CHAPITRE VINGT-SIX
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1630 heures, 2 décembre 2525 (Calendrier militaire)/ région de Armida, colonie de Médusa V.
- Vous vous foutez de ma gueule, c’est ça ?
Le ton de Sam était volontairement agressif pour obliger son interlocuteur à être franc. Pourtant, celui-ci ne semblait pas mentir :
- Monsieur, je ne sais pas pourquoi cela vous tracasse tant, mais le fait est que nous sommes bien en 2552.
- Mais ce n’est pas possible ! Il n’y a même pas une heure j’étais à New Boston, sur le front, avec une armada de covenants face à moi. Je n’ai pas put rêver !
Puis, Sam eut comme un électrochoc dans son cerveau. Une pensée venait de tout débloquer, dénouant le nœud d’incompréhension qui était sur le point de l’étrangler. Afin de vérifier son hypothèse, il ordonna à son ordinateur de bord de recalibrer son horloge par rapport aux satellites de la planète. Immédiatement, un message apparut sur son affichage tête haute :
Erreur 54 : aucun satellite connu détecté
Recherche nouveau satellite … … … aucun satellite détecté
Recherche autre source en cour … … … détection base de donnée sur réseau local, hébergeur inconnu
analyse de l’hébergeur en cour … … … analyse impossible (code 567 : réseau protégé)
connexion en cour … … … connexion terminée
horloge mis à jour
1439 heures, calendrier militaire, 15 septembre 2552. C’est bien ce que je pensais. Alors il s’est bien passé seulement quelques minutes… pour moi. Par contre, 27 ans se sont déroulé depuis mon entrée dans ce complexe extraterrestre. C’est probablement cette lumière qui a déformé le temps. J’ignore s’il s’agit d’un voyage dans le futur ou si mon corps a été préservé dans une autre dimension pendant tout ce temps, mais en tout cas je suis vivant, et en aussi bonne santé que tout à l’heure.
- Colonel ! Envoyez-moi une navette Pélican pour venir me chercher.
- Bien compris, monsieur.
La navette ne fut pas longue, ce qui signifiait qu’il y avait une base pas très loin. Durant le trajet, Sam put mieux observer ce qu’était devenu Médusa V : tout n’était plus que poussière et ruines. D’immenses cratères s’étendaient à perte de vue suivant une régularité nettement visible, témoignant du grand savoir qu’avaient les covenants en ce qui concernait la destruction de planète. Les villes avaient été soufflées par les bombes à plasma jusqu’à être littéralement pulvérisées. La plupart des éléments vitaux de la surface planétaires avaient tout simplement disparut, l’eau s’étant évaporé et la biosphère sublimée par la puissance des destroyers covenants.
C’est alors que Sam distingua un ensemble de structures s’élevant au milieu des cratères. Au fur et à mesure que le Pélican s’en approchait, le spartan reconnu là un énorme chantier naval pour croiseurs du CSNU. Les énormes masses des vaisseaux en constructions étaient d’ailleurs nettement visibles, réfléchissant la pâle lueur du soleil sur leur coque métallique qui affrontait les violentes tempêtes de sables qui parcouraient désormais la région. Il devait bien y avoir une vingtaine de croiseurs en train d’être assemblés, certains étant presque fini tandis que d’autres n’avaient encore que leur armature principale d’érigée.
Il y avait énormément d’activité sur ce chantier, des milliers d’ouvrier travaillant d’arrache-pied sur les énormes vaisseaux, et de nombreuses navettes apportant du matériel provenant certainement d’une usine non loin de là. Le Pélican transportant Sam atterrit sur une plate-forme au beau milieu des installations, où un homme en uniforme et portant les insignes de colonel l’attendait. Sitôt descendu de l’appareil, Sam salua l’officier, et celui-ci lui rendit son salut :
- Bienvenu à Ship City, spartan. Colonel Hostman à votre service. Peut-être que maintenant vous allez pouvoir m’expliquer la blague de tout à l’heure.
Sam aurait bien voulut lui dire la vérité, mais l’homme ne l’aurait certainement pas cru. Et d’un autre côté, la connaissance d’une technologie permettant de voyager dans le temps aurait de quoi inquiéter les membres du CSNU, d’autant que les covenants semblaient être au courrant depuis bien plus longtemps. Mieux vaut garder cela pour les huiles du SRN. Mais le colonel ne semble pas être prêt à accepter n’importe quelle explication. Il va falloir lui faire comprendre la situation.
- C’est un problème que seul la section 3 et le Conseil de Sécurité sont autorisé à connaître. Je ne peux pas en dire plus.
Le colonel esquissa une légère grimace de frustration. Beaucoup d’officiers se plaignent du manque d’information et des nombreux mystères que gardent les hauts membres du SRN. C’était une situation délicate mais nécessaire pour conserver l’espoir parmi les troupes. Si l’humanité entière savait tout des forces qu’elles affrontait réellement, ce serait le chaos le plus total.
- C’est vous le chef, se résigna à dire le colonel.
- J’ai besoin de rejoindre Reach au plus vite.
- Euh… désolé, mais nous n’avons pas l’autorisation d’effectuer de sauts dans le sous-espace pour l’instant.
- Et pourquoi ?
- Comment ça, pourquoi ? C’est un test ? Ou on ne vous a pas dit à quoi servait cette base ?
Le spartan comprit qu’il valait mieux jouer la carte de l’ignorant plutôt que de forcer le colonel à répondre. Voyant que le guerrier ne répondait pas, Hostman expliqua :
- Lorsque les covenants ont détruit cette planète en 2552, le CSNU a envoyé une équipe d’inspection pour mieux connaître les effet d’une vitrification sur une planète. Ils ont découvert que lors d’un bombardement à plasma, les couches géologiques subissaient d’énormes transformations dues à la chaleur et à la pression exercées par les explosions. Ces transformations permettaient des modifications chimiques et structurales importantes favorisant la formation d’importants gisements de métaux lourds tels que le fer, le cuivre, ou l’adamantium.
« A la suite de ça, ils ont décidé d’installer un énorme chantier naval et de nombreuses usines d’extraction pour mettre à profit ce phénomène. Notre installation possède un rendement dix fois plus important qu’un chantier militaire classique, grâce à la qualité des matériaux utilisés, et qui plus est en grande quantité. Nos vaisseaux sont aussi beaucoup plus résistants face aux armes covenants, même s’il n’en restent pas moins inférieurs à leurs propres croiseurs de combats. Dès qu’un vaisseau est achevé, il est immédiatement conduit sur Reach.
- Cela veut dire que vous n’avez pas de flotte à vous pour défendre cette planète ou pour me ramener sur Reach ? questionna Sam à tout hasard.
- Non, ce n’est pas ça. En fait, nous possédons une puissante flotte constituée de trente-quatre croiseurs et de cinq destroyers, mais nous ne pouvons les utiliser qu’en cas d’urgence.
« En effet, comme vous le savez sûrement, les attaques des covenants se sont multiplié ces dernières années. Ils débusquent les colonies du CSNU à la manière des chasseurs lors d’une battue, et en détruise un presque tous les mois. Notre base étant d’une grande importance pour la Navy, nous avons ordre de ne pas effectuer de saut hyperspatial sans autorisation pour éviter d’attirer l’attention des covenants. Nous intervenons uniquement pour aider à la défense d’une planète de notre secteur spatial, sinon notre flotte reste en attente.
- Je suis désolé de mettre en péril cette installation, colonel, mais j’ai besoin de retourner sur Reach dans les plus brefs délais. Il faut que j’avertisse mes supérieurs des résultats de ma mission.
Les deux hommes s’échangèrent une série de regards, l’un soucieux et l’autre sérieux. Sam n’avait pas l’intention de se laisser faire coincé ici par qui que ce soit. Je dois absolument faire part de cette technologie. Même s’il s’est déroulé 27 ans durant lesquels on m’a crut mort, le Dr Halsey me croira. Les autres spartans me croiront aussi, et j’ai hâte de les revoir. Cela fait seulement cinq jours que j’ai laissé John et Kelly quitter ce vaisseau covenant sans moi, pourtant j’ai l’impression que ça fait un éternité…
- Ecoutez, fit enfin Hostman. Navré de vous maintenir ici, mais je ne mettrai en danger pas la vie de mes hommes à cause de vous. Ne vous croyez pas tout permis parce que vous êtes un spartan, mon gars.
- En tant que membre de la section 3 du SRN, je peux prendre le commandement de cette installation. Ne m’obligez pas à vous mettre sur la touche, colonel.
C’est alors qu’un technicien surgit d’un bâtiment avec une feuille de papier à la main. Il courut immédiatement vers Hostman, utilisant la feuille pour protéger ses yeux du sables qui fouettait son visage. Arriver devant les deux hommes, il tendit le papier à son supérieur :
- Monsieur ! On vient de recevoir cette transmission, monsieur.
Hostman parcouru des yeux le bout de papier déjà usé par la tempête dont il se souciait peu, puis leva son regard vers Sam.
- Vous allez être content : nous avons ordre d’envoyer tous nos vaisseaux disponibles sur la Terre.
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FIN
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