangereux agents de l’Inquisition aux capacités aussi surprenantes qu’efficaces. Nous racontâmes à Helena plusieurs de nos aventures, dont elle ne perdit pas une miette. Parfois, nous n’étions pas d’accord sur un point du récit et il fallait débattre pour savoir qui avait raison, ce qui nous mena à des heures bien tardives sans que nous ayons conscience du temps qui passe.

        Lorsque la fête toucha à sa fin, Helena vint me voir, faisant un effort pour entrer dans ma sphère de négation, et posa sa main sur mon épaule en disant :

            -  Asphar, j’ai quelque chose à t’offrir.

     Curieux, je la regardai faire un signe à l’un des serviteurs d’Illios qui apporta une boîte en bois verni qui ressemblait plus à une petite caisse, faisant environ cinquante centimètres dans toutes les dimensions et frappée de l’emblème de notre famille. J’ignorai ce que contenait cette caisse, mais je savais que cela devait être quelque chose de particulièrement important.

     Helena ouvrit le couvercle, et je pus voir à l’intérieur deux plaques de protection d’avant-bras blancs équipés de griffes énergétiques rétractables, dont les lames luisaient d’un éclat jaune vif presque solaire.

            -  Ce sont les Serres d’Eridios, m’annonça Helena, les armes d’honneur de notre famille. Elles ont été forgées voilà plus de sept cent ans et plusieurs de nos ancêtres parmi les plus glorieux ont combattu avec pour vaincre les ennemis de l’Imperium. Et aujourd’hui, il est tout à fait normal qu’elles te reviennent.

      Je pris l’une des merveilleuses armes entre mes doigts. Elles étaient conçues pour laisser la main de l’utilisateur totalement libre dans un simple gant de tissu, même lorsque les lames étaient sorties. Elles se fixaient sur les avant-bras et servait en même temps d’arme et de bouclier, les plaques de protections en titanium pouvant encaisser même les pires dégâts. Je les soupçonnai d’ailleurs de renfermer un système de champ réfracteur pour dévier les projectiles légers, et Helena confirma aussitôt mes pensées par un simple signe de tête. C’étaient vraiment des armes magnifiques. Profondément ému, je dis à ma sœur :

            -   C’est le cadeau idéal pour ce genre de circonstance. Comment est-ce que je pourrais jamais te remercier ?

            -   Tu auras tout le temps de trouver, répondit-elle en me faisant une petite tape sur le nez. J’espère que tu passeras me voir souvent.

            -   Je te le promets.

 

       Le lendemain, je me réveillai avec une bonne humeur comme je n’en avais pas connu depuis longtemps. Enfilant mon uniforme, je rejoignis Illios à la salle à manger, pour prendre un petit déjeuné assez énergique. Helena avait malheureusement dû repartir après la soirée, le travail sur Eridios ne lui laissant pas beaucoup de temps libre. Mais je ne m’en faisais pas trop, car j’avais la ferme intention d’aller lui rendre visite bien assez tôt. 

            -  Asphar, me fit soudain Illios. Je pense que tu devrais immédiatement débuter une enquête.

            -   Vous croyez ?

            -   Lord Holken s’attend à ce tu commences à œuvrer rapidement. Plus tôt tu obtiendras des résultats, plus tu resteras dans ses bonnes grâces. Il faut savoir être très diplomatique avec l’Inquisition, même lorsque tu travailles pour elle.

            -   Et vous avez quelque chose dont je puisse me charger ?

        Illios laissa s’échapper un petit rire, ce qui me laissa pensé qu’il avait déjà tout prévu depuis longtemps. Ce n’était pas le genre d’homme à faire les choses à moitié. Il m’avait formé et il m’avait fait nommer, et je doutai fortement qu’il n’ait pas déjà deux ou trois enquêtes à me proposer.

            -  En fait, m’avoua-t-il, je voudrais que tu reprennes une affaire que j’ai laissé tombé il y a quelques temps.

            -  De quoi s’agit-il ?

            -  A l’époque, ce n’était qu’une histoire de psykers renégats qui causaient quelques problèmes sur une cité-ruche de la planète Vogen, dans le quadrant de Volkmar, mais ça a empiré. C’est devenu une véritable révolte. La ville est à feu et à sang depuis deux mois, et les forces de la garde impériales ont été envoyées pour tenter de mater la rébellion. Cela fait plus de cinq semaines qu’ils essayent de capturer les psykers qui dirigent le soulèvement, sans succès.

            -   Vous voudriez donc que je m’en occupe ?

            -   Oui. Corrige l’erreur que j’ai faite en ne traitant pas cette affaire immédiatement. Trouve les chefs rebelles et neutralise-les par tous les moyens. Si jamais la révolte se propageait sur d’autres cité-ruches de Vogen, la situation pourrait devenir catastrophique.

        Je me levai brusquement de ma chaise et m’inclina devant Illios en lui disant simplement :

            -   J’accepte.

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Prochaines sorties

Illuminati, chapitre 7

Date : 30 octobre

Avancement : terminé

 

Evangelion Children, chapitre 2.6

Date : inconnue

Avancement : 60%

(j'ai besoin d'un bon artwork pour illustrer celui-là, sinon je ne vais pas en dormir la nuit ^^)

 

Halo Destiny, chapitre 22

Date : inconnue

Avancement : 15%

(dernier chapitre de cette fanfic ; il sera très probablement un peu plus long que la moyenne, lui aussi)

 

 

rei.jpg

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