
Nom : Comeau-Montasse
Prénom : Thibault
Âge: 24 ans
Job: technicien chez Assystem à Pierrelatte (en cours de formation)
Localisation: Montélimar, Drôme, Rhône-Alpes, France, Planète Terre, réalité n°246820 de la simulation créatrice
Passions: musique, jeux vidéos, warhammer, et bien sûr, écriture
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34. ... et de nombreux autres à découvrir :
Je suis réveillé par le bip aigu de mon réveil. Je l'éteins et regarde l'heure :
8h30 du lundi 18 mars 2011, mais je me rappelle que cette heure ne veut plus rien dire ici. L'engin porte la marque de l'UPI, l'Union des Potentiels Industriels, organisation sous laquelle nous avons rassemblé toutes les entreprises humaines, et cette marque me remplit de fierté chaque fois que je la vois. Le vent souffle faiblement sur la toile de la tente, lui donnant des allures de vagues renversées du plus bel effet. Je tends la main sur la droite du lit... mais ne trouve personne. Constance est déjà sortie ? J'ai failli oublier combien cette expédition lui tient à cœur. Je m'habille donc et sort pour admirer le paysage :
Il fait déjà jour sur le campement. Des collines amicales couvertes d'herbe d'un bleu clair s'étendent sur plusieurs kilomètres avant une forêt aux arbres hauts et aux feuilles toutes colorées du même bleu agréable. La forêt recouvre le bas d'une chaîne de montagne dont les sommets vont se perdre dans les nuages teintés d'un rouge net. De l'autre côté de ce panorama, le ciel est un peu mieux dégagé et laisse contempler son atmosphère au bleu mélangé de vert, avec derrière, deux lunes en croissant. Entre les deux astres, une petite forme ovale noire se dessine faiblement dans la lumière du jour.
Il s'agit de notre vaisseau spatial. Un monstre de mille quatre cents mètres de long capable d'effectuer nos précieux voyages sub-spatiaux, transportant tout le matériel nécessaire à notre expédition et à une colonisation première. Cette planète avait déjà été repérée depuis la Terre comme un monde accueillant par nos observatoires, et nous sommes venus le vérifier personnellement. Malheureusement, nous n'avons pas encore rencontré de formes de vie aussi évoluées que l'homme, seulement des lézards ou mammifères primitifs, ainsi que des oiseaux et de nombreuses espèces d'insectes. Ces prochains jours, une fois que nous aurons rassemblé suffisamment d'informations ici, nous irons fouiller les océans de cette planète, puis nous retournerons faire notre rapport sur Terre.
Constance ne voulait pas rester toute sa vie dans un laboratoire à analyser de simples faits et expériences. C'est pourquoi elle a demandé à être nommée chef de cette expédition, et je l'ai suivi. J'ai partagé ses rêves avant de les construire, et maintenant je partage sa vie pour la rendre heureuse. Je ne la suis pas vraiment, je vis avec elle, en elle, et au-delà.
Notre rêve est donc devenu réalité : l'Humanité est enfin unie, après des milliers d'années de civilisations guerrières, et connaît aujourd'hui la plus magnifique des périodes avec paix et prospérité omniprésente. Le monde que nous rêvions de créer est désormais devant nous, mais nous avons refusé de continuer notre carrière de présidents des Enfants de la Raison, faisant confiance à nos successeurs, et voulant nous retirer du monde des affaires. Nous nous contentons juste de leur envoyer des messages de temps à autres pour voir où ils en sont. Nous préférons de loin voyager, et découvrir de nouvelles planètes.
J'aperçois finalement Constance qui sort de la forêt, accompagnée d'un groupe de chercheurs. Je cours alors à sa rencontre, et lui fais :
- Tu t'es levée tôt aujourd'hui. Pourquoi ne m'as-tu pas réveillé ?
- Je ne voulais pas déranger ton rattrapage de décalage horaire. On a capturé quelques spécimens de lézards intéressants à faire analyser, si ça t'intéresse.
- Alors nous pourrons bientôt donner le feu vert pour la colonisation.
- Oui. Ce sera notre quatrième planète-colonie. Je crois qu'on aura plus de problèmes de place d'ici un moment.
Je souris alors, comme pour la découverte d'un cadeau aussi inattendu que de la neige à Noël, ce qui la fait sourire elle aussi. Le meilleur est encore devant nous. Nous sommes les pionniers du bonheur, et les terres à découvrir sont aussi vastes que notre amour, qui guidera nos pas sur ces territoires promis à la nouvelle paix humaine.
La nuit tombe sur Bogotà, et le dernier jour de l'ère de la déraison s'en va. Dés demain, nos membres les plus avisés de chaque pays prendront les rènes du pouvoir et prépareront le terrain pour notre grand projet de reconstruction et d'expension. Si l'expension ne concerne que la continuation de nos recherches spatiales, la reconstructionsera la partie la plus dur, regroupant les problèmes de pollution, d'armement, et de structure. Ce sera néanmoins bien plus aisé une fois que nous aurons mis en place le projet que j'ai mûri toutes mes jeunes années : le plan de Complémentarité de l'Hummanité.
Ce plan consiste en l'union progressive de toutes les nations du monde. Dans un premier temps, cette union sera économique, scientifique et industrielle, puis nous unirons ce que nous laisserons de l'armée, et enfin le monde sera prêt pour un gouvernement unique. Les anciennes frontières nationales deviendront alors les limites départementales du monde, le tout sous la direction des Enfants de la Raison. Mais j'ai décidé que, officiellement, il vaudrait mieux changer de nom pour l'APUT : l'Alliance des Pays Unifiés de la Terre.
Une fois cette ultime alliance effectuée, nous pourrons résoudre les problèmes qui frappent l'Humanité et la planète, grâce à une meilleure utilisation de notre potentiel économique, industriel et scientifique. La fin de la concurrence et la mise en commun des anciens rivaux permettra d'économiser une quantité incroyable d'argent et de matière, que nous pourrons utiliser ailleurs. Toutes les récoltes en excès qui étaient auparavant jetées, gaspillées, seront redistribuées au mieux afin de répondre aux demandes de chacun.
Assis dans l'herbe de la plaine, Constance à mes côtés, j'observe les étoiles. Les étoiles vers lesquels se poursuit notre rêve, et sur lesquelles nous poserons un jour le pied. Je pense alors à tous les gens qui ont partagé notre rêve, tous les Enfants de la Raison qui ont accepté leur exclusion de la population pour le réaliser, et l'effort incroyable qu'ils ont fourni pour cela. Tant de moyens mis en œuvre pour arriver jusqu'ici. Moi qui commençait à douter de l'Homme, je me rends compte finalement que sa sagesse n'a pas totalement disparu, et qu'il y a encore de l'honneur dans notre race. L'honneur a souvent été associé à des actes guerriers, un soldat devant mourir dans l'honneur, mais il n'y a aucun honneur à la guerre, juste une sorte de fierté ou d'orgueil militaire. Le seul véritable honneur qui mérite d'être considéré comme tel est celui qu'on acquiert en faisant le bien, quelle que soit la grandeur de ce bien que l'on donne au monde.
Tous ces êtres qui nous ont aidé ont compris que si l'on pense pouvoir rendre le monde meilleur, il faut chercher à le faire. Il y a trop de gens qui, à l'occasion de rencontres ou de visites, discutent de tout et de rien, et en viennent à critiquer le monde. Pendant des heures, ils refont le monde dans leurs têtes et dans leurs paroles, mais cela en reste là, et une fois qu'ils se séparent, il ne reste plus que des souvenirs, et aucune volonté. C'est bien de critiquer, mais parfois, il faut penser à aller au-delà. C'est ce qu'ont compris les Enfants de la Raison, et ce qui nous a permis d'arriver là où nous sommes aujourd'hui.
- Tu crois que ça va vraiment marcher, me demande Constance avec un semblant d'inquiétude.
- Nous avons réussi à obtenir le pouvoir politique. Maintenant, il nous faut cacher nos projets aux militaires et aux industriels jusqu'à ce que nous soyons hors de leur portée. Si on joue correctement le jeu, ils ne verront rien arriver, et nous les priverons de leur pouvoir sans qu'ils ne puissent rien dire. Ca marchera sans problème.
- Je suis fatiguée, Célestin. Je sens que nous devrions nous arrêter là, et laisser les Enfants de la Raison continuer sans nous. Tu ne trouves pas ?
- Oui, tu as raison. Cette fuite m'a épuisé, et maintenant la machine est lancée. Ils se débrouilleront très bien sans nous. Mais que songes-tu à faire désormais ?
- Eh bien, continuer notre recherche spatiale.
- Le poste de chef de ce projet t'est déjà attribué d'office, Constance. Et je serais ravi de te suivre.
- Je t'aime, Célestin.
- Moi aussi je t'aime, Constance.
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32. Le jugement :
La gigantesque salle se remplit progressivement au fil des arrivés d'avions diplomatiques, et les chefs d'états prennent place avec des airs soucieux et inquiets. Ceux qui semblent les plus surpris sont certainement les présidents Américains et Britanniques, qui se demandaient bien où nous nous trouvions. Leurs services secrets n'ont pas été capables de nous retrouver, et cela semble bien les contrarier au plus haut point. Voilà que s'envole leur espoir de mettre la main sur la découverte de Constance et nos précieuses données des satellites Aigles 1&2.
Les médias n'ont pas non plus voulu manquer l'évènement, et se sont massés sur les hauteurs réservées à cet effet. Des dizaines de vautours médiatiques se préparent, vérifiant leur micros ou leur brushing, tous voulant faire mieux que les autres et les méprisant. Quand je pense à tout ce rassemblement de talents médiatiques qui ne font que se tirer dans les pattes alors qu'ils pourraient être tellement efficaces en travaillant ensemble. Mais notre monde est un monde de compétition, d'affrontement, et de concurrence sévère, le seul moyen qu'à trouver l'Homme pour se motiver : faire avant l'autre et le faire mieux que lui, pour avoir tous les honneurs. Mais qu'est-ce que l'honneur dans ce monde ? L'honneur aujourd'hui ne se calcule pas en personnalité, mais en dollars. Les gens ne veulent pas des bienfaiteurs ou des honnêtes gens, mais des stars, des golden boys, des businessmen, tous ceux dont la popularité se mesure en audience télévisuelle et pouvoir d'achat, ou en pouvoir tout court. Tous ceux que privilégient ces charognards de l'information se préparant à montrer cette conférence au reste du monde. J'en ai froid dans le dos.
Cependant, cela ne doit pas être ma première occupation. Je dois me concentrer sur mon discours. Comment vais-je développer l'objectif des Enfants de la Raison ? Ce sont des hommes politiques auxquels je fais face, et leur orgueil est grand, bien plus grand que leur pouvoir. Il va falloir les raisonner, et cette tâche ne sera pas aisée.
Je vois subitement que les portes d'entrées sont refermées, ce qui veut dire que tout le monde est là, et qu'il me faut commencer. Je crois qu'il n'y a pas de mots suffisamment puissants pour exprimer combien je suis perturbé par ce rassemblement de chefs d'états, mais je garde mon calme et saisit le micro devant moi pour amorcer la conférence :
- Mesdames, Messieurs, bonjour ! Je suis heureux de voir qu'aucun invité ne manque à l'appel, et suis décidé à être totalement franc envers ceux qui m'ont autorisé à faire entendre la voix des enfants de la Raison aujourd'hui. J'espère qu'il en sera de même pour vous.
« Vous savez donc tous que vos pays comptent chacun dans leur population un certain nombre de nos membres, et j'admets le fait que cela puisse vous inquiéter. C'est normal d'être prudent lorsqu'on est à la tête d'un Etat, mais cela ne veut pas dire qu'il faut utiliser des moyens extrémistes pour régler un problème qui n'en est pas un. Je ne parlerai pas ici des circonstances qui m'ont poussées à fuir mon pays jusqu'ici, car ce n'est pas le but de cette réunion.
« Chers chefs d'états, pensez-vous vraiment que le monde tourne rond ? Est-ce que l'Humanité est sérieuse ?... A mon humble avis, c'est loin d'être le cas, et la guerre qui sévit aujourd'hui en est la preuve. Des milliers d'années d'évolutions technologiques et spirituelles, et nous en sommes encore à nous entre-tuer comme des bêtes. Le dicton a raison de dire que le pouvoir corrompt, car que ce soit les dirigeants politiques ou les patrons d'industrie, tous considèrent le pouvoir comme un jouet de jouissance dont leur soif ne se tarira jamais. Jusqu'où nous faudra-t-il aller pour nous rendre compte que nous faisons fausse route ? Et lorsque nous le ferons, sera-t-il encore temps de revenir en arrière ? De réparer nos erreurs ?
« De plus, lorsque l'on observe les nouvelles générations, elles suivent les erreurs de leurs prédécesseurs, et sont aussi déraisonnables qu'eux. Des masses de jeunes veulent vivre un mode de vie dont seuls quelques-uns jouissent. Qu'arrivera-t-il lorsque cette jeunesse prendra le relais pour le fonctionnement de la société humaine ? ... oui, Monsieur Kinegan ? Vous avez une question ?
- En effet. Vous dites que les dirigeants politiques, donc nous inclus, ainsi que les chefs industriels, sont déraisonnables. Mais alors dans ce cas, comment ont-ils obtenu les diplômes nécessaires à l'acquisition de leurs postes ?
- Déraisonnable ne veut pas dire stupide, monsieur. Il y a différence entre la capacité à accaparer un savoir, et celle de l'utiliser correctement et à bon escient. L'une n'engage pas l'autre. Après, la réussite n'est qu'une question de volonté, et beaucoup de gens en ont. C'est pourquoi j'ai décidé de créer, avec mon amie Constance Barto ici présente, les Enfants de la Raison.
« Notre organisation compte aujourd'hui 7 572 137 membres dispersés dans le monde entier, et leur nombre augmente continuellement. Nous recrutons les élèves les plus sérieux, les plus sages, et réunissons leurs voix qui crient toutes à l'unisson qu'il est grand temps que le monde change. Nous sommes là pour faire bouger ceux qui restent inactifs face au chaos qui nous menace si nous continuons ainsi. « Je ne crois pas en un destin qui frappe les hommes quelques soient leurs actes, disait G. K. Chesterton, mais je crois en un destin qui les frappe s'ils n'agissent pas ». Nous formons donc depuis maintenant trois ans les nouvelles générations situées dans les écoles primaires et maternelles du monde entier afin de...
- C'est de la manipulation ! Attaque violemment le Président Canadien. De la propagande juvénile ! De l'incitation aux nouvelles générations à nous renverser !
- Je vous défie de le prouver, fais-je rapidement sans pourtant hausser la voix en l'interrompant. Attention : « la Raison est la première victime de toute réaction violente », disait Franck Herbert. Je vous prie, Monsieur, de vous calmer et de ne point m'interrompre de nouveau. Si vous voulez vérifier vos hypothèses scandaleuses, allez dans la première école d'Ottawa et questionnez ses élèves. Vous serez vite déçu.
Je marque alors une pause afin de laisser tout le monde méditer là-dessus un moment, puis me relance :
« Nous intervenons constamment dans la vie d'un grand nombre de vos concitoyens, et nous rendons leur vie bien meilleure qu'elle ne l'était il y a quelques années en offrant nos services bénévolement. Et songez à cela également : nous sommes la première, la seule et l'unique organisation développée de tous les temps qui possède des membres soudés et liés d'amitié dans chaque pays du monde entier dans un but pacifiste.
- Mais qu'est-ce qui vous dit que le monde ne tourne pas rond ? Intervient le Président Chinois.
Voilà la question que j'attendais. Mon but n'était pas de leur donner notre point de vue directement mais le préparer et les obliger à nous le demander. Sur ce point, ils vont être servis :
- La guerre est certes un bel exemple, mais il semble que cela ne vous suffit pas. Je vais donc demander à Constance de vous présenter les problèmes actuels, et les solutions que nous envisageons.
Constance s'avance alors et je lui tends le micro en lui glissant un regard plein de confiance, qui lui donne la force d'affronter la foule de politiciens :
- Bonjour à tous. Il me semble que vous n'ayez pas vraiment conscience de la situation globale de notre monde, peut-être parce que vous n'avez chacun que quelques pièces du triste puzzle. Notre but est de vous ouvrir les yeux, ainsi que de vous faire partager notre rêve d'un monde meilleur, et je vais tenter de le faire de mon mieux. Tout d'abord, je voudrais vous parler des centaines de milliers d'ogives nucléaires que possède l'ensemble de vos pays qui pourraient détruire intégralement la planète vingt fois. « J'ignore quelles armes seront utilisées dans la Troisième Guerre mondiale, disait Einstein, mais je sais par contre que la Quatrième Guerre mondiale se déroulera à coup de bâtons et de pierres ». Et le stockage de vos déchets radioactifs est inefficace lorsqu'il n'est pas inexistant, comme pour les centaines de sous-marins nucléaires qui rouilles dans la baie de Kola en Russie. Nous avons trouvé un moyen de nous débarrasser une bonne fois pour toute de tout ce matériel dangereux, par voie spatiale.
« Ensuite, le budget mondial de l'armement et les consommations superficielles en énergie, matériaux et main-d'œuvre, de l'armée. Tout cela pourrait permettre à toute l'humanité de subvenir à ses besoins. 60% de la production alimentaire mondiale est consommée, ce qui veut dire 40% de gâchis monstrueux. De plus, le fait que certains centres scientifiques ou industriels gardent jalousement des brevets révolutionnaires juste pour devancer leurs concurrents est intolérable. La mise en commun de tous nos savoirs et la fin de cette compétition continuelle entre entreprises, centres de recherches, ou même usines de fabrication pourrait profiter au monde entier à une échelle inimaginable. Il y a aussi le problème des industries pharmaceutiques qui refusent de soutenir certaines recherches vraiment utiles juste parce qu'elles savent que ces produits pourraient faire chuter leurs bénéfices. Le plus bel exemple est celui du centre de recherche qui travaillait sur un vaccin contraceptif, et qui a du arrêter juste parce que l'industrie pharmaceutique lui a annoncé que cela ne les intéressait pas. La pilule rapportait beaucoup, et ils n'étaient pas prêts de l'échanger avec un produit à utilisation unique.
« Nous nous sommes également penché sur des problèmes moins médiatisés, mais tous aussi importants, tels que la pollution des océans par les déchets plastiques, les pluies acides, ou l'effet de serre, et avons dégagé des solutions réalistes. Seulement, il ne suffit pas de concevoir ces idées, il faut aussi les réaliser. Et c'est là que nous savons parfaitement que vous n'accepterez jamais une telle chose.
« Or, nous avons un moyen de vous convaincre. Car aujourd'hui, si le problème qui vous préoccupe le plus est celui de la surpopulation, ne vous inquiétez pas, ce n'en est plus un. Car nous vous offrons, si vous êtes sages, le voyage intersidéral. En effet, et seuls quelques-uns d'entre vous le savaient déjà, nous avons découvert un moyen d'effectuer des voyages spatiaux à une vitesse nettement supérieure à celle de la lumière. Cette découverte pourrait nous permettre d'entreprendre la colonisation d'autres planètes, et ainsi de disperser l'Humanité qui vous semble trop compactée.
- Etes-vous bien certaine de pouvoir faire ce que vous prétendez ? Demande le Président Français avec une méfiance non dissimulée.
- Demandez à vos collègues américains, répond Constance. Ce sont eux qui ont détecté la disparition d'un de vos satellites et sa réapparition quelques secondes plus tard à des milliers de kilomètres de la Terre. Ils ne vous ont pas parlé du bataillon de leurs soldats qui est venu nous chercher au centre de recherche de Toulon, non ? Ni de leurs commandos non répertoriés de la CIA qui ont tenté de nous capturer ?
- En effet, fait le chef d'Etat en se retournant vers son homologue américain. J'aurais bien aimé être averti de ce qui se passe sur mon territoire.
- Ce n'est plus votre territoire, réplique le yankee avec un froid digne des services secrets, mais celui de l'OPI. Nous sommes libres d'y circuler pour nos propres objectifs.
- Votre objectif, c'était de nous rouler dans la farine pendant que vous auriez récupéré cette fantastique découverte.
- C'est effectivement cela, intervient Constance, mais l'important est que nous leur ayons échappé. Car cette découverte ne doit pas être réservée à un seul camp ou une seule nation, mais à l'ensemble de l'Humanité. Il ne faut plus développer l'inégalité que dicte la loi commerciale, et penser au futur, à notre bien à tous. Il y a toujours eu un moyen de faire le bien du monde entier, et c'est ce que nous sommes décidés à vous montrer aujourd'hui.
Constance se tourne alors vers moi et m'invite à continuer.
- Seulement, fais-je en saisissant le micro, il y a un problème à notre plan : vous. En effet, les Enfants de la Raison n'ont plus confiance en vous, en les hommes politiques en général, de la même façon qu'une grande partie de la population. Nous avons des projets et la capacité de les réaliser, contrairement à bon nombre d'entre vous, et notre seul maître est la Raison, la voix du sage. « Les hommes sont en guerre les uns contre les autres car ils sont en guerre avec eux-mêmes », disait Francis Meehan. Or nous avons fait la paix avec nous-même pour mieux comprendre le monde, et ainsi vivre à notre juste valeur. Il nous faut donc vous remplacer.
« Mais je sais que ce n'est pas une chose qui vous enchante, et nous vous proposons donc un marché : acceptez de léguer votre pouvoir aux Enfants de la Raison qui sauront gérer le monde au mieux, et nous oublions vos erreurs, quelle que soit leur importance, et vous offrons une retraite confortable en temps qu'anciens dirigeants politiques. Vous devez songer à arrêter cette folie, arrêter de se dire « après moi, le déluge », ou encore « c'est la génération suivante qui sauvera l'Humanité ». Car ce n'est pas la génération prochaine, ni toutes celles d'après, qui sortiront le monde de la crise, puisque la génération de sauveurs est arrivée : c'est nous. Et si nous ne pouvons pas vous raisonner, personne d'autre ne le pourra pacifiquement. Renoncez à votre pouvoir et laissez-le à des gens sages qui sauront l'utiliser pour le bien de tous. Cette situation me fait penser à une grande phrase de St Exupery qui disait : « la Terre ne nous appartiens pas, nous l'empruntons à nos enfants ». Je vais vous demander de voter pour ou contre l'acceptation de notre proposition ; un vote à main levée, afin que chacun dans cette salle puisse voir qui est raisonnable et qui ne l'est pas.
« Je demande donc à ceux qui veulent bien des Enfants de la Raison pour diriger le monde de demain de lever la main maintenant !
Immédiatement, un grand nombre de dirigeants, principalement de l'API mais aussi quelques pays aisés nordiques, lèvent des mains franches et déterminées vers le ciel. Puis, quelques autres suivent avec un peu moins de conviction, laissant un très petit nombre de chefs d'états, tous de puissants membres de l'OPI, seuls. Ces derniers regardent autour d'eux, avec un regard d'incompréhension. Ils doivent certainement se demander comment leurs alliés ont bien pu les abandonner aussi facilement. J'avais compté sur les mensonges et trahisons entre les membres de l'OPI pour faire exploser cette alliance à la limite du racisme, pour les retourner les uns contre les autres, à notre avantage. Les derniers résistants de l'ancien monde, voyant l'écrasante majorité de pro-raison, soupirent comme pour ne pas pleurer, et lèvent finalement des mains forcées, mais qui me font on ne peut plus plaisir.
- Merci ! fais-je dans un large sourire. Merci mille fois ! Merci de votre confiance, merci de votre sagesse, et merci de votre courage. Car il en faut du courage pour faire ce que vous venez de faire devant les caméras de toutes vos presses respectives.
31. Fin des recherches :
Depuis la trêve imposée par les Enfants de la Raison, l'activité principale des forces armées des TMPN avait été la recherche des deux leaders de cette organisation qui venait de leurs lier les mains. Bien sûr, seul les Etats-Unis et leurs plus proches alliés étaient au courrant de la véritable raison du cessez-le-feu, prétextant que toute preuve d'audace méritait une certaine attention, et que les Enfants de la Raison pourraient très bien être les terroristes qui ont provoqué la vague d'attentats meurtriers à l'origine de la guerre. Les autres membres de l'OPI n'y ont vu que du feu, et pendant que ses dirigeants se préparaient à nous traduire en justice pour des crimes qui ne sont pas les nôtres, leurs forces armées fouillaient chaque recoin du territoire international, ne rechignant pas sur les moyens. Je crois bien que même les satellites d'espionnage mis en réserve ont été réactivés pour balayer la Terre de leurs yeux d'aigles.
A vrai dire, je préfère encore que l'on nous prenne pour des terroristes plutôt que les chefs d'état connaissent immédiatement nos réelles intentions. Il est plus facile d'attirer l'attention lorsqu'on représente une menace non négligeable plutôt que lorsqu'on se présente comme une organisation pacifiste voulant mettre fin à une guerre qui arrange beaucoup de personnes. Il faudra seulement prouver notre innocence au bon moment.
Au quartier général de ce qui est devenu la province française de l'OPI, le Général Moufront sentait la sueur perler sur son front alors que les résultats des recherches étaient proches de l'absence totale de pistes. Il était deux heures du matin, et il tentait de redonner de l'acharnement à ses prospections. Mais malgré les milliers d'hommes qu'il commandait et les autres milliers que les membres de l'OPI avaient envoyé les seconder, les deux chefs des terroristes lui échappaient toujours. Pire, ils étaient complètement introuvables. Même avec une prime de capture particulièrement élevée et annoncée au journal de vingt heures, personne parmi la population n'avait pu leur fournir la moindre information. Le Général était dans le noir total.
- Bordel ! s'écria-t-il en tapant du poing sur la carte stratégique déployée devant lui. Ils doivent bien être quelque part ?
La colère commençait à monter en lui, afin de ne pas succomber au désespoir et à un sentiment d'impuissance fatal. Cela faisait deux semaines que les recherches avaient commencé, et toujours rien. Les efforts combinés de tous les services d'espionnage et de contre-espionnage de la moitié nord du monde n'avaient pas suffi à mettre la main sur deux individus deux fois plus jeunes que le haut stratège qu'il était, et il commençait à penser qu'il ne les retrouverait jamais.
- De toute façon, finit-il par lâcher, nous les aurons à la conférence. Dés que nous connaîtrons le lieu, il ne nous faudra que quelques heures pour y envoyer nos troupes.
- Général ! lança un opérateur des communications depuis la salle des ordinateurs. Vous devriez venir voir ça.
Le vieil homme qui était sur le point de se demander s'il n'aurait pas mieux fait de prendre sa retraite quand il en avait l'occasion se dirigea vers la salle des moniteurs en râlant :
- Si c'est encore l'un de vos satellites à trois milliards d'euros qui a découvert un foutu indice à deux dollars...
Mais il ne finit pas sa phrase, sa langue paralysée comme tout le reste de son corps lorsqu'il aperçut les visages de ses cibles sur les écrans branchés sur une chaîne qui lui était inconnue.
- Bonjour, hommes de la Terre, fait le leader des Enfants de la Raison. Aujourd'hui est un grand jour, car c'est aujourd'hui que se déroulera notre conférence avec tous les chefs d'états du monde entier. Nous vous avions promis un lieu pour cela et nous vous le donnons : ce sera Bogota. La conférence se déroulera à dix heures, ce matin. Nous vous attendons.
Et brusquement, l'écran devient noir, le signal ayant fini d'émettre. Lentement, le Général reprend ses esprits et son raisonnement de stratège :
- Bien... envoyez toutes les unités disponibles à Bogota le plus rapidement possible. Nous devons y être avant eux.
- Impossible, chef, répond un opérateur.
- Comment ça, impossible ?
- Je viens de localiser la position de l'origine du signal : ils se trouvent à l'intérieur de la salle de conférence de Bogota.
- Quoi ?
Le jour se lève sur Bogota alors qu'une lumière chaude et vive vient éclairer la salle de conférence de la ville. Bien que ce ne soit pas aussi bien équipé que les sièges de l'ONU ou de l'OTAN, elle possède tout de même une architecture belle et intimidante, couverte d'ornements historiques qui lui confère des allures de théâtre géant où la scène ne se trouve nulle part. Les bâtiments portant de tels bas-reliefs et statues décoratives sont infiniment plus chaleureux que les salles de conférence « high tech » au vide déroutant, qui ne possèdent rien d'humain. Un endroit idéal pour notre dernière bataille contre le monde.
Nos ennemis ont échoué. Ils n'ont pas réussi à nous arrêter, à nous maîtriser avant que le monde ne vienne à nous. De toute façon, ils auraient eu du mal après notre intervention médiatique à nous faire disparaître sans provoquer un grand trouble dans la situation politico-militaire. Maintenant, ils vont être obligés de nous écouter, et nous pourrons les raisonner un peu mieux. Pourtant, je commence à douter que certains grands chefs d'états acceptent de céder devant nous, même s'ils savent que nous oeuvrons pour le bien. Il tiennent trop à leur situation, et préfèreraient amener l'Humanité à sa perte plutôt que de quitter leur siège. Comment devons-nous nous y prendre pour les affronter, pour affronter leur bêtise ?
Il y a certainement un moyen. Il y en a toujours eu. Seulement, il va falloir nous défendre avec conviction et stratégie. Ce jour est trop important pour que nous puissions garder en réserve nos moyens, car l'humanité ne nous jugera pas deux fois.
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30. Contre-défense :
Deux jours après l'attaque ratée contre les leaders des Enfants de la Raison, le directeur de la CIA, Hatten Johnson, commençait à devenir nerveux. Il avait perdu ses meilleurs éléments parmi ses agents non répertoriés, ses assassins réputés et fantomatiques. Ils étaient les éléments parfaits pour la capture de ces deux individus, que le Pentagone voulait à tout prix, et Johnson savait pourquoi. Leur découverte était d'une importance capitale, et personne au centre de recherche où ils travaillaient n'avait pu, quelque soit la dureté de l'interrogatoire, leur fournir la moindre information sur le fonctionnement de leur invention. Les repérer par satellite n'avait pas été très difficile, et dépêcher l'équipe de commando jusque là-bas non plus... mais ces commandos avaient maintenant disparu.
Jamais Johnson n'aurait pu imaginer que deux adolescents pourraient contrer un groupe de dix professionnels. Cela lui semblait complètement absurde. Ils n'étaient certainement pas seuls, et avaient dû subir des pertes pour réussir. Peut-être que les cibles étaient mortes ? Dans ce cas, le danger est écarté, mais la fabuleuse découverte leur échappe, et les huiles du Pentagone n'aimeraient certainement pas ça.
Le directeur se gratte la tête nerveusement, croyant pouvoir mieux réfléchir ainsi, quand la porte de son bureau s'ouvre et une secrétaire entre, un paquet à la main :
- Monsieur le directeur, on a découvert ceci dans votre bureau ce matin. Quelqu'un l'a certainement posé pendant la nuit, et l'équipe de déminage l'a diagnostiqué sans danger. Il est à votre intention, de la part des Enfants de la Raison.
Les cheveux de Johnson se dressent soudain sur sa tête, et il se précipite sur le paquet pour l'ouvrir. A l'intérieur se trouve une cassette, ainsi qu'une petite fiole de sang. Son angoisse grimpe encore d'un cran tendis qu'il introduit la cassette dans son magnétoscope, et que l'image des deux leaders des Enfants de la Raison apparaît à l'écran. Le jeune homme annonce alors :
- Cher directeur de la CIA, monsieur Hatten Johnson, nous sommes consternés face à votre manque total de fair-play. Vous êtes censés respecter les règles des lois internationales, et l'embauche d'anciens militaires comme mercenaires pour nous capturer ne fait normalement pas partie de vos options. Dans la fiole que vous recevrez en même temps que cette cassette se trouve un mélange du sang de vos dix employés qui n'auront pas l'occasion de toucher leur salaire. Nous sommes désolés d'avoir dû en venir là, mais de toute façon, ils étaient déjà officiellement morts au combat. Ce n'est donc qu'un simple retour des choses. Comme vous avez pu le constater, pendant deux heures, votre réseau satellite a été brouillé pour nous permettre d'échapper à votre surveillance. N'espérez pas trop nous retrouver, ou alors nous devrons vous priver définitivement de vos précieux espions orbitaux.
« Voici pour la partie que vous pourrez utiliser à votre aise pour nous accuser de terrorisme. Ensuite, venons à la partie importante : nous exigeons un cessez-le feu mondial dans les plus brefs délais.
- Ceci, continue la jeune fille, afin que dans les prochains jours se tienne une conférence où devront se rendre les chefs d'état de toute la planète. Nous vous indiquerons la date et le lieu en temps voulu. Cette conférence ne devra en aucun cas être surveillée par aucune armée de l'OPI ou de l'API, et tout manquement à cette règle sera sévèrement puni. Quant à notre découverte pour laquelle vous nous cherchez, nous en débattrons durant cette réunion, et si vous cherchez encore à nous l'arracher de force, nous ferons en sorte de détruire toute preuve la concernant, nous y-compris. Nous espérons que vous jouerez mieux le jeu cette fois.
Et brusquement, l'image devient noir, laissant Johnson en sueur. Ses hommes sont morts, et il a désormais les mains liées. Jamais le Pentagone ne pourra se permettre de risquer la disparition de cette découverte. Ils lui ordonneront certainement de tout abandonner. Ou peut-être même le vireront-ils pour son échec ? En tout cas, il devait les avertir, quelles qu'en soit les conséquences :
- Préparez ma voiture, fait-il avec une angoisse presque palpable.
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Illuminati, chapitre 7
Date : 30 octobre
Avancement : terminé
Evangelion Children, chapitre 2.6
Date : inconnue
Avancement : 60%
(j'ai besoin d'un bon artwork pour illustrer celui-là, sinon je ne vais pas en dormir la nuit ^^)
Halo Destiny, chapitre 22
Date : inconnue
Avancement : 15%
(dernier chapitre de cette fanfic ; il sera très probablement un peu plus long que la moyenne, lui aussi)
