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CHAPITRE SEPT : L'ULTIME ŒUVRE DES DIEUX
0348 unités de temps du 6 novembre 2552 (calendrier militaire) / vaisseau forerunner inconnu, Afrique du Sud, planète Terre.
Le groupe d'assaut du CSNU venait à peine de se mettre en route à l'intérieur du vaisseau forerunner lorsque l'immense artéfact sur lequel il était posé s'activa avec une violence telle qu'on aurait cru que la terre s'était ouverte en deux. Quelques instants plus tard, une faible secousse se fit ressentir et les soldats comprirent que le vaisseau avait décollé. Aussitôt, John activa sa radio et chercha à contacter ses supérieurs :
- FLEETCOM ! Ici Sierra 117 ! Que se passe-t-il ?
- Major ! fit une voix à moitié couverte par les parasites. Vérité vient d'activer une sorte de portail et se dirige droit dessus ! J'ai bien peur que les communications avec votre équipe deviennent impossibles d'un moment à ...
Et effectivement, la liaison COM fut brusquement coupée. A présent, ils étaient réellement seuls, sans aucun soutient pour les aider, mais de toute façon aucun plan de renfort n'avait été prévu depuis le départ.
- Qu'est-ce qu'on fait, alors ? demanda Jack en se tournant vers le Major.
- On continue comme prévu : notre objectif principal est de capturer le prophète de la Vérité et l'utiliser comme otage pour obliger la flotte ennemie à se rendre. Prendre le contrôle de ce vaisseau est notre objectif secondaire si l'objectif principal est impossible ou ne permet pas d'arrêter la bataille. C'est bien clair ?
- Cinq sur cinq.
Sur ce, le groupe d'assaut se remit en route.
Poussée par l'envie de contempler ce qui était probablement la plus grande création des forerunners, toute la flotte jiralhanae avait suivit le vaisseau de Vérité à travers le portail. Cela avait toutefois constitué une erreur stratégique immense, car au lieu de retenir l'armada sangheili sur Terre, cette décision permit aux fils de Sangheilos de les poursuivre jusqu'à l'Arche. Et même s'il possédait nettement moins de vaisseau que ses ennemis, Irul avait bien l'intention de stopper le prophète quel qu'en soit le prix.
C'est pourquoi il s'élança avec sa flotte à travers le portail, avec comme seule aide humaine la frégate Forward Unto Dawn, sous les ordres du commandant Miranda Keyes. A son bord se trouvait également le sergent Avery Johnson et le spartan Sam-034 dont l'armure avait put être changée, tous prêts à se battre pour le salut de la galaxie. Toutes les autres forces humaines étaient restées sur Terre afin de défendre leur planète natale contre le Parasite. Une tentative désespérée et suicidaire, mais que Irul comprenait malgré tout : si Sangheilos elle-même était menacée, tous les frères guerriers sans exceptions se rassembleraient pour la protéger, même contre une armada de parasites.
Lorsque le Shadow of Intent passa de l'autre côté du portail, se fut pour se trouver en orbite au-dessus de quelque chose de gigantesque, au-delà de toute imagination. Cette chose avait la forme d'une fleure à sept pétales et à la forme presque aplatie, dont les bordures étaient faites du métal hyper-dense caractéristique des créations forerunners. L'intérieur de sa surface, cependant, était identique à celle des anneaux-mondes : la reproduction parfaite de ce que pourrait être le monde idéal. Ca et là, on pouvait apercevoir les plus grosses structures artificielles, dont certaines étaient agglomérées en vastes villes.
Et en orbite au-dessus de cette merveille se trouvait l'armada jiralhanaes englobant le précieux vaisseau forerunner de Vérité.
- Quelle est la situation ? demanda Irul à l'un de ses lieutenants-opérateurs.
- Le vaisseau du prophète se dirige vers la surface de l'Arche pour s'y poser, et les jiralhanaes positionnent leurs vaisseaux pour nous empêcher de le suivre. Ils sont trois fois plus nombreux que nous.
- Alors préparez les troupes pour un débarquement massif au sol. Je veux que toutes les navettes capables de voler soient chargées de nos guerriers et contournent le blocus ennemi pour établir une tête de pont sur l'Arche.
- Bien, commandeur.
- Je vais me rendre sur le front personnellement. Vous êtes désormais en charge de notre flotte. Faites en sorte de garder occupés les vaisseaux jiralhanaes le plus longtemps possible.
- Je m'acquitterai de cette tâche avec honneur, frère commandeur. Apportez à nos ennemis la juste fureur des guerriers de Sangheilos !
Irul quitta alors son siège de commandement et se dirigea vers la sortie, suivi par Elda qui comptait bien se rendre sur le front avec lui.
A l'intérieur du vaisseau forerunner, les brutes chargées de défendre leur prophète avaient vite fait de repérer les humains et d'organiser une solide défense. Ils avaient emmené avec eux des légions entières de grognards, de rapaces et de drones. Les trois spartans avaient même fait la rencontre de trois couples de chasseurs tous particulièrement gênants qui demandèrent une grande puissance de feu pour être neutralisés. Ce déploiement de force n'avait pas suffit à éliminer le groupe d'assaut ni à diminuer suffisamment ses effectifs, mais avait par contre réussit à le stopper dans son avancé au niveau d'une vaste salle très haut de plafond et remplie par des rangées de larges colonnes très espacées dans lesquelles circulait un étrange liquide d'un bleu fluo.
L'ennemi était partout et ne lésinait pas sur les moyens pour tenter d'écraser les intrus qui menaçaient le prophète et le Grand Voyage. Heureusement, l'endroit était beaucoup trop exigu pour y faire manœuvrer des véhicules. Même John n'imaginait pas l'enfer que cela aurait été si les brutes avaient réussi à amener ne serait-ce qu'un seul char Apparition. La situation était déjà suffisamment compliquée comme ça. Il fallait pourtant qu'ils se sortent de là et continuent leur progression, sans quoi tout ceci n'aurait servi à rien.
C'est alors que la radio de John se mit à gresiller.
- ... under Dawn à groupe d'assaut ! ...pondez, groupe d'ass... Est-ce que vous ...cevez !
- Ici Sierra 117 ! fit John. Je vous reçoit difficilement, Dawn ! Il semble y avoir des interférences.
- Quelle ...otre situation, Sierra 117 ?
- Nous avons été coincés par l'ennemi. Notre progression est stoppée pour le moment.
- Ecout... ... ituation... ... combat en orb... ... ...bjectif...
- Répétez, Dawn ! Je perds votre signal !
Mais personne ne répondit. Il y avait beaucoup trop d'interférences dans la zone, et le signal n'était plus assez fort pour atteindre la frégate du CSNU qui pouvait bien se trouver à des milliers de kilomètres, à présent. Encore une fois, John et ses troupes se retrouvaient tous seuls. La seule chose qui avait changée était qu'il savait désormais qu'il restait encore au moins un vaisseau du CSNU dans le secteur, mais cela ne leur était d'aucune utilité pour le moment. John se tourna alors vers ses deux coéquipiers spartans et lança :
- Jack ! Rei ! Amenez-vous un peu ici !
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- J'ai besoin que vous utilisiez votre IA pour trouver un moyen de nous tirer de ce guêpier.
- Compris, répondit Rei.
La spartan ouvrit la liaison interne de son armure sur la fréquence SquadCom afin que ses deux partenaires entendent sa discussion avec Athéna, l'Intelligence Artificielle que Jack et elle avaient reçu de la part du Dr Halsey lorsqu'ils avaient quitté le CSNU.
- Est-ce que tu as une solution à notre problème, Athéna ?
- D'après les données topographique que j'ai put établir à partir des senseurs de vos armures, le sol situé à trente-cinq mètres vingt-neuf à quatorze heure du spartan 114 est fait en verre. En dessous se trouve une autre salle haute de seulement trois mètres. Si vous arrivez à faire exploser la vitre au sol, vous pourrez sans difficulté sauter à l'étage inférieur et quitter cette zone.
- Merci, Athéna. On s'en charge.
Jack s'était déjà tourner vers les plus proches marines et troupes de chocs afin de rassembler suffisamment d'explosifs pour ouvrir leur sortie. Le sol vitré n'était pas très loin, géographiquement parlant, mais avec toutes les troupes ennemies présentes dans la zone, chaque mètre pouvait aussi bien être un kilomètre. Il allait leur falloir une couverture d'enfer pour atteindre le point d'évacuation.
- J'ai besoin d'une équipe de sniper ici ! beugla Jack dans la radio. Couvrez-moi du mieux possible pendant que je me rapproche de cette zone ! Rei, tu te charge de les commander et tu me préviens des éventuels mouvements ennemis.
- Pas de problème. Je vais t'ouvrir un chemin, mais tâche de ne pas trébucher en route, d'accord ?
Jack ne répondit rien car ce n'était pas nécessaire. Mais au moment où il allait s'avancer, John le saisit par le bras et lui dit :
- Tu comptes quand même pas y aller seul ?
- Si tu tiens tant que ça à venir, te gênes pas, ça me déviera quelques tirs.
Ils s'élancèrent alors tous deux vers leur objectifs tandis que derrière eux, Rei et cinq autres soldats équipés de fusils de précision abattait toute cible qui se présentait à eux ou que se trouvait sur le passage des spartans. Progressant à pas rapides entre les colonnes, ils se retrouvèrent vite sous le feu de nombreux ennemis. Les brutes semblaient avoir compris ce qu'ils comptaient faire, et commençaient à rassembler leurs troupes vers cette zone. John saisit alors une grenade fumigène qui pendait à sa ceinture et la dégoupilla avant de la faire rouler devant lui. L'écran de fumée recouvrait un très large angle de tir, mais pas encore suffisant pour leur éviter d'être pris pour cibles. Heureusement, leurs compagnons tinrent les brutes occupées le temps qu'ils se rapprochent du sol vitré.
Celui-ci était situé au centre de cette immense salle et faisait environ cinquante mètres carrés. Il était impossible de ne pas le remarquer, ni de le manquer lorsque Jack y jeta une sacoche remplie de charges explosives C-9. Quelques instants plus tard, un soleil miniature apparut au milieu des colonnes dans un grand fracas de verre brisé et une ouverture béante apparut.
- Tout le monde ! fit John. Regroupez-vous sur ma position !
Immédiatement, les membres du groupe d'assaut quittèrent leurs positions pour se diriger vers la sortie improvisée. Appuyés par une vingtaine de troupes de chocs, les trois spartans couvrirent la retraite des autres soldats qui s'accrochèrent au bord du trou ainsi créé avant de se laisser tomber en contrebas. Certains d'entre eux plantèrent des cordes à grappins magnétiques afin de descendre en rappel, et d'autres les suivirent ensuite. Il ne fallut en tout qu'une trentaine de secondes pour faire évacuer l'ensemble du groupe. Les spartans furent les derniers à descendre, sautant simplement depuis le rebord pour atterrir trois mètres plus bas comme si de rien n'était.
Seulement, il ne fallait pas se leurrer : les brutes n'allaient pas tarder à les suivre par le même chemin. C'est pourquoi John ordonna à ses hommes d'installer toutes les mines antipersonnelle ANTLION dont ils disposaient afin de ralentir l'ennemi.
Alors qu'ils reprenaient leur route à travers le vaisseau forerunner, ils entendirent une série d'explosions retentir derrière eux..._
LA SUITE
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