
Nom : Comeau-Montasse
Prénom : Thibault
Âge: 24 ans
Job: technicien chez Assystem à Pierrelatte (en cours de formation)
Localisation: Montélimar, Drôme, Rhône-Alpes, France, Planète Terre, réalité n°246820 de la simulation créatrice
Passions: musique, jeux vidéos, warhammer, et bien sûr, écriture
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Tsunade contemplait depuis maintenant un bon quart d'heure le temps magnifique qui illuminait le village de Konoha. Le ciel était parfait, ses quelques nuages organisés comme une œuvre d'art, apportant juste ce qu'il fallait de blancheur dans tout ce bleu intense. Et il n'y avait pas que le ciel : tout le reste du paysage était parfait lui aussi. Les fleures des cerisiers lâchaient leurs pétales roses dans les airs, où le vent les faisaient danser agréablement. La verdeur du village n'avait jamais été aussi éclatante, aussi harmonieuse et pleine de vie. Elle y est certainement pour quelque-chose, pensa Tsunade.
C'est alors que quelqu'un toqua à la porte de son bureau.
- Entrez !
L'Hokage n'avait pas besoin de se retourner pour savoir de qui il s'agissait. L'avantage de cela était qu'elle pouvait continuer d'observer le paysage, et ainsi donner la véritable image d'un chef, chose qui lui était rarement possible. Derrière elle, Hinata et Naruto attendaient qu'elle prenne la parole. Tsunade décrocha finalement son regard du paysage et contempla les deux adolescents, qui n'avaient pas honte de se tenir la main devant elle.
Naruto était impressionnant dans son nouvel uniforme de chunin, qui lui allait à ravir. Tsunade n'avait même pas eut à intervenir auprès du jury de l'examen pour lui faire obtenir son nouveau rang, car le dur combat qu'il avait mené contre Dangô ayant largement suffit. Il faut avouer que ce n'était pas un adversaire normal pour ce genre de tournois. Haruka non plus...
Quand à Hinata, elle était plus resplendissante que jamais. Il ne lui était plus possible de cacher le pouvoir de la Pierre Florale, qu'elle montrait désormais ouvertement accrochée à son cou. Au milieu de ses cheveux, une rose blanche restait éternellement fraîche depuis qu'elle était revenue, et l'air semblait se purifier autour d'elle. La jeune Hyuuga était devenu quelqu'un d'extraordinaire. La compagne idéal pour quelqu'un comme Naruto...
- Je suis vraiment fière de vous, leur confia-t-elle d'une voix presque maternelle. Vous avez vraiment fait un travail remarquable.
- Merci, répondirent-ils en cœur.
- Par contre, je pense qu'il est inutile de vous dire pourquoi vous devez garder le secret sur toute cette histoire.
Les deux jeunes ninjas répondirent d'un hochement de tête, ce qui suffit amplement à Tsunade.
- Parfait. Et maintenant, j'aimerais que vous vous reposiez un peu avant de débuter votre prochaine mission, qui débutera dès demain.
- Une mission ? s'étonna Naruto. Demain ? Mais il faut que j'aille chercher Sasuke au plus vite !
- C'est justement cela, l'objectif de votre mission : ramener Uchiwa Sasuke. Cela peut également impliquer d'éliminer toute chose empêchant la réalisation de cet objectif.
Un sourire de satisfaction franc et entier apparut aussitôt sur le visage de Naruto, qui jeta un regard complice vers Hinata. Mais il n'avait pas besoin de la regarder pour savoir qu'elle partageait ses sentiments, et qu'elle le suivrait sans hésitation, quel que soit le danger.
- Cette mission est de rang A, continua Tsunade. Je suis donc dans l'obligation de mobiliser une escouade complète de trois chunins pour la remplir.
- Nous ne serons pas sous le commandement d'un jounin ? s'étonna Hinata.
- Non. Et je pense d'ailleurs que vous réussirez mieux ainsi.
- Peut-on choisir le troisième membre de notre équipe ? demanda immédiatement Naruto.
- Désolé, mais j'ai déjà désigné votre partenaire.
La-dessus, Tsunade se dirigea vers la porte menant au couloir devant son bureau, et fit signe à quelqu'un d'entrer. L'instant suivant, Haruka pénétra dans le bureau avec un uniforme de chunin sur elle, et un bandeau portant le symbole de Konoha accroché autour du cou. D'un signe de la main, et dans un magnifique sourire, elle salua les deux autres ninjas. Bien qu'elle ait été leur ennemie à peine deux jours plus tôt, Naruto et Hinata l'accueillerent comme la plus intime des amies.
A leur retour, Tsunade avait appris de la bouche des deux jeunes ninjas ce qui s'était passé au village de la Balance : lorsque Hinata était revenue à la vie, elle avait ramené avec elle les souvenirs de son Jugement, qu'elle avait alors transmis à Haruka. L'ancienne fille de la Balance avait donc profité de l'enseignement qu'Hinata lui avait inculqué dans l'autre monde, pour devenir quelqu'un de totalement différente. Depuis cet évènement, elle n'avait jamais cessé de sourire, d'exprimer la joie immense qu'elle avait reçue, voyant enfin le bon côté de l'existence. C'est pour cela qu'elle a voulu rejoindre l'académie ninja de Konoha, pensa Tsunade. Elle désire se faire pardonner. Mais je pense qu'elle souhaitait également rester à leurs côtés...
- Du fait que vous allez affronter l'un des ninjas les plus doués dans l'art de l'illusion, expliqua l'Hokage, j'ai pensé qu'il vous serait utile d'avoir dans votre équipe quelqu'un qui s'y connaisse dans ce domaine.
- Excellente idée, appuya Hinata en faisant fleurir plusieurs roses de joies parmi ses cheveux. Je suis certaine que Haruka nous sera d'une aide plus que précieuse.
De son côté, Naruto n'eut rien à dire, car il suffisait d'observer son regard pour y lire toute la réjouissance qui brûlait en lui. J'avais oublié combien il aime se faire des amis...
- Alors cette question est réglée, annonça Tsunade. Demain, vous reviendrez ici pour prendre votre ordre de mission et partirez pour Jacurutu. Ca vous va ?
Les trois chunin acquiescèrent silencieusement puis quittèrent la pièce ensembles. Lorsqu'ils furent partis, Tsunade retourna à sa fenêtre pour contempler le paysage. Elle se surprit à regretter d'avance le départ d'Hinata. Même si nous sommes à la belle saison, tout sera nettement moins beau sans elle.
C'est étrange... avant qu'elle ne parte en mission pour le pays des Fleures, je pensais qu'elle était juste quelqu'un de timide et renfermée, qui avait besoin de temps pour devenir adulte. Mais cette aventure a révélé sa véritable personnalité. Avec la Pierre Florale, l'un des sept joyaux ultimes du monde, elle ne peut plus tricher avec ses sentiments. La force cachée qu'elle contient peut tout autant apporter la prospérité au pays que le plonger dans un cataclysme destructeur. Je comprends maintenant pourquoi le pays des Fleures a tenu secret l'existence de cette pierre pendant si longtemps...
Si elle le voulait, Hinata pourrait même devenir le prochain Hokage...
Tsunade se permit d'exprimer un certain plaisir à cette pensée. Depuis la fondation du village de Konoha, tous les Hokage avait été des hommes jusqu'à sa nomination. Cela l'amusait d'imaginer une nouvelle ère où le village serait dirigé uniquement par des femmes... mais elle savait bien que ce n'était qu'un rêve stupide. Après tout, c'est Naruto qui est destiné à devenir le prochain Hokage. Mais peut-être le deviendront-ils tous les deux, s'ils reviennent de cette mission.
Hinata n'était pas surprise de se retrouver en un tel lieu, que Naruto lui avait décrit dans les plus infimes détails. La Balance du Destin était aussi magnifique qu'elle l'avait imaginée, et il s'en dégageait une aura de puissance incroyablement forte, qui faisait vibrer la jeune fille de tout son corps. Alors qu'elle portait la main à sa poitrine pour calmer les battements chaotiques de son cœur, elle s'aperçu que la Pierre Florale n'était plus à son cou. Son pouvoir a certainement été repoussé par celui de la Balance. Tant pis. De toute façon, je n'en ai plus besoin dans ce monde.
La jeune fille n'était nullement effrayée de se trouver là, au seuil des mondes spirituels. Depuis le jour où elle avait faillit mourir au pays des Fleures, Hinata avait longtemps songé à ce que c'était d'être réellement mort. Nous disparaissons tous un jour. L'important n'est donc pas ce que nous avons été, mais comment les autres se souviendront de nous, et les choses que nous avons accomplis pour qu'ils ne nous oublient pas. Je ne sais pas combien de personnes se souviendront de moi dans quelques années, mais je sais que ceux qui le feront garderont de moi l'image de quelqu'un de bien. Et c'est la seule chose qui importe.
Naruto... pourquoi faut-il que ce soit toi qui mit fin à ma vie ? Il y a tant de chose que j'aurais voulu te dire, te montrer, ou te faire vivre... mais je ne le pourrai jamais. Je sais que ce n'était pas de ta faute. Tu devais certainement être sous l'emprise d'une technique d'illusion... J'espère seulement que tu y survivras.
Les deux gigantesques plateaux de la Balance du Destin venaient tout juste d'apparaître, révélant leur surface d'or resplendissante à Hinata, qui était pour l'instant seule dans cet immense espace sacré. Mais la solitude n'était pas un problème pour elle. D'autant que cela ne va certainement pas durer...
C'est alors que Haruka apparut au sommet du pilier central soutenant les deux plateaux.
- Je suis navré d'avoir dû en arriver là, avoua-t-elle, mais grâce à cela, ton ami Naruto me tuera peut-être pour te venger.
- Tu tiens tant que cela à mourir ?
- N'as-tu donc pas compris ? Je suis le Juge de la Balance, de par le pouvoir que m'a légué mon père. Et grâce à cela, je continuerai de juger ceux qui quitteront le monde des vivants.
- Est-ce donc là le seul but de ta vie ?
- Ma vie ? ... Ma VIE ?! Pour moi, je suis morte en même temps que mon village ! Mon seul but était de les venger dans un holocauste ultime ! Mais ton ami et toi, vous m'avez interdit ce destin ! Je me contenterai alors de juger l'humanité dans l'autre monde.
Hinata savait parfaitement que la détermination d'Haruka ne pouvait être ébranlée par les mots, qu'elles pouvait facilement ignorer. Les paroles ne sont fortes que pour ceux qui savent les écouter, et elle ne m'écoutera pas. Je pense qu'aujourd'hui, seuls la force ou les actes d'une grande puissance peuvent encore la raisonner. Et ici, dans cet état, je suis bien incapable de lui apporter l'un ou l'autre...
- De toute façon, continua Haruka, ce n'est plus ton problème. N'espère pas pouvoir être ressuscité par ton Jugement comme l'a fait ton ami. Seule une personne tuée par ma technique ultime peut espérer revenir d'entre les morts, et jusqu'ici, il n'y a que lui qui ait réussi à la faire. Peut importe le nombre de personnes que tu portes dans ton cœur, leurs âmes ne pourront pas te sauver.
- Epargne-moi ces paroles inutiles, lança Hinata. Je sais quelle sera ma fin, et je ne chercherai pas à l'éviter. Lance tes hordes d'esprit, je ne les crains pas.
Un sourire en coin traversa le visage d'Haruka. De sa main droite, elle forma dans les airs un symbole... qui se matérialisa aussitôt en une sorte de rune de glace. Naruto n'avait pas fait mention de ce phénomène, et d'après le regard plein de surprise que jetait Haruka sur la rune, ce n'était pas un oubli. Qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi est-ce que cela ne se déroula pas comme d'habitude ?
Mais alors qu'elle réfléchissait, Hinata put voir se matérialiser autour d'elle les âmes innombrables de son monde. D'abord aussi diffuses et transparentes que des fantômes, puis de plus en plus nette, ces entités prenaient peu à peu conscience de leur apparition en ce lieu. Seulement, quelque chose n'allait pas : normalement, la plupart des âmes devaient rester fantomatiques, et seules ceux que Hinata avait connues devaient prendre une existence physique. Mais bizarrement, cette fois-ci, absolument toutes les âmes présentes sur la Balance du Destin devinrent réelles. Ce n'est pas possible ! Je n'ai jamais connu autant de personnes...
- Mais qu'est-ce que c'est que ça ? s'écria Haruka. Qu'est-ce que... qu'est-ce que tu as fait ?!
- Je n'ai rien fait. C'est toi... qui a choisi la mauvaise personne.
Alors que les mots d'Hinata résonnaient dans l'immensité qui l'entourait, les esprits invoquées se déplacèrent pour prendre place sur la Balance.
Il n'existe pas de mots pour exprimer la stupeur qui s'empara d'Haruka lorsqu'elle vit toutes les âmes présentes et passées de cet univers se placer sur le Plateau de l'Amitié, aux côtés d'Hinata. Une aura magique d'un bleu pâle se mit lentement à recouvrir la jeune Hyuuga alors qu'elle fermait les yeux pour harmoniser ses sentiments avec ceux des innombrables entités qui l'entouraient. Jamais elle n'avait attend un tel niveau de concentration, qu'elle ne parvenait à maintenir que grâce à la volonté de fer que Naruto lui avait transmise.
Je peux le faire. Maintenant je sais pourquoi j'ai reçu cette Pierre Florale. Ce pouvoir m'a été légué pour balayer de mon âme toute émotion malsaine, et purifier mes sentiments en prévision de ce seul moment. S'il existe un Être de Haine Suprême, il existe forcément son opposé, son contraire. La Pierre Florale m'a enseigné la bonté, la compréhension et le pardon, qui me permettent de ne point ressentir la moindre haine. Je dois me concentrer... rassembler mes souvenirs, mes pensées, mes sentiments... et ne laisser qu'une affection universelle. Je peux être... je dois être... je suis l'Être d'Amour Suprême.
Alors que ces mots s'imprimaient dans son esprit, l'aura bleutée qui entourait Hinata s'étendit soudain à toutes les âmes présentes autour d'elle, et commença à s'intensifier. Sa pâleur initiale se transforma peu à peu en une lumière aussi intense que celle d'un soleil naissant, aveuglant Hinata et Haruka pendant de longs instants. Lorsque l'illumination disparu, elle avait emportée avec elle toutes les âmes invoquées, laissant la Balance du Destin vide.
Soudain, la rune de glace que Haruka avait involontairement créé se fissura. D'abord faiblement, puis de plus en plus, jusqu'à s'effriter complètement et exploser devant elle. Haruka sentit aussitôt que quelque chose avait changé en elle, comme un vide qui s'était créé subitement. Lentement, elle balbutia :
- Je... je... mon pouvoir !
- Il ne t'appartient plus, annonça Hinata d'une voix douce. J'ai prouvé à la Balance du Destin qu'il existe encore de la bonté dans le cœur des hommes, et que le temps du Jugement Ultime n'est pas encore venu. Tu n'es donc plus utile à cette destinée.
« Si je dois quitter le monde des mortels, que ce soit au moins en le protégeant du terrible danger que tu représentais. Maintenant, je peux disparaître sans remord, en paix avec mes souvenirs. Je suis prête, enfin, à mourir...
Hinata ferma alors de nouveau les yeux, et attendit. Mais un long moment s'écoula, et rien n'arriva. Elle sursauta soudain lorsqu'elle sentit la main d'Haruka se poser sur sa joue. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, Hinata s'aperçut que l'ancien Enfant de la Balance flottait dans les airs devant elle, et lui souriait, d'un sourire amical et sincère.
- Tu es vraiment quelqu'un d'exceptionnel, lui dit Haruka. Maintenant je comprends. J'étais dans l'erreur, aveugle et stupide, guidée par ma seule envie de vengeance alors que j'aurais dû me tourné vers mes souvenirs. La mémoire de mon père ne méritait pas de tels actes. Il m'a fallut te tuer pour voir cette vérité...
- J'accepte tes regrets et te pardonne tes actes. Sache que je suis heureuse d'avoir pu te raisonner avant de partir.
- Non, fit Haruka. Tu ne partiras pas. Je vais te faire un cadeau, le genre qu'on ne peut offrir qu'une seule fois en une vie.
Haruka se posa alors lentement sur le Plateau des Amitié. Son seul poids, le poids ultime de la Balance du Destin, rompit l'équilibre pour faire descendre les deux jeunes filles... vers le monde des mortels.
Naruto n'avait pas lâché le manche de son kunai, depuis qu'il l'avait planté. Le coup lui avait semblé le plus difficile qu'il ait jamais porté, bien que sa cible soit totalement immobile et sans défense. Tous ses muscles tremblaient sous le flux intenses de toutes les émotions qui se disputaient son esprit. Derrière ses paupières baissées, il tentait de maîtriser ses pensées, qui semblait tourbillonner en lui comme le vent glacial qu'il ne sentait même plus. Par impulsion, au rythme des battements de son cœur, une question s'imposait à lui de plus en plus fort, sans qu'il puisse y répondre. Est-ce que j'ai pris la bonne décision ?
Puis il ouvrit finalement les yeux, et affronta ceux d'Haruka. La lame du kunai avait frappé la neige à un centimètre à peine du cou de la jeune fille.
- Alors ? lâcha-t-elle. Pourquoi ne veux-tu pas la venger ?
- Parce que ce n'est pas ce qu'elle aurait voulu.
- Peu importe ce qu'elle aurait voulu. Seul importe ce que toi tu v...
Mais Haruka ne fini pas sa phrase. Une aura bleuté se mit soudain à l'entourer, et ses yeux se perdirent dans une autre dimension où elle semblait puiser quelque chose.
Naruto se tourna aussitôt vers le corps gisant d'Hinata, qui s'était illuminé du même halo mystique. L'enveloppe charnelle de la jeune Hyuuga fut soulevée dans les airs par une force invisible, tandis que des vents magiques tourbillonnaient autour de sa blessure. En quelques instant, son corps fut régénéré, et la Pierre Florale brilla d'une lumière plus intense que jamais alors que l'âme d'Hinata revint à la Vie. Autour d'elle poussa instantanément un cercle de fleures qui, en s'ouvrant, libérèrent un nuage de papillons multicolores. Lorsqu'elle ouvrit enfin les yeux, les sombres nuages qui régnaient sur ces montagnes depuis l'éternité s'écartèrent pour laisser le soleil illuminer la scène.
- Hinata ! cria Naruto en se précipitant vers elle. Je... oh si tu savais combien je suis désolé...
Le vent continuait de tourbillonner dangereusement autour du petit groupe, frappant les tombes autour d'eux de bourrasques enneigées, cinglant leurs visages de filets d'airs glacés. Hinata sentait le pouvoir de la Pierre Florale qui s'exprimait de plus en plus à chaque instant, et qui se rapprochait du moment où il échapperait totalement à son contrôle. Il lui fallait absolument s'éloigné d'Haruka, et c'est pourquoi elle afficha un regard aussi froid que l'air environnant, afin de l'inciter à répondre à sa question.
- Il y a deux entrées pour y accéder, déclara la jeune fille. L'une se trouve dans le temple, comme je vous l'ai raconté, et l'autre se trouve ici, à l'intérieur du mausolée des grands prêtres.
Hinata balaya alors le cimetière du regard, afin de trouver un bâtiment sombre et lourdement décoré, à peu près de la taille d'un grand arbre. Le mausolée se trouvait à une centaine de mètres du petit groupe, à moitié dissimulé derrière les derniers voiles du brouillard.
- Je vais y allez, Naruto. Toi reste ici, et garde un œil sur elle.
- Naruto ? fit Haruka avec une surprise totale en se tournant vers le garçon. Vous êtes Uzumaki... Naruto ?
En guise de réponse, le jeune ninja retira son masque et lui afficha un beau sourire. Hinata sentit immédiatement un danger et eut un mouvement vers lui, mais il fit signe que tout allait bien :
- Ne t'inquiète pas : elle ne peut plus rien me faire, maintenant. J'ai déjà été Jugé.
- Tu es sûr ?
- Va inspecter sanctuaire. Je me charge de la surveiller pendant ce temps.
Il n'y avait aucune faiblesse dans la voix de Naruto. La confiance régnait en maître sur son visage, comme toujours. Et cette confiance, il savait comment la faire partager, comment la transmettre à ses amis et, surtout, à celle qu'il aimait. Hinata n'avait besoin de rien d'autre que de voir ce visage rayonnant pour être convaincue. Sans rien ajouter, et sans même se retourner, elle se dirigea d'un pas décidé vers le mausolée des grands prêtres. Alors qu'elle s'éloignait, le vent tomba brusquement, et la neige se fit plus rare.
- Elle aussi possède un grand pouvoir, remarqua Haruka.
- Oui, avoua Naruto. Mais même si son pouvoir est différent du tient, le danger qu'il représente si elle l'utilise mal n'en est pas moindre, au contraire. Elle aussi, elle pourrait faire appel à des fléaux innommables, encore plus facilement que toi. Cependant, elle a choisi une autre voie, plus dure, plus difficile à suivre, mais plus noble. C'est quelqu'un sur qui tu devrais prendre exemple.
Haruka ne répondit que par un léger rire d'amusement auquel Naruto préféra ne pas faire attention. La jeune fille était ligotée, et son pouvoir n'avait plus d'effet sur lui maintenant qu'il l'avait déjà subit une fois. Il n'avait aucune raison de la craindre. Par contre, il avait de bonnes raisons de craindre pour la vie d'Hinata. Elle venait tout juste d'entrer dans le mausolée, ce qui à la fois rassurait et inquiétait Naruto. Car même si elle s'éloignait de la seule personne dangereuse présente dans le coin, elle s'enfonçait également dans un lieu inconnu où tout pouvait arriver.
Et soudain, comme une réponse à ses peurs, Naruto entendit Hinata pousser un violent cri de terreur, malgré la distance qui le séparait du mausolée. Sans se poser de question, il se précipita vers l'édifice en hurlant le nom de son amour, laissant derrière lui Haruka et son rire moqueur qui s'amplifiait. Lorsqu'il arriva devant la lourde porte de métal à moitié ouverte, la voix d'Hinata retentit dans les ténèbres qui régnaient à l'intérieur.
- Naruto ! cria-t-elle. Aide-moi ! C'est...
Mais elle ne finit pas sa phrase, et ses paroles raisonnèrent entre les murs du mausolées durant de longues secondes. Naruto ne savait plus quoi faire lorsque, subitement, il aperçu une silhouette menaçante sortir de l'ombre, et dont la vision lui glaça le sang : Uchiwa Itachi. C'est impossible ! Pourquoi serait-il ici ?
- Qu'as-tu fais à Hinata ? lança le garçon en dégainant son sabre d'ANBU. Où est-elle ?
- Mais ici, répondit l'Uchiwa.
Lentement, Itachi leva son bras, et le cœur de Naruto cessa de battre. Dans sa main se trouvait la tête d'Hinata.
Il la tenait fermement par les cheveux, et le sang coulait à flot du cou tranché dont la blessure faisait atrocement souffrir le garçon. Le regard vide de la jeune Hyuuga était figé dans ses derniers instants de peur, fixant involontairement le garçon dans les yeux. Ce regard le terrifia à un point au-delà de son imagination, et le fit reculer au dehors. Mais Itachi sortit lui aussi du mausolée, continuant de dresser la tête d'Hinata devant lui.
Naruto ne savait plus quoi faire. Il était totalement perdu. Hinata... ce n'est pas possible... pas toi ! Tu étais si sage... si douce... si parfaite. Tu étais ma vie, mon âme, tout. Qu'est-ce que je suis maintenant, sans toi ? Qu'est-ce que je peux faire ? Qu'est-ce que je dois faire ? Je dois... je dois... JE DOIS TE VENGER !
Avec une rage sans limite qu'il fit retentire en un cri de souffrance ultime, Naruto se précipita sur Itachi, la pointe de son katana en avant. L'Uchiwa ne chercha même pas à esquiver le coup, et la lame lui transperça le torse alors qu'il souriait sans broncher. Il a probablement déjà lancé une technique d'illusion, pensa Naruto. Cette image va disparaître d'un instant à un autre, et il va m'attaquer par derrière. Je dois réagir très vite...
Mais quelque chose de bien plus terrible arriva à la place. Les mains de Naruto, qui étaient jusque là fermement agrippée au pommeau de son sabre, se mirent subitement à trembler comme deux feuilles mortes. Puis il lâcha son arme, et recula de frayeur en titubant, avant de tomber à la renverser sur le sol. Il ne ressentit même pas le froid contact de la neige, ni le vent glacial qui fouettait son visage. Il ne sentait plus rien qui n'appartiennent à se monde. Dans ses yeux apeurés et tremblant ne régnait que la peur la plus totale, la plus absolue, la plus pure qu'il ait jamais ressenti.
Devant lui, à la place qu'occupait Itachi, se trouvait désormais Hinata, le corps transpercé par son katana. La jeune fille regardait sa blessure, recueillant son propre sang dans le creux de ses mains comme pour essayer de le retenir. Elle tomba brusquement à genoux dans la neige qui se tâcha de rouge, et leva son regard vers Naruto alors que du sang commençait à s'écouler de sa bouche. Ses yeux étaient remplit d'une incompréhension totale, mêlée d'une tristesse infinie dans laquelle le garçon aurait voulu se noyer... pour mourir avec elle.
Les dernières parcelles d'énergie d'Hinata étaient en train de disparaître, et elle s'effondra complètement sur le sol. Avec ce qui lui restait de force, elle tenta de retirer le katana de son corps, mais n'y parvient que partiellement. Epuisée, elle laissa ses bras retomber, et se tourna vers le ciel. Naruto s'approcha d'elle en rampant, avec une difficulté qui n'était plus grande que toutes les faiblesses physiques. Sa main avança vers le visage de son amour, mais ne put se résigner à la toucher.
- Hinata, dit-il au bord des larmes. Je...
Mais Hinata ne pouvait plus l'entendre. Ses yeux étaient figés, fixant un point virtuel du ciel sombre d'où s'était remis à tomber la neige, de plus en plus fort. Elle était morte.
Le désespoir qui avait prit possession de Naruto se transforma peu à peu en colère alors qu'il entendait de nouveau le rire ironique d'Haruka retentir derrière lui. Cela lui donna la force de se relever, abandonnant Hinata pour aller saisir l'Enfant de la Balance par le col, et la soulever violemment.
- Qu'est-ce que tu as fais, espèce de monstre ?! Répond ! Qu'est-ce que tu m'as fais ?!
- Mon maître Mondo Odaka n'a pas fait que terminer mon éducation, le nargua Haruka. Lorsqu'il a apprit que j'étais investi du pouvoir de la Balance, il m'a apprit à l'utiliser, ce qui nécessitait un entraînement aux techniques d'illusion. J'étais naturellement très doué pour cela, et j'ai rapidement appris à effectuer des techniques de genjutsu avec n'importe quelle partie de mon corps. Apparemment, tu es assez facile à manipuler.
- Mais pourquoi ? Pourquoi m'avoir obligé à faire ça ? Je vais te...
- Me tuer ? Vas-y ! Fais éclater ta haine !
C'est alors que Naruto comprit : elle voulait mourir. Elle avait fait tout cela dans l'unique but que sa haine le conduise à la tuer, maintenant qu'elle n'avait plus de raison d'exister. Qu'est-ce que je dois faire ? Je voudrais tant venger Hinata... alors qu'en vérité c'est moi qui l'ai tué. C'est moi... mais j'étais sous l'illusion d'Haruka. C'est de sa faute ! Oui, de sa faute ! Je vais... je dois...
Sa main fouilla dans sa sacoche, et trouva ce qu'il cherchait : l'un de ses kunais. Ses doigts serrèrent la petite arme si fermement qu'ils saignèrent, sans qu'il s'en soucie un instant. Voyant cela, Haruka se laissa tomber en arrière, et ferma les yeux en attendant qu'il frappe.
Et il frappa.
- Alors c'est cela, la Balance du Destin ?
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CHAPITRE VINGT-QUATRE : L'ÊTRE DE HAINE SUPRÊME
La neige avait cessé de tomber sur les montagnes blanches entourant le cimetierre, tandis que le faible brouillard qui régnait jusqu'à présent commençait à se lever. Naruto et Hinata s'étaient tous deux assis face à Haruka pour écouter son récit, qu'elle leur avait livré d'une voix d'enfant désespéré, pleurant même vers la fin. Les deux ninjas de Konoha avaient du mal à imaginer qu'elle avait put inventer toute cette histoire pour les attendrire. Depuis le début, pensait Naruto, je me trompais sur son compte. Je croyais qu'elle était quelqu'un de froid et meurtrier, qui tuait pour sa simple satisfaction... mais je n'ai jamais été aussi loin de la vérité.
- Lorsque je suis sortie du temple, continua Haruka, le village était entièrement détruit, et tous ses habitants avaient été massacrés, leurs corps rassemblés en un immonde charnier. J'ai passé une journée entière à les enterrer ici, puis je suis partie voir l'ami de mon père.
- Et c'est lui qui a terminé ton éducation ? demanda Hinata pour accélérer les choses.
- Oui. Puis j'ai recherché l'Être de Haine Suprême, en récoltant des informations parmi les habitants du pays du Feu. Rapidement, j'ai entendu parlé d'Uchiwa Sasuke.
- C'est pour cela que tu es venue à l'examen chunin de Konoha ?
Haruka acquiesça d'un hochement de tête sous la cagoule que les deux ninjas lui avaient mise. Malgré sa tenue relativement légère pour un climat aussi rude, elle ne tremblait pas le moins du monde, ce qui signifiait qu'elle n'avait pas froid, mais aussi qu'elle n'avait pas peur. En fait elle est juste... désespérée.
- Mon maître, Mundo Okada, m'a permis de participer à l'examen en envoyant une lettre de recommandation à votre Hokage. Je voulais rencontrer Uzumaki Naruto, qui était le seul capable de me dire où se trouvait Uchiwa Sasuke.
- Et pourquoi es-tu revenue ici, maintenant que tu sais où il est ? fit Hinata.
Haruka resta silencieuse un long moment. Ce ne fut que lorsqu'elle entendit Naruto se lever pour la frapper à nouveau qu'elle avoua :
- Mon pouvoir n'est pas parfait. Lorsque je tue quelqu'un grâce à la Balance du Destin, son âme se retrouve piégée à l'intérieur de moi, et son énergie vitale se mêle peu à peu à mon chakra. C'est pourquoi je dois revenir ici avant que mes victimes ne disparaissent totalement : pour relâcher leurs âmes dans le temple de la Balance. Si jamais je tarde trop, ces âmes disparaissent définitivement, et ne peuvent plus rejoindre le domaine des cieux.
- J'espère pour toi que tu l'as déjà fait, lança Hinata d'un ton menaçant.
- Bien sûr que oui, s'écria Haruka. C'est la première chose que j'ai fait en arrivant ici ! Je voulais juste me recueillir quelque temps sur la tombe de mon père avant de repartir. Vous comprenez cela, au moins ?
Mais Hinata ne le comprenait que trop bien, et avait du mal à contenir ses émotions parmi lesquelles se mêlaient surtout compassion et regret.
- Nous allons te ramener à Konoha, dit-elle avec un calme forcé. Notre Hokage décidera de ton sort là-bas.
- Pourquoi est-ce que vous ne me tuez pas tout de suite ? C'est ce que vous voulez, non ?
La question de la jeune fille avait été franche. Tellement franche qu'elle causa un haut-le-cœur à Hinata, qui était effrayée de voir qu'elle et Naruto étaient vus comme de vulgaires meurtriers semblables à ceux qui avaient détruit ce village.
- On ne nous a pas envoyés pour te tuer, mais pour te ramener à Konoha ! Nous ne sommes pas des assassins ! Maintenant ne parle pas ainsi des gens que tu ne connais pas !
- J'ai rencontré assez de gens pour connaître la façon dont raisonne le monde.
C'en était trop pour Hinata. D'un pas rapide, elle se dirigea vers Haruka et lui arracha sa cagoule pour la regarder dans les yeux, et s'aperçut qu'elle pleurait... de rage. Elle croyait fermement en ce qu'elle disait, et elle n'avait pas peur de le montrer. Derrière son masque blanc et bleu d'ANBU, Hinata se permit d'afficher une mine attristée, dont elle seule avait conscience. Les regards des deux filles restèrent figés l'un dans l'autre pendant un long moment avant qu'Haruka accepte de s'expliquer :
- La première chose qui vient est la méfiance. Devant une personne inconnue, c'est le premier sentiment qui s'exprime. Puis, plus vous en apprenez sur cette personne, plus vous avez de raison de vous en méfiant, et même de la mépriser. La nature humaine est ainsi : chacun essaye de préserver des autres son petit monde intérieur. Cette envie indomptable le pousse toujours à rechercher en chacun ce qui pourrait lui être dangereux, et qui pourrait menacer son sanctuaire mental. Notre premier ennemi, c'est toujours les autres.
« Ainsi, tout le monde se méfie de tout le monde, tissant dans la réalité une épaisse toile de sentiments haineux dans laquelle ils se retrouvent piégés. La société est une immense bombe émotionnelle, qui ne se maintient dans le temps que grâce à de petites explosions ponctuelles prenant la forme de disputes, de combats, de batailles, de guerres.
« L'Homme n'est pas fait pour s'aimer. Il a reçu de la Nature le don du libre arbitre, mais sa bêtise animale le conduit à s'autodétruire en voulant préserver à toux prix son univers personnel, le seul endroit où il se sent bien. Sa naïveté et son égoïsme sont les deux maîtres de sa pensée, où la Raison n'a pas la place d'exister. A tout instant, chacun ne cherche que son propre intérêt, et ne voit dans les autres que des obstacles au bonheur vers lequel il tend. Au lieu de s'unir afin de construire un futur radieux pour tous, les hommes se montent les uns contre les autres, chacun tentant d'être celui qui atteindra réellement son but.
« J'ai traversé tant de lieux, et j'ai croisé le regard de tant de gens. Dans chacun d'eux, je n'y ai vu presque que des sentiments égoïstes, comme s'ils avaient eux-même choisis de s'isoler du reste de l'humanité. Et bien que la plupart du temps, chacun possède en lui quelques bons sentiments pour une poignée de personnes, tout cela est si facilement détruit.
« C'est ainsi que le monde a l'impression de bien fonctionner, croyant que son équilibre est le seul possible. Mais j'ai été choisie pour modifier cet équilibre, en lui donnant une nouvelle base sur laquelle s'appuyer. Je n'ai qu'une seule raison de vivre, et c'est parce que vous me redouter que vous êtes venus m'arrêter. Je représente un danger qui doit être éliminé, par tous les moyens. Et maintenant, si je ne peux accomplir mon destin, je n'ai plus de raison de vivre. Alors ne vous gênez pas, et tuez-moi tout de suite ! Vous n'aurez qu'à dire que j'ai résisté et que vous avez dû vous défendre !
Mais seul le vent glacial répondit aux paroles de Haruka. Les deux ninjas de Konoha restaient immobiles, paralysés par ces mots si durs prononcés par une personne si jeune. Et des deux adolescents, Hinata était de loin la plus affectée. Ses blessures sont-elles aussi profondes pour fausser ainsi son jugement sur les autres ? Son objectivité a complètement disparu, et elle n'est plus capable de voir autre chose que le malheur qui l'entoure.
Une profonde tristesse envahit soudain le cœur d'Hinata, alors qu'elle prenait conscience du véritable problème auquel elle devait faire face : Haruka ne devait pas être maîtrisée, mais raisonnée.
- L'humanité n'est pas mauvaise en elle-même, commença la jeune Hyuuga. C'est seulement qu'il existe en ce monde des gens suffisamment malveillants pour créer autour d'eux de mauvais sentiments. Il n'existe qu'un très petit nombre de personnes vraiment maléfiques, et celles-ci disséminent la peur et la méfiance dans le cœur des hommes. C'est ainsi que peut se créer une société haineuse envers elle-même.
« Mais cela ne justifie par que tu puisses ainsi juger le monde entier comme cela, à ta guise. Le pouvoir que tu as reçu n'existe pas dans ce but. La vérité est que tu n'as tout simplement pas choisi de punir les bonnes personnes. Il faut que tu étouffes les mauvais sentiments en éradiquant le Mal à sa source, en éliminant ceux qui sont à l'origine de cette sombre toile de haine.
- Même en faisant cela, répliqua Haruka, d'autres prendront leurs places. La nature humaine est telle qu'ils faut toujours que les forts profitent des faibles, et qu'un trône de puissance appelle à être pris.
- Un trône piégé fait hésiter même les plus téméraires. Personne n'oserait tenter de faire régner sa propre loi après que les être les plus dangereux de ce monde aient été vaincus.
- La peur n'affecte pas les fous ou les obsessionnels. De plus, ceux qui naîtront après un tel évènement recommenceront les mêmes erreurs, et nous ne pourront rien faire à cela. La seule solution, pour que les gens comprennent, c'est un cataclysme tellement puissant que sa force purificatrice incitera les survivants à trouver la voie de la Raison.
« Après chaque grande catastrophe, chaque grande guerre, à chaque fois que l'humanité a essuyé un fléau qui a fait disparaître un nombre de vies titanesque, les Hommes ont retrouvé la véritable noblesse qui est cachée en eux. Alors je vais faire appel à un fléau d'une ampleur telle que ceux qui survivront montreront une noblesse toute aussi grande, qui ne tarira jamais, et qu'ils transmettront pour l'éternité à leurs descendants.
« Voilà pourquoi j'ai besoin de Uchiwa Sasuke : parce qu'il considère le monde entier comme un obstacle a sa vengeance. Et l'un de ses plus grands désirs est de voir disparaître tous ces obstacles. Il est l'Être de Haine Suprême, celui qui, lorsqu'il sera jugé par la Balance du Destin, fera exploser sa haine pour tuer l'humanité entière. Et seuls ceux qui sont suffisamment forts et suffisamment bons survivront.
Ces paroles brisèrent les convictions d'Hinata avec la facilité d'une brique traversant un miroir, et ses espoirs de raisonner la jeune fille volèrent en éclat pour être emportés par le vent. La tristesse qu'elle exprimait pour Haruka se fit alors plus profonde, plus forte.
Et c'est alors que la Pierre Florale se mit brusquement à vibrer sous son uniforme d'ANBU. Aussitôt, la neige recommença à tomber, et le vent se fit plus fort, tourbillonnant autour d'elle dangereusement. Hinata comprit aussitôt que cette réaction ne ressemblait à rien de ce qu'elle avait déjà connu. Mes émotions n'étaient pourtant pas assez fortes pour déclencher une telle réaction. Alors pourquoi ? Quel est l'élément catalyseur qui a causé cela ? Qu'est-ce qui fait que ces sentiments diffèrent de mes sentiments habituels ? ... Ils concernent Haruka. Son pouvoir et le mien ont commencé à résonner entre eux. Si cela continue, je risque de perdre le contrôle de ma Pierre Florale. Il faut que je m'éloigne d'elle.
Haruka ne comprit pas tout de suite ce qui s'était passé. Ou plutôt, elle n'arrivait pas à admettre que le seigneur Togo était mort, et que c'était entièrement de sa faute. Les yeux hébétés, elle cherchait vainement une trace de vie dans le regard immobile de l'homme sur lequel elle était restée affalée, jusqu'à ce qu'elle aperçoive le sang couler sur le sol. Cette vision lui fit un tel choc qu'elle se releva d'un bond, et recula de plusieurs mètres en secouant la tête, comme si elle voulait se réveiller d'un faux rêve, mais l'horreur ne disparut pas. Son esprit anéanti, elle tomba à genoux sur le sol pavé de la grande place.
Tout le village d'Hakari semblait s'être figé autour d'elle, et seul le vent faisant vibrer les vêtements et les chevelure de la foule lui prouvait que le temps s'écoulait toujours. Puis, peu à peu, tous les regards qui étaient tournés vers le corps sans vie de Togo se dirigèrent sur Haruka. Un poids gigantesque commença à écraser le mental de la jeune fille, car à travers tous ces regards étaient transmis une quantité phénoménale de sentiments, qui cherchaient à pénétrer sa conscience. Où que se portait ses yeux, Haruka se retrouvait forcée d'affronter ceux de ses semblables et ceux des envahisseurs, exprimant chacun un torrent d'émotions qui ne pouvaient lui échapper.
La religion de Hakari, le Bun'Betsu, avait pour but ultime d'apporter la paix l'Humanité. Son enseignement avait trois phases devant être suivies par chacun des disciples du village de la Balance : la compréhension de soit-même, la compréhension des autres, et la découverte de l'harmonisation. Haruka n'en était encore qu'à la seconde phase. Comprendre les autres consistait à apprendre comment voir les émotions, à les décrypter dans chaque regard, chaque geste, chaque intonation de voix. C'était un enseignement particulièrement difficile, qui demandait de la concentration, de la patience, et surtout énormément de pratique.
Et à cet instant, au milieu de toute cette foule exprimant librement l'ensemble de ses émotions, ce fut comme si l'enseignement d'Haruka s'était accéléré à un point sur-humain. Une quantité incroyable d'informations qu'elle décodait inconsciemment sur les visages furent envoyés à son cerveau, et de nombreux flashs de lumière illuminèrent sa vision comme pour diminuer ce flot nerveux.
Soudain, un mouvement parmi la foule attira le regard d'Haruka : l'un des ninjas du pays des Nuages, portant une armure d'officier, s'avança vers Togo et lui prit le pouls. Puis il tourna vers la jeune fille ses yeux injectés de haine, jetant à la foule le message qu'elle redoutait tant :
- Il est mort !
- Je... je n'ai pas voulu... bafouilla Haruka.
- Tu voulais sauver ton amis alors qu'il ne craignait rien ! le commandant voulait juste lui donner une leçon et lui apprendre les lois de la vie ! Il n'avait aucune intention de le tuer !
Inconsciemment, Haruka recula vers son père, cherchant une quelconque protection contre toute la colère qui s'abattait sur elle. Dohko la prit dans ses bras mais ne put dire un seul mot. Le contact paternel rassura quelque peu la jeune fille qui put alors affronter les regards des ninjas tandis que ces derniers commençaient à sortir leurs armes. Non... Pas ça... Essayez de comprendre, je vous en prie.
Ces mots, Haruka aurait voulu les crier, mais aucun son ne sortit de sa gorge. La peur l'avait totalement paralysé. L'officier ninja qui s'était avancé commença à s'approcher d'elle, dégainant une longue dague courbe qu'il dissimulait dans son dos.
- Tu as tué notre seigneur ! hurla-t-il. N'espère pas recevoir la moindre indulgence de notre part !
Le monde entier semblait s'être transformé en un cauchemar vivant dans l'esprit de la jeune fille. Ses yeux se fermèrent, acceptant la sentence jusqu'au plus profond de son âme, adressant une dernière prière à son peuple. Cette pensée fut interrompue par le cri d'Ishida qui se précipita vers le ninja en armure, mais celui-ci ne porta qu'une faible attention à cet importun. Une attention juste suffisante pour calculer le moment où faire exécuter à sa lame aiguisée comme l'éclair une courbe qui trancha net la gorge du garçon, ainsi que le bras que ce dernier avait inconsciemment avancé pour se protéger.
- Je ne ferai pas la même erreur que notre seigneur, lança le ninja.
L'homme leva sa dague dans les airs, et Haruka referma les yeux. Le bruit du métal transperçant la chair parvint jusqu'à ces oreilles avec une netteté absolue, comme si elle connaissait ce son depuis qu'elle était venue au monde. Mais bizarrement, elle ne ressentit aucune douleur. Suis-je déjà morte ? Cela aurait été aussi rapide ? Pourtant, j'ai toujours conscience de mon existence... et de mon corps. Je peux... je peux ouvrir les yeux...
Et ses paupières se levèrent, pour voir le visage de son père qui s'était interposé. Du sang s'échappait de sa bouche, et sa respiration était irrégulière. Sur sa poitrine émergeait la pointe de la dague ensanglantée. Non...
- Pardonne-moi, Haruka... murmura Dohko.
L'officier du pays des Nuages retira sa lame du corps du grand prêtre, et celui-ci tomba à genoux devant sa fille. Aussitôt, des cris de stupeurs retentirent à travers toute la foule tandis que les villageois cherchait à s'approcher. Les soldats ennemis tentèrent de les retenir, mais se retrouvèrent vite forcés de faire usage de leurs armes. Une émeute éclata rapidement.
L'attention du ninja en armure se retrouva détournée un instant, et Dohko en profita pour rassembler les dernières forces qu'il lui restait, afin de mener Haruka jusqu'à l'intérieur du grand temple d'Hakari. Les villageois refermèrent la porte derrière lui et refusèrent l'entrée aux guerriers de la foudre avec toute la force dont ils disposaient. Tandis que le chaos du massacre retentissait à l'extérieur, Dohko porta sa fille devant l'autel central : un large cercle de pierre sur-élevé accessible par un large escalier. Haruka était totalement inexpressive, son esprit presque disparu et son âme sur le point de mourir.
De sa main libre, Dohko traça un symbole invisible sur l'une des pierres de l'escalier, et celui-ci commença alors à s'abaisser marche après marche, révélant un tunnel qui s'enfonçait dans les profondeurs de la montagne. Plusieurs torches étaient accrochées à l'entrée du passage, et Dohko en saisit une pour s'éclairer. Il sentait la vie le quitter lentement, et pour la première fois de sa vie depuis la mort de sa femme, il ressentit la peur l'envahir : la peur de mourir avant d'avoir accomplit sa dernière tâche. Le village d'Hakari ne disparaîtra pas ainsi, sans livrer son dernier message au monde. La prophétie a commencé, et je ne peut l'empêcher de s'accomplir jusqu'au bout. Tel est notre destin.
Lentement, le grand prêtre et sa fille arrivèrent jusqu'à une gigantesque salle souterraine, dont les murs de pierres blanches étaient couvertes de textes écrits dans l'ancienne langue d'Akari. Au centre de cette salle se trouvait une représentation de la Balance du Destin au moins cinq fois plus grande que celle qui était érigée sur la grande place du village, et devant laquelle il posa le corps inerte d'Haruka. La jeune fille était encore consciente de ce qui lui arrivait, mais toute force de corps et d'esprit l'avait abandonné, ne lui permettant plus ni de bouger, ni de penser. C'était comme si elle était morte, et que son fantôme refusait de quitter son enveloppe charnelle. Dohko savait qu'il devait faire vite, avant que ce qui restait de volonté à Haruka la quitte, rompant définitivement le lien de son âme en lui offrant la plus malheureuse des morts.
Dohko sortit soudain une lettre de sous sa robe, et la glissa dans celle d'Haruka. L'hémorragie dans la poitrine du grand prêtre s'agrandit lorsqu'il souleva sa fille pour la transporter le long d'un escalier menant à l'un des énormes plateaux d'or de la balance, où il la posa délicatement. Le poids de son corps rompit l'équilibre de l'édifice, amenant le plateau opposé à hauteur d'un autre escalier, que Dohko emprunta. Lorsqu'il se retrouva finalement sur le large disque d'or, dont la surface étincelante était couverte d'écrits sacrés datant d'une époque sans âge, les deux plateaux se croisèrent pour stabiliser de nouveau la statue. Et bien que le corps de Dohko était nettement plus lourd que celui de Haruka, l'équilibre redevint parfait lorsque la vie le quitta.
Haruka, ma tendre petite fille,
Si tu lis ces mots, cela signifie que notre village est maintenant disparu, ainsi que moi-même, et que tu es désormais la dernière représentante de notre peuple. Cela signifie également que j'ai été obligé d'agir selon l'accomplissement de la prophétie, et que tu te retrouve maintenant dans le lieu le plus sacré de Hakari : le véritable temple de la Balance du Destin.
Je regrette tellement de ne pouvoir te dire ces mots de vive voix, afin que tu puisses ressentir toute la tristesse et le chagrin qu'ils contiennent. Mais je n'ai pas eut le choix. Tu dois probablement avoir vu de bien terribles choses, désormais, et contemplé la sombre vérité de ce monde. J'ignore comment tu réagira face à tout ceci lorsque cela arrivera, mais je suis sûr que tu resteras forte, comme tu l'as toujours été. Tous mes espoirs sont réunis en toi, Haruka. Et maintenant, je te laisse cette lettre en espérant que tu comprendras son message.
Tu es l'enfant de la prophétie, ma fille chérie. Ton destin est de rétablir l'équilibre et de faire disparaître les conflits, grâce au pouvoir que je t'ai donné. C'est un pouvoir immense, qui a le pouvoir de faire disparaître à jamais le Mal de la surface de ce monde. Tu es devenue le Juge Ultime de la Balance du Destin. C'est un poids avec lequel il te faudra vivre, et je suis sincèrement désolé de devoir t'imposer une telle charge.
Je regrette aussi profondément de ne pas avoir put terminé ton éducation. La recherche de l'harmonisation est un enseignement que j'aurais tant voulu te voir réussir, mais il va te falloir recherche par toi-même cette leçon. Tout ce que je peux faire, c'est te guider vers quelqu'un d'autre, un vieil ami qui vis désormais en ermite au pays du Feu. Va à la grande ville de Torishoba, en venant par le Nord pour éviter le village caché de Konoha. Là-bas, demande ton chemin vers la Montagne Argentée, jusqu'au temple de la Lumière. Tu y trouvera Mundo Okada, un ancien prêtre de notre village qui a voulu répandre le Bun'Betsu à travers le monde. C'est lui qui terminera ton éducation.
Lorsque tu seras prête, cherche parmi les hommes qui possèdent le plus de haine en eux. Cherche celui qui possède la haine la plus totale envers ses semblables et envers l'Humanité elle-même. C'est lui qui t'aidera à éradiquer le Mal, pour apporter la paix à tous. Sa haine te permettra de tuer tous les êtres maléfiques de cette terre, pour épargner uniquement les âmes les plus pures, qui formeront alors un nouveau paradis. Je sais que cette vision t'effrayera probablement, mais c'est ton destin, et le temps te permettra de l'accepter.
Je te fais mes adieux, ma chérie. Je te lègue tout mon amour et tous mes espoirs, afin que tu trouves la force d'accomplir la prophétie de notre village, et pour que notre sacrifice n'ai pas été inutile.
Illuminati, chapitre 7
Date : 30 octobre
Avancement : terminé
Evangelion Children, chapitre 2.6
Date : inconnue
Avancement : 60%
(j'ai besoin d'un bon artwork pour illustrer celui-là, sinon je ne vais pas en dormir la nuit ^^)
Halo Destiny, chapitre 22
Date : inconnue
Avancement : 15%
(dernier chapitre de cette fanfic ; il sera très probablement un peu plus long que la moyenne, lui aussi)
