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CHAPITRE SIX : LE PEUPLE DISPARU

 

 

      Il avait fallu presque une journée entière de marche vers le nord pour atteindre la frontière séparant le pays du Feu de celui des Rizières. Ce petit pays avait autrefois abrité le village caché du Son, qui n’était rien d’autre que l’armée privée d’Orochimaru ayant attaqué Konoha voilà trois années de cela. Depuis ce jour, le village du Son avait été détruit et le pays des Rizière avait été placé sous la tutelle de Konoha et de Suna qui lui interdisaient formellement d’entretenir une armée de ninjas pour une durée de quinze ans. Sa seule force militaire était composée de soldats en armes faisant plus office de police que d’armée, car leurs capacités étaient très nettement en dessous de celles du moindre des adeptes du ninjutsu.

      Alors qu’ils cheminaient vers Suidanko, le plus important village du pays, Shikamaru essayait de réfléchir aux liens qui pouvaient unir Toshiro Nagasi et les ninjas qui le suivaient. Ce groupe n’avait rien de normal, et la présence de Kara Lao, une jeune fille n’ayant jamais montré aucune capacité ou intérêt pour le combat, était un fait des plus troublants. Il avait beau explorer toutes les scénarios possibles dans la limite du raisonnable, il ne voyait pas comment Kara avait put être transformé à ce point. Bien sûr, elle n’avait montré aucune technique ninjas durant le combat au pays du Vent, mais elle avait survécu à un affrontement contre Témari, ce qui prouvait qu’elle était loin d’être aussi ignorante qu’avant dans l’art du combat. Survivre aux attaques d’un jounins demandait de la maîtrise de soit et une excellente condition physique. Elle avait disparu depuis seulement quatre mois et elle avait atteint au moins l’équivalent d’un rang chunin…

       Shikamaru fut interrompu dans ses réflexions par l’image du village de Suidanko. C’était là que son groupe d’enquête devait commencer les recherches sur Kara, en particulier chez madame Jango, la fameuse tante pour laquelle elle avait fait ce voyage dont elle n’est jamais revenue. D’après les informations recueillis chez ses parents, elle était partie seule, croyant que la route était suffisamment sûre depuis la destruction du pays du Son. Elle avait semblée très impatiente d’aller aider sa tante, Kara étant d’un naturel très altruiste, pensant toujours d’abord aux autres avant de se soucier d’elle-même. Personne n’avait voulu l’accompagner jusqu’à Suidanko, mais cela ne semblait pas l’avoir empêcher de partir… et de disparaître.

       Ce village était tout ce qu’il y avait de plus simple : un ensemble de maisons en bois bien bâties dans une vallées parcourue par de nombreuses rivières. Les seules barrières que l’on pouvait y voir étaient celles qui délimitaient les enclos des divers troupeaux de bétails, et seuls quelques gardes surveillaient les routes menant jusqu’au village. Les habitants étaient pour la plupart de simples pêcheur ou des paysans exploitant les terres voisines, très peu de marchands et de commerçants, ce qui indiquait une activité extrêmement limitée avec l’extérieur.

       La maison de madame Jango se trouvait à la périphérie du village, et constituait l’une des nombreuses demeures isolées réparties sur les collines alentours. Une vieille dame était en train d’étendre son linge au soleil lorsque le groupe d’enquête de Shikamaru y arriva.

            -      Excusez-moi, fit le jeune Nara. Êtes-vous madame Jango ?

            -   Grand Dieu non, répondit la vieille dame en interrompant sa tâche. Je suis madame Shilone. Madame Jango est morte depuis deux mois, des suites de sa maladie, je suis désolée. C’était une bonne âme, mais elle n’avait aucune famille dans la région après que son époux soit décédé lui aussi, voilà bien des années.

            -     Est-ce que quelqu’un est venu lui rendre visite peu avant sa mort ? Une jeune fille, blonde, du nom de Kara Lao ?

            -      Sa nièce ? Oh… oui, on m’avait dit qu’elle souhaitait lui rendre visite, c’est vrai. Mais elle n’est jamais venue. Remarquez, je la comprends, la petite : la route est dangereuse, surtout ces derniers temps. Elle a dû avoir peur de venir jusqu’ici.

        Les soupçons de Shikamaru se confirmèrent : Kara n’était jamais arrivée jusqu’à Suidanko. Ce qui laissait deux possibilités. Soit elle avait été enlevée sur le trajet par Toshiro et sa bande, soit ce voyage n’était qu’un prétexte pour quitter le pays et rejoindre ce groupe de sa propre volonté. Cette deuxième théorie était la pire à envisager, car dans ce cas cela signifiait qu’elle pouvait avoir pris absolument n’importe quel route…

       Shikamaru espéra sincèrement que sa première théorie était la bonne.

            -    Je vous remercie pour votre aide madame, dit-il pour prendre congé.

            -   Si vous revoyez la petite, surtout soyez indulgents avec elle. Ce n’est pas de sa faute.

            -   J’y penserai.

        Shikamaru se retourna vers ses amis. Ils tiraient tous des mines mêlant l’inquiétude au doute. La disparition de Kara n’avait rien de banal et ils commençaient à le ressentir très clairement.

            -   Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? demanda Naruto.

            - On va commencer par contacter la police locale. Peut-être auront-ils plus d’informations. 

       Le groupe se dirigea alors vers le centre du village, où se trouvait le quartier général de l’armée du pays des Rivières. C’était un bâtiment solide situé sur un petit îlot émergeant de plus grand cour d’eau du pays. On y accédait par un unique pont de bois et de nombreux gardes armés et en uniforme surveillait l’entrée, cependant n’importe quel ninja de rang chunin aurait put balayer cette défense et entrer à l’intérieur s’il le voulait.

        Dès qu’ils aperçurent les symboles de Konoha et de Suna sur les bandeau des adolescents, les gardes s’écartèrent du passage et les saluèrent en levant bien haut leurs lances trois fois pour leur faire frapper le sol pont de façon synchronisée. A l’intérieur du camp, plusieurs recrues étaient en train de faire des exercices de combat au sabre ou à l’arc sous l’œil vigilant de leurs supérieurs. Shikamaru repéra un bâtiment bien gardé au centre de l’édifice et supposa qu’il s’agissait du poste de commandement. D’un geste, il demanda à ses compagnons de le suivre.

         Mais apparemment, la nouvelle de leur arrivée était déjà parvenue aux oreilles du chef des armées locales, Jin Sakonoa, car ce dernier sortit du bâtiment alors qu’ils approchaient. C’était un homme fort de très haute stature, que son uniforme bleu sombre semblait à peine contenir, bien qu’il semblait faire au moins quarante ans. Sa moustache fine et ses cheveux courts étaient d’un noir profond et une cicatrice sur le côté droit de sa mâchoire marquait une certaine expérience du combat. Il avait le regard sévère et le visage dur, probablement à cause de ses lourdes responsabilités dans un pays où l’art ninja avait été interdit.

            -   Commandant Sakonoa, fit Shikamaru en courbant légèrement la tête. Nous sommes mandatés par Konoha pour une mission d’enquête à propos d’une disparition.

            -    Sept ninjas pour une simple disparition ? s’étonna Jin. De qui s’agit-il ?

            -    Kara Lao, une habitante du pays du Feu, et la cousine de mon coéquipier Rock Lee ici présent.

         Lee inclina la tête respectueusement, mais sans cesser de regarder fixement le commandant de son air sérieux.

            -  Elle est impliquée dans une attaque menée contre le pays du Vent, continua Shikamaru. C’est pourquoi nous devons rassembler toutes les informations qui pourraient nous mener jusqu’à elle.

            -    Alors entrez, fit le commandant. Cette discussion risque de prendre un moment.

        Jin mena le petit groupe de ninja à l’intérieur du poste de commandement jusqu’à son bureau. C’était une salle assez petite en comparaison avec le rang de celui qui l’occupait, mais elle était suffisamment décoré pour montrer son importance. Des armes de cérémonie et un uniforme d’apparat blanc et bleu occupait l’un des murs, tandis qu’un autre était à moitié recouvert par une grande carte du pays sur laquelle Shikamaru remarqua de nombreuses indications marquées en rouge ou en noir. Le commandant Sakonoa s’assis sur son fauteuil de cuir noir et pris une mine plutôt inquiète :

            -   J’aimerai être assuré que ce que je vais vous dire ne remontera jamais jusqu’à vos supérieurs.

            -    Cela dépendra de l’importances de ces informations, dit simplement Shikamaru.

            -    C’est bien ce que je craignais. Néanmoins vous devez comprendre que si l’ennemi apprend que je vous ai aidé, c’est le peuple du pays des Rivières tout entier qui en subirait les conséquences.

            -    L’ennemi ? Quel ennemi ?

            -   Nous l’appelons « l’ennemi » car nous ne savons absolument rien sur lui, pas même s’il s’agit d’une ou de plusieurs personnes. Tous ceux qui ont pu voir cet ennemi sont morts ou disparus. Cela fait plus de deux ans que nous le cherchons.

       Jin se leva alors de son siège et se dirigea vers la carte accrochée au mur.

            -   Ces indications désignent les derniers endroits où étaient supposées se trouver les victimes lorsque l’ennemi est apparu. Les marques noirs indiquent les morts tandis que les rouges font référence à des disparus.

        Shikamaru était stupéfait par le nombre d’indications qui recouvraient la carte. Il devait bien y en avoir plus d’une centaine, mais seulement quelques une étaient noire. Ces marques étaient tellement nombreuses et dispersées à travers la géographie qu’il ne parvenait pas à en tirer une quelconque logique ou même un début de piste sur où cet « ennemi » pouvait se trouver sur cette carte. Car une chose au moins était sûr : il était caché dans le pays des Rivières. C’était l’endroit idéal pour commettre toutes ces disparitions et tous ces meurtres, maintenant que la seule forme de défense locale était une armée de simples soldats. Mais est-ce que cet ennemi est l’ennemi que nous recherchons ?

            -   Y a-t-il un lien quelconque entre les victimes ? demanda le garçon.

            -   Seuls les enfants et les vieillards sont épargnés, répondit Jin. A part ça, personne n’est à l’abris, quelle que soit sa condition. Même l’un de nos gardes a disparu il y a un an de cela. Un certain Hakagi Hitaku.

        Ce nom résonna dans l’esprit de Shikamaru qui sembla soudain faire un bond dans le temps à l’intérieur de sa tête. Hakagi… c’est comme ça que Toshiro avait appelé cet espèce de dément que nous avons affronté à Suna. Est-ce que ce serait possible que…

            -   Avez-vous une photo de ce garde ? demanda subitement Shikamaru.

            -   Euh… bien sûr, fit le commandant en retourna à son bureau pour en sortir une pile de documents. Attendez un instant… Ha ! Le voilà !

        Il tendit une fiche d’identité au jeune Nara qui ressentit une pointe d’excitation en voyant que l’homme sur la photo était exactement celui contre lequel il avait combattu dans le désert, excepté ses cheveux qui était coiffés au bol. Et bien que sur cette photo il ne possède pas dans les yeux cette lueur de folie que Shikamaru avait pu contempler, il n’y avait aucun doute : cet Hakagi Hitaku était l’un des ennemis qu’ils poursuivaient. Tout comme Kara, il a disparu avant de faire partie de ce groupe. Il ne s’agit plus de disparitions, mais d’enlèvements. On enlève ces gens et ils deviennent alors autre chose. Est-ce que toutes ces disparitions ont fini ainsi ? J’espère franchement que non. Mais cela fait une deuxième personne qui ne savait absolument rien du ninjutsu et qui se révèle être un combattant de haute catégorie. Est-ce que ce serait Toshiro qui aurait perpétré tous ces enlèvements ? Ou y a-t-il autre chose ? Toshiro avait parlé d’un maître, ce qui veut dire qu’ils sont dirigé par quelqu’un d’encore plus important…

        Cela commence à devenir extrêmement inquiétant.

            -   Comment était cet Hakagi Hitaku ? questionna le garçon.

            -   Oh… il avait un gros manque de confiance en soit. Pour vous dire, il a raté deux fois l’examen d’entrée dans notre armée mais il semblait ne pas avoir d’autre choix pour vivre car il était originaire d’une famille très pauvre. Les autres soldats de son unité le considéraient plus comme un poids mort tout juste bon à effectuer les basses besognes, mais il avait un sens de la justice assez peu commun. Plusieurs fois il a été blessé en voulant interrompre une bagarre ou arrêter un voleur. Son chef espérait qu’il puisse progressé pour devenir un bon soldat, mais il a subitement disparu, lors d’une patrouille qu’il effectuait tout prêt d’ici, d’ailleurs.

            -   J’ai besoin de consulter les fichiers de toutes les personnes qui ont été enlevées. Apparemment, nos deux affaires sont reliées.

            -    Très bien, fit le commandant en indiquant la pile de dossier. Faites comme vous voulez.

        Shikamaru passa dix bonnes minutes avec Témari à examiner les photos d’identité de chacun des disparu du pays des Rivières, mais aucun d’entre eux ne leur rappelait les autres ennemis qu’ils avaient rencontré. Il n’y avait aucune personne nommée Iralia ou Ulgo dans les dossiers, ce qui pouvait signifier deux choses : soit ils faisaient déjà partie du groupe avant les enlèvements, soit ils avaient été enlevés autre part. Cette deuxième possibilité était tout à fait envisageable, car le dossier de Kara n’était pas parmi les autres. Une chose normal considérant le fait qu’elle venait du pays du Feu et que les autorités locales n’avaient sans doute pas été averties de sa présence.

            -  Nous vous remercions de votre collaboration, commandant, fit Shikamaru. Nous allons maintenant partir et tenter de trouver ceux qui ont enlevé votre peuple.

            -   Que les cinq rivières guident vos pas, déclara Jin en s’inclinant pour les remercier. Faites très attention à vous. L’ennemi est très puissant.

        Le garçon ne répondit pas, mais en son fort intérieur, il pria pour que l’équipe numéro onze arrive au plus vite pour les aider…
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Jeu 20 aoû 2009 1 commentaire
trés bon chapitre, je suis impressionné de tant de savoir faire chez toi ! c'est un exellent chapitre de transition, continue !
khorne - le 27/08/2009 à 11h39