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Dimanche 26 novembre 2006

CHAPITRE VINGT-SIX

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1630 heures, 2  décembre 2525 (Calendrier militaire)/ région de Armida, colonie de Médusa V.

      - Vous vous foutez de ma gueule, c’est ça ?

            Le ton de Sam était volontairement agressif pour obliger son interlocuteur à être franc. Pourtant, celui-ci ne semblait pas mentir :

      -  Monsieur, je ne sais pas pourquoi cela vous tracasse tant, mais le fait est que nous sommes bien en 2552.

      -   Mais ce n’est pas possible ! Il n’y a même pas une heure j’étais à New Boston, sur le front, avec une armada de covenants face à moi. Je n’ai pas put rêver !

            Puis, Sam eut comme un électrochoc dans son cerveau. Une pensée venait de tout débloquer, dénouant le nœud d’incompréhension qui était sur le point de l’étrangler. Afin de vérifier son hypothèse, il ordonna à son ordinateur de bord de recalibrer son horloge par rapport aux satellites de la planète. Immédiatement, un message apparut sur son affichage tête haute :

 

         Erreur 54 : aucun satellite connu détecté 

       Recherche nouveau satellite … … … aucun satellite détecté

        Recherche autre source en cour … … … détection base de donnée sur réseau local, hébergeur inconnu 

        analyse de l’hébergeur en cour … … … analyse impossible (code 567 : réseau protégé) 

        connexion en cour … … … connexion terminée 

       horloge mis à jour

            1439 heures, calendrier militaire, 15 septembre 2552. C’est bien ce que je pensais. Alors il s’est bien passé seulement quelques minutes… pour moi. Par contre, 27 ans se sont déroulé depuis mon entrée dans ce complexe extraterrestre. C’est probablement cette lumière qui a déformé le temps. J’ignore s’il s’agit d’un voyage dans le futur ou si mon corps a été préservé dans une autre dimension pendant tout ce temps, mais en tout cas je suis vivant, et en aussi bonne santé que tout à l’heure. 

 

      -  Colonel ! Envoyez-moi une navette Pélican pour venir me chercher.

      -  Bien compris, monsieur.

            La navette ne fut pas longue, ce qui signifiait qu’il y avait une base pas très loin. Durant le trajet, Sam put mieux observer ce qu’était devenu Médusa V : tout n’était plus que poussière et ruines. D’immenses cratères s’étendaient à perte de vue suivant une régularité nettement visible, témoignant du grand savoir qu’avaient les covenants en ce qui concernait la destruction de planète. Les villes avaient été soufflées par les bombes à plasma jusqu’à être littéralement pulvérisées. La plupart des éléments vitaux de la surface planétaires avaient tout simplement disparut, l’eau s’étant évaporé et la biosphère sublimée par la puissance des destroyers covenants.

            C’est alors que Sam distingua un ensemble de structures s’élevant au milieu des cratères. Au fur et à mesure que le Pélican s’en approchait, le spartan reconnu là un énorme chantier naval pour croiseurs du CSNU. Les énormes masses des vaisseaux en constructions étaient d’ailleurs nettement visibles, réfléchissant la pâle lueur du soleil sur leur coque métallique qui affrontait les violentes tempêtes de sables qui parcouraient désormais la région. Il devait bien y avoir une vingtaine de croiseurs en train d’être assemblés, certains étant presque fini tandis que d’autres n’avaient encore que leur armature principale d’érigée.

            Il y avait énormément d’activité sur ce chantier, des milliers d’ouvrier travaillant d’arrache-pied sur les énormes vaisseaux, et de nombreuses navettes apportant du matériel provenant certainement d’une usine non loin de là. Le Pélican transportant Sam atterrit sur une plate-forme au beau milieu des installations, où un homme en uniforme et portant les insignes de colonel l’attendait. Sitôt descendu de l’appareil, Sam salua l’officier, et celui-ci lui rendit son salut :

      -  Bienvenu à Ship City, spartan. Colonel Hostman à votre service. Peut-être que maintenant vous allez pouvoir m’expliquer la blague de tout à l’heure.

            Sam aurait bien voulut lui dire la vérité, mais l’homme ne l’aurait certainement pas cru. Et d’un autre côté, la connaissance d’une technologie permettant de voyager dans le temps aurait de quoi inquiéter les membres du CSNU, d’autant que les covenants semblaient être au courrant depuis bien plus longtemps. Mieux vaut garder cela pour les huiles du SRN. Mais le colonel ne semble pas être prêt à accepter n’importe quelle explication. Il va falloir lui faire comprendre la situation. 

     - C’est un problème que seul la section 3 et le Conseil de Sécurité sont autorisé à connaître. Je ne peux pas en dire plus.

            Le colonel esquissa une légère grimace de frustration. Beaucoup d’officiers se plaignent du manque d’information et des nombreux mystères que gardent les hauts membres du SRN. C’était une situation délicate mais nécessaire pour conserver l’espoir parmi les troupes. Si l’humanité entière savait tout des forces qu’elles affrontait réellement, ce serait le chaos le plus total.

      -  C’est vous le chef, se résigna à dire le colonel.

      -  J’ai besoin de rejoindre Reach au plus vite.

      - Euh… désolé, mais nous n’avons pas l’autorisation d’effectuer de sauts dans le sous-espace pour l’instant.

      -  Et pourquoi ?

      - Comment ça, pourquoi ? C’est un test ? Ou on ne vous a pas dit à quoi servait cette base ?

            Le spartan comprit qu’il valait mieux jouer la carte de l’ignorant plutôt que de forcer le colonel à répondre. Voyant que le guerrier ne répondait pas, Hostman expliqua :

      -  Lorsque les covenants ont détruit cette planète en 2552, le CSNU a envoyé une équipe d’inspection pour mieux connaître les effet d’une vitrification sur une planète. Ils ont découvert que lors d’un bombardement à plasma, les couches géologiques subissaient d’énormes transformations dues à la chaleur et à la pression exercées par les explosions. Ces transformations permettaient des modifications chimiques et structurales importantes favorisant la formation d’importants gisements de métaux lourds tels que le fer, le cuivre, ou l’adamantium.

       «   A la suite de ça, ils ont décidé d’installer un énorme chantier naval et de nombreuses usines d’extraction pour mettre à profit ce phénomène. Notre installation possède un rendement dix fois plus important qu’un chantier militaire classique, grâce à la qualité des matériaux utilisés, et qui plus est en grande quantité. Nos vaisseaux sont aussi beaucoup plus résistants face aux armes covenants, même s’il n’en restent pas moins inférieurs à leurs propres croiseurs de combats. Dès qu’un vaisseau est achevé, il est immédiatement conduit sur Reach.

       -   Cela veut dire que vous n’avez pas de flotte à vous pour défendre cette planète ou pour me ramener sur Reach ? questionna Sam à tout hasard.

       -    Non, ce n’est pas ça. En fait, nous possédons une puissante flotte constituée de trente-quatre croiseurs et de cinq destroyers, mais nous ne pouvons les utiliser qu’en cas d’urgence.

       «    En effet, comme vous le savez sûrement, les attaques des covenants se sont multiplié ces dernières années. Ils débusquent les colonies du CSNU à la manière des chasseurs lors d’une battue, et en détruise un presque tous les mois. Notre base étant d’une grande importance pour la Navy, nous avons ordre de ne pas effectuer de saut hyperspatial sans autorisation pour éviter d’attirer l’attention des covenants. Nous intervenons uniquement pour aider à la défense d’une planète de notre secteur spatial, sinon notre flotte reste en attente.

     -  Je suis désolé de mettre en péril cette installation, colonel, mais j’ai besoin de retourner sur Reach dans les plus brefs délais. Il faut que j’avertisse mes supérieurs des résultats de ma mission.

            Les deux hommes s’échangèrent une série de regards, l’un soucieux et l’autre sérieux. Sam n’avait pas l’intention de se laisser faire coincé ici par qui que ce soit. Je dois absolument faire part de cette technologie. Même s’il s’est déroulé 27 ans durant lesquels on m’a crut mort, le Dr Halsey me croira. Les autres spartans me croiront aussi, et j’ai hâte de les revoir. Cela fait seulement cinq jours que j’ai laissé John et Kelly quitter ce vaisseau covenant sans moi, pourtant j’ai l’impression que ça fait un éternité… 

     -  Ecoutez, fit enfin Hostman. Navré de vous maintenir ici, mais je ne mettrai en danger pas la vie de mes hommes à cause de vous. Ne vous croyez pas tout permis parce que vous êtes un spartan, mon gars.

      -  En tant que membre de la section 3 du SRN, je peux prendre le commandement de cette installation. Ne m’obligez pas à vous mettre sur la touche, colonel.

            C’est alors qu’un technicien surgit d’un bâtiment avec une feuille de papier à la main. Il courut immédiatement vers Hostman, utilisant la feuille pour protéger ses yeux du sables qui fouettait son visage. Arriver devant les deux hommes, il tendit le papier à son supérieur :

      -  Monsieur ! On vient de recevoir cette transmission, monsieur.

            Hostman parcouru des yeux le bout de papier déjà usé par la tempête dont il se souciait peu, puis leva son regard vers Sam. 

      -  Vous allez être content : nous avons ordre d’envoyer tous nos vaisseaux disponibles sur la Terre.

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FIN

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SOMMAIRE

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par Jack-115 publié dans : Le Premier Démon
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Dimanche 19 novembre 2006

CHAPITRE VINGT-CINQ

 

1624 heures, 2  décembre 2525 (Calendrier militaire)/ complexe extraterrestre inconnu, région de Armida, colonie de Médusa V.

            Sam rouvrit les yeux, mais malgré ses incroyables capacités visuelles, il ne put absolument rien percevoir. Le noir le plus total l’entourait. Suis-je mort ? Pourtant je n’ai même pas entendu les explosifs. Où suis-je ? Pourquoi n’y a-t-il aucune lumière ? C’est le néant ? Non, je ressent encore mes blessures, donc je suis toujours vivant. Eclairons un peu cet endroit. 

            Sam saisit la minuscule lampe torche qu’il portait à la jambière et l’alluma. Il était toujours dans la salle centrale de l’installation, qui était presque entièrement détruite. D’énormes morceaux de métal et de roche couvraient la surface de la plate-forme qui n’avait cependant pas céder sous le poids conséquent, et le dispositif central était en miette. La sphère avait disparut, tout comme le cristal qu’elle contenait, mais il n’en restait aucune trace.

            C’est alors que le spartan se rendit compte qu’il n’y avait plus aucune trace des covenants. Pas une arme, pas un corps, par même le sang qu’il avait fait couler de ses propres poings. Qu’est-ce qui s’est passé ? Ils sont partis sans me tuer ? Peut-être qu’ils n’avaient pas vu que je m’étais placé hors de porté des déflagrations… 

            Bon, et bien commençons par sortir d’ici. 

            Sam entreprit donc de quitter la salle. De nombreux débris encombraient la sortie, et il lui fallut user de sa force pour dégager l’accès. Le labyrinthe, quant à lui, était intacte, mais aucune lumière ne l’éclairait à part la torche du spartan. L’explosion a dût endommager le système énergétique de l’installation. J’y suis peut-être allé un peu trop fort. Espérons que le destroyer covenant n’est plus là… 

            Il ne fallut que quelques minutes à Sam pour trouver son chemin dans le dédale  ceinturant la salle principale, pour finalement s’engager dans le tunnel d’accès. Le spartan était connu parmi ses semblables pour avoir une excellente mémoire, ce qui lui donnait souvent l’avantage sur le terrain pour s’orienter. Il se souvenait parfaitement de la longueur du tunnel : huit cent mètre vingt-cinq de couloir renforcé à partir de la porte, et neuf cent soixante-deux mètres de tunnel. 

            Mais alors qu’il avançait en comptant ses pas, Sam s’étonna de voir la fin à cent mètre à peine devant lui du tunnel alors qu’il venait tout juste de passer la section renforcée. Une intense lumière provenait de la sortie. C’est pas possible… J’ai pas pu me tromper… il devrait y avoir encore plus d’un demi-kilomètre de couloir. Et qu’est-ce que c’est que cette lumière ? Les covenants ne seraient pas encore partis ? 

             Sam avança prudemment, ne voulant pas se faire surprendre par l’ennemi. Sa discrétion était son principal atout, mais il savait très bien que dans un espace aussi réduit, il aurait peut de chances de passer inaperçu. De plus, il était épuisé. Son combat avec le commandant élite l’avait obligé à pousser son corps presque au-delà de ses limites, et tous ses muscles tremblaient sous le moindre effort. Contenant sa douleur derrière sa volonté de fer, Sam continua de marcher vers la sortie. C’est alors qu’il se rendit compte que la lumière au dehors était la lumière du jour. Impossible ! Le soleil ne devait pas se lever avant trois heures ! Qu’est-ce qui s’est passé ? 

            Lorsqu’il sorti du tunnel, Sam put observer un bien triste spectacle : le canyon n’était plus qu’un immense cratère à la surface parfaitement ronde, probablement causé par une bombe à plasma covenante. Le sol avait fondu sous la chaleur, et seuls les matériaux les plus lourds ne s’était pas évaporés, formant une épaisse couche de métal d’une grande pureté qui reflétaient parfaitement la faible lumière du soleil. Celui-ci, qui était déjà haut dans le ciel, était à moitié voilé par des nuages à la teinte rougeoyante qui n’avait rien de naturel. 

            Sam avait du mal à croire ce qu’il voyait. Comment se fait-il que je n’ai rien entendu ? Une telle explosion aurait dû ébranler l’installation souterraine… et pourtant il n’y a rien eut. La technologie de cet endroit pourrait-elle l’isoler  de toute vibration sismique ? Tellement de mystères… 

            Le spartan était vraiment bouleversé. Tant de choses changés en si peu de temps, et sans qu’il se soit aperçu de rien, avait de quoi déboussoler. Après un long moment où il n’arrivait pas à détacher ses yeux de l’immense cratère, il décida d’allumer sa radio pour demander une évacuation :

      -  SATCOM, ici unité spéciale 034 ! Est-ce que vous m’entendez ? A vous !

            Mais aucune réponse ne lui revint.

      -  SATCOM ! Ici le spartan 034 ! Répondez, bon sang !!

      -  Un spartan ? fit une voix estomaquée dans la liaison. C’est pas possible ?!

-  Déclinez votre identité !

      - Colonel Hostman, troisième division d’armement spatial. Est-ce que vous pouvez m’expliquer ce que vous fichez ici ?

      -   J’étais en mission spéciale pour découvrir ce que faisait le destroyer covenant de ce côté de la planète. J’ai besoin d’une évacuation d’urgence pour rejoindre la flotte.

      -   Mais qu’est-ce que vous racontez ?

            La voix du colonel montrait clairement qu’il ne comprenait rien à ce que lui disait Sam. C’était comme si l’officier venait de se réveiller au beau milieu de la bataille. Il faut qu’il comprenne que je dois quitter ce monde avant que la flotte covenant ne le vitrifie. Si le destroyer qui était ici a déjà commencé, cela veut dire qu’il me reste très peu de temps. 

      -  Les covenants commencent à vitrifier la planète, expliqua Sam. Je dois quitter la surface immédiatement.

      -   Mais vous délirez, mon vieux. Ca fait longtemps qu’ils l’ont déjà fait.

            Sam eut du mal à comprendre. Cela lui semblait complètement impossible. L’hypothèse que l’officier était atteint d’un délire causé par l’attaque covenant traversa l’esprit du spartan, mais il voulait en avoir le cœur net. Forçant sur ses muscles endoloris, il gravit la pente du cratère. L’effort nécessaire était terrible, mais c’était de cette façon qu’il avait été entraîner, et aucun spartan ne recule devant la douleur. Grimpant péniblement, il finit par atteindre la crête… pour voir que l’horizon était couvert de cratère semblable à celui-là. Ils s’étendaient à perte de vue, immenses et innombrables, et plus aucune forme de vie d’aucune sorte n’était visible désormais.  Déjà ? Les covenants peuvent-ils vraiment détruire un monde aussi rapidement ? Auraient-ils aussi anéanti la flotte en orbite ? 

      -  Colonel, j’ai besoin d’un rapport complet de la situation des unités spatiales. Quelles forces nous reste-t-il en orbite, et où sont les vaisseaux covenants ?

      -   Mais il n’y a aucun vaisseau ennemi dans le secteur, mon gars. Il n’y en a plus depuis qu’ils ont vitrifier cette putain de planète en 2525.

      -    Quoi ? Mais nous sommes en 2525 !

            Un long silence envahi la liaison avant que la voix du colonel se fasse entendre :

      -  C’est une blague, hein ? Vous n’êtes pas un spartan, mais un membre de mon équipe qui se paye ma tête ? Ryan, je suis sûr que c’est toi ! Arrête tes conneries et dépêches-toi de…

      -  Je suis un spartan, colonel ! fit Sam d’une voix autoritaire. Mon code d’identification est le 1266951-034 !

            Sam entendit le colonel déglutir en entendant ce code. Peut de personnes connaissaient l’existence des spartans, mais ceux qui étaient au courrant préféraient ne pas avoir affaire avec eux. Et je les comprends très bien…

      -  Excusez-moi, monsieur. C’est juste que cela me semblait si impossible… mais comment avez-vous fait pour arriver ici ?

      -  C’est moi qui pose les question, colonel. Sommes-nous bien en 2525 ?

      -  Mais… mais non ! Nous sommes en 2552. Le 15 septembre 2552.

par Jack-115 publié dans : Le Premier Démon
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Dimanche 12 novembre 2006

CHAPITRE VINGT-QUATRE

 

1624 unités de temps,  302ème jour de la première ère de la Reconquête/ complexe forerunner de Médusa V.

 

            Osul se releva péniblement du sol couvert de débris fumants, ainsi que ses sangheilis. D’un regard triste il observa la dévastation qu’avait semé le Démon dans ce lieu saint : le dispositif central était en pièce, inutilisable. Malgré le fait qu’il ait été façonné dans ce métal inconnu de l’Alliance et à la résistance si incroyable, les charges avaient réussi à percer des ouverture jusqu’aux composants électroniques internes qui avaient été carbonisés. La sphère, quant à elle, avait été complètement pulvérisée, sa paroi dispersées à travers la salle en d’innombrables éclats plus ou moins gros qui avaient cependant gardé leur pureté et la perfection de leur courbe.

            La seule chose qui avait été épargnée par l’explosion était le cristal forerunner, qui flottait dans les airs comme si rien ne s’était passé. Il brillait désormais d’un mystérieux éclat rougeoyant semblable à des flammes. Le Démon a sans doute corrompu le cristal. Il ne nous ait donc désormais d’aucune utilité… 

      -  Cherchez le Démon ! ordonna Osul. Mais restez groupés. Même seul, il est extrêmement dangereux. Et faites venir un bataillon du Vigilant pour quadriller la zone autour du complexe.

      -  A vos ordres !

            Les sangheilis se dispersèrent immédiatement à travers la structure, fouillant chaque recoin par groupe de cinq. Pourtant, Osul était certain qu’ils ne le retrouveraient pas. Peu importe comment il l’a fait, mais il s’est joué de nous. Depuis le début il savait ce qu’il faisait. J’aurais dû me douter qu’il s’était préparé une porte de sortie. J’aurais dû le faire abattre… 

            Le grand ossona contempla amèrement l’œuvre du Démon, maudissant la trop grande clémence dont il avait fait preuve. Il avait sous-estimé cet ennemi hors du commun, et voilà ce qui en résultait : l’échec total de cette mission. Pour la première fois de sa vie, Osul commençait à douter que le Grand Voyage ne puisse être refusé à l’Alliance. Jusqu’à aujourd’hui, nous n’avons rencontré que des ennemis faibles à la technologie primitive et aux stratégies insignifiantes. Mais ces humains sont différents. Ils sont persévérants, courageux et savent élaborer des tactiques adaptées pour contrer nos attaques. Et celui-ci, ce prototype de super-combattant surpassant les plus puissants des sangheilis, est sans doute le guerrier le plus puissant que nous ayons jamais rencontré. Je n’ose imaginer ce qui se passera lorsque d’autres comme lui seront formés. 

            Soudain, un sangheili dévot à l’armure dorée éclatante entra dans la salle d’un pas lent. C’était le général Tulnamee, qui commandait les forces militaires mobilisées pour l’attaque de ce monde. S’inclinant respectueusement devant Osul, il annonça d’une voix hésitante :

     -   Grand Ossona ! Les humains ont brisé notre siège de la ville de New Boston. Ils convergent désormais vers notre position. De nombreux rapports font état de combattants spéciaux dans leurs rangs.

            Une goutte de sueur coula soudain sur le visage d’Osul.

     -   Que voulez-vous dire par spéciaux ?

     -   Ils portent de lourdes armures et sont plus grands que leurs congénères. Nous n’arrivons pas à déterminer le nombre exacte de ces unités d’élite, mais les estimations pourraient porter à une quarantaine d’individus.

            Les yeux noirs d’Osul, qui n’avaient pourtant jamais connu la terreur, se mirent à vibrer dans leurs orbites. Son regard était perdu dans le vide alors qu’il ressassait les derniers mots du Démon :

    " -   Et la prochaine fois qu’on se verra… je ne serais pas seul." 

            Ils n’en sont donc plus au prototype. La formation de masse était déjà en cours, et leurs renforts sont finalement arrivés. 

     -    Quels sont vos ordres, grand Ossona ?

     -   Faites évacuer nos troupes. Nous en avons terminé avec ce monde. Que la flotte se prépare à couvrir notre retraite et se mette en place pour la purification.

     -     A vos ordres, fit Tulnamee.

            Le commandant militaire se dirigea vers la sortie de la salle, mais Osul l’arrêta :

     -   Commandant !

     -   Oui, votre grandeur ?

     -   Donnez-moi votre épée.

            Tulnamee s’exécuta, et confia à Osul son arme. Celui-ci l’activa immédiatement et regarda la lame plasmatique dont les minuscules éclairs formaient presque des flammes dansant à sa surface. Seuls les plus forts et les plus sages des sangheilis pouvaient recevoir le privilège de porter une telle arme, qui symbolisait la force de la pureté.

            Lentement, Osul se dirigea vers le cristal flamboyant. Arrivé devant lui, il se mit à genoux un instant et pria :

     -  Oh très saints forerunners qui ont bâti cet endroit. Pardonnez-moi l’acte que je suis sur le point de commettre en comprenant sa nécessité.

            Puis il se leva, contempla une dernière fois la perfection absolue de l’objet scintillant, et d’un unique revers de lame, brisa le cristal en mille morceaux. Les innombrables et minuscules débris, qui avaient retrouvé leur éclat bleuté au contacte de la lame, tombèrent très lentement jusqu’au sol, et ce fut comme s’il neigeait à l’intérieur de l’immense salle. L’esprit d’Osul s’égara un instant dans les méandre de l’imagination, tentant de voir à travers ces milliers de cristaux un monde meilleur que celui-ci. L’espace d’un instant, il crut ressentir une quiétude totale, absolue, qui lui fit oublier momentanément toute la dureté de la réalité, et pour la première fois de sa vie, le sangheili sourit. 

            Mais lorsque le dernier morceau de cristal toucha le sol, la vision disparut. Osul poussa alors un bref soupire qui hésitait entre le regret et la satisfaction. D’une voix monotone, il annonça finalement : 

     -  Partons.

par Jack-115 publié dans : Le Premier Démon
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Samedi 11 novembre 2006

CHAPITRE VINGT-TROIS

 

1612 unités de temps,  302ème jour de la première ère de la Reconquête/ complexe forerunner de Médusa V.

            Les ténèbres enveloppaient progressivement l’esprit d’Osul. Les coups du spartans avait été beaucoup plus puissants qu’il ne l’imaginait, et les attaques portés à la tête commençaient à faire effet, son encéphale ayant du mal à supporté de tels choc. Il se serait sans doute évanoui si son bras ne le faisait pas autant souffrir. Le Démon lui avait complètement désarticulé l’avant-bras droit, ce qui réduisait à néant ses chances de le battre au corps à corps. Il est beaucoup plus puissant que je le pensais. Mais ce n’est pas sa force physique qui le rend aussi fort. On dirait qu’il est animé d’une volonté toute aussi grande que celle des sangheilis. Peut-être même plus grande. Qui est-il ? 
            Osul se retourna lentement vers le dispositif électronique de la salle. La sphère était toujours couverte d’éclairs tandis que le cristal qu’elle contenait semblait contenir la lumière de toute une étoile. L’installation forerunner toute entière tremblait sous la puissance énergétique que mobilisait le système, et Osul se demanda s’il avait bien fait de le mettre en marche. Maintenant, l’œuvre des dieux est entre les mains du Démon. Eux seuls savent ce qu’il serait capable d’en faire. Il faut que je prévienne mes troupes de cette catastrophe. 
            L’ossona activa donc son signal de détresse. Il faudrait sans doute plusieurs minutes à ses soldats pour arriver jusqu’ici, en espérant qu’ils ne s’égarent pas trop dans le labyrinthe. Mais une fois qu’ils seraient là, le Démon n’aurait plus aucune chance. Quelle que soit sa puissance, il ne pouvait affronter autant de guerriers sangheilis. Même si je n’ai pas vu la plénitude de son pouvoir, il a certainement ses limites. Face à autant de troupes, il n’a plus aucune chance, et plus aucune échappatoire. 

            C’est alors qu’Osul s’aperçut que l’humain était en train de placer une série d’objets tout autour du centre de contrôle et de la sphère. Par les anneaux ! Ne me dites pas qu’il va… 

      -  Que fais-tu, Démon ?

      -  Tiens, t’es encore réveillé, toi ? A ton avis, j’ai l’air de faire quoi ?

      - Comment peux-tu oser commettre une telle chose ? Ne crains-tu donc pas la colère des Dieux ?!

      -  Qu’est-ce que tu me chantes encore ? Ce que je crains, c’est juste que toi et tes potes vous utilisiez cette installation. Elle me paraît beaucoup trop dangereuse pour se retrouver entre vos sales pattes.

      -   Sacrilège !

      -   Ta gueule ! fit l’humain en filant un coup de pied dans la mâchoire d’Osul.

            L’ossona serra les dents pour contenir la douleur. La situation était pire qu’il ne le pensais. Non seulement le Démon allait acquérir les savoir des forerunners renfermé dans cet endroit, mais il allait aussi le détruire à tout jamais. Je ne peux pas le laisser faire. Même si je dois sacrifier ma vie pour cela, je sauverai le peu qu’il reste des Dieux. 

            Avec grande peine, Osul se releva. Ses jambes tremblaient légèrement, son corps tout entier souffrait et ses yeux étaient comme des chandelles sur le point de s’éteindre. Mais il tenait bon, usant de sa volonté pour oublier quelque peu cette terrible souffrance qui le torturait. Sa fierté et son sens du devoir lui ordonnait de se dresser entre le Démon et l’œuvre des forerunners, mais il savait très bien que ses chances de survie étaient très réduite. La meilleure solution serait sans doute que je l’entraîne avec moi dans l’abyme en contrebas. De toute façon je ne suis plus en état de combattre. J’ai pourtant encore tant de choses à faire pour les miens, pour les covenants, pour la Sainte Croisade… 

            Ainsi, Osul hésitait. Fallait-il qu’il donne sa vie pour éviter l’échec de cette mission mystérieuses, ou la préserver pour continuer à œuvrer pour le Grand Voyage ? Mais alors qu’il réfléchissait, le Démon s’aperçut que son ennemi s’était relevé :

      -  T’as encore l’énergie de te tenir debout ? Tu m’impressionne, mon gars. Vraiment. Mais là, je voudrais pas te faire de peine, mais tu ferais mieux de me laisser tranquille. Je fini de tout faire péter, et je te laisse tranquille.

      - Qui que vous soyez, vous ne sortirez pas d’ici ! fit une voix rauque dans le dos du spartan.

            Une escouade de sangheilis vétérans appuyés par de nombreux ungoys étaient finalement arrivés au secours d’Osul. Ceux postés en première ligne avaient sortie leurs épées plasma tandis que les autres pointaient leurs armes de tirs en direction de l’humain. D’autres soldats arrivaient par escouades entière derrière eux, prêt à intervenir si c’était nécessaire. Une expression de lassitude apparut sur le visage du Démon. Il n’est même pas inquiet. On dirait qu’il s’attendait à ces renforts. Peut-être avait-il prévu de mourir ainsi ? Ou peut-être croit-il qu’il peut en venir à bout ? Impossible… personne ne peut vaincre un tel rassemblement de force. Alors pourquoi est-il si confiant ? 

      -  Vous commencez à me fatiguer, les gars. De toute façon, j’ai fini mon boulot. Vous pouvez dire adieu à votre foutue machine.

      -   Ne le laissez pas activer les charges ! hurla Osul.

      -   Laissez-moi passer ou je fait tout sauter, ordonna le Démon.

            Les sangheilis grognèrent de rage devant cet odieux chantage. Ces guerriers n’aimaient pas les stratégies de fourbes, que seuls les faibles employaient. Mais la situation dans laquelle se trouvait l’humain justifiait quelque peu cela. Les soldats tournèrent alors leur regard vers Osul. Toute la mission reposait sur lui.

      -  Ne le laissez pas partir ! ordonna Osul. Il ne doit pas nous échapper ! Sinon nous risquons de perdre bien plus que ce lieu saint !

      -   Vous êtes vraiment têtus, les mecs.

            Le Démon évaluait la situation, qui était loin d’être à son avantage. Les sangheilis se dispersaient sur la large plate-forme, l’obligeant à reculer de plus en plus vers le dispositif central, vers la sphère… et vers ses charges explosives. Il cherche une solution. Seulement cette fois, il n’a aucune porte de sortie. Nous tenons le seul accès à cet endroit, et nos troupes sont trop nombreuses pour qu’il nous échappe. 

       -   Sachez au moins une chose, faces de poulpes : ce n’est pas la dernière fois qu’on se voit. Je reviendrais vous faire chier, anéantir vos troupes, et me mettre en travers de votre route. Et la prochaine fois qu’on se verra…

            Un sourire de satisfaction apparut soudain sur le visage de l’humain.

       -   … je ne serais pas seul.

            Sur ces mots, il ferma les yeux avant d’enclencher les charges. Osul aperçut un compte à rebours de dix secondes sur l’une d’elle. Ainsi, il a décider de se suicider. Une mort peu glorieuse…

        -   Soldats ! fit l’ossona. Reculez !

            Avec peine, Osul traversa le pont reliant la plate-forme au reste de l’installation, comptant les secondes qui restaient avant l’explosion.

        -  Dois-je l’abattre, votre honneur ? demanda un sangheili en pointant son fusil plasma sur le Démon.

        -   Non. Laissez-le mourir en lâche. Ainsi, son âmes n’attendra jamais la quiétude de la mort et ses ancêtres seront humiliés.

            Osul regarda cet humain si différent des autres avec un mépris qui pourtant devenait hésitant. Cet adversaire l’avait battu dans en combat singulier et sans coups bas, ce qui impliquait un certain respect. Pourtant Osul ne pouvait se résoudre à considérer ce monstre comme quelqu’un méritant le moindre sentiment autre que la haine. Le décompte des bombes continuait de défiler, et pourtant le Démon ne bougeait pas, figé dans une posture traduisant l’acceptation de son sort.

            Soudain, les éclairs qui couvraient la surface de la sphère disparurent d’un seul coup. Une fraction de seconde plus tard, le cristal libéra une lumière si puissante qu’elle aveugla tous les êtres présents dans la pièce, à l’exception du Démon qui gardait les yeux fermés. Le flash ne dura qu’un bref instant, et les soldats de l’Alliance retrouvèrent rapidement la vue… pour s’apercevoir que le Démon avait disparut.

            C’est à ce moment là que les charges explosèrent.

par Jack-115 publié dans : Le Premier Démon
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Samedi 11 novembre 2006
CHAPITRE VINGT-DEUX

 

1608 heures, 2  décembre 2613 (Calendrier militaire)/ complexe extraterrestre inconnu, région de Armida, colonie de Médusa V.

            Sam se mit en position de combat, dans le pur style de la boxe française qu’il aimait tant pratiquer avec les autres spartans. Tous ses muscles étaient en alerte, prêt à se donner au maximum de leur puissance dès que nécessaire. L’élite prit une posture évoquant faiblement le ninjitsu : les pieds écartés, le buste présenté de profil et les mains ouverte en avant. Chacun de nous ignore totalement les techniques de combat de l’autre. Il faut que j’analyse la sienne avant qu’il n’analyse la mienne. Ainsi je pourrai avoir un avantage et trouver une ouverture plus rapidement. 
            Les deux adversaires se faisaient face, séparés par un peu plus de quatre mètres de distance. Leurs regards et les expressions de leurs visages étaient remplis d’une haine terrible, chacun l’exprimant pour ses propres raisons, et aucun des deux n’ayant véritablement tort. Sam regrettait d’avoir enlevé son armure pour cette mission, voyant les nombreuses protections de l’extraterrestre. Elles semblaient très résistantes et souples à la fois, laissant à son porteur une grande fluidité de mouvement. J’espère juste que ça fait pas trop mal quand on tape dessus… 
            Avant même de commencer, Sam respirait déjà nerveusement. Son adversaire avait de quoi impressionner, de par sa taille, son équipement, et la puissance qui se dégageait de lui comme une aura de terreur. Une goutte de sueur perla sur le front du spartan alors qu’il réfléchissait. Mais l’élite s’impatienta :

      -   Alors, Démon ? Aurais-tu peur de m’attaquer ?

      -   Je te laisse l’honneur de l’initiative. Approche donc un peu, que je te botte le cul !

      -  Quelle expression si noble ! railla l’extraterrestre. Si tu souhaites réaliser cette envie insensée, j’espère que tes compétences de combat sont plus évoluées que ton langage.

      -  Rigole tant que tu le peux, enfoiré. Tu vas bientôt regretter de ne pas avoir prit mes mots aux sérieux.

            L’élite claqua brièvement des mandibules avant de se jeter sur Sam avec une vitesse incroyable. Ses doigts étant trop long pour serrer les poings durablement, il porta son premier coups avec le tranchant de la main. Sam esquiva l’esquiva grâce à ses réflexes surhumains, et tenta immédiatement de répondre du plus vite qu’il put. Mais son adversaire semblait lui aussi doté de facultés bien supérieur à un être normal, et il parât l’attaque avec facilité en détournant le poing de Sam avec son avant-bras.

            Celui-ci avait mit une telle force dans ce coup qu’il faillit partir en avant, risquant de se retrouver à la merci de l’ennemi. Un rapide mouvement de pieds bloqua son avancé suffisamment vite pour éviter l’attaque tournante que l’élite avait effectué entre-temps. Les deux combattants enchaînèrent les coups et les contre-attaques sans faiblir un seul instant pendant plusieurs secondes, mais aucun des deux ne fut en mesure de percer la défense de son ennemi. Ils semblaient tous les deux aussi forts l’un que l’autre. C’est pas bon. J’ai déjà eut une journée assez éprouvante, et lui il est tout frais. Si ça continue comme ça, il va m’avoir à l’usure. Il faut à tout prix que je prenne l’avantage rapidement. 

            Sa technique de combat semble être le mélange d’une défense style kung-fu et d’attaques ninjitsu. Il mise sur la rapidité plutôt que la force, et dévie les coups plutôt que de les encaisser, ce qui lui permet d’économiser ses forces. Par contre, il utilise très peu ses pieds. Je pourrais peut-être le surprendre par des attaques basses. 

            Vu le style de combat qu’il emploie, près de 70% de son corps est appuyé sur la jambe droite postée en avant, de façon à pouvoir fondre plus rapidement sur l’adversaire. Je dois le déséquilibrer en fauchant cette jambe. Il me faut juste une opportunité… 

            Mais l’élite ne semblait pas vouloir laisser à Sam la moindre chance de placer ses coups. L’extraterrestre redoubla d’acharnement dans ses attaques, exécutant une pluie de coups que Sam peinait à esquiver. Ses mains frappaient avec la célérité de l’éclair avant de se replacer en position défensive pour dévier les attaques du spartan. Sa vitesse était impressionnante. Il est presque aussi rapide que Kelly… 

            Soudain, Sam aperçut une possibilité : il laissa volontairement l’extraterrestre placer un coup de poing au niveau de son estomac. Encaissant le choc du mieux qu’il put, il saisit le bras de son adversaire et l’empoigna fermement. L’autre main de l’élite ne tarda pas à filer telle une flèches vers la tête de Sam, mais elle fut interceptée elle-aussi, les deux duellistes étant désormais immobiles pour un double bras de fer. La force de Sam avait déjà été bien éprouvée, et il savait qu’il ne pourrait pas tenir longtemps. Immédiatement, il faucha la jambe droite de l’élite qui s’effondra à terre, non sans entraîner avec lui le spartan.

            Mais celui-ci réussit à se libérer durant sa chute et se réceptionna de façon à se remettre debout en une fraction de seconde. Sans attendre que son adversaire se relève, il saisit l’un de ses bras pour le tirer vers lui d’une main tandis que l’autre partie à la rencontre de la mâchoire de l’élite. Le coup que Sam n’avait pas voulu modéré, toucha au niveau de la joue gauche et du sang d’un bleu violacé jaillit de la bouche de l’élite. Etourdit par cette puissante frappe, celui-ci ne put que subir l’enchaînement de coups que Sam effectua avec une rage immense. Sa force de spartan fut employée à son maximum de sorte qu’elle fractura l’armure de son ennemi en de nombreux points, et fit coulé le sang de nombreuses fois.

            Après une série d’attaques aussi violentes que la haine qui le rongeait à cet instant, Sam projeta son adversaire en arrière par un coup de genoux dans la poitrine. Le dos de l’élite percuta le dispositif électronique qui se trouvait devant l’immense sphère, mais celui-ci resta intact. Sa tête retomba alors mollement dans un mouvement de relâchement total, tout comme le reste de son corps. Ca y est ! Je l’ai eut ! 

            Mais un ricanement secoua soudain le corps affaissé de l’extraterrestre. Ses mandibules s’ouvrirent faiblement pour laisser s’écouler le sang de sa bouche, tandis que ses yeux fixèrent ceux du spartan dans une expression d’amusement incompréhensible.

      -  C’est tout ce dont tu es capable ?

            Bordel ! C’est qui ce mec ? 

      -  Finalement tu n’es pas aussi fort que je le croyais, humain, fit l’élite en se relevant lentement. Maintenant, c’est fini. Tu ne m’amuses plus.

            La peur envahit brusquement le spartan. Ses yeux courraient entre les nombreuses blessures visibles sur l’élite, qui semblait les ignorer totalement. Je l’ai frappé de toutes mes forces ! Et pourtant il arrive à se relever… 

            Le sol était taché en de nombreux endroits par le sang de l’élite. Celui-ci regarda les traces laissées par son propre fluide vital d’un air curieux et amusé. 

       -  Cela faisait longtemps que je n’avais pas vu couler mon propre sang. Depuis l’examen des commandos des prophètes. Tu es certes beaucoup plus fort et beaucoup plus rapide qu’un humain normal, mais tu n’es toujours pas de taille à rivaliser contre un véritable guerrier ! Ta mort est déjà écrite !

       -  Ecoute mon grand, fit Sam en reprenant son sang-froid. Je ne sais pas pourquoi toi et tes potes vous nous avez attaqué. Je ne sais pas ce que vous êtes venu foutre sur cette planète et je ne sais pas à quoi sert cet endroit. Mais il y a une chose que je sais : c’est que je ne suis pas allé aussi loin pour abandonner aussi vite !

       -  N’essaye pas de te rassurer derrière des sentiments sans fondements, humain. Ta défaite est inévitable, tout comme celui de ta pitoyable espèce. Des êtres aussi inférieurs ne peuvent s’opposer à la race des élites (NDA : ici, je n’ai pas mis l’appellation covenante sangheili car il parle bien de l’élite des covenants, c’est à dire les meilleurs). C’est une loi qui ne fera pas d’exception aujourd’hui.

            La voie de l’extraterrestre avait quelque chose de déroutant qui mettait Sam mal à l’aise. Son assurance avait de quoi pétrifier n’importe qui. N’importe qui, sauf un spartan.

       -  Peut-être. Mais les probabilités et moi, ça a jamais très bien marché. D’autant que je me suis quand même chargé de tes quatre copains tout à l’heure. Ils étaient aussi des élites ou c’étaient juste des grognards déguisé ?

            Le rire du sangheili cessa net. Cette moquerie sur ses camarades morts au champ d’honneur était une insulte à leur rang qui salissait leur âmes glorieuses. Cette injure ne pouvait être toléré. Une fureur sans précédent prit possession du guerrier covenant dont les muscles tremblaient de colère, et il se jeta en hurla sur son adversaire. 

            Et c’était exactement ce que Sam attendait. Usant de ses réflexes surhumain, il esquiva volontairement le coup de poing de l’élite au dernier moment et tourna sur lui-même pour se retrouver derrière lui. Saisissant son bras droit, il profita de l’élan de son adversaire pour le faire tournoyer autour de lui, avant de mettre sur son chemin un puissant coup de pied. La vitesse de l’élite était telle que son corps se plia intégralement autour de la jambe tendu du spartan.

            Sam profita de cet instant pour enrouler son bras droit autour de celui du covenant et le brisa au niveau du coude d’un mouvement bref. L’extraterrestre poussa alors un cri de douleur intense tandis que Sam le maintenait debout. Tout en maintenant fermement son ennemi debout, le spartan se plaça derrière lui :

       -  Je t’avais dit que je te botterai le cul, connard.

            Joignant le geste à la parole, Sam envoya voler l’élite d’un violent coup dans le postérieur, et il manqua de passer par-dessus le bord de la plate-forme. Son corps tressaillit de douleur quelques instant avant de s’immobiliser complètement. L’élite était enfin vaincu.

par Jack-115 publié dans : Le Premier Démon
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